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Mon compagnon me quitte, je culpabilise....

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ladymarlene

le dimanche 04 septembre 2011 à 23h08

Eulren, EVIDEMMENT que aucun parent digne de ce nom ne dira à sa fille (ou à son fils,) de traverser des zones dangereuses à des heures tardives !

Mais si on est responsable des risques idiots que l'on prend, on n'est pas responsable d'une mauvaise rencontre ou du fait que certains types ont écrits en rouge dans la tête que les filles habillées court sont des filles faciles qui ne cherchent qu'à se faire....

Bref, vous m'avez comprise.

On en revient toujours à la co responsabilité.

De plus on peut traverser 10 fois un lieu dangereux sans que rien n'arrive et la 11ème, c'est la mauvaise..
Le "metbouk" des orientaux. Une part de destinée même si je n'y crois guère....et peut-être la fatalité contre laquelle on est si prompts, nous occidentaux, à se révolter.

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LuLutine

le dimanche 04 septembre 2011 à 23h50

Ou bien :

ladymarlene
De plus on peut traverser 10 fois un lieu dangereux sans que rien n'arrive

...et se faire agresser ensuite dans un lieu dit "tranquille", en plein jour.

Il y a des endroits qu'on évitera plus que d'autres, si on est prudent, mais le zéro risque, ça n'existe pas.

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(compte clôturé)

le lundi 05 septembre 2011 à 00h26

le risque zéro n'existe pas et pourtant tu vas dire à tes enfants de ne pas aller dans certains endroits à certaines heures.
Comment expliquer ça?
Peut-être parce qu'on a une notion empirique de certains lieux, heures et conduites qui augmentent le risque?
Sinon pourquoi inculquer à nos enfants de regarder la rue avant de traverser? par pure volonté de contrôle et de formatage? Non : pour réduire les risques.

Ceci illustre qu'on a prise sur ce qui nous entoure : même si on n'est pas le bon Dieu, on ne contrôle pas les chauffards ni les détraqués sexuels, donc ça ne vaut pas la peine pour soi de passer du temps à se demander quelle est la responsabilité du chauffard et du détraqué qu'on n'a pas attrapé : il est plus intéressant/utile/rentable d'éviter de se mettre en situation de se faire renverser ou agresser.
Ça veut donc dire que le chauffard et le détraqué sont pleinement responsables de leurs actes et qu'ils n'ont pas intérêt à venir dire "c'est la faute à la nana qui s'habillait trop court et au gamin qui n'a pas regardé la route" mais aussi que la pauvre innocente future agressée peut aussi choisir de ne pas passer là à cette heure et de regarder avant de traverser.
Si elle le fait et qu'elle se fait agresser/renverser, elle a deux choix selon cette vision des choses :
-la projective : "c'est la faute à le méchant qui n'a pas le droit de m'agresser" : ceci est exact et parfaitement inutile
-la responsable : "la prochaine fois, je passerai ailleurs ou accompagnée ou à un autre moment" : difficile, mais tellement plus rentable pour l'intégrité physique!

l'agresseur également est devant la même problématique :
-la projective : "monsieur l'agent, si les jeunes filles s'habillaient autrement ça n'arriverait pas" : il risque fort de se retrouver encore une autre fois en tôle
-la responsable : "je dois apprendre à me contrôler" : il redevient un humain social et ne retournera pas en prison.

Bref, ça marche pour tous les cas de figure, par contre c'est aussi difficile à accepter parce que c'est toujours plus immédiat de dire "c’est la faute à l'autre".
Tellement que ça donne envie de caricaturer pour éviter de poser la question en ces termes.

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

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demeter

le lundi 05 septembre 2011 à 01h00

salsero
Je pense effectivement qu'on dit la même chose mais qu'on a pas les mêmes convictions sur les fonctionnements en jeu

Je suis d'accord la dessus.

salsero
Personnellement, je reste convaincu de ce que je dis (notamment par rapport au changement par rapport à mes 20 ans, parce que je souhaitais j'y suis arrivé mais en me "forçant"... bref...) et toi tu restes aussi convaincu de ce que tu dis.

Oui, pour l'instant on en est là. On essaie de dire ce que l'on croit concernant le processus de la prise de décision et la possibilité de changer en impliquant sa volonté dans ce changement. Comme tu le dis, cela permet peut-être à ceux qui nous lisent de comprendre de quoi on parle et de se faire leur propre raisonnement.
Mais il me semble que l'on dit là la même chose encore une fois, et que cela peut prêter à confusion.
En revanche :

eulren
en raisonnant comme ça on ne peut rien changer à rien au motif que c'est trop fatigant.
Je pense qu'on peut changer des choses à condition de fixer des priorités et d'évaluer réellement ce qu'elles nous coûtent et pourquoi on accepte d'en payer le prix.
Il est tout à fait possible d'habiter plus près de son travail ou de travailler plus près de son logement, il faut se demander si on ne le fait pas par flemme ou pour autre chose et si cette autre chose vaut vraiment ça.

Ici on parle d'écologie en apparence. Eulren a raison dans le fait que l'on peut changer des choses à condition de fixer des priorités. Il exprime ce qu'il pense et il a raison : on peut. Mais cela donne très envie de lui prouver qu'il a tord puisque cela ne change en rien son comportement, ni celui de personne d'ailleurs hormis ceux qui ont une forte névrose concernant la valeur de l'écologie. En essayant de lui prouver qu'il a tord, chacun va s'ancrer sur sa position. En se bornant à constater que les gens ne changent pas de comportement, on établit un constat. Cela ne dépend pas de ma pensée, ni de celle de personne, il n'y a pas de condition. C'est un constat nécessaire pour comprendre l'écologie, constat dont on se coupe en rentrant dans le débat du "on peut faire ça en changeant son comportement si on le veut". Lequel de ces deux état d'esprit permettra réellement une prise de décision, un changement efficace ? Le débat n'aboutit à rien parce que le raisonnement justifie une réponse et n'est pas au service d'un cheminement qui permet de comprendre : je peux le faire (non - si) mais je ne le fais pas parce que ... (et là chacun met les réponses qu'il veut, sûrement toutes très sensées, toutes très réfléchies, mais postérieures à la prise de décision.), en faire le constat permet simplement de prendre conscience et d'engager un processus de prise de décision.
Je parle bien toujours en réalité du processus de la prise de décision et de la possibilité de changer en impliquant sa volonté dans ce changement, c'est à dire d'une écologie de la relation, pas d'une solution à trouver à un problème posé.
De la même manière, quand on dit :" tu es responsable de ton comportement, tu dois le modifier pour avancer " ou ":je suis responsable de mon comportement, je dois le modifier pour avancer ", on nie la réalité de ce comportement, on part du principe que le comportement en question est mauvais, ou qu'il en existe un meilleur, puisqu'on "doit le changer". On transforme avant de comprendre la notion de responsabilité en "faute".
Utiliser le terme responsabilité à la place de celui de culpabilité ne résout rien si c'est pour lui donner le même sens, ce qui est le cas dans le débat entre ladymarlene et eulren, qui est parti exactement de cette phrase là.
Par ailleurs, dire à un enfant ou un adulte qu'il n'est pas responsable de ce qu'il fait, ce n'est pas infantilisant, c'est faux. Lui dire qu'il doit le changer, c'est un jugement. Lui dire qu'il est ou n'est pas coupable est également un jugement qui empêche de comprendre, ce qui est important c'est surtout ce que lui va se dire, la grille de valeur qu'il va se fabriquer en dehors de cette culpabilité engendrée par les termes. Les violeurs, les gens en prison se sentent rarement coupables : ils assument parfois pleinement leur responsabilité mais ne comprennent pas pourquoi les gens leur en veulent, ils ne changeront pas, mais en voudront à la terre entière.
Où me suis-je trompé dans mon "raisonnement " ? :-)

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

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(compte clôturé)

le lundi 05 septembre 2011 à 01h30

demeter

En revanche :

Ici on parle d'écologie en apparence. Eulren a raison dans le fait que l'on peut changer des choses à condition de fixer des priorités. Il exprime ce qu'il pense et il a raison : on peut. Mais cela donne très envie de lui prouver qu'il a tord puisque cela ne change en rien son comportement, ni celui de personne d'ailleurs hormis ceux qui ont une forte névrose concernant la valeur de l'écologie.

Là, tu es consciente que tu tentes ta chance à l'aveugle? Que sais-tu de mon comportement? Et de son évolution? Je crois que tu serais surprise de voir tout ce qu'on peut changer sans altérer sa qualité de vie pour l'écologie. Si ceux qui ont les moyens intellectuels et financiers de le faire ne le font pas, qui le fera? Il y a très peu de comportements que je vante sans les adopter.

En essayant de lui prouver qu'il a tord, chacun va s'ancrer sur sa position.

le débat utilise certaines phrase plusieurs fois, mais je n'ai pas l'impression de surplace que tu sous-entends.

De la même manière, quand on dit :" tu es responsable de ton comportement,

excellente maxime!

tu dois le modifier pour avancer "

hein? pourquoi? si on aime bien?
Par contre, si on dit qu'on en souffre, là, ça tombe sous le sens. Sauf si on aime bien souffrir, bien entendu.

Utiliser le terme responsabilité à la place de celui de culpabilité ne résout rien si c'est pour lui donner le même sens, ce qui est le cas dans le débat entre ladymarlene et eulren, qui est parti exactement de cette phrase là.

désolé mais pas d'accord du tout, et justement, il s'agit en permanence de recentrer sur le sens propre de chaque mot. La culpabilité paralyse, la responsabilité motive. Donc c'est primordial de commencer par faire la distinction.

Par ailleurs, dire à un enfant ou un adulte qu'il n'est pas responsable de ce qu'il fait, ce n'est pas infantilisant, c'est faux.

on est bien d'accord, et du coup je suis un peu perdu, là...

Les violeurs, les gens en prison se sentent rarement coupables : ils assument parfois pleinement leur responsabilité mais ne comprennent pas pourquoi les gens leur en veulent, ils ne changeront pas, mais en voudront à la terre entière.

euh? Même chose qu'en préambule : j'ose espérer que tu en connais suffisamment pour faire des stats? Je ne compte pas dans "connaitre" les reportage télé, ha que plus partial et voyeur tu meurs.
Moi c’est marrant, j'aurais dit exactement l'inverse : qu'ils culpabilisent très souvent, mais ceci est stérile : ils se battent contre une pulsion qu'ils n’assument pas, comme si ça leur venait de l'extérieur et qu'il faudrait être plus fort mais ils n'y arrivent pas.

Donc ton raisonnement a l'air bien, sauf qu'il commence et termine par une hypothèse forte, respectivement fausse et hasardeuse... (smiley avec une auréole et deux petites ailes qui battent)

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oO0

le lundi 05 septembre 2011 à 23h13

Bliss,

je souhaitais m'excuser de ne pas avoir fait place à une particularité de ton histoire avec Y et Z. Ceux-ci sont beaucoup plus ouvert à la question de relations non-exclusives que L ne l'était ou encore, S. La question du consentement de Y devait être d'autant plus floue pour toi alors que, pour moi, L avait été claire sur le fait qu'elle ne le sentait pas et n'y consentait pas, tout autant que S.

(Le fait que ce qui pouvait être beau avec moi devait être laid avec un(e) autre que moi me paraissait déjà aberrant avant de les connaître. Lassé de m'entre dire que ce qui qui pouvait être beau avec l'une devait être laid avec l'autre et vice versa, je n'ai plus écouté que moi et préféré être fidèle à moi-même plutôt qu'à ce qui était attendu de moi. Je me sentais serein, mais je n'ai pas profité de cette sérénité pour rester à l'écoute. J'ai m... comme un bleu, avec la naïveté d'un bleu.)

Sinon, la culpabilité, en ce qui me concerne, je préfère l'entendre de manière simple, comme le fait d'avoir causé ou participé à causer du mal à quelqu'un, le plus souvent involontairement. Comme une immense majorité de personnes, je cherche plutôt à éviter de causer du mal, mais je n'ai pas souvent les moyens de mes intentions. De ce fait, je prends le sentiment de culpabilité comme un rappel à l'humilité quant au bien que je me crois capable de faire et au mal que je me crois capable d'éviter de faire ainsi qu'un rappel à la responsabilité.

C'est l'une des raisons pour laquelle je pense pouvoir me permettre d'apprécier la culpabilité comme un sentiment qui peut être sain à éprouver : elle me rappelle ce que je ne veux pas faire et que c'est loin d'être aussi simple que je ne le voudrais. Et puis, lorsque les autres me causent du mal, le souvenir de ma culpabilité m'aide à me rappeler que c'est loin d'être toujours évident d'éviter d'en causer. Je me demande ainsi souvent comment arrive à trouver une certaine solidarité dans le manque de moyens de nos bonnes intentions de ne pas se causer de mal.

Voilà, j'espère que ces quelques pistes peuvent t'aider à dédramatiser les accents tragiques de la culpabilité que tu as exprimer éprouver.

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

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ladymarlene

le mardi 06 septembre 2011 à 15h13

La culpabilité, RIP, dans le fond, c'est un peu comme le surmoi (ou c'est même une manifestation du surmoi,) elle est ce qu'on en fait !

Une manifestation de notre intérêt pour autrui ou un sentiment bloquant et inutile suivant les personnes et les situations.

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oO0

le mardi 06 septembre 2011 à 18h47

C'est la version que Freud en a donné. Pour ma part, je me rappelle très bien de la première expérience que j'en ai eue, même si je n'avais que cinq ans. Elle m'a solidement immunisée contre les accès de violence dont j'aurais pu être "victime" par la suite. Elle n'avait rien avoir avec le surmoi, c'est moi qui me suis fait consoler par la plus charmante des profs de maternelle et, lui, qui s'est fait punir. Plus elle me consolait et plus je pleurais : "C'est pas de sa faute, c'est moi !" Certes, il était insupportable, il m'avait mis à bout, mais les profs ne se rendaient pas compte que j'avais failli le tuer. En tous cas, moi, j'ai cru un instant que je l'avais tué et je ne m'en remettais pas.

La culpabilité du surmoi est une culpabilité qui dépend davantage des normes sociales. Celle dont je parle ressort davantage du désir contrarié de ne pas causer de mal. Ce n'est pas ce qui est socialement considéré comme mal, mais le fait qu'une personne réelle se sente mal à cause de soi malgré soi. Oui, les normes sociales profitent de ce désir de ne pas causer de mal pour s'instituer. Le plus souvent, elles s'accompagnent alors d'un jugement écrasant sur la personne. Mais, ici, je parle davantage d'un bouleversement, le bouleversement de ne pas se sentir à la hauteur de ses bonnes intentions, de ne pas en avoir eu les moyens et de causer un mal dont il n'y avait nulle intention.

Personnellement, avec cette culpabilité là, j'ai pris plusieurs fois une leçon d'humilité où j'ai dû apprendre à m'accepter, accepter que j'étais imparfait. J'ai appris aussi à ne pas culpabiliser pour tout et pour rien, soit accepter mes torts sans aller plus loin que mes torts. Je crois que ce qui est le plus gênant dans la culpabilité, c'est que c'est un puissant moyen de pression et qu'elle est souvent utilisée de la sorte et que c'est là, principalement, l'image que nous avons. Reste que, je ne regretterai pour rien, par exemple, la première expérience que j'en ai eue à cinq ans. Quant à l'expérience personnelle que j'ai racontée avec L, j'en retire différents sentiments : un pathétique qui se confond au ridicule ; de la reconnaissance pour L d'avoir tenu jusqu'à ce que nous retrouvions un respect mutuel ; le sentiment d'être resté égal à moi-même en m'assumant ; plus de prudence et d'empathie ; etc.

La culpabilité a ceci de tentant : faire culpabiliser. Reste que rien de bon ne peut en ressortir parce que c'est bas. Pour ne pas s'abaisser à cela, cela exige, quelque part, dans le face à face, d'être les meilleurs ennemis du monde, de rester le plus loyal possible. (Cela peut même être excitant.) Par exemple, pour rester loyal, ne pas tirer avantage de la culpabilité de l'autre.

Culpabiliser, c'est se sentir mal d'avoir causé du mal, ce qui témoigne d'un profond désir de ne pas causer de mal, ...

... de respecter, ce qui conduit quant à soi à l'étrange expérience d'avoir à se respecter bien qu'imparfait. C'est facile de se respecter ou encore de se faire confiance quand tout va bien, mais c'est quand cela va mal que le respect et la confiance prennent le plus de saveur.

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

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demeter

le mardi 06 septembre 2011 à 20h40

eulren

Donc ton raisonnement a l'air bien, sauf qu'il commence et termine par une hypothèse forte, respectivement fausse et hasardeuse... (smiley avec une auréole et deux petites ailes qui battent)

Je ne fais pas d'hypothèse eulren, (relis bien si tu le souhaites ce que j'ai marqué) je dis au contraire que le fait d'en faire induit un processus qui est inclus dans la réponse que tu viens de faire et qui nuit au constat de la réalité, sans permettre de changement, voire même en renforçant une position fausse.
Cette réponse même (celle que je suis en train de faire) relève malgré moi de ce processus dans notre conversation. Je ne te convaincrai pas, si ? La difficulté me semble de ne pas instaurer ce type de raisonnement induit par la pensée dans un dialogue avec soi même en "cherchant à changer". Car cette discussion n'a de réel intérêt que pour celui extérieur qui y trouve quelque chose (hormis le plaisir narcissique de chacun de nous deux d'avoir raison, surtout moi)

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

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bliss

le mercredi 07 septembre 2011 à 00h08

Impressionnant.. (+) Je pars 3 jours, sans accès à internet, et je découvre à mon retour deux pages de nouveaux post,où j'y croise même DSK... je ne pensais pas que ce fil pouvait dériver à ce point sur ces questions de responsabilités. :-)
Merci RIP pour ton avant- dernier message, il me donne un nouvel angle d'où penser la situation, et c'est presque "apaisant".
En effet, ce qui me fait le plus culpabiliser c'est que je peux sentir dans ses accusations, ( que je précise toujours énoncées calmement, ça vous donne une épaisseur de plus au personnage) que j'ai pu VOULOIR lui faire du mal. ce qui n'est pas le cas. Au contraire j'étais persuadée de faire quelque chose qui pouvait être bénéfique pour notre relation, à savoir l'ouvrir, au lieu de la refermer sur nous-mêmes. Bon... ça a foiré. Mais ces quelques jours passés avec Z, à parler de nos conceptions de l'amour et aux difficultés à vivre des amours non exclusives, me conforte - quelle paradoxe ! - dans ce " choix" qui n'en est pas un, fondamentalement, puisque c'est juste que je m'autorise enfin à être qui je suis.
D'ailleurs un souvenir m'est revenu récemment, que j'avais complètement occulté, mais ma première histoire d'amour à 17 ans était une histoire à 3. Mon premier amoureux sérieux aimait déjà une autre demoiselle depuis 4 ans.Il me disait : je vous aime toutes les deux. Il avait l'air très emmerdé. Ça ne correspondait pas à la norme. Je me souviens que nous nous sommes retrouvés dans un café tous les trois : pour en parler. Avec le recul, je me dis que nous étions à 17 ans très ( est-ce que j'ose le mot ? allez ..) "responsables". :-) Bon, mais ce jour-là nous nous sommes quittés sans réponses à nos questions, sans avoir rien décider. Puis voyant dans quelles sombres états d'âmes cela plongeait mon amoureux, j'ai annoncé quelques jours après que je partais, que je les laissais continuer leur histoire seuls. Je crois qu'à l'époque cela ne m'ait même pas venu à l'idée qu'il aurait pu nous garder toutes les deux, il fallait qu'une de nous cède la place. Incroyable, non ? J'étais dans le trip encore très ado de l'"amour sacrifice". On est resté ami.
Je trouve incroyable d'avoir oublié cette histoire toutes ces années. Et le sens qu'elle prend aujourd'hui au regard de tout ce que je vis depuis un an.

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

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(compte clôturé)

le mercredi 07 septembre 2011 à 01h02

RIP

Sinon, la culpabilité, en ce qui me concerne, je préfère l'entendre de manière simple, comme le fait d'avoir causé ou participé à causer du mal à quelqu'un, le plus souvent involontairement.

Si la culpabilité c'est être coupable, ok, c'ets comme au tribunal. Si tu parles de "sentiment de culpabilité" au sens où c'est le plus utilisé à chaque fois qu'on parle de psychologie, là je ne suis pas d'accord : on peut être aussi décidé à ne pas recommencer en analysant une situation le plus froidement possible. Et sans douleur (mais pas sans effort).

C'est l'une des raisons pour laquelle je pense pouvoir me permettre d'apprécier la culpabilité comme un sentiment qui peut être sain à éprouver : elle me rappelle ce que je ne veux pas faire et que c'est loin d'être aussi simple que je ne le voudrais.

On peut faire la même chose en posant tout devant nous : voilà ce que j'ai gagné à faire le mal (souvent un genre de satisfaction malsaine et très peu durable), voilà ce que j'ai perdu (un peu d'humanité), je ne recommencerai pas puisque c'est globalement négatif.

Vu que la culpabilité fait mal au ventre, on peut être tenté de la projeter sur l'autre. La réflexion calme est toujours personnelle et ne présente pas ce genre de risque.

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oO0

le mercredi 07 septembre 2011 à 17h29

Oui, Eulren, le sens que j'utilise est fort proche de celui de la justice, mais dans la sphère psychologique où...

... l'autre est juge du mal qu'il éprouve. C'est particulièrement à la vingtaine que cela m'a travaillé, considérant le nombre de fois où je causais du mal malgré moi, sans même songer que cela pouvait en causer.

Sinon, Bliss, je n'ai pas réalisé aussi d'emblée que mon adolescence, voire mon enfance avait déjà pris cette direction. Cela procure un étrange sentiment de se découvrir autrement que l'on s'imaginait être. Cela montre la difficulté d'éclairé l'autre lorsque déjà, pour soi-même, le bon éclairage manque. Il n'y a que dans l'éthique médical pour le consentement du patient à son traitement que j'ai réussi à trouver la question d'un éclairage préalable au consentement, soit une information adéquate. Là, réside une possibilité de se faire mal sans intention, simplement, par manque d'éclairage comme se rentrer dedans dans une pièce sans éclairage.

Pour le reste, je me rends compte que ton histoire avec Z et Y diffère sur encore plus de point que l'histoire avec L que j'ai pris comme exemple vécu.

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(compte clôturé)

le jeudi 08 septembre 2011 à 00h30

RIP
Oui, Eulren, le sens que j'utilise est fort proche de celui de la justice, mais dans la sphère psychologique où...

... l'autre est juge du mal qu'il éprouve. C'est particulièrement à la vingtaine que cela m'a travaillé, considérant le nombre de fois où je causais du mal malgré moi, sans même songer que cela pouvait en causer.

Je comprends, mais dans ce cas, il ne s'agirait pas d'un sentiment, sain ou pas, mais plutôt d'un jugement. Si on fait mal à quelqu'un sans l'avoir voulu, ça peut être de la maladresse. Mais si c'est avec quelque chose qui objectivement ne doit pas faire mal, c'est SON problème.
Genre "le ciel est bleu" "han mais comment oses-tu me dire ça à moi qui ai perdu mon chat un jour où le ciel était bleu c'est trop méchant de ta part!".

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Siestacorta

le jeudi 08 septembre 2011 à 02h33

eulren
Mais si c'est avec quelque chose qui objectivement ne doit pas faire mal, c'est SON problème.
Genre "le ciel est bleu" "han mais comment oses-tu me dire ça à moi qui ai perdu mon chat un jour où le ciel était bleu c'est trop méchant de ta part!".

<3

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Profil

demeter

le jeudi 08 septembre 2011 à 07h28

eulren
Mais si c'est avec quelque chose qui objectivement ne doit pas faire mal, c'est SON problème.
Genre "le ciel est bleu" "han mais comment oses-tu me dire ça à moi qui ai perdu mon chat un jour où le ciel était bleu c'est trop méchant de ta part!".

Si on veut rester objectif, quelqu'un qui dit ça c'est que ça lui fait mal, donc objectivement ça peut faire mal, le fait de penser le contraire n'y change rien.

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ladymarlene

le jeudi 08 septembre 2011 à 10h45

Siestacorta
<3

Je dois dire que j'ai éclaté de rire en voyant ton commentaire. Ca me rappelle tant de personnes !

Je suis d'accord, Demeter, mais ça nous renvoie tout de même au fait que la douleur des autres est la douleur des autres. Perso, je déteste faire la vaisselle et si à côté de moi on me suggère de la faire, je ne dis pas que la vaisselle est une douleur intense chez moi et que c'est immonde de la part de la personne d'oser me demander une telle chose !

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Siestacorta

le jeudi 08 septembre 2011 à 13h12

demeter
Si on veut rester objectif, quelqu'un qui dit ça c'est que ça lui fait mal, donc objectivement ça peut faire mal, le fait de penser le contraire n'y change rien.

Si : on est capable de dire "ce qui te fait mal c'est pas moi qui parle de ciel bleu, mais toi quand tu y penses : apprends sur ta douleurs, on pourra parler de ciel bleu sans te mettre dans un tel état".

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LittleJohn

le jeudi 08 septembre 2011 à 13h22

demeter
Si on veut rester objectif, quelqu'un qui dit ça c'est que ça lui fait mal, donc objectivement ça peut faire mal, le fait de penser le contraire n'y change rien.

En l’occurrence, ce n'est pas lui dire ça qui lui fait mal. C'est comment cette personne le prend, le rattache à un souvenir douloureux, comment elle choisit de continuer à souffrir de ce souvenir... Donc, à moins de savoir d'avance que l'évocation du ciel bleu provoquera cette douleur, ce n'est pas toi qui fais mal, c'est elle qui a mal.

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toubibornottobe1

le jeudi 08 septembre 2011 à 16h04

Ca y est!J'arrive dans la "melée", ça fait qqs semaines que je n'ai usé ma plume, depuis le picnic a la vilette, entre temps ma boite mail est tombé en rade, donc j'ai legetrement ajusté mon pseudo.
L'histoire de Bliss est émouvante et ça raisonne dans nos coeurs à tous, très probablement confrontés au conflit entre les polyamoureux et les mono (combien parmi ceux-ci uniquement sous la contraite sociale?!?).
J'aurai voulu lui appaiser la souffrance, alors que j'arrive pas à éteindre la mienne (ou la notre, je parle de mon couple ou plutot du "trio" si on veut respecter toute la réalité.
J'espère que je verrai un monde un peu plus apaisé avant que mon élan amoureux ne s'envole à jamais, car je vouis combien de souffrance ça engage toutes ces histoires...mais ça suppose que l'éducation fasse son chemin, et qu'on puisse dire a nos enfants qu'on peut être aussi polyamoureux/se, ça va demander du temps!!(ça me rappelle le combat ed certaines minorités-ex les homosexuels pour avoir droit de cité).

Finalement si on pouvait amener nos compagnes "monoamoureux" dans les discussions et les evenements ce seerait un bon début

God "bliss" you & good luck!!

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(compte clôturé)

le vendredi 09 septembre 2011 à 00h26

demeter
Si on veut rester objectif, quelqu'un qui dit ça c'est que ça lui fait mal, donc objectivement ça peut faire mal, le fait de penser le contraire n'y change rien.

il n'est pas question de nier la douleur mais sa causalité. Si tu acceptes comme légitime - et devant donc t'imposer un comportement - une douleur due à quelque chose d'improbable, alors tu ne dois plus jamais parler (tu risquerais de blesser sans le vouloir), ni te taire (le silence est une torture pour certains).
L'autre solution est la télépathie : j'adorerais mais en fait non.

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