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Amour = Souffrance

Témoignage
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(compte clôturé)

le dimanche 06 octobre 2013 à 16h15

Bonjour, je poste à nouveau aujourd'hui car j'ai besoin de votre aide.

Voilà, je suis en couple depuis plus de 5 ans avec O. Notre relation a été difficile au départ. J'ai "ramé" pour l'avoir auprès de moi. Mais nous avons su construire notre couple et avons partagé de très beaux moments. Et j'espère qu'il y en aura d'autres. Malgré tout, nous vivons aussi des moments plus difficiles, liés notamment à l'absence de ce bébé tant espéré depuis bientôt 3 ans.

Je restais persuadée d'être heureuse dans mon couple.Je l'étais peut-être moins personnellement. Ce vœu de maternité qui ne se réalise pas a grandement affecté ma confiance en moi et je me sens blessée dans ma féminité. Avec O. nous avons alors décidé alors de profiter de la vie. Nous multiplions alors les sorties. C'est alors que je rencontre J. en juin 2012.

Au départ, cela semblait être une simple attirance, d'autant qu'il est beaucoup plus jeune que moi. Nous avons pris ca sur le ton de la rigolade et du jeu. Mais je sentais bien que je glissais vers autre chose. Je n'ai rien empêché et nous avons vécu les choses comme elle se présentais.

Je n'ai rien caché à O. car je ne voyais aucun mal. J'ai commencé à leur parler de polyamour. O. a écouté, m'a laissé penser et a pris part à mes débats intérieurs... Pour J. c'est inimaginable mais de toute façon il n'imaginait rien de sérieux entre nous. Ils se connaissent et ils avaient l'un pour l'autre un regard et une attitude plutôt bienveillante.

Puis, avec J. tout s'est accéléré cet été. Notre relation est devenue plus forte. Le manque se fait sentir, le besoin de se voir davantage... et le passage à l'acte sexuel (il y a peu). O. ne peut plus toléré. Il me demande de choisir. Mais c'est impossible. Et J. attend maintenant lui aussi autre chose. Je me retrouve donc à mentir pour le voir, moi qui évoluait dans la transparence.

O. en vient à détester J. qui lui se sent mal à l'aise et ne veut pas faire de
mal. Et moi au milieu qui me sens déchirée et qui lutte pour rester entière. Ils ne peuvent pas me partager. Je ne peux pas choisir. Je me sens coupable et pourtant tellement impuissante.

Je les aime et je ne sais plus quoi faire de mon amour.

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LuLutine

le dimanche 06 octobre 2013 à 18h17

Je voulais réagir au titre : pour moi, l'amour ne fait pas souffrir.

Ce qui fait souffrir, ça peut être la dépendance affective, la jalousie, le fait de devoir choisir (pour moi c'est équivalent à renier mon identité, voire me détruire, rien que ça) etc.
Mais pas l'amour.

C'est peut-être un peu hors sujet, mais l'équation "Amour = Souffrance", je la trouve complètement erronée, alors je voulais le dire.

Sinon, difficile de donner un conseil (et de toute façon, on n'est pas des "professeurs de polyamour" ici, chacun fait du mieux qu'il peut avec ce qu'il a et apporte son témoignage, rien de plus) face à une telle situation.

Pour ma part, dialoguer le plus ouvertement possible avec chacun, même si ça veut dire que l'un d'entre vous risque de se décider à abandonner l(es) autre(s), ça me semblerait une solution saine.
Pas une solution facile, non.
Pas sans douleur non plus, mais la situation actuelle l'est-elle ? (Tu réponds déjà à cette question dans ton message et même dans le titre !)
Mais plus sain, oui. Enfin il me semble.

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(compte clôturé)

le dimanche 06 octobre 2013 à 19h25

Effectivement mon titre est un peu simpliste. J'ai hésité. Peut-être aurai-je ou mettre un point d'interrogation. Mais aujourd'hui, nous 3, qui ne réfléchissons peut être pas assez au sens des mots qu'on emploie, souffrons. Pour des raisons qui peuvent être différentes.

Je me retrouve assez bien dans ce que tu dis sur le fait de devoir choisir. J'ai le sentiment que si je fais ce choix "impossible", déjà je ne suis pas sure d'aller mieux et surtout j'ai peur de me couper d'une partie de ce que je suis.

J'essaie de dialoguer, mais je sens qu'à des moments c'est impossible. Ils ne veulent pas ou plus entendre. Ou alors c'est moi qui me freine de peur de leur faire du mal. Ce qui est difficile, c'est que, surtout du point de vue de O., je me dois de le comprendre et que c'est à moi de changer. Je suis responsable de cette situation, alors il me demande de ne pas en rajouter.

J'ai décider de partir de notre domicile, pour me retrouver seule. J'ai besoins de me rassembler, me recentrer, et de réfléchir à ce dont j'ai besoin.

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demeter

le dimanche 06 octobre 2013 à 23h39

Je ne sais pas si ton titre est aussi simpliste que cela. Aimer comble des besoins affectifs qui sont inhérents à tout un chacun. Quand ces besoins sont comblés ils ne font évidemment pas souffrir. A la limite, ils posent tellement peu de problème que l'on n'en est même plus conscient. Le problème est parfois que les moyens employés pour les satisfaire ne sont pas forcément compatibles avec les besoins des autres. La souffrance surgit quand ces moyens se contrarient au point de poser la question de la pérennité de leur existence. La souffrance en elle même n'est pas un problème et n'est pas antinomique d'aimer, c'est peut-être même un indicateur de l'intensité de la relation quand elle prend un tournant qui ne satisfait plus. De là à y voir une égalité, c'est un peu hasardeux, mais surement pas incohérent. L'amour n'est pas juste un mot ou un drapeau derrière lequel il faut combattre pour défendre la "bonne" façon d'aimer. Ce n'est pas de l'amour dont il faut s'occuper, mais de toi. Aimer s'accompagne nécessairement d'une dépendance au plan affectif. Je trouverais assez surprenant de vouloir s'en protéger et de considérer cela comme quelque chose à laquelle il faudrait se soustraire. Envisager cela peut-il provoquer autre chose que de la souffrance ? Il n'est pas très constructif de tenter de satisfaire ses besoins affectifs en prenant des dérivatifs qui viseraient à nous en distraire et à nous dispenser de nos dépendances, cela peut même être assez auto-destructeur. Comment y répondre si nous ne pouvons les vivre en en prenant la mesure ? Il n'est pas question de changer, mais de comprendre ce que tu vis. Chacun son boulot. O. doit faire le sien. J aussi. Tu n'es pas responsable de la situation, pas plus que les autres du reste, mais de ta vie ce qui est déjà bien assez comme ça. Les jugements des autres (et de ceux que tu aimes en particulier), ne sont pas très aidants, surtout s'ils te poussent à (te) cacher la vérité pour t'en sortir.

Tu ressens ton envie d'un bébé comme un manque, puis tu parles de ta rencontre avec J. Y a-t-il selon toi un lien entre les deux ? Tu es véritablement la seule habilitée à répondre à cette question.

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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(compte clôturé)

le lundi 07 octobre 2013 à 08h42

Je souffre effectivement parce qu'on me demande de choisir alors que je les aime tous les deux. Je souffre dès que j'essaie de me défaire de l'un d'eux. Je me sens angoissée, démembrée et j'ai l'impression que personne ne peut comprendre.

Pour ce qui est du bébé, je pense que oui, c'est en lien. J. est plus jeune, et globalement les nouveaux amis qui nous entourent aussi. Nous avons ainsi d'autres conversations qu'avec ceux de notre âge, qui tournent principalement autour du mariage, des enfants et de la maison. C'est donc une bouffée d'oxygène.

Mais il y a autre chose. J'ai eu une grosse baisse de désir pour O., je me sentais de moins en moins femme à ces cotés. Ne pas pouvoir avoir cet enfant (alors qu'il n'y a aucun souci sur le plan physiologique) a endommagée l'image que j'ai de moi. J. m'a permis de reprendre confiance en moi. Sans que cela passe par la sexualité (car nous ne sommes passé à l'acte qu'un an plus tard). C'est comme s'il était venu me compléter, rajouter la pièce du puzzle manquante.

Je me sens bien et entière quand j'ai l'illusion que tout va pouvoir continuer, que je vais conserver les deux relations. Tous les deux m'apportent des choses différentes. Je me sens épanouie quand je peux les aimer tous les deux.

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aviatha

le lundi 07 octobre 2013 à 12h42

Bonjour,
Je profite de mon nouveau temps libre pour faire un tour du forum et je viens de tomber là dessus.
Et je me pose une question. Sans rire, comment veux-tu que ton conjoint le prenne bien ? Tu dis que tu te sens atteinte dans ta féminité de ne pas avoir ce bébé, et c'est très compréhensible, mais sans doute est-ce le cas de ton chéri également. Ne pas arriver à avoir d'enfant, pour beaucoup d'hommes, c'est très castrateur, ils se sentent vieux (les vieux c'est stérile, c'est les jeunes qui font des enfants), impuissants (fécondité et vitalité sexuelle sont très liées dans l'inconscient), moches, nuls, pas désirables (les beaux et sexys se reproduisent dans la nature, pas les canards boiteux) et en échec dans leurs vies (je me doute que si tu parles de bébé, il était désiré des deux côtés, et ne pas arriver à fonder une famille doit être vu comme une défaite particulièrement amère).
Et là dessus, arrive tout ce dont il a peur ou qu'il a l'impression de ne plus être : un jeune avec qui tu as des relations sexuelles, plus désirable que lui à tes yeux (tu dis toi même avoir eu une baisse de désir pour lui) avec qui tu veux une vraie relation (donc, dans sa tête, potentiellement reconstruire ta vie). C'est normal qu'il veuille le voir disparaître, il est tout ce qu'il rêve d'être pour toi !
Et puis, généralement, les poly arrivent (plus ou moins bien) à rassurer le conjoint premier en lui disant que le nouveau ne comble pas un manque, ou une faute de sa part, c'est juste différent. Mais là, il n'y croira jamais, dans sa tête, il n'y a qu'une idée fixe : si j'avais été capable de lui faire ce bébé, elle ne serait jamais tombée amoureuse de cet autre. Et le pire, c'est qu'il a peut-être raison.

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(compte clôturé)

le lundi 07 octobre 2013 à 13h04

Aviatha, je trouve ton commentaire un peu dur. Exprimer ma souffrance ne veut pas dire que je nie celle de mon conjoint. Je sais qu'il est mal et c'est peut-être aussi pour ca que je suis aussi mal. Je sais que pour un homme ne pas avoir d'enfant c'est également très blessant pour son identité masculine. Nous en parlons d'ailleurs beaucoup.
La baisse de désir est liée au fait de toujours raccrocher l'acte sexuel à un espoir déçu et non à son âge ou au fait que je le trouve moins séduisant. J'ai essayé de le rassurer parce que je l'aime sincèrement. Il me croit, mais accepter que je vois un autre c'est autre chose.
Peut-être que je nous leurre... Etre poly n'est pas un objectif pour moi. Si j'écris ici, c'est pour mieux me connaitre et comprendre ce qui se passe.

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Maia

le lundi 07 octobre 2013 à 13h42

Aviatha, ton commentaire est assez dur dans la forme mais dans le fond je suis plutôt d'accord avec toi.
Missbliss, j'ai un peu l'impression que ta relation avec J (quelque soit le lien sûrement très fort que tu as avec lui) est un moyen de combler de manque affectif apparu dans ta relation avec O : tu parles de manque de désir, et pour moi le désir est le baromètre d'une relation. C'est une réaction tout à fait normale que de chercher ailleurs pour résoudre le problème (dieu sait que j'ai pu le faire!). Le problème c'est que si tu ne recherches pas une relation poly, aller voir ailleurs ne résoudra pas ton problème de couple sur le long terme, même si ça peut t'apporter un grand soulagement affectif temporairement.

Tu es avec ton chéri depuis 5 ans, forcément des habitudes se sont mises en place, et c'est très dangereux pour toi d'envisager la possibilité que ça n'aille plus entre vous. Mon conseil, c'est de te servir de cette situation pour y voir plus clair dans ton couple. C'est difficile, mais envisage toutes les possibilités, dont celle d'arrêter avec lui si vraiment ça ne va plus.
Mais surtout, regarde quelles difficultés entre vous ta relation avec J a mis en lumière. Pourquoi dans ta relation avec O était il difficile de te sentir femme? Avez vous parlé de tout ça? Vous êtes vous rassurés mutuellement sur votre amour, sur le fait que vous voyiez tout de même l'autre comme très femme/homme? Vous en voulez vous mutuellement de cette difficulté à avoir un enfant? C'est des pistes, toi seule peut savoir.

Ce que j'entends dans ce que tu dis, c'est que ce n'est pas seulement entre deux hommes que tu es tiraillée, mais aussi entre deux parties de toi-même, entre qui tu es avec O et qui tu es avec J. Tu peux faire la liste de ce que chacun t'apporte, de comment/qui tu te sens lorsque tu es avec l'un et l'autre. Peut-être cela t'aidera aussi à avancer et à mieux comprendre la situation.

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aviatha

le lundi 07 octobre 2013 à 13h46

Je ne dis pas que tu la nies, seulement tu ne l'évoquais pas dans ton post, donc je ne savais pas si tu en avais conscience ou pas, et je m'excuse si cela a pu paraître un peu dur, ce n'était pas mon intention.
Je me doute bien que ta baisse de désir est liée au bébé (tu le dis toi-même, tu te sens moins femme avec lui parce que cela renvoie à cet "échec") et non à lui directement, mais je pense aussi sincèrement que lui voit les choses ainsi, même si tu le rassures. Aimer ne veut pas dire désirer, je pense qu'il sait que tu l'aimes énormément, cela n'empêche pas qu'il se sente moins désiré (de ce que tu dis, c'est effectivement le cas), et il est très difficile de faire accepter un deuxième conjoint quand le premier a l'impression que cela lui enlève quelque chose (désir, temps, attention...).
Je répète ce que j'ai déjà dit, s'il refuse que tu en vois un autre (en plus de la jalousie de base sans doute) c'est sûrement parce que c'est la marque la plus cuisante de son échec, tu dis bien que tu n'aurais sans doute pas aimer J. si tu avais pu avoir ce bébé. Et c'est sans doute une limite chez ton conjoint. Ne pas avoir le bébé, d'accord, se sentir moins désiré, d'accord, ne pas pouvoir fonder cette famille avec toi, d'accord, sentir qu'il n'arrive pas à te rendre pleinement femme et heureuse, d'accord, que tu en vois un autre qui représente tout ce qui l'"abime", non, ça c'est au-delà de ce qu'il peut supporter. Tu dis qu'il commence à détester J., je pense qu'il déteste ce qu'il représente plus que la personne vraiment (et ça, c'est plutôt une bonne chose en fait).
Clairement, qu'est-ce que tu attends de l'avenir ? Essayer quand même d'avoir un bébé avec O. ? Tenter le coup avec J. ? Les garder tous les deux indéfiniment ? Et si le bébé arrive, quelle sera la place de celui qui n'est pas le papa ? Je pense qu'il faut que tu te penches sur ces questions là avant de chercher quoi faire, elles te diront déjà un peu ce qui se passe.

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Maia

le lundi 07 octobre 2013 à 13h49

missbliss
La baisse de désir est liée au fait de toujours raccrocher l'acte sexuel à un espoir déçu et non à son âge ou au fait que je le trouve moins séduisant.

Si l'acte sexuel n'est lié qu'à la procréation, pas étonnant que ça soit compliqué. Ca implique de voir le sexe comme un moyen (pour avoir un enfant) et non pas comme un fin en soi (être pleinement avec la personne qu'on aime). Peut-être la reconquête de votre sexualité sous cet angle, avec BEAUCOUP de dialogue autour de tout ça, et la dédramatisation et mise à distance temporaire de la question de l'enfant vous ferait du bien à tous les deux. Peut être que tu n'aurais plus besoin de ta relation avec J.
Si c'est toujours le cas : soit tu n'a pas réglé certains problèmes avec O, soit O ne correspond pas à ce dont tu as besoin dans ta vie maintenant, soit ça vaut la peine de te demander si tu n'es pas (un peu) poly.

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(compte clôturé)

le lundi 07 octobre 2013 à 14h36

Daniel Balavoine : Dieu que l'amour est triste...

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(compte clôturé)

le lundi 07 octobre 2013 à 15h47

Merci pour vos réponses. J'ai un peu de mal à en formuler une. Vos commentaires m'apportent beaucoup de questions auxquelles j'ai déjà tenter de répondre.

Peut-être ai-je pris le problème à l'envers. Mettre fin à une relation de 5 ans, qu'on imagine heureuse, était pour moi impensable. Alors je me suis dis que c'était autre chose. Je n'ai pas chercher consciemment cette autre relation, elle s'est présentée à moi. J'ai alors pense que le poly-amour pouvait être une réponse satisfaisante. Pour nous trois dans un premier temps, puis rapidement que pour moi, et encore...

Et encore... parce qu'effectivement je ne sais pas bien comment je gèrerai tout ça. Du coup, j'ai mis le projet bébé en stand by, contre l'avis d'O. Pour le reste, j'imagine très bien ma vie avec l'un ou avec l'autre (puisqu'on me pousse au choix). Une tendre et sereine avec O. et l'autre plus trépidante et excitante avec J. Et c'est là que j'ai peur de me tromper. De quoi ai-je vraiment envie ?

J'ai donc remis en question notre relation, la vie que je mène avec O. Ce n'est pas tout noir ou tout blanc. Mais à force de ne pas trouver, eh bien oui, j'en suis venue à lui dire que tout ça ne me convient pas. Et maintenant que je me prépare au départ, je me dis que ce n'est pas ça, que je vais être mal sans lui et je n'arrive plus à l'envisager.

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Siestacorta

le lundi 07 octobre 2013 à 16h31

Je récupère une réflexion qu'on m'a faite il y a pas longtemps : il ne s'agit pas de choisir entre l'un et l'autre, parce que si on pose le choix comme ça, aucun ne peut être bon.
Il s'agit de savoir ce que tu veux absolument avoir à l'avenir, ce à quoi tu peux renoncer, ce qui, en te manquant, te serait néfaste, ce qui est néfaste tel quel.

Ca peut être l'enfant, ça peut être les relations plurielles, ça peut être un aspect de ta relation avec untel... Tu choisis pas une personne (ou les deux), tu choisis ce que tu peux vivre.
Ca rend pas le choix facile, mais ça te permet d'être sûre que tu choisis ce dont tu as besoin, pas une option abstraite.

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bouquetfleuri

le lundi 07 octobre 2013 à 20h06

Je vais prendre un peu le forum à rebrousse poil, mais oui, l'amour est souffrance. Ou plutôt, l'amour peut être fait de souffrance. De la même manière que l'on souffre sa vie, que l'on cherche et que l'on trouve des choses pas très gaies en nettoyant les scories restées au fond de notre histoire, l'amour peut aussi emprunter le chemin de la souffrance. Ce qui ne signifie pas qu'il n'est que cela.

Souffrir parce que le choix est difficile à faire ou plutôt parce qu'on n'a pas encore tout déblayé pour que l'horizon soit parfaitement rose me semble bien être la démonstration que l'on est en route. Souffrir parce qu'on ne veut faire de mal à personne, souffrir parce que l'on s'impose cette discipline de poursuivre un projet ambitieux, souffrir parce que l'on veut vivre ce qu'on imagine de plus époustouflant, souffrir parce qu'on ne sait pas comment faire, souffrir parce qu'on a peur du lendemain ou de l'inconnu, souffrir pour cela est le prix d'un avenir serein.
Ne pas souffrir quand les souffrances s'additionnent autour de soi est juste un déni.

La discipline que demande une histoire d'amour, le travail qu'exige la combinaison de deux ou trois êtres qui s'aiment se découvre chaque jour et chaque jour il faut surmonter des obstacles, prendre sur soi et être fidèle à son projet.
C'est le lendemain que l'on sait si on a eu raison. C'est le lendemain qu'on réalise les bénéfices de la confiance en l'autre.
Ce lendemain là chante. Mais pas toujours.

Oui, on peut être dans la souffrance quand on aime. Et alors ? Seul l'amour permet cela et ce serait dommage de s'en priver. Parce que seul l'amour permet de sortir de sa souffrance

Le bonheur est toujours pour bientôt

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(compte clôturé)

le mardi 08 octobre 2013 à 09h09

Je disais dans une autre discussion qu'il n'existait pas d'amouromètre pour mesurer et comparer l'amour, d'autant plus que chaque relation, chaque ressenti est unique. Par contre, la souffrance est je pense un bon "indicateur". En général, la souffrance je l'accepte, même si chez moi elle peut rejaillir, revenir à tout moment. Ce que tendance à moins bien accepter ce sont les raisons qui ont provoqué cette souffrance et en ce qui me concerne seul la mémoire de l'amour (du positif de la relation) peut me permettre de contrebalancer. Ainsi, je sais que dans mon vécu, plus j'aurai "emmagasiné" de beaux souvenirs, plus je pourrai un jour faire face au négatif, à la souffrance qui un jour sera là (c'est le propre de l'amour). Cela permet aussi de vivre plus intensément le présent positif.
Aujourd'hui, en amour, je ne cherche plus à savoir si j'ai eu raison ou non. Je considère que ce que j'ai vécu, je l'ai désiré, voulu, sinon j'aurai passé mon chemin. Tirer profit des bénéfices et tirer une leçon de sa souffrance permet, pour moi, un équilibre certains. Le fait que ma souffrance ressorte ne signifie pas que je ne l'ai pas analyser, au contraire, garder cette souffrance permet de se rappeler, de comprendre aussi l'intensité et l'importance de son vécu. Cela peut paraitre extérieurement déconcertant mais cela prouve que je suis humaine, envers moi-même déjà, envers autrui ensuite (reconnaitre sa souffrance permet de comprendre celle des autres).

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Profil

Maia

le mardi 08 octobre 2013 à 14h25

missbliss
Pour le reste, j'imagine très bien ma vie avec l'un ou avec l'autre (puisqu'on me pousse au choix). Une tendre et sereine avec O. et l'autre plus trépidante et excitante avec J. Et c'est là que j'ai peur de me tromper. De quoi ai-je vraiment envie ?

Fais très attention, parce que c'est absolument normal qu'étant en relation avec O depuis 5ans, et en connaissant J (essentiellement platoniquement) depuis un an, la première relation te semble plus tendre et sereine, et la seconde plus trépidante et excitante.
Demande toi avec lequel tu es le plus toi même, avec lequel tu peux le mieux communiquer, sans tabou ni peurs, demande toi lequel tu as le plus envie de connaitre aussi. Imagine toi avec chacun d'eux, et vois ce que ça te fait : quelle perspective te rend la plus heureuse? Ne réfléchis pas dans le sens de quel choix te rendrait la plus malheureuse, parce que sinon il y a des chances que tu n'ailles jamais de l'avant.

bouquetfleuri

Je vais prendre un peu le forum à rebrousse poil, mais oui, l'amour est souffrance. Ou plutôt, l'amour peut être fait de souffrance. De la même manière que l'on souffre sa vie, que l'on cherche et que l'on trouve des choses pas très gaies en nettoyant les scories restées au fond de notre histoire, l'amour peut aussi emprunter le chemin de la souffrance. Ce qui ne signifie pas qu'il n'est que cela.

Souffrir parce que le choix est difficile à faire ou plutôt parce qu'on n'a pas encore tout déblayé pour que l'horizon soit parfaitement rose me semble bien être la démonstration que l'on est en route. Souffrir parce qu'on ne veut faire de mal à personne, souffrir parce que l'on s'impose cette discipline de poursuivre un projet ambitieux, souffrir parce que l'on veut vivre ce qu'on imagine de plus époustouflant, souffrir parce qu'on ne sait pas comment faire, souffrir parce qu'on a peur du lendemain ou de l'inconnu, souffrir pour cela est le prix d'un avenir serein.
Ne pas souffrir quand les souffrances s'additionnent autour de soi est juste un déni.

La discipline que demande une histoire d'amour, le travail qu'exige la combinaison de deux ou trois êtres qui s'aiment se découvre chaque jour et chaque jour il faut surmonter des obstacles, prendre sur soi et être fidèle à son projet.
C'est le lendemain que l'on sait si on a eu raison. C'est le lendemain qu'on réalise les bénéfices de la confiance en l'autre.
Ce lendemain là chante. Mais pas toujours.

Oui, on peut être dans la souffrance quand on aime. Et alors ? Seul l'amour permet cela et ce serait dommage de s'en priver. Parce que seul l'amour permet de sortir de sa souffrance

Le bonheur est toujours pour bientôt

Oui, je suis d'accord sur le principe, mais pour moi il y a une distinction à faire.
1) Parfois on souffre parce qu'on est en chemin vers ce qu'on veut vraiment, et ce chemin est difficile, et il faut s'accrocher et regarder nos peurs en face. C'est il me semble ce que tu décris.
2) Parfois on souffre parce qu'on se trompe de chemin, qu'on est sur la mauvaise voie, celle qui ne nous permettra pas d'être vraiment heureux et nous-mêmes (je caricature, mais je pense que la réalité n'est pas trop loin de ça). On peut se donner toutes les excuses du monde pour par exemple, rester avec une personne tout en sachant très bien que ça ne nous rendra pas heureux de continuer cette histoire, mais sans vouloir affronter cette réalité (je parle de situations vécues). Et cette souffrance là, je ne la crois pas positive. Elle est plus insidieuse, elle est plus sourde, mais pour moi c'est la sonnette d'alarme, la sensation qu'on n'est pas vraiment à notre place à un moment donné.

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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Nola

le mardi 08 octobre 2013 à 20h32

Après avoir passé beaucoup de temps sur ce forum sans n'avoir jamais participé, je me permets d’intervenir dans cette discussion car je me retrouve un peu dans ton histoire missbliss.
Un choix que l’on veut m’imposer mais que je ne peux me résoudre à faire, du coup trois personnes qui souffrent de plus en plus. Et de me savoir responsable de tout ce mal-être, je me sens égoïste de ne pas pouvoir trancher. Et puis, j’y crois, moi, au polyamour, je me sens capable de les aimer tous les deux, alors ce choix ne me semble pas être le mien.

A force de cogiter, je me suis rendu compte que finalement le choix ne se résumait pas à l’un ou l’autre mais plutôt à choisir ce en quoi je crois vraiment, ce en quoi je ne veux pas renoncer, à déterminer où sont mes priorités, et c’est pourquoi j’apprécie l’intervention de siestacorta. Je pense que faire un choix maintenant ne ferait que reporter le problème à plus tard, car plus qu’un choix entre deux personnes, il y a un problème de fond à résoudre.

En ce qui me concerne, je sais que je ne peux me résoudre à en quitter un pour l’autre. Ce serait renoncer à un idéal auquel je crois. Je me suis donc décidée à parler à cœur ouvert à chacun d’eux, à leur expliquer les concessions dont je suis capable et les besoins que j’ai. S’ils pensent ne pas pouvoir vivre avec, alors le choix, c’est eux qui le prendront. Sans doute est-ce un peu lâche de ma part, ou très égoïste mais c’est la seule façon que j’ai trouvé pour ne pas me nier.

Il me reste à trouver les mots…
Bon courage à toi, missbliss.

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Siestacorta

le mardi 08 octobre 2013 à 21h59

Idéalement, tu peux espérer qu'ils précisent eux aussi quels compromis, quelles attentes et quels aspects inacceptables. Il s'agit pas seulement d'être fidèle à toi-même, faut considérer les gens quand ils le sont.

Maintenant, laisser les autres choisir... C'est pas que c'est particulièrement lâche, puisque les autres aussi pourraient préférer que ce soit un autre qui fasse le choix. C'est humain de ne pas vouloir renoncer sans y être contraint.
C'est pas lâche, mais c'est aussi un choix de ne pas choisir : c'est le choix, assumé ou pas, de dire qu'on est capable de vivre avec la situation qui nous fait souffrir et fait souffrir un autre.
On peut vivre avec, on peut être assez fort, le jeu peut valoir la chandelle et les bons moments être plus grands que les mauvais, ou penser sincèrement que tel moment de souffrance est une étape d'un processus, pour l'autre ou avec l'autre.
Mais, si on ne peut pas vivre avec, maintenant qu'on a fait le point sur les je peux / je peux pas, faut être capable de tirer les conséquences.

C'est difficile, hein, moi j'y suis pas toujours arrivé aux bons moments : quitter/ laisser partir, c'est pas facile. Mais si on le fait en ayant chacun compris et dit en quoi on cesse ainsi de se faire mutuellement du mal, on peut continuer à se respecter ensuite... Ce qui n'est pas un simple vernis : ça rend les rapports humains futurs nettement moins désespérants. Au début, elle est froide, mais après, elle est bonne, pour dire ça bêtement.

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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aviatha

le mercredi 09 octobre 2013 à 14h12

J'appuie Siesta sur le choix de ne pas choisir et je tiens à appuyer sur le fait que prendre ce chemin là, c'est aussi, quelque part, envoyer à celui/celle/ceux d'en face le message qu'on est capable de vivre dans une situation qui les fait souffrir (et nous aussi, mais ça, c'est notre problème), donc quelque part qu'on préfère leur souffrance à devoir faire un choix. Je ne dis pas que c'est une mauvaise chose en soi, mais simplement qu'il faut garder ça en tête et ne pas s'étonner si, au bout d'un moment, la réaction en face est violente, ce n'est pas un message facile à entendre.

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Nola

le mercredi 09 octobre 2013 à 16h43

En effet, dit comme ça, ça rend la chose encore plus égoïste…
Après, je trouve ça difficile de laisser à une personne le choix de l’avenir des trois tout en lui imposant la forme. Surtout si ces personnes ont toujours été honnêtes les unes envers les autres quant à leur façon de voir leur amour et leur relation. A un moment deux d’entre elles ne supportent plus de partager et c’est alors à la dernière de devoir trancher ? Ok, l’idéal était trop beau pour pouvoir être vrai. Soit ! Mais n'a t'on pas le droit de choisir de ne pas choisir d’abandonner ce rêve ? De leur laisser à eux le choix de ne plus vivre ça puis qu’ils sont malheureux ? N’est ce pas une façon d’accepter l’échec de notre polyamour que de le faire, ce choix qu’on nous impose ?
Ce n'est pas forcément accepter de faire souffrir mais plutôt montrer que le choix ne nous incombe pas tout entier.

Ce sont les questions que je me pose. J’avoue être pleine de doutes face à un idéal de vie dans lequel je m’épanouissais pourtant depuis déjà des années. Et qui aujourd’hui me revient dessus de façon très déstabilisante. Surtout dans un monde ou l’adultère est plus accepté que l’amour honnête et assumé entre plusieurs personnes …

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