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Je lui en ai parlé... et ça l’a brisé

Monogamie
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Elsie

le dimanche 05 août 2018 à 17h36

Hello !

Je jette une bouteille à la mer sur ce forum pour la toute première fois.

Je suis en couple avec F depuis 3 ans déjà. Nous vivons une très belle relation que je ne sacrifierais pour rien au monde. Nous sommes amoureux, tout simplement. F est une personne singulière, un artiste passionné et passionnant que j’admire énormément, avec qui je partage une connexion toute particulière. Il est très cultivé et pointu dans les domaines qui lui tiennent à cœur et m’en apprend tous les jours. Nous nous stimulons également beaucoup sur le plan artistique, passion que nous avons en commun. C’est une nécessité pour lui comme pour moi. Bref, c’est notre truc à nous :)
Nous vivons ensemble et partageons également de merveilleux moments de complicité et j’irais même jusqu’à dire que notre couple n’a pas pris une ride depuis ses débuts ! Mon vœu le plus cher est que notre duo vive aussi longtemps que possible.

Seulement voilà : petite ombre au tableau. Je suis quelqu’un de conviction, animée par des valeurs humanistes et féministes. Je pense être une personne ouverte d’esprit, compréhensive et curieuse, et je m’efforce de ne jamais être dans le jugement en questionnant de manière systématique et philosophique des sujets disons de «  société » (le couple, l’amour, les questions de genre, l’égalité, la déviance, etc...). Tout ceci m’intéresse beaucoup ! Lui, nettement moins je pense.

Depuis 2 ans et demi environ, peu après le début de notre histoire, j’ai découvert le mot «  polyamour », puis le concept. J’étais dans l’ignorance totale. Je n’avais jamais même imaginé que cela pouvait découler sur un nouveau mode de vie amoureuse, sain et viable qui plus est ! Ce fût un vrai choc pour moi car tout d’un coup, j’avais trouvé la pièce manquante. Il est vrai qu’avec le recul, la monogamie sur le long terme m’a toujours laissé un peu sceptique même si, force est de constater que certains sont faits pour ça ! J’ai juste la conviction que ce n’est pas vraiment pour moi...

Depuis donc 2 ans et demi, je me renseigne sur le polyamour et j’ai finalement déculpabilisé d’avoir déjà éprouvé cela par le passé, avoir été amoureuse de 2 personnes de manière simultanée (non concrétisée). Je ne me sens plus «  anormale » de rêver d’autre chose grâce à ce que j’ai pu lire :). De plus, ce modèle m’attire et m’enthousiame, sans vraiment savoir si ce sera finalement fait pour moi.

Je n’en ai jamais parlé à personne, pas même à mes plus proches amis. La peur d’être jugée et rejetée certainement. Ayant ça sur le cœur depuis trop longtemps, j’ai pris mon courage à deux main et j’ai décidé de partager cela avec la personne la plus chère et la plus proche d’entre toute : F. Je suis assez gauche, je m’y suis peut-être mal prise. Il a réagit très violamment. Il était mortifié, anéanti et s´est senti trahi au plus profond de lui. J’ai bien vu que l’idée même que je puisse envisager notre couple de cette manière lui avait brisé le cœur d’une manière imprévisible pour moi. Je l’ai heurté si fortement qu’il donnait l’impression de sortir d’un accident de voiture, abasourdi et sous le choc. Il m’a dit qu’il était tombé d’un immeuble de 15 étages, qu’il vivait un cauchemar. Comme si on avait soudainement fait disparaître le nuage sur lequel il volait, que cette «  connexion » si forte et si précieuse entre nous n’était en fait qu’une illusion... Tout a volé en éclats pour lui.

J’ai l’impression d’avoir ouvert la boîte de Pandore alors que je croyais ouvrir une boîte pleine de surprises exaltantes. J’ai semé le chaos... Il a repris ses esprits et m’a dit que 2 choix s’offraient à lui : panser sa douleur avec le temps et refouler tout ça, faire comme si cela n’existait pas pour se reconstruire une réalité alternative dans laquelle tout serait comme avant. Ou mettre un terme à notre relation sur le champ... paroles qui m’ont complètement anéantie.

Il ne connaît pas grand chose au polyamour. Confond les concepts et n’en maîtrise pas les termes ni la sémantique. Il m’a clairement fait comprendre que ça ne l’intéresse pas, qu’il ne ferait aucune recherche sur le sujet car il rejete violemment l’idée. Dans l’énervement, il m’a dit «  alors comment ça se passe dans les faits, hein ? ». J’ai essayé de rester très calme en lui expliquant les principes et les fondements les plus répandus chez les couples de polyamoureux : la communication, la compréhension, le consentement mutuel, la redéfinition du concept de fidélité avec de nouvelles règles, etc... Il a détruit chacune de ces idées et terrassé chacuns de mes arguments. J’avoue que je ne m’attendais pas à me heurter face à un mur.

Mais voilà : je ne peux pas vivre sans lui. Il est ma priorité. Je vais donc renoncer définitivement à ce modèle qui me séduisait tant, à l’idée que je pouvais l’expérimenter avec la personne que j’aime en mettant cette conception du couple à l’épreuve de la vie de tous les jours. Par amour.

J’ai l’impression d’être une horrible personne... F m’a même dit que tout cela ressemblait à «  une secte », qu’il condamnait bien évidemment.

Je crois que je ne cherche plus de réponse, seulement un peu de soutien... désolée pour ce roman, et merci de m’avoir lue :)

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Scarlett

le dimanche 05 août 2018 à 18h04

Je suis navrée pour toi.
Il a effectivement réagit de manière très violente.
Personnellement je trouve que c’est très dommage, qu’il pourrait te faire mieux confiance au vu de ce que tu racontes de votre histoire et de vos liens.
Le polyamour ça peut être aussi de ne pas avoir d’autres relations si ton partenaire avec qui tu as une relation mono ne veut pas. C’est ce que tu as choisi. Il devrait se sentir heureux que tu lui aies fait part de cette part de toi. Et encore plus que tu renonces à cette part pour votre amour.
On peut être polyamoureux mais vivre des relations monos toute sa vie pour des tas de raisons. C’est frustrant mais on n’atteint pas toujours son idéal.
En tout cas je te souhaite bien du courage. Et que tout s’arrange.

Cependant à ta place, je ne suis pas sûre que j’aurais réagit de la même façon.
D’abord, j’aurais trouvé son discours totalement disproportionné par rapport à la réalité et je crois que cela m’aurais mis plutôt en colère que de générer de la culpabilité.
Ensuite, cela aurait forcément remis en question ma relation. Bien que je comprenne qu’on ne souhaite pas vivre de cette manière là, je n’aurais pas supporté le mépris vis à vis de ma philosophie.
Après... tout le monde réagit de manière différente. ;)

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bonheur

le dimanche 05 août 2018 à 19h41

Chère Elsie !

Je ne veux pas raconter ma vie. Le fait est que la déconstruction, tu l'as faite seule dans ton coin. Car pour se construire suivant ce qui nous convient et bien l'exprimer, il faut s'être déconstruit. Sauf que voilà, F, lui a fait le grand écart entre la construction commune et le fruit de ta déconstruction. Wahoo ! Il faut comprendre !

Le jour où j'ai été amoureuse au point de ne pouvoir me voiler la face, j'ai vécu ce choc pour moi, intérieurement. C'était tellement présent en moi, que j'ai envoyé un mail à cet homme qui était à 400 km de moi. Et puis, ça c'est mis à tourner en boucle dans ma tête. Comme toi, j'avais toujours, après 18 ans de mariage et 20 ans de vie commune, une relation sans doute devenue routinière (sauf sexuellement) mais vraiment super ! C'était en 2007 et on la vit toujours :-) .

Polyamour, je ne connaissais pas, mais j'ai agi de cette façon. J'ai fait un courrier à mon mari, expliquant. Cet un homme qui ne pleure pas, mais là, anéanti était le mot. Un choc, bien aussi grand que le mien et bien aussi brutal. Il m'a dit que j'avais cassé quelque chose en lui. Et cette cassure est réelle. J'ai cassé ces rêves, ces illusions. Et puis, nous avons déballé et affronté notre passé, les non-dits, les failles (il y en a toujours, surtout sans communication autre que "tu as pris du pain ?")...

Mon amoureux m'a lui tourné le dos. Mon mari devant mon désarroi a tenté de lui parler, mais comme il me fuyait, il l'a fuit lui aussi.

Nous avons eu cette opportunité, finalement de déconstruire ensemble et de reconstruire. Moi, je suis polyaffective : je vis d'un manière affective l'amour extra-conjugal s'il me sourit positivement. Mon mari m'aime désormais ainsi, bien que sans aimer en dehors de nous. L'évolution dans une dynamique commune est indispensable. Le hic, Elsie, c'est que vous avez évoluer séparément. Il a tout un retard à rattraper... deux ans de connaissances, de cogitations, de prises de conscience, c'est beaucoup.

Ca réaction primaire est à mon sens logique. Dans l'ordre du parfait petit occidental moyen et des croyances culturelles qui accompagnent. Une digestion peu prendre du temps. Pour nous, je dirai au moins un an, avant que je parle de recontacter un ex, mon premier coup de foudre de 1985... (une autre histoire) et que je le fasse avec l'aval de mon mari.

Ah oui, je vais avoir 50 ans. Il n'y a pas d'âge pour évoluer et se découvrir, évoluer. Bravo pour ton ouverture d'esprit. Comprendre que d'autres ne l'ont pas et ne veulent pas concevoir de curiosité bienveillante envers le non conventionnel.

Son refus est lié certainement à sa douleur qu'il faut comprendre. Avec le temps peut-être. J'espère qu'il ne tombera pas dans une phase de jalousie maladive. Mon mari en a eu une. J'avais dû y mettre un terme méchamment. Je ne supportais plus qu'il fasse intrusion dans mes effets personnels (portable, messageries, poches,...) alors que justement, je jouais la carte de la transparence. Le jaloux se dévalue, se compare, se met en rivalité, pense qu'on lui fait un petit dans le dos, paranoïa... En tenir compte.

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Elsie

le dimanche 05 août 2018 à 20h55

Merci Scarlett pour ta réponse ! Effectivement, je me sens déçue de sa réaction, mais finalement pas si étonnée de la proportion que celle-ci a prise. Il est du genre passionné dans ses prises de positions aussi !
À plusieurs reprises j’avais essayé de sonder le terrain afin d’anticiper sa réaction et avoir quelques indices concernant son avis sur le sujet. Et j’avoue avoir cru qu’il serait plus ouvert là-dessus, et qu’il se montrerait un peu aventurier.
Je pense qu’il n’est pas dans le jugement de ceux qui font ce choix, c’est juste qu’il le condamne fermement pour lui-même...
J’ai peur ne de pas assumer ce choix sur le long terme et de finalement regretter de ne pas avoir vécu selon mes propres principes :(

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Elsie

le lundi 06 août 2018 à 12h16

Merci également bonheur d’avoir partagé ta propre experience, ton témoignage est très intéressant ! Ça me permet de mieux comprendre la violence de la réaction de F et je pense que tu as raison sur ce point : je me suis «  déconstruite » et reconstruite dans mon coin au cours de ces deux ans et demi tandis que lui n’en est qu’aux prémisses de sa réflexion sur le sujet !

Je comprends parfaitement son point du vue et j’accepte son refus. Nous sommes encore jeune mais j’espère néanmoins que tout comme ton mari, il saura s’ouvrir un jour sur ce sujet et pourquoi pas m’accorder suffisamment sa confiance pour essayer ensemble :)

Les choses se sont apaisées entre nous depuis. Nous avons eu une nouvelle discussion sur le sujet. J’ai eu l’occasion d’identifier le cœur du problème : son rejet n’a rien de rationnel ou intellectuel. Je veux dire par là qu’il ne juge absolument pas ce mode de vie amoureuse. En revanche, il ne peut juste pas le concevoir pour nous. Il ne supporte pas l’idée que je partage avec quelqu’un d’autre des sentiments et moments amoureux (notamment physiquement). Il me dit que cette idée le rend «  malade ». Nous en avons conclu que c’était une forme de jalousie et de possessivité. Il y a aussi cette forme de «  désenchantement » à l’idée de ne pas être le seul et l’unique, mais aussi une peur panique de l’abandon qui fait écho à son passé familial notamment.

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pkd

le lundi 06 août 2018 à 12h24

Bonjour Elsie
Merci de partager ton expérience et ton vécu. Je trouve également que ça réaction, telle que tu l'as retranscris est vraiment extrême. Tu lui as fait par d'une réflexion et de tes sentiments. Comment aurait il réagit si tu lui avais avoué être tombé amoureuse d'une autre personne. Se dire brisé car votre partenaire vous fait par de ses sentiments profonds est quand même culpabilisant. Vouloir nier la réalité et construire une réalité alternative ou tu n'aurais rien dit est quelque part une négation de tes sentiments et envies.
Se dire entier, passionné est une facilité quelque part qui évite de se poser des questions et impose aux autres de se conformer à sa vision des choses.
Maintenant, rien n'est définitif dans la vie. Peut-être va t'il réfléchir lui aussi... Tu ne peux pas dire que tu renonces définitivement, enfin si tu peux le dire et le croire. Mais définitivement est un grand mot comme toujours.
Une réflexion entamée disparaît rarement , avec ma partenaires, nous avons eu des discussions étalées sur plusieurs mois ne serait ce que pour se comprendre et mettre les mêmes choses derrière les mots.
Prends, prenez le temps.

Je viens de lire ton dernier message qui a été posté pendant que j'écrivais. Des pistes s'ouvrent et s'il est suffisamment curieux, le livre "Compression" d'Hypatia from Space EST vraiment très bien sûr le sujet de la jalousie.

Message modifié par son auteur il y a 2 mois.

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Elsie

le lundi 06 août 2018 à 12h56

Merci Pkd pour ta contribution :)
Effectivement, j’ai été scotchée par la tournure prise par cette annonce. Maintenant, je pense que des émotions ont grandement joué sur la proportion de cette réaction et des mots qu’il a employé. Il était déjà beaucoup plus calme lors de notre dernière discussion :)
En réalité, nous avons repris la conversation le lendemain matin, au court de laquelle je lui ai fait comprendre que je n’avais pas changé d’avis, que je le sentais toujours curieuse de découvrir le polyamour avec lui et de nouveau, sa réaction émotionnelle fut violente : il s’etait persuadé pendant la nuit que j’avais finalement changé d’avis sur le polyamour, qu’il m’avait convaincu sur le sujet. Ce qui n’est absolument pas le cas. J’ai «  juste » renoncé à le vivre.
Je lui ai expliqué que c’était une affaire de choix : si il ne le voulait pas, alors je ne lui imposerais pas car il est la priorité. Ce qui l’a beaucoup rassuré.
Au cours d’une troisième discussion, il m’a laissé comprendre qu’un jour, peut-être après 20 ans de vie commune, l’idée ne lui paraîtrait plus aussi saugrenue ni inconcevable, mais que pour l’instant il ne pouvait la supporter.
J’aimerais me plonger dans la littérature sur le sujet mais j’ai peur de le froisser si je montre des preuves que le sujet n’est pas «  clos » pour moi...

Merci à tous pour votre aide, je vous en suis très reconnaissante car je me sens moins seule à présent :D ça me fait du bien de savoir que des inconnus mon tendu la main, c’est chouette ;)

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gdf

le lundi 06 août 2018 à 13h14

Il faut du temps pour cheminer vers le polyamour. N'hésite pas à lire des livres sur le sujet, éventuellement en en discutant avec lui. Il faut faire attention à ce que ça ne devienne pas votre unique sujet de conversation, mais il ne faut pas non plus s'interdire d'en parler.
Pour te donner une idée, entre la première discussion sur le polyamour avec mon épouse et le passage à l'acte, il s'est passé 4 ans

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pkd

le lundi 06 août 2018 à 13h14

Heureux que le dialogue continue dans un mode plus équilibré. Mais juste une remarque comme ça. Pourquoi ce serait toi qui devrait renoncer à tes envies et pas lui qui devrait renoncer à son utopie d'exclusivité où il est le seul et unique ?
Le discours, on verra dans 20 ans... Comment dire... me laisse rêveur...
Pour ce qui des lectures, il me semble que dans un couple, chacun est/doit être libre de lire et de penser ce qu'il veut...
Bonne chance à toi et à vous.

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bonheur

le lundi 06 août 2018 à 13h30

pkd
Pour ce qui des lectures, il me semble que dans un couple, chacun est/doit être libre de lire et de penser ce qu'il veut...

tout à fait. Ce n'est pas parce que l'un désire se trouver dans des livres de développement personnel que l'autre doit l'imiter. C'est le cas chez nous. Il lit, mais pas du tout les mêmes ouvrages que moi. Ce qui n'exclut pas que, quand un passage me trouble ou me percute, je lui lit, avec son accord et on en parle. Ainsi, il ne lit pas comme moi, mais il bénéficie dans notre réflexion commune, de ce qui me touche personnellement. Idem pour des films ou autres documentaires. Je peux en parler avec lui ensuite. Car depuis que je suis poly, je m'intéresse à tellement de sujet dits de "société".

Aussi, les deux seules fois où j'ai accepté un témoignage dans les médias, il a lu avant que je donne mon accord pour publication.... autrement dit, on donne notre accord. C'est aussi ça la dynamique commune

Elsie
Merci à tous pour votre aide, je vous en suis très reconnaissante car je me sens moins seule à présent :D ça me fait du bien de savoir que des inconnus mon tendu la main, c’est chouette ;)

Perso, je ne me sens pas "appartenir" à une communauté. Par contre, je vis dans un environnement général hostile à mon développement personnel et j'ai à coeur de faire réfléchir mon entourage direct à tous les sujets encore trop médis. J'aime posé des doutes au sein des certitudes toutes construites, trop construites, et amener à voir les réalités, y compris celles qui ne touchent pas directement, mais qui semblent "déranger".

Autrement dit, et là je ne parle que pour moi, mais aider ici implique à aider à faire cheminer d'autres, même si ce n'est pas dans mon environnement proche, à améliorer la mentalité générale, car celle-ci n'est que l'assemblage des mentalités individuelles.

Et puis, si je peux faire du bien et alléger... pourquoi ne le ferais-je pas ?

Message modifié par son auteur il y a 2 mois.

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Elsie

le lundi 06 août 2018 à 16h40

pkd
Pourquoi ce serait toi qui devrait renoncer à tes envies et pas lui qui devrait renoncer à son utopie d'exclusivité où il est le seul et unique ?

Cette décision est plutôt rationnelle : quelle option cause le plus de tort ? Il s’avère difficile pour moi de renoncer au polyamour mais je n’en serai certainement pas autant affectée que lui, si je le lui imposais. De toutes façons, il ne pourrait l’endurer, donc la question ne se pose même pas. Je me sens juste prête à y renoncer car pour le moment, il compte davantage pour moi que mon envie d’experimenter Le polyamour.

Pkd
Pour ce qui des lectures, il me semble que dans un couple, chacun est/doit être libre de lire et de penser ce qu'il veut...

Je suis bien d’accord. Mais quel message je vais lui renvoyer si je me mets à lire des livres qui expliquent comment gérer tel ou tel aspect du polyamour si je lui ai assuré que j’y avais renoncé ? C’est comme si un poly se mettait à lire un ouvrage expliquant comment trouver le bonheur dans une relation mono je pense... Ça susciterait forcément l’incompréhension de l’autre j’imagine. Et comme il est encore blessé, je pense qu’il souhaite ne pas en entendre parler, le temps de «  digérer » la nouvelle.

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Elsie

le lundi 06 août 2018 à 16h49

Bonheur
je vis dans un environnement général hostile à mon développement personnel et j'ai à coeur de faire réfléchir mon entourage direct à tous les sujets encore trop médis. J'aime posé des doutes au sein des certitudes toutes construites, trop construites, et amener à voir les réalités, y compris celles qui ne touchent pas directement, mais qui semblent "déranger".

Bonheur, j’aime beaucoup ta façon de penser, je m’y retrouve un peu je pense. J’aime amorcer des réflexions, tout en restant bienveillante. D’ailleurs je le fais souvent avec moi même, et c’est peut-être pour ça que je me trouve des affinités avec le polyamour :)
J’aime à penser que ce n’est que le début d’une longue réflexion que je vais entamer avec F. Je ne veux pas cesser les discussions maintenant ou ranger ce sujet au placard. Sans que ça deviennent obsessionnel non plus ! Mais au final, je pense que sa tête est déjà convaincue, c’est plutôt son cœur et ses tripes qui font de la résistance...

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homme_partit

le lundi 06 août 2018 à 17h45

Bonjour.

En couple depuis 3 ans à peine et F entend parler du poly. Sa réaction première est certes assez violente, mais pour un mono, elle retranscrit un impact émotionnel tout aussi violent.
Une telle annonce est difficile à entendre. Le fait est que la discussion est lancée sur le sujet démontre que F n'est pas si borné que cela.

Je vois beaucoup de référence littéraire partisane du poly. Cependant, le mono pourra en trouver tout autant dénigrant ce mode de vie, d'où un débat sans fin.

Je rejoins Bonheur lorsqu'elle explique que la déconstruction doit se faire à deux. Cela permet d'avancer à deux, à une vitesse cohérente pour les deux, en scellant des repères à deux.

Si Elsie a le droit de vivre un poly, F a tout autant le droit de ne pas accepter, dure réalité tellement humaine.

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bonheur

le lundi 06 août 2018 à 19h01

Coucou homme_partit, heureuse de te lire, cela faisait longtemps :-)

Je dois faire un aveu, le terme "grand écart", je l'ai copié à homme_partit. J'avais lu avec attention ses premières interventions et j'avais compris beaucoup de cette lecture.

homme_partit
Si Elsie a le droit de vivre un poly, F a tout autant le droit de ne pas accepter, dure réalité tellement humaine.

Oui, tout à fait. Ce n'est pas parce que l'on s'aime, que l'on est capable d'évoluer ensemble. L'un n'entraine pas nécessairement l'autre. La limite, dans ce cas, c'est de savoir si l'on est en mesure de vivre heureux en renonçant à ce qui nous rendrait heureux. Si oui, n'est-ce pas s'engager dans un futur tellement frustrant que l'on accumulera une rancune sourde destructrice.

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gdf

le lundi 06 août 2018 à 20h15

Elsie
Je me sens juste prête à y renoncer car pour le moment, il compte davantage pour moi que mon envie d’experimenter Le polyamour.


Je suis bien d’accord. Mais quel message je vais lui renvoyer si je me mets à lire des livres qui expliquent comment gérer tel ou tel aspect du polyamour si je lui ai assuré que j’y avais renoncé ?

Il faut bien séparer deux aspects : ce que tu veux, et ce que tu choisis. Tu ne renonces pas à vouloir le polyamour, tu renonces à le mettre en application avec lui. Il faut que ce soit clair pour lui. Le polyamour, ce n'est pas une secte, ni une maladie mentale, c'est une façon de vivre. Ce n'est pas pour tout le monde, ce n'est pas pour lui en particulier, mais ça pourrait être pour toi. Tu choisis, par amour pour lui, de rester monogame, mais ça ne veut pas dire que tu renonces au principe du polyamour.
Tu pourrais avoir très envie de partir en voyage à Tombouctou en couple, mais lui n'a pas envie. Tu choisis de ne pas y aller toute seule, mais ça ne t'interdit pas de lire des livres sur Tombouctou.
Après, c'est vrai que si tu lui agites des bouquins sous le nez, il peut ressentir une pression malvenue et mal réagir. Mais sil ne faut pas non plus que tu t'autocensures, et qu'il croit t'avoir fait changer d'idée si ce n'est pas le cas.

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homme_partit

le lundi 06 août 2018 à 21h04

Bonjour Bonheur.

Il est vrai que j'interviens moins qu'auparavant.
Ce sujet me touche et tu comprends pourquoi.

Bonheur
La limite, dans ce cas, c'est de savoir si l'on est en mesure de vivre heureux en renonçant à ce qui nous rendrait heureux.

Il y a tellement de choses qui peuvent nous rendre heureux. Seulement, il y en a qui restent plus importantes que d'autres et seul un dialogue profond permettra une progression conjointe. L'idéal serait d'avancer sans imposer.

Bonheur
Si oui, n'est-ce pas s'engager dans un futur tellement frustrant que l'on accumulera une rancune sourde destructrice.

Rien n'est figé et ce qui est vrai aujourd'hui peut ne plus l'être demain. De ce fait, les attentes de maintenant pourraient donc évoluer pour devenir moins frustrantes dans le futur. Mais il y a des chances que d'autres arriveront.

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pkd

le lundi 06 août 2018 à 21h06

homme_partit
En couple depuis 3 ans à peine et F entend parler du poly. Sa réaction première est certes assez violente, mais pour un mono, elle retranscrit un impact émotionnel tout aussi violent.
Une telle annonce est difficile à entendre. Le fait est que la discussion est lancée sur le sujet démontre que F n'est pas si borné que cela.

Pourquoi 3 ans à peine, vous pensez que c'est plus facile après 5ans, 8ans... L'impact émotionnel traduit surtout un mono qui ne s'est jamais posé de questions. Parler de l'éventualité de quelque chose est quand même beaucoup moins violent que d'annoncer que l'on a un nouvel amoureux en vue. Mais bon, en effet la discussion semble lancée sauf qu'elle est sous la condition qu'Elsie oublie les balivernes poly... Il y a quelques décennies, les femmes devaient oublier les balivernes sur leur droit de vote ou la contraception...

homme_partit Je rejoins Bonheur lorsqu'elle explique que la déconstruction doit se faire à deux. Cela permet d'avancer à deux, à une vitesse cohérente pour les deux, en scellant des repères à deux.

C'est certes le schéma idéal sauf que si votre partenaire ne veut pas réfléchir ben on fait du surplace... Et quelquefois, il faut se faire sa propre déconstruction avant d'être en mesure de discuter et d'exprimer ses ressentis...

On fait souvent comme on peu et pas comme il faudrait.

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alinea7

le lundi 06 août 2018 à 21h46

pkd
Pourquoi 3 ans à peine, vous pensez que c'est plus facile après 5ans, 8ans... L'impact émotionnel traduit surtout un mono qui ne s'est jamais posé de questions. Parler de l'éventualité de quelque chose est quand même beaucoup moins violent que d'annoncer que l'on a un nouvel amoureux en vue. Mais bon, en effet la discussion semble lancée sauf qu'elle est sous la condition qu'Elsie oublie les balivernes poly... Il y a quelques décennies, les femmes devaient oublier les balivernes sur leur droit de vote ou la contraception...

J'espère que je comprends pas bien mais j'ai un peu l'impression que le mono se fait dénigrer parce qu'il réagit mal là, dans le sens où il aurait dû se poser des questions...:-/ Mais si tout va bien pour lui pourquoi l'aurait-il fait ? Si le mode relationnel qui lui convient est précisément celui que la norme impose, qu'est-ce qui l'aurait poussé à le faire ?
Et puis l'intensité du choc ne vient pas forcément du fait de s'être posé des questions ou non à ce sujet mais peut-être simplement que ça ne correspond pas à ce qu'il cherche dans son couple, et qu'imaginer que sa partenaire s'y intéresse démontre que sa façon (à elle) de considérer ses relations amoureuses est incompatible avec la sienne (à lui), en tout cas pour l'instant. Et il est compréhensible qu'il ne puisse pas s'engager à changer d'avis là dessus, tout comme Elsie ne peut pas s'engager à se satisfaire de leur relation exclusive ad vitam.
Il est tout aussi admissible qu'il n'ait pas envie d'envisager le polyamour et tant mieux s'il est clair, Elsie sait à quoi s'en tenir. C'est beaucoup plus sain que de se laisser traîner par le bout du coeur jusqu'à l'usure de la relation. S'ils se dirigent progressivement vers le polyamour au moins ce sera à son rythme et en respectant ses limites, ce qui me paraît bien moins violent.

Enfin ce n'est que mon avis. Et je te rejoins sur le fait que souvent on fait comme on peut et pas comme il faudrait. C'est d'ailleurs vrai des deux côtés.

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homme_partit

le lundi 06 août 2018 à 21h46

pkd
Pourquoi 3 ans à peine, vous pensez que c'est plus facile après 5ans, 8ans...

Pour entendre ce genre d'annonce, je crois que les repères sentimentaux d'un couple doivent être solides et viables. 3 années de vie commune font que ces critères ne sont encore aboutis.
La jeunesse d'un couple n'est pas forcement un atout.

La maturité permet de comprendre, l'expérience d'expliquer, le dialogue d'entendre.

pkd
C'est certes le schéma idéal sauf que si votre partenaire ne veut pas réfléchir ben on fait du surplace... Et quelquefois, il faut se faire sa propre déconstruction avant d'être en mesure de discuter et d'exprimer ses ressentis...

Le partenaire peut donner l'impression de faire du surplace, alors qu'il est en pleine réflexion. Il y a souvent une différence de vitesse dans une situation comme celle-ci, une qui voudrait avancer, l'autre qui demande du temps.

Je pense que la déconstruction du mono commence dès l'annonce du poly, mais elle ne se voit pas, noyée dans un questionnement émotionnel.

Cette déconstruction du mono ne signifie pas aller vers l'acceptation, juste comprendre ce qui nous arrive et ensuite, déterminer ce que l'on souhaite et ce que l'on ne veut pas.

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bonheur

le lundi 06 août 2018 à 22h02

Je me permets. Il faut séparer l'état du couple préalable à l'annonce ET la durée de ce couple avant l'annonce. Je dirai que l'un et l'autre ne sont pas liés.

On ne peut déconstruire que ce qui est construit. Si on vivait dans un monde où il n'y avait pas de construction implicite mais que des constructions individuelles allant dans un sens explicite... on n'aboutirait pas à ce type de situations. D'où l'intérêt de l'évolution des mentalités... vers une possible construction de soi et non une construction où l'on ingurgite du commun sans s'en rendre compte.

Je rejoins le dernier paragraphe d'homme_partit. C'est pour cela qu'il faut du temps au temps. Nombreux ont été "éduqué" avec un formatage commun. Nous, nous sommes sortis du schéma, mais ne pas oublier comment nous étions auparavant. Ce qui sonne pour nous comme des évidences, sonne faux à de nombreuses oreilles.

Je n'oublie pas que je me suis considérée comme un monstre durant 4 ans. J'avais pourtant une bonne estime personnelle, sauf quand je comprenais que je ne correspondait pas au moule. C'est dure pour les polys. C'est dure pour l'entourage également.

S'il n'y a pas de dynamique commune qui s'instaure émotionnellement, intellectuellement ou autres, chacun-e campe sur sa position et personne n'a ni raison ni tort. Une incompatibilité se développe et ça devient un constat concret et réel.

Par contre, je ne suis pas Elsie, d'ailleurs elle n'est que en réflexion, en début de situation et pour moi elle a agi en toute honnêteté, et je l'applaudi pour ça. Par contre le constat, à mes yeux, (et je répète, nous ne sommes pas elle) est que la situation reviendra. Si l'amour et l'amour n'est pas incompatible à ses yeux, comment évoluer ensuite sans reproduire l'attitude... et là, que fera-t-elle ? Elle vivra dans le dénie, ou dans le mensonge. C'est ça son bonheur à venir ?

Donc, pour moi, laisser du temps, oui. S'enliser en n'osant même plus aborder le débat et lire en cachette des livres parlant de vivre dans la transparence...

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