Polyamour.info



Les messages appartiennent à leurs auteurs. Nous n'en sommes pas responsables.

Merci de consulter notre charte de discussion pour connaître les règles qui régissent les conversations sur ce site.

Besoin de précisions lexicales.

#
Profil

Jena

le vendredi 05 août 2011 à 18h18

Jusqu'ici, quelqu'un qui aime plusieurs personnes en en trompant au moins une, tout le monde s'accorde à l'appeler "un bâtard", pourquoi il faudrait un nouveau mot ? Pour les déculpabiliser ? Je suis contre le polytiquement correct si c'est pour aider un mari infidèle à mieux dormir la nuit.

:D

(ne pas oublier le smiley)

#
Profil

Jena

le vendredi 05 août 2011 à 18h20

J'ai trouvé ! Nous sommes "polyamoureux" (en tant que non-monogames consensuels et honnêtes), on peut leur proposer "polyamoureux non-consensuels" ?

:D
Polytiquement correct à mort.

#
Profil

LuLutine

le vendredi 05 août 2011 à 18h24

Je résume ce que j'ai mis plus haut :

"polyaspirant" et "polyamoureux"

ou bien

"polyamoureux" et "polypratiquant"

(à chaque fois, le 1er mot désigne le fait d'aimer plusieurs personnes et le second, celui de vivre des relations polyamoureuses)

Autre "détail" :

Envacances
de nombreux adultères croient s'y reconnaître parce qu'ils aiment leur conjoint(e) ET leur amant(e).

J'estime que dans la mesure où la personne, au moment où elle se rend compte qu'elle n'est pas "anormale", malade ou que-sais-je, décide de chercher un moyen de ne plus mentir, alors je veux bien l'accepter en tant que "polyamoureux(se)".
Par contre, quelqu'un qui me dit "je continuerai à tromper mon/ma conjoint(e)" et/ou "je ne veux surtout pas que mon/ma conjoint(e) ait la possibilité d'avoir d'autres relations", alors là non, cette personne n'est pas poly pour moi.

Il valait mieux préciser, je crois.

#
Profil

tentacara

le vendredi 05 août 2011 à 19h07

Heu.. "polypratiquant", Lulu ? t'es sure, là ? Non, parce qu'on nous prenait déjà pour une secte avant, mais là on est bons pour se raser le crâne et se promener aux puces avec nos tambourins à clochettes.
De quoi on parle ici, au juste ? Du fait d'être capable d'aimer plusieurs personnes ? On a besoin d'un forum pour parler de ça ? L'amour, tu le ressens ou pas, ça se passe de débat. Ce dont on débat ici, ce que viennent chercher les gens, c'est surtout le moyen de pouvoir vivre ça dans l'honnêteté. Les menteurs n'ont pas besoin de manuel (ou ils le trouvent ailleurs). Le polyamour, c'est le nom qu'on a plus ou moins officiellement adopté pour désigner un certain type de relation à l'autre, une façon de vivre ses relations amoureuses. Je ne vois pas l'intérêt d'élargir la définition ou de la modifier. Ceux qui vivent des amours multiples dans la clandestinité et s'en trouvent bien peuvent se trouver un concept qui élude la question de l'honnêteté et de la réciprocité dans les rapports, mais le polyamour, désolée, c'est déjà pris.

#
Profil

LittleJohn

le vendredi 05 août 2011 à 19h19

Tentacara (+) (+) (+)

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

#
Profil

oO0

le vendredi 05 août 2011 à 19h35

tentacara
L'autre chose qui me dérange, c'est que vous ne soulevez pas la notion de réciprocité. Dès lors que l'ont tait ses amours multiples, on ôte à l'autre non seulement la possibilité de choisir les termes de la relation dans laquelle il/ elle vit, mais on lui ôte aussi la possibilité de s'interroger sur sa propre capacité et liberté de choisir de vivre ainsi.

Là, tu parles de ce que j'associe au consentement. La plupart du temps, le cadre du consentement se limite à l'acte érotique, mais rarement au consentement de la relation où l'acte est consenti. Bref, l'enjeu de la résistance qui se crée face à la simplification du terme polyamoureux au sens d'être amoureux de plusieurs personnes, c'est que cette simplification passe sous silence le consentement d'une relation non-exclusive. La précision qu'apporte envacances me semble très claire à ce sujet.

envacances
En anglais sur Wikipedia, il n'est pas question de "relations sentimentales", mais de "intimate relationships" ; et il est précisé que le "polyamory" est le fait, OU le désir OU la tolérance qu'il y ait non-exclusivité dans les relations "intimes", chacune des personnes impliquées étant informée et consentante.

Il ne s'agit pas tant d'être amoureux de plusieurs personnes que du consentement d'une relation non-exclusive. Polylike, tel que je l'ai compris chez Siestacorta, ne signifie rien d'autre que d'être en accord avec l'esprit poly sans pour autant l'être avec la dénomination. Comme l'a noté, PaulEaglott le premier sur ce site et le rappelle envacances, la traduction du polyamory en polyamour n'est pas des plus heureuses. Et d'un point de vue strictement lexical, là, réside probablement l'origine des oppositions.
__________________________________________________________

Laissons de côté les questions purement lexicales, les mots ont un sens qu'il est nécessaire de respecter pour communiquer, certes, mais dans la communication, ce qui importe avant tout, c'est le respect des personnes. Les mots sont là pour se communiquer, soit tendre vers une reconnaissance mutuelle dans la communication et manque de reconnaissance, cela crée un mal être. Et là, oui, je trouve que Ladys, Lulutine et Kerdekel posent un dilemme que de simples précisions lexicales ne peuvent pas trancher. Nous ne sommes plus, ici, dans le lexique au sens strict, mais dans l'usage lexical et l'histoire sociale des usages qui les sous-tendent.

Toutes les trois, elles s'accordent sur le fait que la pression du regard social et des circonstances favorables ou non du parcours individuel joue un rôle énorme dans le fait qu'une personne amoureuses de plusieurs personnes ne respecte pas la question du consentement à une relation non-exclusive. Et le parallèle avec l'homosexualité ne me semble pas foireux dans le sens où l'origine de l'expression gay vient de l'opposition straight. À l'époque tout ce qui ne correspondait à une vie droite (straight life), soit l'union exclusive d'un homme et d'une femme pour mener une vie conjugale et familiale, tout ce qui n'y correspondait pas était associé à la vie de joie (gay life). Gay Life, euphémisme qui cache une forte opprobre sociale et morale. L'expression est rentrée dans les usages pour demander de manière anodine des endroits où fuir cette opprobre : "Vous ne connaîtriez pas un endroit gay ?"

Finalement, pour ce qui est de la pression sociale, tout le monde est d'accord. Ce qui pose problème, c'est juste à partir de quand une personne peut demander à être reconnue comme polyamoureuse qui gêne : suivre la lettre ou contextualiser la lettre ? Le contexte sur lequel elles me semble toute trois insister, c'est celui du mal être du manque de reconnaissance. Mal être n'aide pas à bien agir.

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

#
Profil

oO0

le vendredi 05 août 2011 à 19h47

Un peu de Bronx

Finalement, distinguer entre "être" et "agir" - comme Ladys - ou entre "se sentir" et "entretenir une relation libre et honnête" - comme Aurélien, pris entre la position de Kerdekel et Tentacara, cela me semble une bonne option pour clarifier les différences, mais j'hésite.

a) "Être" relève d'un "état", ici, un état amoureux relatif à plusieurs personnes. Cela revient à "se sentir" amoureux de plusieurs personnes.
b) Agir, soit passer à l'acte. Entre être amoureux de plusieurs personnes et vivre plusieurs relations amoureuses, il y a une différence énorme. Une personne amoureuses de plusieurs personnes peut n'avoir aucune intention de vivre plusieurs relations amoureuses et juste se sentir déchirée par le doute quant à la question de savoir avec quelle personne vivre une relation exclusive. Bref, bien qu'amoureuses de plusieurs personnes, elle ne pourrait certainement pas se reconnaître polyamoureuse.
c) Il est possible de cacher son état comme ses relations, là, réside le côté épineux de la question : ne pas cacher, certes, mais comment ne pas le cacher sans tout gâcher. Disons que, la personne ci-dessus choisisse d'essayer de vivre une relation avec chacun de ses amoureux pour sortir du doute et, par souci d'honnêteté faire part de son état et de ses intentions à chacune des personnes concernées. Miraculeusement, elle obtient leur consentement et entretient plusieurs relations amoureuses tout en leur consentant la même possibilité. Reste que elle ne peut toujours pas se reconnaître polyamoureuse. Il y a des personnes monoamoureuses qui ont les idées larges, mais leurs réelles dispositions affectives restent celles d'une relation exclusive.

Pour ma part, je proposais "disposition" qui entretient plus la confusion que la clarté. Il est possible d'avoir et/ou d'avoir pris certaines dispositions qui correspondent à l'esprit sans pour autant les avoir et/ou les avoir pris toutes. Dans mon exemple contradictoire, la personne prend des dispositions de types non-exclusives et même si elle démontre avoir de telles dispositions, elle n'est en définitive disposée qu'à vivre une relation exclusive. Le polyamour a, ici, valeur de dispositif de discernement, soit de moyen et non de fin. Reste que j'ai autant de doutes que pour "être" et "agir".

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

#
Profil

oO0

le vendredi 05 août 2011 à 20h27

D'un point de vue strictement personnel, la seule question qui me préoccupe, c'est celle d'un consentement le plus clair possible ainsi que le respect et la reconnaissance de ce que chaque personne peut ressentir autant dans le consentement que dans la simple écoute de ce que chacun ressent.

"Poly" ou "Mono" ?!? J'aime pas ces préfixes parce qu'ils sont dans le quantitatif alors que, là où l'homosexualité a réussi à émanciper l'intime de la question des genres, ce genre de forum, me semble pouvoir émanciper du nombre. Peu importe l'orientation sexuelle ou le nombre de relations - une ou plusieurs, peu importe - du moment qu'il y a consentement dans le respect et la reconnaissance de ce que chaque personne peut ressentir. Consentement signifie autant la possibilité d'accepter que de refuser la relation et bien évidemment honnêteté sur la relation en jeu ainsi que réciprocité puisqu'il ne peut y avoir consentement s'il n'est pas mutuel.

Consentement, respect et reconnaissance...

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

#
Profil

lam

le vendredi 05 août 2011 à 21h40

RIP
D'un point de vue strictement personnel, la seule question qui me préoccupe, c'est celle d'un consentement le plus clair possible ainsi que le respect et la reconnaissance de ce que chaque personne peut ressentir autant dans le consentement que dans la simple écoute de ce que chacun ressent.

"Poly" ou "Mono" ?! ? J'aime pas ces préfixes parce qu'ils sont dans le quantitatif alors que, là où l'homosexualité a réussi à émanciper l'intime de la question des genres, ce genre de forum, me semble pouvoir émanciper du nombre. Peu importe l'orientation sexuelle ou le nombre de relations - une ou plusieurs, peu importe - du moment qu'il y a consentement dans le respect et la reconnaissance de ce que chaque personne peut ressentir. Consentement signifie autant la possibilité d'accepter que de refuser la relation et bien évidemment honnêteté sur la relation en jeu ainsi que réciprocité puisqu'il ne peut y avoir consentement s'il n'est pas mutuel.

Consentement, respect et reconnaissance...

Message modifié par son auteur il y a une heure.

(+)

Finalement c'est l'intention de la personne sur la manière de communiquer et vivre ses sentiments qui l'emporte.
Pas quelque chose de 'naturel', qui dépendrait de la 'nature' intrinsèque de la personne. Pour moi aussi c'est ça qui fait que quelqu'un-e est dans la notion de polyamour ou non.
Et l'argumentaire naturalisant peut nous mener... très très loin du respect de l'autre.

Par ailleurs je suis aussi allergique au étiquettes, ne serait-ce que parce qu'en leur nom on trace des frontières droites, le dedans et le dehors, sans laisser de place aux états intermédiaires, aux individues en évolution.

PS, pour rire

J' vais pas m' laisser emboucaner Par les polys, par les monos, toutes ces belles gentes endoctrinées Qui foutent ma révolte au tombeau. Toutes les étiquettes, à la casse, Tous les systèmes sont dégueulasses! J' peux pas encaisser les drapeaux, quoi que le noir soir le plus beau...

;-)

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

#
Profil

lam

le vendredi 05 août 2011 à 22h32

Cette discussion me titille, et je crois avoir clarifié pourquoi.

Kerdekel résume bien le débat de ce fil:

kerdekel
Offrir une aide à ceux qui en font la demande dans ce domaine, c'est pour ça que ce site a été crée.
Et tu n'aides pas quelqu'un qui se sent paumé en lui disant que non, s'il n'est pas honnête avec son entourage, c'est qu'il n'est pas poly (et que si on part là-dedans alors tout le monde est poly, ce qui, en dehors de représenter un des sophismes les plus ridicules qui m'ait été donné de lire, n'a pas de sens, puisque tout le monde ne l'est pas justement, de manière assumée ou non. C'est plutôt justement qu'il y en a qui l'assume et d'autres pas.)
La définition biologique d'une femme, c'est ses chromosomes. Pourtant, j'ai des amies qui ont des chromosomes masculins et qui sont bel et bien des femmes. Et ça me viendrai jamais à l'idée de penser le contraire.
C'est une définition standard celle qu'on a. Une pauvre définition bateau. Il arrive que parfois, on ne puisse s'en contenter. Pour le cas présent, elle occulte tous les gens qui n'assument pas, dans la grande majorité des cas par crainte, alors que cette couche est pourtant celle qui a le plus besoin d'être rassurée.
Quelle ironie, hein. :)

Et je suis d'accord avec le fait que c'est ridicule de juger si une personne est poly ou non, de définir des jugements sur sa pratique pour savoir si elle rentre dans la case.

On s'en fout de savoir si elle entre dans la case, et si elle vient ici pour réfléchir à la question ceux et celles qui veulent lui répondent.

Je pense qu'une personne est polyamoureuse si elle se considère elle-même comme telle.
Elle peut choisir d'utiliser ce terme ou non d'ailleurs. Être poly, dans la non monomagie responsable, dans des relations libres, lutin-e, c'est une question d'autodéfinition. Pas besoin de polyamour.info pour juger de ça :-)

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

#
Profil

tentacara

le samedi 06 août 2011 à 09h11

Je ne crois pas que ce soit tellement un problème d'étiquette : j'ai vécu tout comme Kerdie des relations polyamoureuses toute ma vie sans avoir besoin de mettre un mot dessus. Je vivais selon mes émotions et convictions épicétout! En découvrant ce site il y a 2 ans et la définition du PA, j'ai donc découvert qu'il existait un mot pour décrire ce type bien précis de relations amoureuses.
Le principe même du langage associe à chaque mot une idée, cela permet de communiquer et de se faire comprendre de ceux qui parlent le même langage.
Je connais des polyamouruex qui sont célibataires, qui ne sont amoureux de personne, mais qui, lorsqu'ils rencontrent quelqu'un expliquent d'emblée leur conception du rapport à l'autre et de la relation amoureuse. Quelqu'un en revanche qui se retrouve de facto amoureux de 2 personnes sans s'appliquer une règle d'honnêteté et de réciprocité ne répond à mon sens à aucune forme de concept. On peut donner un nom à sa situation factuelle mais pas parler de philosophie.
Certes, les étiquettes sont le prétexte des pires exclusions, mais ce n'est pas du fait même de leur existence mais de la volonté d'en faire une norme obligatoire. Pour reprendre l'exemple de Kerdekel, je suis tout aussi choquée que toi par l'exclusion à bien des niveaux de celleux qui ne se reconnaissent dans aucun des 2 genres. Faut il vraiment que leur acceptation, leur intégration sociale passe par l'abolition du concept de genre en soi? Certains en sont convaincus, pas moi. Je n'y verrais qu'une autre forme d'exclusion. Alors de même qu'il existe des hommes, des femmes et des transgenres (définition large), je crois qu'existent des poly, des mono, des adultères, des wannabepoly (merci pour celle-là, LittleJohn, j'ai bien rigolé!) et que chacun répond à une idée précise de comment mener ses relations amoureuses.
Ce qui est gênant, ce n'est pas de dire à un noir qu'il n'est pas blanc, mais de lui faire croire qu'il est bien mieux d'être blanc que d'être noir.

#
Profil

Jena

le samedi 06 août 2011 à 12h04

Alors qu'on est tous d'accord que dans notre société actuelle... :D

#
Profil

lilitu

le samedi 06 août 2011 à 14h01

Moi aussi ça m'interpelle cette discussion.
J'aime beaucoup le parallèle de Kerdekel avec l'homosexualité.
Je me suis reconnue dans la définition du polyamour, à la fois par le fait d'aimer souvent plusieurs personnes à la fois, et par le besoin d'honnêteté vis à vis de ces personnes.

J'aurais tendance à me rapprocher de la définition de Kerdekel et Lulutine, car elle est constructive. Elle permet aux personnes qui sont encore dans la tromperie mais qui ont besoin de transparence de s'identifier à un groupe. Ce qui n'est pas négligeable comme soutien pour certains qui s'apprêtent à bousculer des traditions parfois très pesantes.
Ils peuvent se dire je suis polyamoureux/se, je ne suis pas seul(e), et ça peut être le petit truc en plus qui fait pencher la balance dans le sens d'un coming out polyamoureux. Pour moi, ce qui est important, c'est le besoin de transparence. Quelqu'un qui trompe son conjoint et qui en souffre suffisamment pour se poser des questions, atterrir sur ce site et choisir de clarifier les choses, même si il lui faut ensuite le temps de mettre en place un nouveau mode de fonctionnement dans lequel le mensonge n'existera plus, pour moi, celui là est déjà poly. Par contre quelqu'un qui se complait dans des relations clandestines, qui y trouve son compte, voire même qui trouve que ça pimente sa vie sexuelle, et qui se dit poly pour se déculpabiliser, sans intention de changer à plus ou moins long terme, celui-là n'est pas poly.
C'est la souffrance du premier qui fait la différence. Il n'a pas trouvé la place ou il se sentira à son aise. C'est de l'ordre de l'être pas du faire.
Il lui reste à assumer qui il est. Et pouvoir donner à un nom à une caractéristique qui façonne aussi dramatiquement sa vie amoureuse, c'est un premier pas pour assumer ce qu'il est.
Tiens ça me viens là, en reprenant le parallèle homo. Polyamoureux refoulé, ça pourrait pas coller pour décrire ceux qui n'ont pas encore clarifié leurs relations?

Ah, et l'autre truc que m'inspirait vos discussions, c'était qu'il me semble que le besoin d'honêteté fait partie de l'orientation sexuelle. Si on a besoin de la confiance que l'honnêteté apporte pour se sentir épanoui, voire même pour avoir du désir, c'est tout de même complètement différent du gars ou de la fille qui tire une grande partie de son excitation du caractère clandestin de ses amours. Je ne juge pas ce dernier (mais bon, qu'il ne s'approche pas, quand même, je mords ;o), c'est juste deux orientations très différentes et pour moi, c'est ça qui fait la différence entre polyamoureux, ou pas.

Aussi, pour finir, je crois je vois mon interêt dans le fait d'accueillir et d'accompagner ceux qui sont encore entre deux eaux, les wannabe poly (tiens, c'est vrai que c'est pas mal aussi ;o), en les englobant dans la définition du polyamour, car si ils arrivent à aller au bout de leur mutation, ça fera des poly avec qui lutiner sans avoir à les convaincre du bienfondé du lutinage. C'est un truc purement animal en fait. Après avoir protégé la communauté pour qu'elle survive dans ce qui fait sa particularité (genre "les villains menteurs/trompeurs ils sont pas comme nous"), lorsqu'elle devient assez solide, on peut passer au stade suivant, la propagation de l'espèce homo-polyamorous, en englobant dans la définition du mot plus de gens potentiellement polyamoureux mais pas encore out of the closet. En quelque sorte, une évolution de langage parallèle à une évolution de la communauté.

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

#
Profil

oO0

le samedi 06 août 2011 à 15h31

Polyamoureux (polylike) refoulé ? Wannabe (Want to be) Poly ? (+)

Refoulé sous la pression du regard social ou, pour quelque autre raison.

Je suis dubitatif à l'égard des personnes qui entretiennent plusieurs relations clandestines. Je ne peux m'empêcher d'avoir le sentiment qu'ils ont des dispositions polyamoureuses que je n'ai pas. J'ai eu l'occasion de rencontrer quelqu'un dont la vie relationnelle présentait l'une des configurations que les relations clandestines sauf qu'il était honnête sur le fait d'avoir plusieurs relations, mais tout aussi honnête sur le fait qu'il ne pouvait accepter qu'elles puissent avoir elles aussi plusieurs relations. Il ne s'agissait pas de possessivité ou de jalousie dès lors qu'il acceptait que la relation puisse se finir et que, si l'une de ses partenaires avait une autre relation, il préférait simplement finir la relation. Il y avait chez lui comme une attitude de protection contre lui-même et les éventuels partenaires de ses partenaires. La liberté qu'il attendait de ses partenaires n'étaient pas pleinement réciproque, mais elles n'en étaient pas moins libre d'avoir d'autres relations... sans lui.

________________________________

Être (polyamoureux) et avoir (des relations polyamoureuses)

Être polyamoureux
- à ses propres yeux
- aux yeux des autres, des personnes concernées en particulier

Avoir des relations polyamoureuses
- tous les partenaires concernés sont consentant
- tous ne le sont pas et là, ...

Polyamoureux (Polylike) refoulé ? Wannabe (Want to be) Poly ? (+)

J'ai l'impression qu'il y a matière à clarification.

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

#
Profil

gdf

le samedi 06 août 2011 à 19h58

Je crois que ce qui me dérange avec l'idée d'appeler polyamoureux des wannabe, c'est que ça dévalorise le titre, ça le rend accessible au premier adultère venu.
Un polyamoureux, un vrai, il a subi un parcours initiatique de longue haleine, avec psycho-analyse pointue et introspection profonde, validée au minimum par le consentement des partenaires concernés.
Alors seulement, une fois qu'il a passé les épreuves, aura-t-il le droit de porter le titre suprême.

Je le dis en rigolant, et je suis d'accord qu'il ne faut pas envoyer bouler les aspirants qui ont déjà trompé leur conjoint mais n'ont pas encore fait leur coming out, mais je pense qu'il vaut mieux leur dire "tu es peut-être polyamoureux, mais ta formation n'est pas finie tant que tu n'es pas transparent"

C'est vrai quoi, les jeunes d'aujourd'hui ils veulent tout tout de suite !

#
Profil

Siestacorta

le dimanche 07 août 2011 à 02h52

Pour le parallèle avec l'homosexualité, formulé par Kerdekel (qui - au passage - tient toujours mon parapluie arc-en-ciel en otage !) :

Kerdekel
Tu viens vite à penser que quelque chose va pas chez toi, et tu fermes surtout bien ta mouille pour pas être rejeté.
Et un jour, tu trouves une communauté de gens, qui ont tes préférences, qui se battent même, pour qu'un jour plus aucun homosexuel ne soit vu comme un monstre, ce pourquoi tu es sur de passer si jamais tu le dis, dans ton milieu. Seulement, ces gens que tu as trouvé te disent qu'un homosexuel, c'est un homme qui vit une relation franche et assumée avec un homme ou qui au moins ne cache pas sa préférence.

L'étymologie des mots compte quand même, surtout pour un néologisme.

Homo - sexuel, du latin, c'est aimer le même sexe que le sien (oui, avec exactement le même nombre de poils, tout à fait. ... Crétins !)
C'est juste un constat. Ca ne dit rien que le fait que ce soit "par nature", ni "explicite", ni "en transparence", ni "seulement avec des capotes".
La portée est factuelle, ya pas de cadre particulier. On peut être une tapette honteuse, lesbienne, ou un inhibé comme on disait, heu, avant, ou grand folle, ou un fox à poil dur qui n'a eu ce truc qu'un seul matin une seule fois dans le noir. Pareil.
Bref : si des homos te sortent "oui mais c'est quand tu l'affiches honnêtement que ça compte", ils déforment le sens du mot. Que ça influence la personne qui sort du placard ou pas, ça ne joue pas. Dans l'exemple que donne Kerdekel, la "valeur éthique" est portée par les gens qui en parlent, pas par le mot.
C'est là où le parallèle polyamour/homosexualité ne fonctionne pas.
.
.
.
Le terme "polyamour" n'est pas qu'un anglicisme c'est un barbarisme. Un mot fabriqué à partir de notre langue et de langues étrangères mal récupérées. Origine : poly (grec) amory (un barbarisme inspiré les langues latines, et qui parle bien sûr de moutarde).
Le mot (dès sa création) crée un positif là où il n'y avait qu'un négatif ; où beaucoup estimaient que ça leur suffisait pas d'être "non-monogame" quand il fallait expliquer qu'ils n'étaient pas des monstres.
Ajouté au rappel de "amour", et son origine nord-américaine (ambiance post-baba et développement personnel) on est dans quelque chose qui affirme une valeur éthique. L'honnêteté, l'équité de "droit" qu'à l'autre de faire du poly aussi.
On affiche, dans ce barbaro-anglicisme, une qualité de relation par comparaison à la fidélité du couple / mariage homo.

C'est pour ça que Françoise Simpère à préféré créer "Lutinage", que d'autres comme Amorgen ou moi préfèrent parler, dans leur entourage, de "non-exclusivité". L'implication du mot polyamour est assez affirmée. L'éthique dedans est minimaliste, c'est à dire qu'on exige pas de faire plein de trucs et de de priver de fromage le mercredi, mais elle est présente dans l'histoire du mot comme dans sa définition. Donc, oui, son usage ici a un sens. Sinon, ben tout le monde il est poly ou presque, puisque la plupart des gens ont déjà ressenti plusieurs sentiments, beaucoup ont des aventures, des adultères, des retours de flamme de volcans qu'on croyait trop vieux, des machins sur lesquels ils mettaient pas de nom mais bon hop dans les foins quand même...
.
.
Après, je suis assez d'acc avec Lulutine : être polyamoureux et être dans une situation polyamoureuse, c'est pas pareil, "polyamoureux est un état d'esprit, pas un état civil" (je cite Littlejohn, mais je sais pu de qui c'est au début).
Menfin, polyamoureux, à une époque où c'est encore très minoritaire, faut bien que ce soit vécu un minimum. Pas juste "dans ma tête avec que moi qu'est au courant".
Sinon, ben, moi, je suis un Vrai Croyant. Si, si. Ca se voit pas du tout dans mes actes, j'en parle à personne, au quotidien ça change rien pour mes proches, mais je suis super-sûr d'être dans les clous du Livre. C'est entre moi et ma conscience, voilà, et toc.

(attention, la comparaison avec la Foi n'est valable que pour faire ressentir la portée éthique des termes, donc le rapport avec la pratique. Le polyamour ne relève pas d'aucune Foi particulière, ni même de la nécessité d'une spiritualité.
Sauf l'adoration de (8E , bien sûr).

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

#
Profil

ladys

le dimanche 07 août 2011 à 04h03

Pour cause de déplacement et d'accès internet aléatoire, je n'interviens pas autant que je le souhaiterais, mais je tenais à vous dire que je me régale à vous lire, tous.
Je n'imaginais pas que cette discussion entraînerait des débats aussi riches.

Je tenais à apporter une petite précision, suite à ce message:

Aurelien
(...)

Je ne veux pas disputer à Ladys son sentiment polyamoureux, et je l'accueillerai bien volontiers aux prochaines rencontres. Mais ce sera avec le but affiché de l'aider à faire le choix nécessaire à une vie polyamoureuse.

Chouette, j'aime pas me faire disputer...

Plus sérieusement, je crois l'avoir dit dans ma présentation, j'aurais peut être du le redire sur ce fil: Ma question concernant le lexique n'était pas dans le but de savoir "si je pouvais entrer dans les cases" malgré une relation cachée puisque les deux relations amoureuses que je vis actuellement, je les vis en toute transparence pour mes deux amoureux, qui eux même ont une autre amoureuse (chacun, hein).
La non-exclusivité sexuelle n'est pas pour moi un choix de vie mais une évidence depuis toujours, que j'ai vécu plus ou moins bien jusqu'à la rencontre avec mon compagnon, qui partage cette évidence. la non-exclusivité amoureuse ne m'a jamais posé soucis non plus, mais je ne la vis réellement, me concernant, que depuis que j'ai rencontré mon amant.

Donc pas d'inquiétude Aurélien, je n'ai nul besoin d'aide pour faire les choix nécessaires.
:-D (smiley qui va bien)

Bonne journée à tous.

#
Profil

LuLutine

le mardi 09 août 2011 à 13h27

lilitu
Pour moi, ce qui est important, c'est le besoin de transparence. Quelqu'un qui trompe son conjoint et qui en souffre suffisamment pour se poser des questions, atterrir sur ce site et choisir de clarifier les choses, même si il lui faut ensuite le temps de mettre en place un nouveau mode de fonctionnement dans lequel le mensonge n'existera plus, pour moi, celui là est déjà poly. Par contre quelqu'un qui se complait dans des relations clandestines, qui y trouve son compte, voire même qui trouve que ça pimente sa vie sexuelle, et qui se dit poly pour se déculpabiliser, sans intention de changer à plus ou moins long terme, celui-là n'est pas poly.

Tout pareil en fait (+)

#
Profil

oO0

le mercredi 10 août 2011 à 14h53

Aucune personne ne choisit ce qu'elle éprouve, mais le registre de langage affectif que nous avons généralement à disposition regorge d'injonction paradoxale qui présuppose le contraire, soit que nous avons le choix de ce que nous éprouvons. Exemple d'injonction paradoxale : "Aime moi !" ou encore "Ne m'aime pas !" Le paradoxe ne vient pas de de l'affirmatif ou du négatif, mais de l'impératif dans la réalité affective. Les affects ne s'obtiennent pas sur commande. (Ces injonction ne peuvent d'ailleurs se comprendre comme des ordres, comme des exhortes, des encouragements.) Si nous y avons un choix, nous n'avons que le choix de leur interprétation en pensées et en actes. Il ne s'agit pas d'un choix direct de nos affects, mais d'un choix indirect. Cette impossibilité de choisir se ressent d'autant plus lorsqu'il s'agit d'affect douloureux car, en général, il ne s'agit pas d'affects qui serait choisis s'ils pouvaient être choisis. Il en ressort un sentiment d'impuissance affective où notre vie (affective) semble nous échapper comme dans une chute vertigineuse où rien ne s'offre pour arrêter la chute...

... sinon l'interprétation que nous pouvons en donner en pensées et en actes. Que ce soit aimer une ou plusieurs personnes, cela ne se choisit pas. En attendre de l'exclusivité ou non, ne se choisit pas plus. Il n'y en a pas moins nombre d'injonction paradoxale en la matière que je ne me sens pas en mesure de développer.

Vouloir maîtriser les sentiments des autres est aussi vain que de vouloir maîtriser ses affects. Leur maîtrise ne s'acquiert qu'indirectement, dans l'acceptation d'une démaîtrise fondamentale des affects, soit d'une absence d'emprise directe. Mais s'agit-il encore d'une maîtrise ?

Ce qui me gêne dans ce fil, c'est une volonté de maîtrise que je suis bien en peine d'exprimer. "Qui est poly et qui ne l'est pas ?", cela me laisse le même arrière goût que : "Qu'est-ce qui est de l'amour et qu'est-ce qui ne l'est pas ?!? S'il n'aime pas que toi, ce n'est pas de l'amour ! (Ou à l'inverse.) S'il ne te laisse pas aimer qui tu veux, ce n'est pas de l'amour." Cette manière d'envisager me gêne parce qu'elle tente de figer la réalité affective alors que cette réalité me semble en mouvement perpétuelle. Ce n'est pas la réalité des sentiments qui est à mettre en cause, mais les conflits psychologique inévitables qui se produise dans chaque situation de vie. Le fait de ne pouvoir choisir ce que nous éprouvons constitue un conflit perpétuel avec soi-même que nous projetons tous et toutes par transfert dans nos relations et, à juste titre, puisqu'une part d'interprétation de nos conflits relationnels revient à l'autre. L'évolution de ce que nous éprouvons dépend en partie de ce que les autres éprouvent, ne fut-ce qu'en termes de consentement.

Ce qui m'embête finalement, ce n'est pas la définition du polyamour, mais l'usage de cette définition qui me semble sous-estimer le conflit perpétuel de la vie affective qui se présente rarement sous le jour de la résolution d'un équilibre stable.

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

#
Profil

ladys

le mercredi 10 août 2011 à 15h36

Je te retrouve donc ici RIP :)

Je ne suis pas sûre de comprendre ton raisonnement, en tout cas, la conclusion me semble basées sur des présupposés que je ne partage pas.

Aimer une ou plusieurs personnes, cela ne se choisit pas, c'est de l'ordre du sentiment, on ne choisit pas ses sentiments.

Attendre de l'exclusivité totale ou non, pour moi n'est pas de l'ordre du sentiment, mais plutôt la conséquence d'une émotion ou la manifestation d'un principe lié à une croyance.

Ce qui suit, je ne le pose pas comme vérité universelle, mais seulement comme ma propre vision, bien sûr.

A mon sens cette attente ou non de l'exclusivité découle de la présence ou l'absence d'émotions telles que la jalousie, la trahison, la peur, ou de croyances, qu'elles soient en une religion, une morale...

S'il ne me semble pas possible de choisir ses sentiments, je pense en revanche qu'on peut chercher à comprendre la base de ses émotions, de les apprivoiser ou même de les anéantire si elles sont invalidantes.
La peur de l'abandon, par exemple, la peur de la solitude, sont des émotions qui peuvent amener à faire des choix de vie dangereux (plutôt mal accompagné que seul(e) par exemple). Tenter de comprendre d'où est issue cette peur peut permettre de l'anéantir.

De même remette en cause sa foi, ses croyances est quelque chose du domaine du possible.

Donc, pour moi, partant de là, une personne qui a priori est en attente d'exclusivité, si elle accomplit un raisonnement qui lui indique que l'exclusivité n'est pas obligatoire peut parfois travailler sur ces émotions et croyances afin de tenter de concillier ce qu'elle pense juste avec les émotions et croyances liées à ce sujet.

Désolée pour mon style lourdingue, j'ai trop peur de ne pas être claire.

Est-ce, RIP ce que tu appelles les injonctions paradoxales concernant l'attente d'exclusivité?

Répondre

Chercher dans cette discussion

Autres discussions sur ce thème :


Espace membre

» Options de connexion