Polyamour.info



Les messages appartiennent à leurs auteurs. Nous n'en sommes pas responsables.

Merci de consulter notre charte de discussion pour connaître les règles qui régissent les conversations sur ce site.

L'asymétrie dans la déconstruction : "contrôle" et "autorisations"

#
Profil

Caoline

le vendredi 12 juillet 2019 à 11h18

Intermittent
" De toute façon, si l'autre n'est pas capable de réfréner ses envies, elle va les vivre quand même et si il y a eu un refus catégorique, peut-être mentir ce qui abîme encore la confiance et la relation."

Non, ce n'est pas toujours le cas. Il y a des personnes plus résistantes à la frustration que d'autres ....
Il y a des exemples sur ce site, de poly-amoureux ayant attendu, parfois assez longtemps, que leur partenaire soit sécure pour ouvrir leur couple.

Je n'ai jamais dit que c'était toujours le cas. J'ai dit "si".
Dans mon cas, j'ai attendu, mais je dois avouer que je ne sais pas si j'aurais attendu aussi facilement si l'autre homme dont j'étais amoureuse avait vécu à proximité, peut-être, peut-être pas, ça aurait été différent en tout cas probablement.
Dans une relation déjà établie avec le consentement de l'autre par contre, j'aurais beaucoup de mal à revenir en arrière, on pourrait probablement trouver des moyens de prendre en compte le ressenti de mon compagnon originel mais arrêter une relation, je trouverai ça trop irrespectueux pour mon propre ressenti et celui du troisième. Nous avons tous les 3 des émotions.
Je précise que consentement pour moi signifie enthousiasme, envie des phrases comme 'je souhaite qu'on expérimente" ou "je trouve vraiment cette solution adéquate" et pas "bon d'accord on essaye" ou "je tolère, mais..."

Intermittent
"moi les mots "je l'autorise", "je refuse", "j'impose cette limite", "je ne suis plus d'accord" me heurtent profondément."

La façon dont vous envisagez le polyamour me choque.
Vous assimilez les réticences du partenaire à ouvrir le couple à un contrôle. Votre discours est particulièrement agressif sur ce sujet.

Tu m'as visiblement très mal comprise, c'est ces mots qui indiquent clairement un contrôle, une possession qui sont inadmissibles pour moi. Et pas seulement dans le cadre d'une ouverture de couple, je le vivrais exactement de la même façon par rapport à une sortie entre amie, une activité en solo, un choix de vie quelconque, si c'est exprimé sous forme d'autorisation ou de refus pas l'autre.
Par contre que l'autre exprime son ressenti c'est à dire ses craintes, peurs, réactions physiques et psychiques, ou son enthousiasme, son envie d'essayer... c'est tout à fait pertinent et je ne conçois pas que ce ne soit pas écouté et pris en compte au sein d'un couple qui s'aime.

Intermittent
On pourrait tout aussi bien tenir le même discours du côté de celui contraint d'accepter.
"On m'impose cette ouverture" puisque si je ne l'accepte pas, on me menace de séparation. Donc, on m'impose une séparation dont je ne souhaite pas être à l'origine.

Il serait tout aussi intolérable pour moi qu'une personne qui souhaite vivre une autre relation le fasse en ne tenant pas compte du ressenti de son partenaire initial en disant des choses du genre "c'est ton problème" "c'est ma vie, je fais ce que je veux" dans l'absolu la seconde partie oui mais dans un couple qui s'aime, pas sans tenir compte de l'effet sur l'autre. Pour moi en fait ça signifierait qu'il n'y a plus d'amour si quelqu'un agit comme ça.

Intermittent
Sauf si le contrat de départ mentionne explicitement le couple libre, toute remise en cause ultérieure passe par une négociation.
Évidemment, chacun est libre de quitter l'autre dans ce cas si aucun accord n'est possible.

Le mot négociation ne me convient pas, il ne s'agit pas d'une transaction commerciale. Pour moi ça nécessite partage, écoute, prise en compte des ressentis de chacun, coopération.
Et oui, si il n'est pas possible de trouver une solution qui convienne à tout le monde, chacun, pas plus l'un que l'autre, est libre de mettre fin à la relation. La aussi, je l'ai déjà dit plusieurs fois, je ne sais pas du tout ce que j'aurais fait si mon compagnon n'avait pas bien vécu le fait que j'ai d'autres relations. J'insiste sur le bien vécu, je ne parle pas d'accepter ou refuser, je sais et je savais déjà avant que ce n'est pas une conception possible pour lui, ce n'est pas pour rien que nous sommes ensemble depuis 28 ans ! Je ne sais pas si je me serais résignée ou si j'aurais été trop frustrée et aurait fini par le quitter. La seule chose que je sais, c'est que je n'aurais jamais pu lui mentir, lui cacher une relation ou même mes ressentis et sentiments.

Intermittent
S'il n'y a aucun enfant en commun, la chose est difficile mais pas insurmontable.
Quand il y des enfants, les enjeux et les conséquences sont bien plus lourdes à gérer.

Et rester ensembles si on a plus la même vision de la vie, si on est plus vraiment heureux ensembles, c'est dévastateur pour les enfants.

Intermittent
Et c'est bien souvent pour cela que les poly-acceptants n'ont guère le choix.
Entre perdre leur famille ou accepter ce qu'impose le conjoint, leur choix est assez vite fait ... et ce d'autant plus que cette annonce souvent brutale les mets en situation de faiblesse psychologique et de dépendance affective vis à vis de leur partenaire.

Donc le conjoint n'a pas le droit d'imposer mais lui a le droit d'imposer que la relation ne se vive pas ou se vive à ses conditions ? Pour moi ce n'est vraiment pas plus acceptable dans un sens que dans l'autre.

Intermittent
Je reste persuadé que le polyamour n'est équilibré que quand les deux sont pratiquants.
Et comme il existe déjà un déséquilibre de possibilité de rencontre entre les hommes et les femmes dans ce contexte, l'équilibre n'est pas évident.

Ça veut dire quoi équilibré ? Pour moi ce qui compte c'est que les 2 soient épanouis. Je pense qu'on peut voir là la même différence qu'entre l'égalité et l'équité. Mon compagnon n'a pas de désir d'autres relations amoureuses, il aime passer des moments seul, c'est un solitaire à la base même si il aime aussi notre vie de famille. Devrait-il se forcer pour que notre relation soit équilibrée ou a t'il le droit de savourer durant mes absences le fait d'être seul ou seul avec les enfants ce qui change la dynamique pas rapport à quand je suis là ? Je précise qu'il se prend aussi des moments seuls, même si rarement, quand je suis là avec les enfants.
Il se considère polyamoureux car il est en parfait accord avec la philosophie. Il n'exclue pas d'avoir un jour une autre relation si quelqu'un lui en donnait envie, mais il n'en éprouve pas le besoin.

Je complète mon témoignage par mon impression de comment j'aurais vécu les choses si c'est lui qui avait souhaité avoir une autre relation en premier. Je pense que je l'aurais très mal vécu. J'aurais probablement exprimé plein de peurs, de tristesse, de sentiments d'abandon... car j'étais alors dans la dépendance affective dont je ne me suis départie totalement que depuis un peu plus d'un an. Mais il ne me serait jamais venu à l'idée non plus de l'interdire ou l’autoriser. Maintenant je pense que j'aimerai beaucoup et il le sait mais je ne me vois pas lui mettre une quelconque pression, je trouverai ça ridicule qu'il le fasse pour me faire plaisir, il est évident que ça serait pour son épanouissement avant tout. Je pense donc que la capacité à accepter est très liée à l'absence de dépendance affective car lui n'en a jamais eu, il m'aime infiniment mais justement, au point qu'il a toujours dit que si je devais être plus heureuse sans lui il préférerai que nous ne soyons plus ensembles et que je sois plus heureuse. C’est maintenant aussi le cas pour moi et le chemin que j'ai du faire pour en arriver là, il se fait seul.e donc l'autre peut être patient, écouter, épauler, mais ne peut faire à la place.
Voilà juste mes ressentis, mon vécu ou mes impressions, qui ne sont forcément pas universels mais qui peuvent donner des pistes.

#
Profil

PointG

le vendredi 12 juillet 2019 à 12h21

@Mark

Merci pour cette discussion. Pour en avoir parlé en aparté je sais que tu pensais à moi en écrivant sur ce sujet.
Et je vais donc apporter ma pierre à l'édifice étant mono en cours de déconstruction.

Je ne pense pas qu'il y ai d'asymétrie entre autorisations et contrôle. On n'autorise pas pour contrôler l'autre quand on est en phase d'ouverture mais on autorise pour se contrôler soi même et surtout contrôler nos émotions.

J'ai beau être ouvert d'esprit, le passage de la théorie à la pratique c'est complexe et ce bien plus qu'il n'y paraît la plupart du temps. Alors on ouvre un peu les vannes pour tester la résistance du circuit, colmater les fuites éventuelles et si le circuit actuel avec la pression actuelle tient, alors les vannes sont ouvertes en plus grand. En effet, le but étant d'éviter que tout explose !

De plus, le PA étant basé sur le consentement, comment recueillir un consentement clair sans que soit donnée une certaine marche à suivre ?! Partir d'office que le consentement est valable sur tout les aspects, qu'il est sous entendu, qu'il est implicite à tous les niveaux est une erreur !

Cependant, c'est un travail à faire en commun ! et souvent j'ai l'impression que certains PA l'oublient ! Le but n'est pas d'imposer son envie de pluralité car cela ne respecte en rien l'idée de consentement et de respect ! Mais c'est aussi au mono à apprendre à ressentir ses émotions, à les comprendre et à les maîtriser. Il y a aussi un deuil à faire. Inconsciemment, lorsque que le couple s'ouvre au PA, celui qui reste mono avait une vision de la vie toute autre car qui un jour peut se dire moi dans quelques temps ma vie sera de telle ou telle façon ? Un couple étant une somme d'individus, et n'étant pas devin, l'autre évoluant différemment de nous, il est impossible de voir ce que sera l'avenir mais le mono a quand même une vision, un cadre spécifique en tête car pour lui le couple est la stabilité dans sa vie souvent.

Si le mono a du travail à faire, il est quand même du devoir du PA de le soutenir. Attention, je ne dis pas de le materner mais si la relation compte réellement, au lieu de se prendre pour le lièvre, jouer à la tortue est la meilleure des solutions car tout vient à point à qui sait attendre !

Je parle en connaissance de causes, étant toujours dans une déconstruction ! Je suis dans une phase où la communication est compliquée et de ce fait il est d'autant plus dur pour moi d'accepter ! Mais je crois que ce qu'il faut retenir aussi comme mot important c'est l'équilibre ! Personnellement, mon ouverture d'esprit me permet de comprendre théoriquement l'ensemble des principes PA, cependant comme tout à chacun j'ai des besoins mais je ne peux aborder la situation sereinement si je n'ai pas l'équilibre dont j'ai besoin !

#
Profil

artichaut

le vendredi 12 juillet 2019 à 13h21

Il y a, il me semble, deux sortes d'équilibres qui ont été cités…

Caoline

Intermittent
Je reste persuadé que le polyamour n'est équilibré que quand les deux sont pratiquants.

Ça veut dire quoi équilibré ? Pour moi ce qui compte c'est que les 2 soient épanouis. Je pense qu'on peut voir là la même différence qu'entre l'égalité et l'équité. (…)
Il se considère polyamoureux car il est en parfait accord avec la philosophie.

Un équilibre qui peut faire penser à une volonté d'égalité. Alors que oui l'équité est généralement préférable (même si quand on est enfant on nous enseigne beaucoup l'égalité, donc c'est pas toujours facile de lâcher ça).
Quand à "pratiquant" ça dépend ce qu'on entends par là. Déjà il y a plein de couples dits "poly/mono" qui fonctionnent.
Et comme le dit Caoline, son compagnon se dit polyamoureux (et clairement il fait bien) : pour moi il "pratique" le polyamour autant que Caoline, c'est à dire qu'il se met en jeu, qu'il travaille sur ses émotions, qu'il dialogue avec sa partenaire, qu'il prend l'autre en compte, etc.
En ce sens là, et seulement en ce sens là, on peut dire, que le poly ne fonctionne que si les deux sont pratiquants. Et si ça ne marche pas, ce peut-être tout autant à cause que c'est celui qui va voir ailleurs qui ne "pratique" pas (parce qu'il est juste égoïste et ne tient pas contre de l'autre). Mais pas sûr que l'équilibre ai à voir avec ça.

PointG
Je suis dans une phase où la communication est compliquée et de ce fait il est d'autant plus dur pour moi d'accepter ! Mais je crois que ce qu'il faut retenir aussi comme mot important c'est l'équilibre ! Personnellement, mon ouverture d'esprit me permet de comprendre théoriquement l'ensemble des principes PA, cependant comme tout à chacun j'ai des besoins mais je ne peux aborder la situation sereinement si je n'ai pas l'équilibre dont j'ai besoin !

Et là il s'agit, il me semble d'équilibre de soi par rapport à soi : un exercice de funambule.
Ou à la limite l'équilibre du couple ("éviter que tout explose") mais pas de l'un par rapport à l'autre.


Et il me semble important de différencier ces deux sortes d'équilibres (l'équilibre-égalité et l'équilibre-agilité).
L'exercice de funambule, oui, il est nécessaire. Et oui le but c'est de ne pas tomber (ou d'avoir mis un filet avant). Mais ça demande du travail (l'agilité ça se travaille).
Et oui, il est nécessaire que chacun·e avance sur son fil au lieu de rester immuablement sur sa plateforme (et l'on peut "rester sur sa plateforme" aussi bien en allant voir ailleurs qu'en refusant que l'autre le fasse).
Mais pour cet sorte d'équilibre là, point besoin d'égalité dans le couple.
Chacun·e est sur son fil propre. On peut parfois se tenir la main. Mais il n'empêche que chacun·e avance sur son fil.

Le seul endroit où l'on peut demander l'égalité, c'est dans le "mets toi en jeu, toi-aussi ; et prends moi en compte, moi-aussi". Pas de raison qu'il n'y en ai qu'un·e qui travaille. Ou que l'un·e agisse de manière égoïste et demande tout le travail à l'autre.

#

Intermittent (invité)

le vendredi 12 juillet 2019 à 14h05

@Caoline.

Merci pour tes précisions qui donnent un éclairage bien différent sur votre façon d'aborder le PA, que celui que j'avais perçu (à tort) dans ton premier post.

#
Profil

PointG

le vendredi 12 juillet 2019 à 14h39

artichaut
Le seul endroit où l'on peut demander l'égalité, c'est dans le "mets toi en jeu, toi-aussi ; et prends moi en compte, moi-aussi". Pas de raison qu'il n'y en ai qu'un·e qui travaille. Ou que l'un·e agisse de manière égoïste et demande tout le travail à l'autre.

Je suis tellement d'accord avec toi sur ce point ! et à l'heure actuelle c'est ce qui absent au sein de mon couple ...
Je suis pour l'heure le seul à faire des efforts pour encaisser, j'ai aucun volonté de l'autre côté quant à accepter que certaines choses peuvent changer et notamment moi ... et ça en est désolant ... il n'y a rien de plus douloureux lorsque le soutien disparaît, lorsque la confiance en l'autre, en son soi, n'existe plus ...

#
Profil

Polyamour.info

le vendredi 12 juillet 2019 à 22h30

Modo : message de @volatile39 supprimé car faisant doublon avec celui posté sur un autre fil.

#
Profil

bovary3

le samedi 13 juillet 2019 à 07h08

bonjour à tous
juste pour vous dire comme vos échanges sont intéressants!... il est si difficile de se départir de la conception du couple héritée récemment de l'époque romantique... et aussi de plusieurs millénaires de patriarcat; le mouvement social initié en Mai 68 est loin d’être gagnant, malgré toute la bonne volonté dont vous faites part.
J'espère n’être pas trop prétentieux à considérer cette perspective historique, désolé ça fait partie de ce que je suis devenu, à mon grand age!

#
Profil

dede

le mardi 16 juillet 2019 à 13h36

Bonjour,

Je suis dans une situation similaire je crois, mais j'aimerais sortir de ce schéma où je donne ou pas l'autorisation.
J'aimerais que la question de la transition soit portée par tous les protagonistes concernés.

Ma situation : en couple avec O depuis 3 ans, qui depuis 6 mois est amoureuse de E, elle me l'ai dit depuis le début, passe avec lui régulièrement des moments platoniques, jusqu'à ce que tout bascule il y a 2 semaines car elle me révèle qu'ils ont fait l'amour.
Depuis ça va très vite, elle souhaite le revoir, continuer, me le demande, et même de passer la nuit avec lui aujourd'hui. Rien que cette demande me heurte tant je la trouve brutale par sa précocité (ça fait 2 semaines... pour moi du moins, mais certainement plus pour elle qu'elle lutte contre, il est vrai!)
De son côté elle parle d'amitié avec E. Du notre on évoque aussi l'abandon du terme couple, pour être également dans une amitié amoureuse, pour aller vers du plus léger entre nous, là où il y avait beaucoup d'attentes, de ma part surtout je pense.

En moi, des moments de grâce de compersion et d'amour universelle. Puis quelques heures après, la descente aux enfers, sensation de panique et de solitude existentielle profonde.

Echanges difficiles avec O à propos de ma demande qu'ils se protègent pendant leur rapport en attendant un dépistage des Mst. Demande qui n'a pas été respectée la dernière fois alors qu'ils étaient 2 à être au courant de cette demande.

Ca me stresse énormément. Je ressens de la colère aussi. Pas tant à cause du risque pour la santé (réel sans doute mais un peu abstrait) que de ce que ça signale comme désinvolture à mon égard, et peut-être l'absence de volonté d'assumer la situation de polyamour. C'est en effet moi qui vais chercher de la lecture, qui lit ce forum. Alors que je ne suis pas le seul concerné. Pourquoi est-ce que je devrais porter ça tout seul ? J'ai besoin d'un cadre de sécurité, de confiance, de sentir qu'on va dans la même direction, et pas de vivre ce truc où je suis celui qu'on fait souffrir, celui qui a toutes les bonnes raisons du monde d'être jaloux et mal... Merde. Je ne veux pas souffrir. Je veux juste de l'amour. Est-ce qu'il y a une fatalité à ce que ça se passe comme ça ? Ce schéma qui revient à longueur de forum de la transition vers la non-exclusivité, où en fin de compte chacun est renvoyé aux limitations de son propre rôle dans le schéma triangulaire ? Comment faire exploser ce schéma ?

J'aimerais proposer une entrevue à 3, sans que ce soit ressenti comme une intrusion dans leur truc, et une tentative de contrôle de O. Comment faire ? Je sens que ça ferait beaucoup de bien. Pour dédramatiser. Aussi parce que j'apprécie E que je connais un peu.

Merci d'avoir lu :)

Message modifié par son auteur il y a 5 mois.

#
Profil

Mark

le mardi 16 juillet 2019 à 14h06

@dede

tu as toute ma compassion. Je pense que ces moments de montagnes russes émotionnelles, cette navigation entre acceptation et blocages sont l'opposition des tripes aux tentatives de raisonnement objectifs. Oui, c'est violent.

Ce qui me choque le plus dans ton récit est la totale absence de considération sur les rapports protégés. Je trouve ça à la fois extrêmement violent et irrespectueux par rapport à une demande tout ce qu'il y a de plus légitime, qui en plus n'est même pas un refus de ta part, juste du bon sens.

ok pour le coté abstrait et différentiation des risques ente sexe oral et pénétration, mais sur le fond de la manière de procéder. je ne sais pas quoi te répondre.

Je crois que ma réaction serait d'office protection pendant trois mois et deux tests très complets pour les trois, par protection de soi et pour bien souligner l'impact des actes.

De la pluralité des partenaires et de l'exposition explicite des autres aux conséquences de ses choix, vaste débat.

Proposer une discussion à trois, même si ça ne ferait du bien qu'a toi tout seul, est une motivation parfaitement suffisante et de toute manière, leur truc, comme tu dis, t'impacte.

Le reste des observations que tu fais dans ton récit me renvoient aux commentaires qui ont été fait sur les notions d'équilibre.

Message modifié par son auteur il y a 5 mois.

#

Isard (invité)

le mardi 16 juillet 2019 à 14h18

L'asymétrie mise en avant entre la demande de l'un et la réponse de l'autre engendre une situation aléatoire entre la déconstruction de l'exclusivité et la déconstruction du couple.

Il y a comme un système de vase communiquant émotionnels entre les envies du poly et du mono, car les avancées de l'un entraînent un recul chez l'autre.

Ainsi, ce que l'un nomme déconstruction, l'autre ressentirait plutôt une destruction.

Le temps reste le seul ingrédient commun aux 2, excepté la vitesse des avancées qui restent différentes.

Équation difficile.

#
Profil

dede

le mardi 16 juillet 2019 à 14h34

Merci pour ta réponse Mark.

Mark
Je crois que ma réaction serait d'office protection pendant trois mois et deux tests très complets pour les trois, par protection de soi et pour bien souligner l'impact des actes.

Qu'entends-tu par impact des actes ? L'impact émotionnel me concernant se mélange à l'impact concernant la santé.
La signification d'une promesse non tenue a une valeur symbolique inquiétante pour moi. Ca dit : "notre plaisir immédiat de faire l'amour sans latex vaut mieux que la construction d'un cadre de sécurité où D pourrait se sentir bien et donc nous aussi". Ca dit : "on reste dans un schéma d'adultère, où l'on dit ce que l'autre veut entendre (pour conserver la relation), mais on agit autrement selon notre bon plaisir le moment venue."

Je suis inquiet parce que je suis le seul à me renseigner sur le polyamour, et que je ressens un retour en arrière dans ma relation avec O. Car je sens en O comme la croyance comme quoi c'est plus naturel de laisser faire, de laisser la liberté s'exprimer. Me plaçant dans le "mauvais" rôle (mauvais parce que spécialisé, non partagé), celui qui j'avais déjà dans notre couple, celui de parler ce qui se joue, celui d'être en contact par l'expression, de s'inscrire dans une temporalité, etc.
Bref un déséquilibre dans la relation que ne vient pas changer la présence d'un 3ème larron.

Message modifié par son auteur il y a 5 mois.

#
Profil

Mark

le mardi 16 juillet 2019 à 15h08

dede
L'impact émotionnel me concernant se mélange à l'impact concernant la santé.

Nous nous sommes bien compris, c'est de cet impact la que je parlais. Les conséquences d'avoir leur choix de rapports non protégés sans ton consentement. Je trouve que tu exprimes très bien ici tes ressentis sur le sujet. Imposer 3 mois de protection et de tests est aussi une manière de montrer l'impact de leurs choix sur toi.

Je ressens dans tes mots comme une volonté de désengagement de O, d'un besoin de plus de légèreté. E ne vient pas changer le déséquilibre ressenti, mais j'imagine qu'il rend la situation de déséquilibre plus palpable, plus concrete.

#
Profil

dede

le mardi 16 juillet 2019 à 15h30

Trois mois cela me paraît long. Si je me dis consentant et qu'en même temps je demande quelque chose qui ne se justifie pas sur le plan purement sanitaire (pour moi si on fait on dépistage, on peut ensuite avoir des rapports non protégés), le message est brouillé. D'autant que "imposer" cela me paraît impossible. Je peux seulement dire les conséquences pour moi si telle décision est prise sans mon consentement.

Etant donné la rapidité du changement, j'assume aujourd'hui l'ambiguïté, c'est-à-dire que la question sanitaire se téléscope avec la question de ma grande difficulté à accepter cette intimité qu'elle a maintenant avec lui. C'est mon consentement qui est en question (et pas qu'un peu :(), et autant que j'assume, peut-être, qu'il n'est plus là, mais que ça peut revenir.
Merci de m'avoir fait prendre conscience de cela.
Mon besoin principal est la sincérité et la clarté des intentions de chacun.

Message modifié par son auteur il y a 5 mois.

#
Profil

Mark

le mardi 16 juillet 2019 à 15h48

Trois mois est simplement le délai technique entre deux tests pour qu'ils soient valables, si toutefois l'une des parties prenantes ne batifolle pas ailleurs entre temps. Sinon un test n'a valeur qu'à l'instant T. (Il n'y a pas que le hiv mais aussi hpv, etc... )
source: https://www.allodocteurs.fr/maladies/maladies-infe...

Rétablir la confiance devrait, objectivement (=techniquement), passer par là. La confiance subjective, c'est autre chose.

Statistiquement, la pluralité sexuelle augmente de plusieurs facteurs (6x de mémoire, le risque d'ist)
edit: source: https://www.docbuzz.fr/2010/06/30/123-les-echangis...

Pardon pour la digression technique.

Tu peux parfaitement imposer que *tes* rapports soient protégés, tu ne peux effectivement pas imposer aux autres qu'il le fassent.

"Mon besoin principal est la sincérité et la clarté des intentions de chacun."
C'est tout à fait légitime.

Message modifié par son auteur il y a 5 mois.

#

(compte clôturé)

le mercredi 17 juillet 2019 à 09h14

Plusieurs choses m'ont interpellé dans ce post.
En premier, l'absence de protection dans les rapports et ceci quelque soit la durée de la relation. Voici l'exemple que je vais donner : mon épouse à eu une amitié câline avec un homme marié dont la femme ne savait rien. J'ai discuté avec mon épouse que s'il elle allait plus loin, ils devaient se protéger et qu'aucun test ne pouvait donner une garantie absolue, son ami étant marié, il ne sait pas si sa femme fait ou 'on comme lui, et si elle le fait, elle ne sait pas tout de son amant. Bref, trop de variable en heu pour prendre un risque. De plus son ami mentait à sa femme, rien ne prouve, qu'il ne mentait pas à la mienne. Ensuite d'un commun accord nous avons exclus les rapports buccaux avec les tierces personnes, ni fellation, ni cuni, pareil pour des questions d'hygiène. J'avais pas envie d'embrasser ma femme sachant qu'elle avait fait ça et pareil pour elle. Le fait d'avoir un rapport extérieur non protégé, m'amène aussi à dire, que j'ai pas envie de retrouver les traces de son passage si 'sous venions à faire l'amour ensuite.
C'était le premier point.
Le second, l'autorisation. Le/la personne avec qui l'on vit, est l'utilisation des mots. Elle me demandait : est ce que je peux sortir voir X ? On a changé le verbe pouvoir en souhaiter. Elle ne m'appartient pas, je ne peux donc pas lui donner ou non l'autorisation. Mais plutôt savoir si sa sortie gène ou non une organisation, là oui. Savoir si j'ai ou non prévu quelque chose.
Là ou le bas blesse, c'est quand elle me disait rentrer pour minuit et qu'à 2 h elle n'était toujours pas là.
Tout ça demande beaucoup de communication.
On a l'esprit PA, sur le papier c'est magique, mais en vrai beaucoup moins et le chemin est long.
Pour l'instant nous n'avons personne, un collègue lui plait, et elle se freine car j'ai personne, mais combien de temps encore.
Pour bien vivre un PA, nous sommes persuadé qu'il faut un équilibre, c'est indispensable.
Je suis dans le cas du poly acceptant, je n'ai pas choisi cette vie, mais je m'y adapte peu à peu pour la survie et l'équilibre de notre amour qui est très fort. Le chemin à faire est encore long.

#
Profil

Mark

le mercredi 17 juillet 2019 à 23h25

@ourscalin

C'est vrai que la question de la protection est un sujet auquel je n'arrive à rentrer en consensus avec moi même.

Pour réagir à ton premier point, il y a pour moi la question de la confiance explicite, celle validée par des tests, et implicite.
Quand on rentre en relation intime, il y forcément une part de confiance que j'appellerai subjective, parce que passé un cap, il y a une confiance qui n'est plus corroborée ou corraborable (ça se dit?) par des tests.

J'ai beau avoir un suivi strict et complet coté tests, que je fais et demande, si besoin, à une nouvelle relation. Quand on parle de pluralité il y a toujours un risque induit. Il suffit d'une personne dans la chaîne qui ne respecte pas les règles et voilà.

Pour moi, un simple craquage de capote (merci ceux remboursé par la sécu, trois craquages consécutifs, j'ai donné.) fait que j'en parle à mes partenaires. Si un risque a été pris, je refais mes tests d'office. Idem pour la moindre réaction cutanée. Respect de soi et des autres impliqués. Si avec deux partenaires ça me semble relativement contrôlable explicitement, au delà, je pense qu'on est dans l'implicite.

Pour l'anecdote, j'ai eu une fois une mycose. Panique a bord, coup de fils pour informer et test illico. Le laborantin c'est marré et m'a fait un topo plus détaillé. Une simple réaction au ph de la partenaire peut la provoquer, rien à voir avec une ist. Je suis passé pour un ignard mais mes partenaires ont apprécié la démarche de transparence.

Reste le point du rapport oral. j'ai du mal à concevoir ça avec un préso. Même si le risque est plus limité, il n'est pas nul. On rentre donc la encore dans l'implicite, même si les test sont à jour.

Sur ta perception des traces de l'autre, je le comprends, je suis passé par la. De toute manière, en pratique ma femme avait toujours besoin d'un laps de temps pour ressortir de sa bulle avec d'autre.s partenaire.s. avant d'être réceptive à moi, ce qui atténuait beaucoup cette perception de "passer après"

Vous y avez trouvé une réponse ensemble, et si celle ci vous conviens ; c'est la bonne.

sur l'autorisation. Je trouve très sympa que vous ayez trouvés la solution en travaillant sur le choix des mots. Je suis d'accord, ça change beaucoup dans l'intention et le discours. Pour le coté logistique, c'est en effet important d'être raccord.

Pour le rentrer plus tard que prévu. Tu n'es pas seul à l'avoir mal vécu. Je l'ai lu d'autres témoignages et si j'ai eu ce ressenti les premières fois, c'est tout. Je m'en suis vite débarrassé parce que ça me rappelai trop les "autorisations de minuit" de mon adolescence. Nous avions opté pour un "je sors"avec un minimum de préavis, sans fixer d'heure de retour tant que ça n'interférait pas avec la logistique enfants/maison.

tu dis qu'elle se freine parce que tu n'as personne. Je trouve ça louable mais ça doit être source de frustration. J'ai mis plus de 2 ans à rencontrer seul, je m'étais fait à ses sorties entre temps. Là encore, la seule bonne réponse est celle que vous vivez bien.

Oui, le chemin peut être long, mais quand l'équilibre et l'apaisement suivent, on rentre dans une autre dimension de l'amour et du couple. Je n'ai pas d'autres mots pour l'exprimer.
Je crois rétrospectivement que la seule erreur à ne pas commettre est de s'oublier par dépit.
Mais ça, c'est très facile à dire après. Le vécu pendant est souvent bien différent.

J'ai envie de te dire, accroches toi, il y a peu être un très épanouissant nouveau cadre relationnel à vivre et explorer.

#

(compte clôturé)

le jeudi 18 juillet 2019 à 08h06

Merci pour ton message, je trouve ici pas mal d'aide et essaye d'en apporter. Elle se freine sans se freiner. Le collègue qui l'intéressé est un supérieur et très timide, son jeu l'amuse bien et elle trouve ça mignon. Si j'ai quelqu'un, je sais qu'elle passera à la vitesse supérieure.
On verra.

#
Profil

Caoline

le mercredi 21 août 2019 à 09h11

Je viens d'écrire à quelqu'un qui ne comprenait pas trop comment notre polyamour pouvait fonctionner et ce que j'ai écrit m'a fait repenser à cette discussion qui je trouve mérite d'être remontée donc je copie ce que j'ai écrit ici.

"Je suis polyamoureuse depuis toujours, déjà à la maternelle, ce qui est courant, mais moi ça ne s'est jamais arrêté. J'ai juste fait le choix de ne pas vivre mes autres attirances au départ car mon compagnon pensait que si j'aimais un autre c'est que je ne l'aimais pas assez, puis par manque de temps, de confiance en moi... La question s'est reposée après 19 ans de vie commune et j'ai recommencé à vivre mes envies quelques mois de discussion plus tard, peu après nos 20 ans d'amour. Ce qui rend cela possible c'est que mon compagnon ne connaît pas la jalousie, il éprouve pour moi un amour tellement puissant et désintéressé, que la seule chose qu'il souhaite c'est que je sois la plus heureuse possible. Il est aussi, comme moi, profondément libertaire sur les questions individuelles, il n'est pas concevable pour nous que quelqu'un décide de la vie de quelqu'un d'autre. Par contre il ne l'est pas plus qu'une personne qui dit aimer une autre ne tienne pas compte des effets produits par son comportement sur la personne aimée. Je ne peux avoir aucune certitude mais je pense que s'il avait refusé que je vive d'autres relations, risque qui n'existait pas en fait, vu qui il est et c’est bien une des raisons pour lesquelles on s'aime, mais dans cette hypothèse, je pense que je l'aurais quitté. Par contre si il avait souffert du fait que je les vive, je pense que j'aurais arrêté."

#
Profil

alinea7

le mercredi 21 août 2019 à 10h59

Caoline
Je ne peux avoir aucune certitude mais je pense que s'il avait refusé que je vive d'autres relations, risque qui n'existait pas en fait, vu qui il est et c’est bien une des raisons pour lesquelles on s'aime, mais dans cette hypothèse, je pense que je l'aurais quitté. Par contre si il avait souffert du fait que je les vive, je pense que j'aurais arrêté."

Refuser est un indicateur de limite personnelle au delà de laquelle il y a souffrance. Donc je ne comprends pas la différence de situation ni de réaction que tu décris.
On peut refuser sans contrôler : je refuse que tu engages des relations amoureuses dans le contexte où nous sommes en relation amoureuse. Je respecte ton envie de relations plurielles mais c'est hors limite pour moi.

J'ai l'impression que ce qui compte pour toi est moins le refus en tant que tel que te faire imposer quelque chose et je ne suis même pas sûre que ce soit le cadre relationnel. Je ne vois pas en quoi le fait qu'un partenaire exprime dans quel cadre de relation il accepte d'être t'impose cette forme de relation. Soit ça te convient et ça n'est pas imposé, soit ça ne te convient pas et l'incompatibilité est claire sans torture pour personne.

Par ailleurs, dans l'hypothèse où ça ferait souffrir ton partenaire, vouloir que ton amoureux accepte d'endurer cette souffrance et exprime sa limite après plutôt que posément avant, ça me paraît pour le coup abusif.
Je n'aime pas trop cette idée qu'une personne exclusive n'est légitime à dire qu'elle ne veut pas ouvrir la relation que si elle est au bord du gouffre, éplorée et suppliante. Chacun est responsable de soi et il est très sain de pouvoir exprimer ses limites avant qu'elles ne soient franchies, donc posément. Il y a moyen d'étendre les possibles dans une relation sans violer d'abord les limites d'autrui.

Mais je mets ça en parallèle avec d'autres domaines de vie et je vois où tu veux en venir ; nul ne peut refuser une sortie cinéma à quelqu'un d'autre, même au motif d'être en couple (enfin ça dépend toujours du contexte : si la personne sort tous les soirs et laisse la gestion familiale aux bons soins du samaritain restant, ça peut aussi devenir trop). Et donc en fait tout se résume à ces questions : à quel moment ce qu'on fait pour soi revient à imposer quelque chose à l'autre ? A quel moment c'est de la simple liberté individuelle ? Je pense que parfois la frontière est mince. Qu'elle est propre à chacun puisque l'un aimera ce qu'un autre détestera (typiquement ton compagnon semble apprécier les moments de solitude qu'offrent tes absences amoureuses) et qu'on n'impose pas vraiment quelque chose si l'autre en a envie.
Pour ce qui est de définir le cadre de la relation c'est particulièrement sensible.

Simplement, formulé comme tu le fais, j'ai l'impression que tu acceptes d'entendre "s'il te plaît ne me fais pas souffrir" mais pas "je ne veux pas te laisser me faire souffrir". Et je ne comprends pas.

#
Profil

bidibidibidi

le mercredi 21 août 2019 à 11h18

alinea7
Refuser est un indicateur de limite personnelle au delà de laquelle il y a souffrance.

Je pense que ce que Caoline exprime est justement la différence entre contrôle et expression.
Quand tu contrôles, tu choisis, seul, les règles que tu imposes aux autres. Ca ne veut pas dire qu'elles sont ineptes ou sans fondement, juste que tu ne demandes pas son avis à l'autre.
Quand tu exprimes ta souffrance, tu inclus l'autre dans la recherche de la solution. La solution peut être la même que dans le cas du contrôle, mais au moins elle émane d'une discussion commune.

Répondre

Chercher dans cette discussion

Autres discussions sur ce thème :


Espace membre

» Options de connexion