Avis des non-jaloux
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Ancolie
le mercredi 18 mars 2026 à 18h50
Bonjour,
J'ai lu parfois qu'il fallait accueillir la jalousie car elle pouvait nous préciser là où nous avons besoin d' être consolé.
Mais alors les non-jaloux le sont ils par simple confiance en eux? Zéro besoin de consolation ?
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Siestacorta
le mercredi 18 mars 2026 à 19h44
Ça dépend d'où on place la jalousie, aussi.
Qu'une amoureuse ait d'autres partenaires sexuels, je m'en fous un peu.
Qu'elle me quitte à cause d'une npuvelle rencontre, ça me terminera pas ; mais c'est plus de ça dont j'aurais peur. Et c'est cette peur qui me mettrait dans de l'inquiétude jalouse - alors que je sais pas si ça va arriver.
Non, j'ai pas une confiance en moi ultra-solide.
Mais elle est pas centrée sur ma qualité d'amoureux unique.
Je sais que je suis pas extraordinaire (juste unique... comme tout le monde). Et ça m'arrange pas, hein ?, mais c'est pas une révélation que la non-exclusivité me dévoilerait.
Et je sais aussi que si une amoureuse rencontre quelqu'un, et me quitte, comme je peux le craindre... Ça peut ne pas dépendre de moi du tout. Ça peut me faire souffrir sans que ce soit une question de confiance en moi, juste que c'est pas joyeux de se sentir moins aimé qu'on a pu l'être, de ne l'être presque plus après l'avoir été très fort, longtemps.
Alors je le prends comme un deuil, comme il y en a forcément à faire, plus que comme une preuve que je suis désormais moins "aimable" qu'un autre.
Il y aura donc bien besoin d'être rassuré si c'est un moment dur, ou consolé si c'est une fin.
La confiance se cultive en soi et avec l'autre dans le premier cas, mais ne sera pas anéantie dans le second, on l'a nourrira de nouveau.
Message modifié par son auteur il y a un mois.
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kill-your-idols
le jeudi 19 mars 2026 à 09h46
De mon côté, je ne ressent plus de jalousie dès que j'ai compris comment je pouvais trouver facilement de nouveaux partenaires, et les amener facilement vers une relation ouverte.
À ce point là, ce qui fait chaque partenaire est moins important. Si une personne, pour des motifs qui lui appartiennent, décide de me voir moins que d'habitude, ou de ne pas me voir du tout, je ne m'en soucie pas. Je sais que dans ce cas, je dois me mettre au travail et trouver des nouvelles personnes à faire rentrer dans mon entourage.
Et mon manque de jalousie, paradoxalement, fait que les gens ont envie d'être avec moi. Qu'une personne veuille me quitter totalement, c'est quelque chose de très rare (dans les derniers 15 ans, c'est arrivé seulement 2 fois).
Dans la plupart des cas, on arrête de se voir pour des raisons pratiques: le plus souvent c'est par manque de temps. Ou sinon c'est parce qu'un des deux a déménagé dans une autre ville.
Mais, quand on a le temps de se voir, la relation reprend telle quelle, comme si elle n'avait jamais terminé.
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Topper
le lundi 23 mars 2026 à 09h58
Bonjour @Ancolie,
Ancolie
J'ai lu parfois qu'il fallait accueillir la jalousie car elle pouvait nous préciser là où nous avons besoin d' être consolé.
Moui, bof. Je trouve ça réducteur et pas pertinent. La jalousie peut avoir plusieurs sources qui n'ont absolument rien à voir.
La jalousie peut effectivement mettre en évidence des peurs qui résultent de notre histoire, et en particulier les douleurs affectives et émotionnelles qu'on a pu avoir dans le passé, ou des peurs qu'on a cristallisées sans s'en rendre compte et qui proviennent de notre entourage ou d'oeuvres culturelles qui nous ont marquées.
Si on arrive à bien analyser et comprendre ces peurs, la jalousie peut nous aider à les désamorcer.
Toutefois, on peut ressentir de la jalousie parce que le comportement et les actions de notre partenaire sont imprévisibles, incompréhensibles, impulsives, intenses qui résulte du développement d'une nouvelle relation. Ce contexte crée de l'angoisse car cela provoque de l'incertitude sur l'avenir de notre propre relation avec la personne.
Cela peut aussi venir d'un détachement et une attention particulièrement forte voire obsessionnelle envers une autre personne, ou tout autres changements comportementaux qui peuvent alerter sur un risque d'abandon ou de négligence de la relation.
Cela peut aussi être lié à des comportements toxiques, dénigrement, "gaslighting", conflictualité, "love-bombing", alternance de "ghosting", etc.
Ces contextes de jalousie disent plus de l'autre ou de la relation que de nous-même.
Pour certaines personnes, et en particulier avec la perturbation émotionnelle que ça provoque, il est très difficile de séparer ce qui résulte de soi, de l'autre ou de la situation. C'est d'autant plus compliqué de faire ce tri quand le ou la partenaire rejette la faute de la jalousie sur soi et sur l'incapacité à gérer ses insécurités alors qu'il ou elle peut en être la cause directe.
Enfin, la jalousie est aussi une construction culturelle dans la monogamie. Elle est valorisée et considérée comme une preuve d'amour. Elle est aussi une circonstance atténuante pour justifier certaines actions. Elle est la source de mécanismes, de règles implicites et subjectives, ainsi que de réflexes de pensées dont il est difficile de se détacher.
Lorsqu'on est dans une démarche de déconstruction de la monogamie, on réalise que les piliers de ce mode relationnel sont : l'exclusivité, la possession de l'autre, et la jalousie. Tout ça est lié ensemble et régit le fonctionnement du couple monogame.
Si l'on a pas viré ces préceptes de notre façon de penser les relations, la jalousie survient comme un réflexe car c'est le fonctionnement habituel et qu'il n'est pas remis en question.
Ancolie
Mais alors les non-jaloux le sont ils par simple confiance en eux? Zéro besoin de consolation ?
Selon-moi, non. La confiance en soi aide à se projeter célibataire et se dire que ce n'est pas dramatique si cela arrive mais ce n'est pas suffisant.
Avoir confiance en soi, ne change rien au deuil de la relation si elle change radicalement ou si elle se termine. On peut donc avoir confiance en soi et être angoissé à l'idée de perdre quelqu'un qu'on aime.
Ce qui a radicalement changé les choses pour moi est le lâcher prise concernant l'impermanence des relations. Des relations naissent, durent, périclitent, se terminent. On ne peut rien y faire. C'est comme ça.
Que l'on soit dans la résistance de ce fait et angoissé en permanence par des perspectives négatives n'y changera absolument rien. Je fais mon maximum pour entretenir mes relations et qu'elles soient saines. J'essaie d'être le meilleur partenaire possible car c'est le seul truc sur lequel j'ai prise. Si une relation doit se terminer, elle se terminera. Si une personne veut me quitter, qu'elle me quitte. Je ne la retiendrai pas. Je veux que les personnes que j'aime soient heureuses même si c'est pas avec moi. Je n'ai aucune envie qu'elles se forcent à être avec moi. Je veux qu'elles soient avec moi parce qu'elles en ont très envie.
Au lieu d'angoisser sur des projections futures négatives, cette acceptation m'a permis finalement d'être concentré sur le présent et heureux d'être choisi par mes relations amoureuses.
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Aki
le mercredi 25 mars 2026 à 17h24
Je ne peux qu'être d'accord avec les propos de @Topper.
Accepter l'impermanence des relations est fondamental. Il faut accepter que les personnes qu'on aime fassent leur vie et leurs choix, cesser de vouloir tout contrôler et dédramatiser les ruptures.
Le polyamour permet de comprendre ça aussi : ce n'est pas parce qu'une personne que l'on aime a une autre relation particulière (romantico-sexuelle par exemple) avec quelqu'un-e d'autre que l'on "perd" quoi que ce soit.
En fait, qu'on soit jaloux ou pas ne change pas grand chose aux événements (à moins de séquestrer nos partenaires ou de leur interdire toute interaction). Et s'il y a des problèmes dans une relation (comme de l'ennui, un manque de communication, de tendresse, de désir, etc), ça aura des conséquences, qu'on soit exclusif ou non.