Polyamour.info



Les messages appartiennent à leurs auteurs. Nous n'en sommes pas responsables.

Merci de consulter notre charte de discussion pour connaître les règles qui régissent les conversations sur ce site.

Réaction des gens

Famille
#
Profil

DaliDream

le jeudi 06 mars 2014 à 20h59

Salut,
récemment mon copain a avouer à mon père qu'il était poly. Mes parents sont assez conventionnels et conservateur et j'habite encore chez eux, je n'ai pas encore terminé les études...
Après le verre à déborder avec mon copain et moi parce que j'ai longtemps renier la polyamour, en espérant qu'il ne regarde que moi. Mais à un moment, je me suis dit que je ne pouvais pas le perdre, nous sommes ensemble depuis plus de 3 ans et nous avons toujours été bien ensemble et complice... donc je travaille présentement ma jalousie et ma dépendance affective. Le changement peut être dure au départ, mais ce sera pour le mieux... mais bon. Pour revenir avec mes parents... On a décider de se remettre ensemble, mais préférablement en cachette de nos deux familles parce qu'ils nous arracheraient la tête (pas littéralement :P). Mais ca me fait tout de même quelque chose de mentir à propos de ca... vivre dans l'ombre...
On s'est parler très longtemps et je suis prête à faire des effort, comme lui il est près à faire des efforts...

Quelqu'un a des expériences liés à la réaction de ses proches ?

DaliDream

#

(compte clôturé)

le jeudi 06 mars 2014 à 22h39

Ma mère considère que je suis égoïste, que je suis complètement folle et que je ne me choque plus de rien. Bon voilà. Elle a perdu une fille amie et complice pour trouver une fille qui l'évite et ne prend plus aucun plaisir aux réunions de famille. Les liens ne sont pas coupés complètement mais c'est plus ça. Mon fils ainé aussi, mais ce n'est pas la seule raison (il a 23 ans).
Question réactions, c'est un résumé.

#
Profil

LuLutine

le vendredi 07 mars 2014 à 03h16

Pour ma part j'ai volontairement évité d'y aller au bulldozer. (Comme j'ai un peu l'impression que l'a fait ton copain, DaliDream - mais je peux me tromper.)

Je laisse des indices. Je fais des allusions. Plus ou moins claires selon la personne en face (ce choix-là - d 'être plus ou moins explicite - se fait au feeling, en fonction de ce que je connais de la personne).

Auprès de certains amis, cela déclenche des questions et je peux alors leur expliquer les choses. En général ça se passe bien (avec la réaction classique : "C'est cool si ça te convient, en revanche ça ne serait pas du tout mon truc !").

D'autres ne réagissent pas ou peu, ou disent que ça ne les intéresse pas. Alors je n'insiste pas.
Il y a le cas particulier d'un ami qui n'avait pas compris, pas entendu en fait, son esprit avait zappé la chose. Il n'était sans doute pas prêt à l'entendre, me suis-je dit. Non c'est pas vrai. En fait ça me travaillait et c'est Françoise* qui me l'a dit ^^ : "Il n'est pas prêt à l'entendre, n'insiste pas." (Françoise est de très bon conseil :) )

Quelques mois plus tard, comme je savais quand même cet ami très ouvert d'esprit, j'ai saisi l'occasion du tournage du film "Lutine" pour lui proposer de participer en tant que figurant.
Du coup, voyant que j'étais dans mon élément et que je connaissais presque tout le monde....il a bien compris :P !

Au départ, il a eu une réaction que j'ai sentie plutôt "positive neutre" je dirais... Un bon mois plus tard, alors que nous avions une occasion de discuter en privé, il a commencé la conversation ainsi : "Mais alors au fait, t'as combien d'amoureux ?!" ^^
Lors de cette conversation, il m'a dit...exactement ce que Françoise m'avait dit quelques mois plus tôt ! (Françoise elle est trop forte :) !) "Je me souviens que tu m'en as parlé, mais à l'époque je ne l'ai pas compris, pas vraiment entendu. Je pense que je n'étais pas prêt à l'entendre alors..."

En ce qui concerne mes parents...c'est une autre paire de manches. (Mais non, ce ne sont pas des manches, j'ai pas dit ça !! :P )

J'ai laissé des indices. Fait une ou deux allusions dans des conversations (Genre : "Tiens, machin trompe sa femme" - Moi : "Bah, si ça se trouve il y a un accord là-dessus entre eux..."). Très peu de réactions, ou des réactions timides. Vu comme ils sont enclins à se mêler de ma vie dès qu'ils pensent que je fais une erreur, autant te dire que je ne tiens pas à insister trop lourdement.
Je pense qu'ils l'entendront lorsqu'ils auront envie de l'entendre.

Ou bien, s'ils l'ont compris (le contraire me paraîtrait étrange en fait, mais je ne suis pas dans leur tête) mais ne souhaitent pas en parler, je me dis qu'ils en parleront lorsqu'ils le souhaiteront, qu'ils seront à l'aise avec ça.

Donc, ne pas brusquer. J'ai le sentiment que ton copain a fait exactement le contraire avec ton père. En plus, c'était plutôt à toi d'en parler à tes parents, non ?

Pour ma part j'ai fréquenté plus de deux ans une personne exclusive qui ne souhaitait pas me présenter à sa famille "à cause" du fait que je sois poly. J'ai respecté cela. Je lui avais dit pour ma part que je ne comptais pas me cacher mais que je ne "m'afficherais" pas non plus. En gros, si sa famille ne me demandait rien, je ne dirais rien, mais si la conversation glissait sur le terrain des relations, sans pour autant chercher à "en dire trop", je ne souhaiterais pas mentir en répondant à d'éventuelles questions.
Je ne pouvais donc pas lui garantir de cacher la vérité. En revanche je ne serais pas allée les trouver pour leur dire "je suis poly"...

*Je parle de Françoise Simpère

#
Profil

bouquetfleuri

le vendredi 07 mars 2014 à 09h29

L'annonce de "qui on est", l'affirmation du choix de notre conception de la vie amoureuse à des proches, parents, amis, famille est une pierre de touche, un révélateur et une borne sur le chemin de l'individuation. L'affirmation de soi contrebalance l'aliénation à la société (la famille par exemple) et c'est forcément agressif (au sens où Fromm l'emploie, biologique). Il s'agit de déployer la force qui permet de survivre, de s'affirmer. Dans certaines familles, le travail de désaliénation a déjà commencé et tout paraît plus simple, une parole différente peut être entendue comme une richesse, dans d'autres elle instruit un conflit parce qu'elle est porteuse de danger ou au moins d'inconnu, dans d'autres encore, cette parole nouvelle est insignifiante, et n'existe pas plus que les sujets d'ailleurs.

Pour ma part, je n'ai jamais eu besoin d'adoubement ou d'une validation quelconque de ma famille. Je dis simplement où j'en suis et ce que je fais, dans tous les domaines de ma vie, si j'en ai envie ou je ne le dis pas et l'information vient au détour d'un autre dialogue, concernant les vacances, la situation du petit-fils, ou l'influence du pape sur la politique sociale etc. Le credo de mes parents a toujours été de faire confiance à leurs enfants pour trouver leur voie.
Cela fait quarante ans que nous jouons, quarante ans que nous marquons nos différences, mais quarante ans aussi que le jugement est banni de nos dialogues (pas des têtes, je pense). Par exemple, quand je présente mon amoureuse à ma mère, c'est un sourire bienveillant qui l'accueille suivi plus tard d'une question pernicieuse : "vous connaissez Nicole, c'est une femme remarquable ?". Éclat de rire, j'explique à ma maman qu'on a décidé de vivre dans le péché et que le paradis ne nous attend pas. Et que c'est bien meilleur.

Bon, elle est montée au paradis assez directement, peu de temps après que je lui ai présenté la dernière lumière de ma vie, je ne la reverrai plus jamais...

#
Profil

Lili-Lutine

le vendredi 07 mars 2014 à 09h35

ce que j'avais écrit sur un autre post :-D

C’est bien sur ce principe de la pleine et entière légitimité de l’existence de mes relations amoureuses que j’ai tenu à ce que ceux qui me côtoient le plus le sachent. Depuis je suis plus sereine quand je me promène sous le soleil avec eux, dans mon quartier, chez mes commerçants, du coté de ma famille ou de mes amis … etc .. Je sais désormais que je ne serai plus surprise en situation considérée comme adultère, ou pire dénoncée à mes proches, et que c’est véritablement de moi qu’ils l’ont appris et non par une bonne âme « pas » charitable ….

Même si la plupart du temps ceux qui me côtoient quand je me promène ou fais mes courses ne sont pas au courant (commerçants, restaurateurs, etc.), ils voient, ou pas d’ailleurs :-D que ce n’est pas toujours la même personne qui me tient la main ou m’embrasse amoureusement en public, ils voient aussi que parfois ils sont deux et même ils nous voient à 4 quand je suis accompagnée de mes deux amoureux et d’une amoureuse de l’un deux. Nous avons nos habitudes d’achats, de restos etc … nous ne changeons pas nos habitudes pour la simple raison qu’il y a un officiel et un non officiel … un pour la société et sa morale et un que je cache … que je cache pourquoi et au regard et jugement de qui ?

Mes proches, familles, enfants et amis ont tous eu des réactions variables et fluctuantes sur le temps, allant du rejet total avec parfois de la violence dans leurs propos jusqu'à une parfaite compréhension de mes choix amoureux. Entre ces deux extrêmes, certains se sont promenés longtemps et hésitants, puis le temps, le magique temps, a fait son travail et le miracle est là ! Aujourd’hui je me sens libre et ma parole n’est plus ligotée à mes peurs et aux leurs. Ils ont entendu, accepté vite ou doucement, pas toujours compris encore comment et pourquoi mais ce qu’ils savent véritablement aujourd’hui c’est que je suis une femme honnête et assumant sa vie !

Depuis plus d'un an j’ai vécu tant et tant d’étonnantes réactions … j’ai entendu tant et tant de vilaines paroles … tant et tant de jugements à la hache … si à chaque fois j’avais mis de l’huile sur leurs feux, plus grand monde de ceux que je connaissais avant ne ferait encore partie de ma vie en ce moment.

J’ai choisi de ne pas réagir comme eux, de toujours accueillir leurs émotions avec douceur, leurs mots, leurs éloignements et leurs longs silences avec patience, tout simplement comme l’expression de leurs peurs et de leurs inquiétudes pour moi qu’ils aiment et connaissent depuis si longtemps, et je n’ai eu de cesse de les rassurer lentement et vaillamment, patiemment au fil du temps et de leurs questions, de simplement respecter leurs émotions et leurs silences … J’ai parfois regretté et culpabilisé de leur avoir parlé… mais j’ai tenu et rien de moi n’a changé en leurs présences, en leurs silences ou nouvelles violences. Je les ai laissés partir en colère, je les ai laissés revenir un peu apaisés … une sorte de va et vient nécessaire certainement à leurs compréhensions.

Je suis restée moi, celle que je suis profondément, calme et bienveillante, à l’écoute et sereine, pleinement et simplement heureuse de mes bonheurs ajoutés, une femme épanouie avec cet éclat particulier dans les yeux. Ils ont fini (et chacun a son rythme) par n’avoir plus peur d’être brûlés avec moi quelque part dans un enfer si jamais, en plus, peut-être, je pouvais me payer le culot, par ma révélation, d’attendre d’eux une quelconque validation ou certification !

Bien-sûr j’ai eu mal au ventre, je fus stressée par moment et quelques unes de mes nuits furent agitées … bien-sûr que je fus en colère, révoltée, et que souvent j’en voulais à la terre entière de ne pas me comprendre … Mais jamais en la présence de ceux qui m’agressaient en retour d’une de mes paroles qui leurs annonçaient pourtant ma bonne nouvelle à moi ! Jamais je ne leur ferai le cadeau de leur rendre la pareille.

Mon secret à moi - et juste pour vous hein ? (+) - , ce fut le soutien de mes amoureux qui ont accueillis avec tendresse mes révoltes et mes peurs, leurs amours conjuguées m’ont permis de rester belle et humaine. Après tout ce que je vis aujourd’hui qui contribue si largement à mon bonheur, cela aurait été vraiment « ballot » d’agir autrement … et de perdre le lien avec mes enfants, avec ma famille et avec mes amis : même si un seul brisait le lien, je serais triste.

L’important n’est pas de tout retrouver avec eux, tout de suite, et comme autrefois, comme si de rien n’était, l’important c’est le lien qui n’est pas cassé et qui nous fera aller ensemble et encore de nombreuses années sur ce beau chemin d’amours, d’amitiés et de partages, avec comme bagages nos belles différences qui font de chacun un être unique.

Je les aime chacun tels qu’ils ont choisis leurs vies amoureuses et je n’ai pas cherché non plus à convaincre ou à militer pour les amours plurielles. Bien que là … il faudrait un jour que je vous parle de certains effets secondaires d’une telle révélation, les plus jolis et les plus touchants, ça changerait un peu de ceux dont on se plaint et qui nous font souffrir.

Notre chemin de vie est long encore, vivons en respectant l’autre dans ses peurs et ses confusions et ne changeons pas nos regards ni nos attitudes avec ceux qu’on aime depuis longtemps dès que nous sommes confrontés à leurs peurs.

Car en vérité, de quoi d’autre il s’agit ici ?

Ps : Et pour ceux qu’on ne connaît pas, et même ceux qu’on n’aime pas et ben moi je dis que quoi qu’ils en pensent ou en disent, et bien cela m’indiffère tellement que j’ai presque failli oublier d’en parler. Voilà c’est fait, ça mérite pas plus que l’intérêt que je leur porte, donc rien.

#
Profil

Junon

le vendredi 07 mars 2014 à 13h34

Concernant mes parents, ils savent que je ne suis pas exclusive et c'est largement suffisant (vu leur propre histoire et leur relation à l'adultère, sans compter que je pense que le fait qu'il connaisse mon compagnon principal est amplement suffisant, je préfère ne pas m'étendre. D'autant que ça me gênerait et lui aussi de passer pour le "cocu" de service et que ça me gonflerait de créer une espèce de complicité biaisée avec mon père volage, étant donné qu'on ne voit absolument pas la non exclusivité de la même façon).
Ma sœur connaît, rencontre et apprécie mes amours.
Je ne fréquente peu ou pas le reste de ma petite famille...
Les ami-e-s rencontrent avec plaisir ceux et celles que j'aime, bien que que le fait soit rare vu que nous sommes géographiquement éloignés et je n'ai ressenti que très peu d'agressivité, et encore due à une vague connaissance.
Pour le reste, quand on me visite, je ne change rien à mes habitudes, je sais combien devoir se cacher des autres est une plaie.
Si ça déplait, j'invite les gens à regarder ailleurs, ça ne m'a jamais incité à changer quoi que ce soit à ma vie!

#
Profil

Siestacorta

le vendredi 07 mars 2014 à 13h52

DaliDream, je sais que ce n'est pas la question que tu poses, mais pour toi, est-ce que ce regard de l'entourage change fortement ton propre rapport à l'exclusivité ?

Et, toujours un peu à côté de ta question : il est possible qu'offrir durablement cette liberté affective à ton copain renforce son attachement pour toi. Il se sentirait compris, aimé tel qu'il est, il penserait qu'il a de la chance, vous dialogueriez sans doute d'une manière constructive...
Mais si tu en souffres au fond, votre relation en souffrirait aussi ; et son issue serait sans doute douloureuse parce que vous ne vivriez pas les sentiments de la même manière et que vous n'en auriez pas, chacun, pris acte à temps.

Enfin, quand ton copain a dit à ta famille qu'il était poly, est-ce qu'il a expliqué que ça te donnait les mêmes libertés ?
Ce serait probablement encore plus inquiétant du point de vue de ta famille, mais encore plus destructeur si toi tu n'assumes pas la situation comme ton propre choix et pas quelque chose que tu subis. Pas forcément le choix d'utiliser cette liberté amoureuse pour toi, mais celui de dire que c'est une liberté que tu valorises, moralement.

Je pense que c'est en partie pour ça que tu viens en parler ici, afin de déterminer ce que tu en penses toi.
Si tu te sens bien avec ton propre choix, les dialogues ne se passeront pas forcément bien avec ta famille, mais tu te remettras mieux des éventuelles blessures morales qu'ils pourraient t'infliger avec leur réprobation. Il ne s'agit pas de te laisser croire que ça leur ferait mieux comprendre si toi tu assumais, mais ça éviterait de rester trop braqués sur ce sujet, de ne pas savoir être autrement qu'à vif ; et de rester avec des ressentiments de part et d'autres dans le lien entre ton copain avec ta famille, quand par ailleurs tes rapports familiaux peuvent être bons.

D'où, à mon sens, le besoin que tu saches bien dire, à toi-même en priorité, si tu te sens bien avec cette façon d'aimer, et que tu comprennes pourquoi, même sans en profiter, tu y trouves d'autres bons arguments que "ça fera que mon copain va rester".
Si tu n'avais que ce dernier, l'inquiétude "morale" et l'inquiétude "pour toi" de ta famille se mélangeraient dans ce qu'ils te disent, et tu ne saurais pas bien comment gérer ce regard.

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

#
Profil

LuLutine

le vendredi 07 mars 2014 à 22h46

bouquetfleuri
Pour ma part, je n'ai jamais eu besoin d'adoubement ou d'une validation quelconque de ma famille.

Je voulais préciser qu'en ce qui me concerne, je n'attends pas non plus une validation de la famille ou des amis, collègues etc.
Ce que je crains et qui me conduit à avancer avec prudence, ce n'est pas l'éventualité d'une non-validation de mes parents, mais plutôt le risque d'intrusion (parfois un peu violente) dans ma vie, mes choix personnels, comme je l'ai malheureusement expérimenté par le passé...

En effet :

bouquetfleuri
Le credo de mes parents a toujours été de faire confiance à leurs enfants pour trouver leur voie.

Le credo des miens semble plutôt - du moins, si je me fie à mon vécu - de ne pas me faire confiance pour être capable de choisir seule et de façon autonome mon chemin...
Quoique ça change très doucement, ces dernières années...mais du coup, je ne veux surtout rien brusquer. Je les connais, un retour en arrière est si vite arrivé avec eux...

Ne rien brusquer, ça rejoint d'ailleurs les propos de Lili je trouve :

Lili-Lutine
si à chaque fois j’avais mis de l’huile sur leurs feux, plus grand monde de ceux que je connaissais avant ne ferait encore partie de ma vie en ce moment.

Et ce qui va tout-à-fait avec cette idée de ne rien brusquer :

Lili-Lutine
[...] le temps, le magique temps, a fait son travail [...] J’ai choisi [...] de toujours accueillir [...] leurs mots, leurs éloignements et leurs longs silences avec patience [...] je n’ai eu de cesse de les rassurer lentement et vaillamment, patiemment au fil du temps [...] (et chacun a son rythme) [...]

Le temps et la patience : les deux premiers membres (et les plus importants à mon sens) de la "Sainte Trinité" :P !

Et le troisième ? C'est le dialogue. Même si elle ne cite pas ce mot, je crois que le dialogue est présent en filigrane dans tout son message...

Et notamment :

Lili-Lutine
[...]avec mes enfants, avec ma famille et avec mes amis [...] l’important c’est le lien qui n’est pas cassé

Je crois que c'est bien par le dialogue - mais un dialogue choisi, mesuré, sans brusquer l'interlocuteur - qu'on entretient ce lien...

Oui, un dialogue à doser, à équilibrer, car le dialogue, ce ne sont pas que les mots. Le dialogue c'est aussi parfois le silence ; l'absence de mots. DaliDream, as-tu parfois essayé de compter dans un morceau de musique le nombre de temps de silence et de le comparer au nombre de temps où des notes sont jouées ?
Dans certains morceaux, il y a plus de temps de silence ! Et c'est parfois ce qui en fait toute la beauté, l'efficacité, la majesté. Ce qui fait que le message passe...

D'autre part le dialogue, il me semble que c'est aussi l'attitude. Ta façon de vivre les choses. Je vis bien les amours pluriel(le)s, et parmi tous les amis au courant de ma manière de vivre, aucun n'est venu me juger, me dire que j'étais sur la mauvaise voie, etc. En revanche, j'ai vu des personnes mal assurées dans ce "choix" se "prendre" en pleine figure des remarques bien explicites sur le fait que leur choix ne serait pas "le bon"...

Je pense donc que ta simple façon de vivre les choses en dit souvent bien plus long que tous les discours.

Du coup, je dirais que si tu as peur du jugement des autres, tu vas "attirer" plus de jugements de leur part. Ou d'inquiétudes, comme le souligne Lili. Lorsqu'on voit un proche qui nous dit "j'ai choisi de vivre comme ça" mais qui semble mal le vivre, on s'inquiète pour lui. Ca me semble alors naturel (ou du moins, humain !) de venir lui dire..."Est-ce que tu es sûr(e) que c'est fait pour toi ? Est-ce bien cela que tu veux ?"...voire de tirer des conclusions (parfois hâtives) sur ce qu'il devrait faire, ce qui lui conviendrait mieux...ça part d'une bonne intention en fait !

Malheureusement, certaines bonnes intentions font plus de mal que de bien (j'en sais quelque chose, viscéralement, profondément : par le passé j'ai quasiment fait une dépression "grâce" aux bonnes intentions de certains proches...).

Bref : je ne saurais te conseiller beaucoup mieux DaliDream, que ce que dit Siesta, et que je traduirais notamment par "faire le point avec toi-même".
Puis avec ton copain.

Et ensuite...temps, patience, dialogue...et ne surtout rien brusquer.

#
Profil

DaliDream

le lundi 10 mars 2014 à 00h45

Merci tout le monde pour vos expériences/commentaires/encouragement :)
Mon copain m'a dit que si je ne me sentais pas bien avec le secret, je n'ai qu'à leur dire... pour le dire à ma mère, je crois que ce serait moins difficile. Mais mon père est fermé d'esprit, colérique et dépressif. Pour vous donnez une idée, je me suis fait un tatouage récemment et il est convaincu que j'ai gâché ma vie -.-'' . Mes parents sont ensemble depuis au moins 27 ans. Tout ce dont ils voient, c'est deux personnes qui vivent ensemble jusqu'à la mort. J'ai d'ailleurs, malheureusement, un blocage quand je parle à mon père, comme un ancrage à sa voix à la peur, venant de ma jeunesse. Mon père se croit comme le chef, il doit tout savoir, si non il fait la tête comme un bébé gâté et il fait de l'insomnie. Il s'en fait toujours pour rien. Je suis ''sa petite fille'' et il sent le besoin de me protéger comme mon frère. Ils croient même que mon copain a toujours essayer de me manipuler... mais une chose qu'ils n'ont jamais réalisé, c'est que je n'ai jamais été d'accord avec toute leurs valeurs...

Et non, mes parents ne veulent pas l'entendre que je suis pour le poly... donc... j'imagine que le mieux c'est d'attendre ?
Ce qui me tracasse surtout c'est que si j'en parle et qu'il explose (ce qui ne serait pas tellement étonnant) je n'ai pas d'endroit où aller pendant qu'il dégonfle. C'est ce qui est moche d'encore habiter chez les parents. Le fait que je vie gratos, ils disent quasiment que je ne dois rien leur cacher. Ne vous en faites pas, cette été, j'économise et je pars habiter dans mon chez moi sans avoir d’interrogatoire à chaque rentrée ! ;)

J'ai l'impression que tout ce dont je peux faire, c'est ignorer la situation. Mon père a trop une tête de cochon :P

#
Profil

bodhicitta

le lundi 10 mars 2014 à 08h53

DaliDream
Et non, mes parents ne veulent pas l'entendre que je suis pour le poly... donc... j'imagine que le mieux c'est d'attendre ?
Ce qui me tracasse surtout c'est que si j'en parle et qu'il explose

hum, attendre? attendre quoi? si ton pére veut tout savoir je pense que plus tu attenderas plus ton pére aura le sentiment d'étre trahit... à mon sens...
humm mais oui j'imagine que ça doit pas etre facile. Mais ton pére si il réagit mal c'est qu'il a peur pour toi, p t etre que 1 livre ou 2 (vertus du polyamour, guides des amours pluriels etc) pourrait t'aider à trouver une façon douce pour présenter les choses à ton père, lui expliquer que dans ce genre de relation rien n'est imposé à l'autre, et que l'honnêteté est indispensable

#

(compte clôturé)

le lundi 10 mars 2014 à 10h14

Je ne pense pas que ce soit si simple. Pour comprendre le polyamour il faut déconstruire toutes ses croyances et tout ce dont nous sommes convaincus auparavant. J'ai essayé la méthode de mettre de la documentation à disposition, ça ne marche pas à tous les coups. Dans mon cas, ça n'a pas marché.
Evidemment, la situation est différente. Moi j'avais alors presque 40 ans et aucun compte à rendre à papa, maman (encore moins à mon fils ainé).
Perso, je comprends DaliDream. Dire à quelqu'un qui n'a pas envie d'entendre, ben...

#
Profil

LuLutine

le lundi 10 mars 2014 à 19h00

gcd68Dire à quelqu'un qui n'a pas envie d'entendre, ben...

Ca ne me semble pas utile en effet (voire contre-productif).

#
Profil

bodhicitta

le lundi 10 mars 2014 à 19h40

justement, visiblement son pére veut tout savoir:

DaliDream
Mon père se croit comme le chef, il doit tout savoir, si non il fait la tête comme un bébé

#

(compte clôturé)

le lundi 10 mars 2014 à 19h49

Vouloir tout savoir ne veut pas dire que l'on est prêt à tout entendre, surtout si c'est pour être le chef et donc diriger...

#
Profil

LuLutine

le mardi 11 mars 2014 à 02h53

gcd68
Vouloir tout savoir ne veut pas dire que l'on est prêt à tout entendre, surtout si c'est pour être le chef et donc diriger...

Je plussoie. Vu ce que je lis sur ce père, pour ma part, je garderais mon jardin secret si j'étais DaliDream.

Question de se préserver. Surtout dans un cas de dépendance matérielle comme c'est le cas ici.

Personne ne peut exiger d'une autre personne qu'elle "lui dise tout". (Même un partenaire amoureux, d'ailleurs.)

Pour ma part j'ai déjà eu affaire à ce genre de personne, et il m'est arrivé de revendiquer mon jardin secret sans que cela fasse trop de vagues (moins en tout cas que de le divulguer).

#
Profil

bodhicitta

le mardi 11 mars 2014 à 08h18

C'est vrai que c'est + paisible, et vivable à un certain niveau, ainsi:

Lulutine
Pour ma part j'ai déjà eu affaire à ce genre de personne, et il m'est arrivé de revendiquer mon jardin secret sans que cela fasse trop de vagues (moins en tout cas que de le divulguer).

#

(compte clôturé)

le mercredi 12 mars 2014 à 10h36

Pour moi, la revendication est venue après les explications. Lorsque l'on n'est pas compris, il ne reste plus que l'option revendication (ou alors s'écraser, mais là, pas possible pour moi).

Répondre

Chercher dans cette discussion

Autres discussions sur ce thème :


Espace membre

» Options de connexion