Polyamour.info



Les messages appartiennent à leurs auteurs. Nous n'en sommes pas responsables.

Merci de consulter notre charte de discussion pour connaître les règles qui régissent les conversations sur ce site.

Être en poly, est-ce que c'est tout accepter sans limites ?

Bases
#

Marlee1 (invité)

le dimanche 01 novembre 2020 à 18h24

Bonjour,
J'ai un conjoint nouvellement polyamoureux. Il me comble de bonheur. Par contre, il accepte aucune restriction de ma part tant qu'à la durée de ses sorties avec sa relation. J'ai eu un malaise avec un voyage de 3 jours l'été dernier. Il préfère me quitter que de trouver un compromis. Est-ce que c'est cela du polyamour ?
Merci
M.

#
Profil

bonheur

le dimanche 01 novembre 2020 à 20h20

Bonjour Marlee1,

C'est nouveau et imposé... en résumé c'est ce qui cloche.

Je pense pour ma part, qu'une personne qui veut faire ce qu'elle veut sans restriction, ne devrait prendre aucun engagement de vie. Le mieux peut-être serait qu'il soit célibataire et gérer sa vie à son souhait. La totale liberté est peu viable, d'après moi. La communication est d'après moi un fondamental du polyamour, quelque soit sa forme.

Quitter est un choix comme un autre. S'il veut éliminer les contraintes, le célibat est en effet la meilleure option pour lui. Et puis, on peut s'aimer sans vie commune. Ne plus vivre ensemble ne voudrait pas dire ne plus s'aimer et se quitter.

Vous êtes dans une période de nouveautés et de déséquilibre. Ce serait à trois qu'il faudrait trouver le fameux compromis, consensus... où chacun-e trouverait sa juste place.

J'ignore si j'ai pu t'aider.

Le polyamour n'a pas vraiment de définition exacte et il n'y a pas de normes spécifiques. Alors, les discours ici divergent, ou convergent, mais ne peuvent avoir valeur de certitudes et encore moins de mode d'emploi.

#

Marlee1 (invité)

le dimanche 01 novembre 2020 à 21h18

Merci bonheur,
C'est surprenant comment je trouve ta réponse pertinente, même si j'ai donné peu de détails. Disons que tu tiens le même discours que mes amis proches.

#
Profil

Siestacorta

le dimanche 01 novembre 2020 à 23h20

Le no-limit, c'est du polyamour... si c'est consenti. Et un consentement sur un truc nouveau sans discuter, je vois pas trop bien.

Vous êtes ensemble depuis combien de temps ? Ca lui a pris comment ? Qui dit le mot "polyamour" dans vos conversations, en se basant sur quoi ?

Par ailleurs, question : toi, tu pourrais faire quoi ? Si toi tu te donnais no-limit, no discussion, ce serait accueilli comment ?

Message modifié par son auteur il y a 9 mois.

#

Marlee1 (invité)

le lundi 02 novembre 2020 à 00h57

Tes questions sont intéressantes. Le poly est apparu quand il a déclaré son amour à une collègue...qui avait l'habitude d'être infidèle...Son mari, heureux de s'être enfin fait dire la vérité, a accepté la situation mais dans le compromis...lui ne voulant pas d'autres relations. Alors, le poly est apparu dans nos vies, car il ne savait pas trop quoi faire avec ses sentiments. Nous sommes ensembles depuis 17 ans. Quand ton conjoint te propose ça, j'ai choisi d'essayer, de voir si je pouvais bâtir des relations. De son côté, il a rapidement mis des limites...pas dans notre lit, pas pendant certains moments de vacances. Mais, de son côté, il accepte rien, ni même la discussion. Il dit que je dois lui faire confiance, qu'il sait gérer pour ne pas que ça m'affecte.

#
Profil

Siestacorta

le lundi 02 novembre 2020 à 08h57

Marlee1
Tes questions sont intéressantes. Le poly est apparu quand il a déclaré son amour à une collègue...qui avait l'habitude d'être infidèle...Son mari, heureux de s'être enfin fait dire la vérité, a accepté la situation mais dans le compromis...lui ne voulant pas d'autres relations. Alors, le poly est apparu dans nos vies, car il ne savait pas trop quoi faire avec ses sentiments. Nous sommes ensembles depuis 17 ans. Quand ton conjoint te propose ça, j'ai choisi d'essayer, de voir si je pouvais bâtir des relations. De son côté, il a rapidement mis des limites...pas dans notre lit, pas pendant certains moments de vacances. Mais, de son côté, il accepte rien, ni même la discussion. Il dit que je dois lui faire confiance, qu'il sait gérer pour ne pas que ça m'affecte.

Comme je disais, c'est une question de consentement. Et autant, si chacun a besoin de trucs différents, on peut avoir un accord, mais on peut pas avoir d'accord sans discuter de ce que chacun veut, sans le respecter. C'est nul envers une personne qu'on aime, et ça rend la relation invivable.
Le but du polyamour c'est pas "pouvoir voir qui on veut juste parceque", c'est pas juste le fait de faire plusieurs rencontres, c'est un choix de cadre pour la relation. Et on le fait pas juste pour soi. Si on dit la vérité à chaque partenaire concerné.e, c'est aussi pour construire ensemble les relations qui s'ensuivent.

Je ne sais pas qui a parlé de polyamour dans les circonstances que tu as décrites, mais je pense que si c'est pour dire "comme on peut ressentir plusieurs amours, on peut les vivre", c'est une utilisation abusive. Parce que ça, les gens qui font de l'adultère, ou qui font des rencontres qui se suivent avec quelques transitions où ça se superpose, ils le faisaient bien avant qu'on utilise le mot polyamour... Ils peuvent vivre leur vie sans tenter d'être plus constructifs qu'avant.

C'est donc depuis le couple de la collègue que le mot polyamour a été utilisé... Bon, même si je crois qu'il serait intéressant de connaitre l'état exact de cette relation, il y au moins de la vérité. Est-ce qu'elle est bien vécue, cette vérité ? Parce que sinon, je trouve que ce qui est assumé là est mauvais pour beaucoup de gens.

Par ailleurs : pourquoi toi tu as accepté ce changement ? Quels choix t'es tu donné ?

Vous avez une relation à construire. A trois, ou quatre, même si c'est pas avec les mêmes attentes.
Et c'est pas parce que c'est un mec qui décide de sa vie comme d'hab, avec son nombril comme seule référence, actif et liiiiibreu, qu'il a plus de légitimité à faire vos choix communs que toi.

Message modifié par son auteur il y a 9 mois.

#
Profil

bonheur

le lundi 02 novembre 2020 à 12h13

Je vais avoir une perception différente de @Siestacorta.

D'après ce que je lis, il veut décider pour gérer. Il a ce besoin de penser qu'il sait ce qu'il faut faire, dire... car il est l'homme de la situation. Il assume à sa façon, sauf que voilà, il assume aussi pour les autres, à la place des autres. Ton chéri a provoqué une situation nouvelle, si est engouffré volontairement et c'est à lui d'être dans la "bonne" action (poser des limites). Ce que je trouve assez aberrant, c'est cette partie de phrase "qu'il sait gérer pour ne pas que ça m'affecte". 17 ans, c'est vrai, ça commence à compter. Sauf que voilà, même si ça faisait 100 000 ans, il n'ai pas en toi et ne peut savoir ce qui t'affecte et comment et pourquoi... Certes, certaines personnes sont des livres ouverts (j'en fais partie). Sauf que le livre ouvert ne révèle qu'une partie de l'intérieur, la plus visible. C'est comme l'iceberg, on n'en voit que la petite partie immergée, l'essentiel est invisible et ne peut se révéler qu'en allant en profondeur.

Ce n'est pas qu'en fixant des règles (pas dans le lit conjugal, pas à certains moments...) que l'on "gère" une relation. C'est en communiquant et en ne minimisant pas l'impact, Il est dans le "laisse moi faire et tu verras...". Sauf que tu es adulte et évidemment que ça ne peut te suffire, comme propos. D'ailleurs, si un jour ça coince entre lui et sa collègue, ce sera toi qui le consolera. Rien que pour ça, tu as ton mot à dire.

Je ne crois pas au nombril du monde comme seule référence d'après ce que tu dis. Mais je confirme que s'il est actif, il n'est pas liiiibreu (lol) et sa légitimité ne vaut pas mieux que la tienne dans les choix qui concerne votre "nous". Un nous est constitué de "je" et là, il y en a QUATRE concernés.

Pour avoir eu un amour qui avait, ce qui était à mes yeux un "défaut", de penser au mieux pour tout le monde, sans consulter ce monde car il a toujours penser que c'était à lui de "gérer", surtout si c'était de son fait à l'origine. C'est une erreur : assumer ce n'est pas cela, pour moi.

#
Profil

artichaut

le lundi 02 novembre 2020 à 12h52

Bienvenue ici Marlee1.

Marlee1
J'ai eu un malaise (…) Il préfère me quitter que de trouver un compromis. (…) Il dit que je dois lui faire confiance, qu'il sait gérer pour ne pas que ça m'affecte.

Clairement non, il ne sait pas gérer (ou ne veut pas).


Gérer c'est : écouter l'autre, les autres, dire ses envies, poser ses limites, aller lentement, écouter les envies et les limites de l'autre, des autres, les prendre en compte, trouver si besoin des compromis, ralentir, … et recommencer : écouter l'autre, les autres, dire ses envies, poser ses limites, aller lentement, etc.

C'est ça gérer. Ça se fait ensemble, et ça prends un temps de ouf.


Si tes pas prêt·e à passer au moins autant de temps à "gérer" qu'à profiter de tes relations, t'es pas prêt·e pour le "polyamour". Et si c'est pas toi qui va droit dans le mur, c'est les autres que tu va y envoyer à ta place.

#
Profil

bidibidibidi

le lundi 02 novembre 2020 à 17h48

A lire, ça me semble un cas classique de "Je te quitte, mais je suis trop lâche pour en assumer la responsabilité".
Après, les informations données par Marlee sont vraiment trop peu nombreuses. Il y a donc une sacrée marge d'interprétation dans ma conclusion.

#
Profil

Siestacorta

le lundi 02 novembre 2020 à 21h09

Marlee1
Il dit que je dois lui faire confiance, qu'il sait gérer pour ne pas que ça m'affecte.

Je m'étais effectivement pas attardé là-dessus...
Mais dans un cadre si nouveau, qui n'est pas celui de votre relation telle qu'elle était avant, et qui implique pas juste lui et un peu toi, mais deux autres personnes, dont une aimée donc directement impactante : la confiance doit se construire, elle est pas offerte.
Je peux te faire confiance pour m'emmener promener, si tu me demandes de faire de l'escalade en rappel alors que j'ai jamais pensé en faire, que je m'y attendais pas trop, que je sais pas ce que tu sais faire toi dans ce cadre... non, il va me falloir plus que ma confiance en toi ordinaire, il va falloir me parler, me montrer, m'écouter, me soutenir encore plus que d'habitude.

Message modifié par son auteur il y a 9 mois.

#
Profil

Sophie72

le mardi 03 novembre 2020 à 11h46

Je n'interviens pas parce que je n'ai rien à apporter mais je vous lis et cette métaphore de l'escalade, je la trouve très explicite. Merci. :)

Siestacorta

Je peux te faire confiance pour m'emmener promener, si tu me demandes de faire de l'escalade en rappel alors que j'ai jamais pensé en faire, que je m'y attendais pas trop, que je sais pas ce que tu sais faire toi dans ce cadre... non, il va me falloir plus que de la confiance en toi de d'habitude, il va falloir me parler, me montrer, m'écouter, me soutenir encore plus que d'habitude.

#
Profil

bonheur

le mardi 03 novembre 2020 à 12h50

Je trouve aussi cette métaphore intéressante. Je pense qu'il manque le consentement. Voilà la promenade que je désire faire et j'aimerai que tu m'accompagnes. Puis, demander si autrui a les possibilités, d'escalader en rappel, d'apprendre. Si mettre un pied devant l'autre, tout le monde ou presque le peut, la respiration aussi, il faut concevoir l'escalade comme nécessitant des particularités individuelles au-delà du commun.

La confiance est surtout en lien avec la sécurité. Je veux bien tenter l'escalade en rappel, si je suis certaine d'être accompagnée. Or quand un couple passe de mono à poly, les deux sont dans l'apprentissage, la découverte et entraine une troisième, quatrième... personne. Si aucune de ces personnes n'est expérimenté, il y aura des beugs. Le polyamour, c'est aussi pour moi s'offrir la possibilité de vivre des beugs.

#
Profil

EdK

le mardi 03 novembre 2020 à 16h20

Marlee1
J'ai eu un malaise avec un voyage de 3 jours l'été dernier. Il préfère me quitter que de trouver un compromis

Marlee1
Bonjour,
J'ai un conjoint nouvellement polyamoureux. [....] Par contre, il accepte aucune restriction de ma part [....]

Marlee1De son côté, il a rapidement mis des limites...

Donc il n'y a ni consentement de ta part ni réciprocité.
Pour moi il s'agit clairement d'une relation abusive.

Marlee1
Est-ce que c'est cela du polyamour ?

Non.
Le polyamour est une éhtique. La situation actuelle dans votre relation ne respecte pas cette éthique. Donc ce n'est pas du polyamour.

Marlee1
Il dit que je dois lui faire confiance, qu'il sait gérer pour ne pas que ça m'affecte.

Manifestement il a tord, sinon tu n'en parlerais pas de cette manière n'est ce pas ?

Tu es légitime pour être une personne à part entière. C'est a dire un sujet dans cette relation, pas un objet. De ce fait te nier le droit d'en négocier les termes en recourant a l'ultimatum n'est de mon point de vue pas acceptable. Quand bien même les termes de la relation te satisferaient pleinement.
Tu es une personne pas un objet.

Message modifié par son auteur il y a 9 mois.

#
Profil

Sophie72

le mardi 03 novembre 2020 à 17h31

bonheur
Je trouve aussi cette métaphore intéressante. Je pense qu'il manque le consentement. Voilà la promenade que je désire faire et j'aimerai que tu m'accompagnes. Puis, demander si autrui a les possibilités, d'escalader en rappel, d'apprendre. Si mettre un pied devant l'autre, tout le monde ou presque le peut, la respiration aussi, il faut concevoir l'escalade comme nécessitant des particularités individuelles au-delà du commun.

La confiance est surtout en lien avec la sécurité. Je veux bien tenter l'escalade en rappel, si je suis certaine d'être accompagnée. Or quand un couple passe de mono à poly, les deux sont dans l'apprentissage, la découverte et entraine une troisième, quatrième... personne. Si aucune de ces personnes n'est expérimenté, il y aura des beugs. Le polyamour, c'est aussi pour moi s'offrir la possibilité de vivre des beugs.

C'est vrai :)

#

Marlee1 (invité)

le mercredi 04 novembre 2020 à 02h41

Siesta tu disais: "Par ailleurs : pourquoi toi tu as accepté ce changement ? Quels choix t'es tu donné ? "

Si je n'accepte pas, je dois partir et perdre ce que nous avons bâti depuis près de 20 ans. Si je n'accepte pas, je le perds lui et je perds mes enfants au quotidien...Il m'a laissé 6 mois sans relation pour accepter, ou partir, pas pour répondre que je voulais rester seulement avec lui. Il était fermé à cette idée, c'est difficile de se sentir aimé dans ses circonstances.

Bonheur, merci, tu as défini exactement comment je me sens. La situation est nouvelle, je ne sais pas comment il va gérer. Au début, il a fait des erreurs difficiles à réparer. Au début, il m'a montré qu'il ne savait pas gérer. Au début, j'ai préféré partir, parce que je ne m'y retrouvais pas dans cette situation, mais il a refusé de signer les documents légaux. Alors, je suis allée chercher un soutien psychologique. J'ai fait des petits pas, mais je n'y arrive pas assez vite à son goût.

Bidibidibidi, mes amies disent qu'il ne veut pas choisir entre elle et moi, alors il me met le choix entre les mains...un peu comme tu dis, un truc de responsabilité.

#
Profil

artichaut

le mercredi 04 novembre 2020 à 09h00

Marlee1
il ne veut pas choisir entre elle et moi, alors il me met le choix entre les mains...

Malheureusement c'est très classique. Ce n'est pas du polyamour, c'est de la lâcheté

Marlee1
mes amies disent qu'

hum… si le dialogue ne passe même pas en direct, c'est mauvais signe

#
Profil

bonheur

le mercredi 04 novembre 2020 à 11h29

@Marlee1 : Commencer une explication par "Si" signifie qu'il n'y a pas de consensus, de discussion. Il impose et pour moi "Si" signifie chantage. Chantage affectif, non seulement de votre amour, mais aussi de la garde des enfants (qui seront des otages de vos différents). Chantage à de tes conditions de vie : as-tu un métier ? Un salaire ?

Il pose un ultimatum et oui, tu dois faire le choix d'avenir de votre relation. Il est à l'origine des perturbations et ne tente pas de trouver une solution viable pour chacun-e. Il ne t'accompagne pas dans SON choix. L'aide tu vas la chercher à l'extérieur de votre couple, c'est ce qui me met mal à l'aise dans votre situation. Certes, on a le droit de camper sur sa position. Choisir entre l'amour et l'amour, est insupportable pour la personne qui doit choisir. Les poly ne choisissent pas, il vivent les deux... mais pas n'importe comment. La moindre des choses est de se préoccuper du ressenti des personnes concernées. Je suppose que le mari de sa collègue est confronté aux mêmes annonces que toi. Un choix qui n'en n'est pas un.

Il refuse de te laisser partir en refusant de signer les documents qui attesteraient la séparation ? C'est un point important. En fait, il ne te laisse pas le choix. Il décide à ta place.

Ce n'est en aucun cas du polyamour. Sache-le !

#
Profil

Sophie72

le mercredi 04 novembre 2020 à 12h13

Bonjour
J'essaie de ne pas être dans le jugement mais ce que tu nous dis de la manière dont cela se déroule avec ton compagnon est quand même assez choquant. Je suis en couple depuis plus de 30 ans (on s'est connus adolescents) et lorsque mon compagnon a compris que je pouvais avoir des sentiments pour deux hommes en même temps, cela a été très compliqué pour lui. Je pense même qu'en plus d'une année écoulée, c'est aussi le fait qu'il sait qu'actuellement il n'y a pas d'autre homme dans mon cœur qu'il "apprivoise" l'idée qu'aimer deux personnes est vraiment possible, qu'il se sent rassuré d'être toujours aimé. Au début il a d'abord été près à accepter des choses, au delà de ce qu'il est en fait capable de gérer (et moi sans doute que je ne voulais pas le voir parce que j'étais amoureuse et en "phase d'espoir") et puis j'ai senti ensuite que c'était juste pour ne pas me perdre et puis il a pensé me quitter pour ne pas me priver de liberté ce qui à mon tour m'a fait souffrir et il a compris que ce n'était pas non plus ce qui pouvait me rendre heureuse. Actuellement je sais que ces repères et sa manière d'aimer à lui sont profondément monoamoureux. Mais il a intégré que je fonctionnais différemment de lui et l'avenir nous dira comment nous gèrerons l'un et l'autre nos différences mais on essaie de ne rien imposer à l'autre. Je ne sais pas si ce partage d'expérience t'aidera mais au moins tu verras qu'il n'y a pas que pour toi que c'est compliqué.

#
Profil

bonheur

le mercredi 04 novembre 2020 à 14h03

Mon témoignage sera un peu différent de celui de Sophie72, avec toutefois comme fil conducteur que l'on ai créer un tous ensemble de vie commune, après une période de près de 20 ans sous une forme "classique". Cette vie commune aujourd'hui est un "je" polyaffective, un "lui" monoamoureux et une conciliation respectueuse dans le "nous". Certains ici diront que mon chéri de vie est polyacceptant. Au final, il se sent lui-même, avec moi, ayant pour dynamique commune le bonheur de tout le monde. J'intègre mes autres amours.

Pour le résumé de notre histoire, j'ai toujours été amoureuse depuis toute petite. Je ne me suis jamais sentie "princesse" et ai eu par la suite, une fois ado, la réputation de la salope qui... Ben en fait, je ne sais pas réellement ce que l'on pouvait me reprocher. J'ai essuyé les plâtres, évidemment. Mon chéri de vie, je le connais depuis mes 5 ans. Nous jouions dans la même cour de récréation, bien que d'âges différents. Il savait donc !

Je crois que j'avais 17 ans, lorsque l'on s'est rapproché d'une façon amoureuse. Je faisais mes études au lycée, puis nous avons habité ensemble (nous vivons merveilleusement bien ensemble, dans le partage des tâches depuis le début). Le Bac, le boulot, un garçon, puis deux, puis trois, puis la construction de notre maison, puis... une formation de réorientation professionnelle pour moi et la découverte d'un homme, wahoo. Et pourtant même ainsi, je le considérais comme un ami. Quand l'intellect s'en mêle, ça transforme par obligation, par conformité à l'évidence, que non je ne suis pas une salope, et plus ni une enfant, ni une ado. Et puis, il y a eu cet instant T. J'ai crains pour sa vie, à cet ami. Outre cette tornade intérieure de peur, une fois passée et mon apaisement d'avoir des nouvelles, meilleures que le scénario catastrophe imaginé, il est resté cette vérité indiscutable pour moi : je l'aime. J'ai gardé ceci pour moi et ce fut un vrai calvaire. J'ai tenté de parler à cet homme et n'y suis pas parvenu. J'ai attendu qu'il parte à quelques centaines de kilomètres et ai communiqué par écrit (mail). Il fallait que j'en parle à mon mari (je n'emploie plus ce terme aujourd'hui, je préfère chéri de vie). Sauf que les mots étaient bloqués, alors j'ai écrit un courrier. Je pense que mon chéri ne l'a pas lu en entier. Le fait est qu'il avait compris de travers. Là où j'exprimais un amour pour un tiers, il comprenait que je ne l'aimais plus, que je voulais divorcer, vendre la maison... Mon chéri venait de recevoir un coup de massue et m'a dit que j'avais cassé quelque chose en lui.

Nous avons alors discuter, discuter et encore. Il a fait, nous avons fait ensemble, le deuil de la monogamie et du couple ordinaire. Cela a pris des mois, bien que mon autre amour ai décidé de couper radicalement les ponts avec moi. Nous étions comme des aimants qui s'attirent et il a inversé sa polarité, pour s'éloigner à jamais de moi. Au sein de mon amour d'origine, l'évolution s'est poursuivi dans le sens de l'acceptation des amours affectifs plurielles. Nous sommes passés par de nombreux stades, tout en nous accrochant l'un à l'autre. Je ne connaissais pas le polyamour, donc je n'ai pas tenté de me raccrocher à quoi que ce soit de connu. Nous avons avancé longtemps dans le brouillard, à nous cogner partout, nous réconforter l'un l'autre à chaque coup. J'ai connu émotionnellement des très hauts, lorsque, avec la bienveillance de mon chéri, j'ai repris contact avec un amour jamais oublié, qui datait d'avant nos débuts. Là encore, cet homme n'a pas su vivre ce que j'avais à offrir. C'est 4 ans après cet instant T, que j'ai entendu par hasard le terme de polyamour et que j'ai pu, enfin nous avons pu, libérer notre vécu de l'emprise de la norme, qui nous semblait loin désormais, de toute façon.

Cette transition, transformation, nous a pris des années. Nous nous sommes soutenus encore et toujours. Aujourd'hui, nous sommes heureux ainsi. Ayant libérer mon coeur, je tombe finalement amoureuse parfois, souvent au plurielle d'ailleurs. Chez moi, l'amour appelle l'amour et non le repousse. Le bien-vivre de ma polyaffectivité est relative. Elle dépends de l'acceptation du nouvel amour, et de l'entente entre mon chéri de vie et ses métamours, des métamours entre eux, aussi.

Comme l'indique @Sophie72, intégrer que l'amour n'implique pas que la ou les personne-s aimée-s soient notre reflet. Il faut laisser le temps faire son oeuvre. Il faut un soutien mutuel indéfectible et la croyance qu'un amour ne survient pas aux dépends d'un autre, ou des autres. Tout au long de notre vie, nous rencontrons. Des personnes passent sans même que l'on se rappelle d'elles. Des personnes nous impactent un peu parfois. Des personnes nous touchent au plus profond, nous irradient, nous subjuguent, nous transforment et l'amour est la cerise sur le gâteau. Je ne parle pas de sexualité, mais d'émotions, d'accumulation d'émotions, de répétitions émotionnelles, qui nourrissent intérieurement et offre cette certitude que l'amour est présent.

#

Marlee1 (invité)

le samedi 07 novembre 2020 à 13h21

Sophie72, Je te remercie pour ton témoignage, de mon côté tout est imposé. Je crois qu'il est préférable que je quitte. J'ai eu l'ouverture d'essayer, mais il semble que lui qui se dit polyamoureux refuse d'en comprendre les principes de base. Son amie est maintenant partie parce qu'elle se sentait coupable d'apporter autant de tristesse dans ma vie. Elle s'est aussi sentie manipulée que ma tristesse lui soit dissimulée. Alors, qu'on lui a prôné l'importance de l'honnêteté.

Répondre

Chercher dans cette discussion

Autres discussions sur ce thème :


Espace membre

» Options de connexion