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Perdue sentimentalement entre deux hommes

Témoignage
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Fraisebanane

le mardi 10 avril 2018 à 15h11

Bonjour,

Je suis jeune. J'ai rencontré mon copain à 17 ans, nous sommes ensemble depuis bientôt six ans. Nous sommes très différents mais il y a quand même une très grande alchimie entre nous. Nous sommes extrêmement complices, il est très attentionné avec moi, il m'offre régulièrement des fleurs, il fait attention à m'aider dans mes études lorsque je suis dépassée en faisant la vaisselle, la nourriture mais aussi psychologiquement il ne me laisse jamais tomber. Il croit en moi et me le fait toujours savoir. Bien sûr, comme pour toutes relations, nous sommes passés par des périodes moins intenses sentimentalement mais nous avons toujours su être ensemble malgré les petits obstacles. Je l'aime énormément et j'imagine mal ma vie loin de lui...

Pourtant, il y a deux bonnes années, j'ai travaillé au Festival d'Avignon. J'accueillais les troupes de théâtre, les compagnies venues jouer. Nous avons reçu une compagnie chilienne. Je suis très timide mais c'était des personnes très gentilles, nous nous sommes, mes collègues et moi, très bien entendu avec eux. Pour clôturer le festival, je suis allée danser avec eux et mes amies. J'étais un peu alcoolisée et j'ai embrassé un homme beaucoup plus âgé que moi (ou plutôt c'est lui qui m'a embrassé, disons que c'est allé très vite et que j'ai rien vu venir). Je n'étais pas intéressée à ce moment là. Il m'a demandé de l'accompagner à son hôtel, j'ai refusé et franchement je n'ai pas hésité. J'étais très alcoolisée et malgré tout je me souviens que ce baiser était absolument magique, assez désarçonnant. Je suis allée me coucher avec mon copain et l'événement a été très vite oublié. Le lendemain matin quand je me levais, il s'envolait au Chili.

Mais je m'étais fait des copines au Festival qui voulaient absolument aller les voir pour leur prochaine tournée à l'étranger. J'étais pas vraiment à fond. Ça ne me rassurait pas trop de revoir ce garçon. J'ai fini par céder en me disant que dans tous les cas j'aimais mon copain et qu'il ne pouvait rien arriver si je ne voulais pas que ça arrive.

Je me suis retrouvée 3 mois plus tard en soirée avec toute la troupe. De vrais bons vivants, enthousiastes. On a dansé jusqu'au bout de la nuit. L'homme qui m'avait embrassé était en retrait : il avait bien compris que j'étais en couple, et il a préféré prendre ses distances de manière à respecter mon choix de ne pas être séduite. Mais je suis allée lui parler et malheureusement, c'était une erreur, les choses sont allées très vite, on a dansé ensemble et on s'est embrassé et personne ne m'avait encore fait cet effet-là. Au petit matin, j'ai failli craquer et rentrer avec lui mais voyant que j'hésitais, il a préféré partir pour aller se coucher.

J'étais absolument désespérée. Je suis rentrée en France, j'avais pleuré tout ce que je pouvais pleurer dans l'avion, je pensais à mon copain et c'était très douloureux. J'avais ressenti quelque chose d'extraordinaire et la seule certitude que j'avais c'était que j'habitais en France et lui au Chili, et que je ne le reverrai plus jamais. Ou rarement, une journée ou deux.

On s'est envoyé des mails puis des messages sur whatsapps, j'ai appris à le connaître et j'ai beaucoup aimé sa personnalité. Certes, il était plus entreprenant et extraverti que moi et parfois je me sentais écrasée par sa personnalité mais il était doux, gentil, attentionné, prévenant, une personne qui pour moi était extraordinaire...

J'ai mis une distance avec mon copain. Il a découvert les messages. Ça a été notre première grosse dispute ; en 4/5 ans, on ne s'était jamais disputé réellement. Je ne rentre pas dans les détails mais quand je pensais que c'était fini, malgré la douleur que je ressentais, il m'a offert une bague magnifique et m'a dit à quel point il m'aimait. Ça m'a touché à un point que je n'imaginait pas...

8 mois sont passés. Plus de nouvelles. Puis un jour, j'ai pris les devants et il m'a proposé de venir le voir à Bruxelles. Avec beaucoup de remords, la mort dans l'âme, à contrecœur, j'y suis allée. J'étais tellement triste de ce que je faisais que quand je suis arrivée, ça se voyait sur mon visage. Nous avons passé une bonne soirée ensemble, moins bien que ce que j'avais pu penser, mais bien. Et c'est quelqu'un de bien, j'en suis certaine.

Mais mon copain m'a appelé pendant la nuit et il savait que j'étais en Belgique. Ça a gâché un peu plus nos retrouvailles...

Quand il fallait rentrer je ne pensais plus qu'à mon copain, nous étions fusionnels et j'étais extrêmement triste de ne pas être sûre que ça durerait entre nous. A un moment, en attendant mon train, je me suis même dit que la solution était de passer dessous.

J'ai du mentir à mon copain en arrivant. Encore une fois. Mais un mois après, il a fini par avoir la preuve que j'avais couché avec le garçon qui avait déjà failli nous séparer.

Ça a été une descente aux enfers. Après avoir parlé, crié, pleuré, il ne comprend pas que je puisse l'aimer mais que je veuille rencontrer quelqu'un d'autre. Nos rencontres ont été comme un coup de foudre pour moi... Il VEUT et je dis bien que c'est son ordre finalement car il est quand même un peu directif, une relation exclusive... Moi ça me rend malheureuse et je ne sais plus comment faire. Bientôt six ans que l'on est ensemble et je ne peux pas imaginer que l'on se sépare mais depuis novembre, date où j'ai couché avec le chilien, je vis une véritable dépression...

Ce que je retiens de tout ça c'est aussi une grande déception. Pas la possibilité de vivre à fond l'expérience avec ce chilien de 10 ans mon aîné qui est toute l'année dans son pays et qui revient rarement et un jour n'aura peut-être plus la chance de travailler pour la compagnie. Mais aussi une relation fantasmée; lors du passage à l'acte, c'était tout de suite un peu au-dessous par rapport à ce qu'on s'était imaginé.
Et déception de l'autre aussi parce que mon copain n'arrive pas à percevoir comme je suis sincèrement amoureuse de lui et comme j'ai envie de découvrir d'autres personnes... D'être libre face à mes sentiments, de m'appartenir...

Parfois je pense arrêter les deux relations. Tout envoyer balader. Mais je serai malheureuse parce que je sais que je veux construire une famille avec mon copain et m'amuser plus simplement avec A, le chilien.

Que faire ? Je suis jeune... Pourquoi est-ce qu'on est obligé de se sentir prisonnier de ses sentiments aussi jeune ?

J'aurais besoin de vos points de vue, si mon cas vous interpelle. Merci à tous...

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bonheur

le mardi 10 avril 2018 à 16h47

Bonjour,

Pourquoi avoir agit alors que tu te savais en situation de trahir, mentir...

Partir et reconstruire avec pour origine uniquement des relations non exclusives et explicitées serait une solution.

Je comprend les coups de foudre, je suis plutôt bien placée pour comprendre (et au diable les différences d'âge, on s'en fout), mais vouloir bâtir du concret sur du non-dit, là je tique sérieusement.

Ton copain attend de toi que tu rentres dans le "droit chemin" et ne comprend pas le polyamour. Il faut dire que se sentir en sécurité et bien dans une relation de type mensonges et adultère... c'est compliqué, voir impossible. Ton autre amoureux, est-il aussi dans une situation de mensonges ou est-il soit en relations ouvertes, soit célibataire.

fraisebanane
Que faire ? Je suis jeune... Pourquoi est-ce qu'on est obligé de se sentir prisonnier de ses sentiments aussi jeune ?

Deux options. Soit tu te libères de cette prison et tu te construis à ta façon suivant qui tu es. Soit tu t'emprisonne en effet. Tu sais qu'il y a une alternative qu'est le polyamour, tu as cette information et ce choix personnel. Je dirais qu'être jeune offre justement beaucoup... tout l'avenir devant toi !!!

Moi c'est à 38 ans que j'ai fait dit "je t'aime" à l'un et "je l'aime" à mon mari. Donc tu vois, tout est possible, d'autant que je suis toujours mariée.

La conclusion serait : l'amour est compliqué.

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Fraisebanane

le mardi 10 avril 2018 à 17h26

Bonjour à toi bonheur,

Je n'ai aucune idée de pourquoi je me suis mise dans cette situation. Au cours de ces dernières années, j'ai perdu beaucoup en indépendance. Besoin de liberté ? Je ne sais pas. En tout cas, je n'y suis pas allée l'esprit libre.
J'ai du mal à accepter que l'on puisse avoir de l'emprise sur moi... Ensuite je crois que j'avais besoin de savoir avec certitudes où j'en étais. Mauvaise idée, je ne sais toujours pas. Maintenant, j'avais déjà repoussé trois fois ce garçon, une fois au Festival, une deuxième fois à Berlin et une troisième fois pour mon anniversaire il y a un an. Il était de passage à Bruxelles. Bref, je me suis dit que tout s'arrêterait si je lui disais non une quatrième fois. Et je n'arrive pas à me le sortir de la tête malgré tout ce que fait mon copain pour moi.

Difficile à comprendre même pour moi.

C'est vrai, ce serait une solution mais mon copain ne veut pas en entendre parler. Donc ce genre de relations ne seraient finalement possible qu'avec une autre personne. Je ne sais pas si il y a un moyen de le convaincre j'ai l'impression d'avoir tout essayé et lui aussi pour me convaincre du contraire (je ne veux pas faire penser que je suis la seule victime dans cette histoire puisqu'il a essayé de me convaincre des bienfaits d'une relation exclusive)

Merci pour ta réponse je vois en effet que l'issue c'est surtout de parler... Et de voir ce qu'il se passe ensuite.

Et j'envie des couples à l'écoute comme le tien, ça ne doit pas être toujours évident mais je pense que ça doit quand même permettre de se sentir plus heureux.

Mon autre amoureux est célibataire. Il a eu une relation libre avec une fille, ça l'a beaucoup fait souffrir parce qu'elle a fini par le délaisser... Il n'est pas extrêmement ouvert quand je lui parle de mon copain, il ne l'aime pas beaucoup, le trouve trop possessif, mais ne me juge pas et m'écoute beaucoup. Je ne lui parle plus malheureusement, je ne sais pas si il a quelqu'un dans sa vie à présent.

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bidibidibidi

le mardi 10 avril 2018 à 18h13

Pour moi, FraiseBanane, tu vas fort loin.
C'est pas parce qu'on est en couple avec quelqu'un qu'on a pas envie d'aller voir ailleurs. Le principe de l'exclusivité, c'est seulement de ne pas céder.

De là, tu as plusieurs solutions :
- Rester avec ton copain jusqu'à la fin de tes jours et lui être fidèle.
- Quitter ton copain, enchaîner les rencontres jusqu'à décider un jour d'en garder un jusqu'à la fin de tes jours et lui être fidèle.
- Décider que tu veux suivre tes envies et aller vers une relation libre ou polyamoureuse.
J'évite bien sûr les situations de mensonges qui ne me paraissent pas très saine.

Si tu parles d'emprisonnement au stade où tu en es, il y a peu de chance que ta situation s'améliore. A mes yeux, on ne fait pas bien par renoncement. Donc il faut que tu choisisses comment tu veux mener ta vie. Et que tu adaptes ton environnement à ton style de vie.

Un dernier point, il faut que tu dissocies sentiments et relation. Tu es amoureuse de ton copain, ça ne veut pas dire que tu dois finir ta vie avec lui. Tu dois construire avec lui la relation qui vous soit à tous les deux la plus profitable par rapport aux sentiments que vous éprouvez l'un pour l'autre.

Voila, mes deux centimes.

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Fraisebanane

le mardi 10 avril 2018 à 18h57

Bonjour à toi bidibidibidi,

Je vais loin dans quoi ? Je m'excuse, je n'ai pas compris. A moins que tu veuilles dire que ce n'est pas dramatique comme situation et que je prends trop à cœur ?

Je sais bien que j'ai le droit de m'intéresser à d'autres personnes mais qu'il ne faut pas forcément céder. Mais voilà je crois que ça ne me convient plus. Et que mon copain actuel a été mon premier aussi.

J'ai l'impression qu'aujourd'hui aucune solution ne m'intéresse réellement ; ce que j'aimerais en revanche c'est trouver un compromis avec mon copain, qu'il accepte qu'on aime d'autres personnes. Discussion difficile après tout le mal que je lui ai fait et ses réticences. Je ne sais plus comment lui dire que si jamais on décide d'être plus libre, il aura toujours une place centrale dans ma vie.

Merci pour tes conseils ! Je ne sais pas si nous finirons notre vie ensemble mais aujourd'hui ni l'un ni l'autre ne veut mettre un terme à cette relation. Je n'ai pas de projection particulière. Je pensais déjà au début de notre relation lui dire qu'une relation exclusive ne me convenait pas mais je ne l'ai jamais senti très ouvert et j'étais trop jeune pour formuler ce genre de choses.

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bonheur

le mardi 10 avril 2018 à 19h43

Quand un couple mono-mono (en apparence) fait une transition mono-poly, je conseille généralement ces trois livres de Yves-Alexandre Thalmann : "vertus du polyamour" ; "les 10 plus gros mensonges sur l'amour et la vie de couple" ; "garder intact le plaisir d'être ensemble". Ces 3 ouvrages se complètent, je trouve. Le dernier devrait plaire à ton compagnon, il ne fait l'apologie de rien du tout et explique comment construire suivant qui l'on est.

Pour info, je suis polyaffective. Cela implique que je n'ai de sexualité que dans mon couple. D'ailleurs, la polysexualité me serait impossible (je suis ainsi, je ne peux faire l'amour avec un partenaire, qu'après un délai d'environ une semaine minimum après avoir fait l'amour avec un autre partenaire : j'ai toujours été ainsi). Mon mari dispose de la "liberté" qu'il désire mais il ne désire pas devenir poly. Nous avons fait cette démarche de ne pas imposer à l'autre et d'être heureux individuellement. Ce qu'il faut comprendre au bonheur, c'est qu'il est communicatif.

Quand mon mari me sait heureuse, il l'est pour moi. Ca apporte donc de la joie commune. On appelle cette démarche la compersion. Hypatia From Space est l'auteure d'un livre (amazon : kindle) qui se nomme "compersion : transcender la jalousie dans le polyamour". Je le recommande également.

Voici des références pour alimenter des débats communs. Après être mono est un bon choix, sauf quand il va à l'encontre de la nature d'autrui. Il y a une différence entre comprendre que ce n'est pas pour soi et ne pas vouloir pour les autres.

Par contre, un tel processus de transition est long... surtout s'il y a eu mensonges. Le choix de rester avec ton compagnon et de devenir poly n'est pas un long fleuve tranquille. D'ailleurs, l'amour c'est compliqué.

Petite touche de positivité, je t'invite à écouter la récente chanson de Julien Clerc "le grand amour", elle devrait te parler. Egalement, retrouver une ancienne chanson de ce même interprète "j'ai le coeur trop grand pour moi" (1976). L'une comme l'autre devrait t'interpeller. Aimer au pluriel est vieux comme le monde ; tout comme le coup de foudre.

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alinea7

le mardi 10 avril 2018 à 19h50

Je peux comprendre pourquoi ton copain doute avoir une place centrale dans ta vie dans la mesure où il n'était plus du tout central au moment où tu as eu cette aventure. Comment il allait le vivre lui et s'il allait te quitter au moment où il allait l'apprendre, ça n'a pas influencé tes actes.
Au contraire cette façon de procéder me semble dire que la qualité de votre relation et son acceptation de l'ouverture de votre couple étaient moins importantes que ce que tu avais envie de vivre sur l'instant.

Attention je peux concevoir que ta démarche était différente et que dans ton esprit, tes actes ne l'ont pas écarté de la place centrale qu'il occupe dans ta vie (même si comme je viens de l'expliquer, je ne comprends pas par quel schéma de pensée, mais ça m'intéresse de comprendre). Je dis simplement que j'aurais la même difficulté à entendre que j'ai une place centrale si on m'impose une ouverture dans le secret.

Mais rien n'est joué non plus. Pour les conseils je ne me sens pas légitime : mon histoire ressemble un peu à la tienne à ceci près que j'aurais le rôle de ton copain. Je ne suis donc pas une poly aguerrie.
En tout cas, moi ça m'aide beaucoup qu'on soit revenus à une phase plus exclusive, à prendre soin de notre relation. Je prends confiance dans le fait que notre relation est effectivement centrale et que le flirt n'était pas une rupture progressive. Ça m'aide à envisager un futur à moyen terme plus ouvert, à en rediscuter le cas échéant.

Ce post récent pourrait t'intéresser.

Il n'y a pas de mal à vouloir vivre sans te sentir enfermée. Ce serait bien que ton copain ait cette même liberté (d'accepter ou non l'ouverture de votre couple, d'avoir d'autres amoureuses).

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Fraisebanane

le mardi 10 avril 2018 à 20h26

Merci à toi bonheur pour tes livres conseillés et ta compréhension :-) "garder intact le plaisir d'être ensemble" me parle beaucoup à moi aussi.. C'est un très joli titre !

J'imagine que ce doit être long. A vrai dire, ça me décourage... Mais j'entends tous vos précieux conseils, ça me permet d'y voir plus clair...

Alinea7 : je comprends aussi pourquoi il doute mais c'est difficile de faire comprendre qu'il n'a aucune raison de douter. Nous n'avons tous les deux pas assez confiance en nous pour comprendre que rien finalement ne peut mettre un terme à notre relation. Même pas ça. Parce qu'il m'a pardonné et que nous sommes ensemble encore aujourd'hui.
Il a une place centrale dans ma vie. Dans tous les cas, je sais que s'il n'était pas central, cela ferait bien longtemps que je serais partie, mais partie vraiment. Il y a un tas de raisons qui selon moi finit par aboutir à des actes extrêmes comme ce que j'ai "commis" : il se trouve que dans mon cas, j'ai eu des problèmes familiaux et que la stabilité que je pensais acquise a éclaté (pas de divorce mais la maladie) et il me semble que parfois, on se retrouve avec une personne qui nous rend complètement heureuse mais qu'elle ne parvient pas à répondre à toutes les questions que l'on se pose sur soi, qu'avec le temps on cherche à trouver des réponses ailleurs... Enfin, j'avais envie d'une relation où l'on me considère différemment parce qu'avec le temps malheureusement, avec mon copain, on s'est enfermé et on n'explore pas toutes les facettes de notre être. Mais ce qu'il m'apporte reste central, oui...

Je suis désolée que tu ais connu la situation inverse. Si tu as besoin de dire davantage sur ce que tu as ressenti, n'hésite pas à le faire !

Personnellement, je n'arrive pas à être jalouse. Je me dis que peut-être que je n'ai pas de cœur, mais étant donné ce que j'ai raconté, ce n'est pas vraiment le cas...

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bonheur

le mardi 10 avril 2018 à 21h01

Les autres ne doivent pas être ton évolution. Elle t'est propre et elle t'est tienne. On peut accompagner autrui, mais pas être à la place d'autrui. On peut être un déclencheur, un révélateur, mais on ne peut faire un travail d'évolution pour autrui. Alors, oui, se centrer un peu sur soi, ça permet à autrui également de nous découvrir. Sinon, on reste au point mort. On se met en roue libre en pente légère et ça avance tout seul. J'ai été ainsi pendant une vingtaine d'années. Le boulot, les enfants, les projets comme la maison... qui prennent tout le temps et l'énergie. Au final, on a construit tout sauf soi. La vie c'est faire les deux en même temps.

Moi non plus, en fait, je n'arrive pas à être jalouse. A chaque fois que j'ai été malmenée, c'était à cause du mensonge. J'ai fini par développé une aversion réelle et profonde envers ça (mensonge, non-dit, fourberie, cachoterie...)

Je dis souvent qu'il n'existe pas d'amouromètre, mais que la souffrance (ou celle que les personnes aimées ressentent) est un bon indicateur. C'est parce que l'on aime que l'on ressent aussi fortement ce qui blesse l'amour. Souvent, c'est cela qui se manifeste. Tu as blessé autant son amour que lui. C'est un sentiment qui n'a pas de nom (aucun ne me vient). La jalousie est une possessivité mais souvent la loyauté compte encore plus. Egalement, le préjugé du "je ne suis pas à la hauteur" ; "j'ai mal fait ou pas fait quoi ?"... un peu comme un gosse qui tourne mal et des parents qui se demandent où est leur responsabilité (oubliant que l'enfant est un être indépendant et que "l'éducation" ne fait pas tout).

Le polyacceptant se remet en cause, mais d'une façon négative. Il pense que "c'est de sa faute". Il faut absolument que ton compagnon comprenne que tu n'as pas agi contre lui, mais parce que tu étais heureuse. Le compromis, la promesse que tu peux lui faire, c'est qu'à l'avenir, tu ne mentiras plus, tu ne tromperas plus, mais que sera dans le dialogue et dans la recherche d'un équilibre pérenne et satisfaisant pour votre relation.

Une relation c'est à la fois deux personnes distinctes et à la fois un "nous". Dans ce "nous", il a une place et toi aussi. Aimé n'est pas honteux et nos émotions, nos sentiments, ne peuvent être choisi. Nos actes, eux, le peuvent. Donc, parler de son état émotionnel et envisager ensuite ensemble de ce que tu envisages, suivant tes ressentis.

Qu'est-ce qui fait une relation ? Deux personnes sont comme aimantées (ou ont une accroche réciproque importante...). Ces deux coeurs sont seuls, il créé un lien. Si une personne en relation existante devient à nouveau aimantée... En réalité, ce qui fait la différence, c'est la ligne du temps. J'ai rencontré X avant Y. Est-il plus honteux d'être amoureux de Y ? Pourquoi ? Au nom de quoi un amour est beau et l'autre ne l'est pas ? Tomber amoureux de Y n'implique pas que l'amour pour X n'existe plus ! En quoi aimer X serait contradictoire avec aimer Y.

Après, oui, il y a la place que l'on accorde. C'est encore un autre débat. Personnellement mon mari a toujours gardé ce que tu nommes la "place centrale" (en langage poly on parle souvent de relation principale ou primaire)

fraisebanane
Je me dis que peut-être que je n'ai pas de cœur, mais étant donné ce que j'ai raconté, ce n'est pas vraiment le cas...

Ecoute la chanson de Julien Clerc "j'ai le coeur trop grand pour moi" :-D

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Fraisebanane

le mardi 10 avril 2018 à 21h17

Il faudrait que je lui fasse entendre tout ce que tu viens d'écrire. Aujourd'hui, ce n'est pas encore le moment parce que nos disputes sont trop fraîches et je ne veux pas lui faire subir tout ça et ni me faire subir tout cela. Pour l'instant aussi personne ne me plaît ou alors il est très loin et pas prêt de revenir dans ma vie. Bref, mais je pense que d'ici quelques mois, je lui en reparlerai et cette fois-ci, si nous ne trouvons pas de terrain d'accord je partirai parce que je suis épuisée. Il a fait beaucoup pour moi mais moi aussi quoique l'on puisse en penser... Et je ne suis pas faite pour posséder quelqu'un et encore moins être possédée... Et je connais bien cette chanson de Julien Clerc et je la trouve très belle !! Je vais la réécouter :-)

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bonheur

le mercredi 11 avril 2018 à 08h44

Tu peux faire un copier-coller de mes écrits, ça ne me dérange pas.

Tu vas devoir désormais te reconstruire et t'exprimer sur toi. Une métaphore peut t'aider. Je vois l'amour comme l'univers. C'est à dire en expansion et non figé. Contrairement à ce que l'on imagine, l'amour n'est pas un gâteau que l'on coupe en tranche... on n'enlève pas à X pour donner à Y (c'est idiot, mais commun comme notion). En tout cas pas pour moi. Il n'est pas favorable, une fois que l'on aime, de s'enfermer dans un bunker avec barbelés et défenses autour. C'est en tout cas mon opinion. Dans l'univers, rien n'est figé. L'expansion j'avais des difficulté à me la représenter étant jeune. Et puis quelqu'un a eu la bonne idée de comparer à un ballon que l'on gonfle. Entre le pas gonflé du tout et l'explosion (le burn out affectif existe et/ou sexuel existe), il y a une marge.

Moi dans mon univers, je découvre parfois des rivières, des cascades, une colline, un lac, une forêt. L'instant d'avant j'ignorais son existence et soudain, au détour du chemin, c'est wahoo ! C'est cela l'amour, le paysage (l'empreinte) qui s'ancre dans un univers déjà complexe. Mon système cognitif (mes pensées) se baladent souvent d'un paysage à l'autre ainsi que sur les interconnections éventuelles. Je me rappelle et je projette... c'est tout une histoire !!!

Je te souhaite un univers aussi riche et varié que celui des polyamoureux. Durant cette période de repos, profite en pour te découvrir.

Aussi, utilise ton meilleur moyen d'expression. Si l'oral beug, alors utilise l'écrit. Si tu n'y arrives pas en sa présence, fait une vidéo. L'important est le message lui-même, pas le vecteur de communication.

fraisebanane
Il a fait beaucoup pour moi mais moi aussi quoique l'on puisse en penser... Et je ne suis pas faite pour posséder quelqu'un et encore moins être possédée...

C'est exactement ce qu'il faut lui exprimer !!! (pourquoi ne pas lui faire lire ce fil de discussion ?)

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Marie poly (invité)

le mercredi 11 avril 2018 à 13h14

À cette lecture, je perçois un conflit à régler avant de parler poly.
Monsieur doit digérer l'adultère ce qui demande du temps et de la patience.
Tout vouloir rapidement est un risque à prendre en compte

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Fraisebanane

le mardi 17 avril 2018 à 09h18

Marie poly
À cette lecture, je perçois un conflit à régler avant de parler poly.

Monsieur doit digérer l'adultère ce qui demande du temps et de la patience.

Tout vouloir rapidement est un risque à prendre en compte

Il n'y a pas de soucis Marie. Je vais bien sûr attendre. Je ne veux pas aller trop vite en effet et si je dois mettre un an à le sentir prêt ou même plus, j'attendrai. Parce que finalement tout bien réfléchi je préfère ne pas le perdre même s'il refuse de me suivre dans cette aventure.

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