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L'ego polyamoureux : en paix ou avide ? libre ou craintif ?

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Korial

le jeudi 11 janvier 2018 à 01h50

Salut explorateur des profondeurs du cœur humain,

À force de lectures, discussions et réflexions, il semble établi que le polyamour est une forme plus vraie, épanouie, de relation aux autres, au monde et à soi. Celui ou celle qui y excelle sait être à la fois à l'écoute et dans le respect de ses sentiments et de celui des autres. Il s'ouvre à la vie comme elle le traverse, prend son élan avec elle au lieu de le refréner, et s'évertue à le communiquer, cet élan de vie qui l'anime, aussi limpide que le vent, à ses amis de cœur, pour, qu'ensemble, ils restent légers et libres en amour.
Pourtant, il me semble que, sans avoir besoin de faire le poirier, on peut jouer à voir les choses à l'envers. Le polyamour ne serait-il à l'inverse une soumission aux caprices de l'ego, qui toujours réclame plus et plus d'amour ? C'est si bon, on se sent si bien. Et puis, en recevoir autant, c'est si rassurant. Si la voiture a plusieurs réservoirs, elle court un moindre risque de se trouver à court de carburant. Sous cet angle, accepter d'aimer et d'être aimé par plusieurs personnes n'est-il pas plus aisé que de se réserver à une, s'appliquer à nourrir un feu unique, dans sa fragilité et sa beauté ?
Prenons, pour étayer ces propos, deux exemples historiques : Bouddha et Jésus (ça claque quand même davantage qu’Émile Louis et Pol Pot). Bouddha, premier du nom, de son identité civile Siddhartha Gautama, avait une femme et un fils, avant d'atteindre l'éveil. Après son Illumination, il n'a pas été porté à en embrasser plusieurs, mais plutôt à chérir l'univers en son intégralité, l'humanité et la nature, de son amour impartial, inconditionnel. Quant à Jésus, n'en déplaise à l'auteur du Da Vinci Code, il aurait été crucifié vieux garçon. Il semble avoir aimé ses prochains, tous ses prochains, comme lui-même, sans en avoir élu certains plus que d'autres.
Alors, est-il possible d'établir une gradation entre l'amour de plusieurs êtres et la contemplation aimante du tout ? L'ego polyamoureux est-il serein ou insatiable ? Cherche-t-il l'authenticité ou des rustines à la solitude ?

Je me suis bien amusé ici, je suis curieux de vous lire à présent :)

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artichaut

le jeudi 11 janvier 2018 à 04h40

Bouddha et Jésus sont des hommes simples. Mais l'Histoire, écrite par les vainqueurs, en a fait des icônes. Sans doute pour mieux masquer la violence et les meurtres commis en leur nom (par Émile Louis, Pol Pot et tant d'autres).

Plus proche de nous, Simone de Beauvoir, Georges Sand ou Victor Hugo, sont des polyamoureux tout aussi sympathiques que Bouddha ou Jésus.

Commencons par ne pas restreindre notre amour, et prendre soins des gens qui nous entourent, avant de vouloir aimer la terre entière (…et devenir à notre tour des icônes pour servir de caution morale aux futurs meurtriers ?).

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bonheur

le jeudi 11 janvier 2018 à 08h55

Bonjour Korial,

Le polyamour n'est pas une doctrine mais une capacité individuelle (à mes yeux, je serai contredit sur ce point).

Ce que l'on ne peut vivre pour soi, on ne le doit pas... et puis ne jamais dire jamais. N'avoir qu'une vie, tu en as déjà conscience, je le sais.

La vie est constituée d'interactions et de rencontres, au pluriel. D'ailleurs, en matière de religions, il en existe plusieurs pourquoi ?

En polyamour, le soi est intégré dans le nous !

Nous en reparlerons, j'en suis certaine.

Tu peux lire "vertus du polyamour" de Y.A. Thalmann... qui indique que pour lui le polyamour est un passage d'ouverture vers l'amour universel.

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Siestacorta

le jeudi 11 janvier 2018 à 09h31

Korial

Alors, est-il possible d'établir une gradation entre l'amour de plusieurs êtres et la contemplation aimante du tout ? L'ego polyamoureux est-il serein ou insatiable ? Cherche-t-il l'authenticité ou des rustines à la solitude ?

Polyamour, c'est plusieurs relations, et ça peut aussi vouloir dire plusieurs types de relations et de sentiments simultanément.
L'occasion de vivre à chaque fois quelque chose d'autre, pour plus de possibles, pour apprendre sur soi, les autres et les relations. Que ce soit en termes de vertus, d'émotions ou de corps, il s'agit pas d'empiler pour obtenir "plus", mais d'avoir plus d'occasions de connaître et comprendre, par amour, par désir, par attachement.

Caricaturalement, même si un polyamoureux se comportait avec avidité face à ses relations, il aura de grande chances de se retrouver en train de vivre autre chose... dont de la solitude ! Puisque les partenaires ne font pas leur emploi du temps en fonction des besoins de notre ego. Et ce résultat inattendu a autant de valeur d'apprentissage que l'appétit initial (soit dit en passant, la solitude peut être assez difficile à trouver dans l'encouplement traditionnel : les injonctions pour entretenir ce type de sentiment et de lien peuvent aussi être lues comme une forme d'avidité relationnelle impensée).

Bref, on découvre, selon les circonstances et les personnes, des qualités de relation dans la vie elle-même, qu'on aurait peut-être pas vécues autrement, plutôt que de devenir ou chercher un (des) Polyamoureux Parfait(s)™ , un (des) amoureux inspirés ultra ++... La quantité de relations n'est pas un carburant qu'on aspire, plutôt un moteur qu'on peut faire tourner en s'adaptant à la route. D'autres ont trouvé le moyen d'avancer avec un amour unique, d'autres n'avancent jamais... C'est pas le polyamour ou la monogamie ou la contemplation comme mieux universellement bénéfiques, qui compte, c'est trouver ce qui donne, à chaque flamme belle unique et fragile pour reprendre tes mots, le moyen de briller et chauffer. Faisons feu de tout bois !

Il y a une grande variété de recherches. On peut chercher de l'érotisme, du développement, de la profondeur, mûrir, de la sécurité... Tout ce que les gens cherchent dans les relations humaines, quoi, rien de plus ni de moins, à part le supplément de dialogues nécessaires pour faire avec plus d'Autres.

Je ne crois pas qu'on puisse mettre des gradations dans les attentes amoureuses, les besoins de chacun. On est faits différents les uns des autres ; certains viennent avec des besoins d'être rassurés, d'autres avec un besoin de donner d'eux-même, d'autres avec beaucoup de libido, d'autres en s'explorant, d'autres parce que la vie les a surpris... Et ça va sans doute changer dans le temps, avec l'âge, l'expérience, les occasions. Et on va s'aimer et se croiser avec des attentes différentes, et on va se lier quand même.

Pas de gradation, seulement ce qu'on a à explorer, ce qu'on trouve, et des gens, ni meilleurs ni pires que les autres. Si un poly se retrouve par la suite illuminé sur la Nature Authentique du Grand Bol de Soupe Cosmique, tant mieux pour lui... Mais une soupe pour deux ou trois, ça va aussi.

Message modifié par son auteur il y a 5 mois.

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gdf

le jeudi 11 janvier 2018 à 22h02

Korial
il semble établi que le polyamour est une forme plus vraie, épanouie, de relation aux autres, au monde et à soi. Celui ou celle qui y excelle sait être à la fois à l'écoute et dans le respect de ses sentiments et de celui des autres.(...)

on peut jouer à voir les choses à l'envers.

Si on doit voir les choses à l'envers, je reformulerais plutôt comme ça : être à l'écoute et dans le respect de ses sentiments et de celui des autres est une forme plus vraie, épanouie, de relation aux autres, au monde et à soi. Celui ou celle qui y excelle pourra, si il ou elle le souhaite, vivre des amours plurielles honnêtes et transparentes.

L'honnêteté et le respect sont des prérequis au polyamour, pas le contraire.

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Siestacorta

le jeudi 11 janvier 2018 à 22h27

[très gros edit de mon précédent post, qu'était écrit du pied gauche même si moi je voyais bien où je voulais en venir]

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artichaut

le jeudi 11 janvier 2018 à 22h29

gdf
L'honnêteté et le respect sont des prérequis au polyamour, pas le contraire.

c'est exactement cela !

le polyamour, comme l'amour infini, est tout à fait facultatif

ce qui compte c'est déja de trouver l'honnêteté et le respect
(envers ses semblables, pas envers un système, ou un dogme, hein…)

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bonheur

le vendredi 12 janvier 2018 à 10h21

Korial
L'ego polyamoureux est-il serein ou insatiable ?

L'égo, je ne sais pas. Ce qui se passe en soi, l'émotion, si celle-ci est prise en compte et reconnue, rend heureux. Après, si la personne qui provoque un tel ressenti nous porte de l'attention... sans doute l'égo est-il "flatté"... et ça permet à la relation de prendre forme. Comme le polyamoureux ne s'interdit pas cela et qu'il ne met comme contrainte que ses propres limites (et celle de l'autre) à cela, alors oui, on peut parler d'insatiable. Enfin quand je dis insatiable, c'est par rapport à quoi ? Celui ou celle qui ne reconnaitra pas l'émotion lorsqu'elle survient. Après, serein... personne ne connait l'avenir... et la personne, objet de notre émotion, ne sera peut être pas réceptive. Et là l'égo, il en prend un coup.

En conclusion, être poly peut mener à des situations très différentes en matière d'égo.

D'autres personnes roulent en voiture hors de prix et je pense que ça flatte l'égo d'une façon moins altruiste. Sauf que là encore, il existe des personnes qui ne regarderont pas la dite voiture, ça ne les intéresse pas. La comparaison peut sembler bizarre, mais en y réfléchissant, pas tant que ça.

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bonheur

le vendredi 12 janvier 2018 à 10h29

Korial
Cherche-t-il l'authenticité ou des rustines à la solitude ?

La solitude ne doit pas souffrir de "rustines". La solitude permet d'être en phase avec soi-même. Que l'on consacre du temps à soi (moi, j'aime flâner au lit, par exemple) n'a rien d'une souffrance.

Il y a quelques temps, fin septembre, j'ai passé une soirée prolongée (le reste de la famille étant à un mariage) et j'avais un plan de secours avec une collègue de boulot... qui m'a planté presque au dernier moment. Du coup, j'ai fait ma "fête toute seule). Je me suis préparée un repas de fête, j'ai mis de la musique et j'ai chanté (à gorge déployée) et dansé. Quand le reste de la famille est rentré, ça m'a fait bizarre. Je venais de passer une super soirée et ma réaction fut "vous êtes déjà là ?".

L'authenticité, je crois qu'il n'y a rien de plus beau et surtout de plus salvateur. L'authenticité est la reconnaissance (entre autres) et c'est elle qui nous permet de valoriser son émotion et de consolider cette forme de liberté que l'on a à la ressentir. Personnellement, c'est ce qui me guide et c'est ce qui me rassure dans ma démarche, à chaque nouvelle rencontre avec une personne qui me chamboule.

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bonheur

le vendredi 12 janvier 2018 à 10h35

gdf
L'honnêteté et le respect sont des prérequis au polyamour, pas le contraire.

Tout à fait. C'est la raison pour laquelle il faut savoir se regarder en face et regarder l'autre, les autres, avec les yeux de l'honnêteté (et parfois avoir avant tout un regard honnête afin d'affronter son passé : pour moi l'endormissement qui a fait que je me manquait de respect, qui a fait qu'à 20 ans j'ai commis l'erreur de faire un choix), avant d'entamer une quelconque démarche poly.

J'ajouterai que l'authenticité a son rôle a jouer dans l'équation. Sans tout cela, sans une mise au point avec soi et avec autrui, on ne peut, à mon sens, affirmer comprendre ou se reconnaitre poly.

Le développement personnel est à mon sens indispensable pour ces raisons précises. Le polyamour ne consiste pas juste à aimer au plurielle. C'est ma vision en tout cas

Message modifié par son auteur il y a 5 mois.

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bonheur

le vendredi 12 janvier 2018 à 10h36

Voici ce que je n'avais pas eu le temps d'exprimer hier.

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bonheur

le vendredi 12 janvier 2018 à 10h38

Siestacorta
[très gros edit de mon précédent post, qu'était écrit du pied gauche même si moi je voyais bien où je voulais en venir]

Je félicite ton pied gauche... je dirai que tout était clair :-D

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aruspice

le mardi 16 janvier 2018 à 19h06

Korial
Salut explorateur des profondeurs du cœur humain,

À force de lectures, discussions et réflexions, il semble établi que le polyamour est une forme plus vraie, épanouie, de relation aux autres, au monde et à soi. Celui ou celle qui y excelle sait être à la fois à l'écoute et dans le respect de ses sentiments et de celui des autres. Il s'ouvre à la vie comme elle le traverse, prend son élan avec elle au lieu de le refréner, et s'évertue à le communiquer, cet élan de vie qui l'anime, aussi limpide que le vent, à ses amis de cœur, pour, qu'ensemble, ils restent légers et libres en amour.

Pourtant, il me semble que, sans avoir besoin de faire le poirier, on peut jouer à voir les choses à l'envers. Le polyamour ne serait-il à l'inverse une soumission aux caprices de l'ego, qui toujours réclame plus et plus d'amour ? C'est si bon, on se sent si bien. Et puis, en recevoir autant, c'est si rassurant. Si la voiture a plusieurs réservoirs, elle court un moindre risque de se trouver à court de carburant. Sous cet angle, accepter d'aimer et d'être aimé par plusieurs personnes n'est-il pas plus aisé que de se réserver à une, s'appliquer à nourrir un feu unique, dans sa fragilité et sa beauté ?

Prenons, pour étayer ces propos, deux exemples historiques : Bouddha et Jésus (ça claque quand même davantage qu’Émile Louis et Pol Pot). Bouddha, premier du nom, de son identité civile Siddhartha Gautama, avait une femme et un fils, avant d'atteindre l'éveil. Après son Illumination, il n'a pas été porté à en embrasser plusieurs, mais plutôt à chérir l'univers en son intégralité, l'humanité et la nature, de son amour impartial, inconditionnel. Quant à Jésus, n'en déplaise à l'auteur du Da Vinci Code, il aurait été crucifié vieux garçon. Il semble avoir aimé ses prochains, tous ses prochains, comme lui-même, sans en avoir élu certains plus que d'autres.

Alors, est-il possible d'établir une gradation entre l'amour de plusieurs êtres et la contemplation aimante du tout ? L'ego polyamoureux est-il serein ou insatiable ? Cherche-t-il l'authenticité ou des rustines à la solitude ?

Je me suis bien amusé ici, je suis curieux de vous lire à présent :)

Des rustines à la solitude ?

Non, de la voracité à vivre, si possible plusieurs à la fois, peu importe ce qu'il en coûte à d'autres...

C'est aussi une possible vision non ?

Par les mots on peut amener beaucoup de gens à se faire à l'idée que..., à accepter, à essayer, etc.

Mais qui en est vraiment heureux, profondément ? A cela même, le poly habile répondra que personne n'est jamais seulement heureux...

La langage est habile, mais il y a une réalité, sociale, culturelle, sensible aussi peut-on l'interroger dans le cadre du polyamour ?

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Korial

le mercredi 17 janvier 2018 à 16h17

Merci à vous pour ces échanges.
Je me dis aujourd'hui que, en ce qui concerne la nature que l'on souhaite donner à ses relations aux autres (exclusivité, polyamour, contemplation...), il en va à la fois de notre propre nature, de notre aptitude à l'écouter et de notre volonté à nous y conformer. Quand je lis ceci, qui a été repris plusieurs fois :

gdf
L'honnêteté et le respect sont des prérequis au polyamour, pas le contraire.

je retrouve l'éthique qui m'anime aujourd'hui, celle de veiller à être à l'écoute de ce qui naît en moi, de l'observer avec un maximum de lucidité et de le communiquer si cela entre en friction avec des éléments extérieurs. On ne choisit certes pas les émotions qui nous traversent et les sentiments qui nous habitent, il me semble, mais on peut choisir la façon dont on les considère et les partage.
Chacun avec nos (jolis) mots, tapés de la main ou du pied gauche (quelle dextérité Siestacorta), il m'apparaît que l'on se rejoint tous ici.
Quant au choix lexical, aruspice, je tends de plus en plus à préférer "plénitude" à "bonheur" (loin de moi l'idée de dénigrer ton pseudonyme, chère bonheur :-) ).

Enfin, artichaut, je trouve qu'il y a quelque chose d'éminemment chaleureux à considérer Simone, Georges ou Victor comme tout aussi sympathiques que Bouddha et Jésus. J'ajouterais à cette liste non exhaustive mon ami Max et ma grande-tante Gertrude.

Bises à vous

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bonheur

le mercredi 17 janvier 2018 à 21h24

Cher Korial, le jour où nous nous dénigrerons... ce n'est ni aujourd'hui, ni demain. La plénitude est une sensation merveilleuse. Laissons nous porter :-)

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Bizbille

le vendredi 16 mars 2018 à 15h27

Korial
Le polyamour ne serait-il à l'inverse une soumission aux caprices de l'ego, qui toujours réclame plus et plus d'amour ? C'est si bon, on se sent si bien. Et puis, en recevoir autant, c'est si rassurant. Si la voiture a plusieurs réservoirs, elle court un moindre risque de se trouver à court de carburant. Sous cet angle, accepter d'aimer et d'être aimé par plusieurs personnes n'est-il pas plus aisé que de se réserver à une, s'appliquer à nourrir un feu unique, dans sa fragilité et sa beauté ?

C'est drôle, c'est un peu la conclusion à laquelle est arrivé mon partenaire de vie quand je lui ai demandé de réfléchir à pourquoi il ressentait le besoin de répandre l'amour et d'en recevoir de plusieurs personnes... Il s'est longtemps détesté, ça le rend du coup très sensible à la moindre marque d'affection...

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