Polyamour.info



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Polyamoureux mais monogame par choix

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Popol (invité)

le mercredi 14 décembre 2011 à 15h36

Tort ou raison, ça ce n'est pas du domaine de l'absolu. Bon pour toi, ou pas, plutôt. Là, je dirais que c'est le moins mauvais, en retraduisant ce que tu livres ici.

Si ton choix devient trop coûteux à un moment donné, c'est toujours la lucidité qui te guidera, je pense. Wait and see. En plus de la lucidité, je te trouve courageux :-)

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Jak

le jeudi 15 décembre 2011 à 14h18

Courageux ... je suis surtout désespéré, et c'est ce qui me donne la motivation pour trouver une solution.

Mais après la discussion que j'ai eu avec ma compagne hier, j'ai envie d'abandonner.
On a discuté de sa façon d'aborder l'amour (en général et mono-). Le problème, c'est qu'étant son premier, elle n'a pas le recul nécessaire pour répondre clairement.
D'autre part, on a discuté (encore) de sa vision d'elle-même et de son passé. Elle a du mal a accepter qu'elle n'est pas responsable des abandons qu'elle a vécu, et elle estime ne pas mériter d'amour. En plus, elle n'a pas de rancune envers ses parents et les autres, elle préfère s'en vouloir que de faire souffrir les autres.

Après, on a abordé le polyamour, sans brusquerie, pour le comparer avec le monoamour et ses règles fondamentales (respect, harmonie, honnêteté, ...), mais principalement la fidélité. Je lui ai relu la définition du dictionnaire : fidélité "le fait de tenir ses engagements". Elle ne comprends pas que dans un polyamour, il y a un engagement dans tous les sens, une sorte de contrat entre toutes les parties, et que la fidélité, c'est de respecter les engagements de ce contrat.
Elle n'admet pas que des polyamoureux puissent construire une famille. Un peu vite (et peut-être sans réel intention péjorative) elle m'a dit "Comment des polyamoureux peuvent avoir une famille, c'est atroce pour les enfants."

J'ai l'impression qu'elle se ferme de plus en plus au débat, sachant qu'elle redoute que l'on en parle.

J'ai l'impression de perdre pied. Le problème, c'est que même moi j'ai peur d'aborder le sujet maintenant.

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Popol (invité)

le jeudi 15 décembre 2011 à 16h13

Et pourquoi pas tout laisser en sommeil, tout en la conviant à venir lire les quelques fils sur la famille, par exemple... ?

De tout coeur avec toi.

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Jak

le mardi 20 décembre 2011 à 11h54

Plus d'une semaine est passée et nous avons tout de même fêtés nos 6 ans le week-end dernier.

Nous n'avions pas réabordé le sujet jusque là. Pour ma part, je me suis senti mal toute la semaine passée et ma compagne l'a senti : j'étais replié sur moi, je ne parlais que pour me plaindre, je la fuyais (d'une certaine manière).

Finalement, après un problème de couple de l'un de nos amis, pour lequel je me suis battu (en y laissant des plumes), elle a décidé de discuter un peu avec moi.
Un peu par hasard, elle a légèrement abordé mon PA, plutôt pour me faire comprendre qu'elle me voyait souffrir en silence.

Lors de notre dîner d'anniversaire, elle est carrément entrée dans le vif du sujet et m'a fait comprendre qu'elle était pleine de gratitude pour les efforts que je fais pour elle (ce qu'elle a pu voir en venant lire cette discussion).
Elle m'a dit qu'elle ferait ce qu'il faut pour avancer et me comprendre.

Ça m'a fait chaud au coeur, puisqu'elle a pris du recul sur nos discussions, ce qu'elle ne faisait pas sur ce genre de sujet avant. Je suis heureux que ça ai pris cette tournure en fin de compte, surtout après la dernière conversation que l'on a eu sur le PA.

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eolemuse

le mardi 20 décembre 2011 à 14h33

heureux de voir que vous puissiez entamer un dialogue avec elle sur ce sujet fondamental pour vous...

c'est une super avancée et un regain de vie j'imagine pour vous deux pour la suite

;-)

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Mezrahi (invité)

le mardi 20 décembre 2011 à 15h20

Dites donc, ça bouge bien par ici... :-)

Jak... :-)

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Jak

le mardi 20 décembre 2011 à 16h15

Mezrahi
Dites donc, ça bouge bien par ici... :-)

Jak... :-)

Et ouai ... :-D

En fait, je ne m'attendais pas à ça, mais finalement, j'ai aussi appris quelque chose : au départ, je pensais que c'était à moi de guider le débat, puisqu'étant directement concerné par le PA; je pensais que ça le mettrait plus facilement à l'aise, mais j'avais tort, parce qu'au contraire, d'avoir cet "ascendant" de compréhension sur le sujet lui faisait penser que je voulais tourner la chose à mon avantage, réveillant ainsi ses peurs et ses angoisses.
En définitif, lui laisser à elle le soin de guider le débat, la met plus à l'aise et la rend plus réceptive à la compréhension du PA.

eolemuse
c'est une super avancée et un regain de vie j'imagine pour vous deux pour la suite ;-)

Un regain, c'est le mot ! Nous nous sommes rapproché, et en plus dans la période anniversaire de notre rencontre, ce qui en accentue l'effet positif. ;-)

Bon, même si l'objectif n'est pas encore rempli, les conditions sont maintenant réunies pour qu'on s'en rapproche, et c'est déjà beaucoup.

Merci encore à vous tous, qui m'avez conseillé et soutenu, vous m'avez beaucoup aidé.

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Mezrahi (invité)

le mardi 20 décembre 2011 à 17h05

Donne-nous des nouvelles quand même, hein :-)

Ca peut intéresser pas mal de gens, ton histoire et la manière dont elle évolue.

Ce que je trouve particulièrement tiltant, c'est que la situation s'est débloquée quand toi tu as lâché prise sur ce que tu pensais être la solution, en acceptant de te laisser surprendre et mener sur des chemin de traverse, assez inconfortables au demeurant. Un peu comme on laisse un pain lever tout seul et vivre sa vie: ce truc qui gonfle est assez inquiétant, est-ce qu'il va continuer et exploser?

Tu as compris ce qui lui fait peur, et on dirait bien que l'ascendant qu'on peut avoir sur elle en fait partie. Un truc de pouvoir - imaginaire ou pas, c'est comme la peur du loup: elle est pire que le loup.

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Jak

le mardi 20 décembre 2011 à 21h29

Pas de problème, si mon expérience peut servir à d'autres.

Mezrahi
est-ce qu'il va continuer et exploser ?

L'avenir nous le dira.

Mezrahi
Tu as compris ce qui lui fait peur, et on dirait bien que l'ascendant qu'on peut avoir sur elle en fait partie. Un truc de pouvoir - imaginaire ou pas, c'est comme la peur du loup : elle est pire que le loup.

C'est marrant, parce qu'on me dit souvent que je ne me rends pas compte de l'influence que j'ai sur les autres. Cet exemple me le prouve bien. Mais c'est vrai que je devrais peut-être creuser cet aspect.

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Popol (invité)

le mardi 20 décembre 2011 à 22h15

Là je me retrouve aussi. J'ai eu longtemps le sentiment que j'avais juste appris à dire ce que je pensais, ce que je sentais, à partager tout ça bien honnêtement... et j'ai aussi eu du coup des retours ou des aveux du genre "tu me fais peur", "tu m'impressionnes", "mais je ne voulais pas t'agresser", cette dernière remarque alors que je rappelais sobrement et factuellement à une collègue étourdie mais dans un trip de sauveteur, qui se souciait que je ne me mette pas dans une situation délicate par rapport à un mandat particulier, qu'elle avait eu par mail l'information que ce mandat m'avait été confié par la direction... et par moi et par la direction.

D'où je déduis que voir et retraduire les choses avec une certaine distance est un atout pour équilibrer le trop-plein d'émotion, mais propose une carte de lecture qui peut sembler glaciale et dénuée de sensibilité.

Déjà que j'ai un humour à la "Intouchables", pad'brapad'chocolat, alors il n'en fallait pas beaucoup plus pour que d'autres collègues se mettent à conjecturer sur mon supposé handicap de communication ^^ .

Heureusement qu'il y en a d'autres avec qui on se boyaude, autrement je finirais ermite en ouvrant un blog signé Ssssuper-Cynik...

Mais si on connaît de soi cet aspect-là. ça devient cernable et travaillable dans les rapports avec autrui.

On semble dériver du sujet, mais moi ça me fait percuter concernant d'autre situations et discussions où l'un des deux partenaires n'est pas raccord avec le PA, l’accepte à cause du pouvoir qu'il a donné à son ou sa partenaire, mais se fourre à contre-coeur dans des situations de comptabilité d'amants / de relations, et finit par se dégoûter lui-même, parce que ce que ses "revanches" ne lui apportent rien en soi, juste l'illusion de maintenir l'équilibre.

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Jak

le mercredi 21 décembre 2011 à 13h29

C'est vrai que c'est assez compliqué de gérer les pseudo rapports de force dans ce contexte.

Je ne trouve d'ailleurs pas qu'on s'écarte réellement du sujet, puisque, tu le dis toi-même, c'est inhérent à la plupart des cas où le PA fait une entrée dans un couple initialement monogame.

Après, la chance que j'ai c'est d'aborder le sujet dans un moment où je n'ai de sentiments que pour ma compagne. On est donc pas pressé par l'arrivée d'une femme pour qui je craque pour y réfléchir, et ça fait que l'atmosphère est déjà plus "détendue" (même si c'est déjà tendu).

De l'autre côté, cette "lutte de pouvoir" est, je pense, un gros problème de couple, même en dehors du polyamour. Par contre, dans le cas du PA, où il faut une égalité de "valeur" pour décider comment cela fonctionne entre toutes les parties, ça complique vraiment les choses.
Dans ce cas, il faut effacer cette pensée que chacun a sur le pouvoir de(s) autre(s), sinon, il y aura toujours une frustration qui sera du type : "On en est là aujourd'hui, mais, est-ce vraiment ce que nous voulons ou est-ce juste ce que lui/elle veut ?". Pour moi, pour qu'un polyamour soit gérable un minimum, il ne faut pas qu'il y ait ce genre de rapport de force, surtout si ils sont imaginaires de la part d'une des parties (sorte de complexe d'infériorité peut-être).

La nécessité, je pense, quand on parle de PA quand on est en couple monogame au départ, c'est de faire sentir que chacun a son mot à dire et que rien ne doit être forcé ou accepté à contre-cœur, même par dépit, gratitude ou simplement par amour de l'autre. Dans le cas contraire, je pense que les regrets feront très vite leur apparition.

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Popol (invité)

le mercredi 21 décembre 2011 à 18h49

"dans le cas du PA, où il faut une égalité de "valeur" pour décider comment cela fonctionne entre toutes les parties, "

Je n'ai pas
compris ce que tu entends par là, tu veux bien préciser?

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Jak

le jeudi 22 décembre 2011 à 10h43

C'est assez difficile à expliquer, mais en gros, ce que je pense, d'expérience, c'est :
- dans le cas de nombreux couples, une lutte de pouvoir peut signifier la fin du couple, car le déséquilibre ne permet plus la bonne harmonie du couple. Cette harmonie est stable tant que l'un des deux ne prend pas le pouvoir sur l'autre, puisqu'il faut obligatoirement que chacun se sente rassuré dans la relation. Or, dès le moment où il y a une hiérarchie, il y a la crainte de celui qui est au bas de l'échelle de ne plus remplir sa mission pour son supérieur. Cela se ressent souvent par une peur de l'abandon dûe à un sentiment de ne pas suffisamment "combler" (ou satisfaire) l'autre. Mais un couple ne s'arrête pas forcément à cause de ce genre de problèmes.
- dans le cas du polyamour, c'est plus compliqué. Un polyamour doit être basé sur une entente à l'égal de toutes les parties (je parlais de "valeur", mais je n'avais pas trouvé de meilleur tournure à ce moment-là) : en théorie, personne n'est censé être lésé sur l'accord qu'il y a et les règles fixées. Le problème est justement là : si il y a un déséquilibre sur les "forces en présence", les règles vont forcément favoriser celui/celle qui a le plus de "pouvoir" (que ce soit de fait, ou simplement parce que les autres parties ont cette impression d'infériorité). De ce fait, à terme, la relation PA basée sur cet accord instable a peu de chance de durer très longtemps.

Là où je veux en venir, c'est qu'aujourd'hui, un couple monogame peut plus facilement vivre avec quelques instabilités.
Pour un trio (quatuor, ...) PA les contraintes de stabilité sont plus importantes, et donc, plus sensibles à des déséquilibres.

C'était pour appuyer la nécessité, plus importante dans un PA, que chacun doit être conscient qu'il n'y a pas une personne plus importante que les autres pour ce qui est des débats et des décisions.

Je ne sais pas si j'ai pu être plus clair ...

Attention ! ça ne reste que ma façon de voir les choses, en prenant en compte ce que j'ai pu analyser en regardant les fils de ce forum et d'autres, en me basant sur mon expérience et peut-être un peu de bon sens. Si tu penses que j'ai tort, ça m'intéresse.

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Popol (invité)

le jeudi 22 décembre 2011 à 10h50

C'est plus clair.

C'est une histoire de pondération d'influences, en somme. Pas d'avoir les mêmes valeurs (on connaît des couples dont l'un est poly et pas l'autre, et c'est OK comme ça).

Pour être sûr que cela se passe dans ce genre de parité, je trouve moins évident: c'est pour certains un gros apprentissage que d'arriver à s'exprimer franchement, et ce n'est pas au partenaire de prendre la faute sur lui ou en culpabiliser, car la seule chose qu'il peut faire, c'est être écoutant. Et ça non plus c'est pas inné.

Chacun sa croix ... ^^

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Jak

le jeudi 22 décembre 2011 à 11h04

Ta formule résume à elle seule mon pâté ... suis jaloux ... :-)

Savoir s'exprimer et écouter ... on en revient toujours aux mêmes lacunes de la vie sociale, peu importe qu'il s'agisse de relations amoureuses (mono ou PA), familiales, amicales, professionnels et j'en passe.

Après, de se rendre compte de tout ça, ça règle déjà en grande partie les problèmes, puisque dès lors où le débat peut enfin s'installer de façon posé, la suite ne dépend que des participants.

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Popol (invité)

le jeudi 22 décembre 2011 à 11h18

Voui, mais il y a de bons outils pour améliorer la comm', en général... et le couple est un lieu privilégié pour s'y exercer, vu les enjeux affectifs et tout ce que ça remue.

Si tu es intéressé à chercher à l'extérieur de quoi vous accompagner dans un tel processus (quittance, écoute empathique, reformulation), ça existe. :-)

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Profil

Jak

le jeudi 22 décembre 2011 à 11h46

L'avantage des enjeux affectifs nous permet de donner le meilleur de nous-même, mais l'inconvénient est que ça reste un pari (très) risqué.

Je vais profiter du temps pendant lequel elle réfléchit pour creuser ces outils.

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Popol (invité)

le jeudi 22 décembre 2011 à 12h27

La vie, c'est risqué... comme dit Martin Winckler :-)

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Dakhla

le jeudi 22 décembre 2011 à 13h50

Bonjour Jak,

J'ai une histoire similaire à le tienne.J'ai toujours été polyamoureuse. J'ai vécu de nombreuses années monogame (très heureuse) et abordant très très souvent le htème du polyamour avec mon mari. Il le savait dès le début de notre relation. Nous en parlions comme pour nous préparer et nous dire que le moment venu ceci serait vécu. Ceci est aujourd'hi vécu, lui trouve cela normal et comme étant une possibilité de construire notre vie de coupe. Moi biensûr, un épanouissement merveilleux et si naturel.

A bientôt pour poursuivre cette discussion

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Jak

le lundi 04 juin 2012 à 14h20

Bonjour à tous,

Cela fait un long moment que le Polyamour n'était plus sujet de mes pensées.
Je reviens donner des nouvelles, pas très bonnes malheureusement (en tout cas pour moi).

J'ai décidé (peut-être à tort) de ne plus penser au Polyamour, et de renier plus ou moins temporairement cette partie de moi. Cela fait maintenant près de 6 mois, et ça ne va pas beaucoup mieux pour moi.
En ce qui concerne ma compagne, tout est plus ou moins redevenu "normal", ce qui me contente grandement.

Je devrais me dire que c'est suffisant , ... , mais ce n'est clairement pas le cas.
Je n'ai pas abordé le thème du Polyamour avec qui que ce soit depuis presque 6 mois, pas même avec mes amis, ou ma famille. J'ai réussi tant bien que mal à gérer cette situation.

Seulement, depuis ce moment, je ne vis plus vraiment de la même manière : je me renferme, ne sors plus beaucoup, sauf pour mes quelques loisirs qui me permettent de me sentir bien, je ne parle presque plus à ma famille ou à mes amis même virtuellement, ...
Je déprime, tout net. Certains jours vont, d'autres moins. Je ne sais pas si c'est mon deni du Polyamour qui cause cela, mais je ne vois rien d'autre.

J'aime ma compagne, elle m'aime aussi. En dehors du couple, rien à déplorer, j'ai un travail stable, bien payé, elle fini ses études avec un contrat à la sortie; nous avons de bonnes relations avec nos entourages respectifs; notre vie quotidienne se passe, comme à l'habitude, sans trop de routine, mais sans trop d'imprévus non-plus.

Je tourne en rond depuis quelques semaines, à chercher ce qui a changé, ce qui pourrait m'affecter à ce point.

Ma route est parsemée d'embuches, mais je ne vois rien.

Quel est votre avis ? Mon problème peut-il venir de mon choix ? Ou d'autre chose ?

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