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Des questions surgissent...

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Sophie72

le mercredi 21 octobre 2020 à 16h51

Bonjour à tous.
J'ai terminé il y a peu, la lecture d'un livre qui ne parle pas beaucoup des relations polyamoureuses même si elles sont évoquées à plusieurs endroits du livre mais qui m'a éclairé sur différents points dans mes relations amoureuses. Et de ce fait certaines questions ont surgi et même si je ne vivrais probablement pas de relations plurielles, n'y voyez que de la curiosité malsaine mais une approche pour mieux comprendre.
Alors dans ce livre qui prend l'angle de l'adultère, j'ai compris que ce qu'on pouvait parfois chercher auprès d'un autre amour, ce n'était pas tant ce que notre partenaire n'a pas que le fait que l'autre porte un regard sur nous qui fait qu'on est autre. Je reprends une phrase de l'auteure pour bien me faire comprendre :" Parfois, lorsque nous cherchons le regard de quelqu'un , ce n'est pas de notre partenaire que nous nous détournons mais de la personne que nous sommes devenue. Nous n'aspirons pas tant à un autre amour qu'à une autre version de nous-mêmes." Je me demande donc si les polyamoureux ont ce sentiment que leurs différent(e)s amoureux(euses) leur permettent d'exprimer différentes facettes de leur personnalité et de trouver un équilibre dans des rôles de vie différents plus en mouvance, moins rigides que dans un couple mono.
La deuxième question est en lien avec la jalousie. Si j'imagine mon compagnon avec une autre femme , je sens que c'est possible d'éprouver de la compersion, que je n'ai pas à être jalouse justement de moments passés auprès d'une autre puisque de toute manière chaque relation est différente et que celle que j'ai avec lui est unique et différente de celle qu'il peut avoir avec une autre. Mais par contre, comment fait-on pour ne pas faire de comparaison sur le physique ou l'intelligence ou sur les qualités morales de l'autre et soi ? Je pense que pour moi c'est là qu'il y a "matière à jalousie" et qui me pose question parce que je ne vois pas comment résister à l'envie de se comparer.
Merci d'avance pour vos précisions et retour d'expérience.

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bonheur

le mercredi 21 octobre 2020 à 17h16

Bonjour Sophie72,

J'aurai aimé connaître les références du livre en question.

Se sentir soi ne relève pas de l'entourage. Celui-ci nous offre cette façon de vivre, ou pas. J'entend par là que toutes les facettes de moi m'accompagnent quelque soit l'entourage. Si on me réduit, alors je ne peux m'ouvrir. Ce n'est pas, pour moi, une façon de trouver une pièce de moi chez Pierre et une autre pièce de moi chez Paul... Ce qu'autrui aime de moi, appartient à autrui. Cela me fait plaisir que X aime mon sourire et que Y aime telle attitude de moi. Je tiens à rester dans mon intégrité en toutes circonstances. De toute façon, si on me demande d'être autrement, je me renferme et n'existe plus. Je deviens un pâle et vague reflet d'un truc qui me ressemble, et qui n'est pas moi.

Si on se compare, c'est que l'on suppose que l'autre est qui l'on n'est pas. Et bien, j'affirme qu'en effet, les autres sont autres. En revanche, penser à une "supériorité" me parait idéaliser l'autre.

Une anecdote. J'ai eu un amoureux (qui ne le savait pas encore) dont j'avais évoqué l'existence avec mon chéri de vie. Ils se sont rencontrés lors d'une sortie commune. Et là mon chéri m'indique que je ne lui avais pas dit qu'il était plus jeune, plus grand, plus sportif... que lui. Euh ! c'est par ses remarques que j'en ai pris conscience. En effet, c'était un fait. Cet homme est plus jeune, plus grand et à l'époque très sportif. Et là, mon incompréhension. Qu'est-ce que j'en avais à faire de son âge, sa taille, ses activités de loisirs (toutes sportives) ? Je n'aime pas une date de naissance en lien avec la mienne. Je n'aime pas une taille et non plus ses loisirs que je ne partageais pas. Il en va de même pour sa "beauté" (mise en cause également). Je l'ai connu dans un contexte professionnel où je suis tombée amoureuse de son être, plus intérieur qu'extérieur. Il n'était pas riche, je me fous de l'argent. Il n'était pas disponible (j'entends par là, sa religion et le polyamour étaient difficilement compatibles). Il était juste merveilleux à mon coeur. Il était exceptionnel bien qu'au milieu de dizaines de personnes côtoyées dans le cadre de mon travail. Alors oui, l'éclat de ses yeux. Oui, son sourire. Oui sa peau métisse et ses tâches de rousseur, plutôt peu commun. Oui, un être intérieur magnifique...

Quand j'ai dit à mon chéri tous ces petits quelque choses qui le "sortait du lot", mon chéri a compris que la comparaison, s'il voulait émerger par cela, était mal appréciée. Il avait tout faux.

Voici pour mon "analyse de texte" :-D et mon retour d'expérience <3 .

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EdK

le mercredi 21 octobre 2020 à 17h22

Bonjour Sophie,

Je te répond sur la jalousie. En faite toute l'astuce ce n'est pas temps de ne pas ressentir la jalousie que de "bien" la vivre. En clair si tu rejette la jalousie elle vas te ronger te blesser et finir par devenir insupportable. Alors que si tu l'accueil en toi comme étant un émotion légitime pour ce qu'elle est tu peu l'accepter et la digérer comme n'importe quelle émotion pour te concentrer sur sa signification. Une fois que tu auras déconstruit ce qui te la fait ressentir elle ne sera plus tellement gênante car la peur et l'angoisse qui suivent souvent la jalousie ne se manifesteront plus :)

J'imagine que cette méthode fonctionne également dans un cadre relationnel monogame ^^

PS : Ce que je présente ici comme méthode fonctionne pour moi et probablement pour d'autre. Je ne sais pas si cela peu fonctionner pour tout le monde en revanche.

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Sophie72

le mercredi 21 octobre 2020 à 19h31

bonheur
Bonjour Sophie72,

J'aurai aimé connaître les références du livre en question.

C'est Je t'aime, je te trompe d'Esther Perel

bonheur
Se sentir soi ne relève pas de l'entourage. Celui-ci nous offre cette façon de vivre, ou pas. J'entend par là que toutes les facettes de moi m'accompagnent quelque soit l'entourage. Si on me réduit, alors je ne peux m'ouvrir. Ce n'est pas, pour moi, une façon de trouver une pièce de moi chez Pierre et une autre pièce de moi chez Paul... Ce qu'autrui aime de moi, appartient à autrui. Cela me fait plaisir que X aime mon sourire et que Y aime telle attitude de moi. Je tiens à rester dans mon intégrité en toutes circonstances. De toute façon, si on me demande d'être autrement, je me renferme et n'existe plus. Je deviens un pâle et vague reflet d'un truc qui me ressemble, et qui n'est pas moi.

On est forcément un peu différente quand on est avec des amis, avec ses parents, avec ses collègues de travail etc... et même si toutes les facettes de nous-même sont présentes, certaines se sont un peu "éteintes" . Moi par exemple, dans mon rôle de maman, je ne peux pas trop me laisser aller à la feignantise (et pourtant, une part de moi aime flemmarder) et avec 5 enfants, ben on oublie en fait. Dans ma relation avec mon compagnon , je suis sincère mais je ne peux pas discuter longtemps de choses intellectuelles sinon je le saoule ou je fais du monologue. C'est ça ce que je veux dire parce que dans les exemples que donne Esther Perel, il s'agit de femmes et d'hommes qui à force de ne pouvoir pas exprimer certaines facettes de leur personnalité, les ont vu "gommées" et la rencontre avec un(e) autre à réveillé, mis en lumière une de ces facettes. Moi j'ai compris que l'homme dont j'étais tombée amoureuse il y a 10 ans avait remis en lumière mon envie de séduire même un bel homme (quelque chose auquel j'avais renoncé ...et y ai à nouveau renoncé!) . Et puis l'ex-ami a réveillé le plaisir des débats intellectuels et le fait qu'un homme puisse m'apprécier pour cela. C'est de cela dont je souhaitais parler et savoir si en fait les relations plurielles ne permettent pas d'éviter que trop de nos facettes disparaissent sous les contraintes sociétales et la routine.

bonheur
Si on se compare, c'est que l'on suppose que l'autre est qui l'on n'est pas. Et bien, j'affirme qu'en effet, les autres sont autres. En revanche, penser à une "supériorité" me parait idéaliser l'autre.

Alors effectivement je pense que s'il y a une autre femme, mon premier réflexe va être de penser qu'elle m'est supérieure en beauté (ce qui d'ailleurs n'est pas difficile) ou en autre chose. Et je pense que dans mon cas c'est plus ce genre de blessure que la peur d'être quittée ou la peur de ne pas partager des moments aussi forts. Mais bien entendu tout cela n'est qu'hypothétique mais je me dis que sans doute, il ya quelques chose à travailler même si je n'ai pas de relations plurielles.

EdK
Bonjour Sophie,

Je te répond sur la jalousie. En faite toute l'astuce ce n'est pas temps de ne pas ressentir la jalousie que de "bien" la vivre. En clair si tu rejette la jalousie elle vas te ronger te blesser et finir par devenir insupportable. Alors que si tu l'accueil en toi comme étant un émotion légitime pour ce qu'elle est tu peu l'accepter et la digérer comme n'importe quelle émotion pour te concentrer sur sa signification. Une fois que tu auras déconstruit ce qui te la fait ressentir elle ne sera plus tellement gênante car la peur et l'angoisse qui suivent souvent la jalousie ne se manifesteront plus :)

J'imagine que cette méthode fonctionne également dans un cadre relationnel monogame ^^

PS : Ce que je présente ici comme méthode fonctionne pour moi et probablement pour d'autre. Je ne sais pas si cela peu fonctionner pour tout le monde en revanche.

Je comprends mais comment bien vivre le fait que l'autre personne est mieux physiquement ou moralement ou intellectuellement ? C'est ça que je ne me représente pas. J'ai beau me dire : "ok, elle est vachement plus belle que toi et ça te rend jalouse et triste", j'ai beau intégrer le truc, cela ne changera pas le fait que je me sens moins bien. En fait, quand mon ex-ami a eu des relations amoureuses ; j'ai ressenti de la jalousie . Cela a d'ailleurs été le premier signe que je ne pouvais plus me cacher à moi-même que ce que je ressentais était plus que de l'amitié. Lorsqu'il était avec la première, j'ai vu que c'était sa plastique qui l'attirait et déjà là, je me suis dit que de toute manière, je n'avais aucune chance de le séduire. Quand il a rompu j'ai ressenti un soulagement. Puis il a eu une deuxième relation et cette jeune femme est plus simple physiquement mais j'ai perçu sa différence d'âge comme quelque chose qui me "manquait" (elle a 25 ans , lui 45 et moi 48) et encore aujourd'hui je n'arrive pas à me retirer de la tête que pour lui mon âge en plus de mon physique était rédhibitoire , alors qu'en fait je n'en sais rien. Il se trouve que cette jeune femme et moi échangeons encore par le bais de FB parce que je l'apprécie et qu'elle a beaucoup de points communs avec moi et donc quand je pense à la différence d'âge et de physique (elle est toute fine, n'a que très peu de poitrine) cela me blesse encore alors même qu'ils ne sont plus ensemble mais qu'ils se voient de temps en temps. Voilà mon expérience qui n'est pas celle d'une poly certes mais qui me fait comprendre que dès qu'il y a une autre personne, je me sens inférieure.

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Siestacorta

le mercredi 21 octobre 2020 à 19h46

Sophie72
:" Parfois, lorsque nous cherchons le regard de quelqu'un , ce n'est pas de notre partenaire que nous nous détournons mais de la personne que nous sommes devenue. Nous n'aspirons pas tant à un autre amour qu'à une autre version de nous-mêmes."

Hm. Dans le cadre de l'adultère, je peux comprendre ce besoin : on a vécu dans un rapport durable avec quelqu'un, on peut désirer ne plus se résumer à ce rapport (être l'époux.se de, le parent) et aussi, vouloir vivre d'autres vies, parce que seul.e avec une seule personne, on se rend compte que le mensonge mono "avoir avec soi la personne qui nous comble et comblera toujours sur tout", c'est un mythe.
Donc oui, on veut être à la fois un autre rôle de vie et vivre des parts de soi.

Et sans nécessairement vouloir être radicalement autre d'un.e partenaire à l'autre, on peut apprécier d'être aimé par des gens, et peut-être pour des raisons différentes.

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bonheur

le mercredi 21 octobre 2020 à 21h04

Je ne connais pas ce livre, je ne l'ai pas lu.

Sophie72
On est forcément un peu différente quand on est avec des amis, avec ses parents, avec ses collègues de travail etc... et même si toutes les facettes de nous-même sont présentes, certaines se sont un peu "éteintes" .

J'en suis justement là de mon développement tout à fait personnel, je l'admets. Je veux impérativement être entière à tout moment, quelque soit le contexte. J'y tiens vraiment, désormais.

Sophie72
Moi par exemple, dans mon rôle de maman, je ne peux pas trop me laisser aller à la feignantise (et pourtant, une part de moi aime flemmarder) et avec 5 enfants, ben on oublie en fait. Dans ma relation avec mon compagnon , je suis sincère mais je ne peux pas discuter longtemps de choses intellectuelles sinon je le saoule ou je fais du monologue. C'est ça ce que je veux dire parce que dans les exemples que donne Esther Perel, il s'agit de femmes et d'hommes qui à force de ne pouvoir pas exprimer certaines facettes de leur personnalité, les ont vu "gommées" et la rencontre avec un(e) autre à réveillé, mis en lumière une de ces facettes. Moi j'ai compris que l'homme dont j'étais tombée amoureuse il y a 10 ans avait remis en lumière mon envie de séduire même un bel homme (quelque chose auquel j'avais renoncé ...et y ai à nouveau renoncé!) . Et puis l'ex-ami a réveillé le plaisir des débats intellectuels et le fait qu'un homme puisse m'apprécier pour cela. C'est de cela dont je souhaitais parler et savoir si en fait les relations plurielles ne permettent pas d'éviter que trop de nos facettes disparaissent sous les contraintes sociétales et la routine.

Je suis extrêmement flemmarde. Bon ok, mes enfants sont aujourd'hui de jeunes adultes, alors mon exemple est mauvais. Sauf que j'aspire à flemmarder à chaque fois qu'il m'est offert de le faire. Ce matin, levée à 11h du matin passé. Après tout le médecin m'a dit de prendre un maximum de repos. Et bien j'ai flemmardé plein pot et ça fait du bien.
Les monologues ou le fait de saouler. Je connais. Je sais aujourd'hui que je suis certainement philo-cognitive. Une personne que j'ennuie, s'éloignera vite de moi et c'est mieux ainsi. C'est une des incompatibilités possibles. Pour moi, même un monologue est mieux que me taire. Après, je m'entoure de personnes qui échangent avec moi, sinon, c'est aussi moi qui m'ennuie. Il n'est pas obligé de s'entourer de liens amoureux pour échanger. On peut avoir des échanges sains, profonds, sur tous types de sujets, sans aimer l'interlocuteur.
On peut pratiquer des activités de loisirs pour satisfaire un éveil. L'épanouissement, s'il nous suit, est à sa place partout et tout le temps. Ce n'est plus une question de personne, c'est une question d'être entière et accepté dans l'intégrité.

J'ignore si j'ai raison. Concentre toi sur ta beauté et non sur ce que tu penses renvoyer. La beauté n'est pas extérieure. Enrichi toi de toutes rencontres.

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Sophie72

le mercredi 21 octobre 2020 à 21h56

Siestacorta
Et sans nécessairement vouloir être radicalement autre d'un.e partenaire à l'autre, on peut apprécier d'être aimé par des gens, et peut-être pour des raisons différentes.

Oui mais c'est ça que je veux dire. Le souci actuellement c'est que même si mon compagnon connaît toutes mes facettes, il ne prête pas attention à toutes ! Je ne cache pas qui je suis avec lui mais notre relation et notre quotidien ne me permet pas d'exprimer certaines facettes de moi-même et je ressens un manque. Ma question justement c'est :est ce que les relations plurielles permettent de se sentir plus pleinement soi en étant reconnu par les différents amoureux et amoureuses comme plus comme ceci ou plus comme cela ?

bonheur
Je suis extrêmement flemmarde. Bon ok, mes enfants sont aujourd'hui de jeunes adultes, alors mon exemple est mauvais. Sauf que j'aspire à flemmarder à chaque fois qu'il m'est offert de le faire. Ce matin, levée à 11h du matin passé. Après tout le médecin m'a dit de prendre un maximum de repos. Et bien j'ai flemmardé plein pot et ça fait du bien.
Les monologues ou le fait de saouler. Je connais. Je sais aujourd'hui que je suis certainement philo-cognitive. Une personne que j'ennuie, s'éloignera vite de moi et c'est mieux ainsi. C'est une des incompatibilités possibles. Pour moi, même un monologue est mieux que me taire. Après, je m'entoure de personnes qui échangent avec moi, sinon, c'est aussi moi qui m'ennuie. Il n'est pas obligé de s'entourer de liens amoureux pour échanger. On peut avoir des échanges sains, profonds, sur tous types de sujets, sans aimer l'interlocuteur.
On peut pratiquer des activités de loisirs pour satisfaire un éveil. L'épanouissement, s'il nous suit, est à sa place partout et tout le temps. Ce n'est plus une question de personne, c'est une question d'être entière et accepté dans l'intégrité.

J'ignore si j'ai raison. Concentre toi sur ta beauté et non sur ce que tu penses renvoyer. La beauté n'est pas extérieure. Enrichi toi de toutes rencontres.

Mes loisirs sont très réduits et je me sens souvent frustrée de ne pas pouvoir faire plein de choses soit faute de temps soit parce que mes obligations de maman ne me laissent que peu de répit. Je n'ai plus personne pour garder mes enfants pendant des vacances ou un week end. Si je flemmarde vraiment, comme je ne sais pas faire les choses rapidement et que je me garde quand même le plaisir de rêvasser, je cumule trop de retard, impossible à rattraper. Je n'ai pas d'amis qui habitent près de chez moi car je ne les ai pas connus de manière "classique". Donc les discussions où on refait le monde me manquent aussi.
Mais tu as raison qu'il me faut travailler quelque chose pour me sentir mieux dans ma peau . Je ne sais pas ce que tu veux dire par "concentre toi sur ta beauté". Cela me paraît très abstrait mais sans doute que si je le sentais mieus je ne me comparerais pas ou moins.

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bonheur

le vendredi 23 octobre 2020 à 19h43

Sophie72
Oui mais c'est ça que je veux dire. Le souci actuellement c'est que même si mon compagnon connaît toutes mes facettes, il ne prête pas attention à toutes ! Je ne cache pas qui je suis avec lui mais notre relation et notre quotidien ne me permet pas d'exprimer certaines facettes de moi-même et je ressens un manque. Ma question justement c'est :est ce que les relations plurielles permettent de se sentir plus pleinement soi en étant reconnu par les différents amoureux et amoureuses comme plus comme ceci ou plus comme cela ?

Sur ce point, et j'espère ne pas être hors sujet, je crois que c'est plus dans le phénomène d'extra qu'il faut te tourner. Celui-ci peut se vivre avec ton compagnon de vie. Si je prends mon exemple. J'ai été durant 4 ans à vivre ma polyaffectivité, c'est-à-dire sans m'assumer, pensant que j'étais un être bizarre... (le coup du vilain petit canard). Avec mon chéri de vie, nous allions tous les ans en we à rallonge, quitte à poser des congés si besoin, aux salons de l'érotisme de Besançon. La première année, sur une journée, j'avais un petit décolleté et un pantalon. En arrivant, j'ai pris une bouffée d'oxygène dans ce milieu d'érotisme et de sensualité. La seconde année, le décolleté était un peu plus sensuel et j'étais en jupe courte, collant, talons... Et puis, j'y ai fait des achats et comme ça se déroule sur plusieurs jours, j'ai terminé la dernière journée en tenue que je ne me promènerais pas dans la rue ainsi. J'ai découvert que j'étais regardé et admiré (bon là, ça reste encore aujourd'hui un mystère pour moi). Je me suis faite abordée, mon chéri à mes côtés, tout heureux que je plaise et que je sache doser toute seule, comme une grande les avances toute en douceur et à la mesure de mes intentions. Au final, nous avons découvert beaucoup. A la fois individuellement (que je prenais plaisir à de l'exhibition, à du voyeurisme, voire à une forme de petite provocation sensuelle, qu'une femme pouvait m'émoustiller également), à la fois collectivement. Nous avons franchi le pas d'une sexualité, afin d'un agrément de la sexualité atypique, que nous n'aurions pas même envisager auparavant. La norme confine aussi sous tous ces plans, à l'intérieur même d'une relation (et aussi si elle est mono).

Vous pouvez très bien, si les deux désirent cette expérience (pas obligatoirement dans ce milieu) sortir du moule, c'est jouable, et cela ENSEMBLE. Après on y adjoint ou non du sexe extérieur ou de l'amour affectif extérieur, puisque moi j'en avais déjà (pour l'affect).

La beauté : elle est principalement intérieur. Le corps est une façade. Si l'on reprend mon vécu ci-dessus raconter, c'est en effet l'extérieur que j'exhibais et il ne correspond en rien du tout aux "critères" actuels. 1m50 pour 70 kg, je te laisse visualiser la silhouette. Après, une petite barrique, ça peut être sympa, c'est vrai. Bref, je veux dire, les personnes que j'ai rencontrées là-bas, femmes comme hommes comme (autres), sont venus beaucoup échanger avec moi, sans insister sur des vues physiques. Mon audace d'exhibition attirait à la base, puis les propos, loin d'être superficiels, prenaient le dessus et toujours l'intérieur s'invitait et focalisait l'attention, puis régulait l'intention.

L'attention de l'intérieur fait largement autant de bien, et je crois même plus, que l'attention portée à l'extérieur. Je parle d'un vécu de 3 jours par an, qui me sourcait tellement plus que la majeur partie des autres jours. L'extra, il faut savoir se l'offrir. Sa mémorisation permet tellement !

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Sophie72

le dimanche 25 octobre 2020 à 16h25

Je le sais que la beauté est intérieure mais j'ignore pourquoi j'ai toujours le sentiment que cela est vrai pour tous sauf pour moi.
Je crois que mon mec ne peut que très difficilement sortir du "moule". Pourtant c'est quelqu'un de pas du tout rigide et pas du tout à cheval sur les règles. C'est justement parce qu'il les transgressait un peu que j'ai sans doute été très attiré par lui et c'est encore ce côté là qui me séduit 30 ans plus tard, mais je sens que concernant l'amour, ses idées sont un peu "figées" dans le temps. Bon ceci dit, je ne suis pas certaine de chercher de véritables changements et même ce que tu évoques me parait très éloigné de mes "aspirations".
Ce que j'essaie de dire sans doute maladroitement c'est que chaque personne qui s'intéresse à moi et avec laquelle j'ai un bon "feeling" qu'il s'agisse de sentiments amoureux ou d'amitié ou de simple sympathie, va mettre en lumière certaines facettes de moi qui sont parfois dans l'ombre. Tu as raison de dire que c'est à nous de ne pas laisser ces facettes de nous dans l'ombre, sauf que parfois nous-mêmes ne les voyions plus et que c'est dans la relation nouvelle qu'elles nous ré-apparaissent. D'où ma question sur l'impact à ce niveau des relations amoureuses plurielles.

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bonheur

le lundi 26 octobre 2020 à 10h41

Sophie72
Je le sais que la beauté est intérieure mais j'ignore pourquoi j'ai toujours le sentiment que cela est vrai pour tous sauf pour moi.

:-/ Tu es unique. En revanche, la beauté intérieure, c'est certainement humainement universel.

Sophie72
Je crois que mon mec ne peut que très difficilement sortir du "moule". Pourtant c'est quelqu'un de pas du tout rigide et pas du tout à cheval sur les règles. C'est justement parce qu'il les transgressait un peu que j'ai sans doute été très attiré par lui et c'est encore ce côté là qui me séduit 30 ans plus tard, mais je sens que concernant l'amour, ses idées sont un peu "figées" dans le temps. Bon ceci dit, je ne suis pas certaine de chercher de véritables changements et même ce que tu évoques me parait très éloigné de mes "aspirations".

Je crois, et là évidemment je tombe à côté de la plaque peut-être, c'est la liberté de la non contrainte. Du coup, tu aimerais sortir du moule et attend son acceptation, sauf que du coup, tu es dépendante. Les "changements" sont parfois d'abord intérieur avant de pouvoir se révéler comme vecteur de vie. Tu associes toi et ton "mec" comme étant unique et donc tu te conforme à ce "nous" impérieux. Le "nous" ne doit pas étouffer chaque "je" et doit respecter tout le monde. Après, tu n'es sans doute pas poly, enfin pas actuellement, mais tes "aspirations" ne sont pas possibles en l'état. D'ailleurs, le hic vient peut-être qu'il te faut comprendre la teneur de celles-ci. Tu sais que le moule n'est pas pour toi, pour que tu t'épanouisses, sauf que tu ne sais pas encore définir ce hors-moule qui te sublimerait.
C'est ma perception, pas une réalité. Tu pioches dans mes mots ce qui te fait avancer et tu délaisses si ce n'est pas le cas.

Sophie72
Ce que j'essaie de dire sans doute maladroitement c'est que chaque personne qui s'intéresse à moi et avec laquelle j'ai un bon "feeling" qu'il s'agisse de sentiments amoureux ou d'amitié ou de simple sympathie, va mettre en lumière certaines facettes de moi qui sont parfois dans l'ombre. Tu as raison de dire que c'est à nous de ne pas laisser ces facettes de nous dans l'ombre, sauf que parfois nous-mêmes ne les voyions plus et que c'est dans la relation nouvelle qu'elles nous ré-apparaissent. D'où ma question sur l'impact à ce niveau des relations amoureuses plurielles.

Je ne vais peut-être faire une citation mot-à-mot de Julien Doré, sauf que dans l'une de ses dernières chansons il indique à propos des ombres que l'on ne peut les changer, on peut juste les éclairer. Je trouve cela très intéressant, comme propos.

Nous n'avons pas assez d'une vie pour éclairer nos richesses individuelles. Surtout dans une société qui désire plier tout le monde dans un moule au lieu d'encourager l'épanouissement personnel. Alors ma question sera simple @Sophie72 : lorsqu'une personne met en lumière une facette de toi, qu'elle posture adoptes-tu ?

Laissons tomber pour l'instant les amours plurielles, et concentrons-nous sur une connaissance de toi et de toutes les facettes hors-normes de toi. Que fais-tu, en aparté de toutes formes de relationnel, de ces facettes et des révélations liées ?

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Sophie72

le mardi 27 octobre 2020 à 14h27

Quand cela met en lumière une partie de moi que j'ai un peu laissé en "sommeil" , cela me rappelle qu'on est obligé de faire des choix dans une vie et qu'on n'a effectivement pas assez de toute une vie pour "cultiver" toutes nos facettes. Parfois certaines facettes de nous-mêmes nous "manquent" ou on regrette de ne pas avoir pris le temps de travailler un "don", une de nos compétences, de l'avoir laissé à l'état de "friches". Mon compagnon ne peut pas tout partager avec moi comme moi je ne peux tout partager avec lui. Nous avons des passions différentes. Ce n'est pas un problème en soi mais je crois que j'éprouve le besoin de partager mes passions avec d'autres que lui. Quand nous passons un week-end en amoureux ce qui est rare malheureusement. Lui, je le sens "comblé" et moi cela me fait du bien mais je sens que cela ne me "comble" pas.
Sur le plan sexuel, je me sens assez épanouie et je ne veux pas me plaindre parce que j'ai cette chance d'avoir une vie sexuelle avec mon compagnon qui est tout à fait satisfaisante. Quand je lis que beaucoup de femmes ont rarement un orgasme, je suis étonnée car même si nous avons des rapports assez espacés, il est très rare que je n'ai pas d'orgasme et mes orgasmes de maintenant sont plus puissants qu'il y a 20 ans parce que mon compagnon a développé une excellente connaissance de mon corps et qu'il décode très bien mes réactions. Mais il manque sans doute un peu de peur, de risques qui attisent souvent le désir, enfin je crois.

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bonheur

le mercredi 28 octobre 2020 à 10h03

@Sophie72. Je me trompe peut-être. J'ai cette impression d'un manque, mais pas nécessairement là où tu le places. En quoi avoir des passions différentes empêchent le partage ? Un exemple, si je rentre d'une rando avec le bienfait que celle-ci m'a apporté, je "contamine" de mon nouvel état de bienfait. Donc, je partage.

Si tu as des dons, et que tu veuilles les développer, fais-le. Tu en partageras le fruit de ce développement. Ce que cela t'apporte. Et avec internet, tu trouveras facilement des forums pour partager d'une façon plus concrète. Partager veut dire partager, créer des liens se suffisent à eux-mêmes parfois. L'amour, il survient... ou pas. Et même quand il survient, la déclaration n'est pas obligatoirement à envisager. L'amitié c'est profond également.

Pour ce qui est de la sexualité, je confirme. Une personne qui connait le corps, les réactions... de l'autre, c'est génial. Aujourd'hui, je délaisse tout ce qui est orgasme (si ça vient tant mieux, sinon je ne cherche pas à ce qu'il arrive), je privilégie la tendresse qui me fait tellement de bien. En revanche, pour avoir vécu cette "quête", je comprends parfaitement :-D . Peut-être devriez-vous inventer des jeux pour "oser" différemment ?

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Sophie72

le mercredi 28 octobre 2020 à 14h01

C'est juste que quand je partage des choses fortes, des moments riches en émotions, c'est là que je tombe parfois amoureuse. C'est par le biais d'un forum que je suis tombée amoureuse la dernière fois :) Donc actuellement, je sens que je me mets des "freins" pour ne pas retomber amoureuse. Chez moi l'amitié avec un homme est quasiment toujours compliquée. Si je partage des moments forts émotionnellement avec un homme, je vais être dans un flou de mes sentiments et le désir sexuel apparaît tôt ou tard. C'est donc problématique pour moi.

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bonheur

le mercredi 28 octobre 2020 à 16h27

Du coup, je comprends ton embarras et tes "barrières". Il y a du beau et du compliqué : les deux peuvent en effet se superposer.

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Sophie72

le vendredi 30 octobre 2020 à 21h54

D'un autre côté, je crois que je réalise encore une fois que mon mode de fonctionnement n'est pas nécessairement le plus répandu. Je pensais que pour beaucoup le flou dans les sentiments lorsqu'on vivait des choses fortes avec des personnes était très courant et je suis en train de découvrir que ce n'est peut-être pas le cas. Je me dis que chez moi il doit y avoir une construction qui part de la physiologie. Je réalise que toutes les situations connues pour faire sécréter de l'ocytocine (on en sécrète quand on passe un bon moment avec des amis, quand on fait l'amour, quand on accouche, quand on allaite, quand on prend du plaisir partagé et aussi quand on tombe amoureux) sont potentiellement des situations où mon cerveau fait le lien avec le sentiment amoureux. Avec les femmes comme je ne ressens pas d'attirance physique, je parviens plus facilement à dissocier les émotions positives des sentiments , avec les hommes, c'est plus compliqué.
Cela pourrait expliquer pourquoi souvent on ne me croit pas quand je dis que je me sens amoureuse d'un artiste, d'un homme que je n'ai vu que quelques fois, ou quand je dis que je ressens encore de l'amour pour un amour de jeunesse que je ne vois pourtant plus. Pourtant je sais que c'est fort et que mes pensées pendant un certain temps reviennent sans cesse à cette personne de manière "obsessionnelle". Mais souvent j'ai entendu des personnes me dire: " mais non tu ne peux pas être amoureuse! "Moi je crois que c'est juste que notre fonctionnement est différent pas les sentiments.

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alinea7

le vendredi 30 octobre 2020 à 23h17

Ce que tu dis me parle. En ce qui me concerne je crois que ces bouffées d'ocytocyne/amour on les ressent tous. Je ne sais pas pourquoi ça aboutit à des constructions conscientes complètement différentes.
Il me semble que les émotions partent du corps et de la partie inconsciente du cerveau, qui nous disent que quelque chose est en train de se passer nécessitant un arbitre conscient.

Ce que nous faisons de l'information et comment nous l'interprêtons dépend de tellement de choses...! De notre corps, de notre inconscient, de notre vécu, de notre égo...

Rassures toi en tout cas, tu es tout à fait normale. Ce n'est pas pour rien qu'on utilise le terme fan. C'est normal, c'est courant, c'est agréable. Tant mieux si tu le ressens beaucoup, profite !!
Ce qui est dommage c'est si en même temps que c'est agréable, tu en souffres en fait. J'ai l'impression que tu as une frustration dans le fait de pouvoir aimer pleinement l'être aimé au sens où tu voudrais vraiment que cet amour soit accueilli. J'ai l'impression qu'aimer ne suffit pas, tu voudrais vraiment être aimée en retour. Mais peut-être moins pour le fait d'être aimée que pour le fait de pouvoir manifester ton amour à fond. Est-ce que ça te parle ?

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bonheur

le samedi 31 octobre 2020 à 15h02

@alinea7 et @Sophie72. Je ne réfléchis pas obligatoirement ce que je ressens. Je veux les hormones... je sais que oui, ça existe. En revanche j'ai des difficultés à réfléchir en ces termes. Je sais juste que je ressens et que j'éprouve.

alinea7
J'ai l'impression que tu as une frustration dans le fait de pouvoir aimer pleinement l'être aimé au sens où tu voudrais vraiment que cet amour soit accueilli....
Mais peut-être moins pour le fait d'être aimée que pour le fait de pouvoir manifester ton amour à fond. Est-ce que ça te parle ?

C'est le point de départ de ma polyaffectivité. Manifester mon amour et si possible "à fond". Le fait que mon chéri de vie simplement sache et reconnaisse ce que je ressens m'emplit déjà, que cet amour est un retour ou non (et super s'il y en a un). Ne pas enfouir comme si c'était honteux. Evidemment, être aimer en retour, c'est la cerise sur le gâteau.

alinea7
Rassures toi en tout cas, tu es tout à fait normale. Ce n'est pas pour rien qu'on utilise le terme fan. C'est normal, c'est courant, c'est agréable. Tant mieux si tu le ressens beaucoup, profite !!

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Sophie72

le samedi 31 octobre 2020 à 23h00

Effectivement pour des mêmes signaux chimiques, notre cerveau interprête plus ou moins différemment, probablement en fonction de nos expériences de la toute petite enfance. Il n'y a qu'à observer à partir d'une même odeur combien les interprétations des personnes peuvent être différentes. De même une même musique pourra, aussi bien donner une émotion triste qu'une émotion joyeuse à deux personnes différentes.
Pour répondre à ta question @alinéa7, l y a sans doute du vrai dans ce que tu dis. Devoir cacher mes sentiments m'étouffe. Mais il faut bien dire que tout dépend de l'accessibilité de celui qui fait vibrer mon cœur. Être fan d'un artiste est bien accepté socialement et on peut se montrer très épris(e) sans choquer. Je n'attands pas d'être aimée en retour dans ce cas. Par contre, pour un homme plus "accessible", je vais espérer davantage d'être aimée. Quand mon ex-ami a pris de la distance (ne répondait pas toujours à mes mp ou sms bien que ces derniers étaient espacés de plusieurs semaines le plus souvent, ne me contactait plus spontanément, ne réagissait que rarement à mes ubli FB) je souffrais non seulement du fait de ne pouvoir montrer mes sentiments mais aussi qu'il ne m'accordait plus d'attention. De même quand je croise l'homme que j'ai aimé il y a 10 ans, je sens encore mon cœur vibrer et le fait qu'il ne m'a pas reconnue 2 fois de suite (bon j'avais le masque mais quand même) me blessé profondément. Moi j'ai cru lui plaire et en fait non pas du tout et je me sens nulle ! :(

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