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Mon compagnon me quitte, je culpabilise....

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demeter

le mercredi 31 août 2011 à 14h43

bliss
Nous nous aimons trop, malgré ce qui se passe en ce moment, pour tomber un jour dans ce travers. Nous ferons d'autres erreurs sûrement, mais pas celles-ci.

.........
...
Il m'a dit hier " regretter" d'avoir fait un enfant avec moi. Parce qu'il se retrouve à faire vivre à son enfant ce qu'il a vécu. Il est dans l'illusion du miracle perpétuel.
C'est difficile pour moi d'entendre ça.
.......

Ce genre de travers vient très vite et ce n'est pas l'amour qui va le résoudre. Votre enfant n'est pas une victime de quoi que ce soit.

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ladymarlene

le mercredi 31 août 2011 à 15h35

5 ans, vous n'êtes pas ensemble depuis deux mois non plus....je pensais juste à un éventuel besoin de fusion qui expliquerait que Z n'accepte pas de te partager.
Mais il y a quelque chose qui me chiffonne un peu : s'il était contre le polyamour, pourquoi n'a t'il pas été clair dès le début et te dire "non pour moi, c'est impossible, je ne peux pas accepter de te partager, je ne peux pas accepter que tu aimes un autre homme."
S'il n'a pas été clair, je suis bien placée pour savoir que ça peut engendrer muttiples interprétations.

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LuLutine

le mercredi 31 août 2011 à 20h50

ladymarlene
s'il était contre le polyamour, pourquoi n'a t'il pas été clair dès le début et te dire "non pour moi, c'est impossible, je ne peux pas accepter de te partager, je ne peux pas accepter que tu aimes un autre homme."

Parce que ce n'est pas évident. Et parce qu'il l'a dit, plus ou moins clairement (cf les divers messages de Bliss sur le forum depuis le début), mais qu'il n'a pas voulu ou "eu le courage" de rompre...avant aujourd'hui.

Imagine :
Tu aimes quelqu'un.
Cette personne t'aime.
Vous avez une histoire (à l'origine, exclusive) en commun.
Mais cette personne rencontre quelqu'un d'autre et elle t'explique qu'elle est polyamoureuse. Qu'elle veut fréquenter cette nouvelle personne mais continuer sa vie avec toi aussi.
Toi, tu es exclusive.

Tu penses faire quoi ?

Lui dire, comme le compagnon de Bliss, que ça ne te convient pas ? En te rendant compte que l'autre personne ne peut pas supporter de renoncer à son autre amour, qu'elle en serait malheureuse ?

Ou bien alors tu quittes cette personne ? Avec tous les sentiments que tu as pour elle, toute l'histoire que vous avez en commun ?

Sans compter que tu ne peux pas être sûre dès le départ que ça ne te conviendra jamais (tu sais juste que là, pour le moment, il semble que ça ne te convienne pas). Alors, pour la personne que tu aimes, tu essayes. Tu prends sur toi. Peut-être que tu espères, plus ou moins, que ça lui passera et qu'elle "redeviendra" exclusive.

Ce n'est pas parce qu'on est polyamoureux qu'on n'a aucune empathie et qu'on n'est pas capable de se mettre à la place d'une personne exclusive dans cette situation. Moi en tout cas, j'imagine très bien ce que ça peut être.

Evidemment, je ne dis pas que c'est une raison pour se poser en victime et essayer de faire porter la responsabilité à la personne poly...responsabilité de quoi, d'ailleurs ? D'être elle-même ? Dans ce cas, on pourrait très bien inverser le raisonnement et reprocher à la personne exclusive d'être exclusive.

Mais je voulais répondre sur le point précis que tu soulèves, qui est si je traduis bien : "Pourquoi n'a-t-il carrément pas mis un ultimatum ?".
Parce que ce n'est pas si simple, pour toutes les raisons que j'ai évoquées.

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(compte clôturé)

le jeudi 01 septembre 2011 à 02h36

bliss

Mon compagnon est dans ce mythe, justement parce qu'il a toujours voulu ne jamais refaire ce que ses parents avaient fait avec lui. Il m'a dit hier " regretter" d'avoir fait un enfant avec moi. Parce qu'il se retrouve à faire vivre à son enfant ce qu'il a vécu. Il est dans l'illusion du miracle perpétuel.

Alors là jackpot!
Il s'agit donc d'une loyauté familiale invisible? L'injonction de faire aussi mal que papa et maman doublée de l'injonction de faire beaucoup mieux... Ton pauvre compagnon est dans un étau dont il ne pourra sortir qu'avec une grosse prise de conscience : il a parfaitement manoeuvré pour obtenir ce qu'il était "sommé" d'obtenir : la séparation et l'enfant qui vivra ce qu'il a vécu.
Ça serait également fort intéressant de savoir si cette situation ne rappelle pas aussi chez toi quelque chose?
J'ai l'impression que vous vous êtes mis à deux pour refaire un beau fiasco comme vos ascendants.
Le polyamour ne serait là qu'un moyen comme un autre de bien "mal" faire.

Je parle bien entendu de mécanismes parfaitement involontaires et inconscients, mais qui s'expriment avec d'autant plus e puissance que la seule réflexion actuelle est "ce que je ne veux pas faire" (donc si ça arrive, ça ne vient pas de moi puisque je ne veux pas), et non pas encore "pourquoi on a fait ça?"

Si ton mari partage cette idée de responsabilité, il ne peut pas esquiver la sienne qui est entière.
Comme la tienne.

On ne peut pas lutter contre notre inconscient, on peut juste repérer à quel moment il prend les manettes et tenter de faire au mieux. Le déni ou l'illusion de tout maitriser ou celle que tout est de la faute aux autres ne résout rien, on est ensuite condamné à refaire les mêmes erreurs, et à les imposer à nos enfants.

Brisez la chaine!

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(compte clôturé)

le jeudi 01 septembre 2011 à 15h47

Euh, si on en croit la majorité des bouquins sur le fonctionnement des couples, nous nous mettons tous en couple pour refaire "un beau fiasco"! L'important étant d'en être averti et de ne pas nier la situation, puisqu'ainsi on peut avancer. On a donc tous la chance d'y passer sauf rares exceptions que je ne connais pas encore!

Et parce qu'aussi il faut du temps pour remettre le fiasco parental en place, impossible de savoir consciemment lequel il sera. D'où le fait de commencer une histoire: on s'aime et le reste c'est du "détail", sauf que quelques années plus tard le détail est ce qui devient insupportable.

Le polyamour dans votre histoire me semble un catalyseur du fiasco mais pas l'élément déclencheur et je pense que ça aurait pu se produire sans le polyamour, peut être juste plus tard...

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bliss

le jeudi 01 septembre 2011 à 19h39

eulren
Ton pauvre compagnon est dans un étau dont il ne pourra sortir qu'avec une grosse prise de conscience : il a parfaitement manoeuvré pour obtenir ce qu'il était "sommé" d'obtenir : la séparation et l'enfant qui vivra ce qu'il a vécu.
Ça serait également fort intéressant de savoir si cette situation ne rappelle pas aussi chez toi quelque chose ?

euh, moi j'ai des parents qui se sont séparés quand j'avais 27 ans ! Un modèle parental pathétique. Ils auraient dû se séparer bien avant, mais sont restés ensemble " pour les enfants". Super...
Donc oui peut-être... ça me rappelle des trucs, de loin.
Brisez la chaine ... oui je veux bien, mais comment ? un travail thérapeutique de couple ?

Salsero, je suis d'accord avec toi, le polyamour n'est qu'un catalyseur. J'en suis persuadée. Je demandais d'ailleurs aujourd'hui à mon ex, avec qui j'ai vécu 10 ans, si j'avais été agressive comme je peux l'être avec mon compagnon, avec lui. Il m'a assuré que jamais je n'ai élevé la voix. Que jamais il ne s'était senti agressé par des remarques. Cela me rassure, j'en viens à me dire que c'est "nous" qui fabriquons ce mode d'être ensemble et que je ne suis pas fondamentalement agressive et que je ne cherche pas à dénigrer l'Homme, à tuer le père avec chacun des hommes de ma vie. Et qu'il se passe donc un truc entre nous. Cela rejoint tes réflexions eulren, non ?

Ladymarlène, il a toujours été clair : le concept lui plait. En tous cas il a envie d'être " un mec ouvert", donc il a essayé de vivre le polyamour. Mais dés le départ, il a souffert terriblement : crises de jalousie terrifiantes, tremblements, lecture de mes mails.etc.. et en fait il me dit aujourd'hui qu'il a cru être capable mais qu'il n'y arrive pas. Mais que si ça allait bien entre nous, il serait capable. Que les efforts qu'il déploie pour vivre avec moi, ne sont plus assez contrebalancés par l'avenir qu'il imaginait avec moi, les enfants, la famille, vieillir ensemble, etc...
Toute cette sécurité affective peut-être qu'il n'a plus. Un amour, une vie. Il est l'unique.. donc il donne et cela lui sera rendu. il y a un truc de cet ordre -là....Je ne sais pas si je suis claire ?

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demeter

le jeudi 01 septembre 2011 à 20h52

bliss
le concept lui plait. En tous cas il a envie d'être " un mec ouvert", donc il a essayé de vivre le polyamour. Mais dés le départ, il a souffert terriblement : crises de jalousie terrifiantes, tremblements, lecture de mes mails.etc..

En quoi le fait de supporter que sa femme en aime un autre fait de quelqu'un un "mec ouvert" ? Cela était peut-être vrai il y a 50 ans, maintenant cela ressemble plus à une mise en conformité avec ce que l'ensemble de la société et des médias voudrait faire croire à longueur de journée. Il est plus facile de se conformer aujourd'hui au discours ambiant en vivant une sexualité débridée, qu'en militant pour la chasteté ou le respect du mariage. Je ne dis pas que cela est un bien ou un mal, je m'en fous en réalité, mais que le fait d'"essayer "de vivre le polyamour, ne me semble pas tellement une bonne idée. Cela ne dispense pas de chercher à comprendre plutôt que de tenter d'accepter ou de faire accepter quelque chose que l'on ressent comme une monstruosité, sinon c'est juste une perte de temps.

Message modifié par son auteur il y a 10 ans.

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(compte clôturé)

le vendredi 02 septembre 2011 à 03h27

bliss
euh, moi j'ai des parents qui se sont séparés quand j'avais 27 ans ! Un modèle parental pathétique. Ils auraient dû se séparer bien avant, mais sont restés ensemble " pour les enfants". Super...
Donc oui peut-être... ça me rappelle des trucs, de loin.
Brisez la chaine ... oui je veux bien, mais comment ? un travail thérapeutique de couple ?

Oui c’est ça : vous semblez tous les deux la tête dans le mur, trop submergés pour prendre du recul, essayer le point de vue de l'autre etc... vous avez besoin d'un tiers compétent. que vous vous quittiez ou pas, d'ailleurs : si ça vous remet ensemble, c'ets bien, sinon, il ne faudrait pas que chacun reparte pour refaire ce même dénouement avec un(e) autre. Avant de tourner une page, il faut la lire en entier.


Salsero, je suis d'accord avec toi, le polyamour n'est qu'un catalyseur. J'en suis persuadée. Je demandais d'ailleurs aujourd'hui à mon ex, avec qui j'ai vécu 10 ans, si j'avais été agressive comme je peux l'être avec mon compagnon, avec lui. Il m'a assuré que jamais je n'ai élevé la voix. Que jamais il ne s'était senti agressé par des remarques. Cela me rassure, j'en viens à me dire que c'est "nous" qui fabriquons ce mode d'être ensemble et que je ne suis pas fondamentalement agressive et que je ne cherche pas à dénigrer l'Homme, à tuer le père avec chacun des hommes de ma vie. Et qu'il se passe donc un truc entre nous. Cela rejoint tes réflexions eulren, non ?

tout à fait!
Chacun de vous deux est totalement responsable de ce qui arrive, pas 50% chacun. C'est la conjonction de vos deux histoires qui a donné celle-ci. Quand on souffre de la part de quelqu'un d'autre, si ça se répète, c'est que quelque chose en nous choisit cette souffrance. Donc on est deux à la produire, du moins à lui permettre d'exister.

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(compte clôturé)

le vendredi 02 septembre 2011 à 10h58

Absolument d'accord avec eulren, et notamment avec le premier paragraphe. Dans tiers compétent je psychologue ou psychiatre de confiance (conseillé) ET qui soit ouvert a la question du PA (donc oui, je pense a une thérapie de couple pour répondre a ta question). Non pas dans le sens ou il dira "c'est bien, c'est le but", mais dans le sens ou il s'interdira de dire "c'est pas bien". Pour moi un tiers compétent c'est quelqu'un qui vous accompagnera tous les deux et ensemble (vous êtes présents tous les deux pendant les séances) vers ce que vous allez dessiner a deux, que la solution correponde a son idéal ou pas, sans jugement de valeur. C'est sans doute le tiers compétent qui sera le plus dur a trouver, mais il ne faut pas hésiter a prendre le temps de bien le "choisir".

bliss
Mais dés le départ, il a souffert terriblement : crises de jalousie terrifiantes, tremblements, lecture de mes mails.etc..

Vu ce que tu dis, je pense que ton compagnon n'est pas sûr de l'amour que tu lui portes, c'est a dire surtout qu'il n'est pas sûr que lui représente "assez" pour toi. La lecture des mail me semble aller dans ce sens en tout cas: vérifier comment tu aimes "plus" l'autre (même si pour toi, il n'y a pas du "plus" ou du "moins", mais qu'il n'y a que du "différent", lui c'est sans doute ce qu'il cherche...). Là, c'est aussi un travail personnel de ton compagnon pour qu'il prenne confiance en lui, je dirai peut être simplement pour commencer a croire ce que tu lui affirmes.
Autre petite chose sur la lecture des mails (qui me rappelle aussi pas mal certains aspects de ma situation): ces mails sont les tiens, ils t'appartiennent à toi et pas à lui. Il n'a donc pas à les lire si tu ne le souhaite pas. Je sais que pour certaines personnes c'est difficile a comprendre, mais on n'appartient pas a son conjoint, or en faisant comme il fait, il "dit" le contraire.
Ce qui me fait penser que tes réactions agressives pourraient bien être principalement basées sur ces deux points: j'ai beau dire, il n'écoute pas; et: il veut que je lui appartienne.
Sans doute avec ton ex, ça ne se passait pas sur ce mode là, donc tu as pu ne pas être agressive et finalement te séparer de lui pour d'autres raisons. Et effectivement donc, tu ne cherches pas a dénigrer l'homme ni a tuer le père... et je pense que lui ne cherche pas à dénigrer la femme ni a tuer la mère, si on peut faire un parallèle. Vous vous débattez "simplement" dans un espace que vous avez construit sans maîtrise.

Juste quelques remarques encore par rapport à mon expérience personnelle et ce qui peut se produire en thérapie de couple. Ton compagnon me semble avoir plus de chemin a parcourir que toi vers la réalisation d'une relation équilibrée entre vous deux (notamment par son manque de confiance en lui et son besoin de posséder, que ce soit en mode PA ou en mode mono, ça ne change rien). Il va peut être avoir l'impression que c'est lui qui dysfonctionne "plus" dans le couple et lui seulement. Rappelle lui que c'est le couple qui dysfonctionne et que lui réagit à une situation. Pense donc a ce que dit eulren: vous êtes tous les deux totalement responsables de ce qui arrive...

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patrice-86

le vendredi 02 septembre 2011 à 13h19

Moi, ça me gêne un peu qu'on vous renvoie dos à dos comme "co-responsables du désastre". J'ai un peu l'impression, depuis qu'on a remplacé le mot "culpabilité" par le mot "responsable", que le fil de la discussion noie le poisson dans l'eau.
Aimer quelqu'un, c'est une chose... lui servir de "béquille affective" en est une autre. La plupart des difficultés exposées sur ce forum reviennent toujours au même point : le manque de confiance en soi.
La notion de "sécurité affective" dont tu parles, Bliss, nous ramène bien à cela.
Or, il y a un piège là-dedans. Car tous les "efforts" que tu feras pour "rassurer" Y seront autant d'occasions perdues par lui pour travailler sur sa propre "autonomie affective". S'il y a un "travail" pour toi à faire, c'est probablement de t'interroger toi aussi sur ton propre niveau de "confiance en toi". Mais le travail que Y doit faire, c'est à lui de le prendre en main, fusse avec une aide "professionnelle".

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(compte clôturé)

le vendredi 02 septembre 2011 à 15h35

Personnellement je préfèrerai dire qu'ils sont renvoyés face à face, c'est plus efficace. Pour ce qui est d'être co-responsable, c'est normal: il n'y en a pas un qui a la responsabilité du couple et pas l'autre. Un couple se fait a deux, ensemble, à moins que l'un des deux soit un légume... mais là ce n'est pas le cas.
Et oui, le mot responsable remplace coupable dans la discussion: le coupable a fait une faute en conscience, il a fait quelque chose exprès pour faire souffrir l'autre. Il ne me semble pas que Bliss ait voulu faire souffrir son compagnon. Etre responsable c'est faire des choix et en assumer les conséquences (parce qu'on ne sait pas si un choix a un moment donné peut avoir une conséquence positive ou négative). C'est donc quand même pas mal différent ces deux mots et en tout cas, pour moi, c'est pour ça que je les échange.

Pour la question de la béquille affective, je sais pas trop comment tu l'entends. Moi j'ai tendance à dire que la béquille affective est contenue dans l'amour. C'est a dire que des fois, c'est bien d'épauler son conjoint parce qu'il est dans un mauvais moment... Mais ça ne remplace pas l'amour qui est tout autour

En revanche, je ne pense pas que Bliss doive faire plus d'efforts pour rassurer son compagnon parce qu'effectivement c'est a lui de travailler sur son autonomie affective, ainsi qu'à Bliss de travailler sur la sienne.
Quand je parle de thérapie de couple, c'est pas de la thérapie individuelle et a mon avis un bon thérapeute leur dira de travailler indiviellement leur confiance en soi respective. Faire une thérapie de couple c'est pas du tout de rassurer l'autre: l'autre doit se rassurer tout seul d'après les déclarations de ton conjoint (genre: "je t'aime", "je veux qu'on reste ensemble"). Le travail à deux repose sur comment chacun voit le couple et comment ils peuvent se rejoindre sereinement... ou pas s'il n'y a pas d'espace commun suffisant.
Donc il y a un travail en commun et un travail individuel a faire.

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demeter

le vendredi 02 septembre 2011 à 20h21

Je fais beaucoup de hors sujet semble-t-il, mais en est-ce vraiment ?
je trouve curieux ce discours qui parle de travailler "son autonomie" ou sa "confiance en soi", seul, ou avec un psychothérapeute, c'est comme prétendre un peu fabriquer une flûte qui jouerait sans l'air qui passe dedans, ou prôner l'écologie en croyant pouvoir préserver une nature que l'on regrette déjà. En cherchant à préserver un milieu naturel, on se contente bien souvent de s'en exclure en construisant des zones protégées : (une fois que l'on a mis tout ce monde en sécurité, cela donne d'ailleurs bonne conscience pour massacrer allègrement ce qui est autour). Une véritable écologie doit tenir compte de la présence de l'homme et de son impact, pas une séparation sur une planète nécessairement trop petite. Les relations, (la vie dans son ensemble) est un réseau pas une série d'objectifs individuels plus ou moins réussis, comme le disent ceux qui prétendent s'être "fait tout seul", en méprisant au passage les soi disant "moins méritants", ceux qui n'auraient pas pris la peine de réfléchir sur leur capacité. En réalité, il s'agit juste de trouver sa place, non ?

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demeter

le vendredi 02 septembre 2011 à 20h35

"Il faut se faire aider". C'est une phrase à la mode. Je veux bien, mais aider à quoi au juste ? A devenir autre chose, à devenir plus compréhensif, plus confiant en l'avenir, plus intelligent, plus sociable, plus quelque chose, moins quelque chose... ?

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(compte clôturé)

le vendredi 02 septembre 2011 à 21h11

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Message modifié par son auteur il y a 9 ans.

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bliss

le samedi 03 septembre 2011 à 00h19

De toute façons, mon compagnon refuse de " se faire aider", alors c'est réglé...:-)
Moi je suis "aidée" par un psy depuis des années, je ne vois pas trop de changements dans mon quotidien... je sais mieux mettre des mots sur mes maux, mais ça ne change rien. En tous cas pas mes comportements agressifs par exemple. Pour la culpabilité par contre, ça marche plutôt bien. Mon psy est super, très intéressé par le polyamour, me demande souvent des références de bouquins, de site comme celui-ci, etc. Jamais il ne m'a dit que quelque chose était bien, ou mal.
Mais bon, dans mon quotidien, encore une fois, j'ai pas l'impression que cela m'aide à régler fondamentalement mes problèmes.

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(compte clôturé)

le samedi 03 septembre 2011 à 01h37

patrice-86
Moi, ça me gêne un peu qu'on vous renvoie dos à dos comme "co-responsables du désastre".

c'est pourtant la façon la plus efficace d'avancer. Tout ce qu'on fait pour charger l'autre est de l'énergie perdue puisqu'elle entraine immédiatement l'autre à nous charger : plus personne n'avance.

demeter
je trouve curieux ce discours qui parle de travailler "son autonomie" ou sa "confiance en soi", seul, ou avec un psychothérapeute, c'est comme prétendre un peu fabriquer une flûte qui jouerait sans l'air qui passe dedans,

au contraire, c'est comprendre que la flute ne jouera jamais toute seule juste en la brandissant dans le sens du vent et en accusant Eole de ne pas faire son travail.

Eclisse
Je suis entièrement en accord avec cette remarque. J'ai lu cet axiome des dizaines de fois ici, c'est pour moi des velléités de transfert de charge.

Au contraire, il s'agit précisément de rendre à César ce qui est à César : reprendre à son compte tout ce qui nous incombe et cesser d'espérer trop ou pire d'exiger de l'autre. On obtient plus en donnant qu'en prenant. Mais pour donner, il faut avoir récupéré ses billes avant.

bliss : ça n'est donc pas réglé au contraire!
Si tu ne vois pas les choses avancer avec ton psy, tu pourrais le lui dire : mais parfois, quand ça dure trop longtemps, on devient ami et plus rien ne se passe : si vous vous échangez des tuyaux, ce n'est plus une psychothérapie. Un psy n'ets pas qu'une écoute, un bon psy doit chercher sans cesse à pointer dans tes paroles ce qui fait lien avec d'autres paroles ou des faits apparemment incompréhensibles afin de leur donner du sens. Normalement, il y a un "transfert de technologie" qui te permet ensuite de comprendre toi-même pourquoi parfois tu agis exactement comme tu ne le voudrais pas : ces moments sont des intrusions de l'inconscient au poste de commandes, on ne peut pas les empêcher, mais on peut les détecter et les utiliser pour avancer sans se faire de mal.

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bliss

le samedi 03 septembre 2011 à 01h50

C'est bien ce que je dis, ou du moins ce que je vis, mais j'ai dû mal m'exprimer : avec ce psy, je comprends très bien pourquoi j'agis de telle ou telle façons, il parvient vraiment à me faire prendre conscience de tous les mécanismes, mais ça ne change rien, dans le sens où je ne peux pas du tout maitriser mon agressivité, je me regarde faire, je comprends tous les mécanismes, mais cela n"agit" pas.
Bon mais à l'origine j'ai pas écrit ce post pour parler de mon travail avec mon psy...:-)

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(compte clôturé)

le samedi 03 septembre 2011 à 01h59

le hasard n'existe pas, si tu en parles, c'est que cette histoire en parle!
La description des problèmes ne les résout pas : elle permet de savoir où travailler. Mais ça aussi il devrait pouvoir t'y aider. Agresse-le :-D

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demeter

le samedi 03 septembre 2011 à 12h17

bliss
... je sais mieux mettre des mots sur mes maux, mais ça ne change rien. En tous cas pas mes comportements agressifs par exemple. Pour la culpabilité par contre, ça marche plutôt bien.
.....
Mais bon, dans mon quotidien, encore une fois, j'ai pas l'impression que cela m'aide à régler fondamentalement mes problèmes.

De la même façon, le fait de comprendre les effets des gaz d'échappement sur l'environnement, le mécanisme du moteur de notre voiture, ne change pas non plus nos comportements et ne nous dispense pas de prendre tous les jours une bagnole pour aller au boulot quand on doit faire 25 km pour aller travailler. Il n'y a aucune chance que l'on parvienne à refaire tout seul dans notre coin une voiture moins polluante, aucune chance de faire en sorte qu'il nous pousse des ailes, peu de chance de renoncer aux avantages de notre cadre de vie et de notre boulot pour sauver le monde sans en souffrir. Le plus facile est effectivement de l'accepter et de s'en déculpabiliser, et si cela ne nous aide pas à régler fondamentalement le problème, cela nous permet de ne pas gaspiller de l'énergie inutilement à chercher des solutions à notre situation. Réfléchir à l'écologie consiste à accepter notre situation comme un fait et la prendre en compte comme une donnée de base de la réalité, pas comme quelque chose à changer.
De la même manière "la confiance en soi", "l'autonomie" supposée n'existe que dans un contexte donné, dans un réseau de relations, croire que l'on peut la modifier en se changeant soi même est à mon sens le même gaspillage d'énergie.

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demeter

le samedi 03 septembre 2011 à 12h56

Je me relis et je me dis qu'il serait tentant dans ce cas de voir dans cette "acceptation" encore une fois une "solution". Il est tout aussi vain de chercher, "d'essayer d'accepter", que "d'essayer d'être attentif", que "d'essayer d'être quelqu'un de mieux". "Essayer" est encore un raisonnement, une tentative pour aller vers quelque chose, encore une donnée à prendre en compte.

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