Polyamour.info



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Je ne suis pas polyamoureuse mais...

Monogamie
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Katouchka

le mercredi 21 novembre 2012 à 14h30

Voilà j'ai compris ça après un an de discussions, de débats, de quelques cafés poly (où d'ailleurs on me pose toujours la question), et surtout de détresse affective.
Le pire c'est que je pense que mon conjoint ne l'est pas non plus.
Et elle alors c'est plutôt clair: elle ne l'est pas du tout!!!

Je crois qu'avant qu'il tombe amoureux d'elle, j'ai entendu parler du polyamour, nous en avions discuté et j'étais, je suis toujours très ouverte sur la question mais moi ce qui m'a attirée dans l'idée du polyamour c'est juste un certain aspect. Celui (dans mon cas) où un homme aimerait deux femmes et que ces deux femmes s'aimeraient comme des "soeurs" (Bref oui je sais c'est plus de la polygamie).

Je suis bien heureuse d'avoir découvert ce site, d'avoir découvert tous les aspects du polyamour. Je trouve toutes ces manières d'être amoureux formidables, surtout quand tout le monde se comprend.

Mais moi, je ne me sentais attirée que par cet aspect là.

Par ailleurs, si j'avais été vraiment polyamoureuse, j'aurais accepté la relation qu'il a avec elle, point. Mais en fait je ne l'accepte pas car cela ne se passe pas comme j'aurais aimé que ça se passe, je crois pas que ce soit très "polyamoureux" cette attitude.

Et lui en fait, je ne crois pas qu'il l'est non plus. Je crois que ce n'est pas par hasard qu'il est devenu "polyamoureux" au moment où je tombe enceinte. Je crois qu'inconsciemment c'était un moyen de fuir une vie qu'il croyait à présent "figée".

Alors voilà, reste un petit goût amer... Je vais avoir besoin de temps pour me remettre de ça et je me demande si je pourrais croire à nouveau un jour à l'amour tout court.

Ah oui, et pourquoi je partage avec vous cette pensée?

Parce que je voulais juste confirmer une idée qui circule sur le site sur le fait que tout le monde ne peut pas être polyamoureux même s'il fait beaucoup d'efforts pour le devenir, parce que parfois c'est une voie très difficile à emprunter .
Mais que (puisque j'ai eu le droit un jour en message privé à ce jugement) cela ne fait pas forcément de nous, des "monogames de base"!

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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Siestacorta

le mercredi 21 novembre 2012 à 15h07

Ben c'est pas un jugement de valeur, hein, monogame de base. C'est le constat d'un fonctionnement.
Du moment que les gens son heureux comme ça et qu'ils cherchent pas à ce qu'on soit heureux à leur manière, ça me va très bien.

Par contre, l'aspect fraternel entre deux personnes d'une relation poly triangulaire... Je voulais préciser que c'est moins un aspect du polyamour, qu'une de ses possibilités.

Ca peut arriver, et ce serait sans doute une belle relation. Mais si on part du principe que deux personnes qui se rencontrent ne s'apprécient que rarement au point de s'aimer, le fait qu'il y ait un "bon rapport triple" ne devrait pas être un stade qu'on doit attendre pour suivre des penchants poly.

Sinon, ça place la barre trop haut, au point de prendre le risque de ne pas aboutir ; et de considérer que ce qui se passe avant cet objectif suprême ne mérite pas d'être vécu.

Un peu comme si, en démocratie, on décidait de ne jamais prendre de décision sans un accord unanime de tous les électeurs. Ca peut bloquer la décision et l'action longtemps...
Ou un peu comme si, chez les monogames, on disait "je ne commence pas vraiment une relation si je ne suis pas sûr qu'elle aboutira sur un mariage très durable et très heureux".

C'était peut-être pas du tout ton sujet, mais si tu peux être attirée par le polyamour, le pose pas dans un cadre idéal où il ne pourrait pas être pratiqué.
Il s'agit pas de faire un "moule idéal" des relations parfaites et d'attendre que les autres se coulent dedans.
Comme dans toues les autres relations amoureuses, tu construits avec le matériel qu'apportent les autres...
Et le pire, avec toute cette altérité, c'est que c'est BON.

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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LuLutine

le mercredi 21 novembre 2012 à 15h54

Katouchka
Par ailleurs, si j'avais été vraiment polyamoureuse, j'aurais accepté la relation qu'il a avec elle, point. Mais en fait je ne l'accepte pas car cela ne se passe pas comme j'aurais aimé que ça se passe, je crois pas que ce soit très "polyamoureux" cette attitude.

Si je comprends bien ta phrase ci-dessus, tu dis que tu n'acceptes pas la relation parce qu'elle ne se passe pas comme tu le voudrais, et que tu en déduis que cette relation n'est pas polyamoureuse ?
Ou bien c'est toi qui n'a pas une attitude polyamoureuse ?

Juste, je ne suis pas sûre de comprendre la fin...

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Katouchka

le mercredi 21 novembre 2012 à 15h55

Bah disons que comme c'était dit, ça ressemblait à un jugement. C'était un truc du style: "... comme le font toutes les nanas mono du quartier." Peut-être que le jugement se situe essentiellement dans le ton et non dans les mots choisis.

Siestacorta
Je voulais préciser que c'est moins un aspect du polyamour, qu'une de ses possibilités.

Ce qui confirme que je ne suis pas polyamoureuse puisque je ne vois qu'une possibilité de le vivre. Et qu'en tous cas, si je n'ai pas confiance en elle, il me semble impossible à moi de l'envisager.

Siestacorta
Mais si on part du principe que deux personnes qui se rencontrent ne s'apprécient que rarement au point de s'aimer, le fait qu'il y ait un "bon rapport triple" ne devrait pas être un stade qu'on doit attendre pour suivre des penchants poly.

Je n'ai pas de penchants poly, c'est plutôt mon mec qui en a et moi j'ai tenté de suivre SES penchants et je m'accrochais vainement à cette possibilité. Je pense effectivement que c'était une erreur.

Siestacorta
et de considérer que ce qui se passe avant cet objectif suprême ne mérite pas d'être vécu.

Ce que je ressens c'est plutôt que la situation actuelle ne me satisfait pas et même me fait souffrir énormément. Et donc forcément je n'ai pas l'impression que cette souffrance mérite d'être vécue. Le devrais-je?

Siestacorta
Un peu comme si, en démocratie, on décidait de ne jamais prendre de décision sans un accord unanime de tous les électeurs. Ca peut bloquer la décision et l'action longtemps...
Ou un peu comme si, chez les monogames, on disait "je ne commence pas vraiment une relation si je ne suis pas sûr qu'elle aboutira sur un mariage très durable et très heureux".

Ce n'est pas vraiment ça c'est plutôt maintenant je suis sûre qu'elle n'aboutira jamais à ça.

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Katouchka

le mercredi 21 novembre 2012 à 15h58

@LuLutine, c'est moi qui n'a pas une attitude polyamoureuse. Si ça avait été le cas je pense que je ne me serais pas accrochée à une seule possibilité de vivre cette relation.

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Siestacorta

le mercredi 21 novembre 2012 à 16h01

Katouchka

Ce qui confirme que je ne suis pas polyamoureuse puisque je ne vois qu'une possibilité de le vivre.

Hypôthétiquement, si tu vivais et désirais cette possibilité, et n'en désirais pas d'autres, tu serais quand même poly.
Spratique, notre bordel.

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Katouchka

le mercredi 21 novembre 2012 à 16h09

Ah, bon? Dommage que le fait d'être poly ne fasse pas que mon problème s'arrange!

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(compte clôturé)

le mercredi 21 novembre 2012 à 16h17

Etre polyamoureux, ne veux pas dire accepter toutes les façons de vivre le polyamour.
Quand tu lis les différents témoignages, ou que tu discutes avec les gens dans les café poly, ils ont chacun une conception de leur vie poly, qu'ils ont définit avec leur envies, leur besoins....

Après, l'important c'est de prendre soins de toi Katouchka.

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Katouchka

le mercredi 21 novembre 2012 à 16h29

:-) oui prendre soin de moi...

lisea.a
Etre polyamoureux, ne veux pas dire accepter toutes les façons de vivre le polyamour.

ça me paraît juste quand tu le dis!

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OMG

le mercredi 21 novembre 2012 à 16h47

Je ne sais pas s'il est important de se définir comme appartenant à telle ou telle catégorie, mais il me semble important par contre de se connaitre et de respecter ses besoins. Pour avoir lu la plupart de tes interventions, j'ai cru comprendre que tu avais fait beaucoup d'efforts pour t'adapter à la situation et pour ne pas diaboliser ton homme, ni sa nouvelle amoureuse.
J'ai l'impression que le problème principal réside dans le fait que tu ne la sens pas bienveillante envers toi ni envers le couple que vous formez (j'extrapole peut-êtrei). Je comprends que ce soit très difficile à vivre et que tu aies besoin d'être rassurée sur le fait que cette femme ne "manigance" pas contre l'équilibre si précieux de ta vie de famille et de ta vie amoureuse (les deux étant très intriqués quand on a des enfants ensemble).
Enfin, je fais peut-être du hors sujet, mais si cette situation te rend toujours très malheureuse et que tu as l'impression que tes besoins sont négligés, c'est vraiment embêtant. Je n'ai aucune solution, je ne suis pas dans la même situation que toi, mais je compatis et j'espère que l'homme que tu aimes sauras prendre soin de ton équilibre. J'ai vu que certains polyamoureux avaient renoncé pour un temps à une relation nouvelle pour préserver celle qui était déjà établie. Peut-être qu'une pause pourrait être envisageable de leur coté? Pour que vous puissiez respirer à votre propre rythme, établir le fait que la priorité pour ton homme, c'est toi et la famille que vous avez, même s'il l'aime elle aussi, et que les choses entre eux ne peuvent reprendre que si ce n'est pas à tes dépends? C'est à dire avec une sorte de code de bonne conduite réciproque ? Bon, j'ai probablement un raisonnement très mono, avec une hiérarchie et tout et tout... Et si je suis à coté de la plaque, je suis navrée. En tout cas, je te souhaite du courage et... de l'optimisme! Tout change toujours. Ce qui te fait très mal aujourd'hui ne sera plus aussi douloureux demain et encore moins après demain.
Sinon, par rapport au fait que cette histoire avec elle a commencé pendant ta grossesse : de mon coté, après moults discussions avec mon homme (je sais bien que personne n'est à personne, "mon homme", c'est une formule), nous en avons conclu qu'il n'était pas étonnant que le passage à l'acte ait eu lieu à ce moment là. Il avait déjà eu envie d'autres personnes, mais il n'avait pas passé le pas car il ne se sentait pas enfermé. Il était libre d'être avec moi et il le sentait. Son désir de vivre autre chose n'était donc pas suffisamment fort pour qu'il le réalise et il ne le vivait pas comme un sacrifice mais comme un choix. Par contre, une fois la grossesse avancée, il a senti à quel point sa vie allait changer, à quel point il allait devoir "assurer", à quel point cela signifiait que nos vies se liaient pour de longues (et terrifiantes ;-) années... et dans ce contexte, le pire selon moi, il a décidé d'y aller, d'être "libre".
Bon, le mot liberté, dans ce contexte, me fait doucement rigoler tant il semble obéïr à des craintes et à des projections, mais chacun les siennes après tout... Enfin, je fais probablement du hors sujet, mais comme je n'avais pas répondu à tes interventions quand tu as répondu sur mon fil... et que je suis sur le site aujourd'hui, je me suis permise de t'écrire. J'espère ne pas avoir été trop maladroite et je te souhaite de te sentir plus légère bien vite, quelque soit la façon dont ça se passe.

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Siestacorta

le mercredi 21 novembre 2012 à 17h11

Bon, tu as sans doute fait beaucoup de travail, ne prend ce qui suit que comme un matière à réflexion, pas un jugement.

Des fois... on dit "je ne peux pas" pour rendre un "je ne veux pas" indiscutable.
Etre sûr que c'est bien un "je ne peux pas" plutôt qu'un "je ne veux que ça sinon rien", ça permet aussi d'être acteur au moment des crises, pas seulement victime.
On peut désirer telle ou telle forme de relation, et vessayer autre chose, parce que l'amour pour l'autre nous semble assez fort pour vouloir lui laisser le plus de possibilités de continuer.

Je répète, avec l'histoire que tu as racontée, c'est évident que l'histoire ne se passe pas juste dans l'abstrait, qu'il y a plein d'éléments qui ne rentre pas dans mon raisonnement.

Mais les difficultés des relations amoureuses, continuer, pas continuer, comment, devraient nous pousser à regarder nos sentiments d'une façon responsable.
Le polyamour, comme il inclue un tiers, une personne qui va s'engager encore différemment des deux autres, donc encore moins de facilité de contrôle, nous oblige encore plus à regarder nos responsabilités.

Dans un couple (ou même dans les autres relations qu'on peut "fermer" aux influences extérieures, comme les rapports parents-enfants), et dans le cadre traditionnel "amour/couple/foyer", on peut plus facilement oublier la responsabilité de ces sentiments.
L'amour est un beau contrat pré-écrit, et celui qui veut en changer les termes (pour du poly ou pour le simple fait de ne pas faire chambre commune) est quelqu'un qui ne ressent pas un "vrai" amour. Si l'amour est un sentiment simple, que tout le monde peut ressentir, je n'ai aucune responsabilité à prendre quand je le ressens, "c'est comme ça".

Le poly, comme d'autre situations, oblige souvent à être plus attentif à la complexité des relations... Il n'y a pas un acquis, un plan traditionnel, toi tu aimes comme ça, et si tu as un amant il aimera comme ça. I
Il n'y a que des Autres, pleins de différences, de désirs qu'on ne comprend pas forcément, des vies qui ne sont pas là pour aller tout simplement avec la notre. Un peu comme le reste du monde...
Mais là, ça se passe dans nos sentiments, nos intimités. Cette complexité nous demande une attention et une confiance qu'on croyait si facilement s'épargner (et le taux de divorce nous montre un peu en quoi c'est aussi une illusion amoureuse banale et fragilisante).

Tout ça pour dire : l'amour, c'est le bordel, en général, c'est la vie, faut faire avec.
Et si ça ne l'est pas pendant une période, ça pourra le devenir, se baser sur une simplicité idéale, ça ne marche pas.
Mettons princesses et princes charmants le nez dans le réel, on vivra heureux plus souvent.

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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Katouchka

le vendredi 23 novembre 2012 à 10h48

Merci beaucoup OMG et Siestacorta pour vos messages qui m'ont poussée à la réflexion.

OMG
Je comprends ... que tu aies besoin d'être rassurée sur le fait que cette femme ne "manigance" pas contre l'équilibre si précieux de ta vie de famille et de ta vie amoureuse

Franchement, je ne crois pas qu'elle "manigance". Elle n'est pas malveillante. Ce que je crois c'est qu'elle n'a pas du tout envie de vivre dans un trio. Elle a du mal elle-même à exprime ce qu'elle voudrait. Je pense que si elle a du mal à l'exprimer, c'est aussi parce que si elle devait le faire cela ne collerait pas forcément avec ce que lui ou ce que moi je voudrais. Mais au bout d'un an passé, et au vu de tout ce qui s'est passé, il est clair que, comme elle admet qu'il ne peut lui appartenir, elle voudrait une relation avec lui qui aurait l'air normale donc totalement déconnectée de nous. À ses yeux cela ne remet pas en cause l'équilibre de ma famille. Et franchement après tout cela ne remet effectivement pas en cause cet équilibre s'ils se voient peu. (ce qui ne l'a pas toujours satisfaite)
Le problème dans cette possibilité finalement c'est moi, c'est pas elle. Je n'aime pas ça, je trouve ça glauque. j'ai conscience que c'est ma vision et ma façon de ressentir les choses. Je comprends bien que c'est parce que je ne suis pas suffisamment .... "compersive" comme certains disent.
Cette vision n'est pas venue toute seule. Pendant 7 ans (de vie monogame) mon ami et moi avons construit un mode de fonctionnement où sans être collés l'un à l'autre tout le temps, personne ne devait se sentir exclu d'un groupe d'ami ou d'un autre. Donc s'il était invité quelque part, je pouvais pouvoir y aller si j'en avais envie et vice versa. Ce n'est pas moi qui en ai exprimé le désir c'est lui. Et même si je n'étais pas tout à fait d'accord au début, j'étais heureuse d'avoir trouvé quelqu'un qui veuille partager autant avec moi.
C'est pourquoi, si cela devait se passer ainsi, j'ai le sentiment aujourd'hui d'être trahie et de ne pas avoir envie de le surmonter. Je lui en voudrais beaucoup que l'on m'impose cela.

OMG
J'ai vu que certains polyamoureux avaient renoncé pour un temps à une relation nouvelle pour préserver celle qui était déjà établie. Peut-être qu'une pause pourrait être envisageable de leur coté ?

Non, je ne suis pas d'accord. Je n'imposerais jamais à quelqu'un d'autre ce que je ne voudrais pas qu'on me fasse. D'autant plus que je sais que je suis une priorité pour lui, enfin sa famille est une priorité pour lui. Je n'ai pas besoin d'être rassurée sur ça.

OMG
C'est à dire avec une sorte de code de bonne conduite réciproque ?

Je vais faire ma "chieuse" mais je me dis que si ce code lui paraît imposé et qu'elle ne le voit que comme une contrainte ça ne marchera jamais. Dernièrement voilà ce qu'elle m'a écrit: "J'en ai marre d'être subordonnée à ton bon vouloir" et "J'ai l'impression que ce que tu veux, c'est que je te montre ma gratitude pour me laisser ces quelques moments avec lui". Ceci est survenu après que l'on a établi un "code" et qu'elle ne l'a pas vraiment respecté, que je lui demandais des explications là-dessus, qu'elle s'est énervée. Si elle même n'est pas convaincue, on en revient à la première solution: 2 vies bien parallèles.

Pour ce qui concerne le fait qu'il l'ait fait pendant la grossesse, lui est persuadé que cela n'a rien à voir, moi non mais peu importe il faut faire avec maintenant, même si docteur Freud lui disait que c'était un moyen pour lui de fuir une certaine réalité, je ne crois pas que ça changerait grand chose.
Ce qui est rigolo, c'est qu'hier je lui ai dit qu'il n'était pas polyamoureux à cause de cette raison et du fait que s'il l'était nous ne devrions pas (ni elle ni moi) sentir qu'on nous impose une manière de vivre, il m'a dit qu'il était polyamoureux parce qu'il aimait 2 personnes. Je lui ai conseillé de venir sur ce site! ;)

Siestacorta
Tout ça pour dire : l'amour, c'est le bordel, en général, c'est la vie, faut faire avec.
Et si ça ne l'est pas pendant une période, ça pourra le devenir, se baser sur une simplicité idéale, ça ne marche pas.

Ce que tu écris me bouleverse. C'est un peu difficile d'y répondre. À la fois, je suis d'accord avec toi mais à la fois je trouve ça terrible de m'engager sur une voie que je sais d'avance douloureuse. Pour que ce que tu dises fonctionne, il faudrait que je puisse le vivre positivement en attendant éventuellement de le vivre de manière idéale. Mais je ne le vis pas positivement. Je suis souvent en train de souffrir alors c'est pourquoi je voulais tout arrêter.
C'est si compliqué comme situation, tout le monde me conseille ici, mais vis ce que tu as à vivre avec lui et ne t'occupe pas de ce qu'il vit avec elle.
Juste un exemple, avant d'avoir un bébé, on sortait, on allait au resto, on faisait plein de choses. Normal, quand on a un bébé, au début on renonce un peu à ce genre de choses. Bon si je prends que notre couple, il me parait normal qu'on sorte moins. Sauf que lui avec elle, ils sortent, ils vont au resto, au ciné... Un couple normal sans enfant. Cela me parait donc injuste, je lui dis, on en parle, il admet cela, on essaie de trouver des solutions... Génial, on a discuté mais le problème c'est que ce genre de trucs ça arrive tout le temps, je suis toujours obligée d'expliquer ce qui ne va pas. Le polyamour c'est difficile, il faut parler tout le temps. C'est fatiguant, c'est décevant aussi dans mon cas parce que pendant 7 ans, je n'ai pas eu besoin de lui dire quoi que ce soit, il me rendait heureuse sans qu'on ait besoin de lui montrer le mode d'emploi.
Et donc voilà, je me demande si je peux continuer comme ça.

Désolée pour le pavé...

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bouquetfleuri

le vendredi 23 novembre 2012 à 12h01

Personne n'est polyamoureux ou monoamoureux. Je veux dire par là que tout le monde vit une expérience amoureuse et que pour faire simple on peut distinguer certaines expériences dans un certain schéma parce qu'elle semblent trancher avec d'autres, mais que la réalité est bien une addition d'expériences aussi différentes les unes des autres que ne peut sembler le dire l'antagonisme de ces deux termes
Mais si j'accepte cette taxonomie désuète, je relève dans ton premier message des éléments qui te rangent dans cette famille des polyamoureux : ta réflexion sur la forme de la relation, ton projet idéal qui est bien celui que chacun veut vivre (et là, je ne m'avance pas trop), les constats lucides sur la faisabilité ou non et je suis particulièrement content de pouvoir m'enrichir de ta réflexion.
J'écrivais il y a peu à mon amoureuse : la libération par l'expérience n'est pas l'expérience de la liberté. Je crois que dans la pratique des relations amoureuses simultanées, l'un précède l'autre avec plus ou moins de bonheur et que le chemin qui mène de l'un à l'autre s'accomplit dans le dialogue.
Je vous souhaite d'arpenter vaillamment ce chemin.

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jfferson75

le vendredi 23 novembre 2012 à 13h51

Bonjour,

Je cite ce que tu as dit
Et lui en fait, je ne crois pas qu'il l'est non plus. Je crois que ce n'est pas par hasard qu'il est devenu "polyamoureux" au moment où je tombe enceinte. Je crois qu'inconsciemment c'était un moyen de fuir une vie qu'il croyait à présent "figée".

Je pense en effet que c'est une fuite. J'ai connu plusieurs couples où l'h a fui ses responsabilités à la naissance du premier enfant. C'est un certain manque de maturité.

bon courage

Jean-François

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OMG

le vendredi 23 novembre 2012 à 14h30

Bonjour Katouchka,

J'ai remarqué que le mot "imposer" revenait plusieurs fois dans les réponses que tu fais à mon intervention. Je ne suis pas sûre de comprendre le premier : "Je lui en voudrais beaucoup que l'on m'impose cela", que veux-tu dire par là? Puis ce même mot revient ensuite avec : "Je n'imposerais jamais à quelqu'un d'autre ce que je ne voudrais pas qu'on me fasse." Et encore une fois avec : "Je vais faire ma "chieuse" mais je me dis que si ce code lui paraît imposé et qu'elle ne le voit que comme une contrainte ça ne marchera jamais."

Je ne veux pas t'importuner avec ce qui pourrait ressembler à une sorte d'analyse de texte, en fait, cela a attiré mon attention car j'ai beaucoup réfléchit dernièrement à la difficulté que l'on peut éprouver à demander quelque chose à quelqu'un quand on sait qu'une réponse positive de sa part aura des répercussions dans la vie de l'autre. Surtout si cette réponse positive risque de le priver de quelque chose, de lui causer de la peine. Et même si après tout, l'autre a la liberté d'accepter ou de décliner cette demande.

Pour revenir sur une belle phrase de Bouquetfleuri (j'ignore si je la comprend comme lui l'entend) : "la libération par l'expérience n'est pas l'expérience de la liberté", il me semble que l'on se libère quand on accepte ses limites, ses besoins, qu'on ose affirmer ce que l'on est. Pas contre l'autre, pour soi.
Souvent, la liberté implique un choix (y compris celui de ne pas choisir entre deux personnes), le choix implique un renoncement (à une vie telle qu'elle était par exemple)... Enfin, j'écris ça, mais ma réflexion n'est pas très aboutie... Je m'embrouille un peu, excuse moi.

En ce qui me concerne, je remarque que j'ai beaucoup de mal à demander certaines choses car je voudrais qu'elles me soient données de bonne volonté, sans douleur, sans reproches ultérieurs. Parfois, je sais que certaines attitudes chez l'autre ne me conviennent pas mais je préfère ne rien demander car je veux qu'il décide de le faire par lui même. Aussi, il arrive que je renonce à faire une demande qui me ferait du bien au nom de la liberté de l'autre et aussi parce que je me dis que l'influencer est probablement voué à l'échec. Car il m'en voudra et j'aurais de mon coté l'impression qu'il ne me donne pas librement ce que je désire... et donc, ça ôte de la valeur à son geste.
On pourrait voir les choses différemment et estimer que l'autre fait un cadeau qui lui coûte, certes, mais qu'il choisit de le faire. Tout comme on est soi même apte à accepter certaines choses pour le bien-être de l'autre. Mais bizarrement, le renoncement de l'autre me pose parfois plus de souci que le mien!

D'un autre coté, si j'accepte quelque chose qui me fait beaucoup de mal, sur la durée, j'ai également l'impression que c'est voué à l'échec car je néglige mes besoins. Mon ressentiment et mon malaise enfle et finalement, je risque de mettre fin à la relation pour sortir d'une situation devenue intenable...
Je ne sais pas si tu en es là, mais si c'est le cas, je trouve dommage de renoncer à faire une demande qui pourrait t'aider à restaurer ton équilibre. Mais cette demande ne semble pas consister à ce que j'ai évoqué (une pause ou un code) et je n'ai bien sûr pas idée de ce qui pourrait te convenir.

Bref, c'est compliqué... En tout cas, si ta situation te semble aujourd'hui insupportable au point d'envisager de quitter ton compagnon, ce que j'ai cru comprendre lorsque tu dis "Je suis souvent en train de souffrir alors c'est pourquoi je voulais tout arrêter", il serait probablement important de le prévenir que tu risques de partir. L'inconvénient, c'est que ça prend aussitôt l'air d'un ultimatum, mais on peut aussi voir cela comme de la communication franche et honnête où l'on indique à l'autre ses limites, quitte à les voir comme des limitations. Il me semble qu'annoncer qu'elles existent, les assumer, pose peut-être moins de problème que de les ignorer. D'autant plus que tu as beaucoup lutté pour essayer de dépasser le fait que ton compagnon ait établi une autre relation et qu'après un an, tu es peut-être capable de savoir si la situation telle qu'elle est menée actuellement te convient ou pas. Et de faire connaitre tes conclusions, qui peuvent peut-être évoluer dans le temps mais sont ce qu'elles sont aujourd'hui.

Il me semble noble de vouloir se dépasser pour le bien-être de l'autre, pour une idée que l'on trouve acceptable intellectuellement, mais si on la trouve invivable, qu'elle nous fait souffrir, qu'elle nous tourmente... il faut bien accepter d'entendre ce qui souffre en soi, d'en tenir compte et de réclamer des autres qu'ils en tiennent compte aussi.

Après... comment dépasser le rapport de force... je n'en sais rien. En fait, je partage probablement plus mes questions que mes réponses... Désolée de m'être autant étalée...
Je passe de mon côté par les affres du questionnement. Je me demande ce qu'il est juste de demander, voire d'exiger, quoi que ce soit de l'autre. Je me demande ce qui relève de l'égoïsme, ce qui est de l'ordre du sacrifice, etc... Il est donc clair que je projette mes réflexions actuelles sur la situation que tu décris et dont je ne connais pas grand chose. J'espère en tout cas que vous trouverez une voie pour que tu te sentes de nouveau bien, en phase avec la vie que tu mènes.

Voilà, je souhaite ne pas t'avoir ennuyée en te faisant partager ces pensées. C'est en toute humilité que je te les confies, je sais bien que nous sommes seul à diriger notre barque et qu'on fait tous de notre mieux, sans guide, sans radar, que la tempête fasse rage ou que la mer soit d'huile (comme c'est bon, une mer d'huile, de temps en temps!)...

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(compte clôturé)

le vendredi 23 novembre 2012 à 17h20

bouquetfleuri
Personne n'est polyamoureux ou monoamoureux. Je veux dire par là que tout le monde vit une expérience amoureuse et que pour faire simple on peut distinguer certaines expériences dans un certain schéma parce qu'elle semblent trancher avec d'autres, mais que la réalité est bien une addition d'expériences aussi différentes les unes des autres que ne peut sembler le dire l'antagonisme de ces deux termes
[...] la libération par l'expérience n'est pas l'expérience de la liberté. Je crois que dans la pratique des relations amoureuses simultanées, l'un précède l'autre avec plus ou moins de bonheur et que le chemin qui mène de l'un à l'autre s'accomplit dans le dialogue. [...]

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Siestacorta

le vendredi 23 novembre 2012 à 17h24

T'inquiète pas pour les pavés, katouchka !
On est content de lire et d'avoir l'occasion de réfléchir.

Et quoi qu'on puisse te dire, ici, et comme dans mon cas, avec un parti-pris poly, c'est ton bonheur qui est en cause.

L'anecdote sur le fait qu'il sorte alors que tu es avec votre enfant est assez parlante... Que dit-il de son rôle de père ?

Attention, je dis pas que les parents devraient pas avoir de vie poly, hein (désolé :-) ).
Je dis que notamment la parentalité fait partie de ce qui définit votre relation. Il se voit et il agit comme père ? Tu attends ça de lui ? Est-ce que votre "foyer" est un endroit où il reviendra à coup sûr, indépendamment du reste de sa vie affective ?

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Katouchka

le vendredi 23 novembre 2012 à 18h00

@OMG: merci de prendre le temps de me répondre. J'aime la manière dont tu écris tout cela, tu mets en mots tout ce que je ressens, je n'aurais plus qu'à copier/coller la prochaine fois que je veux l'expliquer à mon amoureux. Toutes les questions que tu te poses, je me les pose. Ce qui est réconfortant, c'est que je me sens moins seule, ce qui l'est moins c'est que nous n'avons pas trouvé les réponses!

@Siestacorta
Et bien à propos de son rôle de père, c'est intéressant et pour moi c'est le coeur du problème! Mais je ne peux pas dire que je ne savais pas. Et franchement ça ne me posait aucun problème intellectuellement avant qu'il devienne "poly".
En fait, mon amoureux a une vision très vieux jeu du rôle de la mère et de celui du père. La mère doit s'occuper des enfants: les soigner, les changer, les vêtir, les nourrir, les éveiller. Le père, lui, travaille et parfois il joue avec son enfant et s'occupe de son éducation. Moi, j'étais d'accord avec ça. Je savais qu'il sortirait (seul avec des copains je croyais) pour échapper de temps en temps à l'atmosphère familiale et que lorsque l'on voudrait sortir ensemble on ferait garder si possible les enfants. Mais je ne m'attendais pas à ce que ces sorties entre copains se transforment en rendez-vous amoureux.
Lui me dit toujours: mais je suis heureux des moments passés avec toi, si je l'aime elle aussi ce n'est pas parce qu'avec toi c'est moins bien: c'est juste différent.
Oui sauf que là je ne me sens plus "femme" du tout, je me sens la "mère" et j'ai du mal à combattre le sentiment qu'il vit avec elle des moments qu'il pense ne plus pouvoir vivre avec moi alors que ce n'est pas le cas du tout et qu'après en avoir parlé évidemment il a pris conscience que je pouvais avoir ce sentiment mais qu'en aucun cas, il ne voyait les choses comme ça.
Et oui, je suis sûre qu'il ne me quittera jamais et que je suis pour lui le côté stable de sa vie et il a en besoin.

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(compte clôturé)

le vendredi 23 novembre 2012 à 21h07

Alors moi je voudrais juste réagir sur une petite chose qui pourrait paraître un détail mais qui, je suis d'accord avec toi, concerne en réalité le fond du problème.
Tu as écrit :

"Juste un exemple, avant d'avoir un bébé, on sortait, on allait au resto, on faisait plein de choses. Normal, quand on a un bébé, au début on renonce un peu à ce genre de choses. Bon si je prends que notre couple, il me parait normal qu'on sorte moins. Sauf que lui avec elle, ils sortent, ils vont au resto, au ciné... Un couple normal sans enfant. Cela me parait donc injuste, je lui dis, on en parle, il admet cela, on essaie de trouver des solutions... Génial, on a discuté mais le problème c'est que ce genre de trucs ça arrive tout le temps, je suis toujours obligée d'expliquer ce qui ne va pas. Le polyamour c'est difficile, il faut parler tout le temps. C'est fatiguant, c'est décevant aussi dans mon cas parce que pendant 7 ans, je n'ai pas eu besoin de lui dire quoi que ce soit, il me rendait heureuse sans qu'on ait besoin de lui montrer le mode d'emploi."

C'est une chose de sortir moins - et oui, c'est normal avec un bébé et (je ne vais pas te rassurer) même avec un jeune enfant ; c'est même compliqué assez longtemps parce que tu vas échanger progressivement le stress de laisser un petit être fragile avec la culpabilité de ne pas passer de temps avec un être parlant qui va te réclamer ce temps - et te reprocher vertement de ne pas être sans cesse avec lui.
C'est autre chose de ne plus sortir du tout.
Qu'il ait envie de passer du temps avec elle, ok ; mais ça ne devrait pas vouloir dire que toi et lui vous n'avez plus du tout ni de possibilité ni de besoin d'une vie de couple. Effectivement si tous les moments un peu festifs sont avec elle et pas avec toi, je comprends que ça t'agace.
Est-ce qu'il envisage la possibilité de passer des soirées avec toi sans enfant ? En utilisant un-e baby-sitter par exemple ?

Parce que l'idée que tu as besoin d'avoir des relations fortes avec sa copine, est-ce que tu ne penses pas que ça pourrait être entretenu par une intense frustration à son niveau à lui ? Tu partages moins de choses donc tu voudrais partager sa copine... C'est une intuition comme ça en te lisant, je n'en sais rien et peut-être que je me plante complètement.
En tout cas disons que je te comprends - tout en la comprenant, elle aussi : surtout dans un cadre poly où on passe souvent un temps limité avec ses partenaires, quand on est avec eux, on a envie parfois qu'ils soient pleinement là, sans les sentir raccordés à autre chose. Ce qui ne veut pas du tout dire qu'on ne respecte pas le fait qu'ils aient une vie à côté et qu'on veut que cette autre vie disparaisse ! C'est juste que certains polys (dont je fais partie) ont besoin de cloisonner pour se sentir à l'aise.

Alors après il peut arriver au bout d'un certain temps qu'on essaie de décloisonner parce qu'on a mûri, que ça s'y prête, que l'envie est venue... mais forcer, ça ne sert à rien, tu en as fait l'expérience amère.
Je te livre des choses un peu en vrac, je ne sais pas si ça va vraiment t'être utile, tu prends et tu laisses ce que tu veux. Mais j'insiste : être parent ne veut pas dire, ne doit pas vouloir dire la fin de la vie sociale pour l'un des deux, c'est injuste.

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Siestacorta

le vendredi 23 novembre 2012 à 21h35

Katouchka
En fait, mon amoureux a une vision très vieux jeu du rôle de la mère et de celui du père. La mère doit s'occuper des enfants : les soigner, les changer, les vêtir, les nourrir, les éveiller. Le père, lui, travaille et parfois il joue avec son enfant et s'occupe de son éducation. Moi, j'étais d'accord avec ça. Je savais qu'il sortirait (seul avec des copains je croyais) pour échapper de temps en temps à l'atmosphère familiale.

Tu peux accepter la règle du jeu où l'homme est plus libre et la mère plus à la maison. Mais faut quand même savoir que la règle "patriarcale" engendre exactement le type de situation où tu es.
Le "rôle traditionnel", si tu signes pour le tenir, tu te retrouves avec le mec qui tient un rôle plus facile en face.

Imagine par exemple que ce soit toi qui décides de sortir avec des copines et "d'échapper à l’atmosphère familiale".
(pourquoi une femme en aurait moins envie qu'un homme ?) . Lui, il estimerait que c'est ta faute si le gamin se retrouve seul à la maison ?

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