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Désir ou amour ?

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ScottBuckley

le samedi 20 septembre 2014 à 00h49

Disons que l'amour indique un état de bouillonnement intérieur (dans le corps, dans le coeur, dans l'âme, dans les tripes, dans les rêves...), et que le désir indique un mouvement & élan possibles (mais pas obligatoires) vers l'autre .

Tous nos désirs ne sont pas des ordres
(même si beaucoup de nos désirs font désordre ^_^ )

Une citation d'un mur de Mai 1968, que j'aime beaucoup :
' je prends mes désirs pour des réalités,
car je crois en la réalité de mes désirs ' !

D'ailleurs, nos amours et nos désirs ne sont généralement pas des " projets avec un début et une fin prévus, fixés + programmés de A à Z à l'avance " tel un "business plan" (sauf quand on leur attribue des contrats juridiques de type Pacs, mariage...).

ils peuvent être tournés vers des secondes premières, des moments suspendus, des baisers volés, des olés olés, des émotions uniques ...
... des partages non-marchands que la société de (sur)consommation ne pourra pas forcément remplacer ni nous vendre, et qu'a priori là elle ne peut pas forcément nous frustrer,
et ça c'est Bon (+) !

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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Siestacorta

le samedi 20 septembre 2014 à 01h14

MagentadeMars
Je ne disais pas qu'il faille répondre à l'appel...

Oui, my bad, j'ai surinterprété.
Bon, dans la phrase, c'était l'action qui était appelée, pas le désirant, du coup, j'ai cru à plus d'automatisme que de choix.

Donc si je comprend ce que tu disais vraiment, c'était plutôt que pour satisfaire un désir on peut agir, tandis qu'avec l'amour, l'intensité du ressenti ne dépendra pas de ça.
Je suis à peu près d'accord, même si je crois qu'agir par amour développe le sentiment (je pousserai pas l'optimisme jusqu'à dire qu'il le grandit à chaque fois).

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bouquetfleuri

le samedi 20 septembre 2014 à 10h10

Je comprends le désir comme l'expression naturelle, et l'amour comme l'expression culturelle d'une même force de vie.

C'est aussi ce que je lis dans le post de MagentadeMars, Cela me va bien. Je ne dirais pas autre chose.

L'imbrication de l'inné et de l'acquis dans notre relation au monde et à l'autre a de quoi alimenter longtemps ce forum.

C'est bien ce que l'on fait d'ailleurs

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Apsophos

le samedi 20 septembre 2014 à 14h59

Omalai
Faites vous la différence entre le désir et l'amour ? J'aimerai bien avoir votre avis...

Non.
Mais je fais la différence entre les ales et les lager tout en les appelant "bière".

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bouquetfleuri

le samedi 20 septembre 2014 à 16h54

...ou comment mettre un sujet en bière... hahaha fossoyeur, va !

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Apsophos

le dimanche 21 septembre 2014 à 02h40

Je suis faux soyeux grâce au silicone, mais passons.
Ce qui est important c'est l'attitude qu'on a quand on fait la différence. Que ce soit pour distinguer les ales des lager, ou le black metal du death metal, j'y vois en gros deux positions possibles : celle du puriste, qui aurait tendance à considérer que l'un est plus désirable (ouais, pour parler de désir, c'est foireux, quelqu'un a un meilleur mot ?) que l'autre, et celle du critique, qui a peut-être une préférence mais qui veut avant tout communiquer son goût et sa sensibilité, et pour ça malheureusement il a besoin de mots et probablement de stéréotypes.

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Siestacorta

le dimanche 21 septembre 2014 à 10h12

Apsophos
Que ce soit pour distinguer les ales des lager, ou le black metal du death metal, j'y vois en gros deux positions possibles : celle du puriste, qui aurait tendance à considérer que l'un est plus désirable (ouais, pour parler de désir, c'est foireux, quelqu'un a un meilleur mot ?) que l'autre, et celle du critique, qui a peut-être une préférence mais qui veut avant tout communiquer son goût et sa sensibilité, et pour ça malheureusement il a besoin de mots et probablement de stéréotypes.

- Doctor... Ce troll est au plus mal. He's showing feelings of an almost human nature.
- ses idées sont rationnelles, mais il parle de bière avec insistance... Je crois que c'est le sevrage d'alcool qui le met dans cet état. Ramenons le à son terrier.

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Apsophos

le dimanche 21 septembre 2014 à 11h43

Siestacorta
- Doctor... Ce troll est au plus mal. He's showing feelings of an almost human nature.

They look like us redeyerogue.com/wp-content/uploads/2010/04/BATT_lo...

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Cendre

le dimanche 21 septembre 2014 à 12h04

HS, (ah c'est bête, j'ai vu Bohwaz, et j'ai complètement oublié de lui parler du code d'ici, et de la possibilité de rendre ce forum arborescent, voir mes précédentes contributions là dessus...)

GreenPixie
D'ailleurs, nos amours et nos désirs ne sont généralement pas des " projets avec un début et une fin prévus, fixés + programmés de A à Z à l'avance " tel un "business plan" (sauf quand on leur attribue des contrats juridiques de type Pacs, mariage...).

C'est bête. J'avais vu et revu Inculture, et cela ne m'a pas empêché de faire un "projet de mariage", et de me retrouver, une fois cela réalisé, avec deux autres projets : avoir un enfant et acquérir le domicile pour l'héberger...

(soupire)

Du coup, c'est presque pas étonnant que ça ait explosé en vol.

[...]

Au moins, maintenant, je plane, à bonne hauteur, et les bulles pour me remonter sont régulières, donc pas de crash envisagé à l'horizon ^^

Fin du HS.

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bodhicitta

le dimanche 21 septembre 2014 à 13h32

Dans le passé, les 3 aspirations (désirs), sagement perçues comme indépendantes les unes des autres (besoin d'amour, de sexe et celui de fonder une famille) étaient nettement différenciées. <3
Dans la provence du XIIéme siécle, par exemple, les troubadours étaient experts dans ce que nous appelons aujourd'hui le romantisme amoureux. Ces pratiquants de l'amour courtois n'avaient nullement l'ambition d'associer ces sentiments, hautement recherchés et tenus en grande estime, à des exigences prosaïques comme le désir de faire souche, ou méme de faire l'amour avec celles qu'ils aiment si ardament.
Dans le Paris du début du XVIIIéme siècle, les libertins faisaient preuve du méme dévoument, mais à l'inverse: pour le sexe plutôt que la romance. Ils avaient le culte de l'érotisme. Mais cess aventuriers comprenaient aussi que de tels plaisirs étaient sans grand rapport avec "l'amour proprement dit" ou le fait d'élever une ribambelle d'enfants.
Le souhait de créer une famille, en ce qui le concerne, a presque toujours été le lot commun de l'humanité. Cependant, jamais dans l'histoire hormis à notre époque (peu de temps à l'échelle de l'évolution) personne ne semble avoir pensé que ce projet devait coincider de toute nécessité avec la permanence du désir sexuel, ni du reste reste avec d'irrépressibles soupirs d'amour passionné à la vue du cofondateur de son foyer au petit déjeuner.
:-/
Jusqu'au milieu du XVIIIéme siécle, la dissociation, sinon l'incompatibilité de nos prédilections pour la romantisme, pour l'acte sexuel et pour la vie de famille étaient universellement tenue pour une nécessité de la vie n'ayant rien de contraignant. C'est alors que la bourgeoisie commença à rependre un nouvel idéal. Celui-ci préconisait que les époux ne devaient plus se contenter d'étre tolérants vis à vis de l'autre, mais devait en outre considérer comme leur devoir de s'aimer, de se désirer mutuellement.
Leur relation devait en quelque sorte combiner l'idéalisme romantique des troubadours avec l'ardeur sexuelle des libertins. C'est ainsi que prit corps à la face du monde cet impératif étonnant en vertu duquel nos besoins les plus présents peuvent étre satisfaits d'un seul coup avec l'aide d'une seule et méme personne.... ( :-/ bin voyons... :-( )

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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MagentadeMars

le dimanche 21 septembre 2014 à 17h25

bodhicitta
Dans le passé, les 3 aspirations (désirs), sagement perçues comme indépendantes les unes des autres (besoin d'amour, de sexe et celui de fonder une famille) étaient nettement différenciées. <3

Petite réflexion faite cet après-midi : dans notre culture il est habituel de distinguer les désirs "purs" de ceux de "bas", dits propre aux animaux. Et puis on met l'amour familial dans le premier cas et le sexe dans le deuxième.
En réalité, la propagation de ses gènes est du plus profond, un besoin biologique profondément ancré dans toute forme de vie capable de savoir ce que c'est un besoin.

Le sexe, par contre, est secondaire dans la plupart des mammifères, n'étant possible que pendant l’œstrus. La capacité de s'envoyer joyeusement en air indépendamment de cette acharnement bestial de faire des enfants est la réserve de très peu d'espèces... :-)

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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Siestacorta

le dimanche 21 septembre 2014 à 18h08

MagentadeMars
La capacité de s'envoyer joyeusement en air indépendamment de cette acharnement bestial de faire des enfants est la réserve de très peu d'espèces... :-)

C'est vrai, mais est-ce que pour ces espèces ce n'est pas juste une autre stratégie de survie ?

Ceci dit, l'amour et le désir ne sont ni hauts ni bas, à mon avis. Ils sont là, ça nous mène vers les gens, épicétou.
Après, l'un comme l'autre nous font faire des choses bonnes ou moins bonnnes (oui, on peut faire souffrir "au nom de l'amûr". Oui, même les polys je crois : j'aime l'amour de tous, donc le tien n'est pas spécial pour moi, donc tendre vers l'amour spirituototal avec les rayons magiques que je peux envoyer depuis mon ventre de bisounours (en fait les bisounours c'est une métaphore supersexuelle), je vais atteindre le Grand Bol de Soupe Originel, et si t'es malheureuse c'est que tu regardes pas du bon côté.

Bref. Juste pour dire que les beautés respectives de l'amour et du désir ne se placent effectivement pas sur une échelle morale.
Sinon, accrochez-vous au pinceau (oui, hem, bon, je ->[] )

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bouquetfleuri

le dimanche 21 septembre 2014 à 18h28

On peut aussi complexifier la chose (j'adore entrer dans le complexe quand il s'agit de la relation humaine, mais seulement parce que cela me paraît nécessaire). On peut donc distinguer le désir, l'amour et l'exploitation du désir ou l'exploitation de l'amour.

Si le désir n'a pas grand chose à voir avec la morale (et encore, la pulsion peut être guidée par un système d'encagement ou d'embrigadement social) son exploitation peut en relever ou relever de l'éthique si on s'en dote.
Pour l'amour, ses ressorts me paraissent très liés à la morale ou à l'éthique ou leur absence, et sa construction s'y réfère en permanence, même si le discours n'en est pas l'expression parfaite ou tautologique mais ce n'est pas pour autant qu'il se dégage totalement du poids du désir.

Quand je dis "je t'aime", j'impose cette idée d'amour comprise dans l'énoncé et parfois cela est aussi vrai que cette simple formulation, mais je peux aussi dire par là : j'ai envie de toi, et seulement cela. La question qui se pose alors est de savoir si on fait un chemin entre le désir et l'amour, si c'est un équilibre dialectique dans la relation et de quoi celle-ci se nourrit.

En d'autres termes, on peut se demander si l'amour que l'on éprouve nourrit le désir de l'autre et si le désir que l'on ressent dialogue avec le sentiment de l'autre, et comment cela opère.

Bon, comme dit Siestacorta, accrochez-vous au pinceau !

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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Siestacorta

le dimanche 21 septembre 2014 à 18h53

Ce qui influe beaucop le contenu moral de "Je t'aime", c'est "JE".

La plupart des gens peuvent ressentir des sentiments amoureux, mais ce qu'ils en font change énormément d'un cas à l'autre.
Du coup : on peut dire "je t'aime" parce qu'on veut se rassurer et entendre la même chose en face. Pour exprimer très fort le JE et ses attentes ("ne déménage pas, je t'aime !). Pour dire que tout va bien, t'inquiète si je te traite mal, parce que je t'aime, et c'est pour ça, qui aime bien chatie bien, ramasse tes dents mon amour. Parce que tu as pas le droit de me laisser seul quand j'exprime l'existence d'un lien si beau et si fort vers toi, ce serait injuste que tu penses pas à moi quand j'ai dit si fort que je pensais à toi.

Bref... Aimer me fait bien sûr tendre vers l'autre, et donne une chance de faire autre chose que de m'intéresser uniquement à mon nombril. Mais si déjà on a pas une conception de l'autonomie de l'autre, que c'est d'amour qu'il a besoin et pas nécessairement de notre amour, on peut être très peu moral en ressentant et exprimant un amour fort.
Je m'dis.

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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Siestacorta

le dimanche 21 septembre 2014 à 19h33

Je vois quand même le raisonnement avec "exploitation" des ressentis...
Je veux dire pourtant qu'un individu est rarement assez... 100 % autonome (affectivement), ou fortement moral, pour éviter à chaque fois d'exploiter ce qui nous lie à l'autre.
Et c'est, pour moi, plus sur cette conscience que ça se joue, plus que sur le ressenti amoureux.

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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