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Réactions à l'article

L'individualisme et le polyamour — La mauvaise influence

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bonheur

le mercredi 24 janvier 2018 à 09h05

Je me permets d'indiquer ceci. Au delà de cet article lui-même.

J'essaie de faire connaitre, autour de moi, à des personnes non sensibilisées à ce thème, le polyamour. J'essaie de susciter des réflexions personnelles à autrui. Je m'aperçois que, comme pour le libertinage, et autres sujets qui ne concerne pas directement (transgenre ou autres) l'individu s'arrête qu'au nom lui-même pour tenter sa compréhension, qui du coup restera de l'ordre de l'imaginaire (et l'imaginaire...). Quand la personne fait un semblant de démarche de recherches et qu'elle tombe sur une information qui n'ai pas validée par les personnes concernées, ou que celles-ci ne s'y retrouvent pas, que pense-t-elle en réalité ?

Moi, c'est cela avant tout qui me dérange. Ne serait-ce que dans le titre de l'article qui positionne le polyamour en négatif. Si je lis le titre, je retiens deux mots que j'associe inévitablement : polyamour ET mauvaise influence.

C'est contradictoire puisque l'influence indique que l'on veut modifié la raison de quelqu'un, alors que le polyamour c'est tout l'inverse. Peut être qu'il ne faut pas généralisé mais de ce que j'ai découvert des autres poly (pas tous, ouin !), le libre arbitre est primordial car on désire que chacun-e se réalise en fonction de ses particularités. Exemple, mon mari est mono et je n'ai jamais voulu qu'il devienne poly.

Alors, si je suis en découverte et que lis ne serait-ce que le titre de cet article, ben je retiens, c'est de la manip, donc ce n'est pas pour moi. Je ne veux pas de ce truc pour tordu et comment cette femme a-t-elle pu penser que je devrai m’intéressè(e) à un sujet pourri comme celui-là. Autrement dit, la mauvaise influence se retournera contre moi et contre tous ceux qui seront dans la même démarche que moi.

Je crois en un avenir meilleur, pour moi (mais je ne le connaitrais sans doute pas), mais surtout pour les futures générations, qui devront vivre également dans une société faiblement ouverte à cette démarche (pourtant naturelle). Aidons-les Et aidons-nous.

FredCLK, c'est aussi pour cela que moi, et d'autres sans doute, surtout ici, ne pouvons laisser dire ce qui n'est pas. Ce n'est pas qu'un réflexe d'auto-défense (pour ma part en tout cas), c'est aussi pour faire évoluer l'avenir en général.

J'espère ne pas être hors sujet dans mon propos. Je suis peu encline au débat hautement philosophique avec de grandes théories.

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bonheur

le mercredi 24 janvier 2018 à 09h08

Mon fils (20 ans), lis le titre par dessus mon épaule. Avec mon accord je le cite : individualisme et polyamour : "là je ne vois pas trop" ; mauvaise influence "un pourquoi ?". "Je ne vois pas le rapport dans tout ça"

Mon fils n'est pas poly, mais il connait le polyamour à travers sa mère. Réaction spontanée qui vient illustré mon précédent post.

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gdf

le mercredi 24 janvier 2018 à 12h56

Ah ben oui, dans un titre de 8 mots, pas facile de faire passer un message complet....
Dans la logique diversité d'opinions, je crois que la proposition la plus positive que je puisse faire, c'est d'inviter chacun et chacune à écrire un article avec sa propre vision du polyamour.

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FredCLK

le mercredi 24 janvier 2018 à 13h58

Perso je fais beaucoup plus confiance à une communauté capable d'autocritique (et sur ce site la moitié des articles sont des autocritiques) qu'à une communauté fustigeant à l'unisson l' "autre" (ici, la monogamie) ou s'auto-congratulant.
Il existe quelques communautés queers avec un norme très pressante et du soupçon (voire une animosité) envers les critiques (internes et encore plus externes). Je pense que ce serait la pire chose à laquelle pourrait nous mener la polyphobie (= rejet des polyamoureux).

Sur un sujet plus léger: pour moi un bon titre doit intriguer et informer sur le contenu, ce qui apparemment est le cas.

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bonheur

le mercredi 24 janvier 2018 à 14h57

Pourquoi écrire des articles ? Sommes nous habilités à le faire ? Avons nous les compétences requises ? Sommes nous journalistes ou écrivains ?

Je préfère m'exprimer au fur et à mesure.

D'ailleurs j'avais écrit un essai en 2011 qui est resté dans mon tiroir, car il n'a aucune valeur, sauf à mes yeux.

La monophobie me conduirait à détester mon mari. La polyphobie m'obligerait à me détester. Un monde mono-poly peut être beau.

Pour ce qui est du titre. Pourquoi lié le polyamour à l'individualisme, puisque ce n'est pas le cas (article et son contenu dans lequel bcp de poly ont réagi en indiquant ne pas se reconnaitre dans les propos de l'auteur) ? Pourquoi lié les polyamoureux à des personnes ayant une mauvaise influence ?

Désolée, je suis sans doute très coconne, mais je ne comprend ni la démarche ni l'objet de cet article. J'y vois plus une forme d'agression et donc d'encouragement à développer celle-ci. Je me sens montrée du doigt, comme une bête malfaisante.

Aussi, comme beaucoup de personnes qui ne lisent pas les notices, pourquoi lire l'article alors que le titre suffit justement à décrire son contenu. Ce n'est pas mon raisonnement (je m'efforce de lire les notices), mais je ne suis pas tout le monde. Donc, non, je ne comprend pas.

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bonheur

le mercredi 24 janvier 2018 à 15h16

article en question
Alors que l'individualisme relationnel considère les personnes comme indépendantes et met l'accent sur le besoin de liberté, l'altruisme relationnel considère les personnes comme interdépendantes et met l'accent sur la solidarité.

En quoi le fait de se trouver et de s'accomplir en aimant une personne Et une personne serait de l'individualisme relationnel ? Et aimer en dehors de son couple ne met pas l'accent sur la solidarité ? Je ne peux pas aider (pas nécessairement une personne dont je suis amoureuse) ou être présente pour une personne avec laquelle je ne vis pas au quotidien ?

L'un de mes amoureux a été très présent pour mon mari à une époque où on avait un problème sérieux à la maison. Je ne savais plus quoi faire pour qu'il aille bien et en avait fait part à mon amoureux. Ce dernier lui a téléphoné pour faire quelque chose, tenter quelque chose.

Je ne vois pas en quoi, le fait de ne pas être intégré dans une communauté de vie, implique un désintérêt des métamours.

J'ai un autre amoureux qui s'est occupé de nos enfants pendant que j'étais, avec mon mari, en vacances chez un autre amoureux. Il y a bien interaction entre les métamours (si on fait ce choix) et inutile d'une vie en communauté pour se faire. D'ailleurs, récemment, alors que nous avons rompu ce lien privilégié, il a envoyé les coordonnées à notre dernier fils la possibilité de trouver un emploi (transmission d'informations)... il n'en n'était pas du tout obligé.

Le livre "la salope éthique" est le reflet d'une possibilité et ce n'est pas parce que l'on vit en Europe différemment que c'est plus individualiste. L'altruisme relève de capacité et de volonté personnelles, pas d'une forme de vie qui pour le coup serait stéréotypée (à mes yeux, je précise).

Pourquoi opposer deux modes de vies différents ?

Et puis "la mauvaise influence" me reste en travers de la gorge, désolée !

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bonheur

le mercredi 24 janvier 2018 à 15h19

FredCLK
...pour moi un bon titre doit intriguer et informer sur le contenu, ce qui apparemment est le cas.

Dire : le polyamour et l'individualisme - la mauvais influence. Je trouve cela plus une affirmation qu'une intrigue. A la limite sur un mode interrogatif, ça me resterait moins en travers de la gorge, je crois.

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calinou696

le mercredi 24 janvier 2018 à 15h28

D'accord avec bonheur pour le coup.

Au delà du débat, ce genre d'article n'aide vraiment pas les curieux à s'ouvrir un peu sur le sujet.

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bonheur

le mercredi 24 janvier 2018 à 15h37

l'article en question
L'adhésion à l'un de ces 2 courants entraîne une divergence d'opinion sur les questions suivantes, qui seront abordées en détail par la suite :
- Est-ce que l'autre est responsable de mes émotions ?
- Est-ce qu'il faut encourager la critique au sein des relations ?
- A quel point doit-on s'occuper des affaires de l'autre ?
- Est-ce que la dépendance affective est un bien ou un mal ? Que peut-on exiger de l'autre ?
- Le polyamour est-il une multiplication des vies de couple ou un rejet des contraintes liées au couple ?

Le courant individualiste relationnel semble s'imposer de plus en plus dans les prises de parole publiques, au risque de parfois constituer une nouvelle norme polyamoureuse.

Pour que chacun·e puisse trouver sa place et s’épanouir dans le polyamour, notre communauté doit défendre une plus grande diversité d'opinions contradictoires en son sein et se méfier d'une trop grande influence de l'individualisme relationnel. Les sujets qui vont être abordés dans cette série de texte gagnent à être abordés dans chaque relation, afin d'éviter de fâcheuses incompréhensions dans la façon de voir le polyamour.

A part la première interrogation, je ne vois pas trop pour les autres. Non, l'autre n'est responsable de rien et si la situation initiale est celle d'un couple établi, imposer à l'autre une autre vie, ce ne serait pas très poly à mes yeux.

Pourquoi vouloir opposé et les nouvelles générations s'épanouiront à leur guise dans les diversités d'opinions qui ne seront pas contradictoires. Dans l'immédiat, notre société est ainsi et il faut faire avec.

Par contre, se méfier de quoi ? J'oeuvre pour justement que les mentalités changent et bougent, même si l'article me qualifie "d'individualiste" et donc de mauvaise, dont il faut se méfier.

Personnellement, je ne peux témoigner d'autre chose que ce que je vis. Si à ma petite échelle, et je l'ai déjà dit ici, je peux faire que nos jeunes et après eux leurs jeunes puissent s'affranchir pour se réaliser à leur guise, alors bingo, ma très petite, toute toute petite pierre aura servie.

Ce qu'indique justement je dirais, J. Attali dans Amours, les mutations sociétales ne se font pas en 10 ans, alors ceux qui discutent aujourd'hui ne le verront pas, le fruit de cette mutation. Par contre opposé deux modes de vie, ça n'aidera pas et faire des affirmation ainsi non plus.

En tant qu'individualiste, je vois au delà de moi, je vois l'avenir qui ne me concernera pas directement. Serait-ce critiquable ?

Que l'on laisse chacun-e faire avec ses prérequis sociétaux et personnels et que l'on encourage la juxtaposition de tous les modes de vie et de toutes les probabilités, y compris celles qui n'existent pas.

Je n'apprécie pas "la salope éthique" car cet ouvrage ne me correspond pas, je ne m'y reconnait pas du tout. Si je l'ai lue à une époque, c'est parce que l'un de mes amoureux se reconnaissait dans ce livre et que, du coup, c'était une façon de communiquer avec lui, en le comprenant. Son côté libertin et sa volonté de vie en communauté n'avait rien de dérangeant pour moi. Je l'aime à ma façon et il m'aime (malgré son dénie) à la sienne.

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bonheur

le mercredi 24 janvier 2018 à 15h46

Opposé qui l'on est naturellement (vraie) et l'impermanence. Là encore je ne comprend pas. Nous sommes les deux, parce que nous évoluons. Nous composons notre vie avec notre personnalité qui peut être un peu construite mais pas entièrement. Au même titre que certains sont sujet au mal des transports et d'autres pas, nous avons des aptitudes, des particularités qui nous rendent unique. Cela enlève-t-il à l'impermanence, c'est-à-dire à la découverte de soi ?

Là encore je ne comprend pas. Ces deux notions pour moi se complètent, mais ne s'opposent pas. D'ailleurs, se construire implique aussi une déconstruction et non une acceptation collective d'un nouveau quelque chose.

Ne vivant pas en communauté, évidemment, je me trompe peut être. Je ne me suis jamais sentie en adéquation avec ce mode de vie (internat, colonie de vacances, autres). C'est trop strict pour moi, j'ai besoin de mon espace, sinon j'étouffe.

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artichaut

le jeudi 25 janvier 2018 à 03h55

Bonheur
Alors, si je suis en découverte et que lis ne serait-ce que le titre de cet article, ben je retiens, c'est de la manip, donc ce n'est pas pour moi.

mais enfin Bonheur, les textes de ce site, n'ont pas pour seule vocation, de vulgariser et présenter positivement le polyamour, quitte a en annihiler toute critique, réflexion ou polémique

heureusement, que la pluralité des points de vue peut s'exprimer ici (et cela ne devrait d'ailleurs pas trop te gêner, toi qui tiens tant à ton point de vue personnel) et nous n'avons pas à présenter une image lisse et homogène du polyamour

donc oui en un sens, tu me semble un peu "hors sujet" sur ce coup-là

après ce qui n'aide pas c'est que le texte initial utilise le mot "individualisme" sans le définir

il y a par exemple une différence, que tu comprendras je pense, entre individualité de point de vue ("Personnellement, je ne peux témoigner d'autre chose que ce que je vis.") et individualisme relationnel ("peu m'importe ce que ressentent les autres")

je pense que la dimension volontairement polémique du texte (qui pour le dire vite et à la française, tente de discerner un polyamour "de gauche" et un polyamour "de droite") y est pour quelque chose

il eu pu être bon aussi de définir certains mots :
libéral, libertaire, libertarien, mais aussi libertin

dommage que ni l'article, ni ce fil de discussion, ne donne le lien du blog où les choses ont été un peu clarifiées

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artichaut

le jeudi 25 janvier 2018 à 04h15

un des intérêt de cet article me semble de renouer avec la responsabilité affective et la solidarité affective

j'ai le sentiment qu'à la fois cet article tente de défendre des choses qu'on oublie un peu trop parfois (altruisme relationnel, questionner la dépendance affective, communauté solidaire, revalorisation des couples) et qu'en même temps le chemin pour y arriver (ancrage libertaire, revalorisation de l'amour libre, critique de l'ego occidental, anti-américanisme…) est… facultatif

d'autre personnes le font très bien aussi, par d'autres voies, telle Brigitte Vasallo, dans la plupart de ces articles, et qui à sa façon critique également un "polyamour de droite" (par ex dans ce texte ci)

Message modifié par son auteur il y a un an.

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bonheur

le jeudi 25 janvier 2018 à 07h52

Ca rejoint ce que je dis, il faut avoir des compétences. La polémique n'aide à rien, sinon à la créer :-/ mais bon, si ça doit être l'état d'esprit, encore une fois, pourquoi ? Désolée d'être conne et de ne rien comprendre !

Les articles sont la première visibilité de ce site. On en revient aussi à ce "détail" qui a son importance !

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bonheur

le jeudi 25 janvier 2018 à 08h23

Un titre comme (par exemple) : "polyamour : deux orientations se dessinent... qu'elles en seront les influences..." seraient beaucoup moins polémique, piquerait plus la curiosité et il n'y a pas de parti pris.

Je ne comprend pourquoi, on affuble souvent ici lorsque l'on donne son avis ou que l'on fasse un constat d'un "ouh ! tu juges !" et que l'on dise, l'article dit ce qui est mauvais ou bon, mais là c'est politiquement correct.

Il faut être cohérent.

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Siestacorta

le jeudi 25 janvier 2018 à 08h39

artichaut


j'ai le sentiment qu'à la fois cet article tente de défendre des choses qu'on oublie un peu trop parfois (altruisme relationnel, questionner la dépendance affective, communauté solidaire, revalorisation des couples) et qu'en même temps le chemin pour y arriver (ancrage libertaire, revalorisation de l'amour libre, critique de l'ego occidental, anti-américanisme…) est… facultatif

Je sais pas si c'est facultatif, je pense que les chemins décrits expriment un sens voulu par l'auteur, une grille de lecture morale.
On peut argumenter sur ce plan, questionner un peu, mais la simplification "binaire" de l'argument limite aussi ce qu'on peut en tirer.

Les points évoqués sont utilisés essentiellement dans le double travail de disqualification de l'individualisme et de légitimation de l'altruisme ; et derrière, les valeurs d'individualisme libertaire contre les valeurs anarcho-collectivistes et la liberté contre le devoir - plutôt que gauche/droite, à mon avis...

Individualisme et altruisme sont très partiellement définis, ne s'opposent a priori pas aussi directement dans la vie poly que ne le suggère le texte, et ce que produit l'un ou l'autre dans une relation réelle n'est décrit que par jugements de valeur : le texte se sert de catégories morales et politiques pour dénoncer ou promouvoir des comportements affectifs...
Ca peut être fait, mais la longueur du raisonnement n'en fait pas une rigueur.

Peut-être que ces jugements sont nécessaires pour donner l'occasion d'y répondre... Mais leur accumulation me cache un peu la part "constructive", alors que malgré mon désaccord de fond, je vois bien que l'auteur a souhaité travailler ses propres conceptions.

Message modifié par son auteur il y a un mois.

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artichaut

le jeudi 25 janvier 2018 à 11h20

Siestacorta
les valeurs d'individualisme libertaire contre les valeurs anarcho-collectivistes

en l'occurence plutôt :
les valeurs d'individualisme libertarienne
contre les valeurs anarcho-collectivistes (altruiste libertaire)

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Siestacorta

le jeudi 25 janvier 2018 à 12h11

On devient un peu techniques :-)
C'est pas ce qui sera le plus intéressant pour débattre de l'article, mais je pense que ça joue.

artichaut
en l'occurence plutôt :
les valeurs d'individualisme libertarienne
contre les valeurs anarcho-collectivistes (altruiste libertaire)

Suis pas sûr, je pense justement qu'il y a aussi une confusion plus ou moins consciente de l'auteur entre individualisme libertaire et pensée libertarienne. Les deux découlent de principes individualistes, mais à mon sens on peut avoir une éthique et des engagements altruistes sans prôner une politique collectiviste, et/ou être farouchement indépendant sans faire primer la propriété privée sur toutes les autres valeurs politiques.

En fait, derrière "individualisme", je devine l’assimilation du libéralisme de mœurs et du néo-libéralisme économique, comme si la vie intime et les intentions politiques se jugeaient sur exactement les mêmes critères.
Les deux pensées ont des liens, évidemment, mais je trouve qu'il y a dans la critique une façon de mélanger les petits cochons et les gros porcs au moment de souffler sur leurs maisons... une façon de vouloir mettre de l'ordre et de la vertu dans la liberté, quoi, en place de la responsabilité individuelle.

Message modifié par son auteur il y a un an.

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Siestacorta

le jeudi 25 janvier 2018 à 13h11

Pour revenir à un défaut du texte, agréger plusieurs choses pour en faire un postionnement cohérent, il y a l'opposition polyamour-plusieurs couples et polyamour-célibat libertin.

Comme si c'était seulement ça, les deux options.

Plus haut dans le texte, anarchisme relationnel et libertarisme relationnel sont mis dans le même sac, donc déjà, une conception pourtant pas irresponsable des relations est balayée sans plus de procès.

L'option des relations plurielles hiérarchisées est aussi esquivée. Cette dernière a une mauvaise presse justement à cause une conception informe des rapports libres. Les relations ne sont pas libres parce qu'elles sont équivalentes, mais parce qu'elles se font entre égaux, et peuvent donc se vivre en fonction des possibilités pratiques hiérarchisées (vies communes ou partagées, intégrations plus ou moins fortes avec la famille et les proches).
En pratique, on peut avoir une relation ou plus qui s'approche des engagements d'un couple classique, et avoir aussi, avec d'autres gens des engagements plus légers. Ou plein d'autres configurations intermédiaires qui ne mettent pas la même chose dans toute relation.
Pour être honnête, ça demande un sens de l'équilibre de la part de tout le monde qu'on a pas eu beaucoup l'occasion d'apprendre dans la norme contemporaine, qui favorise une forme de concurrence des relations plutôt qu'une richesse écologique.
Il faut aussi admettre que plus la configuration est riche, plus elle demande une richesse en disponibilités de temps et d'espace (faut trouver chez qui on dort sans déranger).
Mais justement, ces limites pratiques donnent une limitation naturelle à un faux consumérisme...

On peut parler aussi des amitiés amoureuses, où l'exigence ne se présentera pas forcément entre un engagement de couple et de la pure jouissance.

On peut aussi remettre en cause un non-dit sur la question de l'engagement : il suppose que l'engagement ne vaut qu'en grimpant dans l'escalator relationnel. C'est à dire, ce n'est de la "vraie relation respectueuse" que si c'est long et que si on est toujours prêt à aller plus haut. Tout ce qui en sort n'est qu'échecs et blessures. Alors que le polyamour peut ouvrir sur des façons d'investir les relations plus larges. Les amours sont multiples dans leurs formes et dans leurs temps, à la rigueur on devrait plutôt parler de polyamours...
C'est d'ailleurs un truc que je trouve bizarrement pas cohérent dans le texte, l'auteur insiste sur une conception de soi qui fluctue dans le temps pour critiquer des positionnements de gens qui justement tentent de donner de la souplesse à leur vie affective.

Bon, et sur une note différente, je pense que mon agacement doit être augmenté par une dynamique de "si loin si proche", dans la façon de voir le monde. Je suis à peu près sûr que sur, allez, 70 % des sujets politiques et moraux, je vais plutôt être plus d'accord avec l'auteur qu'avec d'autres gens.
Mais avoir creusé nos propres cohérences polarise... Tant pis, hein. Je suis individualiste, je respecte facilement la subjectivité et la variété :-P

Message modifié par son auteur il y a un an.

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artichaut

le jeudi 25 janvier 2018 à 13h48

Siestacorta
je vais plutôt être plus d'accord avec l'auteur qu'avec d'autres gens.
Mais avoir creusé nos propres cohérences polarise... Tant pis, hein. Je suis individualiste, je respecte facilement la subjectivité et la variété :-P

là encore, je pense, qu'il faut distinguer un "individualisme" en pensée (en théorie, en respect du point de vue de l'autre autant qu'en subjectivité revendiquée) et un "individualisme" en relation (en pratique, en refus de se mettre en jeu ou en question)

autant Bonheur que Siestacorta, j'ai du mal à vous imaginer "individualistes relationnels" (genre : je fais ce que je veux de ma vie, démerdes toi avec tes problèmes, ça ne me regarde pas)

le texte crée une polarité plus ou moins fictive (individualisme libertarien VS altruisme libertaire) pour obliger à se positionner (la conclusion du texte est très claire à ce propos) et promouvoir une position, énoncée minoritaire, encourageant à favoriser l'interdépendance et à se sentir responsable de l'autre

or j'ai l'impression qu'on navigue pas mal entre ces deux pôles : par ex, revendiquer son droit à l'auto-détermination et à la subjectivité des ressentis, sans pour autant fuir l'empathie, la responsabilité et la construction collective (car prenant en compte tout le monde) de la relation polyamoureuse

en ce sens on peut se sentir "individualiste" et avoir une réelle mise en jeu "altruiste" dans les relations

…ça n'enlève nullement qu'il peut y avoir une tendance dans certains milieux, sous couvert de se revendiquer "libre", à vivre le polyamour comme un énième truc néo-libéral dégueu. Pour moi, c'est surtout ça que le texte semble vouloir pointer du doigt.

Message modifié par son auteur il y a un an.

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FredCLK

le jeudi 25 janvier 2018 à 13h49

Je respecte vos interprétations de ce texte mais je voudrais quand même donner les miennes (argument d'autorité: je suis l'auteur ^^):
Le titre "mauvaise influence" signifie la mauvaise influence de l'individualisme sur le polyamour (et non qu'individualisme et polyamour seraient des mauvaises influences sur les gens). Cette influence est particulièrement mauvaise en ce qu'elle tend à s'imposer, mettant en danger la diversité du milieu poly. (Impression subjective: je ne suis pas disposé à faire une étude statistique des interventions ici, sur facebook et en café poly).

Le texte ne parle ni de collectivisme, ni de vie (ou non) dans un même foyer, ni de mutualisation des actions immobilières, ni de grand soir de la révolte du prolétariat, etc.. Si j'ai effectivement du mal à considérer les individualistes libertaires comme des libertaires à part entière (et pourquoi pas le anarcho-capitalistes ou les anarcho-stalinistes tant qu'on y est x-D) je fais quand même la différence avec des libertariens... C'est vrai que c'est dommage car c'est le libertarisme individualiste qui a donné corps à l'amour-camaraderie (il me semble).
Mais bon, tout ça m'intéresse juste de très loin dans ce texte, car ces 2 courants (libertaire sans adjectif et libertarien) sont surtout intéressants par l'impact culturel qu'ils ont. Ils influencent, comme toute culture, mais il n'y a pas de causalité direct ni encore moins nécessaire entre la façon de vivre le polyamour et des philosophies (modes de pensé) politiques. Déjà que j'ai un peu tiré des cheveux et forcé le trait pour relier le polyamour à des concepts parallèles (altruisme, libertinage, cnv, responsabilité individuelle ou collective...), vous poussez dans les commentaires encore plus loin que ce que j'ai osé (et voulu) écrire.

Je suis déçu qu'on puisse lire que tout ce qui est décrit comme proche du concept d'altruisme est "bien" et tout ce qui est proche de l'individualisme est "mal". Il me semblait ne jamais avoir effectué de jugement moral et avoir assez souligné l'intérêt des deux approches dans chaque cas décrit. Si les concepts parallèles (individualisme etc.) ne vous parlent pas, ou ne correspondent pas à l'idée que vous vous faites du mot, vous pouvez toujours vous baser sur les situations concrètes décrites (une fois l'intro passée) et y coller vos propres étiquettes, avec les mots qui vous conviennent. Ça ne changera pas grand chose au fond du texte: on peut schématiser 2 tendances dans la manière de vivre le polyamour (parmi plein d'autres), et nous piochons forcément plus dans l'une que dans l'autre... à chacune de se situer par rapport à ça, et de situer ses partenaires.

Mais bon, libre à vous d'interpréter différemment les intensions de l'auteur. Après tout, il se ment peut être à lui-même. :-D

Message modifié par son auteur il y a un an.

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