Polyamour.info



Les messages appartiennent à leurs auteurs. Nous n'en sommes pas responsables.

Merci de consulter notre charte de discussion pour connaître les règles qui régissent les conversations sur ce site.

Économie sexuelle

Politique
#
Profil

Tagore

le vendredi 09 mai 2014 à 19h26

On fait tout un foin sur l'inégalité homme-femme en matière économique, et on passe complètement sous silence leur inégalité sexuelle.

Les deux sont liées.

Les femmes compensent leur infériorité économique en s'éduquant – c'est-à-dire en éduquant leurs petites filles – à l'inhibition sexuelle. Ce faisant, elles peuvent plus facilement vendre leur sexualité contre une situation matrimoniale avantageuse. Pour vendre leur sexualité, il faut d'abord la transformer en marchandise, c'est-à-dire en faire un objet d'aliénation, une propriété privée, un service marchand exclusif.

Les hommes se comportent en clients de la sexualité féminine. Ils hiérarchisent et choisissent les femmes en fonction de leur beauté et de leur jeunesse. Ils maintiennent un certain embargo sur les femmes laides ou vieilles, afin de se les réserver au cas où ils seraient éconduits par les autres femmes. L'homme achète la femme principalement avec son statut social, reconnaissable à son comportement ; et sa richesse, reconnaissable à sa voiture, son appartement, etc.

Le mariage est l'expression d'une transaction durable entre l'homme et la femme, l'échange de sexe contre une situation. Le mariage est la principale garantie d'avoir des relations sexuelles régulières, surtout avec l'âge quand la femme devient moins attractive (1). Le divorce est le moyen de faire payer le dévouement de la femme à l'homme, si ce dernier ne le paie pas assez cher, ou si un autre homme est capable de le payer plus cher en affection ou en argent.

(1) www.kinseyinstitute.org/resources/FAQ.html#frequen...

De par la division sexuelle du travail et la division du travail sexuel, l'homme sera toujours le supérieur économique de la femme et la femme toujours la supérieure sexuelle de l'homme dans la société marchande. Si cette inégalité n'existait pas, il ne pourrait y avoir de transaction, de commerce, donc pas de société marchande complète.

Dans une société polygame, les hommes riches peuvent s'acheter toutes les femmes, et les femmes ne peuvent faire jouer la concurrence entre les hommes puisqu'elles sont la propriété d'un père, d'un frère ou d'un mari : elles sont des esclaves.

Dans une société démocratique, les femmes s'appartiennent elles-même et se vendent elles-même : pour se vendre le plus cher possible, elles doivent nécessairement limiter leur libido et exiger l'exclusivité. C'est pourquoi la monogamie est la forme de mariage des sociétés modernes. Le mariage constitue pour les femmes une sorte de salaire d'appoint, exprimé en situation, pour compenser leur condition inférieure sur le marché conventionnel.

État du marché du sexe sur Okcupid :

En 2008, Jon Millward a créé 10 faux profils sur Okcupid. En 4 mois :

_ 2 profils féminins ont reçues 964 messages (40 % cumulent 88 % des messages),
_ 3 profils féminins ont reçues 135 messages (60 % cumulent 12 % des messages) ;

_ 2 profils masculins ont reçus 50 messages (40 % cumulent 94 % des messages),
_ 3 profils masculins ont reçus 3 messages (60 % cumulent 6 % des messages) ;

_ les profils féminins ont reçus 95 % des messages,
_ les profils masculins ont reçus 5 %.

Le rapport entre l'offre et la demande de sexe est donc de l'ordre de 1 à 20 en faveur des femmes (hétérosexuelles).

jonmillward.com/blog/attraction-dating/cupid-on-tr...

PS à noter que la demande sexuelle n'a rien avoir avec le besoin sexuel : on peut demander beaucoup de sexe sans en avoir réellement besoin, et inversement (surtout).

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

#
Profil

bodhicitta

le samedi 10 mai 2014 à 13h48

Tagore
Le divorce est le moyen de faire payer le dévouement de la femme à l'homme, si ce dernier ne le paie pas assez cher, ou si un autre homme est capable de le payer plus cher en affection ou en argent.

Heureusement que tu finis par parler de cette façon de "payer" (affection)
Ton poste fait froid dans le dos, tristement sans cs'éloigner de la réalité...
Mais tu oublies de préciser: "en règles générales" pour la 1ére partie du post'

Tagore
Le rapport entre l'offre et la demande de sexe est donc de l'ordre de 1 à 20 en faveur des femmes (hétérosexuelles).

hé hé dommage pour vous, mais pas mal pour moi... :-D :-D

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

#
Profil

Green-Man-Outside

le samedi 10 mai 2014 à 14h42

bodhicitta8
Mais tu oublies de préciser : "en règles générales" pour la 1ére partie du post'

Je méga-plussoie.

Sans parler du faux dilemme entre "société polygame" et société démocratique" ainsi que des nombreuses généralisations qui émaillent le post.

De plus, le "service marchand exclusif" peut être réciproque, c.-à-d. que l'homme aussi, de ce point de vue, se transforme en propriété privée... sauf qu'une exclusivité de service n'implique par une exclusivité de possession.
(ce serait confondre jouissance et propriété, ce qui fera se retourner Bakounine dans sa tombe)

Quant au mariage, on peut tout à fait le voir comme la mise en commun des fertilités mutuelles (homme + femme) et du capital de chacun (force de travail, réseau, temps) et non comme un échange limité à "sexe versus situation".

C'est également oublier, en vertu de l'intersectionnalité, que :
- des hommes peuvent en exploiter d'autres (comme le rappelle Picq, ce sont les hommes pauvres qui sont en première ligne à la guerre, du moins était-ce le cas pendant des siècles voire des millénaires)
- des femmes peuvent troquer leur situation de working girl du tertiaire contre les faveurs de jeunes éphèbes (cf. le phénomène "cougar" - je n'aime pas ce mot) ; sans parler de celles qui ne travaillent pas mais grâce à leur bourgeois de mari peuvent avoir elle-même une situation (ou posséder une galerie d'art germanopratine) et s'offrir une garçonnière pour croquer de la chair masculine fraiche.

Et pour sortir du débat hétéro-centré, ma partenaire principale (à qui je passe mon amour si elle lit ces lignes) contacte régulièrement des femmes sur ok cupid... sans avoir de réponse pour l'instant. L'expérience de Jon Millward est tout à fait pertinente, mais il faudrait aussi s'interroger sur le ratio offre/demande femme/femme, ainsi que sur la proportion (apparemment majoritaire si on en croit les propres stats d'okc) de femmes qui se prétendent bi mais ne le sont pas.

#
Profil

Tagore

le samedi 10 mai 2014 à 15h30

Oui, j'ai exagéré, c'est une bonne chose que vous vous en rendiez compte par vous-même.

C'est parce que je suis tellement en colère de la situation.

J'ai voulu dépasser la mesure, parce qu'en la dépassant, j'étais sûr de ne pas frapper trop court.

Je pense que même si j'exagère, il y a quelque chose de vrai dans ce que j'écris.

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

#
Profil

Tagore

le samedi 10 mai 2014 à 16h26

Il y a plusieurs effets à l'organisation économique bourgeoise de la sexualité.

Chez les hommes (hétérosexuels), la richesse sexuelle est fortement déterminée par la richesse matérielle, en particulier chez les hommes extrêmement pauvres ou isolés.

57 % des SDF sont célibataires. 8 % sont mariés (hommes +15 ans mariés en France : ~48 %, INSEE.).
83 % des SDF sont des hommes, ce qui signifient que la plupart des femmes en très grande difficulté matérielle ont toujours la ressource de se marier.

(Wikipédia ne donne pas ses sources...)

Inversement,

Chez les femmes (hétérosexuelles), ne pas se marier (ni au moins se mettre en couple) avant 30 ans les exposent à un très grave danger de frustration sexuelle, en plus des difficultés économiques liées à leur genre. Ainsi, si 43,0 % des femmes célibataires américaines de 20 à 29 ans n'ont pas eu de relation sexuelle l'année écoulée (hommes 46,6%), chiffre déjà très élevé, elles sont 72,3 % de 30 à 39 ans (hommes 39,6%). La femme est trop «  vieille » : l'homme ne cherche pas à coucher avec elle. Il s'agit toujours des relations sexuelles «  vaginales » de l'institut Kinsey : excusez l'esprit borné des chiffres mais je n'ai pas trouvé l'enquête originale qui aurait pu contenir des données plus générales.

#
Profil

LuLutine

le dimanche 11 mai 2014 à 05h28

Tagore
Les femmes compensent leur infériorité économique en s'éduquant – c'est-à-dire en éduquant leurs petites filles – à l'inhibition sexuelle.

Pas facile de développer à 5h du mat, mais cette phrase me fait bondir...

Tagore
Il s'agit toujours des relations sexuelles «   vaginales  » de l'institut Kinsey  : excusez l'esprit borné des chiffres mais je n'ai pas trouvé l'enquête originale qui aurait pu contenir des données plus générales.

Mouais. Donc autant dire une toute petite part de la sexualité...
Faudra qu'un jour ils apprennent à faire des enquêtes utiles. ;)

#
Profil

Apsophos

le dimanche 11 mai 2014 à 10h24

LuLutine
Pas facile de développer à 5h du mat, mais cette phrase me fait bondir...

Je vois ça comme un constat légèrement cynique. Les femmes augmentent leur valeur marchande en raréfiant leur ressource.

#
Profil

Tcheloviekskinoapparatom

le dimanche 11 mai 2014 à 10h25

Le post de Tagore est extrêmement réductionniste, à tel point qu'il n'est à mon avis même pas une simplification de la réalité, mais une déformation complète.

Un des symptômes c'est l'absence complète dans son analyse du désir féminin. De nombreuses observations et recueils de témoignages m'ont pour ma part amené à la conclusion que ce désir existe, et qui plus est en proportion à peu prés équivalente à ce qu'il est chez les hommes.
La "demande de sexe" (terme marchand qui n'est pas adéquat non plus pour plusieurs raisons, mais passons) est donc à peu prés égale à l'offre.
Ce qui pose problème dans une société sexiste, c'est... le sexisme, et avec lui la stigmatisation du désir féminin, et la fréquence de la violence masculine contre les femmes.

Ça suffit en soi à expliquer que les femmes avancent avec prudence sur ce terrain, et le phénomène est encore amplifié par son caractère conventionnel : pas mal de femmes qui font le premier pas font l'expérience que cela effraie les hommes à qui elles s'adressent.

#
Profil

Tagore

le dimanche 11 mai 2014 à 12h18

Si l'homme et la femme était égaux économiquement, la femme n'aurait pas besoin de se marier pour compenser son infériorité économique. La femme n'aurait pas besoin de réprimer sa libido en société, de refréner ses demandes sexuelles, de se faire belle et attrayante pour exciter la libido de l'homme et augmenter la demande masculine.

Si l'homme et la femme était égaux économiquement, l'homme n'aurait plus l'obligation de prendre l'initiative des relations affectives, à se lancer dans le jeu sordide de la séduction qui n'est rien d'autre qu'une négociation marchande pour jauger la valeur de l'un et de l'autre. Comme la femme n'exigerait plus l'exclusivité et ne se préoccuperait plus des éventuelles interdictions de l'homme, l'homme pour sa part finirait par faire exactement de même.

Le mariage deviendrait inutile et ce serait le règne du concubinage et du couple libre.

Pourquoi l'homme et la femme ne seront jamais égaux dans la société bourgeoise ? Parce que la bourgeoisie a besoin du mariage pour réguler la société : pour attacher un patrimoine au foyer, pour produire le support de la force de travail et du capital (les enfants) et pour transmettre l'héritage.

Sans famille, pas de société bourgeoise, pas de foyer stable à protéger, peu de concurrence sexuelle, pas besoin d'accumuler richesse et statut pour l'homme et de préserver jeunesse et beauté pour la femme (c'est pourquoi les vieux ♂ se marient avec les jeunes ♀). En outre, la gradation infinie de richesse sociale et matériel, sexuelle et affective est le fondement de la stabilité bourgeoise, parce qu'il n'existe pas d'union sans égalité et pas de révolution sans union.

«  Le mariage est un cercueil et chaque enfant un clou sur le couvercle. » Combien d'enfants sont nés pour cimenter un couple ou pour le ressouder ? L'égalité sexuelle aurait certainement pour effet un effondrement du nombre de naissances. Néanmoins il y en aura toujours, donc la simple cohabitation des couples serait sans doute insuffisante pour élever les enfants. En outre, une contingence absolue des relations sexuelles et affectives serait probablement très angoissante et c'est pourquoi le concubinage et le couple libre seront certainement une étape transitoire vers une organisation différente de la sexualité. La sexualité, l'éducation des enfants et la cohabitation seront sans doute plus communautaire et plus collective, d'une manière qu'il est difficile de prévoir aujourd'hui. Le mieux pour le savoir est d'observer les communautés qui existent ou qui ont existé de par le monde et à travers l'histoire.

@Tcheloviekskinoapparatom

Dans la société marchande, ce n'est pas le besoin réel de sexualité qui compte (le désir), mais la demande effective de sexualité, qui se manifeste à travers la culture et les conventions.

Si les hommes sont étonnés de recevoir des avances des femmes, c'est que : 1) les hommes et les femmes sont moins inégaux qu'ils ne l'étaient par le passé, 2) ils le sont encore, de telle sorte que l'homme continue de voir la sexualité féminine comme une marchandise qu'il essaie de négocier. Il est étonné de se voir lui-même négocier comme une marchandise, il est renvoyé à une position sociale à laquelle il n'est pas habitué, qui n'est pas toujours agréable et que bien souvent il méprise : la position sociale féminine.

Je concède que mon premier poste a été écrit sous le coup de la colère.

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

#
Profil

Anarchamory

le dimanche 11 mai 2014 à 16h03

LuLutine
Pas facile de développer à 5h du mat, mais cette phrase me fait bondir...

Tu te lèves tôt pour un dimanche ^^

#
Profil

bodhicitta

le dimanche 11 mai 2014 à 17h06

Tagore
Je concède que mon premier poste a été écrit sous le coup de la colère.

Humm dans le début de ton dernier post' tu semble tjs bloqué dans des généralités

Tagore
Pourquoi l'homme et la femme ne seront jamais égaux dans la société bourgeoise ? Parce que la bourgeoisie a besoin du mariage pour réguler la société : pour attacher un patrimoine au foyer, pour produire le support de la force de travail et du capital (les enfants) et pour transmettre l'héritage.

Tu fais bien de préciser bourgeoise!
C'est vrai que dans ce milieu les hommes sont souvent choisis en grande partie pour leur classe sociale (beurck)
Car en effet dans les autres couches sociales je ne pense pas que ce soit simplement l'inégalité économique (comme tu dis) qui réprime les femmes, c'est moins un besoin...

Tagore
La femme n'aurait pas besoin de réprimer sa libido en société, de refréner ses demandes sexuelles, de se faire belle et attrayante pour exciter la libido de l'homme et augmenter la demande masculine.

et donc tout ça peut etre fait par plaisir, pour soi, avant d'étre fait pour qui que ce soit.

Tagore
Si l'homme et la femme était égaux économiquement, l'homme n'aurait plus l'obligation de prendre l'initiative des relations affectives, à se lancer dans le jeu sordide de la séduction

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

#
Profil

LuLutine

le mardi 13 mai 2014 à 01h45

Tcheloviekskinoapparatom
De nombreuses observations et recueils de témoignages m'ont pour ma part amené à la conclusion que ce désir existe, et qui plus est en proportion à peu prés équivalente à ce qu'il est chez les hommes.

Ah, mon expérience personnelle (et des témoignages d'amies) me dit la même chose.

Tagore
Si l'homme et la femme était égaux économiquement, la femme n'aurait pas besoin de se marier pour compenser son infériorité économique.

J'ai pas besoin de me marier.
Malgré mon infériorité économique (choisie, parce que je peux aussi choisir un métier où je gagnerai autant et même plus que pas mal d'hommes).

Et le jour où quelqu'un qui (soit-disant ?) m'aimait m'a demandé si je n'avais jamais pensé à me "faire entretenir" (sous-entendu par lui, du moins c'est ce que j'ai compris, car étant très jaloux je ne vois pas bien pourquoi il m'aurait encouragée à me faire entretenir par un autre), je me suis retenue très très fort de bondir jusqu'au ciel (oui, on était dehors, j'aurais pu monter très très haut vu l'énormité de la proposition).
Je me suis demandée à l'époque comment il aurait pris la proposition en sens inverse (je veux dire, même avec une femme qui aurait gagné plus que lui, je pense qu'il aurait dit non). Si seulement il avait pensé une seule seconde à cette éventualité, je pense qu'il aurait pris conscience de l'énormité de son hypothèse...mais je digresse complètement là en fait.

Tagore
Si l'homme et la femme était égaux économiquement, l'homme n'aurait plus l'obligation de prendre l'initiative des relations affectives

Euh, dans mes relations affectives avec des hommes, la personne qui prend l'initiative, c'est moi à + de 50%.
Et ce depuis mon adolescence...
Oui, on est dans une société qui laisse entendre que l'homme doit prendre les devants, mais bon, "obligation" c'est un peu fort comme formulation je trouve.

Tagore
la simple cohabitation des couples serait sans doute insuffisante pour élever les enfants.

Euh...jaipascompris. Tu peux développer ? Pourquoi ça ne suffirait pas ?

Dieu
Tu te lèves tôt pour un dimanche ^^

Ou bien je me couche tard...
Mais je compense : le soir suivant, dodo à 18h ;)

#
Profil

alex666

le mardi 17 mars 2015 à 12h59

C'est parce que je suis nouveau que je comprend rien au pourquoi du post ?

#
Profil

Nurja

le mardi 17 mars 2015 à 13h31

Une petite précision en tant qu'inscrite sur OK cupid où a eu lieu la petite expérience.
Oui, je reçois plutôt bcp de messages. Mais lorsque j'enlève tous les messages qui sont envoyés au hasard (probablement aux personnes en ligne à ce moment-là), les romantiques avec leur "quels beaux seins", il ne reste pas grand chose. Hors de ce pas grand chose, il faut encore enlever la moitié au moins qui ont des recherches incompatibles avec la mienne (faire des enfants, relations monogames...)
Et être vue comme un objet dont pourraient jouir des hommes euh...


83 % des SDF sont des hommes, ce qui signifient que la plupart des femmes en très grande difficulté matérielle ont toujours la ressource de se marier.

Se marier pour sortir de la pauvreté, une ressource ? WTF ? Et pourquoi pas la prostitution tant qu'on y est.

Une (dernière?) remarque : plus de 90% des hommes recherchent une sexualité dans laquelle leur éjaculation est présente à chaque fois (et signe la fin de l'acte) et le PIV (penis in vagina) aussi (ou quasi). Peu se troublent si madame n'a pas eu de plaisir ou si elle souhaite autre chose.

La sexualité facilement accessible quand on est une femme, c'est le PIV qui n'est pas nécessairement la sexualité la plus épanouissante pour une femme. Peu d'hommes sont partants pour de la sexualité s'il n'y a pas PIV. Même pour une fois.

Message modifié par son auteur il y a 4 ans.

#
Profil

Tagore

le mercredi 01 avril 2015 à 13h46

aimerplusieurshommes
les gens les plus pauvres pratiquent d'autant plus [les relations sexuelles] que c'est souvent le seul plaisir qu'ils (elles) peuvent s'offrir.

Source.

Découvre que plus tu es pauvre (homme) plus tu es rejeté par les femmes. Ce qui est parfaitement intuitif pour quelqu'un de sensé est aussi démontré scientifiquement :

INSEE
Le revenu des hommes sans conjointe est nettement inférieur à celui des hommes en couple

Le revenu des hommes sans conjointe est nettement inférieur à celui des hommes en couple (18 000 euros contre 29 000 euros en 2011). De leur côté, les femmes sans conjoint perçoivent un revenu quasiment égal à celui des femmes en couple (16 400 contre 16 700 euros). Ceci explique que les écarts soient moins prononcés entre les hommes et les femmes sans conjoint qu’entre les hommes et les femmes en couple.

Le revenu moindre des hommes sans conjointe va de pair avec une insertion moins bonne sur le marché du travail par rapport aux hommes en couple. En effet, ils occupent moins souvent un emploi (72 % contre 87 % pour ceux en couple), et a fortiori un emploi stable (83 % des contrats sont à durée indéterminée contre 92 % pour les hommes en couple). De surcroît, ils occupent des emplois moins qualifiés (16 % d’emplois de cadres contre 22 %). Ainsi, les hommes sans conjointe sont quatre fois plus nombreux que les hommes en couple à ne déclarer aucun revenu (13 % contre 3 %).

Le revenu moindre des hommes sans conjointe correspond partiellement à des caractéristiques sociales moins favorables. À âge, catégorie socioprofessionnelle et diplôme égaux, l’écart de revenu entre les hommes en couple et les hommes sans conjointe serait réduit de plus de moitié (5 000 euros d’écart contre 11 000 euros d’écart).

Les situations vis-à-vis de l’emploi sont moins contrastées en ce qui concerne les femmes en couple et les femmes sans conjoint. Certes, les femmes en couple sont plus souvent inactives (19 % contre 16 % pour celles sans conjoint). Mais, d’un autre côté, elles sont moins touchées par le chômage (6 % d’entre elles contre 12 % des femmes sans conjoint). Au final, les femmes en couple occupent plus souvent un emploi (75 % contre 72 %). En revanche, les emplois qu’elles occupent sont plus souvent à temps partiel (31 % des emplois à temps partiel pour les femmes en couple contre 24 % pour les femmes sans conjoint).

Source.

Et ce qui est vrai "en moyenne" pour des pays riches comme la France est encore plus vrai pour des pays comme l'Inde ou la Chine, dont le sex-ratio matrimonial est d'autant plus déséquilibré qu'on s'enfonce dans les couches basses de la société : paysan pauvre, prolétaire immigré, etc. C'est l'évidence même qui est niée, et qui pourtant ne soulève aucun doute scientifique.

Message modifié par son auteur il y a 4 ans.

#
Profil

Tagore

le mercredi 01 avril 2015 à 14h02

aimerplusieurshommes
A Bombay, j'ai vu des gens faire l'amour en pleine rue sous des arbres, sur des sommiers sans matelas, vu que c'est là qu'ils dormaient après le boulot. A Cuba, les jeunes sans le sou baisent sur des bancs publics dans les parcs et visiblement avec bonheur, en Afrique itou (quand j'y habitais, aujourd'hui c'est sûrement moins libre). C'est peut-être en Occident que c'est le plus coincé, d'où la misère sexuelle?

Même source

Quant à prétendre que coucher dans la rue serait le signe d'une plus grande richesse sexuelle, je ne sais pas si c'est de l'inconscience ou de la pure provocation. Aucun pays au monde n'autorise la sexualité en public, et si c'est pour risquer de se faire interrompre et embarquer par la police, cela démontre une très grande indigence matérielle et une immense misère sexuelle. Autant raconter que les clochards ont bien de la chance de pouvoir dormir tous les jours à la belle étoile. Les prostituées de rue font aussi ça en public, là où elles peuvent, mais je ne suis pas sûr que ce soit la preuve d'une plus grande liberté sexuelle.

#
Profil

Siestacorta

le mercredi 01 avril 2015 à 14h49

Tu distingues ou confonds deux notions de richesse sexuelle selon ce qui t'arrange, là. L possibilité d'épanouissement sexuel et le lien avec la classe sociale. Leur corrélation n'est pas une identité, et en aucun cas un système.
Identifier gagner du sexe à gagner de l'argent, c'est ignorer que des situation d'aisance matérielle et de rigidité morale sont totalement possibles (Angleterre victorienne), ou que la misère sexuelle n'implique pas que quelqu'un possède à ta place la part de bonheur qui te serait due s'il y avait une répartition égalitaire...
Il peut y avoir des privilèges (pas tous durables), mais le capital de séduction n'est pas basé sur des critères aussi objectifs que le supposent ton raisonnement houellebecquien . Je peux souhaiter être plus beau et plus riche et plus charismatique. Cette envie que je peux éprouver face à certain est largement compensée et par mes propres efforts dans ma situation à moi, et par le constat régulier que la qualité de bien-être, au moins en matière amoureuse et sexuelle, est largement fantasmée, généralement plus directement liée à mes frustrations qu'à mes possibilités.

Essayer de faire passer ton point de vue comme une conclusion rationnelle... Ben si ça te sert à quelque chose pour ton automotivation, tant mieux, hein. Pour d'autres usages, ça n'a pas assez de pertinence.

#
Profil

LuLutine

le mercredi 01 avril 2015 à 16h39

Pour ma part je dirais qu'il ne faut pas confondre corrélation et causalité. Or il me semble que c'est ce que fait Tagore dans son raisonnement.

#
Profil

ScottBuckley

le mercredi 01 avril 2015 à 16h57

' aimerplusieurshommes ' :
( ... ) les gens les plus pauvres pratiquent d'autant plus [les relations sexuelles] que c'est souvent le seul plaisir qu'ils (elles) peuvent s'offrir.

Je n'ai pas là le temps de revenir à la discussion où Françoise ' aimerplusieurshommes ' exprime cela, donc j'espère que le hors contexte ne dénature pas trop la phrase d'origine, mais en tout cas, je trouve choquant cette pensée-réflexe et cet énorme pré-jugé ( basé sur zéro étude sociologique de grande ampleur en + ) déjà entendue ailleurs comme quoi " le polyamory bah c'est un truc de riches " (sic) ,
... surtout que le mot "riches" ne veut rien dire à mes yeux vu que la notion de "richesse" varie d'une personne à une autre, selon le pays, la culture, le jardin potager, les relations humaines, les 7 milliards d'êtres humains, etc.

Et donc tout comme Françoise, il me semble bien que les personnes ' les plus pauvres ' peuvent, potentiellement, trouver beaucoup de plaisir dans des relations sexuelles et/ou sensuelles, affectives, qui ne demandent pas de "consommation / fric / porte-feuille " .

Après, d'autres problèmes peuvent être posés par ces relations-là, Si la pauvreté induit des maladies, des MST , des problèmes d'accès à l'avortement, aux soins de santé, à la couverture maladie universelle (mais pas planétaire), entre autres, mais c'est un autre débat, très complémentaire par ailleurs.

Il y a des personnes ' riches à la banque ' mais avec une vie affective, sensuelle et/ou sexuelle très pauvre voire sans sexualité ou sans rapports corporels.... et des personnes qui vivent à la campagne ou montagne ou en ville avec juste un potager, un demi Smic (ou le RSA), qui ont juste le bac comme diplôme, et avec une vie affective, sensuelle + relationnelle et/ou sexuelle trrès riche !!

A bas les pré-jugés sur les soi-disant " pauvres " (sans diplôme, sans gros revenus...), j'en ai bien ma claque
(et puis les horreurs proférées sur "les gens d'Outreau" lors des procès, c'était déjà pas joli à entendre, heureusement Florence Aubenas veille au grain (+) )

Message modifié par son auteur il y a 4 ans.

#
Profil

Tagore

le jeudi 02 avril 2015 à 11h13

Voici une étude très intéressante :

Célibat, pauvreté et sexualité des hommes en Chine rurale : une enquête exploratoire

Les septiques sur la corrélation (plus précisément la causalité) entre misère matérielle et misère sexuelle trouveront une bibliographie en fin d'article sur le sujet. En particulier:

Bourdieu Pierre, 1989, « Reproduction interdite. La dimension symbolique de la domination économique », Études rurales, n° 113-114, p. 15-36.

Contreras Jesus, 1989, « Célibat et stratégies paysannes en Espagne », Études rurales, n° 113-114, p. 101-118.

Flandrin Jean-Louis, 1975, Les amours paysannes, XVIe-XIXe siècle, Paris, Gallimard, 256 p.

Pagès Alexandre, 2001, « Pauvreté et exclusion en milieu rural français », Études rurales, n° 159-160, p. 97-110.

Répondre

Chercher dans cette discussion

Autres discussions sur ce thème :


Espace membre

» Options de connexion