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Un vrai cauchemar

Romantisme
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Aiemama

le lundi 10 juin 2019 à 15h06

Voilà ce que je m'impose en ce moment. Je nourrie des sentiments amoureux pour quelqu'un avec qui je ne pourrais jamais rien construire et depuis quelques temps je ne suis plus que l'ombre de moi-même. Cet état de déprime n'est sans doute que passager mais en attendant j'ai le sentiment de n'être qu'un zombie, un cancer du monde, un pantin des mes affects!!!

J'ai parfaitement conscience que je me fais du mal pour rien et pourtant je continue à m'obstiner dans cette voix. Je me complets dans cet état amoureux comme une toxico de l'amour, comme si j'avais besoin d'être "shootée" en permanence.
En même temps je me déteste, je me trouve pathétique, naïve, ridicule.

Et puis je me sens dans une position de faiblesse insoutenable. Trois ans, trois ans que j'attends cet amour que ne vient pas. Cet amour là je l'ai à l'intérieur de moi sans doute, en attendant je ne peux pas m'embrasser, me caresser, me toucher toute seule… (quoique…, smiley qui rougit)
Je suis dans le flou le plus total. C'est le vrai tsunami affectif dans mon cœur. Quand j'arrive à prendre un peu de recul je me dis "mais non cette fille ce n'est pas toi", vulnérable, en attente d'une réciprocité qui ne viendra jamais. Je suis comme un chien qui attend son maitre.
Je n'en peux plus de ce silence. Je n'arrête pas de me repasser le film des trois, quatre baisers que nous avons échangé cette année.

Ce n'est pas moi cette fille-là. Moi qui je suis quelqu'un qui aime rire tout le temps, danser, me sentir bien avec les gens que j'aime. Je ne suis pas cet espèce de fantôme, de morte vivante qui n'en finit pas d'errer, d'errer sans fin dans les méandres de la dépendance affective.

En relation mono depuis 20 ans, j'ai eu à peu près 6 relations en dehors de mon couple depuis que nous en avons parlé avec mon conjoint et à chaque fois ça finit mal. Je n'arrive pas à tisser des liens qui m'épanouissent et qui me rendent heureuse. Je me sens tellement frustrée, faible, en manque de ce nouvel amour. C'est comme s'il y avait deux femmes en moi, une amoureuse transie qui va crever de chagrin et une autre qui se regarde et se rend compte du côté masochiste et malsain de la chose. Comment devenir raisonnable? La passion est en train de me ronger, de me dévorer littéralement… et ce n'est pas la 1ère fois… Je rejoue la même scène à l'infini et à la fin ça finit pas me rendre amère, aigrie, je finis pas détester l'objet d'amour. Comme si ca marchait comme ça : je t'aime alors tu dois m'aimer, sinon ça va me bousiller.

Lui avouer mes sentiments pour lui je n'y pense même pas, je ressens déjà l'effet de la claque dans la figure au moment où il me dira que ne n'est pas possible ou que ce n'est pas réciproque. Ca fait mal, trop mal à chaque fois. Je voudrais crier, pleurer mais ça ne sort pas.

Je ne peux rien lui dire, ce serait m'incliner et je ne le veux pas. Je n'ai plus le courage de rien… je pensais que simplement le fait qu'il me laisse lui faire l'amour pourrait me suffire mais quelle imbécile j'étais de croire cela, comme s'il ne s'agissait que d'une simple histoire de sexe. Enfin comment le saurais-je en même temps? Nous n'avons jamais fait l'amour. Je ne sais même pas ce qu'il pense vraiment. Je suis tellement fière que je préfère garder le silence plutôt que d'essuyer un refus.

Je l'aime et le déteste à la fois. Il a sa vie (bientôt papa une 2ème fois) moi j'ai la mienne (un conjoint qui me demande de garder le silence).
Un amour sain, heureux doit vous faire grandir, vous élever et en ce moment c'est un cauchemar sans nom.

Ecrire tout cela est complètement thérapeutique pour moi, vous pouvez répondre si le cœur vous en dit, je lance une bouteille à la mer comme il est d'usage de le faire ici. Puissent vos pensées, votre bienveillance et votre énergie me sortir de ce mauvais pas. Aide toi et le ciel t'aidera disait l'autre. Je ne demande que ça, je vais y arriver, j'y suis presque…

Merci de m'avoir lu.

Message modifié par son auteur il y a 9 jours.

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bonheur

le lundi 10 juin 2019 à 16h18

Chère Aiemama,

Tes tourments, je les ai déjà ressentis... avec plus de lucidité peut-être. Par contre avec autant d'injustice liée. Oui, un amour sain, heureux doit nous faire grandir, nous élever. Ce que tu vis est un amour non partagé et même s'il l'était, si je comprend bien, celui-ci serait libéré mais en cage tout de même.

Je dis généralement, dans un tel cas, que je lance un boomerang qui reviendra me frapper régulièrement en pleine poire, avant de continuer sa course. Le pire, c'est qu'il ne prévient pas, le boomerang. Bim ! Un bon coup et puis s'en va... jusqu'au prochain bim !

Ce boomerang, je ne l'anticipe toujours pas, mais j'en connais désormais les effets et ceux-ci font partie intégrante de ma vie... avec toute l'injustice liée, comme toujours.

Evidemment que tu vas y arriver :-) (+) Crois en toi !!!

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Intermittent (invité)

le lundi 10 juin 2019 à 18h21

"moi j'ai la mienne (un conjoint qui me demande de garder le silence)."

Hmmm, il a bon dos le conjoint.

Déjà il accepte, tu ne voudrais pas en plus qu'il passe son temps à écouter tes peines de cœur.
Il est polyamoureux pratiquant, lui ?

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bonheur

le lundi 10 juin 2019 à 19h22

Ah ??? J'avais compris que son conjoint ne désirais pas que ça "s'ébruite". Mais j'ai peut être tort.

Intermittent
Déjà il accepte, tu ne voudrais pas en plus qu'il passe son temps à écouter tes peines de cœur.

Heu ! Là j'ai des difficultés. Ou alors, j'interprète mal cette phrase.

Aimer et vivre avec une poly (affective ou avec sexualité) ne consiste pas à marquer le plus profond désintérêt pour les états d'âmes de l'autre. Comme je l'ai souvent dit ici, mon chéri de vie est mon meilleur parachute et toujours très présent quand je suis malheureuse en amour, également si ma peine ne concerne pas le couple que nous formons quotidiennement.

Vivre ensemble, c'est s'épauler quelque soit le motif ! Sinon, autant vivre seul :-/

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Aiemama

le lundi 10 juin 2019 à 21h34

Merci, bonheur pour ta réponse. Peux-tu m’en dire plus quant à ta lucidité sur ces états d’âme?

Message modifié par son auteur il y a 9 jours.

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bovary3

le mardi 11 juin 2019 à 07h12

Hello Aiemama
Je réfléchis depuis un moment à ton appel au secours qui m’a touché, parce que j’ai vécu il y a longtemps dans une situation paradoxale comme la tienne, je dis « paradoxale » parce qu’il semble qu’il n’existe aucune solution, que j’ai une amie très chère qui s’est trouvée récemment dans la même souffrance, et aussi parce que je me sens concerné par les malheurs des femmes, à cause de mon histoire personnelle.

Il me semble que tu te sens prise en tenaille torturante entre cet amour si violent et l’impossibilité de le révéler, et que tu te sens aussi comme "partagée en deux personnes", une qui a envie de vivre, rire, danser, et une autre qui est attachée indissolublement à une relation mortifère ; ai-je bien traduit ce que tu exprimes ? Dans ce cas, le but de l’échange serait-il de pouvoir te détacher de la "seconde personne" qui est en toi, celle qui est dans la douleur ?...afin de retrouver ton intégrité.

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bonheur

le mardi 11 juin 2019 à 08h43

Aiemama
Peux-tu m’en dire plus quant à ta lucidité sur ces états d’âme?

J'entends par là être en adéquation, en affirmation et dans la reconnaissance de ceux-ci. Tu as tendance à vouloir qu'ils disparaissent (pas le temps ce matin de retrouver les passages). Or, moi, c'est le contraire que je fais. J'accepte tous mes états d'âmes qui ont lieu d'être. Ensuite, je les exprime, les fait sortir. Tu écris ici comme si tu étais dans un état anormal. Tout ce que tu ressens EST NORMAL. Pourquoi accueillir la joie et pas la tristesse, ou la nostalgie.

Ensuite il y a le concret. Que faire vis-à-vis de cette personne ? Je ne donne pas de réponse, il n'y en a pas. Laisse vivre ta vie mais pas dans le "oubli". On emploie souvent l'expression "tourner la page"... et je crois qu'on l'interprète mal. Ce n'est pas parce que l'on tourne un page que celle-ci s'efface. Elle existe toujours et fera partie intégrante de notre vie (intérieure en tout cas).

Tout ce que tu vis est précieux, ne serait-ce parce que c'est ce que l'on vit aujourd'hui, qui fera en partie de nous ce que l'on sera plus tard.

Egalement, si ça persiste dans le temps, c'est qu'il faut travailler dessus, que ça ne s'évacuera pas à l'aide d'un petit tour de passe-passe.

Et puis, ce côté répétitif, qu'en retires-tu ? Quelle est ta part dans ces répétitions ?

Un livre difficile à lire, car il chamboule, donc à toi de décider :
"la rupture pour vivre" de Simone BARBARA.

Egalement :
"Le psy de poche - nous disposons tous des ressources nécessaires pour donner un sens à notre existence" de Susanna Mc MAHON
"Gérer ses émotions - des réactions indispensables" de Olivier NUNGE et Simone MORTERA

Ta situation dure depuis trop longtemps : regarde là en face, sans voile

Bovary3
Dans ce cas, le but de l’échange serait-il de pouvoir te détacher de la "seconde personne" qui est en toi, celle qui est dans la douleur ?...afin de retrouver ton intégrité.

L'analyse est bonne, mais se détacher de la seconde personne, parfois ce n'est pas la solution. Je suppose que Aiemama a déjà essayé. J'aurai plutôt tendance à dire "réconcilie" tes deux personnes. Fait que celle qui va bien, puisqu'elle va bien, console celle qui souffre. Epaule toi !

Nous sommes tous différents et ce côté de dénier la douleur ne convient pas à tout le monde. Tourner la page version la faire disparaitre non plus. Parfois, le lâcher prise consiste au contraire à faire face. Moi je suis ainsi en tout cas.

Donc Aiemama, te voilà à te reconnaitre dans ce qui te conviendra, puisque plusieurs propos te sont proposés. Lequel fait écho en toi ?

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Aiemama

le mardi 11 juin 2019 à 09h24

Merci Bonheur et Bovary3 pour vos paroles réconfortantes. Je suis heureuse malgré tout de pouvoir échanger av de belles âmes comme les vôtres...
Aujourd’hui les larmes arrivent à sortir c’est déjà un premier pas, j’espère que ce flot de larmes sera salvateur!!!
Oui, je suis d’un naturel très vivant, enjouée, j’aime rire et faire rire, être heureuse et sentir que les autres le sont autour de moi. Je dois apprivoiser ce clown triste qui m’habite en ce moment. Me dire que rien n’est jamais figé, que tout change tout le temps, l’inconstance des choses.
Concernant ce livre de Simone Barbara «  la rupture pour vivre », est-ce que tu penses qu’une rupture av mon partenaire de 20 ans semble inévitable, parce que j’en ai pas du tout envie. Par contre serait ok pour le lire quand j’irai mieux.

Bovary3 de quelle relation mortifère parles-tu? Celle que j’ai av mon conjoint ou celle avec cet amour impossible ?
C’ Vrai qu’on ne s’embrasse plus av mon conjoint mais notre relation est loin d’etre Mortifère. C’est certainement là-dessus que je dois travailler mais c’est tellement compliqué: routine, conflits, monotonie, dégoût de l’autre, du quotidien et pourtant je l’aime...

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bovary3

le mardi 11 juin 2019 à 13h52

coucou Aiemama,
d'abord je dois rendre justice à bonheur, je me suis laissé emporter par mon enthousiasme en te conseillant de te détacher de cette seconde personne triste qui est en toi, ça n'a même aucun sens, et bonheur a bien raison de te conseiller de faire se réconcilier les deux personnes qui sont en toi...D'ailleurs c’est ce que tu as commencé à faire en laissant couler tes larmes, c'est certainement un premier pas !
Quand je parlais de relation mortifère, je voulais dire cet amour impossible, qui te rend si malheureuse, mais puisque tu as entendu la relation avec ton partenaire de 20 ans,c'est qu'il y a certainement quelque chose à travailler avec ton conjoint, qui t'aime autant que tu l'aimes, mais avec qui il y a probablement un contentieux non formulé, des conflits non résolus, comme tu le dis, qui empêchent vos corps de se rapprocher, pour vous embrasser par exemple.

Comment arriver à se parler en vérité, en respectant la tienne et celle de ton conjoint?... je sais que c'est souvent difficile. Avez vous essayé de vous exprimer en "communication non violente",, ce que j'ai découvert à la fin de ma carrière. J'explique brièvement: au lieu de faire des reproches à l'Autre, dire sans amertume "ce dont j'ai besoin...ce qui me fait souffrir ..."Mais peut-être que tu connais déjà ce mode d'expression?

Quand à interpréter la rupture dont te parlait bonheur, c'est à elle de t'expliquer ce qu’elle entend par là.

Je crois que tu as les capacités en toi de résoudre ce cruel problème, de bâtir ta propre solution, courage,tu n'es pas seule!

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bonheur

le mardi 11 juin 2019 à 15h38

Aiemama
Cet amour là je l'ai à l'intérieur de moi sans doute,...

Je vais m'exprimer, concernant la rupture que je te conseille, à partir de ce bout de phrase.

Tu aimes et moi je n'en n'ai aucun doute, sinon tu ne serais pas dans cet état. Donc, partons que oui, cet amour est bien en toi. Tu dois considérer rompre avec cet amour. Ne pas le vivre te ronge. En d'autres circonstances, je dirais, pourquoi n'arrives tu pas à le vivre ? Mais cela fait longtemps maintenant et en plus tu parles d'une forme de cercle vicieux.
Rompre avec cette partie de toi qui est amoureuse... enfin rompre avec l'idée d'un avenir de cet amour.
Enfin, c'est la seule solution pour moi. Je conserve les beaux instants et la mémoire des sourires, des regards, des moments marquants. Par contre, je m'éloigne de la personne et je romps intérieurement cette espérance idéalisée. Je sais où se place le curseur de la réalité, pas celle que je désire, mais celle qui existe. La lucidité consiste à reconnaitre les leurres.
Attention, je ne dis pas qu'il ne faut pas continuer à laisser divaguer tes pensées dans un monde imaginaire. Si c'est le cas, ne te prive pas, même si tu dois comprendre que ce n'est qu'une réalité alternative non viable.
Surtout, comme je suis une bisounours, je ne diabolise pas l'autre car je désire en garder un portrait magnifique, celui qui m'a rendu heureuse dans mes découvertes. Cet élan provoqué par ces instants :-) .
Je garde le beau, le valorise (éventuellement l'amplifie, si ça fait du bien (+) ), et conserve dans un petit coin de ma mémoire les raisons de l'impossibilité ou de l'incompatibilité. Je garde au fond l'intégralité de l'expérience pour son apport et tout est bon en soi, l'heureux comme le malheureux.

Donc, non, je ne dis pas de rompre avec ton chéri de vie, mais avec cet amour non viable. Une rupture peut-être aussi avec toi-même.

Ne considère pas une rupture comme un méfait, c'est au contraire bénéfique et nécessaire à la recomposition de ton nouvel équilibre.

Fait preuve de CNV envers toi-même, dans ta démarche cognitive. La nostalgie s'intègre parfaitement dans cette démarche.

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Aiemama

le mardi 11 juin 2019 à 21h00

Toutes ces paroles me font du bien !!! Merci Bonheur, merci Bovary3
Je vais creuser quant à la CNV, car c’est assez nouveau pour moi.
Je vous embrasse.

Message modifié par son auteur il y a 8 jours.

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