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Pourquoi je souffre ? Piste de réflexion...

Jalousie
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LuLutine

le lundi 08 avril 2013 à 02h24

Un extrait de conférence dont je pense qu'on peut aisément l'appliquer à la question de la jalousie...(même si la conférence n'avait rien à voir avec ce sujet !)

www.youtube.com/watch?v=3Ybjv_TCFHM

Qu'en pensez-vous ?

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(compte clôturé)

le lundi 08 avril 2013 à 20h10

C'est plein de sagesse.
Travailler à diminuer son "degré d'attachement à comment les choses devraient être" plutôt qu'à tenter de changer les-dites choses, je suis convaincue que c'est une excellente solution. Y arriver c'est une autre paire de manches, mais ça vaut le coup d'essayer.

Ca rejoint un peu ce que disait LittleJohn dans un autre fil sur l'aversion de l'être humain au changement, chose dont je suis également convaincue (j'en suis moi-même un excellent exemple ^^).

Merci pour la vidéo Lulutine !

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(compte clôturé)

le lundi 08 avril 2013 à 20h16

D'ailleurs Lulutine, si dans la même veine tu trouves la méthode "Je diminue mon degré d'attachement à comment les choses devraient être" pour les débutants, je suis preneuse :D

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Junon

le lundi 08 avril 2013 à 20h49

Moi aussi :)

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Chlo

le lundi 08 avril 2013 à 21h02

pas mal du tout comme pensée, merci pour ce lien

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Cendre

le mardi 09 avril 2013 à 12h50

« Le bonheur c'est, d'arriver à, désirer ce, qu'on a déjà. »

Bien sur, je suis d'accord, j'ai aimé la vidéo, j'ai envie de la montrer autour de moi.

Mais je peux pas laisser le truc en plan, parce que c'est loin d'être aussi simple que cela dans ma tête, c'est une très très vielle problématique dans mon esprit, celle de l'imbécile heureux, qui n'essaye pas d'influer sur le monde qui l'entoure, qui prend ce qui vient comme ça vient, n'a pas de projet, d'ambition, d'aspiration.
Ce bonheur là ne peut pas être un accomplissement à mes yeux.

« L'attachement à comment les choses devrait être » nous fait certes souffrir, mais c'est justement dans ce décalage, dans cette indignation, que l'on trouve l'énergie pour agir, pour faire bouger les choses.
Et là, mon cheval de bataille n'est pas amoureux, il est politique.
Je suis persuadée que ça arrange bien notre élite financière la recrudescence ces théories du bonheur où on doit « lâcher prise » et se contenter de ce que l'on a.
Voir par exemple Les Guignols du 27/03/2013 - J'ai décidé d'être heureux

Bon, sur ce, c'est comme tout, c'est une histoire d'équilibre. Y'a une jolie marge entre faire le mouton égocentré sur les menus plaisirs quotidiens et l'éternel insatisfait qui n'a plus d'influence sur le monde tellement les projections de sa frustration prennent le dessus.

Ne pas se laisser bouffer par les états de fait sur lesquels on ne peut pas agir, ok.
Mais faire les choses bien, constater que le résultat est proche de ce que l'on souhaitait, c'est quand même un très grand moteur de bonheur également, non ?
Sans parler du rêve.

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Chlo

le mardi 09 avril 2013 à 13h33

Cendre : Je ne l'ai pas entendu ainsi, en tout cas, ce n'est pas de cette manière que je me le suis approprié. Il dit me semble t-il quelque chose d'important c'est "de regarder ce qui est bon dans ce qui est", mais pourquoi en faire ? Pour simplement être heureux de son sort ? Je ne le crois pas, ou en tout cas ne l'ai pas pris comme tel. Ma vision c'est que lorsqu'un but n'est pas atteint ou que tu as des regrets (le "ce qui devrait être" n'est pas forcément à prendre en terme de futur, quelqu'un qui a perdu ses jambes par exemple, pourrait s'attacher à ce qui devrait être, c'est à dire, lui avec des jambes) il faut regarder ce qu'il y a de bon dans ce qui est et se dire qu'est ce que j'en fais ? Outre le fait que cette attitude évite la souffrance, cela permet aussi de rebondir et de repartir avec enthousiasme sur une autre voie, peut être plus juste, plus judicieuse, mais en aucun cas, ça ne doit être pour se contenter de ce que l'on a.

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LittleJohn

le mardi 09 avril 2013 à 17h27

"Un jour elle sera mienne ! Oh oui, un jour elle sera mienne !" (célèbre tirade d'un grand classique du cinéma qui parle d'une guitare).
On peut avoir très envie de quelque-chose, faire tout son possible pour essayer de l'obtenir et ne pas y arriver. Et dans ce cas, on peut essayer de décider que ça n'est pas si grave que ça...

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lam

le mardi 09 avril 2013 à 18h38

la vidéo
Donc la souffrance en fait dépend de moi, elle dépend pas du monde extérieur, elle dépend de quel est mon degré d'attachement à comment les choses devraient être

Alors ouais on aurait aussi qu'à "trouver notre satisfaction dans la manière dont les choses sont et pas dans ce qu'elle devraient être"...
Dans une certaine mesure oui: si ça concerne l'amour ou des trucs irrationnels qu'on s'imagine et qu'il n'est pas possible de faire advenir ça a du sens pour moi; mais comme message global ça ne marche pas, ça dit clairement "conformez-vous à ce qui existe pour moins souffrir", accepte que le monde soit brutal et brimant et ne fais rien pour moins souffrir ni pour changer les choses. Dans plein de situations ça ne marche pas et je rejoins Cendre sur la critique du coté très post-moderne et universaliste de cette vision du bonheur qui a pour application de tuer dans l'oeuf toute tentative de dénoncer les rapports de domination qui structurent la société et empêchent vraiment plein de gentes d'être heureu-ses-x, de rêver et de faire évoluer nos réalités.

Marc Twain
Ils ne savaient pas que c'était impossible, alors ils l'ont fait.

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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alps

le mardi 09 avril 2013 à 19h08

Le type démontre simplement que la souffrance est psychologique. Rien de plus.

Quant à vivre sans attente...c'est un delire qui ne tient pas la route. Toute l'intelligence humaine est attelée là dessus. Donc bon...Quand je sors les clefs de ma voiture de ma poche. C'est parce que je m'attends à les trouver là. Parce que je m'attends à en avoir besoin etc...Prendre le versant problmématique de cette propriété sans présenter son utilité c'est de la désinformation.

Enfin bon c'est une video youtube comme il en existe des tas. Ou un type croit qu'il apporte un truc fondamental à la société. Alors meme qu'il ne le comprend pas bien lui meme.

vivre c'est parfois se tromper. Croire qu'en esperant pas on ne se trompe pas est ubuesque. C'est comme de ne pas aller chercher une lettre recommandée de peur de qu'il s'agisse d'une lettre des impots. Ca ne regle aucun problème. PArce que le problème ce n'est pas que le courrier arrive.

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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bouquetfleuri

le mardi 09 avril 2013 à 19h57

Tiens, je me sens un peu en accord avec alps...

Cette vidéo me dérangeait un peu, elle ressemble à une forme de conditionnement. Une sentence, jolie à dire, et à vous d'entrer ce que vous voulez dedans à condition que vous sentiez bien que vous êtes seul en cause.
Si je remplace le "devrait" source de tous les maux par "pourrait", ça ne fonctionne plus.

Je ne serai jamais seul dans une relation. C'est pour cela que je construis toutes mes relations, pour dépendre de l'autre et pour qu'il dépende de moi même et surtout si nous faisons attention de rester libres et autonomes.

Mais c'est à peine ma vérité.

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Tamara

le dimanche 14 avril 2013 à 14h00

J'ai trouvé cette vidéo intéressante dans le sens ou elle décrit "une vérité" parmi tans d'autre dans la quelle je me reconnais. Le bonheur correspond a un état d'esprit, c'est la vision qu'on a sur ce qui est, qui le rends plus ou moins souffrant ou plus ou moins agréable: c'est un fait. S'appliquer a "positiver " ce que l'on vit , l'autre, nous-même, regarder ce que l'on a plutôt que ce qui nous manque est salutaire. Particuliérement dans un monde marchant si pessimiste et paranoïac , si addict et frustrant ... trs plus ,encor plus, jamais assez... La culture du manque et de la dépendance...

Pour autant la pensée positive n'est pas pour moi une vérité en soi, mais un bon outil pour rééquilibrée ou élargir nos visions trop étroites des choses. La plupart du temps je suis heureuse, je trouve que j'ai beaucoup de chance, et je l'ai pas toujours étais. Qu'est-ce qui a changé? Une vision plus positive des choses en générale ? Certes oui mais aussi apprendre à dire NON ! SA SUFFIT! Je ne serais pas cette femme soumise qu'a été ma grand-mére! Je dénonce et m'oppose aux injustices! J'arrête cette relation destructrice! Je refuse les jeux de rôles! Non à la haine, non à la manipulation non aux abus de pouvoir ! Non aux non-dits ! Quand on sait dire non notre vie se transforme. Tout n'est pas acceptable.

Je pense que la question de fond tourne autour de "qu'est ce qui est juste ? Est-ce que c'est juste ? Et aussi "qu'est ce qui est juste avec moi ? Et qu'est-ce qui est juste avec toi?

A ,partir de la pensée positive peut s'avérer être soit un outil d’émancipation et d'acceptation qui fait diminuer la souffrance. Suis d'accord avec toi Lulutine un super outil pour dépasser la jalousie et la peur de manquer! Fantômes entretenus qui voudraient nous faire croire que ça c'est l'amour !

Soit un outil de soumission et d’aliénation qui ajoute bien souvent culpabilité la ou il y a déjà souffrance... Et la je dis NON NON NON monsieur le gourou c'est pas si simple ! Tu n'as pas tout compris! The Vérité n'existe pas. Garde ta morale pour toi et passe ton chemin, je vais continuer à cheminer avec des gens qui doutes, qui savent qu'ils ne savent pas, et que quand il savent ou quand ils ont compris, continuent de se poser des questions, continuent de chercher et d'échanger...

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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LuLutine

le lundi 15 avril 2013 à 03h00

Wow.

Je ne pensais pas déchaîner les passions avec un petit mot comme celui-là. :)

Bon. L'extrait est sorti de son contexte. Du coup, on peut faire l'analogie avec la jalousie (ce que j'ai fait, alors que ce n'était pas du tout le sujet de la conférence), mais d'un autre côté, on peut interpréter dans un sens qui selon moi, est à mille lieues des intentions des conférenciers (qui ne sont pas des gourous, je te rassure Tamara ;) ). Surtout si on écoute vite fait, qu'on ne fait pas attention à toutes les précisions apportées.

Je me suis demandée au départ pourquoi ils ont complètement morcelé cette conférence. Mais en fait, j'ai au moins une hypothèse : les gens sur internet, n'ont pas l'habitude d'écouter une conférence d'une heure (enfin, je ne sais plus combien de temps ça avait duré exactement : mais oui, j'y étais). Du coup, ils n'en écouteraient même pas trente seconde. Vidéo trop longue ? Zappée !

Alors que des extraits de quelques minutes, il y a une chance que les gens s'y arrêtent et réfléchissent...stratégie de communication sensée, finalement.

Je disais donc que certaines interprétations que je lis ici ("il faut se contenter de ce qui est, donc ne pas chercher à changer les choses", par exemple) sont à mille lieues selon moi, des intentions des conférenciers.

Faites quelques recherches sur eux : ils sont loin d'accepter les choses comme elles sont....très loin ! De parfaits exemples de critiques de l'ordre établi. (Même si André Stern en général s'en défend un peu, avec des précisions comme "Je ne dis pas ce qui est mieux ou moins bien, j'apporte juste mon témoignage, mon expérience" etc.)

Enfin, ma propre interprétation de ce qui est dit dans cet extrait, fondée sur mon vécu, est plutôt : souffrir parce que ce qui est n'est pas comme ce qui "devrait être" (ce que je voudrais qui soit), c'est improductif.

Pour l'avoir vécu personnellement, chaque fois que je me suis enfoncée dans la souffrance (je ne suis pas jalouse mais par contre il m'est arrivé de souffrir sur d'autres sujets), j'ai été incapable de trouver la moindre solution constructive. Parfaitement incapable. J'ai même parfois (souvent ? je ne sais plus...) réussi à empirer la situation. Super utile, en somme !

Par contre, à chaque fois que j'ai choisi de voir le/les côtés que je pouvais juger positifs, d'arrêter de vouloir que un tel soit comme ci, que bidule se comporte comme ça, etc., j'ai observé deux choses :

1) J'ai arrêté de souffrir, ou en tout cas j'ai beaucoup diminué ma souffrance (un poison en moins dans ma vie ! - et celle des autres, accessoirement, car quelqu'un qui est en souffrance est loin de répandre le bien-être autour de lui) ;

2) J'ai commencé à trouver des solutions constructives aux problèmes (ou en tout cas, événements que je considérais comme tels) qui se posaient à moi, en m'appuyant sur ce qui dépendait de moi [voir en bas*], et en me nourrissant de mon indignation (intacte, elle !), mais non de ma souffrance (improductive).

Quand je souffre, je suis totalement inefficace. Quand j'effectue un retour sur moi pour comprendre pourquoi je souffre, quelles sont mes attentes contrariées, je cerne mieux le noeud du problème. J'arrive à distinguer quels aspects dépendent de moi et quels aspects n'en dépendent pas.

"On ne peut pas vouloir pour les autres" : je mets des guillemets car cette phrase a été citée et re-citée (récitée ?) de nombreuses fois sur ce forum. Quand je souffre, j'essaye de vouloir pour les autres. C'est voué à l'échec. (Je précise que je parle toujours de ma propre expérience, au cas où ça ne soit pas clair.)

Au contraire, quand je m'appuie sur ce que je peux changer, là c'est constructif ; mais tant que je suis en souffrance je n'y arrive pas, j'en suis incapable.

En ce qui concerne les attentes, j'essaye effectivement de ne pas avoir d'attentes (j'ai dit "j'essaye", pas "je réussis à tous les coups" hein !). Mais j'ai des espoirs, ça oui. C'est humain. Sauf que quand ça ne va pas, je vais faire le travail décrit plus haut : chercher quels espoirs ont été déçus (d'ailleurs, souvent je souffre parce que d'espoirs ils se sont mués en attentes - un peu comme si c'étaient des dûs - alors qu'un "simple" espoir déçu n'engendrera pas en général chez moi cette souffrance ; de la déception un peu, mais pas ce que j'appellerai de la souffrance).

En bref, je ne crois pas que dans le contexte de cette intervention, "ne pas avoir d'attentes" puisse être assimilé à l'attitude de l'imbécile heureux qui ne remet jamais rien en question et prend toutes les situations comme elles sont, sans chercher à en rien changer. Surtout que les deux conférenciers sont très loin d'avoir cette attitude, quand on en connaît un minimum sur eux !

Ce que je sais c'est que chez moi, la souffrance liée à l'attente déçue se concentre sur le résultat, en se lamentant de son inadéquation avec ce qui était souhaité, alors que l'indignation qui peut naître d'une situation considérée comme réellement inacceptable (et après vérification que je ne suis pas juste en train de faire un caprice d'enfant) va se concentrer sur les moyens de changer les choses (des moyens réels, concrets, pas ceux qui consistent à vouloir à la place des autres).

Bon bon bon...il est tard et je crois que j'ai dit trois ou quatre fois la même chose. Mais tant pis, je laisse. Je serai peut-être mieux comprise (ou pas :P ).

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*Je n'invente rien, puisque je m'appuie sur la philosophie stoïcienne, plus précisément celle d'Epictète. Certains auront peut-être reconnu l'allusion, d'ailleurs. Et je ne pense pas que cette philosophie interdise de tenter quelque modification que ce soit sur l'état des choses. Elle nous enjoint plutôt à distinguer dans l'état des choses, ce qui dépend de nous et ce qui n'en dépend pas. Sur quels leviers nous pouvons nous appuyer pour avoir une chance de changer les choses "en mieux".

Exemple fictif :

Je suis jalouse parce que ce soir un amoureux est au cinéma avec une autre amoureuse que moi. Râler contre cet état de fait ne servira à rien. Je dois accepter ce qui est. Sinon, je fais quoi ? Je le harcèle au téléphone ? S'il n'est pas complètement stupide, il finira vite par couper son portable. Ou annulera sa soirée pour venir me voir, dans le "meilleur" des cas....mais est-ce vraiment "meilleur" ? Pourrir la soirée de deux personnes à cause de ma petite crise égoïste ? Et savoir qu'à la suite de ça ces deux personnes vont probablement m'en vouloir ? Bof...

Bon alors, je peux faire quoi ?

1) Dans l'immédiat, accepter qu'il est au cinéma avec une autre, que je ne changerai rien à ça, et que de mon côté je peux peut-être m'occuper pour me changer les idées : lire, écrire, dessiner, faire du sport, regarder une vidéo, sortir voir des amis, jouer seule ou avec d'autres...etc, je laisse libre cours à votre imagination !

2) Par la suite, si j'ai mal vécu certaines choses qu'il pourrait a priori changer sans que cela porte atteinte à sa liberté, le lui dire. Par exemple, "Je n'étais pas au courant que tu serais avec elle, j'ai été déçue que tu ne sois pas libre, dorénavant j'aimerais que tu m'envoies un message pour me prévenir si tu n'es pas libre." (Bon ensuite il peut discuter et trouver que c'est une demande excessive, et faire d'autres propositions, mais au moins j'adopte une attitude constructive en présentant mon ressenti et proposant une première solution qui ne me semble pas trop déraisonnable.)

Voilà, dans cet exemple je n'ai pas cherché à changer ce qui était - il a souhaité passer cette soirée au cinéma avec une autre - mais j'ai agi sur ce qui dépendait de moi, et le dialogue (point 2)) en fait partie (et ce n'est bien sûr pas le seul moyen d'agir sur les situations qui nous déplaisent !).

J'espère que mon point de vue et la piste de réflexion que j'ai glanée dans cette vidéo - et qui recoupe certaines de mes convictions antérieures - apparaîtront plus clairement à présent. (Bon c'est pas facile parce qu'il est tard et je ne sais pas si mes propos ne sont pas un peu confus.)

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(compte clôturé)

le lundi 15 avril 2013 à 08h11

Lulutine, je vois très bien ce que tu veux dire, et comme on se connaît un peu, tu sais que j'ai traversé des périodes- de plusieurs années- où clairement 80% des gens ici m'auraient dit "ce n'est pas admissible". Périodes pas faciles, j'en conviens, mais durant lesquelles j'ai largement ouvert mes intérêts autres que les relations amoureuses et appris à relativiser ce qu'est l'Amûûûrrr et à décortiquer la façon dont on s'aliène pour lui. Pas à une ou à des personnes, mais à une idée de l'amour. J'ai aussi découvert le plaisir de la solitude, son côté créatif, et à me débrouiller seule dans plein de domaines. (c'est notamment une grande période de voyages en solitaire dont je garde un souvenir ébloui) Résultat: une sérénité et une confiance en moi qui sont restées même après que cette période difficile se soit achevée. Si j'avais lutté de front contre ce qui se passait à l'époque, j'aurais échoué (on n'empêche personne d'être fou amoureux ailleurs), et si j'avais réussi à obtenir de lui ce que les gens me disaient que je devais exiger, j'aurais passé mon temps à me dire "il l'a fait pour avoir la paix, pas parce qu'il m'aime" et me serais dévalorisée.
Ça n'empêche nullement de lutter contre l'inacceptable, je suis en guerre permanente contre les injustices et j'agis partout où je le peux. D'ailleurs, ce que j'ai vécu décrit plus haut était-il une acceptation, ou au contraire une "résistance passive", comme les activistes qui ne sont pas violents quand ils occupent une centrale nucléaire, par exemple, mais savent se faire lourds et passifs lorsque les CRS tentent de les déloger, histoire de leur mener la vie dure. Je ne me suis jamais sentie aussi libre qu'à cette période où puisque j'étais "négligée", je n'avais de comptes à rendre à personne!
Autre exemple: trente ans durant, j'ai été phobique de l'eau, malgré de multiples tentatives- et échecs- pour vaincre cette peur dont je disais "c'est idiot d'avoir peur, mais c'est plus fort que moi". Jusqu'au jour où, au "Pied dans l'eau", on m'a dit "c'est normal que ce soit plus fort que toi, cr si tu étais plus forte que ta peur... tu n'aurais plus peur. Cesse de lutter contre l'eau, on va l'apprivoiser ensemble" En trois jours, plus de phobie et j'ai pu ensuite faire de la plongée sous-marine, d'où augmentation énorme de ma confiance en moi :) Accepter sa peur (ou sa jalousie) ce n'est pas s'y résigner, c'est admettre cette réalité et trouver ensuite la meilleure stratégie pour s'en débarrasser. Stratégie qui s'apparente au judo, où on ne gagne pas par la force, mais par la souplesse et l'analyse de la force de l'adversaire.
"La force est dans la douceur et non pas dans la dureté", précepte Taoïste que certains m'ont renvoyé à la gueule, furieux, en me disant "tout glisse sur toi sans t'entamer", preuve aussi qu'avec la "force tranquille", on désarçonne l'adversaire qui cherche à vous affaiblir, même inconsciemment. Je dis volontairement adversaire, car dans certaines situations amoureuses, on est effectivement en plein rapport de forces...

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Leolu

le lundi 15 avril 2013 à 11h11

Il serait intéressant que chacun se demande pourquoi il désire tant influer sur la vie d'une autre personne (ce qui implique une résistance naturelle qui apporte souffrance). Généralement, c'est réflexif : pour s'assurer de la réalité ou de la solidité du lien qu'elle a avec nous.

Réflexif, mais aussi intime. Dans son fors intérieur, on a besoin de SE sentir apprécié, reconnu, aimé, nécessaire voire indispensable... bref, avoir le plaisir d'ETRE quelqu'un au sein de notre petit monde. Sans qu'on ait toujours à agir pour être remarqué, respecté, considéré, aimé... Cette souffrance-là est la plus personnelle et on peut la corriger (plus ou moins facilement, selon notre histoire).

Il y a aussi ce sentiment de "justice", d'"équité", qui exige de l'autre ce que l'on accorde soi-même sans limite : de l'amour, de l'intérêt, de la présence, de l'attention, des pensées (tangibles, vérifiables)... Plus on est expansif et généreux, plus on a tendance à demander la même chose à nos relations. Et c'est souvent ce déséquilibre qui fait souffrir (l'un et l'autre).

Pour donner un exemple personnel, j'ai une fâcheuse tendance à distinguer très nettement mes moments de vie : amour, travail, loisirs, je suis toujours entièrement à ce que je fais. Lorsque je quitte mon amour, je ne suis plus avec elle, jusqu'à la prochaine rencontre qui est généralement programmée. Ce qui désarçonne totalement les adeptes du SMS pluri-quotidien. Cela ne veut pas dire que je ne suis pas amoureux, ou même que je ne pense jamais à ma chérie, mais juste que je suis dans une autre parenthèse. Sans haine ni abandon. "Loin des yeux, loin du coeur" ? Même pas ! C'est juste que je n'aime véritablement, disons "activement", qu'en présence de l'être aimé.

Au final, l'absence ne me fait souffrir que lorsqu'elle est définitive (ou trop lointaine). Le simple fait de me savoir avec quelqu'un, même par intermittence, suffit à mon bonheur. J'ai donc du mal à comprendre les personnes qui souffrent parce que leurs amoureux(ses) n'agissent pas comme espéré. Et c'est ce lâcher-prise, ce respect de l'individualité de chacun, que je retiens, dans cette discussion.

On ne peut demander à une personne tierce plus que ce qu'elle peut donner. L'essentiel est donc de définir exactement comment elle fonctionne et de faire le deuil des quelques points qui nous chagrinent. Quant à vouloir changer la personne... là, c'est un autre problème ! Source de souffrances encore plus prégnantes ;) !

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Tamara

le lundi 15 avril 2013 à 11h12

Très intéressantes vos réponses... entre thérapie, cheminement personnel et philosophie de vie...des vrais pistes d'apprentissage... et quel parcours!

Pour le coté "interprétation" cause sorti du contexte désolée d'insister, mais , même si cela ne concerne pas les auteurs de la vidéo ( qui ne sont donc pas des gourous (+)), je rencontre régulièrement des personnes qui font la confusion et se conforte dans leur "victimite" ou fatalisme invalidant pour eux même grâce à ce genre de raisonnement. C'est bien sur très différent quand il est décortiqué et devient profond et précis comme vous le faites...

Pour le coté perso, ben pour moi en ce moment c'est la dépendance affective que j'apprends à accepter et avec laquelle je travail, la peur existentielle de base... J'ai la chance , et aussi assez confiance en moi et une vie que j'aime, pour ne pas souffrir de jalousie. Ah! J'en ai pas encore complétement terminé (bien que ça ailles bcp mieux) sur l' Amouuuur.... et l’obsession de cet Amouuuuur...
Je vis seule avec mes 2 enfants depuis 12 ans et suis actuellement célibataire (moment rares dans ma vie d'amouuureuseplutôtheureuuuse) alors la voila la belle occasion d'accepter doucement tendrement ce vide. On arrive et on repart seule... je sais que l'acceptation de cette réalité physique et terrestre va m'aider à faire baisser attentes et frustrations dans les relations amoureuses...
Voila suis une poly sans amoureux qui parle vide et solitude pour s'approcher de cet état de plénitude pour elle-même et ne plus demander à l'autre, aux autres (de manière inconsciente chez moi) de combler son vide !

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alps

le lundi 15 avril 2013 à 11h56

leolu
Il serait intéressant que chacun se demande pourquoi il désire tant influer sur la vie d'une autre personne (ce qui implique une résistance naturelle qui apporte souffrance).

Influencer la vie d'une personne c'est influer sur sa propre vie. Dans un couple il est normal d'influer sur l'autre. Dans un pays il est normal d'influer sur les autres. Tout ceci n'a de sens que si on a un projet commun et des valeurs communes. Sinon c'est la séparation, la guerre civile. Les libertés individuelles ne doivent pas aller contre les interets du groupe. Qu'il s'agisse du couple ou du pays. Vivre en société c'est nécessairement abandonner un peu de sa liberté. La circonscrire.

On présente souvent les contraintes comme le poids des autres ou le poids d'une mauvaise conception. Les contraintes font parti du monde. Sans contrainte il n'y a pas de monde. Y voir un problème c'est je pense réellement manquer l'essentiel. C'est parce qu'il y a des lois physiques qu'on peut prendre du plaisir à manger ou sauter en parachute. C'est bien la règle qui permet l'émergence. La théorie du chaos elle même est une règle.

Je pense qu'un questionnement existentiel est nécessaire. Mais si ce temps de questionnement perdure c'est qu'il y a un problème qui est très éloigné des questions que vous vous posez. Ca devient une fuite en avant.

Pour bien vivre il faut d'abord vivre. Penser est toujours second.

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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Leolu

le lundi 15 avril 2013 à 12h31

J'essayais de mettre en avant les souffrances qu'on se crée soi-même à force de se battre contre des moulins à vent. La vidéo propose d'en avoir conscience et d'apprendre à composer.

Dans certains cas, ces souffrances sont plus vives que la simple confrontation au monde relationnel (qui est naturelle, je n'en disconviens pas). Le fait de découvrir que certaines de ces souffrances viennent de soi peut être un sujet de réflexion personnelle.

Un exemple vécu :
"je ne veux pas que tu fasses ces choses parce que je te le demande, pour me faire plaisir. Je veux que tu sois celui qui aime faire ça et ça pour moi...".
La personne voudrait donc qu'on soit "elle" (ou "exactement comme elle").
C'est ce genre d'auto-souffrance qu'il est question ici, il me semble.

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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Tamara

le lundi 15 avril 2013 à 13h06

Je pense qu'un questionnement existentiel est nécessaire. Mais si ce temps de questionnement perdure c'est qu'il y a un problème qui est très éloigné des questions que vous vous posez. Ça devient une fuite en avant. Pour bien vivre il faut d'abord vivre. Penser est toujours second.

Comme c'est vrai. Pour ma part j'ai fait le parcours inverse. J'étais avide de vivre (enfance maltraitée, voir martyrisée) et j'ai sans réfléchir croqué la vie à pleines dents, petites fuites en avant dans les plaisirs, refus des limites, et très très faible tolérance à la frustration : courage fuyons !
Aujourd'hui je me réajuste et j’espère bien pour autant ne pas perdre cette force de vie et de joie qui me qualifie. Penser, panser... Réfléchir, refléter... Se remettre en questions et poser ses limites. L'amour sans concession ? Une illusion d’optique. C'est dans nos interactions qu'il nous est possible de grandir, de guérir ou de se faire la guerre ou de se manipuler...

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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alps

le lundi 15 avril 2013 à 13h22

Leolu
J'essayais de mettre en avant les souffrances qu'on se crée soi-même à force de se battre contre des moulins à vent. La vidéo propose d'en avoir conscience et d'apprendre à composer.

Dans certains cas, ces souffrances sont plus vives que la simple confrontation au monde relationnel (qui est naturelle, je n'en disconviens pas). Le fait de découvrir que certaines de ces souffrances viennent de soi peut être un sujet de réflexion personnelle.

Un exemple vécu :

"je ne veux pas que tu fasses ces choses parce que je te le demande, pour me faire plaisir. Je veux que tu sois celui qui aime faire ça et ça pour moi...".

La personne voudrait donc qu'on soit "elle" (ou "exactement comme elle").

C'est ce genre d'auto-souffrance qu'il est question ici, il me semble.

Message modifié par son auteur il y a 20 minutes.

Ca c'est pas un problème. C'est une phase de l'amour fusionnel. Pour qu'il y ait un nous. Il faut bien que les je s'accordent. Il ne faut pas voir ca de manière intellectuelle. Il faut le comprendre comme quelque chose de bien vivant dans une relation à deux. C'est la transition à l'état fusionnel. Ce n'est pas de l'auto souffrance.

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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