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L'asymétrie dans la déconstruction : "contrôle" et "autorisations"

Monogamie
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Mark

le jeudi 11 juillet 2019 à 05h21

Deux commentaires dans une discussion m'ont donné envie de lancer celle ci.
/discussion/-cag-/Quel-bazar-dans-ma-tete/page-2/#...

Le cheminement pour ouvrir une relation monogame à la pluralité n'est pas toujours aisé.
Les notions d'égo, d'insécurité, de fidélité et de consentement (merci encore @Lenah de l'avoir souligné) sont autant de points qui nécessitent un dialogue vrai, ouvert et bienveillant.

L'objet n'est pas de critiquer l'adultère ou de porter jugement sur les personnes qui se retrouvent prises dans le maëlstrom du désir et des sentiments. Pour elles, c'est aussi un état de fait auquel elles se trouvent confrontés, souvent sans préavis. Avec tous les doutes et questionnements que cela entraîne.

Certes, entamer la déconstruction ensemble avant la mise en pratique permet d'aborder les discussions plus sereinement.
il m'a suffi de lire les nombreux témoignages pour me rendre compte que dans les faits, c'est souvent la naissance d'une relation qui vient imposer cette discussion.

il n'y a pas de situation de consentement, la relation est là et l'autre s'y retrouve également confronté sans préavis.
La contrainte de l'acceptation vient donc se superposer au travail de déconstruction.

À en lire les témoignages, le schéma semble assez classique: Faire avec les moyens du bord et souvent une totale perte de repères pour essayer de sauvegarder son couple et de le -et se- reconstruire sur d'autres bases.

D'après ce que je lis et ce que j'ai vécu, les tentatives de garder la tête hors de l'eau se traduisent souvent par les "autorisations", progressives. Les exemples sont multiples. Pas de rencontres sur notre temps "à nous", pas de découchage, pas de rapports sexuels, pas les week ends, pas de sms quand nous sommes ensemble.. Chacun y va des ses moyens pour essayer de ne pas perdre pied dans cette phase d'acceptation/déconstruction.

C'est une situation complexe, frustrante et souvent une période de flottement douloureuse pour chacun. Sur papier, l'autre ne nous appartient pas et est libre de son corps et de ses actes. Oui, mais pas tout à fait. D'abord, parce que le changement unilatéral du fondement monogame de la relation est imposé, sans consentement. Ensuite, l'un.e se sent poussé à "tout autoriser" , l'autre contraint.e à ne pas pouvoir vivre pleinement sa relation. Les tensions résultantes ne sont pas difficile à imaginer.

La notion d'autorisation n'est à mes yeux pas une expression de possessivité à prendre au premier degré, ni de contrôle de l'autre, même si en surface, j'admets que ça en a totalement le goût et la couleur. Pour moi, ça traduit plus le besoin vital de garder pied dans un contexte émotionnel difficile et chahuté.

De mon expérience, j'ai retenu que la progressivité à été salutaire pour faire ma déconstruction mais que l'absence d'empathie, de dialogue et d'écoute bienveillante m'ont laissé profondément démuni.

Comment verbaliser tout ça dans les discussions et phase de déconstruction, quels sont vos outils et ressources pour mieux gérer ça?

Message modifié par son auteur il y a 11 jours.

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artichaut

le jeudi 11 juillet 2019 à 11h28

Mark
À en lire les témoignages, le schéma semble assez classique: Faire avec les moyens du bord et souvent une totale perte de repères pour essayer de sauvegarder son couple et de le -et se- reconstruire sur d'autres bases.

Ceci est beaucoup vrai ici, et dans de nombreux « cafés poly », mais ce n'est pas du tout une généralité.
Il y a plein d'autres façon d'entrer en non-monogamie.

Mark
le changement unilatéral du fondement monogame de la relation est imposé, sans consentement. Ensuite, l'un.e se sent poussé à "tout autoriser" , l'autre contraint.e à ne pas pouvoir vivre pleinement sa relation. Les tensions résultantes ne sont pas difficile à imaginer.

La notion d'autorisation n'est à mes yeux pas une expression de possessivité à prendre au premier degré, ni de contrôle de l'autre, même si en surface, j'admets que ça en a totalement le goût et la couleur. Pour moi, ça traduit plus le besoin vital de garder pied dans un contexte émotionnel difficile et chahuté.

La notion d'autorisation, comme celle d'acceptance, me semble biaisée à la base.
Même s'il semble parfois difficile de ne pas en passer par là.

Quand un couple à été construit sur la possessivité (ce qui heureusement n'est pas forcément un pléonasme) il ne sera pas possible de supprimer immédiatement cette possessivité. N'est-ce pas là que la notion d'autorisation fait jour ?

Mais n'il y a t-il pas d'autres possibilités que cette "autorisation" (qui parle de l'autre, donc forcément connote le contrôle) et non de soi.

Mark
De mon expérience, j'ai retenu que la progressivité à été salutaire pour faire ma déconstruction mais que l'absence d'empathie, de dialogue et d'écoute bienveillante m'ont laissé profondément démuni.

L'autorisation n'incite t-elle pas, + à l'obéissance, qu'à l'empathie ?

Mark
Comment verbaliser tout ça dans les discussions et phase de déconstruction, quels sont vos outils et ressources pour mieux gérer ça?

Pas sûr d'avoir compris de quel côté de la barrière tu te place ?

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dede

le jeudi 11 juillet 2019 à 11h51

Oui, l'un demande de la liberté, l'autre donne son accord.
Il y a un jeu de pouvoir qui se met en place de part et d'autre, chacun avec un type de pouvoir.
Cette asymétrie n'est-elle pas néfaste pour la relation dès le départ ?

Ne faudrait-il pas poser les choses plus collectivement ?
. Tous les partenaires se rencontrent à une même table
. Ils définissent ensemble un cadre de sécurité affective au consensus, pour que tout le monde se sente bien et qu'il y ait plus d'amour au total
. Le travail de déconstruction est fait en commun (partage de textes, etc) - ce qui n'empêche pas des temps où telle personne fait un travail sur elle-même.

Le consentement est le fait de consentir à ce cadre défini en commun. Si on sort du cadre, on est plus dans dans un consentement, on sort du polyamour, l'amour au total diminue...

Message modifié par son auteur il y a 11 jours.

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Mark

le jeudi 11 juillet 2019 à 12h03

Merci pour ta réaction @artichaut

Tu as raison de le souligner, ma vision est effectivement limité, et donc biaisée, à ce que le lis sur le forum.
Je ne sais pas si un couple monogame est nécessairement construit sur la possessivité. C'est une bonne question que tu poses la.

Je ne pense pas autrement que toi, la notion d'acceptance est biaisée, les termes contrôle et autorisations ne reflêtent pas ce qu'elles expriment vraiment.

J'ai toujours considéré, marié, que notre couple était une base, un cocon à parti duquel chacun était libre d'explorer, de se développer, (loisirs social, etc.) La pluralité c'est fait jour dans les dernières années. (pour différentes raisons, dont à la base l'exploration de sa bisexualité, mais c'est une autre débat)

Si, justement, c'est le fond de mon questionnement: Ces autres possibilités que l'on peut mettre en place en soi, vis-à-vis de l'autre. pour eviter les mécanismes de contrôle et autorisation.

> "L'autorisation n'incite t-elle pas, + à l'obéissance, qu'à l'empathie ?"
Oui et non. Factuellement, je te donnes raison. Mais en absence d'empathie perçue, (ou manque de réassurance perçue) je pense qu'il est facile de re-basculer vite dans le besoin amplifié du schéma de contrôle et d'autorisation. C'est ce cycle là pour lequel j'essaie de trouver réponse.
nb: Il est parfois aussi difficile d'offrir plus d'empathie et de réassurance que l'autre demande.

Je me place des deux cotés de la barrière, j'ai vécu les deux cas de figure. Ma question était volontairement ouverte, parce que je pense qu'il est enrichissant de lire les visions et vécus des deux cotés. Mieux comprendre, c'est pouvoir mieux réagir/agir.

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artichaut

le jeudi 11 juillet 2019 à 12h05

dede
Le consentement est le fait de consentir à ce cadre défini en commun. Si on sort du cadre, on est plus dans dans un consentement, on sort du polyamour, l'amour au total diminue...

Je ne sais pas si on peut appeler ça du consentement. Ça ressemble + à de la contractualisation (je ne dis pas que c'est mal en soi).
Une chose importante dans le consentement c'est : pouvoir changer d'avis à tout moment, sans avoir à se justifier.

A minima, dans la contractualisation, il faut donc prévoir la possibilité de convoquer une nouvelle rencontre à une même table, pour changer les règles.
Et puis ça pose la question de l'égalité de tout-un-chacun·e autour d'une table (même si j'ai bien compris que la table c'était une image). N'y a-t-il pas des choses que l'on risque de se faire imposer malgré-soi, et que l'on se sentira obliger d'accepter ensuite (contractualisation oblige) ?

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Mark

le jeudi 11 juillet 2019 à 12h16

@dede

> Cette asymétrie n'est-elle pas néfaste pour la relation dès le départ ?

Je suis d'accord, elle est non seulement néfaste pour la relation naissante, (la encore, c'est quelque chose que je lis souvent en effet, le coté ascenceur émotionnel imposé à la nouvelle relation; Oui, non, peut être) mais elle rend plus difficile le travail de déconstruction de la relation originelle.

J'ai vécu des phases de regression dans mon cheminement d'acceptation. Les mettre sur la table m'a valu de violents rejets. (heureusement que mon cas n'est pas une généralité!)
Tous les partenaires autour d'une table. Oui, c'est une situation idéale, mais faut il déjà avoir suffisamment déconstruit et apprivoisé ses angoisses et insécurités pour en être capable. Si ce n'est pas le cas, bonjour l'angoisse. Version courte: Faire entrer le loup dans la bergerie.

et justement, ta remarque sur le consentement rejoint une de mes pensées. Une situation de non consentement au départ peut évoluer en consentement enthousiaste (compersion toussa) si les mots et attitudes justes sont employées (je ne dis volontairement pas schémas. si les grandes lignes sont récurrentes, chacun.e aura de blocages sur des points différents)

nb: artichaut, rien à ajouter à ton commentaire au post de Dede. Je vois parfaitement ce que tu veux dire.

Message modifié par son auteur il y a 11 jours.

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artichaut

le jeudi 11 juillet 2019 à 12h18

Mark
J'ai toujours considéré, marié, que notre couple était une base, un cocon à parti duquel chacun était libre d'explorer, de se développer, (loisirs social, etc.) La pluralité c'est fait jour dans les dernières années. (pour différentes raisons, dont à la base l'exploration de sa bisexualité, mais c'est une autre débat)

Si je demande "de quel côté de la barrière tu te place", c'est qu'il est bien souvent utile de savoir d'où parle la personne qui s'exprime.

Par tes posts sur ce forum j'ai l'impression d'avoir des bribes de ton histoire, mais par exemple, je n'ai tjs pas compris, qui de vous deux à voulu ouvrir votre couple (tant des choses me semblent ambivalentes dans tes posts, …p-être par souci d'ouverture dans tes réflexions justement car volonté de prendre en compte les visions et vécus des deux cotés). Et je ne comprends pas à qui fait référence le "sa" dans "sa bisexualité" (p-être il y a t-il trop d'implicite dans cette phrase, …implicite auquel je n'ai pas accès).

Alors si jamais t'as envie sur un fil, de faire un témoignage de ton histoire, perso ça m'aiderais (mais pas d'obligation bien sûr, et déso, si tu l'as déjà fait et que je l'ai râté).

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artichaut

le jeudi 11 juillet 2019 à 12h26

ah je pense que ce "mon cheminement d'acceptation" écrit dans ton dernier post (et posté presque en même temps que le mien) répond à une de mes questions :
c'est ta femme qui a voulu ouvrir votre couple

c'est bien ça ?

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Mark

le jeudi 11 juillet 2019 à 12h31

@artichaut.

Pour te répondre rapidement dans le contexte du fil, oui, j'essaie de toujours voir les deux cotés de la situation, c'est ça que je trouve enrichissant, apprendre à comprendre les points de vue et ressentis de chaque partie prenante. C'est ce que tu lis peut être à travers mes posts.

Je développerai un jour, mais pour t'apporter un éclaircissement ici - je trouve ta question très pertinente, je ne vois juste pas vu mon cas perso comme apportant généralement un plus intéressant à la discussion-

17 ans de vie monogame, marié, deux enfants, Puis trois dernières années dans la déconstruction: Mon épouse me fait part de son désir d'aller explorer sa bi sexualité. Je l'ai encouragé à se découvrir et trouver son épanouissement. ça a basculé en libertinage intense pour elle, (femmes, puis couples, puis hommes et relations suivies) mon cheminement m'a clairement orienté vers la philosophie du polyamour. transparence, sentiments, éthique, le tout me parlait mille fois plus que le libertinage sans affect. Ma femme a pris son envol sans regarder dans son rétroviseur, j'ai trouvé un grand apaisement dans la déconstruction.

Message modifié par son auteur il y a 11 jours.

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artichaut

le jeudi 11 juillet 2019 à 12h42

Merci @Mark

C'est déjà beaucoup +clair pour moi.

Savoir d'où parle la personne qui s'exprime, donne de l'épaisseur à ce qui est exprimé, je trouve. (Et accessoirement ça évite de coller des cases toutes faites et inadéquates).

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artichaut

le jeudi 11 juillet 2019 à 12h48

Mark
17 ans de vie monogame, marié, deux enfants, Puis trois dernières années dans la déconstruction: Mon épouse me fait part de son désir d'aller explorer sa bi sexualité. Je l'ai encouragé à se découvrir et trouver son épanouissement. ça a basculé en libertinage intense pour elle, (femmes, puis couples, puis hommes et relations suivies) mon cheminement m'a clairement orienté vers la philosophie du polyamour. transparence, sentiments, éthique, le tout me parlait mille fois plus que le libertinage sans affect. Ma femme a pris son envol sans regarder dans son rétroviseur, j'ai trouvé un grand apaisement dans la déconstruction.

…et je comprends mieux pourquoi je n'arrivais pas à cerner tes posts !
C'est que, si je comprends bien, c'est elle qui a proposé (eu besoin) d'ouvrir votre couple, mais toi qui à proposé (eu besoin) du polyamour !

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Caoline

le jeudi 11 juillet 2019 à 13h15

Merci @Mark d'avoir lancé ce sujet auquel je songe depuis plusieurs semaines sans prendre le temps de le lancer.

Comme tu le sais mais je l'exprime pour les autres, moi les mots "je l'autorise", "je refuse", "j'impose cette limite", "je ne suis plus d'accord" me heurtent profondément. Pour moi les mots employés sont souvent symboliques de la pensée profonde et donc ceux-la montrent probablement souvent que les personnes concernées sont dans une relation de possession vis à vis de l'autre partenaire.
Autant je peux concevoir cette notion de possession dans une relation très spéciale basée sur cette notion, comme peut l'être une relation D/s et dans ce cas ça ne me semble acceptable que si c'est la personne soumise qui souhaite le contrôle de l'autre qui accepte de l'offrir, et même là je me questionne de plus en plus sur le fait que ça puisse être sain si c'est sur l'ensemble de la vie de la personne; autant dans une relation classique, prétendument équilibrée où cela n'a pas été discuté ça me choque.
Être en couple et avoir décidé/accepté d'être monogame ne sous-entend absolument pas pour moi que l'un ai le droit de décider des actions et donc de la vie de l'autre.
J'arrête là mes propos théoriques et je parle de mon expérience. Quand après presque 20 ans de relation exclusive, j'ai dit à mon compagnon que j'aimerais comme cadeau d'anniversaire un billet de train pour aller voir l'homme dont j'étais tombée amoureuse, mais que j'avais besoin qu'il soit ok avec le fait qu'il se passe quoi que ce soit entre nous car je n'avais pas envie d'y aller si je devais me frustrer dans mes envies, je pense que je n'aurais pas supporter qu'il me dise "je refuse que tu y ailles". Je ne sais plus comment j'avais formulé ma question mais ce que j'attendais c'était savoir comment il se sentait avec cette idée. Si il m'avait dit qu'il se sentait très mal avec l'idée que je puisse avoir des relations sexuelles, j'aurais préféré ne pas y aller ou j'y serais allé en préférant ne pas en vivre, je ne sais pas. Par contre si il avait dit je refuse ou je t'autorise à ceci mais pas cela, je pense que ça aurait très sérieusement ébranlé notre couple. Je pense que je lui aurait répondu "Pour qui tu te prends pour décider de ce que je peux faire ou pas ?"
En fait ça ne risquait pas puisque nous sommes sur la même longueur d'onde sur ce point. La suite nous a montré qu'il n'était pas prêt à bien le vivre et je ne saurais jamais si c'est parce que je m'en doutais que je n'ai à ce moment là pas eu de relations sexuelles mais je pense que ça a joué.
Après plusieurs mois de discussions de temps en temps, je l'ai senti prêt et il l'était puisqu'il a été immédiatement dans la compression par rapport à mes relations avec d'autres. Le jour où il a exprimé que c'était difficile pour lui de me voir consacré tous mes week-ends (je précise que nous étions ensembles 7j/7 24h/24 à l'époque donc ça nous laissait 5 jours ensembles) eh bien je l'ai entendu et j'ai réduit le temps passé loin de lui et nos enfants ou plutôt organisé différemment, d'une manière qu'il vivait mieux. Si à ce moment là il m'avait dit je ne veux plus que tu vois d'autres personnes tous les week-end je pense que ça nous aurait mené au clash.

Je ne raconte pas tout ça pour me poser en exemple, dire que c'est comme ça qu'il faut faire, juste pour montrer une façon possible. Je considère que si on contrôle on transmet indirectement à l'autre qu'il n'est pas capable de tenir compte de notre ressenti, qu'on a besoin de bloquer, d'imposer des limites. En quelques sortes c'est lui dire "je n'ai pas confiance en toi, en ton empathie, en ton amour" Personnellement, quelqu'un qui penserait ça de moi, je n'ai plus envie d'être en relation avec cette personne. Il me semble que c'est beaucoup plus les hommes qui sont dans ce contrôle, peut-être y a t'il là matière à réflexion sur le fait que leur compagne ne soit pas suffisamment en mesure de les rassurer. N'auraient ils pas induit cela par leurs propos ?

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Mark

le jeudi 11 juillet 2019 à 13h42

Caoline
Je considère que si on contrôle on transmet indirectement à l'autre qu'il n'est pas capable de tenir compte de notre ressenti, qu'on a besoin de bloquer, d'imposer des limites. En quelques sortes c'est lui dire "je n'ai pas confiance en toi, en ton empathie, en ton amour"

Merci pour ta contribution. il n'y a que ces points ci que je questionne. Tenir compte du ressenti de l'autre n'implique pas d'être en capacité d'accéder à son besoin. C'est à mon sens, plutôt un signe de *Je* ne le gère pas bien et de te renvoies de cette manière mon incapacité à y faire face sereinement pour le moment. Je ne suis pas convaincu que ça implique un jugement de fait sur le confiance en l'autre, mais encore une fois, exprime plutôt sa propre insécurité.

Caoline
"Pour qui tu te prends pour décider de ce que je peux faire ou pas ?"

C'est ton point de vue, je le respecte mais ne suis pas d'accord. si tu demandes à changer un point fondamental de la relation originelle, l'autre à tout autant le droit d'accepter que de refuser. cf. le consentement ?

Après, un baiser oui mais tel acte sexuel non, etc. C'est très maladroit mais une expression directe du ressenti? (et visiblement, tu en as inconsciemment ou pas, tenu compte dans ta rencontre. Passer outre, serait pour toi le droit de décider de ton corps, pour moi une violation du consentement. On peut en débattre, c'est l'idée. ;-)

Caoline
Il me semble que c'est beaucoup plus les hommes qui sont dans ce contrôle, peut-être y a t'il là matière à réflexion sur le fait que leur compagne ne soit pas suffisamment en mesure de les rassurer. N'auraient ils pas induit cela par leurs propos ?

C'est une question que je trouve très pertinente. Je me la pose également. Je ne l'avais pas ajoutée à mon post initial pour le pas trop étaler le sujet, mais oui, ma réflexion en fait partie. C'est peut être ma perception des mots, du langage, je partage ton impression -à partir de ce que je lis sur le forum- que l'homme a plus besoin de contrôle. Ou alors une femme l'exprime différemment.

Sur la capacité a réassurer: Je pense que ce n'est pas forcément une insuffisance en soi, mais qu'il manque des outils pour aboutir à la réassurance et l'apaisement de l'autre. Une partie de cette réassurance doit à mon sens aussi être trouvé en soi même. Mais poser des conditions induit peut être aussi amoindrir la volonté/capacité de réassurance comme le suggère @artichaut.

Message modifié par son auteur il y a 11 jours.

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Caoline

le jeudi 11 juillet 2019 à 14h12

Mark
Tenir compte du ressenti de l'autre n'implique pas d'être en capacité d'accéder à son besoin.

Je me demande dans quel sens tu dis cela. Mais que ce soit dans l'un ou dans l'autre pour moi ça ne légitime pas de décider pour l'autre.
Si une personne se sent trop mal à l'idée que l'autre vive ses envies, elle peut l'exprimer et espérer, il n'y a en effet pas de garantie, que l'autre en tienne suffisamment compte pour que la situation soit acceptable pour elle. Ca change que d'interdire, d'autoriser seulement ceci ou cela, à part abîmer la confiance et la relation ? De toute façon, si l'autre n'est pas capable de réfréner ses envies, elle va les vivre quand même et si il y a eu un refus catégorique, peut-être mentir ce qui abîme encore la confiance et la relation. Je m'exprime en fonction de mon propre ressenti bien sûr, mais je peux dire que pour moi être dans cette notion d’autoriser/refuser, serait de façon presque certaine conduire à la fin de la relation.
J'ai énormément d'empathie, je préfère souvent m'abstenir en cas de doute de risque de faire du mal à une personne que j'aime, mais je n'ai aucune tolérance au contrôle.
Il me semble qu'en laissant l'empathie de l'autre s'exprimer on a des chances de trouver des solutions ensembles alors que le contrôle, les blocages me semblent des sources de cristallisation et de conflit.

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dede

le jeudi 11 juillet 2019 à 14h33

artichaut
Je ne sais pas si on peut appeler ça du consentement. Ça ressemble + à de la contractualisation (je ne dis pas que c'est mal en soi).
Une chose importante dans le consentement c'est : pouvoir changer d'avis à tout moment, sans avoir à se justifier.

A minima, dans la contractualisation, il faut donc prévoir la possibilité de convoquer une nouvelle rencontre à une même table, pour changer les règles.
Et puis ça pose la question de l'égalité de tout-un-chacun·e autour d'une table (même si j'ai bien compris que la table c'était une image). N'y a-t-il pas des choses que l'on risque de se faire imposer malgré-soi, et que l'on se sentira obliger d'accepter ensuite (contractualisation oblige) ?

Par cadre de sécurité je pensais au départ au texte "Un bouquet d'amoureux"
/-gV-/Un-Bouquet-d-amoureux-par-Morning-Glory-Zell/
C'est un cadre de sécurité minimal qui est posé dans ce texte.

Le point de départ de la discussion c'est quand l'ouverture de la relation initialement exclusive est imposée -ou demandée avec insistance, toutes les nuances sont possibles, mais ça revient un peu au même- par l'un des partenaires.
En réalité, le travail de déconstruction et de construction d'un nouveau cadre n'incombe-t-il pas aux deux partenaires de la relation mono au départ, de façon égale ? Pourquoi le jeu possible serait uniquement celui d'accorder +/- liberté à l'autre partenaire ? Il me semble que si on croit au polyamour, c'est que le but est qu'il y ait plus d'amour au total : tout le monde y gagne. Sinon c'est déprimant.

PS : Et je pense que la relation amoureuse a deux composantes, la liberté et la sécurité affective. Dès qu'on est tenté de collectivement négliger une des deux composantes, pour privilégier une des deux, il y a un souci je pense.

Message modifié par son auteur il y a 11 jours.

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Mark

le jeudi 11 juillet 2019 à 14h39

Que de réactions intéressantes, merci!
Je m'absente 24h, je reprends le fil dès que je peux.

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Sophie72

le jeudi 11 juillet 2019 à 17h32

Je connais probablement insuffisamment le sujet pour m'exprimer mais je rejoins l'idée de @dede sur les deux composantes de la relation amoureuse liberté et sécurité affective et effectivement, c'est compliqué de permettre vraiment un équilibre entre les deux car la liberté est selon moi forcément insécurisante et probablement pas seulement du côté de celui qui consent à plus de liberté pour l'autre mais aussi pour celui qui vit une liberté nouvelle.

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Intermittent (invité)

le jeudi 11 juillet 2019 à 22h42

"la liberté est selon moi forcément insécurisante et probablement pas seulement du côté de celui qui consent à plus de liberté pour l'autre mais aussi pour celui qui vit une liberté nouvelle."

Dans les couples de poly-amoureux/ poly-acceptant la liberté est d'un côté et l'insécurité de l'autre ...

Je reste persuadé que le polyamour n'est équilibré que quand les deux sont pratiquants.
Et comme il existe déjà un déséquilibre de possibilité de rencontre entre les hommes et les femmes dans ce contexte, l'équilibre n'est pas évident.

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Intermittent (invité)

le jeudi 11 juillet 2019 à 22h49

"PS : Et je pense que la relation amoureuse a deux composantes, la liberté et la sécurité affective. Dès qu'on est tenté de collectivement négliger une des deux composantes, pour privilégier une des deux, il y a un souci je pense."

Tout à fait d'accord avec ce passage, et ce que je lis parfois dans certains posts me fait froid dans le dos .....

A ce titre, j'aime bien l'approche de Françoise Simpère dans le Guide des relations plurielles.

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Intermittent (invité)

le jeudi 11 juillet 2019 à 23h03

" De toute façon, si l'autre n'est pas capable de réfréner ses envies, elle va les vivre quand même et si il y a eu un refus catégorique, peut-être mentir ce qui abîme encore la confiance et la relation."

Non, ce n'est pas toujours le cas. Il y a des personnes plus résistantes à la frustration que d'autres ....

Il y a des exemples sur ce site, de poly-amoureux ayant attendu, parfois assez longtemps, que leur partenaire soit sécure pour ouvrir leur couple.

"moi les mots "je l'autorise", "je refuse", "j'impose cette limite", "je ne suis plus d'accord" me heurtent profondément."

La façon dont vous envisagez le polyamour me choque.
Vous assimilez les réticences du partenaire à ouvrir le couple à un contrôle. Votre discours est particulièrement agressif sur ce sujet.
On pourrait tout aussi bien tenir le même discours du côté de celui contraint d'accepter.
"On m'impose cette ouverture" puisque si je ne l'accepte pas, on me menace de séparation. Donc, on m'impose une séparation dont je ne souhaite pas être à l'origine.

Sauf si le contrat de départ mentionne explicitement le couple libre, toute remise en cause ultérieure passe par une négociation.
Évidemment, chacun est libre de quitter l'autre dans ce cas si aucun accord n'est possible.
S'il n'y a aucun enfant en commun, la chose est difficile mais pas insurmontable.
Quand il y des enfants, les enjeux et les conséquences sont bien plus lourdes à gérer.

Et c'est bien souvent pour cela que les poly-acceptants n'ont guère le choix.
Entre perdre leur famille ou accepter ce qu'impose le conjoint, leur choix est assez vite fait ... et ce d'autant plus que cette annonce souvent brutale les mets en situation de faiblesse psychologique et de dépendance affective vis à vis de leur partenaire.

Difficile de négocier sereinement dans cet état d'esprit.

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