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Quatre ans après son coming out polyamoureux…

Témoignage
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AnaBu

le mardi 23 novembre 2021 à 16h39

Je souhaite apporter ici mon témoignage et mon soutien à toutes les personnes pour qui le poly-amour est arrivé dans leurs vies comme un char d’assaut prêt à tout écraser et bouleversé leur vie.

Avant de vous parler de ma vie et de mon expérience avec le poly-amour, je vais vous faire une rapide présentation. J’ai 32 ans, mon compagnon 34 et nous avons 3 enfants: une paire de jumeaux de 6 ans et une petite-fille de 3 ans, le poly-amour étant entré dans ma vie il y a 4 ans, je vous laisse calculer.28, 26, 2-2 et grossesse :) .

Initialement, à notre mise en couple quand je n’étais encore qu’une étudiante, nous étions mono exclusif et le poly-amour je n’en avais jamais entendu parler et mon homme non plus, nous sommes ensemble depuis 10 ans maintenant et avons traversé quelques épreuves avant l’arrivée du PolyA, nous étions chacun la première relation longue de l’autre et rester ensemble toute notre vie ne faisait aucun doute pour nous. En matière d’évolution, nous avons rapidement eu emploi, maison et enfant avec un mariage de prévu puis… un adultère est arrivé de sa part.

Passif relationnel:

En fait, une fois que nous avions eu tout ce dont nous voulions (maison et enfant), il avait commencé à changer, je le voyais triste, stressé et je n’arrivais pas à comprendre pourquoi. Il avait besoin de “rencontrer” des gens, il faut avouer que nous étions/sommes très casaniers et avons peu d’amis. Et c’est en renouant des contacts que c’est arrivé, pendant 10 mois il a entretenu une relation adultère dans mon dos avec une ancienne amie à lui de l’université. Je suis tombé de haut, très haut, mon sang n’a fait qu’un tour et j’étais prête à me séparer de lui, de la maison et de faire la guerre pour avoir la garde exclusive de nos enfants. Mais ça c’était sur le coup. Nous nous sommes séparés, je suis allé vivre chez mes parents avec les enfants. Cela à durer des semaines, je me suis beaucoup concentré sur moi à ce moment-là et en fait… j’ai réalisé que depuis le début de ma grossesse je me suis beaucoup concentré sur moi, mon rôle de mère et sur moi, femme, j’avais totalement négligé mon couple. Je me souviens que j’ai des souvenirs où il me parlait mais où j'étais ailleurs. Nous avons beaucoup discuté à froid pendant cette séparation, je n’avais pas vu son mal être ou pas voulu le voir, je me disais que j’étais prête pourtant à parler de tout avec lui et de tout entendre alors qu’en fait je me voilais la face, je croyais sincèrement être cette femme dont j’idéalisais mais dans les faits je me rendais compte que j’en étais loin.

Mon compagnon culpabilisait, il était resté doux et tendre, pas mielleux, il n’espérait pas que je change d’avis, il était totalement dans l’acceptation sans s’en réjouir alors que généralement il a plutôt du caractère alors même que je lui chantais des noms d’oiseaux. En vérité, j’ai eu honte, honte d’avoir échoué lamentablement dans mon couple, car ce que je lui reprochais au final ce n’est pas de m’avoir trompé, mais menti. Alors qu’en fait… j’en étais tout aussi responsable que lui. Dans un couple, quand l’un faute, l’erreur commise vient des deux. Je n’avais pas vu la dépression s’installer en lui, ni sa détresse, il avait été au bord du suicide et en l’absence d’une vie de couple, la seule chose qui l’avait fait tenir était nos enfants. Nous nous sommes remis ensemble, nous avons été suivis chacun de nos côtés par des psys et avons fait une thérapie conjugale.. Nous avons dessiné ensemble une nouvelle feuille de route pour nos projets futurs et après beaucoup de temps, de dialogues, de discussion et de remise en question nous formions de nouveau un couple, une famille et pour un temps je me retrouvais femme aussi, enfin, jusqu’à ma deuxième grossesse.

Le prologue:

Et là… pas d'adultère mais beaucoup de questions, de dialogue… avec sa maladresse… Mon chéri n’est pas un champion de la communication si vous voulez, il est très ouvert mais très compliqué à déchiffrer parfois et il s’est mis à me parler poly-amour comme ça. Je le concevais… mais pas moi, pas chez moi, chez les autres s’ils veulent mais moi non… je le voulais lui, je voulais notre vie, nos projets, je voulais les choses… Telles que MOI je les concevais. Et alors que lui me parler de comment il voyait le futur selon lui… je lui en voulais… alors que je ne lui avais pas dit comment je voyais les choses… Il me parlait. Au début, ce n’était que des questions qu’il se posait et dont on discutait et j’étais terrifiée… et lui aussi, mais encore une fois je ne le voyais pas. En fait… dès que quelque chose venait me heurter dans ma conception des choses… je disais non, comme mes enfants à la moindre contrariété.

Alors que de son côté mon homme semblait avoir gagné en sagesse et en sérénité et qu’il me parlait de nous ouvrir possiblement… je plantais ma tête dans le sable comme une autruche. J’avais des séances chez mon psy pour travailler sur moi et la confiance n'est toujours pas réglée et je lui en ai parlé… Je me sentais tellement seule au milieu de tout ça, et elle fut d’un grand secours.
J’avais bien vu mon chéri triste et résigné quand je coupais court à la discussion sur le PolyA, après quelque temps l’est même surpris à pleurer dans un coin tout seul à un moment… J’ai même cru qu’il m’avait encore trompé et que sa maîtresse l'avait brisé tellement cette situation me faisait écho mais ce n'était pas ça. Je ne l’avais jamais vu dans cet état… ça m'a profondément secouée, il m’a dit qu’il ne se sentait pas capable de vivre une vie exclusive et qu’il m’aimait pourtant et qu’il n’envisageait pas la vie sans moi. Et moi, je ne voulais une vie qu’avec lui. On c’est posé, et c’est à partir de ce moment que j’ai commencé à envisager le polyA.

Je rappelle tout de même les circonstances: prêt à rembourser, deux enfants à charge et 1 grossesse en cours. Autant vous dire que je me sentais prisonnière de cette situation. D’ailleurs lui, ne voulait pas m’en parler avant quelque temps après l’accouchement et c’est moi qui en fait lui ai tiré les vers du nez… et je parlais que de séparation… refusant catégoriquement le changement comme quelques choses de malfaisant… bon j’avais des choses à régler à ce moment là, mon pére s’étant tiré avec une autre femme sans donné de nouvelle quand j’étais enfant.

Mon acceptation:

Il a commencé à se détendre quand je lui ai dit que j’acceptais mais à mes conditions. Je me sentais prête pour rien, je n’arrivais pas à concevoir qu’une autre femme puisse l’embrasser, le toucher ou qu’il couche avec une autre, je n’arrivais pas à concevoir comment on pourrait lier notre vie de famille, de couple et “public” vis-à-vis de nos familles. Lui était d’accord pour me partager sans limite et il m'encourageait même… mais pour moi c’était inenvisageable, je ne pouvais aimer personne d’autre que LUI, c’était LUI et personne d’autre en même temps. J’ai dû lui dire d’arrêter et que cela n’arrivera pas: un conseil, oubliez toutes vos certitudes, vous pouvez changer et surtout être maître de vos changements pas seulement les subirs.
Je voulais attendre la naissance et même un peu après avant d’aller “plus loin” et au final je ne faisais que de me torturer. Je ne lui faisais pas assez confiance pour tout, ainsi je ne voulais pas non plus qu’il rencontre des personnes dans des endroits où il pourrait croiser du monde que je connais, sans m’en rendre compte je limitais au maximum ses chances de rencontrer quelqu’un qui puisse le comprendre, et en même temps je détruisais sa confiance en lui, en lui disant que si ça se trouve il ne trouvera personne etc… sous couvert que j’avais peur qu’il en soit triste. Je voulais aussi que cela soit une seule autre personne… je ne veux pas qu’il ait 50 relations etc. En fait, je projetais mes peurs sur lui et cela le frustré au plus haut point. Mais il acceptait, au fond de moi j’espérais qu’il se prenne un râteau ou autres et qu’il me revienne.

C’est dans cet état d’esprit que je lui ai dit ok pour rencontrer des gens, je lui ai dit qu’il devait passer pas une appli de rencontre (okcupid) et qu’il devait tout me raconter. Et c’était comme si un poids s'était enlevé de ses épaules… À partir de ce moment-là… je me suis vraiment sentie aimée comme à nos débuts, en matière de temps, d’écoutes, de bisous et câlins… comme si nous débutons une nouvelle relation et qu’il me redécouvrait. J’avais honte, vraiment, d’accepter mais d’espérer qu’il se foire, il avait l’air tellement heureux, et c’était moi qui étais à l'origine de ça, c’est moi qui ai accepté qu’il puisse exprimer ce qu’il est et je me suis sentie mal, j’avais le sentiment de le discriminé: “j’accepte que tu sois poly-amoureux mais je n’accepte pas que tu puisses l'exprimer avec moi” j’avais lu que c’était comme dire “j’accepte que tu sois homo mon fils mais tu dois te marier avec une femme”.

Il n’a pas sauté sur l’occasion directement, il a créé son compte quelque temps plus tard et a eu son premier rendez-vous assez rapidement en fait, il me racontait tout, il a été très honnête et respectueux, et à même décaler le rendez-vous pour me rassurer sur le fait que je passe avant tout. Les consignes: un café, Max 3 h, pas de baiser ou +. Quand il est rentré… on s'est câliné longtemps et on en a discuté. Au début je ne voulais pas en entendre parler puis je lui ai demandé des détails. J’en avais besoin en fait, sans m’en rendre compte. Ils se sont revus plusieurs fois, balade etc… Je disais à mes proches qu’il voyait une copine et quand il m’a annoncé qu’ils étaient officiellement en couple en fait… Cela m’a paru être l’ordre naturel des choses. Ils ne s'affichent pas à partir de ce moment, je disais à mes proches qu’il était parti faire une balade ou autres. J’ai concédé pareil pour les enfants, je ne souhaitais pas spécialement leur cacher mais étant donné qu’ils répètent tout, c’est compliqué.

Mon ouverture:

Avant même d'accepter cette ouverture, je ne voulais pas voir ou entendre parler de sa/ses relations polyamoureuses, je n’envisageais aucun contact avec mes metamours, et à la maison, à chaque fois qu’il était sur le téléphone, je me disais “il lui parle encore, il ne décroche pas”. Alors que même avant cette ouverture on passait beaucoup de temps dessus et qu’au final, non il n’est pas toujours à lui envoyer des messages, je n’arrivais pas à concevoir qu’il puisse écrire “Je t’aime” à quelqu’un d’autre à moins de 3 mètres de moi. Puis un jour je lui ai dit de m’en parler plus, qu’il me dise ce qu’ils se disent. Ce fut, l’initiation au contact, au final ils discutaient de tout et de rien, se charrie etc… en fait j’avais peur que ça ne parle que de cul ou d’amour et en fait non… Je me suis mise à “l'apprécier” comme ça. En fait, j’ai constaté que la garder à distance de moi, c’était lui donner un rôle qu’elle n’a pas, celui d’une ennemie venue me prendre mon chéri, alors que c’est moi qui lui avais donné ce rôle et qui la voyais comme ça et c’était loin de la réalité, elle, voulait bien me rencontrer. Au final, j’ai accepté d'échanger avec elle, cela l’a immédiatement humanisé à mes yeux, elle n’était plus le monstre que je m’étais imaginée, c’était une personne comme tout le monde, avec ses doutes, ses craintes et ses faiblesses qui vivaient dans la crainte qu’un jour je dise “stop” à mon chéri et qu’il la rejette, pourtant elle avait d’autres amoureux.

Finalement, nous aimons tous deux la même personne, et j’ai réalisé, que c’était normal que d'autres personnes pouvaient l'aimer. Mais j’ai mis du temps à le comprendre, car moi… j’ai toujours eu peur qu’on ne m’aime pas. J’ai fini par m’inscrire aussi sur okc, initialement pour rencontrer des gens avec qui discuté poly-amour. Cela m’a bien aidé, et j’avais mon chéri comme sécurité, il était très prévenant et même inquiet que je fasse ses rencontres, évidement en tant que femme j’étais très demandée et celà m’a fait me sentir désirable, cela m’a aidé à gagner en confiance. Certains se sont pas très bien passé, mais je me suis lié d’amitié avec une autre femme dans ma situation et cette relation m’a vraiment apaisée, je me suis sentie comprise et je pouvais librement parler de mes doutes et craintes, elle avait une dizaine d’années d’expérience dans le poly-amour à ce moment, là. Et c’est cette relation rassurante et bienveillante qui m'a fait venir témoigner ici.

La situation actuelle:

Toujours ensemble… et pour le meilleur et pour le pire ! (nous nous sommes mariés l’année dernière), nous avons trouvé un équilibre, j’ai une relation autre que lui et lui en a 2 autres, dont une à distance. J’ai même envie que mon chéri côtoie la mienne pour voir s’il y a moyen qu’ils se trouvent quelques sentiments pour pouvoir vivre une relation à 3 plus intense.
Nous veillons toujours à ce que les enfants et nos familles ne soient pas au courant, ce qui nous rapproche aussi beaucoup, c’est notre secret. Bien que, si les enfants nous interrogent, nous leur répondrons honnêtement. De plus, je pensais que cela allait être difficile de lier toutes ces relations et ma vie de famille mais en fait non.

Comment je l’ai vécu + ce que j’en pense avec le recul:

Le plus compliqué pour moi a été le début, j’ai eu l’impression de me prendre coup de massue par coup de massue: “je t’ai trompé, on se quitte”, “je suis poly-amoureux”, “je n’arrive plus à vivre de manière exclusive”.
Il m’a fallu du temps pour digérer cela, et beaucoup de recherches et documentation, pas que des témoignages, mais des avis de sociologues et de psychologues. J’en ai fini par détester la société, ce n'est pas la faute de mon chéri de vouloir mener cette vie. Mais si la société était différente et pas autocentrée sur la monogamie exclusive, je pense que nous nous serions pas mis ensemble si pendant la fin de nos études on avait su dire qu’il y avait autre chose que l’idéal du couple “parfait”.

Le plus compliqué aussi fut de déconstruire ce sentiment d’insécurité que j’avais, je me faisais une idée de la relation idéale selon moi et m'enfermait toute seule dedans. En fait, je réalise que je me retrouvais face à mes peurs, des peurs que j’avais toujours fui plutôt que d’y faire face. La “moi” de l’époque à préférer faire la feignasse et ne pas s’y confronter en tentant de vivre loin d’elles. Aujourd’hui je réalise que j’ai vraiment été fainéante et qu’elles m’auraient poursuivie toute ma vie si je n’avais pas fait le choix d’y faire face. Ce fut la meilleure thérapie que j’ai pu avoir.

Cela m’a aussi mis face à des idées reçues telles que j’étais douée dans la communication avec mon chéri, en fait je le suis dans mon travail mais cela m'a fait réaliser que dans mon couple, j’étais une vraie nulle en fait. J’ai dû aussi travailler ma confiance en moi, mais aussi en lui. Je me mettais en position d’attente lui disant que tant qu'il ne faisait rien pour que je lui fasse confiance je n’autoriserais pas l’ouverture de notre relation. En fait, c’était une mauvaise décision de ma part, déjà car je l’ai fait pour de mauvaises raisons: pour gagner du temps, que malgré ce que je pensais, ce temps-là ne m’a servies à rien… je croyais que cela allait me permettre de me sentir prête, mais au final… je ne pense pas qu’on puisse l’être assez.
Ce n'est pas dans la vie de tous les jours que j’avais besoin de lui faire confiance, mais dans ma relation avec lui alors qu’il en a d'autres et ça, cela ne peut se faire que pendant la réalisation de toutes ses relations, tant qu’on était que 2 cela ne servait à rien.

je ne néglige pas les périodes où rien ne bouge ou évolue dans la progression, seulement, il ne faut pas confondre "digéré" ce qu’on ressent et attendre en redoutant, cela n’a rien à voir. Si vous êtes en attente, à part vous faire souffrir inutilement vous et votre partenaire vous ne ferez pas grand-chose. Pour arrêter de vivre dans la peur, il faut se lancer et plus vite vous vous lancerez, plus vite vous ferez face à vos peurs et plus vite vous les surmonterez, et vous pouvez le faire. N’attendez pas de votre partenaire qu’il vous offre des choses qui ne dépendent que de vous, soyez maître de vos choix, pas dépendant de ces derniers.

J’ai longtemps cru que le “poly-amour” ce n’était pas moi, cela n’était pas qui j’étais et en fait c’est juste une façon de vivre et ce choix de vie à eux de nombreuses vertus pour moi de manière personnelle même si c’était inattendu. Dans ma tête et mon coeur je me sens bien. Je n’ai plus ce sentiment d’insécurité. Je rappelle qu’en plus de mon conjoint, j’étais suivi par un psy qui me faisait poser les bonnes questions et qu’au final mon cheminement à fait que j’ai fait beaucoup de travail toute seule.

Nos projets de vie n’ont pas changé et nous nous épanouissons. Mon chéri a été très patient (et impatient) dans ma progression et a subi de nombreuses frustrations qui au final se sont avérées injustifiées. Si cela était à refaire, j’aurais ouvert bien avant mon accouchement, je pense que nos liens auraient été encore bien plus fort grâce à ça. Et j’aurais eu un aperçu pré bébé de ce que cela aurait donné, car à la naissance, mon chéri est resté très famille et l’est encore aujourd’hui.

À beaucoup de moment, mon chéri n’arrivait pas à me rassurer et cela aussi cela venait de moi, on a beaucoup discuté séparation surtout au début et il aurait pu faire le choix de se barrer et de vivre à fond comme il l’entendait sa vision du poly-amour, alors qu’il est resté. Avec le temps j’ai compris qu’il pouvait difficilement m’offrir de raison plus rassurante que celle-ci. Il aurait pu aussi me mentir et vivre d’autres adultères mais ne l’a pas fait, j’ai réalisé tardivement, que s’ils me disaient tout ça, ce n’est pas qu’il ne me prenait pas en compte, mais au contraire parce qu’il voulait de moi dans sa vie de poly-amour, c’était à moi de faire le choix de le suivre ou non et à faire des efforts pour ça. Sauf que les efforts n’étaient pas à faire pour ma relation, mais sur moi-même.

Je pense aujourd’hui que les gens qui “subissent” le PolyA sont surtout des gens qui ont pas mal de complexes et de choses à travailler sur eux-même. En me basant sur ma propre expérience, je me dis que ce que je n'acceptais pas été soit lié à des choses que je ne m'autorisais pas à cause du regard de la société et de ma famille soit qui me renvoie à mes peurs et traumatismes passés.

Cela fait beaucoup de choses à lire, et ce n’est surement pas le plus digeste, il manque pleins d’infos et de ressentis, mais j’en ai tellement eu que c’est délicat de me souvenir de tout précisément, cependant si vous avez des questions, j’essaierais d’y répondre au mieux, d’ailleurs n’hésitez pas, j’aimerais vous aider à mieux vivre tout ça. Sachez que rien ne vous est impossible, car si quelqu’un comme moi a pu le faire, vous pouvez certainement en faire bien plus.

Amour sur vous !

Message modifié par son auteur il y a 14 jours.

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doubt

le mardi 23 novembre 2021 à 17h42

Merci pour ce témoignage qui m'émeut.
Ma mono et moi, en ce moment nous nous séparons... Elle a mis ses limites et j'ai demandé à être libre. Du coup la conclusion c'est une séparation. Elle construit un éloignement qui ne lui rendra pas douloureux le jour où je fréquenterai une autre personne. Nous continuons à nous aimer et à nous respecter, mais nous nous éloignons...

Mais c'est agréable d'entendre une ouverture qui se passe bien. C'est tellement difficile parfois...

Je vous souhaite tout le meilleur.

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cricket

le mercredi 24 novembre 2021 à 04h56

Merci pour ce témoignage. Je suis touchée, émue, je trouve votre parcours inspirant. Le chemin parcouru est énorme.

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AnaBu

le mercredi 24 novembre 2021 à 09h05

@doubt je compatie, mais je dirais pas que tout c'est bien passé non plus.

Moi c'était soit ça, soit la séparation car lui aussi voulait vivre du polyamour.

De plus si j'ai accepté au début, c'était bien plus pour rester une famille que par amour pour lui. Et quand j'ai commencé à porter un autre regard la dessus genre "de toute façon j'ai pas le choix.." en "je vais le faire, j'en suis capable et se sera pour le mieux".

@cricket il me reste beaucoup à faire, mais j'ai vraiment eu un déclic avec ma première rencontre amicale.

J'ai du de déconstruire pas mal de chose, comme le fait que c'est tout à fait naturel d'être aimé par plusieurs personnes et que c'est tout aussi naturel qu'on puisse aimé d'autres personnes. On aime pas tout le monde pour les mêmes raisons. Et est-ce parce qu'on a un deuxième enfant qu'on aime moins le 1er ?

De plus, antropologiquement parlant "l'amour dure 3 ans" est pas si faux que ça. C'est le temps estimé qu'un couple reste ensemble après la naissance d'un enfant, cela s'estompe après et sois on se reproduit encore et on renchaine 3 ans, soit on se quitte pour que l'homme puisse féconder une autre femme et ainsi de suite. (je ne dis pas que c'est comme ça que les choses doivent se passer hein, il y a toute une construction social etc qui fait que c'est difficilement réalisable).

Le polyamour est une façon de maintenir la flemme qu'on le veuille ou non. Les sentiments évoluent et fluctue avec le temps, cela restera toujours éphémère, personne ne pleure de tristesse indéfiniment ou ris sans s'arrêter de joie, pourquoi cela serait il différent pour l'amour ?

C'est juste que tout cela, s'entretient.

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Bequelune

le mercredi 24 novembre 2021 à 10h59

AnaBu
De plus, antropologiquement parlant "l'amour dure 3 ans" est pas si faux que ça. C'est le temps estimé qu'un couple reste ensemble après la naissance d'un enfant, cela s'estompe après et sois on se reproduit encore et on renchaine 3 ans, soit on se quitte pour que l'homme puisse féconder une autre femme et ainsi de suite.

C'est intéressant ce que vous dites. Est ce que vous avez une réréfence de bouquin ou d'article à me conseiller qui traiterait de ça ?

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AnaBu

le jeudi 25 novembre 2021 à 12h22

@Bequelune

Lucy Vincent neurobiologiste
Comment devient on amoureux et petits arrangements avec l'amour

J'ai que eux qui me restes en tête mais avec un peu de recherche on peut en trouver d'autre. J'ai donner et vendu la plupart des ouvrages en allant.

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Cmoi31

le vendredi 26 novembre 2021 à 10h40

Bonjour @AnaBu

Un grand merci à toi pour ce témoignage qui fait écho dans ma vie actuelle. Mon épouse avec qui nous partagerons tout depuis 10 ans m'a annoncé qu'elle souhaitait ouvrir notre couple il y a un peu plus de 2 mois.

Je suis dans une phase où je dois faire face à mes propres peurs, a mon manque de confiance en moi et ou je suis taraudé en continue par des questions comme : et si elle rencontrait celui qui répondrait à toutes ses attentes, est-ce qu'elle aurait toujours besoin de moi ...

L'acceptation est une chose mais la transition n'est pas pour autant plus facile.

En tous cas, tes écrits m'ont fait du bien et montré que la vie d'après peut être tout aussi belle que la vie d'avant ...

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AnaBu

le samedi 27 novembre 2021 à 08h57

@Cmoi31

Je le comprends tout à fait, ce qui m'a le plus aider quand j'étais seule, c'est apprendre à relativiser.

Une fois certaines que mon chéri, ne voulait pas que de moi pour le confort (enfants, maison, prêt... Etc.) les choses ont été un peu plus simple.

Une fois que j'avais assimilé qu'il se sentait libre de partir s'il le voulait c'était alors évident que quoiqu'il fasse avec qui que ce soit, il me reviendrait toujours.

Il n'aurait pas attendu d'être bien dans ces nouvelles potentielles relation pour me quitter et se mettre avec l'autre.
Ensuite, à chaque rencontre (virtuel, puis réel) il répondait à mes questions et me revenait toujours, ce qui me rassurait beaucoup.

Au final c'était comme s'il allait à son club de tennis, sauf que les occupations étaient différente.

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Cmoi31

le samedi 27 novembre 2021 à 10h09

Bonjour @AnaBu,

C'est aussi comme ça que j'essaie de le voir, me dire que si elle avait du partir elle l'aurait déjà fait. Cependant, elle m'a dit une phrase il y a quelques semaines qui résonne continuellement en moi et me met toujours en insécurité : "le risque zéro n'existe pas" et c'est vraiment ce qui me fait peur au quotidien et a chaque rencontre ...

Je sais qu'elle m'aime et que si elle devait être amené à me laisser ce serait très certainement de ma faute car je lui fait, à cause de mes peurs, régulièrement des "crises" de jalousie. Savoir qu'un autre puisse lui apporter tant de bonheur et/ou de plaisir alors que moi je n'y arrive pas ou plutôt je n'y arrive plus me fait me sentir "ridicule"...

Je suis en combat permanent contre moi même et cette dépendance amoureuse que j'ai vis à vis d'elle ne m'aide pas. La savoir dormir dans les bras d'un autre alors que je me suis réveillé chaque matin de ces 6 dernières années en regardant son doux visage m'est presque insupportable...

Je pense que le temps m'aidera et que chacun de ses retours me permettra de relativiser mais pour le moment tout ça reste encore tellement nouveau que ce sont mes angoisses qui prennent régulièrement le dessus ...

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lau93

le samedi 27 novembre 2021 à 17h30

Merci @AnaBu pour ce long témoignage sur ton /votre cheminement!
ça fait maintenant 9 mois que je déconstruits du mieux que je peux , et si les moments de jalousie ne se sont pas complétement effacés je sens que s'est ancrée en moi l'importance de cette nouvelle éthique relationnelle: prendre soin l'un de l'autre et considérer que la liberté de l'autre est précieuse de vivre au delà de notre couple, que ce soit des amours , des amourettes ou des cours de yoga.
Une difficulté a pourtant surgit ces jours ci: ma métamour ( qui est par ailleurs une amie) a subitement rompu avec mon compagnon. Il est dévasté et je me sens comme quittée moi aussi dans ce que j'ai tenté de construire avec elles ces derniers mois. C'est un sentiment assez étrange et anxiogène. La polyamorie fait vivre des amours plurielles et donc des possibilités de ruptures plurielles. Comment faire pour vivre au mieux ces périodes? Je veux être là pour lui mais comment remplir le vide qu'elle laisse en le quittant? Et comment rester amie avec elle ou pas ( conflit de loyauté??) Je sais que ne peut être toute seule en charge de cela mais je m'interroge : avez vous été dans cette situation au long de toutes des années ton compagnon et toi?
Bonne soirée
Lau

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AnaBu

le mardi 30 novembre 2021 à 17h37

@Cmoi31

Je comprend tout à fait, mais être poly ou mono ne change rien à se risque 0. En témoigne de nombreuse séparation et autres divorces.

Pour ma part j'ai positivé en me disant que le polyamour est une façon de renouvelé la flamme entre nous de manière continuelle, à chaque rencontre nouvelle pour l'un et l'autre. Nous discutions beaucoup de la personne rencontrer.

Je sais que la relaxation et ma psy ainsi qu'en parler à bien diminué mes crises de jalousies, parfois encore présente notement quand je trouve qu'il passe pas assez de temps avec sa famille. Après je pense qu'il y a un travail sur vous même à faire aussi, même dans un couple mono, la dépendance affective c'est malsain.

De plus il faut accepté que personne ne peut totalement remplir chacun, j'apporte des choses à mon chéri que personne d'autre ne peut lui apporter et ainsi en va pour chacune et chacun de nos relations.

@lau93

Dans la continuité di paragraphe au dessus, vous ne pourrez pas comblé le vide que votre compagnon ressent, ce n'est pas votre rôle je pense, vous pouvez le soutenir et faire preuve de compassion mais ce qu'il a perdu est quelque chose qu'il ne trouvait pas en vous mais qu'il trouvera probablement chez quelqu'un d'autre.

Mon chéri gérant très bien la perte de ses relations je ne me suis jamais retrouvé dans votre situation, navrée

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