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Après le couple, réinventer la famille

Famille
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tentacara

le dimanche 02 juin 2013 à 09h05

Salut,

De même que la vie de poly demande d'exposer explicitement sa conception de la relation amoureuse, lorsque l'on se lance dans un projet familial poly (à 1, 2, 3, etc.) il est indispensable de tracer avant tout les contours de ce que l'on entend par "famille".

Beaucoup d'entre vous ont pu constater la difficulté d'intégrer la déconstruction du modèle amoureux dominant à chacune de ses relations, eh bien déconstruire le modèle familial dominant (deux adultes vivant ensemble avec enfants) me semble élever la difficulté au carré.
En effet, la relation amoureuse implique avant tout deux adultes qui choisissent ensemble les "modalités" de leurs relations.
En revanche, créer une famille, particulièrement poly, c'est prendre sur soi la responsabilité de la construction et de la sécurité affective des enfants.

Alors vivre sous le même toit ou non ? Quel statut pour les amoureux-ses de longue date non parents biologiques ? Et pour les amoureux-ses récent-e-s ? Qu'advient-il de ce lien après une séparation ?

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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lam

le lundi 03 juin 2013 à 17h53

Je me pose pas mal de questions à ce sujet, et dans mes projections de co-parentalité j'inclus aussi la possibilité d'être co-parente avec d'autres qui ne sont pas/ou n'ont pas forcément été "mes" amoureuses-x.

J'aime bien ta définition de "famille": groupe de personnes qui prennent ensemble la responsabilité de la construction et de la sécurité affective des enfants.

Pour illustrer ma vision, j'imagine une famille centrée autour des enfants, pas autour des relations entre les adultes co-parents. Donc avec des accords entre les co-parents qui concernent les enfants (responsabilité légale, quotidien, éducation, vacances,...), et qui prennent en compte la nature de leurs relations en fonction des enfants.

C'est à dire par exemple que si je suis co-parente avec d'autres, un nouvel amour dans ma vie n'aurait aucun droit de réclamer une part de parentalité comme lui étant due par le fait qu'ielle a une relation avec moi, mais pourrait éventuellement (selon si cela est possible d'après les accords entre co-parents d'une "fratrie") faire une demande de parentalité au collectif de co-parents existants. Pour moi cette personne ne devrait en théorie pas avoir plus de chances d'intégrer le collectif de co-parents que si ielle n'était pas l'amoureuse-x de quelqu'un-e ou de plusieurs personnes de ce collectif.

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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(compte clôturé)

le lundi 03 juin 2013 à 18h05

Compliqué tout cela. Moi aussi j'aurai aimé à une époque élevé les enfants issus de deux relations différentes mais bon, la réalité en a décidé ainsi. En tout cas, c'est évidemment plus simple de former une famille "standard". Toutefois, les enfants d'un partenaire peuvent bénéficier des bienfaits d'un autre partenaire, enfin je crois. Il peut même se créer une certaine "complicité", non ? En tout cas, c'est ce à quoi j'aspire pour mes enfants (ados), qu'ils aient un bon contact avec mes relations extérieures qui peuvent apporter autre chose que papa et maman... enfin je crois ?

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Cendre

le lundi 03 juin 2013 à 19h06

Si en fait, j'ai une histoire à raconter à propos de ça.

Mes grands parents maternels, M. et Mme T avaient de très vieux amis, M. et Mme D.
Il y a plus de 10 ans, alors que je subissais les secousses de ma première expérience polyamoureuse, que je m'en étais un peu ouvert à ma mère, celle-ci m'apprends que les T et les D se sont sûrement frottés au polyamour. Ma mère me dit, à l'époque « L'important, c'est de savoir avec qui ont fait les enfants ».
Je me souviens, petite, d'avoir passé de longues après midi à jouer chez M. et Mme D. C'était vraiment une amitié au long court...

Et cet hivers, je suis sciée d'apprendre un nouvel élément à ce propos :

Ma mère est médecin, a longtemps été médecin généraliste libérale.
Sa mère (Mme T ma grand mère) était femme au foyer (bien que psychanalyste)
Son père (M. T mon grand père) tenait un cabinet de médecine, avec un associé, puis avec ma mère.

Au moment de choisir sa carrière, de choisir de reprendre la clientèle de l'ancien associé de mon grand père, ce n'est pas ma grand mère qui a soutenu ma mère dans son projet, mais Mme D. Ma grand mère aurait plutôt été de penser que médecin libéral, c'est un métier d'homme, pas très seyant pour s'occuper correctement d'un ménage.
Mais il y avait Mme D, cette amie de la famille, pour donner le coup de pouce qu'il fallait pour que ma mère monte son entreprise.

Et là j'ai réalisé que s'il y avait eu polyamour (fait non avéré, difficile à consolider, mais on fait avec les hypothèses qu'on a), il y avait eu également une forme de co-éducation, avec un rôle assez fort de M. et Mme D auprès des enfants de M. et Mme T, assez pour intervenir dans un choix de vie.
Le tout sous des apparences très classique d'amitié très proche entre deux couples, des habitats proches, deux maisons de vacances à 100m l'une de l'autre où on va passer 4 semaines chaque été...

L'environnement de sécurité affective dans lequel évolue un enfant ne se limite pas à ses parents, et heureusement. Il y a là des adultes pérennes, d'autres de substitution plus courte (je pense aux enseignants, moniteurs, etc..., mais ça peut tout à fait être une relation d'un des parents).
J'aurais tendance à faire confiance à tout ce petit monde pour que chacun fasse au mieux, tant que l'intérêt de l'enfant n'est pas trop perdu de vue.
Mais c'est sûrement une réponse dictée par le fait que d'une, je suis dans une phase "je fais confiance à tout le monde" et deux, que je n'ai pas moi-même d'enfant.

Je vous souhaite de trouver les réponses qui vous conviendront le mieux, pour tout le monde, que la Choupette puisse continuer à avancer aussi joliment dans sa vie.

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Katouchka

le lundi 03 juin 2013 à 21h53

Je me sens tellement concernée par ce sujet.
J'ai moi-même 3 pères et 3 mères.
J'explique:
Des parents biologiques qui ont divorcé à mes 3 ans. Chacun étant remarié de son côté.
Des parents "adoptifs" qui m'ont élevés parallèlement à mes parents biologiques.
Bon, il est vrai chaque couple vivait chacun chez soi et comme tout enfant de divorcés j'ai eu le fantasme de tous les réunir sous le même toit (les 6). D'ailleurs, il m'arrive de réussir à le faire (mais jamais tous les 6). En général, ça ne se passe pas trop bien parce qu'ils n'ont rien à voir les uns avec les autres! :)
En tous cas, force est de constater que je suis le produit de l'éducation de ces 6 parents qui ont eu plus ou moins d'influence sur ma vie. Et j'ai eu cette chance dans ma vie qu'on ne m'ait jamais imposé ni les uns et les autres comme parents ni de choisir entre les uns et les autres. J'ai choisi par exemple de ne plus voir mon père biologique pendant 10 ans (de 10 à 20, avec une coupure au milieu) et ni lui ni personne ne l'a empêché ou suggéré. J'ai choisi d'habiter chez mes parents adoptifs à l'âge de 15 ans et personne ne m'en a empêché et je remercie tous mes parents d'avoir toujours respecté mes voeux.
C'est parfois un peu difficile de passer des uns aux autres, c'est pourquoi quand j'étais petite, j'aurais aimé que chacun puisse s'entendre et vivre sous le même toit. Mais avec le recul, je vois bien que cela m'a donné cet énorme pouvoir de m'adapter à toutes sortes de situations et de milieux différents. Notamment je pense que j'ai pu accepter le polyamour de mon chéri grâce à cette expérience et moi-même devenir poly à mon tour.
Par ailleurs, je ne sais pas si tu as bien saisi que dans mon histoire, Tentacara, aucun de mes parents n'a vraiment eu le contrôle sur qui sera ou pas un parent pour moi. Les relations se sont tissées selon les personnes, les circonstances. Personne ne les a imposées, personne ne les a empêchées. Pour moi c'est ça qui compte. Ma mère aurait bien voulu peut-être que je considère mon beau-père comme un père mais ce ne fut jamais le cas. Par contre, elle a trouvé bizarre que je considère comme mon père le mari de ma nourrice. Mais elle a laissé cette relation s'épanouir.
J'espère que mon expérience aura pu t'apporter un éclairage, même si ce n'était pas vraiment du polyamour.

Juste pour finir, ce week-end, j'étais chez mon autre amoureux et sa compagne avec mon fils. Lui-même a deux fils. Et bien cette famille recomposée était bien charmante. Les enfants se sont bien amusés, naturellement ils ont trouvé leurs marques. Je pense qu'on aurait pu, entre gens intelligents, se multiplier encore plus... Pourquoi pas? Être nombreux sous le même toit, partager l'éducation des enfants à plusieurs me permettrait enfin de réaliser mon fantasme de petite fille tout en apportant à ces enfants cette merveilleuse ouverture d'esprit et capacité à s'adapter dont j'ai pu bénéficier.

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tentacara

le mardi 04 juin 2013 à 15h18

Merci pour vos réponses qui donnent à réfléchir et merci de partager vos vécus. Je réfléchis, donc, et je reviens :)

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Mapaul

le mardi 04 juin 2013 à 16h03

Salut, resalut (5 juin) - voilà une technique étrange qui consiste à permettre d'enregistrer les messages, mais à les publier quand même (me suis faite avoir :-) - désolée.

Voilà un sujet qui m'intéresse vivement et je vais tenter de suivre ce sujet qui me tient particulièrement à coeur.

lam
Pour illustrer ma vision, j'imagine une famille centrée autour des enfants, pas autour des relations entre les adultes co-parents. Donc avec des accords entre les co-parents qui concernent les enfants (responsabilité légale, quotidien, éducation, vacances,...), et qui prennent en compte la nature de leurs relations en fonction des enfants.

Je suis assez d'accord avec cette vision des choses. Toutefois, dans ce genre de configuration, si une nouvelle amoureuse arrive, elle-même dotée d'enfant(s), les liens peuvent tout de même se créer et des relations qu'on peut ne pas nommer "parentales" mais qui sont des liens de confiance entre un enfant et un adulte peuvent se créer..;mais, je crois bien que c'est tout le sens du témoignage au dessus de mon propre message...

Bon, j'ai du mal à suivre...Je vais lire avant d'écrire. Vous dégainez vite quand même :-)

Merci pour ce sujet en tout état de cause.

Bien à vous et au plaisir.
Mapaul

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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Geraldin-e

le mardi 04 juin 2013 à 16h07

Je vois deux manières d'aborder la question :
1. Sur le plan humain de "base" : choix éducatifs, partages des tâches, engagement..., rien de bien différent de ce qui se passe dans un couple mono ou famille élargie, recomposée.
2. Sur le plan des choix "politico-philosophiques", de la façon collective de s'organiser : c'est un peu comme la question du couple (l'élargir ou inventer/affirmer autre chose). Pour moi, a priori, le polyamour "oblige" à inventer autre chose que ce qu'on entend par famille habituellement, et donc le mot famille, trop connoté, ne convient plus guère. Par exemple, la filiation biologique n'a plus d'importance, n'a plus de sens, et même ce serait plus pertinent, comme le dit Lam, de conclure un accord d'engagement envers les enfants détaché du fait qu'on soit amoureuse-x ou pas.

Mon expérience dans les années 90 a été celle d'une communauté de vie polyamoureuse (entre autres), avec 9 adultes pour deux enfants.
Chacun.e était mère et père des enfants en théorie (pour les pères bio, on ne savait d'ailleurs pas trop lesquels c'était, et on s'en moquait), et ça ne posait pas trop de problème dans le principe. Perso, je n'étais pas le géniteur bio (étant arrivé après), et aucun problème (sur le principe, pour ce qui est de l'expérience de vie, de la maturité perso, c'est autre chose bien sûr).
Evidemment, il y avait tous les problèmes et complications du point 1. (facteurs humains) comme tout le monde, mais le changement "d'organisation" passait plutôt bien. Et les enfants étaient heureux d'avoir plusieurs parents, divers, avec toujours quelqu'un.e de dispo !
Dans le principe, une nouvelle personne intégrant cette communauté devenait elle aussi co-parent. Evidemment, si l'aventure avait continué, il aurait alors fallu créer une autre communauté, indépendante, car une communauté avec nos principes à 20 ou 30 ensemble n'était pas possible.
Au moment de la séparation, ça a été la cata, trop de conflits, incompréhensions, passions... Comme un divorce qui se passe très mal. La plupart du temps on n'avait pas été à la hauteur pour continuer malgré tout l'engagement auprès des enfants.
Et ce qui est embêtant (un peu comme pour les couples homo) en cas de conflit, drame, c'est que les lois ne reconnaissent comme parents que les parents bio patentés.

Au passage, avec cette configuration détachée des histoires de filiations bio, de parfois l'obsession d'avoir "son enfant à soi" (avec au moins une part de SES gènes), plus de problème pour les personnes stériles (plus besoin de fécondation in vitro, de "mère porteuse", etc.), pour les homos et autres. Tout le monde peut être parent, à sa manière et à son rythme. Et ça devrait peut-être limiter aussi, en théorie, les phénomènes de chosification des enfants et autres dérives (violence, infériorisation, enfants rois...) vu que la parentalité, l'enfant, bénéficient du regard de plusieurs personnes ?
Ca rejoint les vies où deux couples homos (lesbiennes + gays) s'associent pour être parents ensemble (sauf que là il s'agit encore de couples).

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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tentacara

le mardi 04 juin 2013 à 18h05

Il y a plein de choses sur ce fil auxquelles je voudrais répondre, mais dans le message de Geraldin-e, quelque chose m'interpelle :

Il y a une association de deux concepts distincts dans l'expression "filiation biologique". La filiation est une notion juridique qui reconnaît aux parents, quels qu'ils soient, le droit de décider de l'environnement de l'enfant, de prendre pour lui les décisions déterminantes de sa vie, mais surtout les responsabilités inhérentes à sa sécurité matérielle et affective, sa santé, son développement psychologique et la qualité de son éducation.
Le terme "biologique" désigne l'origine de la conception et de la gestation de l'enfant.

La filiation biologique désigne donc prioritairement les géniteurs de l'enfant comme ses parents au regard de la loi.
A notre époque, où tous les moyens nous sont donnés de ne pas engendrer quand on ne le désire pas, cette notion prend à mon sens, et contrairement à ce qu'a l'air de dire Geraldin-e, toute sa signification, puisqu'elle s'enrichit de la présomption du désir d'enfant, soit un élément psychologique qui justifie la responsabilité des parents.

En d'autres termes, lorsque j'ai fait un enfant avec l'un de mes compagnons, c'est parce que nous le désirions tous les deux. Nous avons proposé à mon autre compagnon de nous suivre dans cette aventure en lui réservant une place privilégiée auprès de notre fille, une place pérenne et indépendante de nos liens amoureux. Il a en outre la possibilité de prendre le temps d'avancer à son rythme dans la prise de responsabilités au sein de la famille.
Selon la définition de Geraldin-e, cela ferait donc de mon second compagnon un parent de notre fille au même titre que ses parents biologiques.

Oui, sauf que non.

Nous n'avons pas le loisir devenir parents à notre rythme. C'est le rythme de l'enfant qui fait de nous ses parents. Les responsabilités pèsent sur nos épaules, chaque jour, de garantir sa santé, sa sécurité et son bonheur (dans la mesure où il dépend de nous), sans délai possible, sans négociation.
Fonder une famille, c'est ça : c'est tout, tout de suite, et c'est une question de survie.

En outre, et dans l'intérêt de cet enfant, le couple que nous formons son père et moi, non pas tant comme amoureux, mais comme partenaires, la qualité de notre relation, de notre dialogue, tout cela est primordial. Certes, les enfants survivent à des parents qui se disputent ou se séparent. Mais notre rôle c'est de leur offrir le meilleur environnement affectif possible.
C'est pour ça qu'on ne fait pas un enfant avec n'importe qui. Les relations entre les adultes comptent pour beaucoup dans la construction affectives des enfants. Même si on peut s'en sortir malgré un environnement instable.

Être parent, ce n'est pas QUE vouloir un enfant, ce n'est pas QUE le concevoir, ce n'est pas QUE être reconnu par la loi et investi de la responsabilité de sa vie. C'est tout ça à la fois. Il ne suffit pas d'être là. Être parent, c'est prendre à bras le corps cette responsabilité, c'est craindre de se tromper à CHAQUE décision qu'on prend, c'est vivre tous les jours avec la trouille qu'il arrive quelque chose de grave.
Il ne suffit pas de transmettre ses gènes, cela crée des contraintes quotidiennes, des entraves à la liberté qui font que parfois, on doit rester à la maison à regarder vomir son enfant plutôt que de sortir avec sa nouvelle copine, on doit, on doit, on doit.

Et parfois, quand l'équipe de partenaires fonctionne bien on peut avoir une vie sociale trépidante, on peut mener de front trois histoires d'amour, on peut, on peut, on peut.

Mais être parent, ce n'est faire ce qu'on peut qu'une fois qu'on a fait ce qu'on doit.

C'est loin d'être aussi simple que filiation biologique ou pas.

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Clown_Triste

le mardi 04 juin 2013 à 18h11

tentacara
[...]
Être parent, ce n'est pas QUE vouloir un enfant, ce n'est pas QUE le concevoir, ce n'est pas QUE être reconnu par la loi et investi de la responsabilité de sa vie. C'est tout ça à la fois. Il ne suffit pas d'être là. Être parent, c'est prendre à bras le corps cette responsabilité, c'est craindre de se tromper à CHAQUE décision qu'on prend, c'est vivre tous les jours avec la trouille qu'il arrive quelque chose de grave.
Il ne suffit pas de transmettre ses gènes, cela crée des contraintes quotidiennes, des entraves à la liberté qui font que parfois, on doit rester à la maison à regarder vomir son enfant plutôt que de sortir avec sa nouvelle copine, on doit, on doit, on doit.

Et parfois, quand l'équipe de partenaires fonctionne bien on peut avoir une vie sociale trépidante, on peut mener de front trois histoires d'amour, on peut, on peut, on peut.

Mais être parent, ce n'est faire ce qu'on peut qu'une fois qu'on a fait ce qu'on doit.

C'est loin d'être aussi simple que filiation biologique ou pas.

Après on se demande qui peut bien avoir envie d'un tel truc ! (Ah, on me souffle dans l'oreillette qu'avoir un enfant comporte aussi un certain nombre de joies, d'apprentissages, de souvenirs mémorables et de plaisirs uniques. Ouais, j'demande à voir...)

C.T.

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tentacara

le mardi 04 juin 2013 à 18h30

C'est aussi des joies, des émerveillements, des fiertés, des tendresses, des bouffées d'amour absolument insoupçonnables tant qu'on ne les a pas vécus. Cela demande juste d'aimer le ou les enfants.
Mais ces aspect-là sont bien plus faciles à partager que les contraintes et les responsabilités.

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tentacara

le mardi 04 juin 2013 à 19h14

Je me permets de reprendre ici ce que RIP a dit sur un autre fil et qui exprime bien mieux (et plus simplement que moi) mon questionnement :

RIP
Je pense que tu exprimes bien à ta manière nombres de questions qui peuvent toucher à cette fragilité. Elles concernent cependant le couple sur lequel repose la famille. Peu importe le degré d'exclusivité du couple, de forte à nulle, ces questions se posent comme ce qu'il peut rester de l'affection des époux l'un pour l'autre après des années.

Personnellement, le degré d'exclusivité, forte ou nulle, n'est pas la principale question pour nourrir l'affection dans le temps. Cela concerne davantage une attitude face à la temporalité, à sa répétitivité, etc. Il faut pouvoir cependant se poser la question.

Quoi qu'il en soit, toutes les couples - quels qu'ils soient - se pose des questions sur l'impact de l'équilibre de leur relation sur celui de leur vie de famille lorsqu'ils en ont une à charge. Et, en ce qui me concerne, je doute qu'il soit un jour possible de trouver de réponses définitives, qu'il faut donc pouvoir prendre soin d'une famille sans pouvoir répondre à toutes les questions que peuvent poser une relation de couple.

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Geraldin-e

le mardi 04 juin 2013 à 23h02

D'accord avec Tentacara pour ce qu'est être parent.

Oui, c'est bien parce être parent c'est essayer d'être tout ça, d'assumer toutes ces responsabilités et ces engagements, que la filiation biologique n'a pas d'importance d'un point de vue humain (hors les lois). Les adultes géniteurs bios peuvent s'avérer être très dépassés malgré leur éventuel désir de départ. Et des adultes n'ayant aucun lien bio avec les enfants, et même sans forcément de liens amoureux entre eux, et même en s'engageant avec des enfants ayant déjà quelques années, peuvent être très doués et engagées.
Tout dépend... Tout dépend des personnes. Tout dépend du type de désir d'enfant ? Si c'est juste pour faire comme tout le monde, ou pour tenter de récupérer son couple ou sa communauté, pas sûr qu'on soit de bons parents.

Sinon, s'il y a plusieurs co-parents, ça sera plus facile, plus "complet", si iels vivent ensemble. Mais si bonne organisation, d'autres formules devraient marcher aussi ?

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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oO0

le mardi 04 juin 2013 à 23h57

Salut Tentacara,

même si, pour moi, la famille une question annexe au sujet du forum, c'est le sujet du forum qui est une question annexe dans l'existence. Il y a une forme d'héroïsme quotidien dans une vie de famille. Ce qui en fait l'héroïsme, c'est que les échecs y sont tragique, ce qui me semble tout dire des succès.

Sinon, si je m'exprime, c'est que lorsque je défendre la monogamie comme un choix de vie de famille et non de vie amoureuse, je n'ai pas envie que cela passe implicite pour une confusion entre polyfamille et polygamie. Même si j'ai apprécié la série "Big Love", par exemple, je ne me sens pas à l'aise avec la polygamie et je ne voudrais pas générer ce même malaise.
_______________

Pour ma part, j'ai l'impression que les concepts de monogamie et polygamie ne suffisent pas à appréhender la réalité car ils reposent sur un continuum entre sexualité, reproductivité et parentalité. (Un partenaire sexuel est un partenaire reproductif à vocation parentale - point barre.) L'usage des termes est d'ailleurs très répandu en biologie animale où seules de rares espèces, dont l'espèce humaine, manifeste une sexualité non reproductive. Cependant, même en biologie, tous les partenaires reproductifs n'ont pas vocation parentale, ce qui est aussi le cas dans des société matriarchale qui pourrait être dites polygames, mais dont les rôles de géniteurs et de parents ne coïncident pas.

La sociologie de la famille semble ainsi désormais préfèrer s'articuler aux concepts de parentalité et de famille : monoparentalité, co-parentalité, etc. ; familles recomposées, d'adoption, etc. - même si implicitement elle a pour norme la famille traditionnelle dite monogame ou encore polygame, soit la tradition d'un continuum sexualité-reproductivité-parentalité.

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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oO0

le mercredi 05 juin 2013 à 00h16

Merci Tentacara.

J'avais pas vu que tu avais repris une de mes réponses. Cela me fait plaisir, très plaisir.

Affectivement, la vie de famille et de couple de mes proches me touche beaucoup plus. Je sais ce que c'est que d'avoir été enfant avec eux ou leur enfant, ce que c'est que d'être adulte et que cela n'a rien avoir avec les êtres invulnérables qu'il est possible de s'imaginer à l'enfance. Cela va bien au delà des proches de mon cercle amical ou familial en fait.

Bref, j'ai envie d'en rajouter une couche sur l'héroïsme quotidien d'une vie de famille. L'existence humaine a besoin d'enfance, d'enfants et ce n'est pas seulement une nécessité reproductive. Bien que le monde soit dangereux pour eux, leur présence minimise les comportements dangereux. Leur présence pacifie, même si leur cris peuvent à l'occasion ... Il y a nécessité, certes, mais ce n'est pas un argument suffisant, pas plus que l'argument de leur présence pacificatrice. Je ne vois pas d'argument suffisant et c'est ce qui me semble d'autant plus héroïque, non pas dans le sens d'une gloire héroïque, mais plutôt un héroïsme existentiel tel que celui de Sisyphe qui trouve sa joie à remonter sa pierre sans savoir pourquoi il lui faut remonter sa pierre, bref, l'héroïsme de la joie face à l'absurde, sans jamais être sûr d'avoir fait le bon choix.

Ce qui suffit, c'est la présence d'une nouvelle personne en devenir qui fait sens de par sa présence.

Comme Sisyphe, il faut trouver une certaine force morale pour savoir avancer sans autres réponses que le fait accompli de sa présence, avancer dans ce que l'existence à de plus absurde. Pourquoi naître et mourir, donner en même temps naissance et une mort prochaine certaine ? Je ne sais pas s'il y a des réponses, je ne vois de sens qu'entre la naissance et la mort, le sens que les personnes se donnent la peine de donner à leur existence. Enfin, la mort, j'en vois bien un, elle impose une certaine humilité qui serait probablement impossible avec l'éternité. Entre le début et la fin, des histoires qui se croisent et se décroisent. Et là où il n'y a pas de sens, la seule présence fait sens dans le silence.

Moi, je ne me sens pas à la hauteur, non faute de réponses que je n'attends pas, mais du quotidien et j'imagine que c'est impossible de se sentir à la hauteur tous les jours d'où, encore une fois, un certain héroïsme à relever le défi de situations qui peuvent sembler impossible.

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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LuLutine

le jeudi 06 juin 2013 à 02h30

Dans "Island", d'Aldous Huxley, dont un amoureux m'a parlé, les enfants sont éduqués par le groupe plutôt que par leurs géniteurs (même s'ils peuvent aussi être éduqués par leurs géniteurs, bien sûr). Si je me souviens bien, ils peuvent eux-mêmes choisir avec qui ils veulent habiter, passer du temps etc. Un autre modèle, en somme.

Je ne connais pas les détails, mais les pages wikipedia sont là :

En français : "les enfants ont la possibilité de s'appuyer sur des adultes qui ne sont pas leurs parents biologiques"

En anglais : "Group living (in the form of Mutual Adoption Clubs) so that children would not have unalloyed exposure to their parents' neuroses"

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alps

le jeudi 06 juin 2013 à 11h38

rip
La sociologie de la famille semble ainsi désormais préfèrer s'articuler aux concepts de parentalité et de famille : monoparentalité, co-parentalité, etc. ; familles recomposées, d'adoption, etc. - même si implicitement elle a pour norme la famille traditionnelle dite monogame ou encore polygame, soit la tradition d'un continuum sexualité-reproductivité-parentalité

C'est un peu normal que la sociologie fonctionne de la sorte. Parce que justement elle traite de la réalité sociale. Des faits sociaux. Elle ne peut pas présenter la realité sociale autrement que de par les faits. Sinon ce n'est plus une science. Son role n'est pas d'inventer de nouvelles normes. Ca c'est à l'humain de le faire. Et à la sociologie de les etudier.

Si tu lis un livre de socio qui va te parler d'une société utopiste. Tu peux conclure assurément qu'il ne s'agit pas de sociologie au sens scientifique. Ca revient à discuter de biologie en partant d'un fonctionnement chimique qui ne correspondrait pas aux faits observés. Ce n'est plus de la biologie au sens scientifique. si ce dont on discute n'est pas observé.

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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oO0

le jeudi 06 juin 2013 à 15h18

:-/
Qu'est-ce que je suis CON !
:-(
Il s'agit - comme le titre du fil l'indique - de réinvention et je ne faisais que proposer mon point de vue sur l'état des conceptions disponibles et leur évolution.

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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alps

le vendredi 07 juin 2013 à 10h27

RIP
:-/

Qu'est-ce que je suis CON !

:-(

Il s'agit - comme le titre du fil l'indique - de réinvention et je ne faisais que proposer mon point de vue sur l'état des conceptions disponibles et leur évolution.

Message modifié par son auteur hier à 15h.

Sans vouloir troller. je souhaitais juste faire remarquer qu'on ne pouvait pas reprocher à la sociologie de ne pas traiter des normes speculatifs qui ne sont pas encore devenus des faits socios. Comme on ne peut pas reprocher à la physique de ne s'interesser qu'à la chimie du carbone.
Pour moi c'est un mauvais procès.

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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