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Ententes et libertés individuelles, je souffre

Engagement
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laurent59

le jeudi 02 janvier 2020 à 21h51

Bonsoir,
J'éprouve aujourd'hui des difficultés à trouver un équilibre avec mes relations.
Je résume le contexte :
J'étais en relation primaire avec A. Elle a eu plusieurs relations sans que nous ayons besoin d'ententes écrites. Il y avait quelques accords oraux mais le fait de se définir comme primaires et prioritaires résolvaient à l'oral ou avec peu de discussions les questionnements de couple liés aux relations extérieures.
Elle a rompu.
J'ai rencontré quelqu'un d'autre une semaine après (B), qui est au courant que je suis poly mais actuellement célibataire. B n'est pas poly mais accepte que je le sois, elle est plus pour le format couples libres.
Deux semaines plus tard A me propose de recommencer la relation avec elle. Mes sentiments pour elle sont clairs, c'est OK pour moi.
Je lui annonce que désormais je suis en relation avec B.
Elle le prend très mal.
J'ai envie de recommencer notre relation (avec A) mais sur un modèle non hiérarchique. On tente l'aventure mais il y a encore aujourd'hui beaucoup de choses à clarifier ou apaiser.
Nous arrivons rapidement au besoin de mettre en place des ententes écrites (entre moi et A) pour éviter de nous blesser mutuellement.
Mais certaines de ces ententes me semblent des atteintes à mes libertés d'agir, voir aux libertés de B (genre: je devrais m'engager à ne pas aller dans certains lieux avec B alors qu'elle sait que j'aime y aller).
J'aimerais vraiment que quelqu'un puisse me donner des clefs pour que je réagisse pas à ces ententes comme des atteintes à ma liberté.
Je ne voudrais faire souffrir personne et j'ai l'impression de faire tout le contraire: ça devient de la souffrance perso.
Rien que cette dernière phrase est lourde de sous entendus et je pourrais passer du temps à expliquer que j'ai déjà pas mal avancé sur les sujets qui peuvent sembler évident dans ce qui y est écrit.
Je précise aussi qu'il n'est pas possible que A ou B communiquent entre elles actuellement (pas de manière fluide).
Merci de m'éclaircir sur le fondement des ententes, leur but, leur portée, le fait qu'elle ne soient pas des atteintes aux libertés d'être ou de vivre, voir me botter le cul sur le fait que la liberté soit à ce point importante pour moi (si, si ça aussi ça se questionne).

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cactus

le jeudi 02 janvier 2020 à 22h07

laurent59
Mais certaines de ces ententes me semblent des atteintes à mes libertés d'agir, voir aux libertés de B (genre: je devrais m'engager à ne pas aller dans certains lieux avec B alors qu'elle sait que j'aime y aller).

Qu'est-ce qui gène A dans le fait que tu ailles avec B dans ces endroits concrètement ?

Tu dis qu'elle a mal pris le fait que tu sois en relation avec B : est-ce que dans ses demandes de "restriction", elle identifie à chaque fois ce qui la blesse et pourquoi ça la blesse, ce que ça remue chez elle?

laurent59
voir me botter le cul sur le fait que la liberté soit à ce point importante pour moi (si, si ça aussi ça se questionne).

Je ne vais pas pouvoir t'aider là-dessus, j'ai le même problème. En revanche, je me dis que comprendre la raison profonde pour laquelle l'autre veut m'imposer une contrainte peut peut-être :
- m'aider à l'empathie et à accepter une part de contrainte,
- nous aider à trouver une solution qui convienne à tous.

Par exemple, si mon amoureux A me demandait de ne pas aller à tel endroit avec mon amoureux B :
- parce qu'il sait qu'on risque d'y croiser des connaissances communes : il ne veut pas assumer mon choix de vie aux yeux de ces connaissances, ce que je peux comprendre. J'aurais tendance à accepter la contrainte, même si elle me coûte.
- parce que ce lieux fait qu'il se sent unique à mes yeux : peut-être peut-on trouver une autre façon de le rassurer sur son caractère unique que de priver B et moi de cet endroit ?

Message modifié par son auteur il y a 5 mois.

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bonheur

le vendredi 03 janvier 2020 à 13h50

Bonjour Laurent59 :-)

Qu'est-ce qu'un accord ? C'est un champ d'entente réciproque acceptable par les parties qui le contracte. Enfin, voici comment je le définirais.

Si un accord n'est pas ressenti comme juste par tout le monde, alors il est bancal.

Je ne reprend pas le discours de @cactus que je trouve excellent. Il manque en effet le "pourquoi du comment".

Si on me dit bêtement qu'il faut s'arrêter lorsque le feu de la circulation est rouge… je ne tendrais pas à respecter cette règle pourtant essentielle. Je la trouverai stupide : pourquoi ?
Si on me démontre l'importance de réguler la circulation avec des règles communes et qu'il se trouve que parmi ces règles, un feu rouge demande l'arrêt du véhicule afin que d'autres puissent, quand c'est leur tour, de circuler en toute sécurité et qu'ensuite, le feu ne sera plus rouge mais vert et que mon véhicule pourra alors circuler en toute sécurité, je respecterai cette règle. J'en comprendrai le sens et cette compréhension m'aide à ce respect. Je ne me sens ni lésée ni contrainte par l'attente demandée mais au contraire sécurisée dans cette démarche commune.

Il manque dans votre accord le "pourquoi du comment ?". Trop souvent on pense qu'il suffit d'édicter un règlement pour se débarrasser des explications. Or c'est je pense l'inverse. Une fois le "pourquoi du comment ?" exposé et compris, la règle coule de sens et il ne serait même plus utile de la noter par écrit. La règle sera une "formalité".

J'espère que je ne tombe pas complètement à côté. Courage @laurent59

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laurent59

le vendredi 03 janvier 2020 à 19h32

@cactus et @bonheur vous êtes complétement dans le sujet.
Je vais creuser dans ce sens. Le pourquoi de A est parfois 'je vais passer pour une cocue', d'autre fois 'que me reste t'il d'unique?' et même si je comprends je n'arrive pas encore à me dire que c'est toujours acceptable pour moi, surtout si B exprime une envie inverse.
J'échange, je réfléchis, et je reviens quand j'ai une pensée plus structurée sur le sujet.

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Caoline

le vendredi 03 janvier 2020 à 20h52

laurent59
Le pourquoi de A est parfois 'je vais passer pour une cocue', d'autre fois 'que me reste t'il d'unique?'

Ce ne sont vraiment pas des propos de poly ça. Ne s'est elle pas servi de la notion de poly pour vivre ses envies mais en fait elle ne l'accepte pas du tout pour toi. T'avoir quitté et revenir c'est un autre élément qui va dans le sens de me faire penser qu'elle n'est pas poly.
Bon courage.

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laurent59

le dimanche 05 janvier 2020 à 16h42

@Caoline j'ai un avis plus nuancé: elle est d'accord pour le philosophie poly mais la réalité lui est beaucoup plus difficile pour elle. Elle a une réelle envie que ça puisse être vécue pour les deux partis mais c'est à chaque 'première fois' qu'elle se prends la réalité en face et que sa sensibilité, ses schémas pas forcément complétement déconstruits, ses émotions la font souffrir.
D'où son besoin d'essayer de mettre en place un cadre le plus sécurisant possible pour elle.
C'est un peu comme l'histoire des vitesses: je sais que dans ma tête ça va vite et que j'ai une grande capacité de résilience, mais j'ai compris que ce n'étais pas juste d'imposer mes capacités à mes partenaires (et j'ai du mal car c'est dans ma nature).
Ça ne m’empêche pas d'avoir déjà souffert lors de première fois aussi, surtout quand c'est arrivé 'par surprise'.
Je pense que les ententes peuvent aussi servir à minimiser cet effet de surprise (des choix et actions sur des sujets non discutés au préalable) qui accentue souvent la souffrance que peuvent engendrer des remises en questions, même si elles sont voulues et assumées au final comme bénéfiques.
Un exemple d'aujourd'hui :
- A découvre que je fais des massages à B (car A voulait que je lui en fasse, j'adore ça et j'ai refusé de prendre ma serviette pour notre prochain rendez-vous afin d'en recevoir une nouvelle juste pour nous deux puisqu'elle m'a échangé depuis quelques jours un besoins d'objets exclusifs, ce que je peux comprendre même si je n'ai pas le même besoin).
A me demande du temps pour encaisser la nouvelle. Elle est OK pour ne pas avoir d’exclusivité sur cette pratique mais elle a besoin de temps pour s'y faire et travailler sur cette déconstruction, l'exprime clairement, et j'ai à cœur de faciliter ça.
Alors oui, ce ne sont pas des propos de poly car je crois que nous sommes des poly débutants (on recherche notre mode de polyamour) et c'est tout l’intérêt pour moi de ce forum d'échange de pouvoir être aider par d'autres personnes qui sont passés par des questions ou expériences en rapport.
D'ailleurs je vous remercie pour vos retours.

Message modifié par son auteur il y a 5 mois.

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laurent59

le dimanche 19 janvier 2020 à 21h04

La situation a évolué et j'ai rompu avec B. A m'a indiqué sa limite a supporter le contexte de notre relation et j'ai fais un choix qui me permette d'envisager mon futur plus sereinement (et pas pour faire plaisir à A ou la garder, rien ne me dit que ça continuera, même avec un contexte différent, j'ai pensé à mon bonheur avant tout, et réduire la souffrance, la mienne et éventuellement celle des autres).
Ce qui est ressorti de ce choix:
- Les ententes/accords, même si elle peuvent être formulées après coup, sont quand même beaucoup plus facilement acceptables quand elles sont définies avant la situation. Je ne peux pas tout anticiper mais il est important d'essayer de ressentir ce qui va faire souffrir ou non avant que ça n'arrive.
Et ça m'amène à ma seconde réflexion: comment je définis mes limites avant d'avoir expérimenté par moi même celle-ci. Car la plupart des accord qui m'ont été demandés l'ont été fait avec la peur de souffrir, et donc pour éviter cette souffrance. Moi, j'ai tendance à expérimenter, morfler peut être, puis définir mes limites en fonction de l'expérience.
Autre conclusion: la clarté et l'explicite sont la clef de pas mal de choses.
En effet, je me suis pris en face (par A et B) que je les avais mises au pièds du mur, dans une situation qu'elles n'avaient pas choisi.
A m'a dit qu'elle n'avait pas eu le choix que d’accepter ma relation avec B lorsqu'elle est revenue avec moi et que ce n'était pas respectueux de sa liberté de choix.
Quant à B elle m'a dit que même si j'avais annoncé être polyamoureux elle n'avait pas eu le choix quand j'avais décidé de me remettre avec A.
J'ai vu des ententes (Salope Ethique, Compersion, ce forum) qui effectivement tendent à limiter les possibilité qu'une relation n'évolue d'une manière qui ne conviendrait pas à l'un des partis. Mais dans le cadre d'un choix de polyamour sans hiérarchie, est ce possible que ces ententes soient écrites, anticipées ?
Je suis désolé pour le double post et le déterrage de topic qui n'apporte pas grand chose mais c'est juste où j'en suis sur les ententes (j'ai l'impression que ça rejoint un peu la discussion sur le modèle de relations ailleurs sur le forum).
Est ce possible de mettre en place des accords autrement que restrictifs ?

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cactus

le lundi 20 janvier 2020 à 20h28

laurent59
En effet, je me suis pris en face (par A et B) que je les avais mises au pièds du mur, dans une situation qu'elles n'avaient pas choisi.
A m'a dit qu'elle n'avait pas eu le choix que d’accepter ma relation avec B lorsqu'elle est revenue avec moi et que ce n'était pas respectueux de sa liberté de choix.
Quant à B elle m'a dit que même si j'avais annoncé être polyamoureux elle n'avait pas eu le choix quand j'avais décidé de me remettre avec A.

Mais quand A t'a proposé de ré-initier la relation, tu lui avais dit clairement que tu étais en relation avec B, donc elle pouvait faire le choix de ne pas reprendre la relation si ça ne lui convenait pas, non ? Elle n'avait aucune obligation, donc bien sa liberté de choix ?
Ou sinon, c'est qu'elle te demande l'exclusivité. Donc je ne comprends pas très bien pourquoi elle te reproche cela.

Quand à B, elle n'avait probablement pas mesurer toutes les implications d'être en relation dans un cadre polyamoureux, des conversations que j'ai pu voir sur ce forum, j'ai l'impression que les personnes non familières avec le concept, et à qui on annonce au tout début "je suis polyamoureux.se" ne réalisent pas vraiment dans quoi elles s'engagent au final, et disent "oui, ok" sans pour autant comprendre à quoi elle disent oui.
Ni l'une ni l'autre ne devraient avoir de "droit de regard" sur avec qui tu relationnes... (enfin, de mon point de vue).
B savait que tu es dans cette logique relationnelle, donc elle te reproche quoi ? D'avoir une autre relation, ou d'être spécifiquement de nouveau en relation avec A ?

Désolée hein, je cherche juste à comprendre...

laurent59
Est ce possible de mettre en place des accords autrement que restrictifs ?

Je ne sais pas. Les qq accords qui concernent mes relations sont restrictifs, mais tout à fait gérables et compréhensibles - du moins pour moi - dans mon contexte actuel.
J'ai l'impression que c'est forcément restrictif mais peut-être que sur une échelle de 1 à 10 ( 1 "je le fais sans effort" et 10 "motif de rupture"), y'a évidemment divers degrés de contraintes, et ça ne pose pas de problèmes tant que ça reste en dessous de 5. Un truc comme ça.
Après j'ai encore assez peu d'expérience, j'ai l'impression que j'ai à la fois besoin d'expérimenter mais aussi de me projeter dans la situation pour savoir ce qui va convenir ou pas (je sais, je t'aide pas ><)

Message modifié par son auteur il y a 4 mois.

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laurent59

le mardi 21 janvier 2020 à 15h16

@cactus
Tu es dans le fond du problème.
A savait parfaitement quand elle m'a demandé de reprendre la relation et a accepté (mais pas en connaissance de cause, n'ayant jamais vécu ça, donc limite du consentement éclairé). A n'avait pas évalué la souffrance que ça lui causerait de devoir me 'partager' avec B (elle est poly sur le principe mais elle aimerait que je respecte son rythme de déconstruction, et en trois mois de se prendre le réel de cette autre relation au quotidien elle a beaucoup évolué mais aussi beaucoup souffert, d'où sa limite).
Quant à B effectivement elle n'imaginait pas qu'avoir une histoire d'amour avec un polyamoureux ça pouvait aussi comprendre que je sois très régulièrement avec A, que je parte parfois en week-end avec (ce que je faisais aussi avec B, j'ai mis beaucoup (trop) d'énergie à essayer d'avoir des relations équitables).
Ni l'une ni l'autre de mes relations n'a jamais même sous entendu qu'elle avait un droit de regard sur mes relations, même si parfois j'ai entendu que si je consacrais du temps à une nouvelle relations cela risquait de diminuer le temps pour les relations existantes et que ça pourrait être cause de rupture (et là je me pose la question entre chantage émotionnel et définition des limites).
Maintenant, j'aimerais que tu creuse sur le 'droit de regard' dont tu parles car c'est un sujet qui m'interroge aussi. Chaque relation me demandait quand j'étais avec l'autre, par exemple. Est ce pour toi un droit de regard ?
Il s'agissait notamment pour chacune des relations d'avoir la possibilité d'anticiper sur son malaise de mon indisponibilité couplé à l'angoisse de l'inconnu (et si j'étais avec une autre relation).
Ensuite une de mes relations m'a demandé si je pouvais parler de ce que je faisais avec l'autre afin de ne pas la diaboliser comme une relation inconnue et 'tellement mieux' qu'elle et se faire moins de films, humaniser celle-ci pour pouvoir travailler sur une éventuelle compersion.
Oui, dans cette histoire je suis persuadé que personne n'est complétement déconstruit, serein avec sa vision du polyamour, ses choix, la réalité, moi en premier. Et c'est pour ça surtout que j'ai décidé de revenir à une situation plus propice à une introspection et une remise en question me concernant (je ne peux agir que sur moi même).

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(compte clôturé)

le mardi 21 janvier 2020 à 15h53

Pour le droit de regard, à mon sens , si tu veux sécuriser A et B tu dois t'adapter à chacune de leurs demandes. Ce n'est pas du contrôle de leur part, au contraire. Elles veulent sortir du doute et pouvoir faire leurs choix en connaissance de cause.
Si tu vas passer un we avec A par exemple, B te demande ce que tu comptes faire, tu lui expliques et la rassure en lui proposant le we suivant et en lui demandant ce qu'elle souhaite faire. Ainsi chacun aura sa sécurité et se sentira importante à tes yeux.

Si les doutes sont trop présents, la sécurité ne peut pas s'installer. Ne le prends pas pour un interrogatoire et finis tes explications par : je t'ai tout expliqué, est ce que cela te convient ?

Message modifié par son auteur il y a 4 mois.

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laurent59

le mardi 21 janvier 2020 à 17h17

@ourscalin
Sauf que A et B m'ont demandé que je ne parle pas de ces personnes à mon autre relation (jalousie, faible estime de soi, volonté de gardé une intimité de couple 'absolu', toussa) et que j'ai donc eu régulièrement eu l'impression d'être entre l'enclume et le marteau (et je le répète, je n'ai jamais demandé à personne de changer, dans ma philosophie le changement ne peut venir que de soit).
Et pour l'histoire des week-end, c'est une version simple que tu proposes. La réalité est qu'un week-end sur deux je ne suis pas dispo et qu'il ne me reste donc que deux week-end dans mon mois. Si je suis 'égalitaire' je dois donc réserver un week-end pour chacune de mes relations (si j'en ai deux, je vais prendre ce pre-supposé qui correspondait à ma réalité mais on voit de suite la limite) ce qui a deux conséquences fâcheuses et vécues : un seul week-end par mois leur semble peu à chacune, et moi je n'ai plus aucun week-end pour mes activités perso, ce qui ne me convient pas.
Quant aux explications et à la transparence je suis aussi en terrain miné (rapport à la sensibilité de A et B évoqués dans mon mon premier paragraphe) car j'ai vécu de faire mal en en disant pas assez et inversement de faire mal en en disant trop, les deux provoquant de la jalousie (l'un par imagination que ce qui est vécu ailleurs est forcément meilleur, l'autre par envie). Là dessus je recommande 'compersion' et la méthode du dialogue par étapes qui permet de s'en sortir à peu près (en vérifiant si le degré d'informations fournis est satisfaisant, pas trop, laissant la main à chacun pour avancer ou pas dans la divulgation de détails).
Mon questionnement sur le droit de regard est aussi en rapport avec le respect de l'intimité de ce qui est vécu avec l'autre relation (l'intimité étant une notion floue et personnelle) et le fait d'avoir la possibilité de garder un 'jardin secret' personnel associé à une liberté personnelle qui ne serait être remise en question par une volonté extérieure d'être rassuré (ou pas, c'est une interprétation perso), ou une transparence rendue obligatoire par un choix de vie non conformiste.
M'adapter aux demandes de chaque relation (écouter, prendre en compte oui, forcément m'adapter... ok pour 'dans la mesure de mes possibles') ne me semble pas un conseil raisonnable car cela revient à me rendre responsable d'un besoin qui n'est pas forcément le mien (ou de souffrances qui ne sont pas les miennes). J'ai à cœur de soutenir les personnes que j'aime, leur donner amour, présence, temps de qualité, les chérir et les accompagner dans le chemin de leur épanouissements en liberté
Et pour être pragmatique j'ai bien entendu leur besoin et tenté de trouver, malgré l'impasse citée au début de ma réponse, des solutions mais j'ai eu l'impression d'apaiser leurs douleurs sur le coup, de me mettre parfois en grande difficulté, pour dissiper les doutes mais ça n'a pas guéri chez mes relations la source de ces doutes qui est en elles.
Et, à titre personnel, mes relations ont aussi d'autres relations et je me questionne aussi sur mon 'droit de regard' sur celles-ci en permanence, oscillant grosso modo entre le 'mes relations font ce qu'elles veulent en dehors de ma relation avec elles, c'est forcément enrichissant je suis heureux pour elles et disponible si elles veulent m'en parler' et 'polyamour = transparence et honnêteté j'ai le droit de leur demander si elles ont d'autres relations et pour favoriser ma compersion ou me rassurer dans mes angoisses d'enfant avoir des informations sur celles-ci'.
Ces deux positions sont critiquables en bien des points, je me creuse actuellement la tête pour trouver un mode de fonctionnement que j’espérerai le plus simple possible qui puisse me satisfaire (et tout ça varie dans le temps et l'humeur, sinon c'est pas drôle).

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artichaut

le mardi 21 janvier 2020 à 17h54

cactus
sur une échelle de 1 à 10 ( 1 "je le fais sans effort" et 10 "motif de rupture"), y'a évidemment divers degrés de contraintes, et ça ne pose pas de problèmes tant que ça reste en dessous de 5. Un truc comme ça.

Cette phrase m'a fait réfléchir. Et je ne sais pas exactement quoi en penser…

J'aime bien ces histoires d'échelle de 1 à 10 pour ce qu'elles nous permettent de comprendre/estimer/relativiser un ressentis.

Le "1" de ton échelle me questionne. Pourquoi "je le fais sans effort" et pas "je suis hyper content·e de le faire" ?

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artichaut

le mardi 21 janvier 2020 à 18h04

laurent59
La situation a évolué et j'ai rompu avec B.

Cette phrase m'a fait frémir.

Non que je pense que ce soit une mauvaise chose d'avoir rompu avec B (c'est ton choix et tu es libre de le faire).
Mais ça ressemblait pour moi à "je largue ma secondaire pour faire plaisir a ma principale". Et je frémis toujours à cette idée.

Dans un monde idéal j'aimerais que chaque relation existe pour elle-même et ne soit pas affectée par les autres relations (genre : "je sais que tu ne me quitteras pas parce que tu rencontrerais une autre personne, mais uniquement si la relation avec moi devenait insatisfaisante).

Dans un monde poly je sais que ce n'est pas vrai. Et même que ce n'est pas souhaitable que ce soit vrai.
D'une part car les relations s'influencent l'une l'autre, et que c'est ça qui fait qu'on est vivants, et pas des êtres séparés.
D'autre part car cette inter-influence des relations est même quelque chose de chouette et à construire.

Mais quand j'entends "rupture" dans un cas comme ça, j'entends toujours quelque chose comme "gâchis" ou "victime collatérale".

Je dis pas que c'est le cas, hein. Je dis comment ça résonne en moi. (Et j'essaie de comprendre pourquoi).

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artichaut

le mardi 21 janvier 2020 à 18h14

laurent59
j'ai donc eu régulièrement eu l'impression d'être entre l'enclume et le marteau

Bien complexe la situation dont tu nous fait part.

J'aurais envie de dire, que : « Bien la personne pivot se doive de bien faire fonctionner la relation en V, qu'elle est la personne qui devrait prendre le +de charge relationnelle, elle n'est pour autant pas capable de tout faire. Et dans le cas cité, j'aurais envie de dire. Ils serait bon qu'elles se parlent et cessent de t'utiliser comme intermédiaire (refus de se mettre en jeu ?). »
Mais ceci semble juste impossible dans la situation. Donc en effet tout ça est bien bloqué. Et le concours de circonstance (A part, B arrive, A revient) est bien peu commode.


Sur le droit de regard je ne pense pas qu'on puisse énoncer des vérités toutes faites et transposables.
Mais ce qui m'a fait réfléchir, moi, dans des cas similaires, c'est de se demander : D'où vient cette exigence de droit de regard ? Que recèle t-elle ? Qu'elle est la posture qui l'accompagne ? Contient-elle de l'empathie ou non ? etc

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Ellea

le mardi 21 janvier 2020 à 18h18

Laurent59 c'est rigolo lorsque tu dis " qu'il ne te reste que 2 week-end de dispo dans le mois et que tu coup tu n'a plus de temps pour toi !" Il faut réfléchir lorsqu'on s'engage dans 2 relations simultanément
Elles sont amoureuse et veulent passer du temps avec toi c'est normal !!

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artichaut

le mardi 21 janvier 2020 à 18h22

Ellea
Il faut réfléchir lorsqu'on s'engage dans 2 relations simultanément
Elles sont amoureuse et veulent passer du temps avec toi c'est normal !!

Moi je ne suis pas d'accord avec ça.
Je ne vois pas en quoi être en relation amoureuse nécessite de passer XX temps avec XX personne.
Ça rejoint la question des critères de satisfaction dans les relations. Et je trouve que globalement c'est très très normé tout ça : pas "normal" mais normé.

Et garder du temps pour soi avec soi-même me semble indispensable et non-négociable, quelque soit le nombre de relations que l'on ai par ailleurs.

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artichaut

le mardi 21 janvier 2020 à 18h37

J'ai l'impression qu'on ne dit pas assez qu'entrer en polyamour c'est entrer dans des relations qui ne sont pas monogames, donc qui ne fonctionnent pas avec les même critères.

Le polyamour n'est pas l'addition de plusieurs relations mono. C'est —il me semble — (commencer à) penser les relations autrement.

Du coup ce qui était connu ne l'est plus. Les certitudes deviennent des doutes. Etc.
La question c'est Comment on gère avec ça ? Comment on avance s'il n'y a plus que des doutes ? Comment on se garde des amarres pour ne pas chavirer ?

La question du temps, me semble symptomatique. …même si ce n'est qu'une question parmi d'autres.

(…et je n'ai pas de réponse à la question que je pose).

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artichaut

le mardi 21 janvier 2020 à 19h03

Du coup, là où je te rejoindrai @Ellea…

Ellea
Il faut réfléchir lorsqu'on s'engage dans 2 relations simultanément

C'est qu'il ne suffit pas de dire "Au fait je suis poly, j'espère que ça te va ?" (je dis pas que c'est ce que tu as fait @laurent59 ) mais expliquer en long, en large et en travers c'est quoi le polyamour, en quoi c'est radicalement différent, les bons et les mauvais côté, etc.
Je pense qu'on a une responsabilité en tant que poly, d'expliciter clairement ce que c'est, et ne pas attendre des autres qu'ils/elles le comprennent (alors que nous -même on ne comprends pas tout !).
Proposer le poly à un·e non-poly c'est proposer de naviguer sur des eaux mouvementées alors que jusqu'à présent —peut-être— il/elle était restée au port. (même si y'a plein d'autres façons —chouette et moins chouettes— de naviguer sur des eaux mouvementées).
Il vaux mieux être emballé par le voyage (le voyage poly, pas juste le voyage avec soi), et pas juste le faire par dépit (accepter pour ne pas renoncer à la relation), ou juste par un "oui, bon, ok".
Je pense qu'il faut être clair·e et sincère avec ça.

Sur une échelle de 1 à 10 ( 1 "je consent à vivre le polyamour" et 10 "j'ai super grave envie de le vivre"), je dirais qu'il est dangereux d'entrer en relation avec des personnes si elles se placent en dessous de 7/8.
Dangereux pour l'autre et dangereux pour soi.

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artichaut

le mardi 21 janvier 2020 à 19h10

(pardon @laurent59 pour le squat du fil)

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cactus

le mardi 21 janvier 2020 à 21h41

artichaut
Cette phrase m'a fait réfléchir. Et je ne sais pas exactement quoi en penser…

J'aime bien ces histoires d'échelle de 1 à 10 pour ce qu'elles nous permettent de comprendre/estimer/relativiser un ressentis.

Le "1" de ton échelle me questionne. Pourquoi "je le fais sans effort" et pas "je suis hyper content·e de le faire" ?

Parce que je suis partie du principe qu'on parle de contrainte, et de fait, si c'est une contrainte, elle me "coûte". Si je suis hyper contente de le faire, dans ma tête ce n'est pas catégorisé comme "contrainte", donc c'est hors échelle ;)

laurent59
Maintenant, j'aimerais que tu creuse sur le 'droit de regard' dont tu parles car c'est un sujet qui m'interroge aussi. Chaque relation me demandait quand j'étais avec l'autre, par exemple. Est ce pour toi un droit de regard ?

Non, ce que je voulais dire par droit de regard, c'est le veto que pourrait mettre une personne à ce que tu relationnes ou pas avec une autre, ce qui pour moi n'est pas recevable. J'ai peut-être employé le terme "droit de regard" de façon abusive/inadéquate. J'ai évoqué ça parce que c'est ce que j'ai compris quand tu as écrit :
"A m'a dit qu'elle n'avait pas eu le choix que d’accepter ma relation avec B lorsqu'elle est revenue avec moi et que ce n'était pas respectueux de sa liberté de choix.
Quant à B elle m'a dit que même si j'avais annoncé être polyamoureux elle n'avait pas eu le choix quand j'avais décidé de me remettre avec A."

Cela dit, ce que tu évoques dans "Chaque relation me demandait quand j'étais avec l'autre" fait partie, dans mon mode de fonctionnement, de la transparence à avoir entre les relations SAUF si on me demande explicitement de ne pas donner cette information.
Mais dans ce cas, ça veut dire aussi que je vais chercher à comprendre pourquoi on me demande cette opacité, qu'est-ce que ça remue chez l'autre de savoir.

laurent59
@ourscalin
Sauf que A et B m'ont demandé que je ne parle pas de ces personnes à mon autre relation (jalousie, faible estime de soi, volonté de gardé une intimité de couple 'absolu', toussa) et que j'ai donc eu régulièrement eu l'impression d'être entre l'enclume et le marteau (et je le répète, je n'ai jamais demandé à personne de changer, dans ma philosophie le changement ne peut venir que de soit).

ça serait intéressant de savoir comment elles ont réagit l'une et l'autre quand tu as évoqué cette demande de l'une comme de l'autre de respect de vie privée. Vu qu'elles avaient toutes les 2 le même besoin là-dessus, j'imagine qu'elle pouvaient se comprendre?

Je suis en accord avec la vision d' @artichaut, sur les points suivants :

artichaut
Sur le droit de regard je ne pense pas qu'on puisse énoncer des vérités toutes faites et transposables.
Mais ce qui m'a fait réfléchir, moi, dans des cas similaires, c'est de se demander : D'où vient cette exigence de droit de regard ? Que recèle t-elle ?

J'aurais tendance à fonctionner comme suit :
- une base de transparence sur mes temps hors relation (avec qui je suis)
- ensuite, si besoin de précisions, comprendre pourquoi la personne demande ces précisions, quel est le besoin caché derrière.

artichaut
J'ai l'impression qu'on ne dit pas assez qu'entrer en polyamour c'est entrer dans des relations qui ne sont pas monogames, donc qui ne fonctionnent pas avec les même critères.

Le polyamour n'est pas l'addition de plusieurs relations mono. C'est —il me semble — (commencer à) penser les relations autrement.

artichaut
C'est qu'il ne suffit pas de dire "Au fait je suis poly, j'espère que ça te va ?" (je dis pas que c'est ce que tu as fait @laurent59 ) mais expliquer en long, en large et en travers c'est quoi le polyamour, en quoi c'est radicalement différent, les bons et les mauvais côté, etc.

C'est ce que je voulais dire par "j'ai l'impression que les personnes non familières avec le concept, et à qui on annonce au tout début "je suis polyamoureux.se" ne réalisent pas vraiment dans quoi elles s'engagent au final, et disent "oui, ok" sans pour autant comprendre à quoi elle disent oui."
Et je crois que dans ce cas, j'aurais envie de prendre des exemples très concrets, probablement parce que j'ai souvent moi-même du mal à me projeter dans un concept si on ne me donne pas des exemples très pragmatiques de ce que ça peut donner, genre "Ok, mais ça veut dire quoi exactement ?"

Message modifié par son auteur il y a 4 mois.

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