Polyamour.info



Les messages appartiennent à leurs auteurs. Nous n'en sommes pas responsables.

Merci de consulter notre charte de discussion pour connaître les règles qui régissent les conversations sur ce site.

Chercher un compromis mon témoignage

Témoignage
#
Profil

Ispices

le lundi 02 avril 2018 à 15h03

Bonjour, je viens vers vous aujourd’hui pour partager mon histoire et pour bénéficier de vos avis et de vos conseils. Je m’excuse d’avance, il va s’agir d’un récit assez long. Je vais essayer de le structurer au mieux, et je pense qu’avoir une idée précise de la situation peut vous aider à vous faire un avis.

J’ai rencontré A il y a 8 ans, alors que je débutais à peine mes études. Il faisait les mêmes et nous nous sommes rapidement rapprochés.

A l’époque j’étais déjà depuis 2 ans avec un autre garçon, B… C’était une relation sérieuse avec des projets d’avenir. C’était une relation qui me convenait, mais qui ne m’apportait plus de frissons, et qui finalement ne m’épanouissait pas.

Avec A l’attirance était très forte, sur tous les domaines : sentimental, intellectuel, amical, sexuel. Il me révélait à moi-même et me faisait me rendre compte que je m’étais oubliée, dans ma relation avec B. C’était un choix raisonnable, B était gentil et voulait construire un couple stable, mais il me manquait clairement quelque chose.

A cette époque j’ai eu peur que les sentiments grandissants que j’éprouvais contre mon gré envers A ne ternissent artificiellement l’image que j’avais de ma relation avec B. J’ai lutté de toutes mes forces pour ne pas céder aux avances de A qui se faisaient de plus en plus pressantes et de plus en plus irrésistibles…

J’ai fini par craquer en me mentant à moi-même, après tout si je vivais ma passion peut être celle-ci s’épuiserait-elle ? Et que je pourrais reprendre là où j’en étais avec B et ma vie qui était toute tracée? De plus A n’était vraiment pas le genre de garçon rassurant et sérieux… Il n’avait connu que des relations courtes et ne s’était jamais engagé avec une fille. Il détestait l’idée de rester avec quelqu’un pour une notion de contrat et de projet d’avenir et me disait suivre des envies et ses sentiments.

Mais plus je passais de moments avec A plus je l’aimais et j’ai fini, après 3 mois d’infidélité, par quitter B pour me lancer dans une relation passionnelle avec A.
Notre relation s’est développée et enrichie, il a réussi à me rassurer sur son désir de construction et d’engagement avec moi. Nous sommes partis sur une relation monogame classique, un peu par défaut. Moi cela me convenait, la fidélité avec de temps en temps des garçons qui me draguent en dehors mais que je n’encourage pas. Des boost d’égo à peu de frais…

Quant à lui, il m’a rapidement dit que la fidélité n’était pas importante pour lui. Il aurait aimé pourvoir profiter d’une certaine forme de liberté au moins sexuelle sans chercher à me remplacer. Nous avions alors discuté du libertinage, envisageant un trio, mais tout ceci restait théorique.

Et puis un soir nous avons été invités à manger chez une connaissance qui avait invité une amie. La soirée a vite dérapé et nous avons tous bu plus que de raison. Et il m’a trompé de manière sordide. Sordide, puisque cela s’est déroulé dans le même lit que moi. Heureusement j’avais trop bu pour me réveiller malgré le bruit qu’ils ont fait… Sordide parce que cette fille, je l’aimais bien et je me suis sentie doublement trahie. Sordide parce que cette fille avait clairement trop bu et même si elle était consentante sur le moment. Elle ne se souvient de rien et elle dit à juste titre qu’elle n’était pas en état de consentir.

Cela ne faisait que 6 mois que nous étions ensemble à l’époque, j’ai énormément souffert de cette situation. Je cherchais pourquoi il avait fait ça, pourquoi il avait tout saboté comme ça ? Ce qui lui manquait chez moi ? Je suis devenue très jalouse suite à cela. Quotidiennement, pendant plus d’un an, je l’ai harcelé pour avoir des réponses, je lui ai exprimé ma souffrance sous toutes les formes possibles, je l’ai forcé à décortiquer chaque aspect de ce qu’il avait fait et ce que cela révélait de lui. J’ai coupé court à toute conversation sur une éventuelle ouverture de notre relation. Son désir à l’extérieur de notre couple me paraissait sale et destructeur. Je savais que j’étais violente mais je me sentais légitime de l’être. Parallèlement et paradoxalement, en dehors de ces discussions notre relation restait belle riche et vivante.

Il n’a pas fui ces discussions, et il est resté avec moi malgré tout. Il a reconnu le mal qu’il m’a fait et qu’il lui a fait. Pour lui ce qu’il a fait de reflète en rien l’idéal de liberté qu’il défend. Un dérapage. Finalement avec le temps j’ai fini par comprendre qu’il souffrait. Progressivement nous avons pu retrouver une relation plus apaisée et être à nouveau heureux. Mais avec toujours un contrat strictement monogame. Et ces 3 phrases auxquelles je me raccrochais : c’était une erreur, je t’aime, je ne te ferais plus de mal.

Finalement 5 ans plus tard, je suis tombée sur le blog des fesses de la crémière. Et pour la première fois depuis longtemps j’ai pu réfléchir à la question de la fidélité de manière plus posée. La monogamie est finalement un choix parmi d’autre, il faut trouver le type de relation qui convient aux deux membres du couples.

Et je suis revenue vers lui pour lui reparler d’ouvrir notre relation. J’avais 3 motivations à cela : je savais que la monogamie n’était pas son choix et qu’il l’acceptait pour moi, je trouvais le concept de liberté juste et bon, et j’avais moi aussi envie de séduire et d’être séduite. Je précise que j’ai fait cette démarche à l’époque sans avoir de garçon avec qui il y avait une ambiguïté ou avec qui j’aurais aimé avoir ces rapports de séduction.

Le problème étant ma jalousie qui est présente et viscérale. La combattre, même si je suis convaincue que c’est une bonne chose est vraiment difficile pour moi.

Nous avons opté pour une relation libre avec des règles telles que : pas d’amant ou d’amante dans notre entourage, droit de veto, honnêteté : si l’un d’entre nous pose une question à l’autre il répond honnêtement, libre à chacun de poser des questions. Et possibilité de revenir à une relation monogame si l’un d’entre nous le veut. Ce n’était que du bonus, pas une nécessité. Il a accepté de se limiter à des relations à orientation plutôt sexuelle tandis que moi j’avais une liberté plus grande.

Tant qu’il a rencontré des filles qui ne l’intéressaient que moyennement, je l’ai plutôt bien vécu, même s’il y avait des nuits où il ne rentrait pas et s’il avait des relations sexuelles avec les filles qu’il rencontrait. De mon côté j’ai rencontré un garçon très intéressant avec qui j’ai passé de super moments, et ça m’a aidé à gérer ma jalousie. A quant à lui n’est absolument pas jaloux et heureux pour moi.

Mais la dernière fille qu’il a rencontrée lui plaisait plus que les autres. Cela n’a jamais empiété sur notre relation et il a toujours été présent pour moi mais je faisais des crises d’angoisses, seule à la maison quand il était avec elle. Et concours de circonstance malheureux elle a été mutée et a travaillé au même endroit que moi. Il l’a su mais ne m’a pas prévenu. Ce n’est que quand cette fille s’en est rendu compte et qu’elle l’a confronté qu’il me l’a dit. Je l’ai trouvé lâche et nul. Ceci ajouté au fait que je le vivais de plus en plus mal, je lui ai demandé de revenir à une relation monogame, il a accepté.

De plus à ce moment nous avions des projets de mariage et de bébé. Et je voulais qu’il soit à 100% présent pour nous dans ces moments. Nous avons eu une magnifique petite fille et il s’est révélé être un père présent et attentionné. Nous avions le projet d’ouvrir à nouveau notre relation un jour, sans être précis sur la période.

Cependant quand notre fille a eu 4 mois. Il a rencontré une collègue pour qui il a eu une attirance d’ordre sexuelle. Il m’en a parlé avant d’avoir tenté quoique ce soit. Je lui ai dit non pour plusieurs raisons : premièrement il s’agissait d’une fille dans notre milieu professionnel et je n’avais pas envie de revivre une potentielle nouvelle cohabitation professionnelle avec une de ses amantes… Deuxièmement je ne me sentais pas encore prête, notre fille était toute petite et j’avais encore besoin de lui. Sans parler du fait que je ne me voyais pas profiter de cette liberté pour moi en laissant mon bébé que j’allaitais à la maison… Il a facilement accepté mes raisons et n’a pas donné suite à cette relation. Les discussions sont restées respectueuses et constructives et aucun de nous ne l’a mal vécu.

Plusieurs mois plus tard, nous avons décidé de faire un deuxième enfant. Nous avions toujours voulu avoir des enfants rapprochés, et il s’agit d’une décision prise avec enthousiasme par nous deux. Nous avions bien conscience que cela reportait les projets de relation libre, mais cela nous allait.

Mais il a une nouvelle fois développé une attirance pour une collègue de travail, une attirance sentimentale cette fois ci… Cette collègue était elle aussi en couple, et enceinte de 6 mois... Leurs discussions restaient tout à fait amicale mais il sentait que cette relation avait beaucoup de potentiel et il avait très envie de le développer. Il a eu peur et n’a pas réussi à m’en parler. De plus il savait que je ne voudrais pas qu’il développe cette relation, il s’agissait encore d’une collègue et j’étais enceinte… Un soir, en me disant qu’il finissait tard il est allé boire un café avec elle et lui a parlé de la situation. Il s’est avéré que cela n’était pas réciproque et il lui a dit qu’il ne souhaitait pas que cela se développe.

Le soir même il m’en parlait. Je me suis sentie à nouveau trahie, il m’avait menti et il avait avoué ses sentiments à une autre fille… Je ne lui en voulais pas de ressentir ce qu’il ressentait pour elle, mais d’avoir sciemment essayé de développer une relation avec elle et de m’avoir menti…

Un cataclysme. Cela a réveillé tous les souvenirs de trahison et je lui ai demandé de couper brutalement les ponts avec elle… Il l’a fait mais en a souffert. Et puis finalement il a fini par m’imposer d’aller la revoir chez elle pour lui parler à nouveau et « rompre » avec elle de manière plus correcte. Ce qu’il a fait, et cela lui a effectivement permis de mettre un terme à cette relation en le vivant mieux.

Cette histoire a été un chamboulement pour lui. Cela lui a fait prendre conscience qu’il avait besoin de cette liberté. Il est prêt à des concessions dans la manière donc elle s’exprime mais il a peur que la monogamie ne l’étouffe et que cela finisse par amoindrir les sentiments qu’il a pour moi à terme.

Je me suis sentie acculée, mon choix était d’accepter d’ouvrir la relation ou de partir… J’ai accepté, à contre cœur. J’avais l’impression de me renier…
Il acceptait de ne pas le faire tout de suite, d’attendre le temps que le deuxième enfant ait un an, de respecter des règles proches de notre cadre qu’on avait mis en place avant. Il m’assurait qu’il m’aimait, qu’il ne cherchait pas à me remplacer au contraire. Mais il avait besoin de ne pas se sentir enfermé, de se sentir accepté dans sa totalité avec son besoin de liberté.

Le paradoxe c’est qu’on arrive à une relation qui, je le sais, pourrait m’aller. Mais je pense qu’il est important pour moi de pouvoir dire non pour pouvoir réellement dire oui. Et que si je vais dans ce type de relation à contre cœur, je me sentirais moins légitime pour exprimer des difficultés, de la jalousie, du mal être. « De toute façon, il savait très bien que cela ne me convenait pas et il l’a voulu quand même ! » Et j’ai bien peur d’accumuler de la rancœur et de laisser mon amour pour lui s’étioler jusqu’au jour où je prendrai la décision de quitter cette relation qui ne me convient pas.

Mais pouvoir dire non à l’ouverture implique qu’il renonce à une partie de lui-même et qu’il se renie en quelque sort lui aussi… Un dilemme…

Voilà où nous en sommes actuellement. Mais la situation évolue encore beaucoup, nous discutons énormément. Nous avons rapidement retrouvé une bonne qualité de communication et heureusement. Et il nous laisse beaucoup de temps pour décider de la forme que prendra notre relation à l’avenir.

Je m’arrête là, ce récit est assez long comme ça. Merci à ceux qui prendront le temps de me lire. J’ai conscience qu’il ne s’agit pas de polyamour mais plutôt d’une relation libre. Mais je pense que vous pourrez apporter une aide et un éclairage différent à un couple qui s’aime et qui essaye de trouver le meilleur compromis possible pour respecter les peurs et les envies de chacun.

Si vous avez des questions, notamment sur les règles que nous nous mettons je serais ravie de vous répondre.

#
Profil

Caoline

le lundi 02 avril 2018 à 16h10

Bonjour,

Pourquoi trouves tu que ce n'est pas du polyamour ?
C'est étrange comme des tas de gens pensent être dans le polyamour alors qu'ils sont dans l'adultère et que d'autres dont je ne vois pas pourquoi ça ne serait pas du polyamour pensent que ça n'en est pas.

Pour le reste, j'ai envie de te demander : Est-ce que tu as un fort besoin de contrôle dans tous les domaines ? Car ce que je ressens dans ton récit c’est ça, pour que tu te sentes bien il faut que tu ai un contrôle total. Je suis un peu de ce genre là donc je peux très bien comprendre mais je pense qu'il nous faut travailler dessus pour pouvoir laisser leur liberté aux personnes qu'on aime. Car en effet en l'état actuel soit tu nies tes besoins soit tu nies les siens.

Bon courage

#
Profil

Ispices

le lundi 02 avril 2018 à 17h03

Merci pour ta réponse!
Je pense que ce n'est pas vraiment du polyamour parce qu'il y a clairement une hiérarchie entre notre relation avec mon mari et les relations avec nos amant(e)s. Il n'y aurait pas de projet à long terme envisageable par exemple, dans l'état actuel des choses. Je trouve qu'il y a trop de règles et de limitations dans notre conception du couple pour vraiment le qualifier de polyamour.

De plus, je suis encore loin de la compersion... Même si mon mari s'en rapproche beaucoup.

Après, je pense qu'en effet nous partageons avec les polyamoureux le désir d'acceptation de l'autre et l'honneteté dans la démarche. En tout cas ce n'est pas de l'adultère!

Le besoin de contrôle... Effectivement... Je l'ai dans énormément de domaines. Et mon mari l'a bien identifié comme quelque chose à travailler chez moi.

Pour l'instant j'ai toujours essayé de vivre avec en trouvant des manières de contrôler la situation, et que cela convienne à tout le monde. Ou alors en me désinvestissant de la relation pour que le manque de contrôle soit gérable pour moi. Peut être qu'en étant moins fusionnelle ou dépendante émotionnellement de lui, je pourrais arriver à diminuer mon besoin de contrôle... Mais j'avoue que j'ai l'impression d'y perdre au change.

As tu réussi à travailler sur ton besoin de contrôle. Comment t'y es tu prise?

Message modifié par son auteur il y a un an.

#
Profil

Caoline

le lundi 02 avril 2018 à 17h11

Je te réponds en MP car il y a des choses trop intimes pour que j'ai envie de les écrire sur un forum public. Tu vas recevoir mon message sur l'adresse mail que tu as donnée pour ton inscription ici.

Message modifié par son auteur il y a un an.

#
Profil

Caoline

le lundi 02 avril 2018 à 17h17

Ah pour la première partie je peux répondre ici. Polyamour ne veut pas forcément dire non hiérarchique ou sans règles (ça ça serait plutôt l'anarchie relationnelle) , c'est à chaque relation de définir son cadre et justement. La spécificité du polyamour c'est que ce soit discuté, consenti. Donc il me semble que vous êtes vraiment dans cette démarche.

Répondre

Chercher dans cette discussion

Autres discussions sur ce thème :


Espace membre

» Options de connexion