Polyamour.info



Les messages appartiennent à leurs auteurs. Nous n'en sommes pas responsables.

Merci de consulter notre charte de discussion pour connaître les règles qui régissent les conversations sur ce site.

Poly / Mono : enjeux de pouvoir et (meta)relations. La question du privilège mono.

#
Profil

Grani7a

le mardi 07 avril 2020 à 11h21

Chawcha
Des aventures, de part et d'autre puis Elle qui tombe amoureuse de Lui. Monogames à l'origine, elle accepte notre relation dont il lui parle au bout de qqs semaines, assuré de vouloir pour suivre. C'était qqs mois avant le confinement. Je me discipline mais ils continuent à se voir. Plus qu'avant puisqu'elle télé travaille cz lui alors qu'elle se déplaçait beaucoup à l'étranger.

Bonjour Chawcha,
Tu écris qu'elle télé travaille chez lui ? Donc ils vivent ensemble depuis le début du confinement ou simplement 1 semaine/2 ? Dans ce cas, lorsqu'il n'est pas avec elle, maintien-t-il le contact avec toi ? (presque pas de nouvelles quand il est avec elle, mais quand il ne l'est pas ?)

Chawcha

Je ne veux le voir qu'après une quatorzaine qui n'arrive pas pour l'instant puisqu'ils se voient souvent. Ils sont en NRE et je me sens prise au piège. C'est là que la notion de pouvoir rentre en jeu. Je me sens brutalement, par ricochet, à la merci de la disponibilité d'Elle (c'était déjà le cas car elle était peu disponible) alors que ma relation avec Lui dure depuis presque 3 ans.

Le fait que tu ne veuilles pas le voir avant la quarantaine justifie peut-être le fait (en dehors de la NRE) qu'il ne t'envoi pas beaucoup de message.
C'est quelque fois compliqué à gérer le maintien du lien lorsqu'on sait qu'on ne peut pas voir l'autre. On a un peu la sensation de remuer le couteau dans la plaie. Des fois, le maintien du lien soulage, des fois il renforce la frustration. Et la frustration, c'est douloureux !

Ensuite, concernant la NRE, ça ne dure pas, ça s'apaise avec le temps. Le confinement ne va pas durer éternellement non plus, nous le savons tous. Comme il est joliment dit dans la célèbre expression "c'est un mauvais moment à passer" (et encore que me concernant, pas si mauvais que ça…). Alors autant faire en sorte qu'il ne soit pas si mauvais ce moment ! Surtout si vous avez convenu de vous voir au bout de la quarantaine (et 40 jours, c'est quoi dans une vie !).
Donc, mon conseil serait : de profiter de ta solitude pour penser à toi et rien qu'à toi. Pour t'aimer aussi, pour passer de bons moments qu'avec toi même, en tête à tête ; te bichonner, te dorloter, te donner du plaisir coute que coute (bon repas que tu te cuisines que pour toi, ta viennoiserie préférée à aller chercher à la boulangerie pour ton petit déj du dimanche ;), ton film préférée ou une série qui te fait envie, un bouquin, un moment de méditation….).

Chawcha
C'est là que la notion de pouvoir rentre en jeu. Je me sens brutalement, par ricochet, à la merci de la disponibilité d'Elle (c'était déjà le cas car elle était peu disponible) alors que ma relation avec Lui dure depuis presque 3 ans. Presque pas de nouvelles quand ils sont ensemble. Je deviens obsessionnelle alors que ma dépendance affective était moderée avant. Cela coupe toute spontanéité. Je suis ds le calcul. Montrer que je suis là, exprimer mes besoins, susciter le manque. Je jongle tel un poisson dans son bocal. Je me perds car ce mode de relation me seduit par le respect, l'honnêteté, le dialogue, l'équité qu'il sous-tend. J'ai rompu et fait marche arrière 2 fois déjà. Je suis très amoureuse.... J'admire ceux qui arrivent à se dépêtrer de ces relations tellement compliquées et éprouvantes émotionnellement.

Ainsi, tu ressentiras bien moins le "jeu de pouvoir" comme tu l'écris parce que tu subiras moins la situation. Se faire du bien c'est augmenter notre estime de soi et par la même, diminue la dépendance affective. Ton bonheur passe uniquement par toi. Les émotions et les sentiments que tu éprouves sont les tiens dans le sens ou personne n'est responsable de ce que tu éprouves. Des adages circulent sur les réseaux sociaux du type : "si tu souffres c'est à cause de toi, si tu te sens bien c'est grâce à toi".
Ce qu'il vit avec Elle n'a rien à voir avec toi. Tu sais bien qu'il ne le fait pas contre toi mais pour lui. Et tu n'as pas à te sentir à la merci de qui ou de quoi que ce soit.
Comme tu l'écris, votre relation dure depuis 3 ans. Vous avez construit quelque chose ensemble et si sa volonté est de te garder dans sa vie, rien ni personne ne peut mettre à mal cette construction.
C'est la notion de possession de l'autre qui est difficile a déconstruire dans ces moments là. Et prendre soin de soi est un bon moyen pour moins souffrir de l'absence de l'Autre.
Tu écris que tu "admires ceux qui arrivent à se dépêtrer de ces relations tellement compliquées et éprouvantes émotionnellement". Mais j'ai envie de t'écrire que ce ne sont que des sentiments amoureux ! ça ne doit pas être éprouvant et compliqué si on fait un pas en arrière parce que l'Amour c'est beau, c'est bon, c'est nourrissant, c'est bienveillant :D
C'est de ça dont tu dois te nourrir. Pas de ta frustration de ne pas être avec lui. Aime le même dans son absence, mais IL ne doit pas t'enlever ton amour ni de toi, ni de la vie dans sa globalité.

Bonne journée à toi Chawcha et à tous et toutes

#
Profil

Aiemama

le mercredi 08 avril 2020 à 07h06

Merci pour cette réponse @Granita7a et pour ce très beau témoignage également. J’adhère complètement mais j’admets qu’il est vraiment difficile voir parfois impossible de se recentrer sur soi quand qq vous manque profondément, vous obsède même, j’ai eu le sentiment parfois que plus j’essayais moins ça fonctionnait. Il faut que tu, il faut que tu... tellement dure parfois, mais déjà commencer d’y réfléchir c’est bien. Personnellement Je suis soumise pour la énième fois aux diktats d’un mono qui veut m’imposer un contrat merdique genre, aucune exigence, la relation primaire reste prioritaire, c toujours le même topo... il n’y a pas de poly dans ma ville de Province. À chaque fois c’est pareil, le mâle dominant veut t’imposer sa vision étriquée et te fais comprendre que tu passeras toujours en dernier... du coup je passe toujours mon tour.
Bien se dire que tout n’est qu’impermanence et sur ce qui te morfond aujourd’hui deviendra sûrement une chance demain. Perso je trouve du réconfort dans la lecture, la méditation, le sport et... la nourriture, cuisine. J’aimerais que tu puisses renoncer à ce qui te fait mal quitte à te dire que tu renonces à cette non-relation si je puis dire. 3 ans c’est beaucoup mais il y a certainement eu d’autres beaux amours dans ta vie. Tiens ce matin j’ai fait une déclaration d’amitié à une copine (elle vient de me prêter un super bouquin d’ailleurs), et bien ça fait du bien, all is full of love, l’amour est partout, y’a pas que le corona...
Pour revenir à cette enjeu de pouvoir, je pense qu’il détruit mes relations mono-poly à chaque fois, ça doit faire au moins 7. Donc merci à la personne à l’origine du post car c’est vraiment important d’en parler.
A bon entendeur salut et bon confinement. La méditation c’est la vie :)

Message modifié par son auteur il y a 7 mois.

#

chawcha (invité)

le mercredi 08 avril 2020 à 22h29

Merci également à Granita. Ce que tu dis est juste. Ces quelques jours se sont mieux déroulés car je me suis recentrée sur mon rythme, mes envies, des plaisirs et activités simples
Pour répondre à ta question, ils se voient presque une semaine sur deux. Et aucun appel, très peu de sms quand elle est là alors qu'ils sont beaucoup plus denses quand elle n'est pas avec lui.
Je me dis que cette période est une façon de mettre à l'epreuve nos sentiments respectifs ? La NRE ne dure pas longtemps... J'ai vu qu'elle pouvait durer 2 ans.
Certains d'entre vous éprouvent-ils également un décalage dans l'intensité de leurs sentiments et comment le gèrent-ils ? L'équilibre revient-ils parfois au bout de quelques temps ?
Pour revenir sur le sujet, j'ai l'impression d'être soumise à l'intensité du désir de l'autre pour moi et pour l'autre. Difficile de ne pas se sentir en compétition.

Bon confinement amoureux à tou.te.s

#
Profil

artichaut

le jeudi 09 avril 2020 à 01h27

Aiemama
Pour revenir à cette enjeu de pouvoir, je pense qu’il détruit mes relations mono-poly à chaque fois, ça doit faire au moins 7.

Eh bien, c'est peu réjouissant en effet.
J'ai pourtant envie de penser que tout ça n'est pas forcément voué à l'échec.
C'est pas toujours simple, car aussi, chacun·e en est rendue à des endroit différents de son parcours affectif…

Aiemama
Donc merci à la personne à l’origine du post car c’est vraiment important d’en parler.

Avec plaisir.

#
Profil

artichaut

le vendredi 17 juillet 2020 à 10h46

sur la thématique

- une personne poly est en relation avec une autre personne poly, cette dernière entame une relation avec une personne mono (ou mono-de-fait), que fait la première de cette "meta-mono-relation" ?

que j'énonçais dans mon post initial
j'ai trouvé ça :

(compte clôturé)
Par rapport aux autres amoureux: avec les pluriamoureux, aucun problème, ça roule tout seul, comme l'amitié (le désir en plus). Cependant, comme ils ne sont pas majoritaires, c'est désagréable de constater qu'un certain nombre d'hommes, dès qu'ils ont trouvé leur "âme soeur" disparaissent de votre vie. Ca laisse le sentiment que leur enthousiasme pour le pluriamour était juste la facilité de nouer une relation sans lézards en attendant de se fixer. Et ça chagrine quand, soi-même, on aimait réellement ces hommes.

et +loin dans le même fil :

titane
le pire est de vivre une séparation drastique car un amour surgit avec une de nos amitiés amoureuses qui exige d'elle de laisser tomber ses autres amours... dans l'euphorie des amours naissant cela peut se produire... j'avoue que c'est pour moi encore un "coup dur": une sorte de "petite mort"... un déni de la relation...

Avec le temps, l'amitié amoureuse peut se réinstaller dans l'empreinte restée là... le plus difficile est alors d'éviter de chantonner "Cry me a river..." pardonner et hop... reprendre ce qui a été suspendu...


____________
aussi, pour info, j'ai rajouté "La question du privilège mono" dans le titre de ce fil

#
Profil

Caoline

le vendredi 17 juillet 2020 à 11h28

cité par artichaut
Par rapport aux autres amoureux: avec les pluriamoureux, aucun problème, ça roule tout seul, comme l'amitié (le désir en plus). Cependant, comme ils ne sont pas majoritaires, c'est désagréable de constater qu'un certain nombre d'hommes, dès qu'ils ont trouvé leur "âme soeur" disparaissent de votre vie. Ca laisse le sentiment que leur enthousiasme pour le pluriamour était juste la facilité de nouer une relation sans lézards en attendant de se fixer. Et ça chagrine quand, soi-même, on aimait réellement ces hommes.

En fait dans ce cas le souci n'est pas que la nouvelle personne soit mono mais que la personne qui se disait poly ne l'était pas !

#
Profil

artichaut

le vendredi 17 juillet 2020 à 11h54

Caoline
En fait dans ce cas le souci n'est pas que la nouvelle personne soit mono mais que la personne qui se disait poly ne l'était pas !

Alors ce serait un privilège mono que de : pouvoir se faire passer pour un·e poly.

Mais j'ai quand même envie de me dire, qu'on a le droit se se tromper, qu'on a le droit de changer d'avis (donc d'orientation relationnelle) qu'on est pas forcément polylithique (blague).

#
Profil

artichaut

le vendredi 17 juillet 2020 à 12h24

Décidément il est passionnant ce fil « Difficultés chez les polyamoureux de longue date » (dont sont tiré les 2 précédentes citations), et qui pourtant remonte à presque 10 ans (!).
Je ne comprends pas comment, depuis le temps que je suis inscrit sur ce forum (3 ans), j'avais pu passer à côté. Merci à la personne (untitled invitée) qui l'a "remonté".

En voici 2 autres (1, 2) :

tentacara
Mon principal ennui, c'est de faire admettre aux gens que le fait d'être pacsée avec un de mes hommes ne fait pas de l'autre un amoureux "secondaire". Dès qu'on met le doigt dans l'engrenage symbolique mono, ils s'empressent de te remettre dans leur propre schéma. Même le mariage public à trois n'a pas convaincu les plus retors. C'est lassant!

(c'est moi, artichaut, qui souligne)

tentacara
Nous avons posé l'honnêteté comme principe de base. Nous n'avons pas besoin de tout nous dire, mais lorsqu'un de mes amoureux fait des choix qui sont susceptibles de changer sa vie, donc la mienne, j'entends en être informée et invitée à participer à la réflexion. Le problème, c'est qu'après de longues années de monogamie, il arrive que le vieux réflexe de "taire pour protéger" refasse surface. Je le vis comme une dissimulation, une manipulation.. et bien sûr ça fait très mal.
Peut-être que j'en demande trop, mais je ne parviens pas à me détacher de cette problématique. S'il pense à s'installer à l'étranger pour se rapprocher d'une autre amoureuse alors qu'aujourd'hui nous vivons ensemble plus de la moitié du temps, je trouve insupportable que cela ne fasse pas l'objet d'une conversation franche et claire au lieu d'une découverte fortuite et des disputes qui s'en suivent.

(c'est moi, artichaut, qui souligne)


…bon je vais pas vous balancer des citations au fur et à mesure de la lecture de ce fil (qui fait 12 pages)… je vais déjà le lire en entier (et voir si j'en fait une synthèse ici)

Répondre

Chercher dans cette discussion

Autres discussions sur ce thème :


Espace membre

» Options de connexion