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Parler à sa compagne ?

Poly/Mono
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Amande amère (invité)

le samedi 28 mars 2020 à 21h59

Bonjour,
je suis en couple et après des années d'échanges pas toujours simples sur le sujet, notre relation peut aujourd'hui accepter que d'autres relations existent en parallèle. Je m'autorise donc à dire que je ne suis pas exclusive ni dans une relation exclusive.
Je suis aujourd'hui amoureuse d'un autre homme (H) qui vit de son côté une relation de couple classique. Notre relation est officiellement une relation d'amitié, et il y a en effet une réelle amitié entre nous. J'apprécie également beaucoup sa compagne avec qui j'échange beaucoup. Nous nous voyons très peu, habitant à plusieurs centaines de kilomètres.
J'ai parlé à mon compagnon de mes sentiments pour H, et il m'a indiqué que je pouvais vivre ce que je désirais.
H et moi avons depuis évoqué notre attirance mutuelle, à mots assez couverts nos sentiments, et de manière très claire le fait que sa relation de couple était exclusive.
Je sens que depuis cette discussion notre relation est en train de changer. Je suis partagée entre l'envie d'aller dans ce sens et la peur que cela aboutisse à la destruction de tout lien entre nous. Par ailleurs, je ne veux pas me retrouver dans une situation de mensonge vis à vis de sa compagne, et plus encore, même s'il ne se passe "rien" avec lui, je pense que mes sentiments finiront par être visibles et je ne veux pas qu'elle interprète cela de travers.
H ne veut pas lui en parler puisqu'il ne s'est rien passé et qu'il n'y a donc rien à dire.
Moi je voudrais lui parler, à elle, de ce que je ressens pour H, avant qu'il ne se passe quoi que ce soit, au risque aussi qu'il ne se passe jamais quoi que ce soit.
Est-ce approprié, est-ce pertinent ? j'aimerais avoir des conseils.
J'ai un peu l'impression que lui en parler à elle le priverait, lui, d'aborder ce sujet de la manière dont il le souhaite.
Et même si je pense que c'est la manière la plus honnête de faire, je ne peux pas nier que j'espère aussi que cela pourrait ouvrir des portes que je vois pour l'instant fermées, si elle ne réagissait pas négativement.
Enfin j'ai malgré tout aussi très peur que cet "aveu" de ma part aboutisse à un rejet et au fait de ne plus pouvoir le voir.
Je suis donc alternativement tentée par le fait d'en parler et par le fait de ne rien dire et laisser aller les choses.
Merci d'avance de vos réponses.

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Diomedea

le dimanche 29 mars 2020 à 08h51

Bonjour et bienvenue.
La situation est compliquée à vivre pour toi actuellement, mais c'est normal, tu explores, tu te découvres.
Quelques éléments à considérer :
* le polyamour est basé sur l'honnêteté et transparence, et le consentement de tous qui s'y trouvent
* qui s'y trouve dans ton histoire ? Tous les quatre, la partenaire de H comprise car vous vous connaissez/appréciez et donc son consentement me semble essentiel. Si une relation amoureuse démarre avec H avant son consentement, ce serait la meilleure façon de la blesser, de perdre son amitié, de mal vivre l'histoire avec H et de probablement endommager son couple actuel.
Encore dans l'esprit de transparence, toi et H doivent être d'accord là-dessus et décider comment mettre sa compagne au courant.
Si toi et H décident sereinement de ne pas aller plus loin, il n'y a pas de problème.
Si vous décidez d'être en relation amoureuse sans transparence /consentement, il y en a : ce ne sera pas un polyamour mais une adultère (vieille question sur le forum... là, je donne mon opinion personnelle).
Bonne route amoureuse, et bonne santé surtout !

Message modifié par son auteur il y a 7 mois.

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artichaut

le dimanche 29 mars 2020 à 09h13

Amande amère
H ne veut pas lui en parler puisqu'il ne s'est rien passé et qu'il n'y a donc rien à dire.

L'évitement classique. Ce "rien" est tellement significatif d'une pensée mono (ou d'un arrangement mono avec soi-même).
Il n'y a pourtant pas rien, et même beaucoup à dire. Ton message ici en est la preuve.

Amande amère
Moi je voudrais lui parler, à elle, de ce que je ressens pour H, avant qu'il ne se passe quoi que ce soit, au risque aussi qu'il ne se passe jamais quoi que ce soit.

Dis comme ça, je trouve ça une très bonne idée : cesser de supputer les choses, en parler tout simplement.

Après, de l'extérieur, H semble un peu évitant. Alors assumerais t-il —si cela devait arriver— un rôle de pivot ? Ce n'est pas sûr. Car c'est un rôle impliquant et qui supporte difficilement une tendance à l'évitement (de responsabilités).

Amande amère
Est-ce approprié, est-ce pertinent ? j'aimerais avoir des conseils.

Personne ne peut savoir à ta place. On ne connaît pas grand chose de la situation et des personnes impliquées.

Amande amère
J'ai un peu l'impression que lui en parler à elle le priverait, lui, d'aborder ce sujet de la manière dont il le souhaite.

Ben il ne veut pas le faire…

Mais, autre solution, si tu crains de lui enlever la possibilité de le faire à sa manière, tu peux aussi lui dire que tu va le faire. Ça le fera peut-être prendre conscience et bouger. Mais c'est à double tranchant.
Comme dit @Diomedea le mieux serait encore de vous mettre d'accord avec H là dessus. Ce qui implique déjà d'être au clair avec lui et de ne pas te contenter de "mots assez couverts".
Je me trompe où tu crains un immobilisme de H sur le sujet ?

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artichaut

le dimanche 29 mars 2020 à 09h21

Amande amère
H et moi avons depuis évoqué notre attirance mutuelle, à mots assez couverts nos sentiments, et de manière très claire le fait que sa relation de couple était exclusive.

C'est cette phrase qui me fait dire ça : comment ceci peut-être aussi clair, alors que cela est à mots couverts ?
Il me semble qu'il y a quelque chose qui ne va pas. Trop de non-dits, ou de présupposés.
A-t-il discuté récemment avec elle, d'exclusivité ?? Si, oui pourquoi ? Et comment a-t-elle réagis ? Il y a t-il été question de toi ? L'exclusivité ou la non-exclusivité détaché de la situation ou des personnes concernées ne veut pas dire grand'chose.
La question n'est pas forcément :
- "est-elle-exclusive ?" (parce que dis comme ça c'est peut-être trop englobant, ça remet peut-être trop de chose en cause et en bloc)
mais
- "que dirait-elle d'être ta metamour ?"

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Amande amère (invité)

le dimanche 29 mars 2020 à 17h09

Merci à vous !

Oui Diomeda, je ne veux pas laisser s'engager une relation amoureuse sans avoir écouté et pris en compte son ressenti à elle. A sa place j'attendrais la même chose.
Je pense en effet qu'elle pourrait être ma métamour et moi la sienne, que ce serait viable et même que ça peut être chouette, mais je pense que ça ne la fera pas sauter de joie au départ (euphémisme) et qu'elle aura peur.
Je compte sur ce que je connais de sa personnalité et sur notre estime réciproque pour qu'elle ne me jette pas hors de sa vie, et de leur vie, dès les premiers mots. Mais je n'en suis pas du tout certaine et j'ai peur que la simple annonce de mes sentiments provoque une catastrophe.

Je pense que c'est ce que se dit H, et qui fait qu'il est plutôt dans une logique attentiste.
Oui je crains l'immobilisme de H et aussi qu'il ne veuille pas regarder les choses en face.
"comment ceci peut-être aussi clair, alors que cela est à mots couverts ?" : tu as raison artichaut cela n'est pas cohérent, je ne l'avais pas vu de cette façon. J'imagine que c'est "à mots couverts" parce que lui et moi avons peur de ce que pourraient déclencher des mots posés sur cette situation. Comme si cela pouvait créer du réel. Mais c'est à double tranchant et si suite il y a, autant améliorer notre communication intime dès maintenant...

Il m'est difficile de savoir s'ils ont discuté récemment d'exclusivité, nous ne nous sommes pas vus depuis plusieurs semaines. Je ne pense pas qu'ils en aient parlé à mon sujet.
Je sais qu'il leur est déjà arrivé d'en parler, à propos d'une personne qu'elle avait rencontrée, mais a priori avec une grosse réaction de déni de sa part à elle. Et d'en parler dans l'absolu, mais en exprimant plutôt qu'il serait douloureux que l'autre ressente de l'amour pour une autre personne.
Bref ce n'est pas très rassurant, mais cela n'est peut-être pas non plus complètement bloqué. C'est en tous cas ce que je me dis.

Je pense que ce qui me paralyse un peu c'est de croire que c'est possible, mais en ayant la certitude que ça sera compliqué. Et en me disant que ça peut aussi mettre par terre des relations d'amitié qui pourraient peut-être perdurer, dans le silence et l'absence de franchise :( Si j'étais sûre que ça foire, je me poserais peut-être moins la question. Mais je ne peux pas préjuger.

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bonheur

le dimanche 29 mars 2020 à 17h34

Ce que je vais indiquer, résumé d'une expérience personnelle, qui n'a donc aucune valeur de généralité.

J'ai été à une époque en relation avec un tiers. De mon côté, cette "amitié" qui n'en n'avait jamais été une (je conçois essentiellement l'amour sans sexualité). Et cet homme a trouvé quelqu'un, puis a emménagé avec elle, puis s'est marié (en 1 ans seulement).

Quand il m'a annoncé qu'il avait "trouvé quelqu'un" j'ai été super heureuse. De mon côté, je vivais heureuse avec mon chéri de vie, alors qu'il soit heureux en plus, grâce à cette inconnue, m'avait comblée (aussi me lâcherait-il avec son incompréhension que je ne veuille pas divorcer). Je lui ai demandé qu'il parle de moi, aussi rapidement que possible. Il a répondu ne pas vouloir la "faire fuir". Alors, j'ai eu ce tort de continuer.
Un jour il m'annonce qu'ils allaient emménager ensemble. Cela m'a mis mal à l'aise, enfin encore plus. Mon amour pour lui m'aveuglait. Alors j'ai eu ce tort de continuer.
Et puis, il m'annonça, un mois après l'évènement qu'ils se sont mariés. Là je me suis vraiment sentie mal. J'ai insisté. Et même après avoir entendu "inutile de la faire souffrir" (euh ? inutile ? C'est moi, notre amour, l'inutile ?), j'ai eu cet immense tort de continuer.
Presque 3 ans après, Madame m'a téléphoné et toutes les deux on a discuté. Elle n'était pas idiote et avait bien compris que quelque chose se tramait, y compris sans sexualité, dans son dos.

Ce jour-là, j'ai intégré la notion de co-responsabilité d'adultère affectif. J'ai compris aussi, avec le recul, le sens du mot "inutile" qui me restait en travers de la gorge, d'une façon inexplicable, mais bien présente. Je me voilais la face, en me déresponsabilisant. Après tout, il était libre de faire à sa guise de son côté. Le hic, en fait, ce n'est sa liberté à lui, d'agir à sa guise. Le hic, c'était nos valeurs qui se percutaient.

Des mots comme "rien", "inutile"... ont un sens qu'il faut entendre et comprendre sans minimiser. C'est mon opinion aujourd'hui.

Message modifié par son auteur il y a 7 mois.

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artichaut

le lundi 30 mars 2020 à 00h51

bonheur
Des mots comme "rien", "inutile"... ont un sens qu'il faut entendre et comprendre sans minimiser. C'est mon opinion aujourd'hui.

Il est vrai que ces mots là ont un sens. Et qu'on a peut-être tord parfois de ne pas les entendre.
Mais alors ça donnerai presque envie de dire à la personne concernée « voilà ce que tu rate, tant pis pour toi ».

Amande amère
Je pense que ce qui me paralyse un peu c'est de croire que c'est possible, mais en ayant la certitude que ça sera compliqué. Et en me disant que ça peut aussi mettre par terre des relations d'amitié qui pourraient peut-être perdurer, dans le silence et l'absence de franchise :( Si j'étais sûre que ça foire, je me poserais peut-être moins la question. Mais je ne peux pas préjuger.

Oui c'est compliqué comme situation. Mais il me semble, que presque toujours, on se sent mieux après avoir parlé. Ça fait du bien de mettre des mots, d'oser dire certaines choses. Ne pas rester dans le flou. Et de parler à chacune des deux personnes (ensemble ou séparément d'ailleurs). Lui dire aussi à elle, en quoi ta relation à elle est importante, ta relation à leur couple aussi, même si c'est différent d'avec lui, en solo.

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bonheur

le lundi 30 mars 2020 à 07h19

@ artichaut : c'est vrai, on a raté cet homme et moi, notre amour. A chaque fois (relation débutée en 1985, par épisodes), c'était chaotique. Je suppose que c'est justement à cause de cette communication très présente chez moi et toute autre pour lui.

En fait, dans cette histoire précise, le soulagement et la clarté ont résidé en ce petit mot, clair, net et précis : "adieu".

Oui, c'est libérateur de prendre une décision. Depuis, je suis au clair avec moi-même, en rapport à lui. (+)

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Amande amère (invité)

le lundi 30 mars 2020 à 23h36

Tu as raison bonheur, il peut y avoir un conflit ou une divergence de valeurs. Il ne faut pas que je néglige cela ou que je refuse de le voir.
Tout cela va dans le même sens, expliciter, oser dire et demander, clarifier...

Oui artichaut il y a notre relation à elle et moi. Parler de ce que je ressens et pense a du sens et de la valeur ne serait-ce que par rapport à cette relation. Merci de m'avoir recentrée vers cela. C'est presque apaisant dans la tempête que soulève mes sentiments pour lui et la relation que j'ai avec lui. J'ai confiance en elle et dans la possibilité d'une amitié entre nous ; si cet "aveu" là est possible, si on est capable d'échanger réellement à ce sujet, ça peut être le début de quelque chose de très beau, quoi qu'il arrive par ailleurs.
Et sinon, eh bien, une amitié qui ne permet pas d'être soi-même est un peu un non-sens..

Je n'avais pas envisagé la question de ma relation à leur couple, mais c'est une piste à creuser en effet : quelle est ma relation à leur couple aujourd'hui, et comment l'envisager dans l' avenir ? je n'y ai pas réellement réfléchi jusque là. Difficile de voir le couple avant les individus.

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