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Redevenir exclusif pendant un an après avoir été "libre"

Monogamie
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Jericho

le mardi 28 août 2018 à 15h36

Bonjour, un peu d'historique avant en essayant de résumer au mieux:

Je suis en couple(non marié, sans enfant) depuis 8 ans. Notre relation fonctionne bien, on s'aime, on parle quand on en a besoin, des projets ensemble etc. Tout roule entre nous.

Il ya 4 ans je suis tombé amoureux d'une collègue en couple elle aussi. Ca a dérapé, ma compagne l'a appris. A partir de là ça a été le bordel. Je ne voulais pas quitter ma compagne parce que je l'aimais toujours mais je ne voulais pas arrêter cette nouvelle relation pour autant car elle m'apportait exactement ce dont j'avais besoin. Pendant 2 ans on a essayé d'être semi ouvert. Pas mal de balbutiements, de larmes, de règles, de compromis et d'adaptations. Ca marchait à peu près mais ma compagne serrait les dents. Après 2 ans ma maîtresse a décidé de tout plaquer: moi et son mec à qui elle mentait depuis le début pour partir avec un autre. Ce fut un coup très dur pour moi mais un soulagement pour ma compagne.

Sauf que j'avais pris gout au fait d'être libre même partiellement. Je suis donc sorti avec d'autres femmes quelque mois après toujours dans une ambiance moyenne et en ajustant nos emploi du temps la règle de base étant que personne ne passait avant elle.

Octobre 2017 ma compagne quitte notre logement pour déménager loin pour raison professionnelle. Je l'ai rejointe en février cette année et nous vivons de nouveau en couple après une période de "liberté" sans trop de supervision de mon côté. Depuis Février je n'ai pas eu de relation extérieur.

Au cours d'une soirée en amoureux ma compagne m'a tiré un peu les vers du nez et j'ai avoué que même si je n'étais pas en recherche active de relation, il fallait s'attendre à ce que je recommence à voir d'autres femmes un jour ou l'autre. Cette nouvelle l'a beaucoup blessé, elle espérait que cette période était oubliée et qu'après notre déménagement ce genre de chose était derrière nous.

En discutant on tournait en rond sur nos solutions:
1. On se sépare(impensable tellement on est bien ensemble)
2. Elle souffre de me savoir avec d'autre peu importe les règles qu'on instaure
3. Je souffre de frustration, de me sentir enfermé si je deviens exclusif.

Elle a émis l'idée que puisque j'avais eu ma "période libre", je pourrai essayer de devenir exclusif pendant un an, pour voir qui en souffre le plus et si c'est "tenable" pour moi.

Etant donné que c'est elle qui a fait la plupart des efforts pour accepter ma liberté précédente, j'envisage d'accepter, mais j'ai peur de ne pas tenir. Par frustration, par rencontre.(je me suis rendu compte que même sans chercher, parfois, ça vous tombe dessus).

Avez-vous des conseils/avis ?
D'avance merci.

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VevmeibEl (invité)

le mardi 28 août 2018 à 15h54

J'en pense que même si je comprends ça en tant qu'exercice de pensée, c'est un peu bêbête de faire un concours de souffrance.

Et puis égalité ne signifie pas justice.

À chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins, comme disait l'autre.

Après, peut-être que pour que chacun ait ce qu'il a besoin sans trop se faire mal, il faudra se séparer, oui. Pas nécessairement, mais bon…

Il est tout à fait possible qu'il y ait plein d'arrangements intermédiaires au delà des trois solutions que tu présentes.

Cohabiter ou non ?
Partage d'une liaison romantique ou non ?
Partage de sexualité ou non ?
Combien de temps partagé en commun ?
À faire quoi ?
Sur quelle échelle de temps ? (cette semaine, ce mois, cette année, dans celles qui suivront, dans ma vie…).

Et ceci, ce ne sont encore que de grandes et grossières lignes habituelles ?

Bref, posez vous l'un et l'autre pour détailler et pragmatiser vos besoins, chacun de vos côtés, et une fois ceci mis à plat, faites le point sur ce qu'il est possible de faire pour chacun de vos besoins détaillés.

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Heika

le mardi 28 août 2018 à 16h00

Je te souhaite bien du courage.
Pour ma part cela me semble impossible, mais je ne parle que pour moi évidement.
Je sais que si je voulais, je pourrais ne pas entamer d'autres relations. C'est d'ailleurs ce que j'ai fait pendant les 8 premières années de mon couple. Sauf que ça ne m'a bien entendu jamais empêché de tomber amoureux. J'ai juste toujours pris la fuite ou mis des barrières dès que je craignais une réciprocité ou autre. Jusqu'à ce que cette fuite perpétuelle contre moi-même, contre l'amour, et contre mon bonheur ne m'épuise totalement et que je finisse par n'en plus pouvoir.

Si je devais "tenir" un an, oui, ce serait sans doute possible. Très certainement. Je dirais même que sans rencontre qui me tombe dessus ce serait très envisageable. Sauf que je ne peux prévoir ça., Qu'en plus désormais que j'y ai "goûté", la frustration serait déjà grande même sans rencontre, mais avec ce serait un calvaire.
Oui, ce serait possible. Mais comme il est possible d'entamer une gréve de la faim ou de se retenir de boire.
Est-ce que c'est souhaitable, et surtout, bénéfique à qui que ce soit ? Je ne pense sincèrement pas.

Si tu le fais, ce doit être dans l'acceptation, et non dans la résignation à mon avis. Pour moi ce serait de la résignation, la mort dans l'âme, avec l'impression de renier mon moi profond, mon coeur d'enfant.
Si tu peux l'envisager sereinement, dans l'acceptation profonde, why not ?

Il n'empêche que je ne peux me retenir de penser que ça doit servir à "voir [...] si c'est "tenable" pour moi" et pas à "pour voir qui en souffre le plus.".
Si c'est vécu comme un concours de souffrance (qui est propre à chacun et difficilement comparable je crois), ça me semble un très mauvais chemin à prendre.

En espérant sincèrement un dénouement apaisé et en vous souhaitant bonne chance et bon courage.

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bidibidibidi

le mardi 28 août 2018 à 16h19

Jericho
Cette nouvelle l'a beaucoup blessé, elle espérait que cette période était oubliée et qu'après notre déménagement ce genre de chose était derrière nous.

J'avoue que lire ça me donne toujours envie de sauter au plafond.
De un, c'est t'infantiliser. De deux, c'est de la fainéantise : Plutôt que de travailler sur elle, elle attend que ça passe. Et de trois, un manque d'ouverture d'esprit de considérer que le polyamour n'est pas "dans l'ordre des choses" et qu'il est donc censé "passer".

Tu es adulte, et tu fais ce que tu veux de ta vie, personne n'est censé te dire ce que tu dois faire et tu es parfaitement apte à veiller à remplir tes besoins et tes désirs.
Après, le coup de la période d'un an pour voir qui souffre le plus, c'est encore une façon de nier qu'au final, la responsabilité est de son côté (et accessoirement c'est ridicule). Tu es bien entendu là pour l'aider, mais c'est à elle d'accepter ta liberté. Il n'y a pas de "juste milieu" entre ta liberté et sa jalousie.

Donc, personnellement, je l'enverrai chier, et je serai assez ferme pour bien lui faire comprendre que tout le temps qui lui a été donné pour travailler sur cet aspect de ta personnalité, elle l'a utilisé à t'infantiliser et à considérer que "ça va passer".
Sur ce forum, les délais moyens pour accepter le poly d'un conjoint tournent entre 6 et 18 mois. 4 ans, c'est 3 fois le temps nécessaire. Pour moi, il faut qu'elle entame un sérieux travail sur sa jalousie.

Voila mon point de vue, un peu énervé, mais il faut de tout pour faire un débat ;-)

PS : C'est pas parce que je suis énervé que je pense qu'il faut être irrespectueux envers elle, je préfère préciser. Mais il faut être ferme, à mes yeux.

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Jericho

le mardi 28 août 2018 à 17h19

Merci à tous pour vos avis !
Globalement non, ce n'est pas un concours de qui souffre le plus. C'est surtout une manière de voir si je suis capable d'être exclusif.
Dans l'ensemble, je n'ai jamais vraiment eu à faire d'effort alors que elle, oui. Bien sûr je devais arranger mon emploi du temps, mettre en sourdine mon portable ou limiter parfois mes sorties, mais globalement j'avais ma liberté. Là où elle, a du prendre sur elle, accepté mes sorties, choisi de rencontrer ma maîtresse(elle l'a regretté après), accepté qui j'étais autant qu'elle le pouvait.

Pour reprendre VevmeibEl, tous les points ont déjà été passés au crible. On veut vivre ensemble, elle n'a aucune attirance pour d'autre personnes et d'après elle-même, pas d’énergie à y consacrer, elle reste ma relation privilégiée avec qui je veux construire sur le long terme.

Je suis effectivement dans l'idée du "Why not ?" tenter de voir si c'est si insurmontable que ça de mon côté. Ce qui m'ennuie c'est l'impossibilité de juste milieu. On est exclusif ou pas.

Pour Bidibidibidi, je comprends ton point de vue. Je fais ce que je veux de ma vie mais je veux ma vie avec elle. Son avis compte et son bonheur aussi. Quant au temps qui lui a été donné, c'est relatif. Sur ces 4 ans, elle a dû faire face à ma maitresse, rédiger une thèse, déménager dans un nouveau pays, changer d'emploi. Ca fait pas mal de choses à gérer alors le "temps moyen d'acceptation" je ne m'y fie pas trop ^^

merci encore pour vos avis variés !

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calinou696

le mardi 28 août 2018 à 19h36

Moins catégorique que les autres.
Dur dur car tu l'aimes et ne veut pas la perdre.
Manifestement, elle a fait beaucoup d'efforts et tu le reconnais.
Pour moi, en faire en retour je trouve que ca se fait. Tu, vous, pouvez au moins essayer, vous verrez bien ce que ca aura comme effet. Enfin perso je trouve que si tu l'aimes, c'est une preuve que d'essayer.

Je ne vois aucune infantilisation de la part de ta femme, juste des visions différentes du couple.

Comme dis dans d'autres fils de ce forum, des fois il faut choisir la moins mauvaise des solutions, et pas être buté comme un âne où il faudrait absolument respecter les sacrosaints commandement du polyamour.

De toute facon, les choses ont l'air assez claires dans ton histoire, tu sais ce que tu perds, tu sais ce que tu gagnes.
Moi je dis ca vaut le coup d'essayer, d'ici là des choses peuvent évoluer, changer, au moins tu auras eu le mérite d'essayer.
C'est mon avis.

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Piumy

le mercredi 29 août 2018 à 16h14

Le temps moyen d'acceptation, ça me fait bien rire. Je crois bien qu'il m'a fallu 5 ans avant d'accepter totalement que mon mari aille voir ailleurs et un an de plus pour le faire moi aussi. Tout dépend du caractère de chacun (j'ai une peur panique de l'abandon depuis le divorce de mes parents par exemple).

Tu as l'air de vraiment tenir à elle et je pense que tu peux lui dire que tu vas faire un effort de ton côté. Peut-être pas pour un an mais te dire que tu ne cherches plus, que tu te dévoues à elle et que le jour où tu fais une rencontre, tu lui promets de lui en parler avant. On ne rencontre quand même pas l'amour à tous les coins de rue, la plupart du temps on le cherche. ;-)

Une petite pause polyamoureuse pour faire le point sur votre couple, ça ne me paraît pas insurmontable. Mais il faut bien lui faire comprendre que c'est une pause consentie et que cela ne signifie aucunement que tu y renonces à vie. Elle aura le temps d'évoluer un peu de son côté elle aussi.

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artichaut

le jeudi 30 août 2018 à 12h33

Moi aussi je trouve que ça peut être une bonne idée d'essayer ce qu'elle propose.

J'avoue avoir eu du mal à comprendre cette phrase :

Jericho
j'envisage d'accepter, mais j'ai peur de ne pas tenir.

La vie est faite de choix. Tu peux choisir d'opter pour des compromis éclairés, ou pour une période de test, etc. Mais si tu le fais, la question de "tenir" ne se pose plus selon moi. (Et puis ça ressemble un peu trop à un truc de pseudos "besoins" incontrôlables, ou d'un refus de s'engager — c'est comme la jalousie, ça, ça se travaille).
Si tu choisis de le faire, tu sais pourquoi tu le fais, et donc à toi de faire ce qu'il faut pour que ça se passe bien. C'est quand même pas si compliqué de ne pas commencer d'autre histoire.

D'un côté, comme de l'autre, vous me semblez un peu trop binaires (malgré les balbutiements, règles, compromis et adaptations dont tu parle).
Et je pense, comme VevmeibEl que :

Il est tout à fait possible qu'il y ait plein d'arrangements intermédiaires au delà des trois solutions que tu présentes.

En fait, il me semble y avoir un souci de dénomination au départ, qui me semble induire beaucoup de choses.
Tu parles beaucoup de liberté (dans le titre et dans ton témoignage).
Ça ne me semble pas la meilleur façon d'envisager les choses.

Je ne comprends pas trop ce truc de vouloir être "libre". Qu'est-ce qui t'emprisonne ? cette relation avec ta compagne ? Des codes sociaux ? Ce qui fait que tu a "peur de ne pas tenir" ? etc.
Ce n'est pas du tout pareil si c'est c'est ta compagne, la société, ou toi-même…

Si tu ne te sens pas libre, et que ça te gêne, alors, c'est là-dessus qu'il faut travailler, mais je ne vois pas trop le rapport avec le fait d'avoir une ou plusieurs relations.
Être en relation, n'est-ce pas justement vouloir partager, s'engager, et donc faire le choix éclairé de moins de liberté ? (si tu veux être libre reste seul, et ne te mets pas en couple).

J'ai l'impression que trop souvent on cherche des choses contradictoires, ou que l'on nomme mal les chose que l'on cherche, ou dont on a (aurais) besoin.
Encore faut-il aussi réussir à faire le tri, de ce qui est de l'ordre des injonctions sociales et de ce que l'on cherche vraiment.

Ça veut dire en parler avec elle aussi. Et creuser plus loin que les grandes cases habituelles ("je veux un mari", "je veux être libre", "je veux le polyamour", etc).
Il faut parler de sécurité affective, chercher à se comprendre soi-même, comprendre les mécanismes qui sont en jeu, sans attribuer la faute à des éléments extérieurs.

Pourquoi relationner ensemble ? Qu'est-ce que ça vous apporte réellement (concrètement) ? Et qu'est-ce que ça ne vous apporte pas ? Où trouvez-vous ce dont vous avez besoin pour vivre ? Et comment ne le faites-vous pas porter à l'autre ? etc

La jalousie, la liberté. Sans doute avez-vous besoin de creuser dans tout ça, d'apprendre à vous connaître, séparément et mutuellement, pour pouvoir véritablement faire des choix (individuels et mutuels). Mais faut être prêt des deux côté à faire bouger les lignes, à sortir de votre zone de confort, etc.

Et trouver des solutions ensemble. C'est pas l'un.e ou l'autre qui doit céder aux "besoins" de l'autre.

Mais oui, cette "période test", ça peut être un bon moyen de montrer que toi aussi, tu es prêt à bouger des lignes, et une bonne occasion pour réfléchir à plein de choses.

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trioberlue

le jeudi 30 août 2018 à 12h51

Je suis assez fan de la verve de bidibidibidi que j'aurais dû consulter en son temps !

Sinon, en effet, blocage d'un coté ou de l'autre, mais pas de juste milieu possible ... je connais bien.
Je suis justement dans la période exclusive par nécessité ... et je trouve ça :
- débile (pour faire simple),
- douloureux (affreusement)
- et surtout, pas moi du tout.

Quant au "on verra qui souffre le plus" ... on fait ça comment ?

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alinea7

le jeudi 30 août 2018 à 13h33

Eh bien moi qui d'habitude trouve écho dans les propos de bidi3, je trouve ici ta réaction ferme, tranchée et intransigeante très dure. Je ne vois pas d'infantilisation mais un espoir romantico-mono-amoureux déçu.
J'ai l'impression que ta réaction correspond à un vécu où tu as été confronté à la nécessité de t'affirmer, peut-être parce que tu ne le faisais pas assez. Et ça peut être pertinent pour Jericho, c'est à lui de voir.
J'ai juste du mal à voir comment la manière dure de réagir que ça peut susciter permet une évolution apaisée et commune dans le polyamour.

Je plussoie artichaut, j'ai pu constater combien des deux côtés (mono comme poly), les évolutions souhaitées consciemment remplissent un besoin très peu exploré par contre. Et que prendre la peine de rechercher l'essence de ce besoin qui nous appelle et pourquoi, indépendamment du moyen, ça ouvre la porte à beaucoup de possibles beaucoup moins tranchés que mono vs poly. Dans le respect de chacun.

Mes 2 cents.

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Budbanoad (invité)

le jeudi 30 août 2018 à 16h13

Tu parles beaucoup de liberté (dans le titre et dans ton témoignage).
Ça ne me semble pas la meilleur façon d'envisager les choses.

<3

Je valide assez.

Faut bien être réaliste : additionner les relations, c'est avoir à gérer les contraintes et les besoins de plus de personnes à la fois. C'est donc partiellement une perte de liberté.

Enfin, parleur de liberté c'est trompeur, quoi…

Je considère que la liberté, c'est la capacité à faire un choix entre plusieurs contraintes. Dans ce sens là, oui, on va dire que les relations multiples sont un gain de liberté[1].

Mais dans ce cas là, le fait de choisir une relation monogame en consciente est aussi un exercice de liberté.

--

[1] Invocation de Siestacorta : «  La vie n'est jamais rien d'autre que le choix constant entre le désagréable et l'insupportable : liberté ou sécurité, action ou inaction, exigence ou facilité, lutte ou obéissance, douleur ou ennui, dîner seul ou manger dans le bruit, le compromis, et l'insignifiance, se branler la bite sur des revues pornos ou supporter, toute une soirée durant, une pétasse alignant, entre deux michuteries, une beaufitude convenue, avant qu'au petit matin de s'écrier, comme dans les Évangiles, "femme, qu'y a-t-il entre vous et moi ?", avec, dans les oreilles, le pathétique "tu m'demandes pas mon numéro de téléphone ?".  »

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bidibidibidi

le jeudi 30 août 2018 à 16h14

alinea7
Eh bien moi qui d'habitude trouve écho dans les propos de bidi3, je trouve ici ta réaction ferme, tranchée et intransigeante très dure. Je ne vois pas d'infantilisation mais un espoir romantico-mono-amoureux déçu.

Ce n'est pas du tout comme ça que je le lis, notamment par l'utilisation du mot période. Mais nos réactions me font penser à quelque chose :
Jericho, as-tu demandé à ta compagne ce qu'elle pense du polyamour ?

Je sais que quand j'ai fait la transition, ma compagne a souffert, mais, rationnellement, elle accepte l'idée du polyamour (et d'ailleurs m'a quelque fois dit que même si elle se sentait mono pour le moment, elle avait du mal à croire à l'exclusivité sexuelle pendant des décennies). Donc, d'une certaine façon, le travail vers l'acceptation du polyamour est possible.
Inversement, je ne pense pas que quelqu'un d'opposé dans le principe au polyamour puisse faire le chemin vers l'acceptation. A la rigueur, la tolérance, mais pas l'acceptation. Bon, on pourrait prétexter que la tolérance, c'est déjà bien, mais j'ai tendance à croire que la tolérance nous pète à la gueule à la moindre grosse difficulté de couple. Et dans tous les cas, la tolérance nuit gravement à la communication, vu que celui qui tolère a rarement envie d'entendre parler de ce qu'il ne fait que tolèrer.

Et l'histoire d'une période, c'est pour moi encore une fois une mauvaise idée. Une période pour faire la transition, oui. Mais une période mono pour voir s'il peut l'accepter... En gros, on t'attache un bras derrière le dos et on te demande si tu peux vivre comme ça. La réponse est oui. Mais à aucun moment c'est souhaitable.
Qu'est-ce-qu'elle veut prouver ? Elle veut juste retarder l'inévitable, qui est qu'ils vont bien devoir gérer la situation autrement qu'en jouant l'autruche. Si Jericho est polyamoureux, madame va devoir prendre ça en compte sérieusement.

Je reste sur mon point de vue, fermement (parce que c'est un forum donc je peux me permettre d'être ferme, dans la situation de Jericho, je marcherai sur des oeufs et serait beaucoup plus diplomate). Pour moi, il y a un souci du côté de madame. Dans sa vision du polyamour comme une période, dans le fait de considérer que ce n'est pas vraiment difficile de vivre sans, dans la comparaison entre sa douleur, venant d'une non acceptation, et celle de Jericho, venant de la frustration d'un désir voire d'un besoin.

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Jericho

le vendredi 31 août 2018 à 10h30

Bon c'est bien, vous me donnez du grain à moudre.

Pour approfondir un peu, je parle beaucoup d'être libre effectivement mais la définition m'est propre. Quand je dis libre, c'est libre de mon couple. On fonctionne bien mais on vit renfermés sur nous même. Peu social tous les deux, peu d'activités avec d'autre personne, pas d'amis à moins de 500km.

J'avais l'impression de trouver mon équilibre lorsque j'avais ma maîtresse. Ma relation "socle" avec ma compagne qui contient mes projets de vie, de l'amour, du sexe, des voyages, etc. Et une relation plus légère qui me sortait de cette bulle. J'ai toujours été attiré par d'autres femmes, n'ai jamais été jaloux, et ai beaucoup apprécié de pouvoir découvrir d'autres femmes tant sur le plan physique que spirituel.

Je ne sais pas si je suis à proprement parlé "poly", les étiquettes m'emmerdent. Je sais juste qu'à un moment de ma vie j'ai aimé profondément deux personnes en même temps et que ça ne me posait aucun problème logique. C'était comme ça.

Quant à l'engagement, après huit ans, un PACS, un chat en commun, je ne crois pas que ce soit le problème. Le mariage et les enfants ne nous intéressent pas, je ne sais pas trop quel autre preuve d'engagement j'aurais besoin.

Pour moi cette période d'essai servira surtout à prouver que je peux prendre sur moi aussi et pas seulement toujours lui demander des efforts de son côté. Ce qui ne veut pas dire que je renonce à avoir une relation extérieur sur le long terme.

Merci encore pour votre feedback, je vais continuer de creuser.

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Siestacorta

le vendredi 31 août 2018 à 13h59

Jericho

Pour moi cette période d'essai servira surtout à prouver que je peux prendre sur moi aussi et pas seulement toujours lui demander des efforts de son côté. Ce qui ne veut pas dire que je renonce à avoir une relation extérieure sur le long terme.

En pratique c'est difficile que le partenaire ne prenne pas ça soit comme un espoir de "il peut changer", soit comme un pis-aller avec un compte-à-rebours ("plus que quelques semaines avant qu'il retélécharge tinder, haaaaa").
Je trouve ta motivation compréhensible, mais elle pourrait ne pas être suffisante : tu montres de la bonne volonté et le message est la bonne volonté, au moment où ton aimée veut entendre un message sur l'exclusivité en soi.
C'est là où l'idée de période moratoire / probatoire me semble piégeuse, reculer pour mieux sauter, parce que les questions de fond (qui sont soit plus précises soit plus nombreuses que 1+1 ou 1+1+x ) vont pas vraiment bouger.

D'un autre côté : ben c'est une demande de sa part. Ca se respecte, une demande. Si elle est comprise.
Faut voir ce qu'elle met dedans, pour pas être dans le malentendu.
Parce que "pour voir qui en souffre le plus"... c'est pas parce qu'on souffre pas le martyr qu'on a pas des désirs multiples, des motivations, qui un beau jour nous font agir.
Je comprend la demande, le timing (après 8 ans un peu de calme), mais je trouve que ça ne se fonde pas assez solidement (d'où ta question initiale, j'imagine ; mais ce travail aussi se fait à deux).

C'est compliqué de pas faire de ce type de situation une bonne grosse opposition manichéenne entre les deux choix de vie.
Et bon, tu évoques en filigrane un mal-être de ta compagne sur la durée de tes incartades. Tu culpabilises sans doute un peu, tu cherches pas à la faire souffrir, mais tu sais toujours pas comment la protéger...

Tu demandes "quelle preuve d'engagement" pourrait être demandée, sous entendant qu'il n'y en aura pas plus, pas besoin... En tout cas, pour toi. Et pour elle ? (savoir ça, c'est son boulot, mais une fois que tu l'as dit t'as rien dit).
Je crois quand même que c'est dans cette direction-là, des engagements, qu'il faut chercher. Pas pour donner une "preuve", il s'agit pas de promesses, mais de faire des choses qui incarnent ce que vous voulez ensemble. Donc des projets, souvent, c'est pas mal : à part repenser à l'exclusivité, dans un an, ou deux ou cinq, vous pourrez faire quoi ? Voyage ? Crédit ? Maison ? Activité créative, ou lucrative ? Retraite anticipée ?

Voilà mes pistes.

(merci syllabléatoire pour l'invocation :-) )

Message modifié par son auteur il y a 12 mois.

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