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Le Polyamour : vivons heureux, vivons caché ? Un coming out comme les autres ?

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EmilieCausal

le dimanche 15 septembre 2019 à 10h20

Bien le bonjour les polyloveurs,

J'aime tout particulièrement écrire, alors pourquoi pas partager quelques réflexions avec vous ?

Me voilà toute nouvelle dans cette communauté et déjà milles questions me font face. Pour ceux qui ont déjà lu un de mes posts, je ne me suis rendue compte que récemment de ma "condition" de polyamoureuse, et tout prend sens. Suis-je la seule à vouloir faire un coming-out ? A être révoltée de devoir vivre cachée ? Lorsque j'ai enfin abordé ceci avec mon compagnon, je n'avais pas réalisé qu'une fois de plus, la société était si imparfaite, "si tu l'embrasses à tel endroit, je serais un cocu et tu seras une sal*pe". Tristement vrai. Et pourtant je veux pouvoir me balader avec l'un et l'autre, l'un puis l'autre, sourire à leurs côtés, les embrasser, vivre ma vie sans me soucier du regard des autres, comme je l'ai toujours fait.

Lors de mes recherches, j'ai croisé le drapeau du polyamour et les significations de chaque couleur.

"Le noir, représentant la solidarité avec celles et ceux qui, bien qu'ouverts d'esprit et honnêtes avec toutes les personnes prenant part à leurs relations, doivent cacher au reste du monde les-dites relations à cause des pressions exercées par la société."

Je refuse. Je hurle à ces mots. Je ne comprends d'ailleurs pas que dans les mouvements de libération amoureuse/sexuelle que nous vivons actuellement à travers le monde, un tel propos soit mis en avant "cacher". Me voilà hippie, utopiste, à mettre mon coeur à nu, mais je crois profondément que nous sommes, nous humains, des êtres d'amour inconditionnel et qu'il réside en nous. Devrions-nous le cacher ? Vraiment ? Le monde ne serait-il pas plus beau en étant libérés ?

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Ltfox

le dimanche 15 septembre 2019 à 11h48

EmilieCausal
Devrions-nous le cacher ? Vraiment ? Le monde ne serait-il pas plus beau en étant libérés ?

Je suppose que cette question trouve sa réponse dans l'importance que tu accordes au regard des autres. J'ai toujours pensé personnellement que les gens qui s'amusent à colporter les ragots du genre cocu, salope, et autres joyeusetés sont des gens dont l'avis m'importe peu, et tout faire pour leur plaire est la dernière chose qui me viendrait à l'esprit. Après, je suppose que pour certaines personnes (dont le travail repose en partie sur leur réputation) ça peut être un sujet plus délicat. L'environnement peut aussi influer, les petits villages par exemple sont prompts à faire courir des ragots et à stigmatiser les marginaux. Tout ça pour dire qu'on ne vit pas dans un monde suffisamment parfait pour faire une règle générale qui s'applique à tout le monde, en tout cas selon moi.

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ourscalin

le dimanche 15 septembre 2019 à 13h11

Je comprends ces inquiétudes, j'habite un tout petit village et la ville proche, on ne peut y circuler sans connaitre du monde. Sur un site de rencontre, j'y ai mis mes photos, je me moque du "qui dira"
Mon épouse est sur le même site et il y a des collègues à elle qui y sont, pareil, on s'en fout.
Si une histoire émerge, on a des réponses pour ça.
On est libre de vivre notre couple comme on l'entend.
Nos enfants ne sont pas au courant de nos philosophies, on avisera en temps voulu si quelque chose se produit.

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bonheur

le lundi 16 septembre 2019 à 08h06

Je me suis éloignée de mes parents. A 40 ans m'entendre dire ce qu'il pense de qui je suis au plus profond de moi comme étant, "bla blabla blabla". Je laisse au blabla le sens que les blablateurs donne. C'est leur définition, pas la mienne. Je vis en campagne et tous mes voisins se foutent royalement de ma vie. L'avantage d'avoir un jardin et suffisamment d'espace pour mettre de la distance. Et puis, rien à foutre et surtout, une fois mon état de colère dépassé (tu en es à ce stade EmileCausal), je vis et point barre. Mes collègues savent qui je suis et en pensent… ben ce qu'il-elles en pensent.

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noelmarie

le lundi 16 septembre 2019 à 09h08

Bonjour Emilie, merci de d'avoir lancé cette discussion; Le terme coming-out n'est peux être pas pour certains de nos amis le plus approprié de par sa connotation sexuelle , mais il nous (nous sommes un Quad) va très bien . Contrairement à ce que semble penser Ltfox , ce n'est pas l'importance qu'on accorderait au regard des autres, qui est notre motivation première: être polyamoureux c'est être transparent, authentique, avec ses partenaires. Cette authenticité participe à "l'estime de soi" et l'étendre au delà du premier cercle, devient un besoin. Comme dans un processus classique de coming-out, on commence par quelques amis intimes, la famille etc.... Le regard des autres sur le domaine public me semble d'une autre dimension et au demeurant plus complexe.

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EmilieCausal

le lundi 16 septembre 2019 à 11h56

Merci à tous pour vos réponses.

De mon côté, je me fiche royalement du regard des autres, @Ltfox, tu as bien raison, les colporteurs ne sont pas des gens dont l'avis est digne d'intérêt.

Je pense effectivement être dans cette phase de colère, d'indignation, de rebellion (bon, celle-ci, je l'ai depuis ma naissance ahaha)...
Nous sommes aussi dans une zone assez restreinte, ce qui pose un souci à l'un de mes métamours (bien que moi cela ne m'affecte pas).

Je me reconnais beaucoup dans tes propos, @noelmarie, et c'est ainsi que je le ressens... Au delà de la sexualité, c'est une façon de ressentir, d'être qui ne rentre pas dans les cases de la société. Et qui prône la transparence et l'acceptation, envers les autres et envers soi-même. S'accepter autant pour se cacher ensuite ?.. C'est insensé à mes yeux. J'ai commencé à en parler un peu dejà, de très bons amis sont au courant. Et ça fait du bien.

Le principe même du coming-out me dépasse parfois, chacun devrait pouvoir aimer qui il veut et faire ce qu'il souhaite. (Oui oui, je reste une utopiste... Que voulez-vous)

Je suis contente de lire autant de "on s'en fout" en tout cas (+)

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Sophie72

le lundi 16 septembre 2019 à 14h40

J'ignore si mon regard sur la question a un intérêt car bien qu'ayant plusieurs fois été amoureuses de plusieurs personnes simultanément, je n'ai pas eu et n'aurais probablement jamais de relations polyamoureuses. En dehors de mon chéri, personne ne le sait vraiment car je pense que mes proches ne comprendraient pas et comme concrètement c'est comme si j'étais mono, je pense qu'ils comprendraient encore moins. L'autre jour avec mon cher et tendre, on parlait des gens du village qui "surveillent" les allers et venues des autres, propagent les rumeurs.... Ils savent toujours qui "fricote" avec qui . Un peu plus tard , je dis un prénom masculin (celui de mon nouveau prof de danse) et je vois mon mari d'un air interrogateur que je ne lui connaissais pas. Je précise amusée que c'est mon nouveau prof de danse et comme on s'est compris d'un regard, je lui dit que si je fréquentais un homme, il le saurait peut-être avant même que je n'ai eu le temps de lui dire quoi que ce soit, avant même peut-être que moi je ne réalise que j'éprouve quelque chose. On rit et je lui demande si cela arrivait quelle serait sa réaction et il a répondu:" je leur clouerais le bec en leur disant que je suis déjà au courant , que tu ne me caches rien". Cela nous a amusé mais nous ne sommes pas dupe sur le fait que les ragots ont forcément un impact sur nos vies , sur celles des proches (je pense notamment aux enfants) et que c'est rarement positif...

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castor_73

le lundi 16 septembre 2019 à 16h53

C'est un sujet délicat mais personnellement, seuls mes amis proches et mon frère le savent... Je n'en ai pas parlé à mes parents (même si je pense qu'ils s'en doutent un peu).
Je ne vais pas me cacher quand je suis avec mon amoureux mais c'est sûr que si je croisais un membre de ma belle-famille par exemple, j'aurais du mal à m'expliquer...
J'exerce une profession libérale et la réputation peut en pâtir... Les gens font vite des amalgames et c'est compliqué à gérer.
Pour l'heure, je n'ai pas envie de plus me cacher que ça et je me dis "qui vivra verra", j'ai ma conscience pour moi car mon mari et mon amoureux connaissent la situation. C'est surtout ça l'essentiel selon moi.

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bidibidibidi

le lundi 16 septembre 2019 à 17h37

Personnellement, je n'en parle pas autour de moi pour deux raisons :
- C'est personnel, et je ne me sens pas le devoir de le partager.
- Certaines personnes ne comprendront pas, ou pas bien. Et je n'ai pas envie que ça arrive. "Pour vivre heureux vivons cachés".

La seule chose que je trouve dommage, c'est que je ne visibilise pas plus notre choix de vie en n'en parlant pas.

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Mark

le lundi 16 septembre 2019 à 17h45

bidibidibidi
- Certaines personnes ne comprendront pas, ou pas bien. Et je n'ai pas envie que ça arrive. "Pour vivre heureux vivons cachés".

C'est terrible comme paradoxe! Quand l'esprit poly prône la transparence, et qu'on parle plus facilement d'adultère en public.

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bidibidibidi

le mardi 17 septembre 2019 à 09h18

Mark
C'est terrible comme paradoxe! Quand l'esprit poly prône la transparence, et qu'on parle plus facilement d'adultère en public.

Je ne parle pas d'adultère en public :-)
Ce sont peut-être des sujets qui m'ennuient ou que ça m'ennuie d'aborder.

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Agatha

le mardi 17 septembre 2019 à 10h20

Chez nous, le (ou les) "coming out" s'est fait petit à petit. Se protéger des réflexions, opinions et jugements était plus important quand nous étions en plein questionnement sur le sujet. Donc, pendant un certain temps après la bascule (un an ou un peu plus), seuls quelques amis très proches étaient au courant. Aujourd'hui, 4 ans plus tard, nous sommes capables d'assumer ce(ux) que nous sommes, et d'être plutôt indifférents à ceux qui jugent et comprennent de travers. Donc, sont au courant : mes parents, mon frère et ma sœur, la mère de mon compagnon, la plupart de nos amis (nous en avons parlé - en général lorsque l'occasion se présentait, pas en mode "au fait j'ai un truc à te dire" - à une dizaine ou une vingtaine de personnes peut-être, et je suppose que la nouvelle s'est aussi répandue sans notre concours). Après nous restons relativement discrets dans la rue (ville de province de taille moyenne), sans s'interdire tout geste tendre non plus.
Nous avons eu : des gens qui ne font aucun commentaire, des gens qui posent des questions intelligentes et délicates, des "si vous êtes heureux là-dedans, c'est super", des "ah moi je pourrais pas", des "mais vous êtes encore amoureux ?", des "c'est parce que vous ne couchez plus ensemble ?"
La plupart respectent, certains ne comprennent pas et jugent.
Mais je m'en fous. D'abord, le bingo des réflexions à la con, je m'étais déjà entraînée avec le végétarisme. Donc ça me passe assez au-dessus la plupart du temps. Et puis à la rigueur, c'est un bon moyen de faire du tri entre les gens toxiques ou fermés et les autres. On a le droit de ne pas comprendre, le droit de ne pas partager, bien sûr ; mais ceux qui jugent très durement sans connaître, ceux qui n'essaient absolument pas de comprendre, eh bien, nous n'avons pas grand-chose à faire ensemble ! Cela fait partie de ce que je suis, je déteste mentir ("non non on part en vacances ensemble mais c'est juste un copain", très peu pour moi) et j'estime important de participer à la visibilité des minorités lorsque le prix à payer n'est pas trop élevé (contrairement à un homosexuel au Maroc, par exemple !).
Après, nous sommes dans un milieu un peu plus ouvert que d'autres, plutôt artistique ou militant.
En revanche, je n'ai pas envie que cela se sache dans l'entourage scolaire des enfants, en particulier pour leur éviter des réflexions. Ils sont au courant de notre mode de vie, on leur a expliqué en passant que c'était de l'ordre du personnel, donc que ça ne regarde ni leurs camarades ni leurs profs, mais de toute façon, ils s'en foutent un peu pour le moment (6 et 8 ans), ce n'est pas comme s'ils se sentaient dépositaires d'un secret à ne pas partager.

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bonheur

le mardi 17 septembre 2019 à 10h43

(+)

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artichaut

le samedi 21 septembre 2019 à 01h20

Je me souvenais d'un article de blog se posant la question "Peut-on parler de "coming-out" pour le polyamour ?" et qui arrivait à la conclusion que "oui".
Je n'ai pas retrouvé cette page sur le web.

Inversement j'ai eu plusieurs fois écho de personne LGBT+ (poly ou non d'ailleurs) vivant mal cette appropriation du terme coming-out par la communauté poly.

Ce terme est un peu partout sur le web. Dans le Lexique du site, et j'avais même proposé d'en faire un Tag.

Le site Queer Paris définit le coming-out comme le fait de "Divulguer son orientation sexuelle ou son identité de genre". Il n'y est pas question d'orientation relationnelle.

Pour ma part j'ai tendance à voir une différence selon que l'on parle de révéler son orientation relationnelle à sa famille ou ses proches (où je vois des points commun avec le fait de divulguer son orientation sexuelle ou son identité de genre) ou l'assumer à la face du monde (où ça me semble sans commune mesure).

Au delà de la question de la légitimité sur l'emploi de ce terme (ou au contraire de son appropriation déplacée), et/ou pour poser le problème autrement… je me demandais : quel autre terme ou expression pourrait-on proposer pour désigner de fait de révéler son orientation relationnelle (en l'occurence son polyamour) à sa famille ou au monde entier ?

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