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Avouer celle que j'aime que je ne veux pas de polyamour ?

Jalousie
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sumar (invité)

le mardi 01 août 2017 à 12h35

Salut !

Je suis un peu perdu en ce moment. Dernièrement ma copine m'a avoué aimer quelqu'un d'autre que moi. En réaité, elle l'aimait avant de me rencontrer, mais ne lui a jamais dit.

J'ai été tres compréhensif avec elle. Elle se sentait perdue et triste. Je lui ai dit que ça arrivait d’être amoureuse de deux personnes a la fois, qu'on pouvait pas le contrôler. J"ai insisté sur le fait que l'amour c'était avant tout " souhaiter le bonheur de l'autre" et par conséquent je lui ai conseillé de dire ce qu'elle ressentait a l'autre personne (ce qu'elle n'a pas fait).

ll est évident que ce discours je le pensais, ça me rendait triste de ne pas etre "l'exclusivité" mais je voulais avant tout son bonheur.

Les semaines ont passés et puis sa tristesse est revenue, son amour pour l'autre etait toujours présent. Je me suis a nouveau répété jusqu’à... Jusqu’à qu'elle me dise qu'elle allait le voir bientôt et qu'elle allait lui dire qu'elle l'aimait.

Ma vision de l'amour "bonheur de l'autre" s'est effondré. J'ai réalisé que je n'avait aucune envie qu'elle lui dise. J'imagine la scène, son aveux, la joie de l'autre, le bouche l'une contre l'autre, si ce n'est leurs corps. Ce n'est qu'une imagerie, je ne sais pas si il va vouloir de son amour, si elle va vouloir l'embrasser etc.

Je me demande si je dois lui dire que je n'ai pas envie qu'elle lui dise. Ca serait trop égoiste de ma part, ça serait a l'encontre de ce que j'ai toujours cru sur l'amour et ça l'enfermerait a nouveau dans ce masque de tristesse...

Aidez moi ='(

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Siestacorta

le mardi 01 août 2017 à 13h03

Ma première question ce serait : qui a parlé de polyamour, dans cette histoire ?
C'est assez important pour voir où ça peut ou pas aller...

Bon, en dehors de ça....

Une part du stress ne vient pas forcément d'un paradoxe sur ta vision de l'amour ni de ta capacité à la non-exclusivité, c'est assez logique que l'expression d'un sentiment qui remonte à loin et qui s'exprime encore aujourd'hui soit interprétée comme un sentiment fort, qui peut influencer la suite.
Te demander ce qui peut arriver ensuite, donc, mis face à la réalité, c'est pas déraisonnable, et ça ne veut pas forcément dire que tout se passera mal.

Déjà, ce que tu confies ici, tu peux lui en parler à elle. Pas pour dire "n'y va pas", mais pour dire "je me sens super pas bien, et je me suis mis tout seul dans une contradiction".
J'imagine que l'histoire, la tienne, est encore jeune ?
Parce que je sens en creux que derrière, ce qui fait que c'est allé assez vite, c'est qu'il y a pas l'habitude de communiquer à fond. Je veux dire, vous vous êtes peut-être parlé de façon intime, mais dans mon hyppthèse c'est pas encore une habitude.
Bref : tu peux avoir peur que si tu laisses faire, et si tu parles de ta peur tu seras quitté comme "pas assez fort pour tenir le coup".
Ca peut arriver, qu'elle choisisse cet autre homme. Désolé d'appuyer là... Mais en gros, si la vie veut ça, et le voulait depuis longtemps, alors que tu parles ou non avec elle de tes réactions ne pourra pas changer les choses en plus mal, je crois. Ca peut en revanche toi, te faire sentir plus cohérent, ne pas rester au stade où tu t'en veux à toi seulement, puisque tu ne seras plus le seul à porter les choix. Et elle, ça peut la pousser à te respecter, en te quittant ou en restant avec toi d'une manière encore à inventer.

Comme tu ne peux pas ne pas projeter la suite, pour l'instant, essaie d'en projeter une pragmatique à une échéance qui te concerne : que vas-tu faire, toi, après.

Bon, rien s'il ne s'est rien passé. Ou en tout cas ça ne sera plus la même question.
Mais s'il se passe quelque chose : au lieu de n'envisager qu'un mur, pourquoi pas envisager un mouvement ? En gros, crée un rendez-vous après cette date.
Tu peux en faire un rendez-vous "romantique" ou un rendez-vous parlotte ou les deux, selon ce qui vous conviendra.
Et tu verras à ce moment-là comment tu te sens avec elle, déjà. Tu pourras lui dire, à ce moment-là aussi, comment tu te sens... Et, si t'es capable, lui proposer de rencontrer l'autre. Juste pour que la situation soit plus "réelle", pour les trois. Je dis pas que cette rencontre est obligatoire, mais en parler permet aussi d'être amenés à voir un peu plus loin que la pure émotion immédiate.

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sumar (invité)

le mardi 01 août 2017 à 13h45

Je me permet de parler de polyamour car elle a clairement évoqué la possibilité d'une relation multiple et me dit qu'elle m'aime et qu'elle l'aime. De plus, les infos que je récolterais ici seront prise en compte dans mon hypothétique choix de continuer la relation de façon polyamoureuse.

Effectivement, c'est une relation qui se compte en mois. La communication est certainement a sens unique en ce qui concerne l'amour. J'insiste pour qu'elle me parle, elle se dévoile avec difficulté mais elle le fait. Ce qui n'est pas mon cas.

En effet, je m'interdis de lui dire que je suis mal a cause de ses choix amoureux , que je souffre car (pour moi) si je le faisais, il y aurait indubitablement une influence de ma part. Je ne veux pas avoir une quelconque influence car j'irais a l'encontre de sa liberté et lui imposerais des interdits (pas forcement conscient). Et j'ai aucune envie d'interdire, je ne veux pas ébranler sa liberté. Je sais pas si je me suis bien fait comprendre.

Mais aujourd'hui, cette façon de penser est de pus en plus absurde pour moi.

J'accepte volontiers son désir de me quitter s'il y en a (ce qui n'est pas le cas selon ses propos). Ce qui me dérange profondément c'est la nature de son amour. Aimer deux personne en même temps. Je n'arrive pas a me mettre a sa place. Et comme tous les témoignages que j'ai lu, la culpabilité du "copain qui ne satisfait pas entierement" est présente en moi.

Concernant la tournure que ça prendra, je respecterais ses choix, mais pour le moment, au fond de moi, je ne peux pas rester avec elle si elle aime une autre personne (réciproquement).

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Profil

Siestacorta

le mardi 01 août 2017 à 14h19

sumar


En effet, je m'interdis de lui dire que je suis mal a cause de ses choix amoureux , que je souffre car (pour moi) si je le faisais, il y aurait indubitablement une influence de ma part. Je ne veux pas avoir une quelconque influence car j'irais a l'encontre de sa liberté et lui imposerais des interdits (pas forcement conscient). Et j'ai aucune envie d'interdire, je ne veux pas ébranler sa liberté. Je sais pas si je me suis bien fait comprendre.

Je comprend cette réserve, mais on ne peut qu'influencer une relation dont on fait partie, quoi qu'on fasse ou refuse de faire...

Déjà, en pratique, tu ne lui interdirais rien, elle fera ce qu'elle voudra, que tu parles avec elle ou non. Elle est libre avant que tu réfléchisses à ce que tu veux toi. Si tu associes "parler" et "interdire", c'est que d'emblée tu as tes attentes à toi, que tu sens contraires aux siennes.
Mais s'exprimer, ce n'est pas imposer, l'autre a toute la liberté possible de réagir à ce qu'on lui a exprimé : en bien, en mal, en ne réagissant pas... Il est encore très libre à ce moment-là.
Tandis que ne pas lui faire état de ce qui se passe (je suis mal, je ne suis pas sûr de pouvoir continuer), pour le coup, ça lui ôte la liberté de faire ses propres choix en connaissance de cause, de participer à l'histoire qui se déroule, plutôt qu'à une situation qui, faute de ton feedback, n'est pas la réalité. Sous couvert de ne pas influencer ses choix, tu te mets en position de la contraindre (plus ou moins volontairement) à n'avoir ultérieurement que le choix entre l'autre et toi - et ça, ce sont tes options à toi, pas celles que tu semblais lui proposer avant, ni nécessairement celles qu'elle proposerait après t'avoir parlé, fait son chemin à elle.

Je ne peux pas garantir que parler aura une issue positive pour la relation, mais ça peut en avoir une humainement, une expérience qui t'aide à grandir, et par ailleurs, se taire n'aide personne, ni toi maintenant, ni elle après. Décrire la situation telle que tu la ressens peut te faire mal, mais ça semble déjà faire mal. Donc autant tenter le dialogue - sans pour autant exiger, juste être honnête.

Je crois qu'en ne parlant pas tu compenses l'impression de subir ce qui arrive par une tentative de t'économiser de la souffrance en accélérant le pire scénario, et en faisant que les options d'ensuite seront les tiennes, et, en apparence, simples à poser. Tu te donnes une illusion de contrôle, de force, en te persuadant que c'est moins blessant pour elle. Etre fort en faisant semblant que l'autre ne subit pas de rapport de force avec nous... alors qu'en réalité on est en train de prendre des décisions, sans compromis.
En parlant, tu pourrais juste prendre ta place, plutôt que te/lui de faire croire que seule la sienne est importante pour toi - ce qui est faux, puisque cette situation te fait souffrir.
Une relation, c'est un compromis entre les attentes de chacun, pas "une seule attente" ou "concession" ou "conflit", ou "rien". Ne pas communiquer n'évite pas les conflits, n'économise pas les peines sentimentales, ça les repousse à exploser ailleurs : en nous et/ou plus tard et plus longtemps (parce que quand on n'a pas parlé exactement de ce qui se passait, on reste avec des "et si..." qui grattent plus longtemps que "ça ne pouvait pas se faire".)

Le fait de ne pas dire les choses telles que tu les vis pré-écrit le scénario "elle va commencer une autre relation, je ne vais pas accepter, je vais la quitter".
Si ce scénario est écrit d'avance, et que personne ne le dit, qui est libre ?

Par ailleurs, ça pose un truc : c'est qu'elle sera un peu surprise, ton amoureuse, si ça se passe comme ça. Elle pourra même, après coup, te reprocher de pas avoir été honnête... ce qui l'aura sans doute influencé !
Est-ce que, sa surprise ou sa déception, c'est pas quelque chose que tu sais déjà, et qui, dans un sens, est plus facile à imaginer que de t'entendre dire les choses comme elles sont (faire avec des ressentis exposés des deux côtés) ?
Plus facile à imaginer : je suis un altruiste qui renonce à une femme qui sera surprise de mon renoncement, qui en souffrira peut-être, mais hé, elle a fait son choix, moi le mien, donc elle assume comme moi, na ?

+ : il est possible qu'une partie de la difficulté qu'elle a à se livrer, c'est que tu lui ouvres pas tes sentiments à toi. Tu lui demandes de s'exposer sans partager le risque...
Aimer, c'est être vulnérable. Faire semblant de pas l'être, ça change pas les risques. Tandis que parler ouvertement l'un à l'autre, au pire, ça change pas les risques non plus, mais au mieux, ça aide à construire la relation et la confiance. Ca se tente, de construire la confiance quand on aime...

Message modifié par son auteur il y a 11 mois.

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Profil

gdf

le mardi 01 août 2017 à 15h54

Tout à fait d'accord avec siestacorta. On ne peut pas prendre de décision libre et éclairée si on n'a pas tous les éléments. Si tu veux qu'elle soit libre, il faut que tu lui donnes la possibilité de choisir. Par exemple, choisir entre penser à elle (et te faire mal) et penser à toi (et se faire mal elle même). En ne lui disant pas ce que tu ressens, tu fais le choix à sa place.

Si tu ne veux pas l'influencer, c'est sur le mode de communication qu'il faut se concentrer, plutôt que sur l'existence ou pas de communication.
Si tu lui dis "ne le fais pas", tu la prives de liberté. Si tu lui dis "voilà ce que je ressens", tu influences sa décision, en lui donnant les éléments nécessaires.

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