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Polyamour rime-t-il avec autonomie et indépendance ou avec communauté et solidarité ?

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Lili-Lutine

le lundi 17 septembre 2012 à 17h35

""""bodhicitta8"""J'ai peur que ça devienne un lieu remplit de tension (ok oui et beaucoup d'amour m'enfin) surtout peur que ça n’encourage vraiment pas à etre cool, admettons les amoureux de X à étre sympa entre eux, ça enléve l'idée à Y d'inviter Z à passer dans son appart boire l'apéro voir manger (pourquoi le faire car il y a un lieu commun) et si quelqu'un à un truc à dire ou une question du moment il dit à tout le monde de passer.

de plus pour les nouveaux amis extérieurs aux trio (dans l'exemple) moi ça me ferait bizarre de les inviter dans le commun, que je n'arriverai à considérer vraiment à moi."""""

Peut être alors prevoir des portes d'entrées ( ou de sorties :-) ) pour chaque appartement, indépendantes du lieu commun ? (+)

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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PolyEric

le lundi 17 septembre 2012 à 22h30

clairobscure
...on n'est jamais totalement indépendant....on choisit "de quoi" on préfère dépendre.

Personnellement, je suis totalement en accord avec clairobscure.
Cette façon de voir, a pour effet que l'on peut remplacer "indépendance" par "liberté" (de choisir sa dépendance). L'indépendance serait donc une liberté et non une "performance".

Boucledoux
...autonomie amoureuse...

Comment définis tu cette notion d'autonomie amoureuse. L'expression me plait bien, mais y met tu la même signification que clairobscure.

j'arrive à comprendre l'autonomie financière comme une performance (la capacité à se nourrir), mais il me semble impossible d'aborder l'autonomie amoureuse comme une performance, à moins de considérer que ce soit la faculté de s'extraire de la culpabilité.

Si tu pouvais nous en dire plus.

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Boucledoux

le mardi 18 septembre 2012 à 00h28

Eric_50

Penses tu que le célibat est le passage obligé vers le polyamour ?
Serait-ce le seul moyen d'être indépendant, et le seul moyen d'être libre ?
Ne penses tu pas que le célibat (au sens vivre seul chez soi) est un rempart contre l'amour, voire une preuve de désamour ?

Personnellement, je pense que vivre seul est un bon début de solution pour se protéger de l'inquisition, mais que la muraille ainsi dressée, a un effet secondaire important, celui de finalement nuire à l'amour. En effet, l'impossibilité (ou le refus) de vivre avec les êtres aimés crée une inhibition qui se propage jusque dans les relations amoureuses, les privant de l'espoir de vivre sans barrière.

un passage obligé non, pas du tout, mais mon chemin à moi c'est tout. Et il n'y a ni rempart, ni muraille, ni refus, ni impossibilité : juste, c'est pas mon truc.

Par ailleurs, pour moi le polyamour ça n'a rien à voir avec l'idée d'un amour forcément "sans barrière", un truc un peu idéal auquel il ne faudrait pas "nuire". C'est d'abord surtout la liberté de construire des relations qui justement n'entrent pas dans les cases, parfois amoureuses, parfois amicales, parfois complices, parfois sexuelles, souvent un mélange de tout ça dans des proportions diverses mais qui toutes partent non pas d'un idéal amoureux mais de la réalité de la relation elle-même. (en fait, polyamour, ça me gène de plus en plus même comme mot... je virerais bien l'amour de tout ça moi...)

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bouquetfleuri

le mardi 18 septembre 2012 à 09h06

Polyamour rime-t-il avec autonomie et indépendance ou avec communauté et solidarité ?

Je suis surpris par la question, comme si les termes de cette question s'opposaient.
Une communauté solidaire peut être construite avec des personnes autonomes et indépendantes. Il me semble même que l'autonomie et l'indépendance soient des conditions premières de l'épanouissement, voire de la viabilité d'une communauté.
Sauf à rechercher un rapport de domination, culturel, financier, structurel (légal, hiérarchique ou autre), l'autonomie de chacun garantit l'exercice du libre-arbitre de tous les membres et l'indépendance garantit la permanence des choix.
C'est l'organisation de l'interdépendance des emplois du temps, des tâches quotidiennes et des accès particuliers aux sphères individuelles qui est tributaire de l'autonomie de chacun et non l'inverse, même si le choix se porte sur un partage intégral et une distribution paritaire.
Ici se pose la question du phalanstère et de la spécificité du polyamour. Y a-t-il une taille critique, un nombre de personnes idéal pour vivre dans la modalité polyamoureuse et si oui, pourquoi ? Cela conduit-il nécessairement au familistère ?
À mon sens, la richesse du polyamour ne réside pas dans le "poly" mais bien dans l'"amour". La perception que le sentiment amoureux apporte quelque chose, qu'il construit l'essence même de la vie, qu'il permet de continuer à évoluer, à changer le monde ou du moins son appréhension repose sur l'expérience de la rencontre, de la découverte, de la mise en commun, du dialogue, du partage même fantasmé, etc. et demande du temps.
Je ne crois pas possible d'organiser une vie amoureuse à plus de huit personnes simultanément, tout simplement parce qu'il faut bien dormir par exemple (pour ma part, quatre est un nombre infranchissable). Bien sûr, certains ont plus d'énergie, moins d'implication, mais nous sommes à peu près tous faits de la même façon.
Et cela n'empêche nullement le maillage de ces rencontres en un réseau infini.
Nous ne sommes pas confrontés au besoin d'organisation qui définirait d'une manière coercitive les champs de l'autonomie et de la mise en commun.
Et l'on peut garder intactes les richesses des uns et des autres, même quand elles sont antagonistes, autonomes et indépendantes tout en faisant une communauté de pensée et d'amour.
Au risque de passer pour un emmerdeur, j'affirmerais même qu'il ne peut y avoir de communauté solidaire dans le cadre de relations polyamoureuses que si chaque participant est autonome et indépendant, que si chaque participant chemine vers son individuation, vers l'expression de son être.
Ce qui n'empêche absolument pas de vivre ensemble, bien au contraire. Ces termes-là ne s'opposent pas.
Enfin, je crois...

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clairobscure (invité)

le mardi 18 septembre 2012 à 10h27

Il me semble que si la question est posée, c'est que justement elle est très présente dans la façon d'envisager l'amour, le(s) couple(s), les relations en tout genre ces temps-ci: rester autonomes au cas où ça tournerai mal, au cas où je ne pourrais plus compter sur les autres... j'aimerais créer des liens sans prendre de risques, sans contact, sans engagement quoi! pouvoir retirer mes billes sans casse?

Ca demande du courage d'accepter d'être amoureux ^^ ça explique que beaucoup aient du mal seulement à se l'avouer à eux-mêmes!
C'est déprimant l'indépendance, non? :P

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bouquetfleuri

le mardi 18 septembre 2012 à 11h05

Oui clairobscure, c'est bien dans ce sens que j'intervenais.
L'autonomie et l'indépendance n'ont rien à voir avec l'implication que demande la construction d'une relation amoureuse. Je dirais que faire une balance entre l'autonomie de deux ou trois personnes et leur mise en commun relève d'une vision économiste de la relation où le rapport des gens entre eux serait quantifiable en termes de temps et d'actes posés. Je préfère une vision humaniste où la relation se construit en fonction des capacités de chacun, ou de leur qualité et dans laquelle ils sont entièrement engagés.
Pour moi une relation amoureuse est totale (pas totalitaire, au contraire, mais entière) ou elle n'existe pas. L'amour est un état, pas un outil. C'est à dire qu'on ne prend pas un bout de ceci pour l'additionner à un bout de cela, mais ce sont toutes les totalités que l'on additionne, et ceci, que l'on vive ensemble ou à distance. C'est la spécificité de cette forme d'exploration amoureuse, sa richesse, son rayonnement.
Et nous sommes d'accord sur ce point : aller vers son bonheur est un vrai travail.

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bodhicitta

le mardi 18 septembre 2012 à 12h22

serte... mais quand je pense à autonomie et indépendance, je pense au fait que ça aide, et qu'il faut être en accord avec soit même. Que c'est en étant pleinement centré que nous sommes les plus "forts" que nous pouvons apporter le meilleur de nous même à ses amoureux donc indirectement à leurs amoureuses.
D'étre autonome c'est le seul moyen pour moi d’être pleinement soit même, en accord, donc vraiment épanouie et rayonnant.

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LuLutine

le mardi 18 septembre 2012 à 21h13

Katouchka
Si le polyamour entraîne une division de la vie amoureuse, en petits compartiments séparés sans volonté ou possibilité de les réunir alors on ne "fabrique pas de l'amour", on le divise !

Je suis en désaccord total avec cette phrase.
L'amour ne se "mesure" pas au temps passé avec telle ou telle personne...
Ce n'est pas parce que je vois quelqu'un moins longtemps ou moins souvent, que je l'aime moins !

Pour avoir vécu l'amour exclusif ET l'amour non-exclusif, je peux dire que mon sentiment d'amour est bien plus fort dans le second cas, et qu'un amour nourrit l'autre...même si c'est difficile à comprendre pour certains !

J'en ai parlé avec certaines personnes à la soirée hier : ce n'est pas parce que je vois untel tous les 6 jours, et telautre tous les 6 mois, que je tiens moins à telautre !
C'est vrai pour mes amis, ça l'est pour mes amours !

Loin des yeux, mais près du coeur !

Et non, non, je n'ai jamais au grand jamais ressenti cette "division" de l'amour dont tu parles....au contraire, il s'est plutôt multiplié, et ce même lorsque j'ai des amoureux qui ne veulent pas se fréquenter !

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Katouchka

le mardi 18 septembre 2012 à 22h55

Lulutine je n'ai jamais dit que l'on aimait moins une personne parce qu'on passait moins de temps avec elle.
"Petits compartiments séparés" signifie que les histoires se vivent de manières totalement indépendantes et isolées les unes des autres. Comme si le polyamoureux avaient plusieurs vies, une avec un tel, une avec un tel autre.
Mon point de vue est qu'en divisant ainsi sa vie il divise aussi son amour, il est "plusieurs" au lieu d'être "un".
Mais je conçois que certains y trouvent leur compte et d'ailleurs tant mieux si ça les rend heureux.
Pour ma part, je trouve le polyamour intéressant car il rend possible cela: je t'aime, tu l'aimes alors moi je l'aime etc... En gros les amis de mes amis sont mes amis. Du coup, dans mon idéal, plus tu as d'amoureux(ses) plus tu as d'amis...( Tu vois bien, je ne fais pas l'apologie de la monogamie) Tu es quelque part amené à comprendre, à aimer des gens que tu n'aurais peut-être jamais croisés de ton propre chef.
Peut-être avons nous du mal à nous entendre sur le mot "division" mais c'est ce que je ressens moi. Parce que j'assimile vie et amour. (Pourtant je ne suis pas catho) Il y a une subtilité non dans le "je fais partie de ta vie" et "je suis une partie de ta vie".
Alors je sais tu vas me dire que tous tes amoureux font partie de ta vie qu'ils se croisent ou non.
Et bien moi qui suis l'amoureuse d'un poly je peux te dire que je vivrais mal qu'il ait une "autre vie" de laquelle je sois totalement exclue. Parce que d'une façon ou d'une autre j'ai envie de partager ça aussi avec lui même si évidemment ce n'est qu'une petite partie car il y a énormément de choses qui n'appartiennent qu'à eux.

LuLutine
J'en ai parlé avec certaines personnes à la soirée hier :

Dommage, ce n'était pas avec moi et pourtant j'y étais...:-)

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LuLutine

le mercredi 19 septembre 2012 à 01h24

Katouchka
Mon point de vue est qu'en divisant ainsi sa vie il divise aussi son amour, il est "plusieurs" au lieu d'être "un".

Oui, en fait on a des points de vue - ou plutôt des ressentis totalement opposés.
Moi, même si je peux partager mon temps entre plusieurs amoureux dont certains ne se croisent pas forcément, je n'ai pas du tout le sentiment de diviser mon amour.
Je suis toujours moi !
Cependant comme le dit (je crois) Françoise, selon les personnes avec qui l'on est, on ne présente pas forcément les mêmes facettes de sa personnalité. Lorsque j'étais exclusive, c'était déjà le cas avec mes amis, et beaucoup de gens exclusifs sont dans ce cas aussi avec leurs amis : ça ne m'a jamais gênée, comme ça ne les gêne pas non plus !
Et l'on ne cherche pas absolument à ce que tous nos amis se rencontrent et s'aiment, même si ça peut arriver. Ce n'est pas une nécessité.

Katouchka
En gros les amis de mes amis sont mes amis.

J'ai aussi cet idéal, mais avec le temps et l'expérience, force est de constater que ça ne fonctionne pas...entre autres (mais pas seulement) parce que certaines personnes ne veulent même pas essayer.
Comme disait si bien Clem (une ancienne membre du forum), "on ne peut pas vouloir pour les autres".
Alors, c'est comme ça, on respecte leur choix.

Je ne trouve pas pour autant que ça retire quelque chose à ma vie. Si les gens que j'aimerais voir réunis se forçaient, ça se passerait mal, et j'en retirerais un grand malaise moi-même.
Du coup, je préfère ne pas forcer les choses. De mon côté, lorsque je ne ressens pas la nécessité d'avoir un lien fort avec quelqu'un, je ne me force pas non plus. Même si c'est un(e) ami(e) d'ami(e). Ou un(e) amoureux(se) d'un(e) amoureux(se). Malgré cela je reste ouverte aux autres car je sais que toute relation porte des fruits. Mais parallèlement, je "laisse le temps au temps".

Je comprends très bien ton désir de "tout" partager avec ton amour et c'est normal au début (je l'ai ressenti également, aussi étonnant que ça puisse te paraître aujourd'hui !), mais je crois que c'est une chose dont il faut faire le deuil en polyamour - et souvent même, en amour tout court (j'ai dû commencer ce deuil alors que mon amoureux et moi n'étions pas encore en relation poly).
Et quand bien même sa vie ne serait pas compartimentée, tu l'as dit toi-même je crois, il y aurait quand même des facettes de sa vie auxquelles tu n'aurais jamais, jamais accès. Ca n'a rien de grave ! :)

Katouchka
Dommage, ce n'était pas avec moi et pourtant j'y étais...:-)

Oui je sais. Cela dit je n'en ai pas parlé longtemps, j'ai dû l'évoquer avec une ou deux personnes, très rapidement.

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lam

le jeudi 20 septembre 2012 à 12h26

Boucledoux
Par ailleurs, pour moi le polyamour ça n'a rien à voir avec l'idée d'un amour forcément "sans barrière", un truc un peu idéal auquel il ne faudrait pas "nuire". C'est d'abord surtout la liberté de construire des relations qui justement n'entrent pas dans les cases, parfois amoureuses, parfois amicales, parfois complices, parfois sexuelles, souvent un mélange de tout ça dans des proportions diverses mais qui toutes partent non pas d'un idéal amoureux mais de la réalité de la relation elle-même.
(en fait, polyamour, ça me gène de plus en plus même comme mot... je virerais bien l'amour de tout ça moi...)

(+) :-D (+)
yeah! je trouve ce fil intéressant mais justement ce coté 'idéal de l'amour' me file des boutons... l'amour avec un grand A, en tant que concept fourre-tout, peut à mon avis faire n'importe quoi à n'importe qui. Je sais pas si je le vivrerai mais peut-être qu'un jour j'en aurai envie, parce que je serai fatigué d'expliquer les risques que je vois dans l'idéalisation de l'amour.

Par exemple je me sens agressée quand je lis que "certaines manières de vivre le polyamour pourraient nuire à l'amour"

heuhh.... et là qui défini ce qu'est le vrai amour? c'est un truc magique, pas à notre portée (un peu comme dieu quoi) qu'on devrait contenter? ou alors c'est l'envie de partager des moments intimes avec une personne?

Pour moi quand on commence à dissocier l'amour de ce qu'on produit nous-mêmes dans nos relations inter-individuelles, c'est justement commencer à idéaliser l'amour comme supérieur à nous, comme un but à atteindre, un "tout" à alimenter, une fin en soi. (d'où la comparaison avec dieu).

Et là, c'est le début du sacrifice pour des idées et pour la cause ("je souffre mais c'est pour ne pas nuire à l'Amour"), et c'est la fin d'une vision matérialiste qui permet de comprendre un peu ce qu'il se joue dans nos relations.

Voilà pourquoi je trouve que la question du fil n'est pas vraiment bien posée ou problématisée. C'est rude d'opposer "solidarité et communauté" avec "autonomie et indépendance".

Je crois que la vie et la capacité d'être heureu-se-x rime avec autonomie et indépendance autant qu'avec communauté et solidarité.
On est tou-te-s à composer avec ces quatre concepts. Pour ma part sans autonomie et indépendance je ne suis pas capable de donner, partager et recevoir - ce qui est indispensable à des interactions collectives basées sur la solidarité. Je ne pense pas que cela puisse être opposé.
Après, comme le dit bien claireobscure "on choisit de 'quoi' on préfère dépendre". J'ajouterais qu'on choisit aussi ce qu'on a envie de réfléchir et déconstruire, ce qu'on choisit de ne pas voir et de ne pas travailler.

Comment entrent des relations intimes là-dedans? personnellement je sais que les relations intimes jouent des rôles importants dans mon approche des autres, dans la manière dont je me laisse bousculer, je me laisse être chatouillée dans ma carapace. Pour moi ce sont des endroits de partage privilégiés qui me questionnent, me rassurent, me déstabilisent, et me comblent aussi parfois.

Alors non j'ai pas des relations intimes pour 'renforcer l'amour' mais bien pour être heureuse, et pour moi ca va avec réfléchir, déconstruire des formatages et avancer, donc avec des sensations variées pas seulement extatiques.

Et non, j'ai pas envie de fusionner avec mes partenaires et encore moins avec les leurs avec qui on ne s'est pas mutuellement choisis pour un bout de chemin partagé.

Oui, on a des visions différentes et il n'y a pas de généralités dans le conte de fée et encore moins de princesse charmante typique du polyamour.

Pour moi le polyamour est un concept inspirant justement parce qu'il me permet de détacher ces mythes "rose et bleu-bonbons qui collent" de mon imaginaire. Parce que sa force subversive est justement de détruire certaines des briques sur lesquelles repose le seul modèle accepté dans nos sociétés occidentales et de culture judéo-chrétienne, ça me tient à coeur de ne pas chercher à reconstruire un modèle mais plutôt de rendre visibles des exemples qui puissent être inspirants et non figés pour ne pas brider l'imaginaire des suivant-e-s.

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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lam

le jeudi 20 septembre 2012 à 12h54

PS: je conçois que face à de tellement grandes questions (c'est quoi l'amour?, pourquoi j'aime?, qui peuvent amener facilement à: mais au fait dites donc c'est quoi le but de la vie?) on ait en tant qu'humain-e-s un réflexe de fuite et de repli vers l'imaginaire. Cela dit moi ça me fatigue de lire plein d'interventions sur la "magie de l'amour" et comment il faudrait la faire advenir.
@Katouchka: si "je suis une partie de la vie" d'un-e de mes amant-e-s, est-ce que ça veut dire que quand je meurs ellil est amputé-e d'un morceau de soi-même?

Simplement, pour résumer mon post précédent en trois phrases:
1// "tout le monde n'a pas une vision idylllique de l'amour comme une extase, un équilibre à atteindre où on se complèterait parfaitement à plusieurs et qui serait stable ensuite";
2//"merci de ne pas m'expliquer ce qui est bien ou mal mais ce que vous pensez vous en tant que personne"
3// Clèm me manque parfois et en fait je suis peut-être simplement fatiguée du forum et de ce que j'appelle des "dérives généralisantes et naturalisantes" et aussi fatiguée de devoir fonctionner dans hétéroland* pour parler de relations intimes plurielles.

* non ça n'a rien à voir avec le sujet du fil. Je suis fatiguée de la transparence de la norme si vous voulez. les hétér@s ne se rendent pas compte du tout qu'illes imposent leurs relations et sexualités comme normales, tout le temps. et quand on ajoute à ça une bonne dose de naturalisme de l'amour.... je m'enfuis.

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clairobscure (invité)

le jeudi 20 septembre 2012 à 14h51

Dans ce que tu dis là...
"Et là, c'est le début du sacrifice pour des idées et pour la cause ("je souffre mais c'est pour ne pas nuire à l'Amour"), et c'est la fin d'une vision matérialiste qui permet de comprendre un peu ce qu'il se joue dans nos relations. "
...à mon avis il faut distinguer "nuire à l'amour" de "nuire à la satisfaction directe de mes chéri(e)s pour ne pas les mettre de mauvaise humeur et éviter un conflit qu'il va falloir affronter, et on sait jamais, peut-être qu'il ne m'aimera plus parce que je lui tiens tête" (etc.)

Je dirais plutôt qu'un relation, ça s'entretient!

En tout cas, là...
"Pour moi le polyamour est un concept inspirant justement parce qu'il me permet de détacher ces mythes "rose et bleu-bonbons qui collent" de mon imaginaire. Parce que sa force subversive est justement de détruire certaines des briques sur lesquelles repose le seul modèle accepté dans nos sociétés occidentales et de culture judéo-chrétienne, ça me tient à coeur de ne pas chercher à reconstruire un modèle mais plutôt de rendre visibles des exemples qui puissent être inspirants et non figés pour ne pas brider l'imaginaire des suivant-e-s. "
...ça me parle :)

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Siestacorta

le jeudi 20 septembre 2012 à 15h19

Polyamour rime-t-il avec autonomie et indépendance ou avec communauté et solidarité ?

J'ai une réponse de pur génie : ça dépend des gens.

Pour ma part, je pense que les gens n'aiment souvent pas être autonomes, indépendants, libres, parce que c'est difficile, que ça demande de se tapper le réel sans aide. Et comme on n'est pas absolument indépendant, on préfère souvent ne pas lutter pour l'être plus.

D'où les promesses de mariage, où on s'assure bien que chacun va rester bien là où on l'attend. D'où la communauté, un ensemble déjà partagé, qu'on est appelé à ne pas diviser par la suite.

Tout ça fonctionne, le régime de communauté fonctionne, quand, dans les relations amoureuses, on va tous ensemble, du même pas, dans le même sens.

De mon côté, aller au même rythme et dans la même direction que quelqu'un, ça ne m'arrive pratiquement jamais. En amour, en vie sociale, et même dans les sports d'équipe. J'ai pas le rythme dans la peau, et je louche, tiens.
La solidarité ne m'est pas spontanée, et je suppose qu'elle coûte aux gens qui m'en donnent, puisqu'ils ne vont pas pouvoir compter sur la mienne "sans y penser".

J'ai donc bien intérêt à essayer d'être autonome. A vouloir que les autres le soient. Ce qu'on se donne les uns au autres, quand on compte sur la solidarité des autres, c'est en tenant compte de ce que chacun demande et peut donner.

Je dis essayer d'être autonome, parce qu'on dépend toujours des un des autres, parce que ne compter que sur soi est rude, et que parfois, pour vivre, on demande aux autres. La solidarité se définit par rapport à des nécessités, des besoins.
J'essaie de vivre des relations amoureuses qui ne se définissent pas prioritairement par la dépendance ou le besoin, mais plus par l'envie d'être avec l'autre, de lui faire du bien. Dans ce cas, je donne parce que je le peux et jle veux, sans qu'il y ait une injonction pour ça.

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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Katouchka

le jeudi 20 septembre 2012 à 15h32

Aïe aïe aïe... Le sujet qui fache!!!
@Ian
Juste pour dire encore (puisque la question part de moi) que je n'ai jamais dit que ça c'était mal et ça c'était bien. Juste que je voyais à force de vous fréquenter plusieurs manières de vivre cette liberté. J'ai reconnu dans ce fil que la question était mal posée. Et j'ajoute que j'ai communiqué "ma" vision des choses, "mes" ressentis qui n'engagent que moi. Alors oui Iam si mon amour meurt j'aurais l'impression d'être amputée d'un morceau de moi-même mais ça c'est juste moi, toi et le reste du monde vivez comme vous l'entendez et je n'ai jamais donné de leçons de morale à qui que ce soit.
D'ailleurs, je te signale que la phrase à laquelle j'adhère c'est je fais partie de ta vie et non je suis une partie de ta vie. Et je trouve ça étrange de ne pas pouvoir décrire ici ce que je ressens sans que l'on prenne cela pour des injonctions.
Oui je suis romantique, je suis fleur-bleue, je suis gnan-gnan, j'ai une vision de l'amour "idyllique" mais j'ai le droit non? Et j'ai le droit de dire que justement le polyamour ça peut être autre chose que ce que toi tu décris non?
Si je viens souvent sur ce site c'est justement pour comprendre et dans un esprit d'ouverture mais en aucun cas pour dire aux autres ce qu'ils doivent faire ou pas faire.
Tu me cites: "Par exemple je me sens agressée quand je lis que "certaines manières de vivre le polyamour pourraient nuire à l'amour"": Je suis désolée que tu te sentes agressée alors que je n'émets qu'un avis personnel en utilisant le conditionnel et que c'est vrai que si tu sors la phrase de son contexte et de son explication elle ne veut pas dire grand chose. Excuse-moi car ce n'était pas du tout mon intention.

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(compte clôturé)

le jeudi 20 septembre 2012 à 18h33

Siestacorta
J'ai une réponse de pur génie : ça dépend des gens.

<3 :-) (+)

lam, merci mille fois de touiller le non-dit et de le faire remonter à la surface avec autant de tact et de précision. J'applaudis des mains et des pieds.
Katouchka, je pense que personne ne met en doute ta sincérité ni celle de personne ici - et le fait qu'effectivement il s'agit toujours d'exposer des points de vue et non des principes ultimes. Mais même avec le conditionnel et même avec toutes les précautions oratoires possibles, on peut se retrouver bien malgré soi dans la posture de celui qui juge, surtout à l'écrit. La phrase relevée par lam me posait problème à moi aussi, mais ce n'est qu'une phrase, bien entendu. Et on a tous le droit d'avoir les idéaux qu'on veut et les envies qu'on veut. Mais il faut bien être conscient qu'à partir du moment où on les énonce, on court le risque d'être normatif, avec les meilleures intentions du monde.
Pour clôre là-dessus, disons que moi, ce qui me séduit dans les relations libres, c'est qu'elles sont... libres. Donc qu'on évacue tout a priori sur ce que doit ou devrait être une relation. Si je tombais amoureuse de quelqu'un qui, comme toi, a une idée si précise et une vision si absolue de ce qui est nécessaire pour 1) qu'il soit heureux 2) que ça soit de l'amour 3) que ça soit compatible avec ses aspirations ultimes ben... je fuirais en courant parce que j'aurais peur 1) de ne pas être à la hauteur 2) que ses aspirations, bien plus définies que les miennes, passent avant les miennes...

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(compte clôturé)

le jeudi 20 septembre 2012 à 19h58

Rien à voir avec le schmilblick mais on s'en fiche : Siesta ça fait super plaisir de te revoir ici :-)

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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(compte clôturé)

le jeudi 20 septembre 2012 à 20h31

Salut tout le monde,

Je suis nouvelle sur le site et donc je parcours le site et les discussions et je me posais justement la question de l'autonomie, donc cette discu tombe bien.
Autonomie et indépendance ok pour de nouvelles formes de relations amicales, amoureuses sensuelles, mais comment gérer et déconstruire le modèle dominant dans nos sociétés occidentales, auriez-vous des lectures à conseiller ?

C'est parfois compliqué, même si très indépendante sur de nombreux points, de s'extraire de la dépendance affective et d'arriver à déconstruire le traditionnel schéma des relations.

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Boucledoux

le jeudi 20 septembre 2012 à 23h50

Shamal
Rien à voir avec le schmilblick mais on s'en fiche : Siesta ça fait super plaisir de te revoir ici :-)

Message modifié par son auteur il y a 4 heures.

+1000 :-D

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lam

le vendredi 21 septembre 2012 à 16h34

Siestacorta

J'ai une réponse de pur génie : ça dépend des gens.

Pour ma part, je pense que les gens n'aiment souvent pas être autonomes, indépendants, libres, parce que c'est difficile, que ça demande de se tapper le réel sans aide. Et comme on n'est pas absolument indépendant, on préfère souvent ne pas lutter pour l'être plus.
(...)
Je dis essayer d'être autonome, parce qu'on dépend toujours des un des autres, parce que ne compter que sur soi est rude, et que parfois, pour vivre, on demande aux autres. La solidarité se définit par rapport à des nécessités, des besoins.
J'essaie de vivre des relations amoureuses qui ne se définissent pas prioritairement par la dépendance ou le besoin, mais plus par l'envie d'être avec l'autre, de lui faire du bien. Dans ce cas, je donne parce que je le peux et jle veux, sans qu'il y ait une injonction pour ça.

whaouh merci pour le résumé limpide :-) et plaisir de te lire.

c'est vrai "on préfère souvent ne pas lutter pour être plus autonome", sauf que des fois on lutte même si c'est difficile et pas agréable comme processus. Peut-être parce qu'on pressent que lutter pour plus d'autonomie peut nous rendre plus libre, plus heureu-se-x ensuite?

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