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[TW Propos homophobes, violents...] Questionnements d'hommes cisgenre, et des autres

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Ragondin

le vendredi 02 septembre 2016 à 10h48

Mince j'avais pourtant eu l'impression d'être moins "cis" que Ragondin....

Sur une échelle de un à cis ?

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Siestacorta

le vendredi 02 septembre 2016 à 11h08

Acajou
Je pense que tout peut s'apprendre.
Si je vois que des personnes arrivent à ne plus subir les emmerdes (en jouant avec sa propre peur), je vais prendre exemple sur ces personnes.

J'ai préféré apprendre à rouler à vélo sur une voie qui n'était pas fréquentée par des engins motorisés.
Apprendre sur les autres routes, c'était pas conseillé. Donc, d'emblée, le besoin de cadres d'exception existe.
Et peut se prolonger, si me donner se moyen ne fait presque rien perdre à personne.

Par ailleurs, on n'apprend pas tout ce qu'on veut.
Bill Gates a peu de chance d'apprendre à être Hussein Bolt, et réciproquement. Donc l'égalité ne tient pas qu'à la bonne volonté de s'adapter à n'importe quel cadre, quels que soient les obstacles. L'égalité des chances pour chacun de s'épanouir dépend non seulement de l'individu, mais de l'organisation d'une société.
Donc, pistes cyclables quand on ne cherche pas à rendre le moteur obligatoire, lieux non-mixtes quand il peut exister un intérêt à vivre autre chose que le cadre patriarcal.

Acajou
Je ne parle pas de la mission impossible, je parle juste d'en accepter l'idée et puis essayer au moins faire comme beaucoup de gens, qui arrivent à faire abstraction du harcèlement de rue. Je connais plein de femmes qui n'ont même pas l'impression que cela existe.

Alors, justement, pour toi ou moi, faire abstraction de ça est si facile que ça se pose même pas.

Les expériences qu'on a pas ou tellement peu eues :
- se faire aborder, régulièrement, pour de la drague (ou de la démonstration narcissique de potentiel de drague) dans n'importe quel contexte
- tomber, dans un lieu public, sur une inconnue qui nous regarde fixement en se touchant le sexe
- se faire suivre dans la rue par une inconnue qui a visiblement rien à foutre que ça nous gêne et qu'on peut raisonnablement voir comme une menace
- se faire injurier parce qu'on a dit "ben non, je ne suis pas disponible", ou "non, je préfère pas te donner mon 06"
- se faire mettre mettre la main au panier dans des transports en commun
- une supérieure hiérarchique qui nous fait des blagues salaces régulière:ment
- avoir été obligé de baiser parce que ça fait des plombes qu'on dit non et que ça passe pas
- connaître plusieurs amis pouvant raconter une agression sexuelle vécue
- savoir qu'à certaines heures, dans des endroits publics, se faire emmerder (même avec 0 violence, injure, juste, contrait de parler) est pas un cas rare.

Bref, pour saisir l'ambiance, un détour par ici.

Tout ça... ben pour nous c'est de l'exceptionnel, pour une femme ou un personne non-hommecis, c'est de l'ordinaire.
On saura probablement jamais ce que ça fait.
Si y en qui en a qui ressentent pas de pression, tant mieux pour elles.
Mais du coup, nous, on a pas l'expérience globale, pour dire que ça n'a pas d'intérêt de vouloir bénéficier d'un lieu public débarrassé de cet aspect-là de la pression sociale. On a que des "principes" d'égalité et d'épanouissement individuel qu'on déconnecte d'un contexte réel, parce qu'il ne nous est pas empiriquement sensible.

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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crahu

le vendredi 02 septembre 2016 à 12h26

J'étais également auparavant révolté quand je lisais que tel café ou telle réunion était interdite aux hommes-cis. Déjà je ne supportais pas cette dénomination, nous sommes des hommes un point c'est tout me disais-je. Et puis on apprend on évolue.

Clairement j'ai ouvert les yeux, on m'a démontré gentiment que le fait de me plaindre moi même relevait du syndrome du malethears. Que prendre la défense des Femmes d'une certaine manière relevait de la posture Nice Guy en slip. Bon deux ans de relations avec une féministe et des heures de débats ça aide. Et j'ai déconstruis petit à petit une existence formatée. Ce n'est pas fini et honnêtement je ne sais pas si j'irai plus loin, mais mon regard et mon attitude ont évolués.

Aujourd'hui je ne prend plus pour moi ou comme une attaque personnelle le fait de voir des réunions où d'autres genres et communautés veulent échanger sereinement sans la pression ou le regard d'un représentant de l'heteronormativité. Et pas la peine de se faire l'avocat du diable. Si beaucoup d'entre nous n'étaient pas aussi cons on en serait pas là. Le modèle oppressif existe et n'est pas tombé à terre. Alors apprenons à modifier notre identité, à accepter les différences et les autres modèles sans pour autant se perdre nous mêmes, sans jeter l'eau du bain et le bébé avec comme on dit. C'est difficile, je le vois bien. Mais nécessaire. Nous ne sommes pas concernés par les agressions de rue, des discriminations comme certain.e.s nous ne pouvons nous dire au même niveau , mais déjà être des alliés c'est un premier pas. ..

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gdf

le vendredi 02 septembre 2016 à 12h41

Acajou, Siestacorta, il me semble que vous avez tous les deux raisons mais que vous ne vous adressez pas au même public.
Dire "il est possible d'apprendre à rouler avec les voitures" ne signifie pas qu'il faille supprimer les pistes cyclables.
Dire "il faut des pistes cyclables" ne signifie pas qu'il faille interdire à tous les cyclistes de rouler avec les voitures.
Je crois qu'il faut des pistes cyclables, et il faut apprendre aux cyclistes qu'ils peuvent soit les utiliser (quitte à faire un détour), soit rouler avec les voitures (quitte à prendre un risque) soit choisir un autre mode de transport (quitte à polluer), et laisser chacun libre de son choix en connaissance de cause.

Ce que j'entends ici, c'est des automobilistes dire "y'a pas besoin de pistes cyclables, regardez, moi, je conduis bien, et je vois plein de cyclistes a l'aise sur la route". Ca montre que l'automobiliste ne se rend pas compte de la vraie situation de beaucoup de cycliste.
En réponse, on a "ce n'est pas au cycliste de s'adapter à l'automobiliste, le cycliste est faible et a besoin de piste cyclable". C'est vrai pour certains cyclistes, mais pas pour d'autres. Certains cyclistes ne sont pas faibles et n'ont pas besoin de pistes cyclables.

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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(compte clôturé)

le vendredi 02 septembre 2016 à 14h17

...

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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Indi

le vendredi 02 septembre 2016 à 19h01

je-suis-une-princesse
en tant que femme, je me fais emmerder par les hommes dans l'espace public

La proposition est évidemment fausse : "les hommes" n'emmerdent personne, pas plus que "les femmes", "les juifs", "les pédés", "les musulmans" ou je ne sais quelle autre catégorie. Afin de penser juste, il est nécessaire de se défaire de cette tendance à essentialiser les individus en fonction de leur appartenance à un groupe.

On peut bien entendu être discriminé parce qu'on est un homme ou parce qu'on est blanc. L'intolérance n'est pas une tare propre à l'homme blanc. Elle est partout. En France, j'ai vu des types qui n'hésitent pas à partager leur préjugés à l'égard des "gaulois". J'ai lu les échanges de saoudiens qui doutaient des discours officiels selon lesquels les femmes assises à l'avant des véhicules deviendraient infertiles, la preuve étant que la "peste blanche" continuait de se répandre. Il y a des temps à autres des lynchages de blancs en Afrique sub-saharienne. Des groupes de femmes cultivent des préjugés sur "les hommes" de la même façon que des groupes d'hommes cultivent des préjugés sur "les femmes".

Tout cela n'a en fait rien d'étonnant. Il y a en psychologie sociale un concept nommé "groupe minimal". La recherche montre qu'à partir du moment où ils se perçoivent comme faisant partie d'un groupe les êtres humains adoptent statistiquement un comportement discriminant à l'égard des personnes qui ne font à leurs yeux pas partie du groupe et cela fonctionne même dans les cas les plus absurdes. Le phénomène a été mis en évidence dans le cadre de groupes constitués de façon arbitraire, les chercheurs assignant un groupe à chacun des sujets, ceux-ci ignorant même qui appartient à leur groupe et qui n'en fait pas partie. Le simple fait de commencer à raisonner en termes de "eux" et "nous" suffit manifestement.

Il semble que pour ne pas avoir une attitude discriminatoire, il faudrait être un parfait individualiste et ne se sentir membre d'aucun groupe. Bref, comme chantait un individualiste forcené :

Le pluriel ne faut rien à l'homme et sitôt qu'on
Est plus de quatre on est une bande de cons.

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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Acajou

le vendredi 02 septembre 2016 à 20h03

Siestacorta
J'ai préféré apprendre à rouler à vélo sur une voie qui n'était pas fréquentée par des engins motorisés.
Apprendre sur les autres routes, c'était pas conseillé. Donc, d'emblée, le besoin de cadres d'exception existe.

Bill Gates a peu de chance d'apprendre à être Hussein Bolt, et réciproquement.

Moi ce que je défends, c'est de pouvoir avoir le choix.
Que tout le monde soit libre de prendre ou le vélo ou la voiture. Que les cyclistes risquent leur vie sur la route par obligation, ça me fait chier. Donc il faut et des pistes cyclables, et la possibilité de conduire.
Après personne ne pourra être à la fois Bolt et Gates, ni tous d'aller jusque-là, mais au moins la possibilité d'avoir le choix entre les deux.

Du coup en fait je n'ai rien contre la non-mixité, tant qu'elle n'est pas subie. Ça me fait chier que les femmes soient obligées d'en arriver là pour se sentir bien.
J'aimerais bien qu'elles se sentent libres de parler comme elles veulent devant les hommes, qu'elles se sentent à l'aise.

Qu'il y ait dans ces réunions non-mixtes la possibilité de parler de ses problèmes, de vider son sac, ça je le comprends parfaitement, il ne vaut mieux pas que les hommes entendent tout ça, ça leur ferait du mal pour rien, les histoires d'agression ce n'est jamais agréable à entendre, mais combien de fois elles se cachent d'aimer quelqu'un ? C'est un peu con quand même.

Siestacorta
Les expériences qu'on a pas ou tellement peu eues :

- se faire aborder, régulièrement, pour de la drague (ou de la démonstration narcissique de potentiel de drague) dans n'importe quel contexte
- tomber, dans un lieu public, sur une inconnue qui nous regarde fixement en se touchant le sexe
- se faire suivre dans la rue par une inconnue qui a visiblement rien à foutre que ça nous gêne et qu'on peut raisonnablement voir comme une menace
- se faire injurier parce qu'on a dit "ben non, je ne suis pas disponible", ou "non, je préfère pas te donner mon 06"
- se faire mettre mettre la main au panier dans des transports en commun
- une supérieure hiérarchique qui nous fait des blagues salaces régulière:ment
- avoir été obligé de baiser parce que ça fait des plombes qu'on dit non et que ça passe pas
- connaître plusieurs amis pouvant raconter une agression sexuelle vécue
- savoir qu'à certaines heures, dans des endroits publics, se faire emmerder (même avec 0 violence, injure, juste, contrait de parler) est pas un cas rare.

Mais du coup, nous, on a pas l'expérience globale, pour dire que ça n'a pas d'intérêt de vouloir bénéficier d'un lieu public débarrassé de cet aspect-là de la pression sociale. On a que des "principes" d'égalité et d'épanouissement individuel qu'on déconnecte d'un contexte réel, parce qu'il ne nous est pas empiriquement sensible.

J'en rêve la nuit de vivre ces expériences un jour. On me l'a déjà un peu fait, je surkiffe comme pas permis. C'est rare.
Il n'existe aucun espace où les hommes sont oppressés sexuellement par les femmes, ou pour de la drague, ou de l'amour. Ça n'existe pas.

Elles ont encore la chance d'avoir des espaces où elles ont ce qu'elles désirent, alors que les hommes, non. C'est pour ça que les frustrés sexuels se contentent d'emmerder les autres, mais ils sont toujours frustrés, parce qu'ils n'ont pas ce qu'ils veulent, c'est impossible un tel renversement de situation.

Après peut-être faudrait créer ça mais va y avoir du boulot.^^
Tu penses que tu peux m'aider ?

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FeepCubvot (invité)

le vendredi 02 septembre 2016 à 20h03

«  Il semble que pour ne pas avoir une attitude discriminatoire, il faudrait être un parfait individualiste et ne se sentir membre d'aucun groupe. »

je-suis-une-princesse, qui joue au parfait petit SJW qui réclame ses points anarco-pouet m'agace beaucoup.

Mais il faut bien admettre que, justement, son positionnement théorique est cohérent. Ernest-Lucien Armand (qui n'était d'ailleurs pas le dernier des poly-pouet venus) écrivait lui-même en parlant d'anarchisme individualiste : «  La négation, le rejet, la haine de la domination et de l’exploitation ; l’absence de l’obligation, de la sanction et de l’empiétement dans tous les domaines ; l’abolition de la contrainte grégaire sur l’ini­tiative et l’impulsion individuelles. »

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Diane Weingarner (invité)

le samedi 03 septembre 2016 à 15h33

On crie haro sur le baudet pour un atelier en mixité choisie parce que l ' on exclut les hommes cis, alors qu'il y a une multitude d ' événements où ceux ci peuvent s ' exprimer.
Avez vous idée d ' endroit, d ' événement où les personnes trans n ' ont pas le droit de venir ?
Avez vous idées des discriminations et stigmatisations que l ' on subit ?
Avez vous idées des choix et stratégies que l ' on doit prendre pour éviter la transphobie des lieux mixtes ?
Connaissez vous le nombre de personnes trans assassinées ou poussées au suicide ?
On veut juste un endroit safe, pour que chacun.e puisse s ' exprimer sans être jugée.
Messieurs les hommes cis, les discriminations que l ' on subit viennent à 95 % des hommes cis, le reste venant de LMPT, vous comprendrez que même si vous vous dites sans danger pour les personnes trans, on n ' est pas sur à 100% ^^

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gdf

le samedi 03 septembre 2016 à 16h18

Diane Weingarner
Messieurs les hommes cis, les discriminations que l ' on subit viennent à 95 % des hommes cis, le reste venant de LMPT, vous comprendrez que même si vous vous dites sans danger pour les personnes trans, on n ' est pas sur à 100% ^^

95% des agressions viennent des Schtroumpfs n'a rien à voir avec 95% des Schtroumpfs sont des agresseurs, ça va sans dire, mais n'étant pas sur à 100% que personne ne va faire d'amalgame, je préfère le rappeler.
Comme le risque d'avoir LMPT à un café poly est négligeable, on acceptera le risque de ne pas leur interdire explicitement l'accès.

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JitOilgu (invité)

le samedi 03 septembre 2016 à 20h13

Par contre le risque d'avoir des gros relous, experts PUA compris, dans des cafés poly, lui, il est très élevé.

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Diane Weingarner (invité)

le dimanche 04 septembre 2016 à 12h14

Bon, après lecture complète du sujet, il y a des conseils du genre :" on vous harcèle, mais faites un effort, prenez sur vous et jouez -en ".
Je vais en parler à mes amies agressées chaque jour, c'est si simple pour l ' opprimée de prendre sur soi, alors que l ' oppresseur on laisse comme ça, c'est tellement dans les moeurs.
Il n'y a rien qui vous choque ?
Les hommes cis blancs heteros sont aussi harcelés ( certainement par des trans féministes ^^):
Bah non, s ' ils sont harcelés c'est parce que justement ils ne rentrent pas dans la case stéréotypés, qu ils ont quelque chose qui "dérange" (physique, intellectuel, etc. . . ) pas parce que homme blanc cis.
L ' atelier poly n ' est pas privé, donc n ' importe quelle personne pouvait venir, d ' où le risque de tomber sur un cisexiste, du coup exclure les hommes cis était la moins mauvaise solution.
Cette non mixité n ' était en aucun cas dirigée envers les hommes cis des groupes poly habituels, mais pour protéger des personnes en situation de discrimination constante.
L ' atelier poly s ' est très bien passée, avec une libération de parole de toutes les femmes, sans aucun frein, donc le but à été atteint.
Pour finir, un petit exercice de mise en situation, dans un groupe d ' hommes, vous incluez une femme, vous verrez que les comportements masculins et leurs sujets changeront.
Mettez un homme cis parmi un groupe de femmes, on observera aussi une modification de comportement des femmes.
Il est très difficile de lutter contre les conditionnements de la société, et cela nécessite de l ' énergie, alors que pour une fois on a la possibilité de ne concentrer son énergie juste au polyamorie on n ' hésite pas ^^.
Quand on est trans, poly, lesbienne, aspie,imaginez l ' énergie qu il faut rien que pour se rendre à un café poly, alors on a le droit à notre petit havre de paix, non?

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Acajou

le dimanche 04 septembre 2016 à 16h00

Oui c'est moi qui ait dit ça.

Tu sais moi des situations de harcèlement j'en ai connu aussi.
Il y en une par exemple, dans le quartier de Barbès tu as plein de mecs qui viennent t'alpaguer pour te vendre du shit. Et c'est vrai que c'est soulant. D'autres situations, à l'école, ou même des gens de mon entourage qui me demandent des services tout le temps (du bricolage principalement).

Mais j'ai arrêté de faire la victime, et j'ai appris à dire non. Et ça m'a fait du bien. Ça sort comme ça et puis après les problèmes s'arrêtent. Je n'ai pas eu besoin de rentrer dans des justifications, juste dire que ça me faisait chier. Et même encore mieux, dire ce dont j'avais vraiment envie. J'avais honte de mes rêves.

Puis les jours où j'ai un peu de temps, j'essaye d'être sympa, je raconte un truc marrant, ou j'essaye d'aider (sans que cela me gêne). Parce que je me suis rendu compte que les mecs qui vendent du shit au fond ils veulent juste du fric, alors je leur ai dit mais moi j'aurais bien filé des sous à quelqu'un qui aurait réparé mon téléphone, et puis que s'ils veulent se faire de l'argent il y a plein de trucs dont les gens ont besoin et qui seraient tout contents de donner, et sans les problèmes qui vont avec.

C'est pareil pour les harceleurs de rue, c'est soit t'y vas cash, et tu te rends compte que ce sont des tapettes qui ne sont pas capables de s'affirmer. Soit t'as la patience, en fait ils veulent juste une attention, le problème c'est la manière, ils s'y prennent tellement mal, même un kangourou avec un balai dans le cul il se débrouille mieux..

Et en tout cas moi j'ai arrêté de me pourrir la vie avec des crétins comme ça (les harceleurs).

Moi j'ai aucun problème à ce qu'il y ait un atelier non mixte, même, j'encourage.

Nan mais moi ce qui me soule en fait c'est d'entendre en permanence les oppressées se plaindre, tout le temps, et rien n'avance en fait. Ça j'aimerais que ça s'arrête en fait, j'aimerais des discussions constructives avec des solutions, où il y a au moins un échange entre les points de vue opposés. Vous dites qu'on est des maletears mais je pense qu'avec les femaletears on ferait une belle équipe, et on pourrait même presque partager nos larmes (car au fond personne n'est gagnant dans cette situation).

Moi je préfère les gens cash que cet espèce de harcèlement culpabilisant sur les réseaux sociaux, les forums, les espaces de rencontres, moi j'en ai marre vraiment. J'aime pas cette manière de dichotomiser oppressé/oppresseur. On l'est tous les deux à la fois. Et c'est ça qui me fait chier en fait, que les personnes qui se disent oppressées, même si je reconnais qu'elles le vivent mal, persistent toujours et toujours à ce que ça ne soit jamais de leur faute...ou alors qu'elles culpabilisent vraiment pour rien, vraiment y'a pas à culpabiliser d'envoyer vraiment chier un mec lourdeau, moi je préfère ça qu'un cafouillis ambigu...

Ceux qui vous paraissent dominants ne sont pas nécessairement plus heureux, ils vivent dans un vide sans limites...et il y a une chose qui est certaine, qu'on soit le plus en haut ou le plus en bas de l'échelle, on a tous envie de se sentir bien. Il n'y a pas de recette pour le bonheur, on veut l'être ou on ne veut pas.

Moi quand je dis "en jouer" c'est au moins pour ne pas donner raison à ceux qui me font du mal.

Et le pire, ce qui me met hors de moi, mais vraiment, c'est cette croyance comme moi les males blancs cis hétéro on des privilèges et n'ont pas souffert comme les autres, vraiment mais là c'est d'une bêtise. Peut-être il y en a qui se rendent pas compte, mais de préjuger des choses comme ça, ça veut dire que vous n'êtes pas capables de voir qui est dominant, et qui ne l'est pas dans un groupe de males blancs cis hétéro ? Ça veut dire que vous ne savez pas distinguer les attitudes d'une personne agressive d'une personne respectueuse, non, "c'est un mec, il est blanc, ça y est mon idée est déjà faite..." J'arrête ça m'énerve. Ce sont les commentaires que j'ai lus sur le groupe Facebook de la sortie, je n'admets pas une telle connerie, que les comportements "tears" vous blessent, je n'ai rien à dire, mais que vient faire le "white" là-dedans ? C'est la couleur de peau qui vous dérange ou c'est l'Histoire ? Oui l'histoire a fait que les blancs ont été avantagés, mais prenez-vous-en à l'histoire, pas à ceux qui n'ont fait qu'hériter ce système et qui sont les premiers aujourd'hui, en 2016 à le refuser. Vous pensez que moi je n'ai pas d'empathie, ou que je n'ai pas culpabilisé en voyant l'histoire de la traite négrière ? Je suis le premier à rentrer violemment dans le lard de ce qui étaient des potes quand ils me disaient "mais je ne peux pas sortir avec elle, c'est une black", j'avais envie de les tuer en entendant ça. Et pour les personnes transgenre qui sont rejetées, c'est un peu la même chose. Alors s'il vous plaît, un peu de respect pour les gens qui sont de votre côté, et sortez de vos préjugés.

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UgTeweaBo (invité)

le dimanche 04 septembre 2016 à 16h38

«  Nan mais moi ce qui me soule en fait c'est d'entendre en permanence les oppressées se plaindre, tout le temps, et rien n'avance en fait. »

En gros, comme le disait Luis Rego à Jean-Marie Le Pen il y a trente ans (de mémoire) : «  Je vais vous le dire, moi, ce que nous, fasciste, voulons. Ce que nous voulons, c'est un monde parfait ! Un monde où les riches sont contents d'être riches, et les pauvres sont content d'être pauvres ! ».

Je te tire mon chapeau bien bas : tu as réussi à le paraphraser en étant sérieux, quand lui se voulait caricatural.

«  Et le pire, ce qui me met hors de moi, mais vraiment, c'est cette croyance comme moi les males blancs cis hétéro on des privilèges et n'ont pas souffert comme les autres, vraiment mais là c'est d'une bêtise. »

Tu n'as rien compris. Ceci étant, ces gens «  salauds de pauvres qui se plaignent » ne le font pas forcément avec la meilleure compréhension des outils d'analyse politique et d'action non plus.

Du coup, je te le reformule : Il n'est pas question de nier certaines des oppressions que chacun peut subir comme tout le monde, ni de nier que le patriarcat n'inflige pas non plus ses schémas néfastes et enformants aux cis-hétéros-mec-pouet.
Il est question de dire qu'on vit dans un système qui avantage /en général/ certains groupes sociaux plus que d'autres.

Ceci étant, je m'accorderais quand-même vaguement dans ton sens : beaucoup de gens utilisent le concept d'intersectionnalité non plus tant comme un outil d'analyse de rapports sociaux (un outil plutôt bon, je pense), que comme un outil de lutte sociale. Et comme le disent les copains semi-sociaux-traitres de Vosstanie : «  L’intersectionnalité par exemple, n’a pour le moment produit aucune ligne “politique intersectionnelle” ou un “coeur” de rencontre des “oppressions” si ce n’est de la pondération plate et de la fragmentation concurrentielle. Il n’y a qu’à constater le nombre de chapelles et le genre de métaphysique éthologique où l’on excelle à chercher la cinquième patte du chat. »

Ho, et au fait, si tu veux être pris au sérieux en disant que, par exemple les hétérosexuels n'ont pas de privilèges, il va falloir que tu évites d'écrire ce genre de chose «  C'est pareil pour les harceleurs de rue, c'est soit t'y vas cash, et tu te rends compte que ce sont des tapettes qui ne sont pas capables de s'affirmer. ».

Parce-que, oui, c'est une belle contradiction récursive que tu nous fait là. «  Sale hétéro' » n'est pas encore tant utilisé comme une insulte, pour autant que je sache. Ou alors dans certains milieux particuliers et pas vraiment au premier degré.

En bref, si tu pouvais cesser d'écrire des âneries sans queue ni tête, en ne te contredisant pas toi-même, et retourner sucer Soral et wolfram ailleurs, ça m'arrangerait plutôt.

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Albaboun

le dimanche 04 septembre 2016 à 17h17

Bon, j'ai ouvert cette discussion quand j'avais l'envie et le courage d'essayer un temps d'user des arguments pour informer ceux qui auraient un tantinet de volonté de compréhension... Ceux qui tomberaient par inadvertance pour la première fois sur les problèmes de discrimination, mais seraient quand même capable d'un peu de bonne volonté.
Nous n'en sommes plus là! Si parmi nous se glissaient quelques personnes réceptifs à la condition des autres, avec un peu d’intérêt pour des contrées un tant soi peu plus lointaines que le bord incurvé de son nombril, ils auront trouvés de quoi se nourrir.
Ça aura aussi permis à Acajou d'aller au bout de sa pensée, rendant caduque et non avenue toute bribe de construction argumentée qui aurait précédé... C'est con, il ne te manquait plus que le point Godwin et on avait un perfect!
Ça suffit, assez pour moi, libre à vous d'ouvrir une autre discussion, je ferme celle là!

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Profil

Acajou

le dimanche 04 septembre 2016 à 17h21

Disons qu'on ne fait pas grand-chose à se plaindre en fait, oui ça attire l'attention des personnes empathiques, mais ça ne suffit pas. Je défends un monde plus égalitaire évidemment, mais aussi que tout le monde s'y sente bien car je ne pense pas que tout le monde ait envie de faire les mêmes choix. Donc un monde juste. Je défends le libre-arbitre. Je défends la possibilité de choisir entre être riche ou être pauvre (avec leurs avantages et inconvénients respectifs).

C'est pas nouveau que certains groupes sociaux soient avantagés, mais rendons à César ce qui est à César, utiliser des termes qui désignent des comportements, oui mais des termes de distinction de race ou de genre comme cause de problèmes n'ont pas leur place ici. La ligne politique intersectionnelle est à mon humble avis celle qu'on établit dans tout Etat, plus ou moins bien, mais c'est l'idée d'un état et de tout son système politicoscientificojudiciosocio et j'en passe.
Il y a déjà des réponses à cette question, au sujet des discriminations dans la loi (articles 225.1 et 225.2 du Code Pénal).

Les harceleurs de rue se présentent comme des dominants mais c'est une façade. Et j'ai utilisé le terme de tapette pour illustrer leur faiblesse, au sens péjoratif du terme, mais aussi leur homosexualité refoulée, au sens mélioratif du terme, ce qui est plutôt un signe d'ouverture en fait, même s'il faut passer par un peu de psychanalyse endoctrinée, de déconstruction (bref de changement d'un égo pour un autre). Donc en fait ce n'était pas complètement débile, il y avait toute une réflexion sur les doubles-sens et sous-entendus de ce mot.

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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gdf

le lundi 05 septembre 2016 à 07h08

rue89.nouvelobs.com/2016/08/31/harcelement-scolair...

Rien à voir avec le sujet (on parle d'enfants a priori égaux entre eux, pas de minorités opprimées), mais tout à voir avec le débat qui agite ce fil. Oui, il est possible d'apprendre à riposter. C'est possible pour les enfants, est ce encore possible pour les adultes ?

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tentacara

le lundi 05 septembre 2016 à 08h56

Mais justement, l'idée c'est d'avoir un espace où il n'est pas nécessaire de riposter. Les femmes sont en permanence exposées à des comportements agressifs. Quand je dis en permanence : la nuit dernière, mon mari et moi mettions la dernière main à nos cartons de déménagement. Un homme est passé devant la fenêtre ouverte (nous habitons au rdc sur rue) , a passé sa main à travers les barreaux et nous a interpelé : (à mon mari) "Tu la baises?" (à moi) "Viens mademoiselle, j'ai 28cm". Quand mon conjoint est allé fermer la fenêtre, l'autre a essayé de la maintenir ouverte de force tout en nous insultant. Il était 2h du matin. Dans notre maison.
Je disais donc en PERMANENCE. Il est essentiel de disposer d'endroits où le risque est minimum, en particulier pour parler de relations et de sexualité. On ne se raconte pas de la même manière selon le public en face. Pouvoir parler de temps en temps sans craindre qu'une personne dans l'assistance n'interprète nos paroles comme une invitation personnelle, savoir que nous pouvons baisser la garde et que nous ne serons pas en position de devoir riposter à quoi que ce soit, c'est vital.
Si vous ne supportez pas que les femmes se réunissent pour parler sereinement de leurs expériences sentimentales et sexuelles, c'est que vous faites partie du problème.

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Lili-Lutine

le lundi 05 septembre 2016 à 09h04

tentacara


Si vous ne supportez pas que les femmes se réunissent pour parler sereinement de leurs expériences sentimentales et sexuelles, c'est que vous faites partie du problème.

Merci tentacara <3

Un ami hier au soir m'a écrit cela :

« C'est con. Et en plus, l'outrance même des réactions tend à prouver qu'il y a bien un truc qui se joue socialement. C'est quand même étonnant pour les poly, pas tellement qu'ils soient nécessairement informés sur le féminisme, mais on s'attendrait à ce qu'ils puissent capter que si quelque chose se passent sans qu'ils soient là c'est pas si grave. Mais non »

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Acajou

le lundi 05 septembre 2016 à 10h13

tentacara
(à moi) "Viens mademoiselle, j'ai 28cm"

La prochaine fois tu lui diras que ce n'est pas assez.

tentacara
(à mon mari) "Tu la baises?"

"Et comment, t'imagines même pas !"

De rien, hein. La prochaine fois demande-moi des répliques fracassantes contre les crododiles.
En général ils ont toujours la même argumentation, c'est pas très compliqué...ils ne font pas dans le Spinoza..

tentacara
Mais justement, l'idée c'est d'avoir un espace où il n'est pas nécessaire de riposter. Les femmes sont en permanence exposées à des comportements agressifs.

Il ne faut pas riposter, il faut fracasser.

C'est bizarre parce que ma concubine ne vit pas du tout ça, pourtant elle sort et fait plein de rencontres. Je crois qu'elle en a strictement rien à péter. Les mecs n'osent pas l'approcher, elle fait peur. Et quand elle a des propositions de ce style, le côté mauvais de la chose l'intéresse.

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