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Questionnement : visibilité & lisibilité de vous au travail ?

Coming out
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bonheur

le vendredi 11 septembre 2020 à 13h09

J'aurai voulu recueillir vos ressentis individuels, liés à votre polyamour et sa compréhension sur le lieu de travail.

-Vous préférez vous taire, cacher ? (si oui, pourquoi ?)
-Vous n'indiquez pas clairement, sauf à certains collègues ? (si oui, les particularités de ceux-ci ?)
-Vous vous en moquez et exprimez aussi librement ? (les répercussions ?)

Savez-vous que dans chaque entreprise, il y a un "référent" ? Celui-ci a-t-il la connaissance, les connaissances nécessaires à l'accomplissement de sa mission, en cas utile ?

Merci de vos réactions, qui sont toutes bonnes à comprendre !

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bidibidibidi

le vendredi 11 septembre 2020 à 13h14

Je n'en parle dans aucun milieu quasiment. Ni le milieu familial, professionnel ou amical. Je n'en parle qu'avec les personnes directement concernées et avec mon fils qui du haut de ses 1 ans comprend très bien ce que papa lui dit et répond très sérieusement "Ga, ga, gaga!".

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Gwenny

le dimanche 13 septembre 2020 à 11h17

D'abord j'ai été tentée de dire "je me cache", ce qui est vrai. Ensuite, je me rends compte que dans chaque domaine social (je pense surtout au travail et à la famille) j'ai un petit noyau de gens qui sont au courant.
Pour la famille, c'est assez restreint, juste la famille proche (mes parents, ma sœur). Au travail, je suis dans un milieu effroyablement réactionnaire et oppressif (ce n'est du coup pas la seule chose que je cache de ma vie), j'en ai parlé à un collègue puis à une autre... Sur la quarantaine de gens avec qui je bosse il y en a 4 ou 5 qui sont au courant et ce sont des gens en qui j'ai confiance. J'ai eu des périodes où j'étais réellement terrorisée à l'idée que ça puisse être découvert, maintenant je me sens plus tranquille.
Est-ce que ça répond entièrement à ta question?

Qu'entends-tu par "référent"?

Message modifié par son auteur il y a 12 jours.

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bonheur

le dimanche 13 septembre 2020 à 11h41

Bonjour Gwenny,

Merci pour ta réponse que je trouve intéressante et détaillée. On peut dire que tu sondes avant d'exprimer et c'est certainement ce qu'il faut faire (d'après moi). Et oui, se sentir plus tranquille est opportun, je pense.

Evidemment, comme bibibidibidi, on peut garder pour soi et les personnes directement concernées.

Gwenny
Qu'entends-tu par "référent"?

J'ai réalisé une formation d'assistante en ressources humaines et j'ai découvert que dans toute entreprise, il doit y avoir un référent. Ceci quelque soit le nombre de salarié. Ce dernier a pour mission d'être présent en cas de situation de harcèlement (sexuel).

Egalement, l'employeur se doit d'être en mesure de faire face (avec résultats) et faire cesser les situations de harcèlements (moral également).

Sais-tu s'il y a un référent (CSE ?) de désigner là où tu travailles ?

L'évolution doit se faire au sein des entreprises et les chefs d'entreprises ont une responsabilité (QVT, RSE).

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Gwenny

le lundi 14 septembre 2020 à 00h12

Cher bonheur, (quel kif cette accroche ;)

Merci pour cette info. Je ne sais pas s'il y a un référent mais je vais me renseigner. Est-ce que c'est quelqu'un qui bosse au sein de la DRH ou bien un membre d'instance style CHSCT? Les rares fois où je me suis fait aider pour des soucis au boulot, je me suis tournée vers les syndicats.

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bonheur

le lundi 14 septembre 2020 à 08h10

Super accroche en effet ! (juste je suis une femme :-D )

Le CHSCT n'existe plus, c'est aujourd'hui le CSE (qui regroupe aussi le CE). S'il y a un CSE, alors oui, ce peut être un membre du CSE. En théorie, également un membre du service RH ou de la direction.

Le manque d'informations est évident. Je ne sais pas si toutes les entreprises sont au courant. Voici quelques liens que je considère comme fiable.

https://www.droit-travail-france.fr/le-referent-ha...

https://www.juritravail.com/Actualite/domaine-anal...

https://www.editions-tissot.fr/actualite/represent...

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JM0057

le lundi 14 septembre 2020 à 14h07

En milieu professionnel comme personnel, en général j'en parle dès qu'on atteint le stade de se demander des choses de notre vie personnelle du genre : "qu'est ce que tu fais ce week end ?" (donc très très tôt).
Je pense que ça va de paire avec la transparence nécessaire que tout un chacun qui me cotoie se doit d'avoir le plus tôt possible et qu'il vaut mieux que ça soit trop tôt que trop tard afin d'éviter d’éventuels effets de pression involontaires liées à une envie un peu biaisée.

Il n'y a que dans le cadre de l'observation et l'expérimentation sociale que je tarde volontairement à en parler. Pour tester un peu le rapport avec une nouvelle interlocutrice lorsque celle-ci sait ou ne sait pas (ce qui n'a pas besoin de durer très longtemps en fait).

Les répercussions : il n'y en a pas vraiment. Je crois qu'on est à des années-lumière de la persécution qu'a pu vivre (et vit encore parfois) la communauté gay en matière de coming out. Il n'y a absolument rien à craindre pour son intégrité et sa reconnaissance en tant que personne. Après, je peux croire que ça puisse être différent pour une fille, selon son discours et comment elle communique.
Ceci dit, il y a effectivement une différence dans la création du désir et dans les 1ers "trucs" qui vont vers la mise en place d'une relation intime. Par exemple, une interlocutrice prend un compliment de manière plus équivoque (oserai-je dire "plus efficace") quand elle ignore que quand elle sait (si si, j'vous jure). Je pense que ça vient du fait que le compliment n'a pas la même valeur. Dans le cas où elle ne sait pas, c'est un compliment qui vient d'une personne qu'elle sait en couple, qu'il y a donc une forte prise de risque qui doit doper un peu son égo (se disant, waouh, il "risque sa vie" pour me dire ça, c'est que je dois compter vachement) tandis que dans le cas où elle sait, ben finalement c'est beaucoup plus normal et donc beaucoup moins précieux ...

A part ça, les gens sont admiratifs, étonnés, amusés, curieux ou bien semblent n'en avoir rien à faire en fait. La réaction la plus négative que j'ai pu entendre c'est "ah ouais ! chapeau, moi je pourrais pas".

Message modifié par son auteur il y a 11 jours.

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bonheur

le lundi 14 septembre 2020 à 15h59

Bonjour JM0057,

J'aime bien ton approche. Déjà parce que l'individu reste la même personne quelque soit le milieu. Et oui, les réactions peuvent être variées et parfois, amusé. Moi je me suis entendu "quoi, tu aimes quelqu'un d'autre que ton mari et EN PLUS tu le dis ?"

Ce n'est qu'un exemple, évidemment. J'ai aussi connu des réactions plus légères et plus saines.

Merci pour ta réponse :-D

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Gwenny

le lundi 14 septembre 2020 à 22h35

bonheur
Super accroche en effet ! (juste je suis une femme :-D )

Le CHSCT n'existe plus, c'est aujourd'hui le CSE (qui regroupe aussi le CE). S'il y a un CSE, alors oui, ce peut être un membre du CSE. En théorie, également un membre du service RH ou de la direction.

Le manque d'informations est évident. Je ne sais pas si toutes les entreprises sont au courant. Voici quelques liens que je considère comme fiable.

https://www.droit-travail-france.fr/le-referent-ha...

https://www.juritravail.com/Actualite/domaine-anal...

https://www.editions-tissot.fr/actualite/represent...

"Chère bonne heure" dans ce cas? ;)
Merci beaucoup pour les liens

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LibreAVous

le lundi 14 septembre 2020 à 22h45

Je travaille dans un milieu majoritairement masculin, intellectuel et d'âges très variés, où prévalent "le professionnalisme" et la maxime "no zob in job". On est prié de laisser à la porte tout problème personnel. Même parmi les mono-hétéro c'est assez rare que des couples se forment, et généralement secret tant que les deux sont dans la même entreprise. En effet, en cas de "raté" ébruité, les sanctions sont courantes et aussi impitoyables qu'aucune justification officielle n'est ni nécessaire ni donnée : fin de mission immédiate pour les prestataires, CDD non renouvelés, pour les CDI diffusion de rumeurs, mise au placard ou assimilé, ...
Donc d'une façon générale tout le monde parle facilement maison, enfants, bagnole, maquillage ou dernière cuite, la question "et toi, t'es en couple ?" arrive toujours vite et sans arrière-pensée, mais à toute évocation de sujet se rapprochant des sentiments ou du sexe répond 99% du temps un "je n'en parlerai pas" plus ou moins explicite.
Pour ma part, j'ai juste à dire que "ça dépend des jours", c'est rare que quiconque cherche à en savoir plus. Et quand ça arrive, j'explique simplement et sans gêne, et c'est plutôt l'autre qui aurait préféré ne pas poser la question... :-D

Message modifié par son auteur il y a 11 jours.

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bonheur

le mardi 15 septembre 2020 à 19h56

@LibreAVous. Je crois que je ne pourrai pas vivre dans un tel univers. Mon avis personnel est que je prendrai cela comme une forme de "violence" faite à mon intégrité. Je crois que je me replierai sur moi-même et n'oserai plus m'exprimer. Autrement dit, je ne serai pas moi-même. Je suppose que certaines personnes n'en soufreraient pas comme moi. Je pense que je fuirai à la première occasion. Ponctuellement, passe encore, je prendrai sur moi d'être réduite à mon "mission", un peu comme un robot sans vie.

Non que l'expression de moi tourne autour du polyamour, mais comme les nombreuses facettes de moi sont peu communes, échanger sans que le sujet du non-commun s'invite, ça ma parait compliqué. Je viens de passer plusieurs mois de formation avec des personnes tellement construites, que finalement je ne participais à rien. Ni pendant les pauses, ni dans les restos improvisés, ni aux soirées organisées. S'exclure n'est pas aisé pour moi, qui suis beaucoup dans l'échange autrement. C'était ponctuel, alors ça va. Si ça avait dû être pérenne, j'aurai quitté et basta.

Moi aussi, si on me questionne, j'explique simplement et sans gène. Après, je n'aimerai pas provoqué une gène chez la personne qui finalement ne fait rien de mal en questionnant. Le hic, je suppose, c'est le questionnement juste comme ça, attendant la réponse type banale et devant assumer une réponse différente.

C'est comme "ça va ?". Question à laquelle on ne veut pas connaitre la réponse si justement, ça ne va pas. Alors le stéréotype, c'est "bien". On ne relève pas ici de l'empathie, mais d'une politesse stéréotypée.

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bonheur

le mardi 15 septembre 2020 à 19h58

@Gwenny : de rien ! A la bonne heure de partager j'espère un soupçon de bonheur féminin :-D Ah là là ! le français et les déclinaisons ! A quand le neutre ?

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LibreAVous

le mardi 15 septembre 2020 à 23h04

Ben disons que ça incite fortement à ne pas s'y attarder plus que nécessaire, et consacrer le reste du temps à des choses et des personnes plus intéressantes ! :-)

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bonheur

le mercredi 16 septembre 2020 à 10h11

@LibreAVous. C'est dommage je trouve. Il y a des personnes intéressantes partout. Du coup, une question et tu me réponds que si tu te sens à l'aise. Le job que tu fais est alimentaire et ta vie dite "sociale" ne s'intègre pas du tout avec dans ta vie professionnelle ?
Quand je dis alimentaire, je ne dis pas que tu n'aimes pas ce que tu fais, mais que tu vas travailler pour le salaire et que la partie humaine de toi reste au vestiaire.

Message modifié par son auteur il y a 9 jours.

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LibreAVous

le samedi 19 septembre 2020 à 10h31

Tout à fait !
La raison en est simple : le confort de vie qu'il procure par ailleurs est conséquent.
Les conditions sont excellentes (bureaux climatisés, corps préservé, pas d'horaire élastique, et maintenant télétravail de plus en plus à la carte - quand je vois les maçons sous le cagnard ou le laitier qui passe la nuit, je ne les envie pas), et le temps libre, l'énergie restante, le salaire me permettent de donner vie à des projets difficiles autrement.
Pour moi c'est clair, quand je n'aurai plus besoin de cet apport pour ces projets, dans 8-10 ans, j'arrêterai...

Message modifié par son auteur il y a 6 jours.

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bonheur

le samedi 19 septembre 2020 à 11h40

Merci pour cet éclaircissement @LibreAVous (+) . S'offrir une compensation dans sa vie personnelle, c'est bien aussi.

Ma nature fait que je n'y arriverai que difficilement. Moi non plus, il y a de nombreux métiers que je ne pourrai exercer. Et j'en connais beaucoup qui n'envie pas mes activités (pro ou perso)... Il faut faire ce qui nous convient et c'est ce que tu fais. C'est bien.

Je te souhaite que ton avenir aille dans le sens que tu espères :-D

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