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Apprentissage, encouragements, différences : le chemin d'un mono pour suivre sa femme poly

Poly/Mono
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ArnoldLayne

le jeudi 25 juin 2020 à 16h31

Bonjour à toutes et à tous,

J’ai besoin de partager mon expérience et, peut-être, d’obtenir des avis, des moments de vie, de lire des mots qui soulagent…
Je suis en couple avec une superbe jeune femme depuis 8 ans. Nous avons ensemble trois enfants, dont deux que j’ai eu d’une précédente relation.

Je déteste les étiquettes, mais il faut bien résumer la situation.
Poly amoureuse refoulée depuis sa plus tendre jeunesse, ma compagne a entamé avec moi une folle histoire d’amour, en mode «  mono ».
Puis au fil du temps, elle s’est révélée (réveillée ?), a commencé par tromper pour finir par s’assumer «  poly » au grand jour depuis quelques mois.
Quelque part, bravo, c’est courageux. Je l’admire, même si j’ai mangé mon pain noir.

Elle m’avait demandé d’ouvrir le couple il y a plus de deux ans. Évidemment, vous voyez le tableau de loin, rien ne s’est passé dans le calme, la compréhension et la volupté :)
C’est plus facile et beau dans les magazines qu’en vrai…
Je vous passe ma jalousie, ma possession, mon incompréhension, nos crises, les mensonges etc…

Nous passons par des hauts et des bas, des doutes, avec parfois des ressentiments qui cachent et gâchent un amour réciproque profond.
Au début (je ne sais plus pourquoi, notre maladresse certainement), nous n’avons pas réussi à nous rassurer.
En fait, je suis ok pour qu’elle couche à côté. Pourquoi freiner le désir si on s’aime ?
En revanche, les sentiments, le lien envers les petits nouveaux ou petites nouvelles, c’est beaucoup moins facile pour moi. Je bosse dessus, c'est long.
Classique, pas du tout 2020, has been, oui je sais, et alors ?
Il n’y a pas que des surdoués sur cette planète. On casse pas le château Disney en deux jours.

Rupture ? Oui, déjà évoquée. Mais je ne peux m’y résoudre. Je crois que c’est pareil de son côté. On s’aime, fort.
Donc après des soirées merdiques interminables, nous avons décidé l’ouverture et l’intelligence à fond les manettes.
En espoir ou en désespoir de cause, je m’en fiche, je veux réussir quelque chose qui résonne en moi.
J’ai un voile qui se lève très doucement et j’apprends sur moi comme jamais dans mes précédentes relations. Merci chérie :)

Un couple peut avoir plusieurs vies non ? Puis toutes ces questions du matin au soir : tu as peur de quoi ? tu acceptes quoi ?
Je crois que tous ici nous vivons les mêmes phases quand on passe de mono à ouverture totale.

En vrai, je n’ai jamais été que mono… J’avoue. J’ai aussi goûté, j’ai ressenti, même en étant avec elle, quelques fois, puis j’ai pris peur et tout caché.
J'ai dit non à sa demande d'ouverture, mais je pensais oui, par jalousie, possession, par peur du "mieux ailleurs" au lieu de jouer le partage et l'enrichissement. Je regrette tellement, on en serait pas là maintenant. Une occasion manquée par manque de cran de ma part. Je ne voulais pas assumer cette part de moi qu'elle révélait. Dingue non ? Con, oui.

Ma femme s’accepte, me montre l’exemple (quand elle ne se cache pas), et me fait peur du coup…
Une sorte de jeu du chat et de la souris, ou les nons dits sont aussi importants que les sensations révélées. Des deux côtés.
C’est flou, mais je suis un faux-mono très refoulé, avec l’envie d’être à part dans son coeur (comme elle l’est pour moi), ce que j’ai du mal à ressentir à vrai dire. Et j'ai aussi envie de ressentir ailleurs, mais je ne trouve pas.

Depuis peu, un vent nouveau souffle chez nous. Parfois encore trop frais à mon goût… Reste que c’est positif.
Au lieu de me plaindre bêtement du fait que ça fasse mal à mon égo, je préfère dire que je suis impatient de vivre la suite pour redécouvrir mon couple et ma femme. Avec l’espoir de redorer notre histoire.
Ne dites pas «  utopie » s’il vous plait. Moi je pense volonté et remise en question nécessaire.

J’ai entamé un énorme travail sur moi, pour la comprendre, me comprendre, cerner ce qu’elle souhaite apporter et vivre.
Par amour pour elle, pour faire évoluer un couple, pour ne pas perdre, aussi, quelqu’un qui m’a offert un bonheur insoupçonné.
Alors oui je pleurniche comme un débile parce que c’est douloureux de repenser sa façon de vivre, d’aimer, de désirer, mais mon introspection est bénéfique. À 42 ans, youpi non ?

Je mesure mes erreurs (carcan, possession, jalousie, peur de l’abandon etc…) mais je n’arrive pas encore à faire taire toutes mes émotions négatives. J’ai mal au ventre tous les jours depuis des mois, je passe par des phases d’euphorie, puis de désespoir.
Il faut une force et une confiance en soi incroyable pour dépasser ses blessures, ses doutes, sa jalousie, se tourner vers soi d’abord, ne pas tout faire reposer sur l’autre, trouver l’abnégation et l’amour inconditionnel. Ma jauge d’estime personnel n’est pas à son maximum, donc imaginez les doutes qui ne me quittent pas…
C’est mon taf pourtant, je le fais avec plaisir voyez-vous. Maso, courageux, stupide, aimant, aveugle, il doit bien y avoir un peu de tout ça au bout de mes doigts.

J’arrive à mettre mes vieux principes au placard, à m’ouvrir, à accepter nos différences d'approches de la vie.
Je peux même arriver à ressentir de la joie, encore trop rarement, quand je la sais heureuse grâce à d’autres.
Je me surprend aussi à l’aimer plus qu’avant, même si j’ai la sensation de vivre une révolution quotidienne que je n’avais jamais imaginé et demandé.

Puis la jalousie, le manque de confiance en moi et en elle, la sensation de ne plus avoir une place privilégiée, des peurs certainement infondées balayent encore trop régulièrement tout mon travail.
Le re-codage du logiciel est d’une complexité folle
Comment mieux réussir ??

Elle a eu différentes histoires, dont j’avais plus ou moins connaissance. Plus que moins d’ailleurs, parce qu’en bon mari trompé et connard dans l’âme, incapable de comprendre les signaux et l’âme de celle que j’aime, je l’ai blâmé, rabaissé et espionné. La honte sur moi, regrets éternels, on n’est pas aussi fort qu’on le voudrait.

Pendant longtemps, je n’ai pas su créer les conditions de la confiance. Elle non plus d’ailleurs.
L’année dernière, elle est tombée amoureuse d’un autre homme. Je suis tombé, tout court.
Son histoire avec lui se poursuit aujourd’hui, sous une autre forme (plus amicale à priori, quoi que, j’en doute).
Je me relève comme je peux de ce débarquement intru dans mon couple, ma vie, mes rêves, mes projets, chamboulé et apeuré. Sans une grande aide.
Bon, il est vrai aussi que j’ai bien pété les plombs et qu’encore à l’heure actuelle, je fais de la tachycardie quand je pense à lui, ou que je sais qu’ils échangent régulièrement. Je suis épuisé de ressentir cette colère quand je n’ai au fond, qu’une envie : l’aimer et me sentir vivre avec ce formidable défi.

Depuis quelques temps, elle fréquente une autre personne. Et nous avons décidé d’aborder les choses d’une manière positive, plus mature. J’étais trop dans l’interdiction, les suppliques infantiles et la toute puissance du «  mâle qu’elle devrait aimer toute sa vie putain de bordel de merde » !
Je veux lui prouver que notre transformation, je le pense sincèrement, peut-être bénéfique et rendre notre histoire encore plus belle.

Mais il y a un mais… Je me sens seul à faire des efforts. Je ne me sens pas vraiment encouragé, pas plus aimé en retour, plus apaisé. C’est pas comme ça dans les bouquins que j’ai lu pendant le confinement.
«  la relation primaire doit être privilégiée si vous ouvrez une relation existante, vous pouvez garder des moments pour vous, la personne qui souhaite ouvrir le couple doit apporter de l’attention pour aider et rassurer, le sexe peut renaitre aussi en partageant un peu des histoires vécues, ça va vous rapprocher…. » Je résume, mais c’est tiré de «  La Salope Ethique », Dossie Easton-Janet Hardy.
Et bien bof… je dois réclamer des actes pour me sentir mieux, du coup elle n'apprécie pas.
Elle ne fait pas, parce que je demande et que ça ne se fait pas de réclamer de l'attention ou des preuves d'amour. Je me sens mis de côté. Que faire ?

J’aimerai être poussé, me sentir unique et privilégié dans les attitudes et les mots, comme un shoot pour passer cette montagne, avec plus d’ardeur.
Ce n’est pas vraiment le cas, même si elle me montre, parfois, qu’elle sait que je taffe comme un malade.
Ma femme me donne la sensation d’avoir ouvert la porte et que tout ce qui est dehors est bien plus excitant et intéressant que de relancer une vieille étincelle.
J’écris ça, mais on fabrique notre maison en ce moment. C’est génial de la voir bricoler et de l’entendre parler de notre nouveau nid. Mais ça ne me suffit pas, comme si j’avais besoin de plus et encore plus, pour combler un manque et me sentir plus important que les petits-amis. Ce n'est pas bien, mais c’est humain, et je ne m’en sors pas.
Elle mène sa barque à sa manière, sans donner l’impression d’être vraiment à l’écoute de mes besoins et envies. Et encore moins de les assouvir, en tout cas dans l’immédiat.

Je vis une véritable différence dans la sexualité et le désir. Il n’y a plus de jeux entre nous, plus de séduction, plus vraiment d’envies partagées, contrairement aux nouvelles rencontres.
Mais le reste de notre vie, c’est top. Sauf que ce point ruine tout le reste.
Chiant, épuisant. Et impossible de lui faire entendre raison. Elle s’éprend, s’excite et donne joyeusement à côté d’un mari qui galère quand même pas mal à se sentir important et précieux.
Ce que j’étais avant l’ouverture du couple, puisqu’on ne m’a jamais autant aimé qu’elle dans ma vie. Une perle… qui change et fait souffrir en marquant des différences. Je ne vois pas d'équilibre.

Plus que la difficulté d’aimer une femme poly, j’enrage de la sentir laisser le couple primaire (pffff, ces étiquettes….) un peu en jachère intime et amoureuse. J’enrage de ne plus vivre avec la "séductrice", mais juste avec la mère de mes enfants, qui se révèle et change dans d'autres bras. Vous comprenez ?

Je sais. C’est «  normal ». La vie. Joie.
L’usure du couple, l’excitation du petit nouveau, moi l’homme ‘acquis’, souvent mal dans sa peau à cause de ces changements, l’autre à conquérir pour se valoriser et se faire du bien… L’amour qui va et qui vient (« pas que l’amour d’ailleurs, haha », je vois le sourire du monsieur au fond…).
J’ai lu des tonnes de livres pour comprendre ce qu’il se passe. Vous aimez Françoise Simpère ? Je vénère Esther Pérel…

Reste que cette sensation d’être ‘moins’ est assez insupportable. Notre passé et nos crises jouent bien sûr, mais il doit bien y avoir un moment ou elle peut se dire ‘je ne vais pas le délaisser’, non ?
On se dit pas ça quand est poly ? On a à coeur de préserver et nourrir encore plus sa relation qui permet de s’épanouir et de s’accepter non ? On a conscience d’avoir une responsabilité importante quand on ouvre le couple ? Quand on amène d’autres hommes ? Ou on s’en fiche ?
C’est bien beau de dire «  je suis poly, je fais ce que je veux, les sentiments se contrôlent pas ». Mais est-ce qu’on est pas «  avec quelqu’un » d’abord ? Au sein «  d’une relation » d’abord ? Avec «  son » amoureux «  mono » d’abord ? Dans «  sa » famille d’abord ? Juste histoire de faire vibrer le couple avec ses aspirations et ne pas donner l’impression au bonhomme en face (moi), d’être relégué en division d’honneur, quand la liberté d’aimer sonne comme la Ligue des Champions.

Difficile d’aborder le sujet avec elle sans tomber dans le piège des reproches. Difficile de lui expliquer que j’accepte ce qu’elle est, que je veux qu’elle s’épanouisse, la voir heureuse à mes côtés, me lancer aussi, m’exciter de cette nouvelle vie. Mais que moi, j’ai besoin de me sentir homme, mari pilier, confident, encore séduisant et préservé…
Allez, je dirai même ‘plus que les autres évidemment’, juste pour faire enrager les polyamoureux qui expliquent benoîtement que «  non, il n’y a pas de différences, tout est égal, on ne fait pas dans la hiérarchie blah blah blah ». Foutaises !
Si Jocelyne, la différence existe ! Elle est naturelle (et désagréable non ?). On pourrait même parler de préférence pour être honnête.
Quand on a la sensation de ne pas être du bon côté de la barrière, c’est une plaie impossible à fermer seul. Des idées les amis ?

Jamais je ne pensais parvenir à m’ouvrir de la sorte, accepter ses envies d’ailleurs, ses sorties pendant que je garde les enfants. Trouver ces moments excitants… me sentir fier de réussir (à peu près) ces passages, de rendre ma femme en joie. C’est génial de la voir heureuse en rentrant.
Mais le lendemain je me dis ‘mince, c’était pas toi la source du bonheur, tu fais juste l’intendance’. Et je tombe, je me morfond, je lui reproche n’importe quoi, et elle ne me rattrape pas. Le mari le plus désagréable du monde finalement, face aux amants épanouissants. Et je ne sors pas de ce schéma. J'en souffre. Elle aussi. Je veux m'améliorer, j'ai besoin d'aide, je coince, je suis seul face mes émotions.

Je l’aime encore plus d’avoir provoqué en moi cette découverte (je vais m’y mettre aussi quand mon estime sera regonflée).
Mais je n’en peux plus de ressentir ce malaise, cette différence d’approche en moi. D’espérer et d’attendre une attitude plus conciliante, sexy, fun, fluide, de sa part.

Je n’en peux plus d’en parler avec elle, de la mettre mal à l’aise.
Je me déteste de lui faire du mal quand je suis en colère. Je me déteste de ne pas être plus fort, plus en confiance, et de ne pas m’en foutre, pour lui laisser le champs libre, tout simplement.
Je me déteste de ne pas embrasser plus vite sa liberté.
Je me déteste de douter, d’avoir peur, d’elle et de tous les hommes qu’elle ramène dans notre vie, qui promettait plus que des jours sombres et des questionnements incessants sur le sens du couple et de l’amour.
Je me déteste de ne pas y arriver plus facilement et de trainer des sentiments négatifs. Bon sang, comment vous faites ?? Vous n'aimez pas vraiment pour réussir, ce n'est pas possible. L'envie d'être unique, privilégié (et non exclusif hein, j'ai appris la leçon), est quand même compréhensible non ?
Je la déteste (c’est une image hein…) de ne pas mettre autant d’énergie dans notre histoire à deux, qu’à côté, avec ses rencontres.

Je rêve de ce superbe couple moderne, qui surmonte les différences, les questions et les souffrances.
C’est semé d’embuches, mais c’est beau à vivre finalement.
Je rêve d’être (utopie encore ?), de me sentir «  son homme malgré tout », à part, protégé, désiré, celui qui lui permet de s’assumer, et d’être la personne qu’elle veut dans ce monde de fous ou tout est jetable sur un simple swippe. J’aimerai l’entendre me dire «  merci, c’est génial entre nous, je te veux, je suis enfin moi ».

Comment lui faire comprendre que nous ouvrons une nouvelle page de notre histoire, mais qu’il ne peut pas y avoir d’abandon du couple primaire au prétexte que ‘je suis poly, c’est nouveau, c’est fun, merci chéri de laisser la porte ouverte quand je rentre’ ?

Je ne trouve rien sur la préservation du couple principal, l’équilibre à trouver, les choses à faire et ne pas faire pour que le poly-acceptant ne passe pas son temps à douter, se sentir rejeté et se plaindre.
Je vois que des acceptants qui se plaignent de souffrir. Jamais un poly qui assume les chamboulements provoqués et explique comment faire pour se lever le matin sans avoir mal au bide.

Je ne sais plus quoi lui dire, sans la décevoir. Je ne sais pas comment la toucher, alors qu’elle est éprise à côté et n’a que du fun, comparé à une relation de 8 ans et ses valises. L’impression d’être un coureur de fond avec des boulets, face aux sportifs plus frais.

Qui peut m’expliquer comment je fais pour ne pas me comparer quand je sens cette différence ??
Je veux réussir cette transformation, me sentir serein, et ne pas finir par me dire que toute cette histoire de poly machin, couple truc, ouverture chose, n’est qu’une vaste hypocrisie …

C’était long, j’en avais besoin.
J’aimerai lire autre chose que «  tu sais, si elle veut pas, elle veut pas, tu dois partir si ça te convient pas ».
Dans ce cas, la liberté d’aimer ailleurs devient une dictature, un non engagement, et je ne l’imagine pas.

Il doit bien y avoir dans vos grimoires des trucs à faire et dire pour que j’arrête de lui pourrir la vie, pour qu’on vive ce polyamour sans faillir et sans tomber dans les limbes des simples adultères glauques.

Comment ça marche le désir la confiance et l’amour dans un couple primaire mono/poly qui accueille des invités avec plus ou moins de bonheur ?
Sujet du bac...

Merci aux courageux qui ont parcouru ce post jusqu’au bout. Notre couple à de la gueule en vrai, mais le chantier est énorme et j’ai l’impression de porter beaucoup plus qu’elle… Love

Message modifié par son auteur il y a 3 mois.

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Polyarthrite (invité)

le jeudi 25 juin 2020 à 21h24

Bon énormément de chose dans ce témoignage.

Je vais revenir sur le délaissement de la relation primaire pour se focaliser sur les relations secondaires, c'est cette fameuse NRE.

Tes inquietudes sont légitimes et la NRE peut mettre à mal le couple primaire si elle n'est pas contrôlée.

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Profil

ArnoldLayne

le jeudi 25 juin 2020 à 22h06

Merci pour ce début de réponse.
Je cerne mal le concept de NRE. Ça à l'air vachement chouette pour elle... Je fais quoi pour ne pas gâcher ses moments à elle, tout en passant mes nuits à dormir comme un bébé sans m'inquiéter, douter, me dévaloriser ? Il y a encore un gros travail à faire sur moi. J'aimerai qu'elle fasse la même chose pour nous. Mais se découvrir et profiter doit être plus tentant. J'arrive à comprendre (oui, je suis très large d'esprit), je cerne tout à fait le plaisir et l'excitation. L'erreur serait d'y placer des craintes et critiques faciles. Mais à quel moment il y a une considération du couple et de l'homme qui permet cette nouvelle vie ? Ce qui est effrayant, c'est que j'ai une vision très simple de la situation et de ce que j''aimerai. Mais à lire les fils ici, les bouquins, j'ai l'impression que tout le monde en bave, qu'il y a toujours une personne qui souffre, toujours des doutes, des questions, et que cette ouverture vers d'autres horizons ne permet pas, ou à de très rares occasions, un véritable épanouissement. C'est terrible ces moments ou je suis absolument convaincu de la chose, et ces heures interminables ou je broie du noir.

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alinea7

le vendredi 26 juin 2020 à 00h02

Toi qui vénère Esther Perel, il me semble qu'elle dit qu'on ne désire pas quelque chose qu'on a. On désire le mystère, l'aventure, le risque.
Ta disponibilité, tes demandes d'attention sont très sécurisantes. Quand elle revient auprès de toi, elle n'a pas à chercher de réassurance comme toi car toi tu n'as jamais quitté le pont.

Maintenant, aimer et désirer sont deux choses très différentes. Je ne sais pas si vous avez discuté concrètement de quels agissements concrets de sa part te font te sentir unique ? Te rassurent ? Est-ce que tu t'es posé la question ?

Aussi, aller chercher la compersion dans l'abnégation pure, ça ne sera peut-être pas aussi facile que si tu trouves toi même du positif à ce changement. Elle part et tu t'occupes des enfants, est-ce que toi aussi tu comptes sur elle parfois réciproquement pour avoir du temps rien qu'à toi ? Faire des activités qui te font du bien et qui ne sont pas forcément sociales. Ou des activités que tu n'oses pas faire de peur d'empiéter sur ton engagement affectif envers tes proches ? Redécouvrir des envies, de la nouveauté, avec la sécurité du lien affectif.
Certes ce n'est pas facile d'y penser quand justement on a perdu sa sécurité affective, quand c'est la panique à bord. Et pourtant on peut trouver de la sécurité affective dans des activités qu'on a seul, parce qu'on réalise qu'on survit, déjà, qu'on existe seul, et même qu'on arrive à être épanoui. Cultiver ton amour de toi, ta relation à toi.

Je te conseille les BD d'artmella sur les émotions, aussi.
Plein d'empathie !

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ArnoldLayne

le vendredi 26 juin 2020 à 08h42

Hello alinea7

Esther Perel explique bien qu'on désire le mystère et l'inconnu. Et que l'ailleurs peut être formidable, qu'il faut déconstruire sa vision du couple classique et trouver un chemin innovant, excitant, dans le respect, avec des aventures ou rencontres qui peuvent enrichir si tout est fait dans le dialogue et la compassion. On ne serait pas là sinon :)
Mais elle explique aussi et surtout que le désir et le plaisir peuvent se retrouver/relancer dans un couple au long cours. Que la spontanéité n'existe pas (un 'mythe'), que tout est provoqué de toute façon, et qu'il faut juste passer du temps et de l'énergie à se réinventer. Reste à trouver la volonté de... Qui a envie de faire de la soupe dans une vieille casserole ? hahaha
Il y a beaucoup d'énergie dépensée pour concilier les amours rencontres aventures. ça ne tombe pas du ciel, même si une corde vibre en nous. J'aimerai passer mon énergie à construire, au lieu de panser des plaies et des doutes, des deux côtés d'ailleurs.

Tu as tout à fait raison sur le reste et ça me fait du bien de lire ça. Oui, elle n'a pas besoin de réassurance, au contraire de moi. Mais comme pour elle c'est plus naturel que pour moi, elle ne distingue pas (n'accepte pas ?) ce besoin de rassurer et d'encourager.

Je pense de plus en plus à moi, une manière de relativiser. Mais je n'avance pas assez vite. J'ai encore trop d'émotions sombres dont je veux absolument me débarrasser. L'idée n'est pas de la pointer du doigt, même si je pense que ma femme peut fortement aider là dedans. Mais je ne trouve pas le système pour me soulager. Alors que oui, tout ça est positif...

La question de l'engagement affectif est importante pour moi. Et quand d'autres personnes arrivent, moi en tout cas, avec mon cerveau imparfait, j'ai du mal à trouver ma place. Je sais que mes peurs gâchent tout. Mais seul je n'y arrive pas.
J'ai peur de lui demander trop, de tout ruiner, d'empiéter à nouveau sur son être. C'est un équilibre délicat, entre liberté et besoin de compter auprès de la personne qu'on aime. Et j'en ai marre d'avoir peur :) et de demander de l'attention comme un gosse.

Je suis certain de pouvoir nous épanouir dans ce nouveau modèle, mais sans me sentir à part, rejeté, comme le vieux truc ringard qui accepte tout, face aux nouveaux qui sèment des fleurs sur sa route et lui font plus envie :)
C'est une preuve d'amour incroyable de changer ainsi et de se lancer dans un inconnu qui révèle ses propres failles. Je crois qu'elle ne le voit pas. En tout cas elle ne le dit pas. En écrivant ça, je vois que j'ai encore un besoin fort de reconnaissance et d'estime de sa part.

La notion d'acceptant me dérange. C'est comme subir... Quelque part, oui, évidemment, ça nous tombe sur le coin de la figure. Mais je ne sais pas comment lui montrer que j'aimerai construire ça à deux, malgré nos différences et nos émotions parfois contraires. C'est quand même un projet de vie incroyable ou je me trompe ? Pourquoi l'aborder dans la souffrance ? J'aimerai tellement ne rien ressentir de mal et tout faire glisser. Si quelqu'un a réussi, je veux bien le mode d'emploi :)

Message modifié par son auteur il y a 3 mois.

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alinea7

le vendredi 26 juin 2020 à 21h41

Oui Esther Perel ne semble pas prendre de parti pour ou contre l'exclusivité mais j'ai eu l'impression qu'elle était personnellement concernée par cette question : elle est toujours très attentive à tempérer lorsqu'elle a un discours franchement pro non exclusivité. En tout cas je l'ai ressenti comme ça.
Je n'ai pas vu toutes ses vidéos, le plus explicite que je l'ai vue être selon moi a été lorsqu'elle a dit que les gens au fond ont toujours une préférence entre la loyauté ou l'autonomie. Mais ce n'est pas le sujet ici.

Tu voudrais de la reconnaissance sur les efforts que tu fais. En avez vous parlé ?
Car d'un certain côté, elle est libre de son corps et n'a pas besoin de ton autorisation pour en faire ce qu'il lui plaît. D'un autre côté tu es d'accord pour que ça se passe dans le cadre de votre couple et c'est déjà moins commun.
L'autre point, c'est que ton besoin de reconnaissance est lié au fait que tout ça c'est pour elle que tu le fais, et surtout que ça te coûte. Par rapport à ça ce message te parlera peut-être.
Et peut être aussi en partie celui-ci.

Tu n'as pas répondu : est-ce que tu as toi aussi des moments où la charge de la famille lui est confiée et où tu es libre de faire ce que bon te semble ? Ce n'est pas indispensable si tu n'en as pas envie, mais ça peut aider à trouver du positif dans le cas contraire et te retrouver, reprendre l'exploration de tes propres aspirations et possibles en tant qu'individu.

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lacalietta (invité)

le lundi 29 juin 2020 à 16h23

Bonjour,

Ton témoignage me touche. Dans mon couple mono virant poly, je suis la femme. Celle qui veut la liberté profiter de son corps...
Pour nous aussi c'est une alternance de moments tops et durs.
Voilà les idées qui me viennent.

Lui échapper :
- sortir faire ce que tu aimes avec des amis / seul / une amie
- partir un we faire un stage ou une activité
- rencontrer de nouvelles personnes
- faire une activité dont tu as toujours rêvé
- te faire beau
- faire chambre séparée. Prendre 2 galets dans le couloir qu'on retourne quand on veut dormir ensemble. Ça fait monter le suspens...

Refaire du lien :
- l'inviter au restau pour se retrouver yeux dans les yeux.
On a remarqué que le tabou avait du bon, ça permet de passer de bons moments ensemble sans parler toujours parler.
- faire des trucs inventifs : un pique nique avec des mots doux cachés
- lui offrir une fleur
- lui commander un oeuf en chocolat avec un petit mot dedans

Pour se regonfler :
- se faire aider d'une tierce personne. Sur ce site y a des thérapeutes poly. Des séances individuelles pour chacun et à deux.
- faire la liste de ce qui te fait du bien pour les identifier, les instaurer et en avoir de plus en plus...
- faire la liste de ce qui te montre qu'elle t'aime (à regarder dans les moments de blup).

Bon courage! On va y arriver!

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artichaut

le mardi 30 juin 2020 à 01h10

(Désolé par avance, si le ton de mes réponses ne te convient pas, ou te blesses. A force de répondre toujours un peu aux même questions sur ce forum, on finit par avoir envie d'expérimenter de nouvelles façon de répondre…)

ArnoldLayne
Rupture ? Oui, déjà évoquée. Mais je ne peux m’y résoudre. Je crois que c’est pareil de son côté. On s’aime, fort.

Il y a rupture et rupture…
De fait, il y a (déjà eu) rupture avec un avant.
P-être qu'accepter que la rupture ai déjà eu lieu, serait une manière de changer de point de vue ?
On peut rompre sur un plan, sans forcément rompre sur l'ensemble.
Faire un pas de côté, c'est des fois cesser de tout mettre dans le même sac.
Il y a des choses que vous avez partagé que vous ne partagez plu. Il y a des choses que vous ne partagiez pas et que vous partagez désormais.
Les relations, comme les êtres, ne sont pas figées, elles évoluent.
Vous vivez possiblement plusieurs "ruptures" chaque jour (et peut-être qui sait, plusieurs coup de foudre aussi ?).

ArnoldLayne
En vrai, je n’ai jamais été que mono… J’avoue.

N'y a-t-il personne sur terre dont tu te dirais : «  si je devais choisir entre elle et cette personne, je ne pourrais pas choisir ».
Genre n'y a t-il pas au moins 3 (jeunes) personnes pour qui c'est le cas ? et peut-être même+ ?
Tu peux (possiblement) t'inclure dans ces personnes, ce qui ferais au moins quatre.
Et tel·le ami·e peut-être aussi ?
Etc

On se croit souvent +"mono" qu'on ne l'est en réalité. Parce que peut-être c'est rassurant de croire ? a fortiori en un truc simple et unique, à fortiori en un truc globalement admis comme "normal".

Mais je suis persuadé qu'il y a en chacun·e de nous la capacité à aimer beaucoup+ qu'une seule personne.
On n'est pas atrophié à ce point.

ArnoldLayne
Mais le reste de notre vie, c’est top. Sauf que ce point ruine tout le reste.

Ah, tiens donc. Et pourquoi donc ?
Le reste est-il si important, s'il peut être ruiné par si peu ?

Comment une chose peut-elle être top et ruiné par si peu ?
Ça me semble complétement contradictoire.
Soit ce top n'était pas si top, soit ce peu ne ruine peut-être pas tant ce top, puisqu'il est top.

Et que ruine t-il exactement, concrètement ?
Allez un papier, un crayon.
« Qu'est-ce que le recul de la sexualité enlève, …à part bien sûr la sexualité elle-même ? »
Sujet du bac…
Et pas d'évitement du sujet, hein. Ce qu'on veut c'est du concret, du tangible.
On relève les copies dans 2 heures...

ArnoldLayne
Qui peut m’expliquer comment je fais pour ne pas me comparer quand je sens cette différence ??

Si tu veux te comparer, je te suggère de te comparer à toi-même.
Qui es-tu ? Qui étais-tu ?
Que t'apporte cette comparaison ?

ArnoldLayne
Notre couple à de la gueule en vrai, mais le chantier est énorme et j’ai l’impression de porter beaucoup plus qu’elle…

Chouette. Pour une fois qu'un mec se coltine un peu+ de charge relationnelle. Ça rehausse grave la moyenne mondiale. Bravo, ne lâche rien.. ! Tu es —au sens premier et exact du terme— un être exceptionnel.

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Leolu

le mardi 30 juin 2020 à 20h15

J'ai coutume de dire que pour bien vivre le polyamour, il faut partir sur l'idée que le couple est mort.

Et qu'il faut construire autre chose.
Avec la même personne ? Sous de nouvelles règles ? Re-construire autrement ? Pourquoi pas ?
Mais ne surtout pas croire qu'un passage fluide entre exclusivité et polyamour est possible ! (si, mais rare)
Il faut une cassure.
Pour un meilleur redémarrage.

La cassure, ça peut être une séparation momentanée, ou l'établissement de nouvelles règles équitables (polyamour des deux côtés, ou temps personnel accordé égal des deux côtés).
L'idée de la séparation nocturne n'est pas mal... On pourrait y ajouter la règle qui impose à la polyamoureuse d'avoir l'initiative des retrouvailles sexuelles, pour la responsabiliser sur sa réelle volonté de POLYamour, et non d'aventures égoïstes.
Bref, il faut mettre de la distance pour de meilleures retrouvailles.

Il faut devenir
soit poly-acceptant serein (avec une femme qui montre bien qu'elle l'aime vraiment, son n°1),
soit polyamoureux désirable (avec une femme qui met tout le monde au même plan, même celui qui a les contraintes de l'intendance et qui subit le poids du passé)

Deuxième idée : on aime la personne qu'on admire, pas celle qui a besoin d'être aimée.

Devenir soi-même un polyamoureux libre qui accorde son temps à sa polyamoureuse préférée, et non l'amoureux transi qui attend son retour (à chaque fois... ou définitivement si possible !)

Certaines femmes adorent avoir un mari toujours présent, complice, stable, aimant, accueillant, bon père, un ami pour la vie, qu'elles ne quitteront jamais. Et elles le récompensent pour cela.

D'autres femmes ont besoin d'avoir à reconquérir leur mari, d'admirer sa liberté et sa personnalité, de craindre son départ ou son éloignement ou son indifférence, elles ont besoin de ressentir une pointe de jalousie pour faire des efforts à son égard...
Elles ont besoin de séduire et d'être séduites.
Et c'est justement pour ça qu'elles se lancent dans l'aventure du polyamour.
Pour retrouver ce plaisir du doute, du combat psychologique, de l'apprivoisement...
Le petit jeu du "fuis-moi, je te suis, suis-moi, je te fuis".

Quand on a compris ça... beaucoup de choses peuvent redevenir possibles !

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Intermittent

le mercredi 01 juillet 2020 à 14h10

Certaines femmes adorent avoir un mari toujours présent, complice, stable, aimant, accueillant, bon père, un ami pour la vie, qu'elles ne quitteront jamais. Et elles le récompensent pour cela.

Hum .... l'expression est malheureuse. Ca évoque chez moi, le su-sucre à son chien fidèle ...

de craindre son départ ou son éloignement ou son indifférence, elles ont besoin de ressentir une pointe de jalousie pour faire des efforts à son égard...

Je préfère cette approche. Les choses ne prennent souvent de valeur que quand on risque de les perdre.

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