L'amour-amoureux, cette pathologie miroir
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artichaut
le lundi 26 janvier 2026 à 17h09
LeGrandStyle
Concrètement c’est quoi aimer quelqu’un pour ce qu’iel est?
Je vais tâcher de répondre, en prenant la grille de lecture des besoins, que tu propose.
Que je veuille être aimé pour qui je suis, est effectivement un besoin d'acceptation. Sans acceptation, je ne me sens pas aimé. Et inversement je n'ai pas besoin de grand'chose de+ pour me sentir aimé.
Quand j'aime une personne pour ce qu'il/elle est, je ne sais pas si ça répond à un besoin.
Il peut parfois y avoir celui d'inspiration peut-être. J'aime ce que cette personne est (avec ses 'qualités et ses 'défauts'), et elle m'inspire, ce qui nourrit mon besoin. On n'a pas besoin d'être en relation pour ça. Mais +je la connais en réel, +je vais la connaître pour ce qu'elle est vraiment (avec aussi ses 'défauts', pas juste sa surface visible au premier abord), et +je vais avoir le sentiment de l'aimer pour qui il/elle est. donc si je l'aime, je vais avoir le sentiment de l'aimer encore+. Même si certes on se sait jamais qui est totalement une personne. donc on ne peut entièrement l'aimer.
D'autre fois ça peut être un besoin d'appartenance peut-être. J'aime mes enfants, et veut leur bonheur, car iels sont 'ma' famille. Et je les aime même s'ils ne m'inspirent pas et même si avec le temps je sais de moins en moins qui iels sont.
Aimer amoureusement une personne pour ce qu'il/elle est, je ne sais pas si c'est possible (en tout cas ça me semble clairement impossible en NRE, puisqu'on ne connaît pas encore l'autre). Et au delà de la NRE, et de la période d'apprentissage à se connaître en profondeur, au delà donc, perso j'apellerais ça de l'amitié, ou de l'amour-amitié. Quand on a perdu toutes nos illusions sur l'autre, et que justement l'effet miroir tend à s'estomper.
Peut-être ça peut répondre chez moi à un besoin de clarté, de sincérité, de transparence, de connaissance (de l'autre). Je ne sais pas.
En tout cas, je sais que je peux aimer quelqu'un qui ne m'aime pas, ou aimer quelqu'un sans savoir précisément ce qu'il/elle pense de moi. Pour moi ce sont des choses différentes. Même s'il y a des ponts qui se font.
Mais bon je m'écarte de l'analyse de l'amour-amoureux qui est l'objet de ce fil…
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Alabama
le mercredi 28 janvier 2026 à 19h29
artichaut
Et au delà de la NRE, et de la période d'apprentissage à se connaître en profondeur, au delà donc, perso j'apellerais ça de l'amitié, ou de l'amour-amitié. Quand on a perdu toutes nos illusions sur l'autre, et que justement l'effet miroir tend à s'estomper.
Le point sur lequel je te rejoins, c'est que je ne crois pas qu'un amour-amoureux sans amitié soit tout à fait de l'amour au sens où tu le décris (aimer l'autre pour qui iel est). Mais je pense qu'amour-amitié et amour-amoureux peuvent co-exister. J'en ai encore eu la preuve aujourd'hui même : on passe une phase un peu difficile avec mon amoureux, mais pleine d'amour, qui va reconfigurer notre relation, et notamment qu'il prenne plus de temps pour lui-même, apprendre à s'aimer lui pour rejoindre un peu un des sujets que tu as lancés. Eh bien tout était dans la tambouille : la compersion (je suis vraiment heureuse pour lui qu'il se découvre, qu'il prenne du temps pour lui et que ça lui fasse du bien), l'amitié (j'ai beaucoup apprécié la discussion qu'on a eue sur le sujet, la complicité) et l'amour-amoureux (j'avais des étoiles dans les yeux, je l'ai trouvé magnifique et je me sentais très amoureuse alors même qu'on était en train de se dire qu'on allait sans doute moins se voir).
Je pense qu'il y a le sentiment amoureux, et il y a l'anxiété amoureuse, et ce sont deux choses différentes. Pendant la NRE, je pense que à la limite, c'est un moment où on est capable de voir à quel point l'autre est merveilleux·se dans son humanité, parce que c'est vrai, on est toustes merveilleux·ses. Mais qu'ensuite, nos blessures, nos difficultés nous rattrapent. En gros je suis en train de dire que le vrai amour, c'est pendant la NRE finalement. Mais le problème dans la NRE, c'est qu'il y a aussi, mélangé à ce sentiment amoureux, l'anxiété amoureuse, l'idéalisation, la pathologie-miroir pour reprendre ton terme. Je dirais que dire que la NRE c'est uniquement de l'amour serait faux, mais que dire que c'est uniquement de l'idéalisation, c'est faux aussi. Enfin je sais pas, ça me vient là comme ça...
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artichaut
le mercredi 28 janvier 2026 à 20h51
Alabama
Je pense qu'il y a le sentiment amoureux, et il y a l'anxiété amoureuse, et ce sont deux choses différentes. Pendant la NRE, je pense que à la limite, c'est un moment où on est capable de voir à quel point l'autre est merveilleux·se dans son humanité, parce que c'est vrai, on est toustes merveilleux·ses. Mais qu'ensuite, nos blessures, nos difficultés nous rattrapent. En gros je suis en train de dire que le vrai amour, c'est pendant la NRE finalement. Mais le problème dans la NRE, c'est qu'il y a aussi, mélangé à ce sentiment amoureux, l'anxiété amoureuse, l'idéalisation, la pathologie-miroir pour reprendre ton terme. Je dirais que dire que la NRE c'est uniquement de l'amour serait faux, mais que dire que c'est uniquement de l'idéalisation, c'est faux aussi. Enfin je sais pas, ça me vient là comme ça...
Ah tiens…
ça me fait réfléchir
j'aurais eu tendance à penser que l'anxiété amoureuse venait +tard, post NRE, ou post-euphorie_des_débuts en tout cas.
que l'euhorie endiguait l'anxiété, et nous faisait prendre des vessies pour des lanternes.
et qu'une fois qu'on se rend compte qu'on a affaire à des vessies (a foriori en logique miroir : je me suis identifié à une vessie, donc je suis une vessie moi-même) l'anxiété revient.
mais sans doute t'as raison : l'anxiété est peut-être momentanément en sourdine, mais elle n'en est pas moins là. (et inversement une relation qui s'installe peut calmer l'anxiété propre aux débuts)
et il est vrai aussi que ça dépend comment se déroule ladite NRE.
euphorie et anxiété peuvent co-exister.
(de même que compersion et jalousie).