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Appel à témoins

Bases
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Sanslescornes

le samedi 21 septembre 2019 à 06h23

Bonjour à tous.

Je me décide à venir vers vous à la fois pour apporter mon témoignage et pour je l'espère avoir vos retours d'expérience. Chaque histoire est particulière, la mienne est je trouve longue et complexe. Donc merci à tous ceux qui prendront la peine de lire jusqu'au bout, voire même de me répondre.

Je suis un homme ayant dépassé la cinquantaine il y a quelques années. J'ai rencontré ma chérie, l'amour de ma vie, à 21 ans. A ce moment, j'étais déjà divorcé et père d'un garçon qui a aujourd'hui 34 ans. Nous vivons en couple depuis ce temps là, et nous avons eu deux enfants qui sont en train de quitter le nid. Une vie sans histoire, avec un gros bémol, mes pannes sexuelles récurrentes, et des fantasmes BDSM que je n'assume pas.

Il y a un peu plus de quatre ans, je fais un infarctus. Sans séquelles cardiaques, mais avec des conséquences désastreuses sur notre relation. Elle s'inquiète pour moi, je culpabilise de lui laisser la charge du quotidien. Une première dispute sur une incompréhension, et petit à petit, je me renferme dans ma bulle et ma jolie fleur se fane. Puis, lassé de mes pannes permanentes et de la frustration qu'elles engendrent, je décide que je n'aurai plus de problème sexuel puisque je n'aurai plus de sexualité. Abstinence durant les vingt sept mois qui ont suivi. Je m'enfonce dans la dépression, je pense sérieusement au suicide. Durant tout ce temps, ma chérie s'accroche, souffre, lance des appels au secours que je n'entends pas. Mais nous sentons bien que notre histoire est sur le point de se terminer.

Fin juin, elle craque (je ne sais pas comment elle a fait pour tenir aussi longtemps, et croyez-le ou non, sans me tromper) et me lance un ultimatum : soit nous entamons une thérapie de couple, soit elle me quitte. Je pense la seconde solution inévitable. C'était comme si on m'arrachait le cœur. Je peux vous assurer que la douleur d'un infarctus à côté, ce n'est rien. Je me secoue et j'attrape la main qu'elle me tend.

Nous avons eu la chance de rencontrer une psychothérapeute formidable. Nous avons également la chance de toujours nous aimer passionnément. On recommence à se parler, on retrouve notre complicité, le plaisir d'être ensemble, et même on reprend une activité sexuelle. Sous assistance prothétique, chimique, voire même, miracle, en mode bio. Elle me dit que la sexualité, ce n'est pas que la pénétration. Je finis par lui parler de mes fantasmes BDSM, vers la mi-juillet. Elle réagit avec colère, la soumission, ce n'est pas pour elle. Je l'avais compris depuis longtemps. Mais ça ne gâche pas notre reconstruction. Puis à son tour, début août, pensant m'aider en me démontrant qu'elle n'a pas forcément besoin d'un phallus, elle fait son coming out et m'avoue être bisexuelle.

Elle a toujours été attirée autant par les hommes que par les femmes, et elle a eu une expérience côté homo avant de me connaître, il y a fort longtemps donc. Puis elle a choisi de fonder une famille et d'avoir des enfants. Mais bien sûr, elle a toujours des fantasmes. Cette révélation augmente encore notre complicité, elle me montre des femmes susceptibles de l'attirer, et je dois reconnaître qu'elle a bon goût.

Mais cela exacerbe son désir pour les femmes. Je lui propose de s'autoriser des écarts, à condition de me prévenir avant. De cette façon, elle ne me tromperait pas. Je n'ai pas de problème pour accepter qu'elle ait une relation sexuelle avec une autre femme. Le souci, c'est qu'elle ne veut pas d'une relation d'un soir, histoire de satisfaire des pulsions. Elle me dit qu'elle n'envisage une activité sexuelle qu'avec une personne pour qui elle éprouve des sentiments.

Il y a dix jours, elle lâche le mot. Polyamour. Le ciel me tombe sur la tête. J'envisage la chose, et j'en conclus que le fait d'aimer une autre personne ne diminuera pas son amour pour moi, ça pourrait bien même être le contraire. On se renseigne, on écoute des podcasts d'émissions radio, et finalement, je tombe sur ce forum, qui répond à plein de questions que l'on se pose. On commence à poser les bases d'une relation polyamoureuse qui pourrait venir (très probable à mon avis). Nous pensons que cette situation doit être envisagée en amont pour être mieux gérée.

Dimanche dernier (il y a six jours donc), on en arrive au consensus suivant.
Chacun est libre d'aller voir ailleurs, homme ou femme, pourvu que l'autre soit au courant. (Je ne me vois pas le faire, mais il est impensable que je n'en ai pas le droit). - Principe d'équité -
La relation principale est notre relation de couple. - Principe d'amour nécessaire et d'amours contingentes -
Ma chérie s'engage à mettre fin à cette relation si elle sent que notre couple est mis en danger.
La troisième personne (Appelons la X, puis qu'elle est inconnue à l'heure actuelle), doit être respectée, en commençant par lui exposer la situation. Libre à elle d'accepter ou de refuser, mais elle devra suivre ces règles, qui pourront toutefois être adaptées à une situation qui évoluera de toutes façons.

Nous sommes sereins avant de nous coucher dimanche soir.

Mais lundi au réveil, j'ai une crise d'angoisse. J'anticipe la scène, ma chérie apprêtée, joyeuse, qui me fait un bisou avant d'aller rejoindre sa copine pour le week-end. Je suis heureux pour elle, je sais que quand elle reviendra, elle sera comblée et qu'elle m'aimera aussi fort qu'avant.

Mais je vais rester seul. J'ai une boule dans l'estomac, mon cœur qui s'accélère et les yeux qui piquent. C'est ça la jalousie ? Je regarde les topics qui traitent du sujet. Je découvre que beaucoup de polyamoureux éprouvent de la jalousie. Et qu'ils ont appris à la gérer. Jalousie est un mot tiroir. On y met ce que l'on veut dedans. Introspection. J'ouvre le tiroir. Tempête dans mon crâne, c'est violent. Je finis par découvrir que j'éprouve un besoin vital de me sentir aimé. Et que j'ai une peur panique qu'elle ne me quitte. Quand on fantasme d'attacher son partenaire pour lui faire l'amour, c'est pour qu'il ne s'en aille pas. Certainement un truc qui s'est passé dans mon enfance, à l'arrivée de mon frère. (J'ai fait un parallèle, en me disant que j'étais fils unique et que j'allais avoir une petite sœur).

C'est beaucoup d'émotion, et au final un soulagement d'avoir mis le doigt sur un truc qui me taraude depuis si longtemps. Je me sens rassuré, un problème identifié devrait pouvoir se gérer.

Mais au fil de nos conversations, je découvre que si notre amour est prioritaire, ça sera quand même à mi-temps. J'envisageais un week-end par mois, ce qu'elle avait laissé entendre au départ de nos discussions sur le sujet. Le coup est rude. Je ne sais pas comment je vais gérer ces longs moments de solitude.

Parlons maintenant de ma chérie. Inutile de dire que pour elle aussi, c'est violent. Elle est tiraillée entre le désir de vivre pleinement sa sexualité (et à notre âge, l'horloge tourne vite) et la peur de me faire mal, et au final de me perdre. Elle a déclaré vouloir faire une pause dans nos discussions, elle a besoin de prendre du recul. Sa libido s'est éteinte d'un coup. Je vois bien qu'elle est complètement perdue. Les choses vont trop vite, elle est en train de décrocher. Il faut lui laisser du temps.

J'ai l'impression qu'elle veut cloisonner ses deux vies. Pour m'épargner ? Pour se déculpabiliser ? Par peur de passer d'un schéma Vee à un schéma trouple dont elle ne veut pas ? Il faudra qu'on en parle le moment venu. De mon point de vue, une situation idéale serait que X et moi nous entendions, et que nous puissions passer d'agréables moments à trois. Je ne parle pas de sexualité, ma chérie exclu le plan à trois, mais de sorties, restos, vacances … Je me vois mal partager ma chérie avec quelqu'un que je détesterais.
Je ne peux pas en dire beaucoup plus, je ne suis pas dans sa tête.

A ce stade, j'ai deux craintes.

Personnelle. Comment je vais gérer ces longs moments de solitude ? Si des polyamoreux assez courageux pour m'avoir lu jusqu'ici pouvaient témoigner de leur façon de partager leur temps, cela m'aiderait je pense.

Pour elle. Et là, je flippe vraiment. En tant que centre du Vee, elle va devoir gérer constamment des rapports humains forcément complexes, rendre des arbitrages en ménageant la chèvre et le chou sans se frustrer elle-même. Si je m'inquiète du temps que je vais passer seul, je m'inquiète encore plus du temps qu'elle ne pourra pas passer seule. J'ai vu beaucoup de témoignages qui parlaient de burn out affectif. Comment va-t-elle contrôler la situation ? Là aussi, si il y a des témoignages, ils seront les bienvenus.

Merci d'avoir pris le temps de me lire.

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artichaut

le samedi 21 septembre 2019 à 08h54

Bienvenue @Sanslescornes.

Eh bien, bravo, tu en a fait du chemin tout seul !

Juste une question (pour être sûr) : si c'était un homme, tu aurais tout autant envie de "de sorties, restos, vacances …" à trois ?

Pour ce qui est de toi, il n'y pas forcément à "gérer ces longs moments de solitude", plutôt au contraire prendre du temps pour toi et profiter de la vie tant qu'elle est là. Faire ce que tu rêve de faire depuis longtemps et que tu ne t'autorise pas (le BDSM par exemple).

Quant à elle, oui, ce ne sera pas simple. Bravo pour la lucidité de ta part à ce sujet. C'est p-être elle qui aurait pu venir ici… Mais c'est aussi son chemin à elle, que tu n'a pas à habiter à sa place.

Une part de chacun·e de vous quitte le nid (en même temps que les enfants). Il ne tient qu'à vous de ne garder que le meilleur pour le nid.

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Mark

le samedi 21 septembre 2019 à 10h07

Bonjour @Sanslescornes

Merci pour ton témoignage du chemin parcouru!

Pour relativiser un peu les choses, les troubles érectiles touchent un homme sur trois à partir de 40 ans, un sur deux après 50 ans d'après le net. Cà fait une belle jambe, je sais, mais pour dire que tu n'es pas le seul et qu'effectivement la sexualité ne tourne, heureusement, pas qu'autour de ça.

nb: Une fois la crise de l'égo passée et ce nouveau paramètre intégré, on peut faire un super parcours de (re) découverte du plaisir féminin, qui n'est généralement pas vécu avec ingratitude ;-)

La volonté de ta compagne d'explorer sa bisexualité. Quoi de plus merveilleux de savoir l'autre s'épanouir au sein du cocon qu'est le foyer et de pouvoir explorer cette part d'elle en toute liberté? (et puis, hein, l'égo du mâle est tout de même moins froissé dans ce contexte. ;-)

Cela dit, ne pas confondre fantasmes de plans à trois avec deux femmes bi et son autre relation amoureuse. Cette relation lui appartient.
(et accessoirement, c'est pas bon pour le palpitant! ^^)

La rencontrer quand tout le monde se sentira prêt, peut être une belle entrée en matière avant de partager des moments de leur épanouissement à trois, vacances, sorties, etc. qui peuvent être incroyablement complice.

En attendant, c'est un peu un jardin secret qu'elle même a sûrement encore besoin d'appréhender et d'intégrer dans sa vie émotionnelle et vôtre couple. C'est aussi pour elle, un nouvel équilibre à trouver.

C'est pas juste beau de la voir partir heureuse de retrouver son amoureuse puis de la retrouver radieuse et épanouie à son retour, ? (retour auprès de toi au passage! ) et puis comme dit @artichaut, ça va te faire du temps pour toi, pour te consacrer à tes loisirs et envies de découverte.

Après la pluie, le beau temps! Profitez de ce nouveau chapitre de vie, que vous êtes en train d'écrire, ensemble.

nb Tu pourrais lire un livre sur la compersion, un outil de réflexion assez souvent recommandé ici.

Message modifié par son auteur il y a 2 mois.

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artichaut

le samedi 21 septembre 2019 à 10h26

Mark
(et puis, hein, l'égo du mâle est tout de même moins froissé dans ce contexte. ;-)

Déjà je ne suis pas certain qu'il soit utile de ramener ce genre de remarque sexiste (ou pseudo solidarité masculine ?) sur le forum…

Ensuite ça dépend de chacun. Moi je me sent +insécure si ma partenaire entame une relation avec une autre femme qu'avec un mec.

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Mark

le samedi 21 septembre 2019 à 10h31

artichaut
Déjà je ne suis pas certain qu'il soit utile de ramener ce genre de remarque sexiste (ou pseudo solidarité masculine ?) sur le forum…

Ensuite ça dépend de chacun. Moi je me sent +insécure si ma partenaire entame une relation avec une autre femme qu'avec un mec.

@artichaut. Désolé si tu trouves ma remarque sexiste. Et pourquoi "pseudo" solidarité d'ailleurs?
Simplement mon vécu + observations, ce qui n'en fait certes pas une réponse universelle.

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cactus

le samedi 21 septembre 2019 à 10h56

Bonjour @Sanslescornes,

Très rapidement, pour te donner des éléments pragmatiques par rapport à ma - pour le moment - petite expérience :

- gestion des moments de solitude : mon amoureux étant loin géographiquement, je pars pour 2, 3, 4 jours. Je discute avec mon conjoint de son programme, de ce qu'il compte faire alors que je ne suis pas là. Je pense que ça lui permet de se projeter et de planifier un peu ce temps pour ne pas se retrouver à tourner en rond et à mouliner. Il sait également que s'il a besoin, il peut appeler à tous moments, voire lancer un appel de détresse pour que je revienne en urgence. Mon amoureux est ok là-dessus. ça ne veut pas dire que mon conjoint en use/abuse, mais le fait de savoir que c'est possible le rassure je pense.

Après, un w-end par mois d'absence pour nous ça serait un peu trop pour commencer : nous avons des enfants encore assez jeunes et je me vois difficilement "lâcher" mon conjoint 1 w-end entier sur 4.
La limite que nous nous étions fixée au "démarrage" était un soir par semaine, sans découcher pour commencer. Mais comme je ne décide pas de qui je tombe amoureuse, on adapte à la situation ;)
ça fait partie des éléments à discuter : essayez, et ajustez en fonction de ton ressenti. Déjà, après le premier w-end, vous pourrez faire le point sur comment tu l'as vécu et si tu penses que 1 w-end / mois ça le fait.

- Concernant les arbitrages et son temps à elle : tout dépendra du contexte de la/des relations. Si le temps physique par exemple qu'elle peut y consacrer est clair dès le départ pour l'amoureux/l'amoureuse, déjà ça aide dans le sens où la personne peut déjà voir si elle pense envisageable de cultiver une relation amoureuse dans ce contexte. Évidemment, ça ne veut pas dire qu'avec l'évolution de la relation, il n'y aura pas des "arbitrages" et une évolution de la vision des choses. Pour son temps à elle, personnellement c'est important pour moi de me conserver du temps pour cultiver ma relation à moi-même oui. En fait, tout ça est beaucoup une question d'organisation...

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artichaut

le samedi 21 septembre 2019 à 11h47

Mark
pourquoi "pseudo" solidarité d'ailleurs?

Vaste question. Et je ne voudrais pas dévoyer le fil de @Sanslescornes. Alors je vais plutôt botter en touche. (et j'y répondrai une autre fois, dans un autre fil, si ça te va).

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Sanslescornes

le samedi 21 septembre 2019 à 13h14

Merci à tous pour vos réponses rapides et constructives.

Je n'ai pas le temps d'y répondre tout de suite, mais je le ferai probablement cette nuit.

Encore merci à vous.

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Minora

le samedi 21 septembre 2019 à 13h37

Je suis très impressionnée par ta façon de gérer les choses. Je trouve ça extrêmement mature, responsable et intelligent. Franchement, quand je lis d'autres fils où sa propre liberté est instituée en valeur absolue, où le plus simple respect de l'autre et parfois même de soi disparaît purement et simplement au seul profit de l'assouvissement du plaisir immédiat, je trouve que ton approche fait beaucoup de bien à lire.

Après, je vais uniquement revenir sur certains des éléments que tu abordes, comme le fait de te retrouver seul. Le conseil selon lequel tu pourrais en profiter pour prendre du temps pour toi est souvent facile à donner et difficile à mettre en place, du moins au départ. D'abord parce que au départ justement on n'a pas choisi ces moments seuls et la solitude subie c'est très difficile à supporter. Ensuite parce que quand on vit en couple et encore plus en famille on a tendance à vivre en autarcie, à avoir un fonctionnement clanique ou l'individualité de chacun à tendance, dans l'univers familial à se dissoudre dans l'entité famille.

Quand j'ai divorcé de mon ex et que la garde alternée a été mise en place, tout ce temps libre pour moi a été extrêmement déstabilisant. Ca n'était pas désagréable mais, de fait, j'avais l'impression d'être en vacances un peu tout le temps. J'ai mis beaucoup de temps à intégrer ce nouveau rythme de vie. Mais c'est venu et la panique de se retrouver seule dans mon chez moi à moi et rien qu'à moi est devenu un vrai confort, un vrai plaisir. Au début, je suis sortie de façon tout à fait frénétique, ça m'a permis de récupérer une vraie vie sociale, puis, sevrée de sorties (amis, amants) j'ai pris l'habitude de passer du temps avec moi-même. J'ai réappris à vivre avec moi-même et surtout à y prendre du plaisir. Ca ne s'est pas fait rapidement ni même naturellement.

Dans ton cas l'imaginaire lié à ce que ta femme vivra ou pas sans toi, peut rendre encore plus difficile de prendre du plaisir à te retrouver seul mais ça reste une formidable opportunité de te retrouver. Peut-être peux-tu dans un premier temps t'assourdir de sorties, d'activités histoire de ne pas te laisser le temps de penser à ce que vit ta femme pendant ce temps là. Le temps passera plus vite et le temps que tu y penses elle sera revenue. Si tu la vois revenir heureuse et que ses retours sont synonymes pour vous de retrouvailles heureuses alors tu seras plus détendue lors de ses départs suivant, qui seront moins marqués par le risque de la perdre. Et alors, je suis à peu près certaine que tu pourras commencer à prendre vraiment du plaisir à te retrouver toi, avec ou sans autre.

Message modifié par son auteur il y a 2 mois.

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Intermittent (invité)

le samedi 21 septembre 2019 à 15h08

"Déjà je ne suis pas certain qu'il soit utile de ramener ce genre de remarque sexiste (ou pseudo solidarité masculine ?) sur le forum… "

"et puis, hein, l'égo du mâle est tout de même moins froissé dans ce contexte. "

Je ne vois pas en quoi la remarque de Mark est sexiste et surtout envers qui ... Envers les hommes ?

Et qui plus est, il y a manifestement une part de second degré dans cette remarque, comme l'atteste le smiley.

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Sanslescornes

le dimanche 22 septembre 2019 à 06h53

C'est sympa à vous d'avoir pris le temps de me lire et de me répondre. Petit à petit, la tempête se calme dans ma tête, je commence à accepter la situation. Vos réponses m'aident dans mon cheminement intérieur.

@artichaut

si c'était un homme, tu aurais tout autant envie de "de sorties, restos, vacances …" à trois ?

C'est une bonne question. Je n'ai pas creusé de ce côté là pour le moment, il y a déjà assez de questions auxquelles je cherche des réponses. Alors, pour ne pas botter en touche, on va dire oui. A la base, sorties, restos, vacances, je les souhaite à deux. Une nouvelle personne (X), homme ou femme, entre dans l'équation. C'est comme ça. Du temps passé à trois, c'est déjà du temps passé avec ma chérie.

Pour ce qui est de toi, il n'y pas forcément à "gérer ces longs moments de solitude", plutôt au contraire prendre du temps pour toi et profiter de la vie tant qu'elle est là. Faire ce que tu rêve de faire depuis longtemps et que tu ne t'autorise pas (le BDSM par exemple).

Pour moi, ce que tu suggères, c'est la gestion de la solitude. Par solitude, j'entendais sans ma chérie. Le célèbre ver de Lamartine prend ici tout son sens je trouve : «  Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé. » Je pourrais être en boîte de nuit entouré des dix plus belles filles de la ville, ou au stade de France à la finale de la coupe du monde avec 80 000 personnes, je me sentirais seul.

Ce qui m'amène à relativiser. Lamartine a écrit son poème à la mort de son amante. Il ne m'arrive rien d'aussi dramatique. Ma chérie aurait pu être à un concert au Bataclan, ou à un feu d'artifice à Nice, comme c'est arrivé à de nombreuses personnes dont je n'ose imaginer la souffrance. Dans ma situation personnelle, nous aurons encore de beaux moments à partager ensemble.

Ce qui me perturbe dans le truc, c'est de changer de philosophie de vie. Lire sur le forum m'a permis de mettre des mots sur le travail à accomplir : déconstruction, pour passer d'un état fusionnel à un état fissionnel. Nous avons une relation fusionnelle depuis 30 ans, 24/24 puisque nous travaillons ensemble. J'aime bien ces mots. Déconstruction, ce n'est pas destruction. Si l'état fusionnel, c'est la bombe A et l'état fissionnel la bombe H, cette dernière est dix fois plus puissante que la première.

Quant-à entamer une relation (BDSM), c'est plus que compliqué. Déjà, je cherche à devenir polyacceptant. Je crois avoir accompli une bonne partie du chemin. Tant qu'à faire, polyacceptant épanoui. Là, il y a encore du boulot. Après, polyamoureux, c'est une autre histoire. Je suis dans un schéma exclusif. Il me convient pour le moment. Je verrai bien comment les choses évoluent. Et puis je crois que ma chérie n'est pas prête. Lors de la première discussion sur le sujet que nous avons eu, elle m'a dit vouloir vivre les deux versants de sa sexualité. Je lui ai répondu qu'à ce moment là, je devrais également, si j'en ressentais le besoin, avoir le droit d'explorer un type de sexualité qu'elle ne peut pas m'offrir. Sans réellement refuser, elle m'a dit que ça serait difficile pour elle, parce qu'elle serait en concurrence avec une autre femme, qui de plus satisferait mes fantasmes, ce qui me pousserait à la délaisser. Ça m'a mis dans une colère noire. Un sentiment d'injustice qui si les choses en étaient resté là nous aurait certainement envoyé dans le mur. Depuis, elle a compris qu'un contrat polyamoureux devait être équitable. Et que par conséquent, si elle pouvait avoir une relation extra-conjugale, je devais également en avoir le droit. Et comme je suis hétéro, ça serait avec une femme. De mon côté, toujours par équité, j'admet qu'elle puisse avoir une relation avec un autre homme. On rentre dans les considérations de sexisme que j'aborderai plus loin.

Mais bon, c'est assez le bordel dans sa tête aussi pour ne pas compliquer encore plus les choses. Je crois que je resterai mono, sauf si je ne supporte pas l'état fissionnel, ou tout simplement si la vie en décide autrement.

Et pour l'aspect BDSM, c'est quasi mission impossible. Je peux toujours m'inscrire sur meetic et passer une annonce «  Homme, la cinquantaine, grand, yeux bleu-noisette, désespéré et impuissant, cherche femme 40-55 ans, pour soumission, bondage, flagellation, plus si affinité. Premier contact par MP uniquement. » Je ne suis pas sûr que ça se bouscule au portillon …

Une part de chacun·e de vous quitte le nid (en même temps que les enfants).

J'ai eu du mal avec cette remarque. Le nid est bien vide tout à coup … Ça aurait pu raviver mes craintes de la solitude, mais je percevais un truc derrière. J'ai mis un moment à comprendre. Quand on fonde une famille, on élève ses enfants du mieux que l'on peut, et on sait qu'un jour ils partiront vivre leur vie. Et qu'à ce moment, il faudra retrouver un équilibre de couple. Il se trouve que ce nouvel équilibre passe par une relation extra-conjugale. Ce n'est pas ce que j'avais imaginé, et je suis certain que ma chérie non plus, mais c'est probablement le meilleur équilibre que nous pourrons trouver.

@Mark

nb: Une fois la crise de l'égo passée et ce nouveau paramètre intégré,

Quand je l'ai intégré, j'ai commencé par choisir la mauvaise solution.

SanslescornesLassé de mes pannes permanentes et de la frustration qu'elles engendrent, je décide que je n'aurai plus de problème sexuel puisque je n'aurai plus de sexualité. Abstinence durant les vingt sept mois qui ont suivi.

on peut faire un super parcours de (re) découverte du plaisir féminin, qui n'est généralement pas vécu avec ingratitude ;-)

C'est exactement ce qui est en train de m'arriver.

Quoi de plus merveilleux de savoir l'autre s'épanouir au sein du cocon qu'est le foyer et de pouvoir explorer cette part d'elle en toute liberté? 

C'est le but de l'opération !

et puis, hein, l'égo du mâle est tout de même moins froissé dans ce contexte. 

Bien, on aborde le sexisme, à mon avis un sujet inévitable dans ce genre de débat. Mono ou poly, hétéro ou homo, je pense que tout le monde s'est posé ou s'est vu poser cette question : tu préfères que ton (ta) partenaire te trompe (ait une autre relation) avec un homme ou avec une femme ?
Je crois que chacun a sa réponse à la question, en fonction de son vécu, de son image de soi, de sa culture, de son environnement familial etc... A titre personnel, je préfère que se soit avec une femme, pour des raisons qui me regardent.
Et le sexisme la dedans ? Je serais sexiste parce que je préfère que ma femme couche avec une autre femme plutôt qu'un autre homme ? Ça voudrait dire que la femme est inférieure à l'homme puisque ça serait moins grave que la mienne couche avec, ou que l'homme est inférieur à la femme puisque ça serait valorisant pour moi que ce soit une femme ?
Les hommes et les femmes sont deux sexes très différents. Je pense que personne ne le contestera, et que ce n'est pas sexiste de le constater. Ce qui le serait, c'est d'établir une hiérarchie. Déclarer avoir une préférence pour telle ou telle situation pourrait être interprété à la rigueur comme une hiérarchie. Mais c'est parce que la question est mal posée. Quand on demande «  tu préfères ? », il faut comprendre «  Qu'est-ce qui pour toi serait le plus facile à accepter ? ». Et sous cet angle, il n'y a à mon avis aucun sexisme.

Cela dit, ne pas confondre fantasmes de plans à trois avec deux femmes bi et son autre relation amoureuse. Cette relation lui appartient.

Pour être honnête, quand ma chérie m'a fait part de sa bisexualité, c'est la première chose qui m'est venue en tête. Mais nos discussions sur le sujet (la bisexualité, pas le polyamour) ont très vite dissipé le malentendu.

La rencontrer quand tout le monde se sentira prêt, peut être une belle entrée en matière avant de partager des moments de leur épanouissement à trois, vacances, sorties, etc. qui peuvent être incroyablement complice.

Ma chérie et moi pensons que c'est un préalable au démarrage d'une relation sérieuse entre elles. X doit intégrer le fait qu'il s'agit d'une relation polyamoureuse et sa place d'amour contingente. Les bases doivent être posées dès le départ, pour qu'il n'y ait pas d’ambiguïté. Nous partons du principe que X devra faire son propre cheminement, pour devenir polyamoureuse ou polyacceptante, à une place qui n'est pas forcément la meilleure. Si ça ne lui convient pas, autant interrompre une relation avant que ça ne fasse trop mal aux deux partenaires.

Partager des moments à trois serait mon souhait. Pour les raisons que j'ai exposé plus haut, et aussi pour celles que tu avances. Mais mon sentiment est que ma chérie veut cloisonner. Nous n'avons pas discuté de cet aspect des choses, c'est probablement encore un peu tôt.

C'est pas juste beau de la voir partir heureuse de retrouver son amoureuse puis de la retrouver radieuse et épanouie à son retour, ?

Non. C'est difficile aussi.

@cactus

Je discute avec mon conjoint de son programme, de ce qu'il compte faire alors que je ne suis pas là. Je pense que ça lui permet de se projeter et de planifier un peu ce temps pour ne pas se retrouver à tourner en rond et à mouliner.

C'est une très bonne idée. Je la prend à mon compte. Merci.

Il sait également que s'il a besoin, il peut appeler à tous moments

Je suis beaucoup plus réservé. Ce sont leurs moments. S'ils veulent les vivre à deux, c'est leur choix, il est respectable, et je n'ai pas à m'ingérer. Et la réciproque serait vraie. Si quand ma chérie revient à la maison, c'est pour passer des heures au téléphone avec son amoureuse, je vais vite péter un câble.

voire lancer un appel de détresse pour que je revienne en urgence.

Ça, par contre, c'est vital. Si il y a un problème avec les enfants, le feu à la maison, ou quelque chose comme ça, elle doit rester joignable.

Après, un w-end par mois d'absence pour nous ça serait un peu trop pour commencer.

C'est la base sur laquelle nous avons commencé à travailler. Mais nos enfants sont grands. J'avais commencé à intégrer ce temps, qui me paraît acceptable. Mais la dernière fois où nous avons abordé la répartition temporelle, elle m'a parlé des vacances. Et là, douche froide … Une semaine avec son amoureuse, deux semaines avec moi, et une semaine pour elle. La semaine pour elle, ça vient de se passer, et je l'ai mal vécue (alors qu'il n'y a pas encore de relation polyamoureuse). Alors cette répartition me terrifie. Il faudra en rediscuter le moment venu.

D'autre part, ma chérie ne veut pas mettre en place un cadre trop strict. Elle tient à sa liberté. Et enfin, quelles seront les disponibilités de X ? Ce sera à ma chérie de faire des arbitrages, en ménageant la susceptibilité et la jalousie de chacun de ses amoureux. Si ça se passe bien, elle sera épanouie. Si ça se passe mal, ça peut la détruire. Pour ma part, je veux bien faire des efforts, mais il ne faut pas que ça me fiche en l'air non plus.

@Minora

Je suis très impressionnée par ta façon de gérer les choses. Je trouve ça extrêmement mature, responsable et intelligent.

Merci pour le compliment. Je gère du mieux que je peux.

Dans ton cas l'imaginaire lié à ce que ta femme vivra ou pas sans toi, peut rendre encore plus difficile de prendre du plaisir à te retrouver seul mais ça reste une formidable opportunité de te retrouver.

C'est vrai.

Peut-être peux-tu dans un premier temps t'assourdir de sorties, d'activités histoire de ne pas te laisser le temps de penser à ce que vit ta femme pendant ce temps là. Le temps passera plus vite et le temps que tu y penses elle sera revenue.

J'y pense, mais je n'arrive pas encore à me projeter. Ça viendra avec le temps j'imagine.

Si tu la vois revenir heureuse et que ses retours sont synonymes pour vous de retrouvailles heureuses alors tu seras plus détendue lors de ses départs suivant, qui seront moins marqués par le risque de la perdre. Et alors, je suis à peu près certaine que tu pourras commencer à prendre vraiment du plaisir à te retrouver toi, avec ou sans autre.

Un scénario idéal. Je souhaite que les choses se passent de cette façon.

Voilà, j'ai écrit un autre gros pavé. Encore merci pour vos remarques, conseils et retours d'expérience. Ils m'aident énormément dans mon parcours intérieur de déconstruction.

Pour finir, je rajoute quelques réflexions.
Une définition du couple que j'aime bien : Être en couple, c'est gérer à deux des problèmes que l'on aurait jamais eu tout seul. Je pense qu'à trois, c'est la même chose, sauf que les problèmes sont plus nombreux et plus complexes.
En revanche, après avoir lu de nombreux topics, où les témoignages sont foison, je crois bien que je n'ai jamais lu personne se plaindre du train-train quotidien.

Être confronté à devenir polyacceptant est l'occasion d'un nécessaire questionnement intérieur profond. Pour ce qui me concerne, c'est extrêmement violent, je découvre des trucs cachés, probablement des traumatismes psychologiques vécus durant ma toute petite enfance. Ma chérie deviendra poly, ou pas, ce sera son choix, mais quoi qu'il en soit, j'en sortirai changé, et je suis persuadé que ce sera en mieux.

Si vous avez des remarques à faire sur ce que j'ai écrit, n'hésitez pas. Vous m'apportez beaucoup.

Message modifié par son auteur il y a 2 mois.

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cactus

le dimanche 22 septembre 2019 à 10h39

Sanslescornes
Depuis, elle a compris qu'un contrat polyamoureux devait être équitable. Et que par conséquent, si elle pouvait avoir une relation extra-conjugale, je devais également en avoir le droit. Et comme je suis hétéro, ça serait avec une femme. De mon côté, toujours par équité, j'admet qu'elle puisse avoir une relation avec un autre homme. On rentre dans les considérations de sexisme que j'aborderai plus loin.

Effectivement, il y a une certaine équité à respecter, et même si mon conjoint est plutôt en mode mono, ça ne veut pas dire que la vie ne mettra pas sur son chemin d'autres personnes. Dans ce cas-là, je me vois mal l'empêcher de vivre avec elles ce qu'il a à vivre !! ça serait totalement injuste.
ça ne veut pas dire que ça ne générera pas de jalousie chez moi, mais à moi de travailler là-dessus.

Sanslescornes
Et pour l'aspect BDSM, c'est quasi mission impossible. Je peux toujours m'inscrire sur meetic et passer une annonce «   Homme, la cinquantaine, grand, yeux bleu-noisette, désespéré et impuissant, cherche femme 40-55 ans, pour soumission, bondage, flagellation, plus si affinité. Premier contact par MP uniquement. » Je ne suis pas sûr que ça se bouscule au portillon …

Je ne suis pas très au fait, mais je ne crois pas que meetic soit le plus indiqué pour le bdsm, de ce que j'ai ouï dire.
D'autre part, je ne crois pas que tu aies à te dévaloriser et tu serais peut-être surpris de recevoir des réponses malgré tout. La pénétration n'est pas la condition sine qua none pour prendre son pied au lit, et heureusement.

Je reviens là dessus :

Sanslescornes
Je lui ai répondu qu'à ce moment là, je devrais également, si j'en ressentais le besoin, avoir le droit d'explorer un type de sexualité qu'elle ne peut pas m'offrir. Sans réellement refuser, elle m'a dit que ça serait difficile pour elle, parce qu'elle serait en concurrence avec une autre femme, qui de plus satisferait mes fantasmes, ce qui me pousserait à la délaisser.

Oui, c'est difficile d'admettre et de bien vivre le fait qu'on ne puisse pas satisfaire à tous les besoins de nos amours, et ça demande du travail sur soi. Mais c'est aussi ce à quoi amène les amours plurielles.
Je sais pertinemment que je ne peux pas offrir à mon conjoint et à mon amoureux tout ce qu'ils aimeraient du point de vue sexuel, mais en fait, ça n'a rien d'extraordinaire. Nous sommes tous différents, c'est illusoire de croire qu'entre 2 personnes, ça matchera à un point tel que tout ce que nous recherchons, nous le trouverons dans l'autre.
Et satisfaire ton besoin bdsm ne signifie absolument pas que tu la délaisseras, on fait l'amour différemment avec nos amours parce qu'ils sont différents les uns des autres.... enfin, c'est mon cas.

Sanslescornes
Et le sexisme la dedans ? Je serais sexiste parce que je préfère que ma femme couche avec une autre femme plutôt qu'un autre homme ? Ça voudrait dire que la femme est inférieure à l'homme puisque ça serait moins grave que la mienne couche avec, ou que l'homme est inférieur à la femme puisque ça serait valorisant pour moi que ce soit une femme ?

Je n'ai pas pris la remarque de @Mark comme sexiste, et j'ai noté son second degré :)
Simplement il fait une constatation, que je pense effectivement être juste.
En revanche, la raison de cette constatation peut avoir des origines sexistes : c'est moins grave que ma femme couche avec une autre femme plutôt qu'un homme, parce qu'un acte sexuel entre femme est inférieur/moins impactant car pas de pénétration par un phallus. Je ne dis pas que cette raison est systématique, mais elle existe et est à mon avis courante. Le sexisme est là pour moi : la hiérarchie dont tu parles, et le fait que l'acte sexuel par pénétration peut être considéré comme une possession.

Sur ces 2 points :

Sanslescornes
Je suis beaucoup plus réservé. Ce sont leurs moments. S'ils veulent les vivre à deux, c'est leur choix, il est respectable, et je n'ai pas à m'ingérer. Et la réciproque serait vraie. Si quand ma chérie revient à la maison, c'est pour passer des heures au téléphone avec son amoureuse, je vais vite péter un câble.


voire lancer un appel de détresse pour que je revienne en urgence.


Ça, par contre, c'est vital. Si il y a un problème avec les enfants, le feu à la maison, ou quelque chose comme ça, elle doit rester joignable.

J'ai confiance dans le respect que mon conjoint porte à ma vie privée, et il n'a justement aucune propension à l'ingérance. Quand je suis partie voir mon amoureux qq jours, je lui avais proposé que ce soit lui qui appelle quand il en aurait besoin, mais il a préféré que ce soit moi qui le fasse, de peur d'appeler aux mauvais moments.
Il y a 99% de chances pour qu'il n'utilise pas la possibilité de me faire revenir - je parlais plus de crises d'angoisses ou de mal-être profond que d'incendie - mais le fait de savoir que cette possibilité existe le rassure. Tout simplement.

Sanslescornes
C'est la base sur laquelle nous avons commencé à travailler. Mais nos enfants sont grands. J'avais commencé à intégrer ce temps, qui me paraît acceptable. Mais la dernière fois où nous avons abordé la répartition temporelle, elle m'a parlé des vacances. Et là, douche froide … Une semaine avec son amoureuse, deux semaines avec moi, et une semaine pour elle. La semaine pour elle, ça vient de se passer, et je l'ai mal vécue (alors qu'il n'y a pas encore de relation polyamoureuse). Alors cette répartition me terrifie. Il faudra en rediscuter le moment venu.

S'il est nécessaire que ça aille plus lentement pour débuter afin que tu apprennes à mieux le vivre, c'est je pense important qu'elle en tienne compte. Je ne sais que trop bien que c'est difficile de se freiner dans ses envies... mais c'est probablement nécessaire pour que ça tienne sur la durée.
Aller à la vitesse du plus lent...

Minora
Je suis très impressionnée par ta façon de gérer les choses. Je trouve ça extrêmement mature, responsable et intelligent.

Je suis du même avis. Ton post respire le respect de ta chérie, la réflexion, la lucidité mais aussi l'envie de travailler sur toi et la conscience de comment les amours plurielles nous font comprendre qui nous sommes et comment nous fonctionnons.
Ce n'est pas le cas de tous les post du forum malheureusement...

Message modifié par son auteur il y a 2 mois.

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artichaut

le dimanche 22 septembre 2019 à 12h07

Sanslescornes
Déjà, je cherche à devenir polyacceptant. Je crois avoir accompli une bonne partie du chemin. Tant qu'à faire, polyacceptant épanoui. Là, il y a encore du boulot. Après, polyamoureux, c'est une autre histoire. Je suis dans un schéma exclusif. Il me convient pour le moment. Je verrai bien comment les choses évoluent. Et puis je crois que ma chérie n'est pas prête.

C'est à vous de vous définir comme vous le voulez, avec les mots qui vous convient.

Mais pour moi là, c'est toi qui est polyamoureux (ou "poly" si tu préfères) et pas elle.
Tu est amoureux (d'elle) et tu es poly (puisque tu accepte qu'elle ai plusieurs histoires).
En revanche si elle n'accepte pas que tu fasse de même, clairement elle n'est pas poly (du moins au sens où on l'entend généralement sur ce site).
Au mieux elle est pluri-amoureuse (c'est a dire qu'elle aime plusieurs personnes).
Mais être polyamoureux, et ce quelque soit le nombre de relation que tu ai, implique d'accepter que ton/ta/tes partenaires aient d'autres partenaires.

Sanslescornes
Je peux toujours m'inscrire sur meetic

Il y a aussi des sites spécialisé BDSM, comme Fetlife. Mais d'autres te renseigneront mieux que moi sur le sujet.

Sanslescornes
et passer une annonce « Homme, la cinquantaine, grand, yeux bleu-noisette, désespéré et impuissant, cherche femme 40-55 ans, pour soumission, bondage, flagellation, plus si affinité. Premier contact par MP uniquement. » Je ne suis pas sûr que ça se bouscule au portillon …

Ah, bah si tu pars perdant, c'est sûr que c'est mal barré !
La question pourrait être (non pas comment faire que ça "se bouscule au portillon" mais) comment faire pour rencontrer de nouvelles personnes.
C'est que peut-être aussi ça fait longtemps que tu ne t'es pas mis dans ce genre de dynamique là. Et que ça peut demander du travail (soigner son profil, soigner son physique, questionner sa manière de rencontrer, remettre en cause ses critères de recherche,…).

cactus
la raison de cette constatation peut avoir des origines sexistes

Oui, là où il y a sexisme (même sous forme de blague) c'est de laisser entendre que c'est quelque chose de "normal", qui va de soi : « bien sûr que pour l'ego c'est plus facile si c'est une femme (ahah) ».
Le problème n'est pas de ressentir quelque chose, mais de ne pas voir, ou dire, que ça puisse avoir un ancrage (sexiste) sociétal …et d'en rigoler entre mecs.

Au passage, aller explorer le BDSM, me semble une bonne manière de questionner le sexisme qui est en nous…

Sanslescornes

artichaut
Une part de chacun·e de vous quitte le nid (en même temps que les enfants).

J'ai eu du mal avec cette remarque. Le nid est bien vide tout à coup …

Ah pardon, je voulais pas être blessant.

Sanslescornes
Ça aurait pu raviver mes craintes de la solitude, mais je percevais un truc derrière. J'ai mis un moment à comprendre.

C'est vraiment chouette je trouve, et c'est ce qui transpire dans tous tes textes, que tu ne te contente pas de tes premiers ressentis,mais que tu va creuser là où ça gratte, quand tu y perçois quelque chose, même très légèrement.

Tu ne te contente pas d'être dans la colère, mais tu va toujours chercher plus loin. Ça me semble une preuve d'amour tant envers ta compagne qu'envers toi-même.

Sanslescornes
Quand on fonde une famille, on élève ses enfants du mieux que l'on peut, et on sait qu'un jour ils partiront vivre leur vie. Et qu'à ce moment, il faudra retrouver un équilibre de couple. Il se trouve que ce nouvel équilibre passe par une relation extra-conjugale. Ce n'est pas ce que j'avais imaginé, et je suis certain que ma chérie non plus, mais c'est probablement le meilleur équilibre que nous pourrons trouver.

En effet il y a peut-être tentative de reconfiguration.
De fait les enfants s'en vont, donc le couple en est modifié.

Et il y a peut-être aussi pour elle, s'autoriser enfin à des choses qu'elle attend, consciemment ou non, de faire depuis longtemps. Et qu'elle ne s'autorisait pas, tant qu'il y avait les enfants…

Sanslescornes
Une définition du couple que j'aime bien : Être en couple, c'est gérer à deux des problèmes que l'on aurait jamais eu tout seul. Je pense qu'à trois, c'est la même chose, sauf que les problèmes sont plus nombreux et plus complexes.

Certes, mais si ce n'était qu'une augmentation des problèmes ce serait dommage…

De nombreuses personnes, et c'est légion sur ce forum, semblent n'aller vers la poly (acceptance) que par dépit.
Du reste le mot même de polyacceptance me semble déborder de dépit, de fatalisme, de résignation.

Sanslescornes
En revanche, après avoir lu de nombreux topics, où les témoignages sont foison, je crois bien que je n'ai jamais lu personne se plaindre du train-train quotidien.

C'est pourtant ce qui tue de nombreux couples à petit feu.

Sanslescornes
Être confronté à devenir polyacceptant est l'occasion d'un nécessaire questionnement intérieur profond. Pour ce qui me concerne, c'est extrêmement violent, je découvre des trucs cachés, probablement des traumatismes psychologiques vécus durant ma toute petite enfance.

Oui c'est exactement cela qui est violent (bien +que les histoires d'ego).

Et c'est toute la question sous-jacente à ce qui se passe quand un des membres d'un couple décide seul d'ouvrir le couple.
- en quoi c'est dans tous les cas légitime, quand il s'agit de soi
- en quoi c'est parfois légitime, quand il s'agit de faire bouger l'autre, ou le couple, dans son immobilisme plombant
- en quoi c'est parfois du pur égoïsme, qui juste ne prend pas l'autre en compte
- en quoi c'est parfois de la lâcheté
- etc

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Sanslescornes

le dimanche 22 septembre 2019 à 13h28

Merci à vous deux pour vos réponses. Je ne vais pas immédiatement réagir, sauf sur un point.

L'annonce meetic. C'est du second degré. Il ne faut pas prendre le texte au pied de la lettre, c'est juste de l'autodérision.

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Sanslescornes

le lundi 23 septembre 2019 à 07h31

Merci à tous qui avez pris le temps de me lire et de me répondre avec empathie et bienveillance.

Je reviens plus longuement sur le passage de mon annonce meetic, qui a interpellé à la fois @cactus et @artichaut.

Comme je l'ai dit rapidement après avoir lu vos réponses, c'était du second degré. Maladroit puisqu'il n'a pas été perçu comme tel. Vous m'en voyez désolé. J'ai mis tout ce qu'il ne fallait pas que je fasse dans ce passage, dans le but de dédramatiser et de montrer que je ne suis pas prêt à sauter le pas.

@cactus

D'autre part, je ne crois pas que tu aies à te dévaloriser 

Je l'ai toujours fait. La crise que nous traversons m'en a fait comprendre les raisons. En psychologie, cela se rapporte à la théorie de l'attachement. En gros, la façon dont nos parents nous ont éduqué conditionne nos comportements adultes, y compris sexuels. Identifier et comprendre le problème est un grand pas vers sa résolution.

tu serais peut-être surpris de recevoir des réponses malgré tout.

C'est fort possible. On verra bien …

La pénétration n'est pas la condition sine qua none pour prendre son pied au lit, et heureusement.

Je m'en rend compte avec ma chérie. C'est un vrai bonheur. Le BDSM est une manière d'aborder le problème sous un autre angle.

Et satisfaire ton besoin bdsm ne signifie absolument pas que tu la délaisseras, on fait l'amour différemment avec nos amours parce qu'ils sont différents les uns des autres.... enfin, c'est mon cas.

Lors de nos dernières discussions, ma chérie en a pris conscience. Cela l'a rassuré et lui fait accepter le fait que moi aussi, je puisse avoir une relation extra-conjugale. Non pas par simple respect du principe d'équité, mais exactement pour les mêmes raisons qui la poussent dans cette démarche. Elle se croyait en concurrence sexuelle, mais ça ne serait absolument pas le cas. La vraie concurrence est sentimentale. Quelle place ces amours «  satellites » vont-elle prendre dans nos vies ?

S'il est nécessaire que ça aille plus lentement pour débuter afin que tu apprennes à mieux le vivre, c'est je pense important qu'elle en tienne compte. Je ne sais que trop bien que c'est difficile de se freiner dans ses envies... mais c'est probablement nécessaire pour que ça tienne sur la durée.
Aller à la vitesse du plus lent...

On en a discuté. Mais c'est un peu dans le vide, tant que X reste virtuelle. Au passage, hors de question de continuer à l'appeler X une fois qu'elle aura pris une réalité. Ça dépendra aussi de ses disponibilités, de sa localisation géographique, de son implication amoureuse. Mais ce n'est pas forcément gagné pour autant.

 

Ton post respire le respect de ta chérie, la réflexion, la lucidité mais aussi l'envie de travailler sur toi et la conscience de comment les amours plurielles nous font comprendre qui nous sommes et comment nous fonctionnons.
Ce n'est pas le cas de tous les post du forum malheureusement...

Je suis à peu près certain que la grande majorité des gens qui se retrouvent en demeure d'accepter le polyamour sont dans ma situation. Ils n'auraient jamais imaginé y être confronté un jour. Cela génère différents comportements, mais qui ont tous la même origine: le stress. Tu te retrouves en un instant plongé dans une réalité que tu n'avais absolument jamais envisagée, qui te touche émotionnellement et sentimentalement. Cela déclenche un stress aigu.
C'est une réaction purement animale, générée par notre cerveau reptilien, celui qu'on a hérité des dinosaures, et qui est responsable de nos fonctions vitales : respirer, faire battre le cœur etc. Quand un danger a été détecté, il n'y a pas le temps d'analyser ce qui arrive. Le cerveau reptilien prend le dessus et génère du stress.

Il y a trois réactions primaires au stress : l'agressivité, la fuite et la résignation. Si on analyse les comportement des personnes mises en situation d'accepter le polyamour, je suis sûr qu'on peut les faire rentrer dans ces cases à 99%.

Ma formation professionnelle m'a appris à reconnaître et à gérer le stress, parce que si je me contente de ces réactions primaires, il va y avoir des catastrophes. C'est pour cela je pense que ma réaction est un peu différente de celle de la majorité.

@artichaut

C'est à vous de vous définir comme vous le voulez, avec les mots qui vous convient.

Pour moi, les choses étaient simples :
Polyamoureux : personne qui éprouve des sentiments amoureux pour plusieurs personnes.
Polyacceptant : personne qui accepte que son conjoint puisse avoir des sentiments amoureux pour plusieurs personnes.

C'est important de s'entendre sur le vocabulaire, pour mieux se faire comprendre.

ça peut demander du travail (soigner son profil, soigner son physique, questionner sa manière de rencontrer, remettre en cause ses critères de recherche,…).

Ça ne peut pas me faire mal, quelle que soit l'évolution de la situation.

 

aller explorer le BDSM, me semble une bonne manière de questionner le sexisme qui est en nous…

Difficile pour moi de distinguer au travers de ce propos si tu estimes que le BDSM est sexiste ou non. J'aurais beaucoup à dire sur le sujet, mais le faire ici me paraît faire dévier le topic.

Tu ne te contente pas d'être dans la colère, mais tu va toujours chercher plus loin.

Cela procède de la réaction au stress dont j'ai parlé plus haut.

De nombreuses personnes, et c'est légion sur ce forum, semblent n'aller vers la poly (acceptance) que par dépit.
Du reste le mot même de polyacceptance me semble déborder de dépit, de fatalisme, de résignation.

Comme si on avait le choix !

Dans mon cas personnel, je ne l'ai clairement pas. J'ai demandé à ma chérie si elle accepterait une relation strictement mono si je le lui demandais. Sa réponse est sans ambiguïté, c'est non. Elle me tromperait. J'ai le choix de porter ou non des cornes (d'où le pseudo). Point barre.

J'ai lu sur ce site un article qui traite de la manière d'envisager les relations polyamoureuses. Pour faire simple, la manière libertaire et la manière altruiste. Il me semble qu'avec ma chérie nous soyons en décalage sur cette façon de voir les choses. Elle place sa liberté avant tout, et moi je pense plutôt à son épanouissement. Je pense qu'il va falloir travailler là-dessus.

C'est pourtant ce qui tue de nombreux couples à petit feu.

Exactement. Et pour ce que j'en ai lu, ça ne semble pas être le cas des relations polyamoureuses.

Nous avons décidé de ne pas brusquer les choses. Aujourd'hui, je crois que nous sommes allé au bout de ce qui pouvait être conceptualisé. Quand une situation concrète se présentera, on verra comment on la gérera. Je m'y suis préparé du mieux que j'ai pu. J'ai toujours des craintes sur ce qui va arriver, en grande partie parce que je ne peux pas faire grand-chose pour prendre le contrôle de la situation. Un peu comme si tu es dans un avion qui part en piqué. Ton cerveau reptilien te hurle que tu es en danger, et tu dois faire confiance au pilote. C'est ma chérie le pilote. Je dois lui faire confiance pour gérer au mieux la situation. Je sais qu'elle fera au mieux.

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