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Accepter de vivre le polyamour ?

Monogamie
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PeanutButter

le lundi 20 août 2018 à 01h50

Bonsoir, (il est tard à l'heure où j'écris)
Merci de vous intéresser à mon partage, je suis conscient que mon histoire a peut-être été vécue par d'autres ici et que certains témoignages parlaient déjà d'une expérience semblable mais je ressens tout de même le besoin de raconter les choses telles que je les vis. Peut-être des réponses apparaîtront ici qui pourraient s'avérer bénéfiques à d'autres.

Alors je me lance, je suis dans une relation amoureuse avec une personne depuis un an et demi. Cette personne m'ayant signalé qu'elle aimait en polyamour dès le départ, rien n'était caché, tout était clair.
Enfin presque, car pour moi le polyamour a toujours été assez difficile à appréhender, je ne me reconnais pas dans ce mode de vie et je crains qu'il ne m'apporte plus de souffrance que de bonheur.
Alors comment se fait-il que je vive encore avec cette personne après un an et demi, me direz vous ?
Ou pourquoi avoir accepté en premier lieu de partager quelque chose avec cette personne ?
Et bien je crois en fait que j'ai de toute façon vécu le polyamour dès le départ, la personne aimée étant en couple au moment de notre rencontre. En fait c'était quelque chose qui m'était difficile, penser à la troisième personne dans tout ça était douloureux mais j'ai laissé les choses se faire...
L'amour que je vivais me paraissait valoir le coup. Et puis la troisième personne est passée à la trappe, leur relation a fini par prendre fin. Plus besoin pour moi à ce moment là de me tourmenter avec ces questions d'acceptation du polyamour puisqu'il n'y avait plus que nous deux à l'horizon. Mais ça a été une erreur de penser ainsi, j'ai fait l'autruche pendant un long moment et ça n'a fait que retarder l'échéance de ma confrontation avec ces interrogations. Et pire encore, j'ai construit dans ma tête une image biaisée de l'être aimé. Une image dans laquelle l'autre pouvait arriver à se contenter de moi, à ne plus avoir besoin d'autres expériences.
La douleur n'en a été que plus vive quand la réalité m'est réapparue telle qu'elle était.

Récemment nous avons été éloignés l'un de l'autre pendant plusieurs jours et ça a été un véritable calvaire...
Je m'imaginais jour et nuit que la personne que j'aimais profondément vivait des choses avec quelqu'un d'autre... D'autant qu'il nous a été très difficile de rester en contact pendant ces longues journées.... J'en étais tombé malade, littéralement. Le mal être causé par mes indécisions avait refait surface brutalement.
Nos retrouvailles ont été délicates... Je ne savais plus qui était la personne qui partageait ma vie. La confusion a encore empirée quand j'ai appris qu'une relation sexuelle avait été vécue sans que je le sache au début de notre relation, et pas avec l'autre personne qui partageait alors sa vie. Je me sentais perdu, pas trahi puis qu' aucun mensonge n'avait jamais été fait, mais rempli d'une forte désillusion. Comment avais-je pu mettre tout ça de côté si longtemps ?
Comment avais-je pu accepter le fait, au début, qu'une autre personne venait constituer un couple, en parallèle au notre ?

Aujourd'hui je n'ai toujours aucune réponse, aucune certitude autre que je l'aime.
Je lis sur le sujet du polyamour et j'essaie d'en parler à l'extérieur de notre couple mais ça n'est pas évident de trouver une oreille compréhensive.
Je me sens pressé par le temps, car plus j'attend et plus mon indécision nous fait mal à tous les deux.
De plus, d'ici quelques jours nous allons encore être loin l'un de l'autre pendant plusieurs jours et je sais qu'un autre polyamoureux pour qui elle n'est pas insensible sera présent avec la personne que j'aime durant cette période.

Pensez vous qu'il est possible de vivre une relation où l'un est polyamoureux et l'autre non, sereinement ?
J'ai toujours aspiré à des relations amoureuses passionnelles voir fusionnelles. Le polyamour peut-il être compatible avec ça ?

Je ne sais pas vraiment à quoi m'attendre en vous partageant tout ça, toujours est-il que je vous suis reconnaissant d'avoir pris le temps de lire ceci. Et je suis navré si certaines tournures de phrases ont été maladroites, je ne porte aucunement de jugement sur la façon dont qui que ce soit mène sa vie, j'ai simplement encore pas mal de méconnaissances sur tout ce qui entoure le polyamour.

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Diomedea

le lundi 20 août 2018 à 09h01

Bonjour PeanutButter et merci pour le temps que tu as du passer à écrire ton fin témoignage.
"J'ai toujours aspiré à des relations amoureuses passionnelles voir fusionnelles."
Moi/nous deux aussi, et nous la vivons, la renouvelant tous les jours.
"Le polyamour peut-il être compatible avec ça ?"
Pour moi/nous : oui ; ce n'est pas du tout toujours facile, of course, car nous avons commencé notre longue parcours en mono-mono. Mais notre passion, voir fusion, n'est ni un lieu où disparaissent nos individualités ni un état obligatoirement exclusif. Énormément de communication et d'envie d'évoluer avec bienveillance nous aident.
Nous avons acheté le livre d'Hypatia from space (une bloggeuse poly québécoise) : "Compersion, Transcender la jalousie dans le polyamour" (via Amazon :( ) et le trouvons intéressant, même peut-être utile. Les textes du 'Pape' Franklin Veaux (plusieurs traduits ici) valent le détour.
Bienvenu au forum. :)

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Scarlett

le lundi 20 août 2018 à 09h01

Il me semble que tu mets exactement le doigt dessus dans ton propos. Tu dis ne pas avoir regardé la vérité en face. Peut-être pourrais tu essayer d’affronter cette vérité et de voir ce qu’il est possible d’accepter. Et si tu le veux, essayer de surmonter tes angoisses qui nourrissent ta jalousie. En identifiant les peurs qui t’habitent et en les combattant, il est tout à fait possible d’accepter d’avoir une relation avec un polyamoureux. Et de ce fait, tu seras toi-même un polyamoureux. Car il suffit si l’on s’en tient à la définition donnée dans ce site d’être dans cette relation pour le devenir.
Personnellement moi je l’ai encore mieux vécu sereinement lorsque j’ai moi-même entretenu des autres relations mais je pense que c’est tout à fait possible de bien le vivre sans.
Ici par exemple tu pourrais commencer avec nous à voir ce qui pose problème. Ou lire qqs livres qui pourraient aider.
En tout cas, bon courage.

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raz

le lundi 20 août 2018 à 14h19

Je plussoie ce que disent Diomedea et Scarlett.
Sinon de quelle indécison parles-tu ?

Message modifié par son auteur il y a un an.

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bonheur

le lundi 20 août 2018 à 14h37

Dans mon cas personnel, je ne connaissais pas le polyamour quand j'ai pris la décision de me fiancée en 1988, puis de me marier en 1989 (jeune puisque je suis née en 1968). Toujours est-il qu'en agissant ainsi, j'ai fait le choix de choisir entre deux amours. La plus grosse connerie de ma vie !

En 2007, un amour me fait sortir de ma petite zone de confort, trop confortable justement. J'ai mis des mots avant tout acte, à cet homme extérieur à mon couple, et à mon mari. Bref... cet homme fait d'abord l'autruche puis prend la fuite, bien que mon mari tente d'aborder le sujet avec lui sans hostilité, malgré son mal être du moment. Et puis, on a tout déballer ! Vingt ans d'occasions où on avait, l'un comme l'autre, fait des rencontres sans donner suite, par exclusivité. Pour ne pas chambouler. On a déballer aussi ce qui était nuisible à l'intérieur de notre couple. Nous avons fait cela en réduisant au maximum l'éventuelle animosité ou rancune possible. Il faut prendre garde à cela. Toujours est-il que sur le coup, l'annonce a été un énorme choc pour lui. J'avais brisé ses rêves !

En 2011, après 4 ans d'avancée commune dans un brouillard assez dense et une tierce personne dans ma vie (l'homme que je n'avais pas "choisi" à l'occasion de mes fiançailles), je découvre le terme polyamour et sa définition. Depuis, mon mari est polyacceptant, mais pas polyamoureux (je suis polyaffective, plus exactement). Il sait qu'il peut, mais ne le désire pas.

Nous vivons avec cet équilibre et nous sommes heureux ainsi. Il est toujours présent lorsque mes amours extérieurs sont en déséquilibres ou qu'il y a rupture. Nous vivons une réelle osmose fusionnelle au sein du couple. Toutefois, il a un entourage que je ne connais pas nécessairement (il m'en parle s'il le désire) et de mon côté également. Je lui présente des personnes... ou pas. En tout cas, la transparence est faite sur la nature d'un lien affectif qui dépasse le cadre d'un ressenti intérieur amical (chamboulements, perturbations intérieurs....) avec une réciprocité et donc une incidence sur notre couple initial.

Mon mari a rencontré tous mes amours partagés. Il évite ainsi de s'imaginer ce qui n'est pas et aussi, la communication est facilitée car parler d'une personne inconnue...

Voilà pour mon expérience, et n'a de valeur que nous, mon couple et les personnes qui ont partagé un vécu amoureux (émotionnel et affectif) avec moi. L'amour, le sentiment et les souvenirs perdurent. Parfois, le partage révèle des incompatibilités et des ruptures s'imposent. Ce n'est pas aisé non plus pour une personne qui s'intègre dans ma vie, j'en ai conscience. Il faut une volonté commune pour bien vivre une telle situation.

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PeanutButter

le lundi 20 août 2018 à 23h25

Merci infiniment à vous tous qui avez choisi de m'aider à aborder cette étape complexe.
En cette période de quasi détresse émotionnelle, ça fait très chaud au coeur de voir que des personnes sont prêtes à m'apporter leur soutien avec bienveillance.
C'est d'autant plus important pour moi parce que, comme je l'ai dit déjà je n'ai pas vraiment de personne dans mon entourage qui ait vécu ce genre de relation, hormis ma compagne bien sûr. Alors pouvoir avoir des regards extérieurs, libres de toute pression affective et émotionnelle est d'une grande aide.

Raz : l'indécision dont je parlais est celle toute simple qui est de savoir si je continue à vivre avec la personne aimée en devenant polyacceptant ou si je décide plutôt que ça ne sera pas possible pour moi de vivre l'amour ainsi.

Je ne cesse d’osciller entre une acceptation envisageable et un refus catégorique... D'un jour à l'autre tout me paraît soit très simple soit très complexe.

Pourtant la certitude que j'aime cette personne infiniment est bien là... Et cela devrait suffire, non ?
Et puis comment pourrai-je savoir que le polyamour n'est pas envisageable si je ne l'ai pas réellement essayé. J'avais les yeux à moitié clos jusqu'ici et j'ai volontairement mis des barrières avec tout ça mais il me faut maintenant tout affronter.

Je ne souhaite pas vivre le polyamour au sens où je ne veux pas laisser de place à qui que ce soit d'autre dans mon coeur. Et je ne peux pas concevoir le sexe comme une simple activité, un simple échange. Cela signifie toujours bien plus à mes yeux. C'est également la raison pour laquelle j'ai du mal à comprendre ce qui pousse ma compagne à vouloir vivre cette vie.
J'ai encore du mal, après des heures d'échanges avec elle, à ne pas éprouver un fond de rancoeur à son égard, comme si son choix de vie avait aussi pour objectif de me blesser, comme si c'était un choix qu'elle faisait, un choix pour lequel elle pourrait dire non. Mais le polyamour fait en fait partie de ce qui la définie...
Je m'en veux également de ce que mes pensées tendent à la rancoeur et à l'incompréhension. J'aimerais être capable de dire oui sans attendre, d'accepter toutes les conditions qui sont nécessaires à son bonheur, peu importe qu'elles me soient douloureuses.

Cela me rassure d'entendre qu'il est possible de faire vivre un couple fusionnel et passionnel dans le polyamour. Je pense que ma perception du couple fusionnel est encore imparfaite puisque c'est aujourd'hui la première fois que je vis une relation qui s'en approche réellement.
Le nom de cet ouvrage sur la jalousie est apparu plusieurs fois sur ce forum, et bien que l'idée d'arriver à la compersion me paraisse être à des kilomètres lumières, je vais tout de même voir ce que propose cet ouvrage.
J'ai sous la main "More than two" et "La salope éthique" qui semblent être bien complets et aborder le sujet sous de très nombreux aspects.
Mais cela prend du temps de lire de tels livres car me plonger dans la réflexion sur le sujet me coûte vraiment beaucoup.

Scarlet : j'ai essayé de discuter avec ma compagne de possibles concessions, de petites retenues qui auraient pu me faire accepter tout ça de manière plus douce au début, mais rien n'est possible. Lui demander de limiter ses expériences extérieures à des flirts, ou même à du sexe est impossible. Il ne lui est pas question de refuser quoi que ce soit qui puisse se présenter à elle.
La semaine prochaine, lorsqu'elle sera loin avec cet autre polyamoureux, pas question pour elle non plus de refuser ou limiter quoi que ce soit.
J'aurai espéré pouvoir ainsi passer plus en douceur ce cap de la prise de conscience mais elle pense que ça ne fait que retarder l'échéance et que ça ne servirait à rien. Et elle a probablement raison... Mais je me retrouve ainsi face à un océan de possibilités effrayantes alimenté par ma jalousie....

Même en ayant conscience que mes craintes ne sont pas rationnelles, que des faiblesses non identifiées pourraient en être la cause, je n'arrive pas à leur faire face et je me perd parfois dans ces rouleaux d'émotions pures, piquantes et froides.

Peut-être que prendre de la distance avec tout ça serait sage, les quelques messages qui ont pu être échangés ici m'ont fait déjà beaucoup de bien.

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Diomedea

le mardi 21 août 2018 à 07h38

Hello again PeanutButter et merci pour tes nouvelles.
Je n'ai pas beaucoup de temps libre à cet instant mais voici deux petites réactions :
"Je ne souhaite pas vivre le polyamour au sens où je ne veux pas laisser de place à qui que ce soit d'autre dans mon coeur."
Pourquoi vouloir te priver de si belles pensées et sensations? L'amour ne 'prend pas de place' et n'a pas de limites quantitatives - il ne vole pas une place qui est déjà donné à une autre personne - il magnifie et même se rajoute aux amours qui t'habitent - et l'amour ne t'oblige pas à agir, envers les personnes aimées, d'une manière ou d'une autre à part avec bienveillance, respect et honnêteté (c'est à chaque relation de trouver sa propre recette d'expressions). Et là je parle de l'amour au sens large - de la passion obsédante jusqu'à l'amitié-amour d'un Montaigne et La Boétie :)
*********
"Et je ne peux pas concevoir le sexe comme une simple activité, un simple échange. Cela signifie toujours bien plus à mes yeux."
Pour moi aussi, dans une relation d'amour (même si dans ma bien lointaine jeunesse j'ai connu et beaucoup apprécié les instants d'amour-copain librement consentis!).
Rien n'interdit à des polyamoureux de décider de vivre des relations plus ou moins libertines, mais polyamour n'est pas un synonyme de libertinage (que je ne critique aucunement, et qui peut inclure beaucoup de profondes affections...) Encore une fois, c'est à chaque relation de se définir et d'évoluer de commun accord.
*********
En fin de compte, c'est à chacun de vous deux de définir, et de communiquer à l'autre/aux autres, ses besoins irréductibles de base :
"J'aurai espéré pouvoir ainsi passer plus en douceur ce cap de la prise de conscience mais elle pense que ça ne fait que retarder l'échéance et que ça ne servirait à rien..." Ton amie semble bien exprimer ses besoins - pas d'une manière qui te rassure (je ne peux pas évaluer son envie de prendre soin de toi et de votre relation sans l'entendre) mais d'une manière claire.
"Et elle a probablement raison" : je me rejoins à ta pensée, je pense que tu dois plonger en toi (sans que tu t'accuses d'égoïsme) pour mieux te connaitre et t'apprécier, en cherchant tes propres 'besoins irréductibles de base' - votre dialogue sera plus riche et capable de réussir à refaire une bonne 'recette' ensemble.
:)

Message modifié par son auteur il y a un an.

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PeanutButter

le mardi 21 août 2018 à 09h51

Merci Diomedea, vraiment.
Je ne vois pas mon choix comme une privation mais plutôt comme la concentration de toute mon énergie vers une seule et même personne. Je ne dis pas là que j'exclue tous les autres humains autours de moi, j'aime mes amis, ma famille d'une autre manière et j'éprouve de l'affection pour des personnes que je pourrais rencontrer et qui viendraient secouer quelque chose de moi, mais seulement de l'affection. Je peux m'imaginer vivre quelque chose avec ces personnes mais je ne le ferai pas, car je n'en ai ps l'envie et que je ne pense pas en avoir le besoin.
En ce sens là je diffère beaucoup de ma compagne.

J'ai bien conscience que le polyamour n'est pas synonyme de libertinage, je sais qu'il y a des milliers de configurations différentes, de manière de vivre différentes. Et il doit bien y avoir des polyamours qui considèrent le sexe comme moi, mais ça n'est pas le cas de ma compagne.
C'est encore une fois une différence significative entre nous. Et c'est effrayant.
Hier soir je me suis endormi dans ses bras avec la seule pensée que je l'aimais et ce matin au réveil, rien ne va, rien ne me convient, je ne peux même pas la regarder dans les yeux.

Les besoins irréductibles de base... L'amour, la tendresse, l'accompagnement, la bienveillance, la sécurité... toutes ces choses que l'on s'apporte l'un l'autre.
Dans le polyamour ou pas, ces choses là ne bougent pas.
Peut-être que ma crainte est seulement nourrie par le fait qu'elle en voit un autre.
Peut-être que j'ai peur d'être remplacé, surpassé par l'excellence d'un autre...
J'ai certainement peur de perdre le "contrôle", je crois que ça c'est important pour moi. D'avoir une forme de contrôle autours de moi, de savoir où les sont les gens qui m'entourent et de pouvoir anticiper tout changement. Car j'ai déjà très peur du changement, comme j'ai aussi très peur de l'abandon.
La savoir s'épanouir ailleurs, c'est quelque chose que je ne peux contrôler, c'est une chose qu'elle va chercher et que je ne pouvais lui donner. Et que va-t-elle chercher de si important ?
La savoir ailleurs me procure un sentiment d'impuissance. Je me vois alors comme imparfait, incomplet... incapable de la satisfaire entièrement.
On a déjà parlé de ça plusieurs fois ensemble et je sais que ces craintes ne mènent à rien, qu'elles ne sont bénéfiques en rien. Elle a beau m'assurer que je ne serais jamais remplacé, jamais détrôné, mon insécurité demeure...

Je crois avoir besoin de lui poser beaucoup de questions, de lui demander ce qu'elle vit et avec qui. Si je ne demande rien, je me tourmente dans les suppositions et je n'en finis pas de subir une paranoïa des plus éprouvantes. Les quelques réponses que j'ai eu jusque là ne m'ont apaisées en rien, ce fut presque l'inverse.
Parfois je suis à deux doigts de lui demander avec combien de ses amis elle a pu couché, combien des gens qu'elle côtoie sont une menace pour moi.
Je sais bien que ces pensées sont insipides mais elles sont là et ne taisent pas.
Je suis allé jusque chercher sur facebook pour voir à quoi ressemblait ce polyamoureux avec qui elle échange autant. Ca ne m'a pas fait de bien, ça ne m'a avancé à rien... et je n'en suis pas vraiment fier...
J'ai besoin de comprendre, a-t-elle besoin de se sentir aimée et désirée de quelqu'un de plus grand ? plus musclé ? aux cheveux plus longs ? quelqu'un qui soit un artiste ?
Tout ça m'échappe. Les raisons qu'elle me donne qui font qu'elle veuille vivre ainsi ne me paraissent pas clair.... Mais pour autant, devraient elles être clairs ?

Je parle décidément beaucoup ici, tout le fouillis d'émotions et de pensées qui se bousculaient jusque là dans ma tête ont besoin de sortir et de s'ordonner.
Il y a encore des milliers de choses à en dire, il y a dire que j'ai besoin de redire, d'autres que j'ai besoin de réentendre, et encore des choses qu'il me faudra apprendre.
J'espère très sincèrement pouvoir poursuivre ces échanges ici, j'aimerai pouvoir un jour être celui qui fournira des réponses à une personne dans le besoin.

Encore merci à vous

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PeanutButter

le mardi 21 août 2018 à 09h57

bonheur
En 2011, après 4 ans d'avancée commune dans un brouillard assez dense et une tierce personne dans ma vie (l'homme que je n'avais pas "choisi" à l'occasion de mes fiançailles), je découvre le terme polyamour et sa définition. Depuis, mon mari est polyacceptant, mais pas polyamoureux (je suis polyaffective, plus exactement). Il sait qu'il peut, mais ne le désire pas.

Tu dis là être polyaffective. Ce terme est vraiment joli.
J'aime beaucoup le terme polyacceptant, il nous inclue dans ce mode de vie mais en gardant la notion d'acceptation, de tolérance.

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bonheur

le mardi 21 août 2018 à 10h29

Comme indiqué souvent ici : que place-t-on derrière le mot amour ? Il s'avère que la définition n'est pas unique. Je crois PeanutButter que je ressens plus l'amour comme toi que comme ta compagne.

Polyaffective. Je suis, je le sais un cas un peu à part, y compris dans le monde déconstruit du polyamour. J'aime d'une façon asexuée, en dehors de mon couple, parce que je n'ai jamais pu avoir des partenaires sexuels différents d'une façon rapprochée dans le temps. Ca peut paraitre cru, dit comme ça, mais je crois que justement, c'est parce que le sexe n'est pas cru, pour moi. Paradoxalement, et je ne l'explique pas, les gestes de tendresse (j'y inclus les baisers, j'adore les baisers), je le peux.

Pour moi, être poly, c'est en premier chef admettre, reconnaitre et assumer aimer plusieurs personnes en même temps. Sauf que voilà, quand je disais être poly, on me sortait toujours "tu te fais plusieurs mecs". Un ami poly, à l'époque où je cherchais un terme n'englobant le critère sexuel mais l'amour affectif, m'a servi ce terme polyaffectif sur un plateau. Depuis, je ne l'ai pas quitté :-D .

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bonheur

le mardi 21 août 2018 à 10h36

PeanutButter
J'aime beaucoup le terme polyacceptant, il nous inclue dans ce mode de vie mais en gardant la notion d'acceptation, de tolérance.

Soit l'élément poly fait une séparation nette entre sa vie de couple et sa vie en dehors, soit l'élément poly intègre la tierce personne dans sa vie... dans toute sa vie. Je ne veux pas dire par là imposer quoi que ce soit à qui que ce soit. Ce n'est pas parce que le conjoint d'une poly n'est pas poly lui-même qu'il n'a pas sa place. Au contraire, dans notre cas, il est ma "soupape" et ce rôle il l'assume parfaitement. Avec mon mari, nous avons toujours été dans une avancée commune, une dynamique d'affrontement de la vie. Avec mes amours, je ne m'échappe pas, je ne m'évade pas. Par contre, être polyacceptant permet au poly(affectif-amoureux) de ne pas se sentir enfermé, prisonnier.

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raz

le mardi 21 août 2018 à 12h53

Peanutbutter
Je parle décidément beaucoup ici, tout le fouillis d'émotions et de pensées qui se bousculaient jusque là dans ma tête ont besoin de sortir et de s'ordonner.

Eh bien si tu en éprouves le besoin, n'hésite pas à continuer. En plus, c'est passionnant car tu sais décrire clairement et avec précision ce que tu traverses. ça me donne envie de rebondir mais sur tellement de choses que ça me décourage à l'avance et en même temps, je me dis que ce n'est pas important car ta capacité à identifier les idées, les émotions qui te traversent, à dire tes envies, tes peurs, tes questionnements est un atout important qui devrait t'aider à cheminer.
Par contre tel que tu te décris, soit conscient que tu n'en as pas fini avec les montagnes russes émotionnelles et les noeuds dans la tête. Vis-à-vis de ça je pense qu'il y a une double attitude à avoir. D'un côté, on ne contrôle pas complètement (ou quasiment pas ?) l'évolution de la situation interne comme externe donc comme le bâteau pris dans une tempête, il faut attendre que ça passe (le lâchez-prise). Et puis en même temps, on a quand même un poids sur cette évolution qui se construit (c'est ce que tu fais quand tu discutes avec ta compagne ou ici par exemple).
Ensuite aie conscience que contrairement au bateau dans la tempête ou au manège forain (pour filer l'image des montagnes russes), tu n'es pas obligé de rester jusqu'à la fin. A tout moment, tu peux te retirer (en arrêtant ta relation). Bien sûr c'est pas aussi simple que ça mais juste ce n'est pas tout ou rien, tu as une certaine marge de manoeuvre non seulement sur la manière de vivre cette aventure mais aussi sur le fait de la vivre ou non et pendant combien de temps.
Enfin, si la fin idéal où l'on vit une relation mono-poly enrichissante et apaisée après une période de tempête si possible pas trop dure ni trop longue est ce que je te souhaite et une bonne raison pour tenter l'aventure ; aie conscience que cela ne se terminera pas forcément ainsi. Et donc essaie de considérer cette expérience comme un enrichissement personnel, une manière de mieux te connaître et savoir ce que tu veux vivre, histoire que quoiqu'il se passe, tu ne finisses pas en ayant l'impression d'un grand gâchis.

Message modifié par son auteur il y a un an.

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raz

le mardi 21 août 2018 à 13h10

Et je me permets de réitérer le conseil que Diomedea t'a déjà donné de lire "Compersion" d'Hypatia from Space. Non pas que ce livre soit parfait (je le précise car je le recommande tellement en ce moment que j'ai peur d'en donner une image idéalisée) mais qu'en reconfigurant toute la réflexion sur le poly autour de la question de la jalousie, elle a un discours qui est beaucoup plus en prise direct avec ce qui préoccupe en priorité beaucoup de gens dont toi dans ce cas.
D'ailleurs, si je reviens là-dessus, c'est que plusieurs choses que tu dis me font penser à ce texte (concessions, contrôle, peur de l'abandon...).

Message modifié par son auteur il y a un an.

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