Polyamour.info



Les messages appartiennent à leurs auteurs. Nous n'en sommes pas responsables.

Merci de consulter notre charte de discussion pour connaître les règles qui régissent les conversations sur ce site.

Confiance et conséquences

Bases
#
Profil

tentacara

le jeudi 15 octobre 2015 à 10h49

Lors du café poly de septembre, une intervention m'a interpelée : "On est responsable de la confiance que l'on place en l'autre". Voilà près de 3 semaines que je gamberge sur cette affirmation.
Une des nuances apportées lors du débat ajoutait " Certes, mais la personne en qui la confiance est placée n'en est pas moins responsable de ses actes." Une fois cette nuance posée, je me suis interrogée sur les implications de la première affirmation.

Je suis une personne plutôt confiante de nature. Comme beaucoup, j'ai du mal à préjuger chez les gens d'un fonctionnement fondamentalement différent du mien. Lorsque l'on place sa confiance en moi, cela démultiplie ma motivation à la mériter. J'ai du mal à imaginer a priori que tout le monde ne fonctionne pas ainsi. Je ne peux que le constater, une fois que le mal est fait.
Il y a évidemment de très nombreux niveaux et enjeux dans la notion de confiance. Je ne place pas la même confiance dans mes collègues de travail (dont j'attends en gros qu'ils fassent leur boulot afin que je puisse correctement faire le mien), en mes amis (dont je conçois tout à fait qu'ils puissent me faire défaut s'ils ont d'autres priorités) dans mes amants et dans mes partenaires de vie.
La confiance que je place dans les gens qui partagent ma vie est naturellement la plus chargée de sens et d'enjeux. Ils sont exposés au quotidien à ma construction, mes blessures, mes vulnérabilités, de même qu'ils jouissent du bénéfice de mes qualités, de ma force vitale, de ma compétence sociale, de mon empathie, de ma capacité d'analyse et de la façon dont j'ai métabolisé mon expérience.

J'ai tellement de mal à imaginer que la confiance que je place en l'autre n'ait aucune espèce de sens profond pour lui ou elle que même devant l'évidence, je persiste à essayer de comprendre, à donner une autre chance de se montrer à la hauteur de la responsabilité. Je sais, "responsabilité" est de l'ordre du "gros mot" par les temps qui courent.
Pour moi, la liberté du polyamour consiste à choisir les responsabilités auxquelles on s'engage. Pas à se débarrasser de toute forme de responsabilité envers autrui.
C'est pourquoi les responsabilités qu'engagent la confiance que je donne sont explicites et circonstanciées. On ne peut la trahir qu'en toute connaissance de cause, ce qui à mon sens accroît la gravité de la transgression.
Je me doute que j'expose ici un mode de fonctionnement qui m'est propre, j'en reviens donc au général.

Je suis prête à répondre de la confiance que je place en l'autre dès lors que je suis libre de la lui retirer s'ille s'en montre indigne. Mais ma confiance n'est pas fragmentée.
Si j'ai pris des engagements qui reposaient justement sur la confiance en l'humanité, en la responsabilité de l'autre et que cette confiance est anéantie par ses actes, je ne lui reconnais aucune légitimité une fois que ma confiance lui a été retirée d'exiger que je tienne quelqu'engagement antérieur que ce soit.

Lorsqu'une personne a saccagé par son inconséquence ce que vous lui avez confié de précieux (au hasard, le cheminement vers la transcendance d'un trauma ancien et profond), pouvez-vous envisager de lui faire confiance sur un autre plan plus précieux et fragile encore (au hasard encore, votre enfant en bas âge) ?
J'ai pris ma part de responsabilité dans la confiance que j'ai placé en l'autre. Je suis en thérapie depuis 18 mois pour réparer les dégâts. Je me refuse à exposer mon enfant à une personne dont le système de valeurs morales est en tout point opposé au mien. Il n'a que son droit et son dû à la bouche quand je me préoccupe avant tout de mes devoirs et responsabilités envers ceux dont le bien-être et la santé dépendent de moi. (Je précise qu'il n'y a aucune espèce de lien juridique ou légal en jeu.. heureusement. Nous ne nous plaçons ici que dans un contexte moral).

En résumé mon sentiment est que si je plaçais à nouveau ma confiance au nom de mon enfant en quelqu'un qui m'a maintes fois prouvé ne pas en être digne, et que cette indignité se confirmait comme c'est probable, c'est en effet moi qui devrais en porter la plus grande responsabilité et c'est à moi qu'il appartient de ne pas accepter de prendre cette responsabilité puisque c'est moi qui ensuite devrai en répondre.

Comment choisissez-vous de placer votre confiance en quelqu'un et quelles en sont les limites ?

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

#

(compte clôturé)

le jeudi 15 octobre 2015 à 11h51

Ma confiance est à la fois absolue et relative: elle est relative car si je donne rdv à quelqu’un et que cette personne déboule avec une demi-heure de retard par négligence, je modifierai mon modus operandi avec cette personne: si elle n’est pas à l’heure la fois d’après, je vais voir mon film sans l’attendre et sans m’inquiéter par exemple; mais dans les mêmes circonstances je referai confiance à une autre personne dans les mêmes proportions et les mêmes conditions: mon aptitude à faire confiance n’est pas entamée d’une manière générale.
La confiance est quelque chose de trop économique sur le plan psychique à mon goût pour pouvoir y renoncer dans la longue durée et a priori.
Par contre la perte de confiance confirmée vis à vis d’une personne en particulier (c’est à dire a posteriori) m'amènera à ne rien lui confier/créditer sur un point à enjeu pour moi; car là pour le coup, je considérerai que ce serait moi le “couillon de service”. quelqu’un qui trahit systématiquement ma confiance est en quelque sorte fidèle à son inconséquence et il m’appartient de l’anticiper si je veux conserver un lien avec cette personne.
La confiance engage pour moi clairement une certaine éthique du donner/recevoir, assez différente dans son essence de l’approche sacrificielle des relations humaines, elle ne se confond pas non plus avec une logique juridique de contrat qui rigidifie des choses susceptibles d’évolution/d’adaptation/rééquilibrage réciproque.
J’avais lu il y a quelques années lu un livre sur la thérapie contextuelle de Boszormenyi - Nagy qui parlait bien de ça je crois...

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

#

(compte clôturé)

le jeudi 15 octobre 2015 à 11h54

tentacara
Comme beaucoup, j'ai du mal à préjuger chez les gens d'un fonctionnement fondamentalement différent du mien.

Ta réflexion vient en écho à un passage que j'ai rajouté dans la nouvelle édition de APH:
"Les polyamoureux les plus convaincus, qui ont dans la tête un modèle idéal de relation- communication, compersion, attention à chacun des partenaires- doivent accepter que la réalité peut déconstruire quelque peu ce modèle et apprendre à s'adapter, comprendre que ce qu'ils ont en tête ne correspond pas forcément à ce que les autres partenaires ont en tête. Le polyamour, loin d'être un concept univoque, est une auberge espagnole où chacun accommode le plat à sa sauce en étant persuadé qu'elle est la meilleure."
De ce fait, comme dans un procès où le procureur et l'avocat défendent des positions diamétralement opposées à partir des mêmes éléments de dossier, chacun des polys est persuadé que sa position est la plus juste, et malheureusement, il est difficile de faire évoluer cette situation. Au mieux, l'un ou l'autre- ou les deux- admettront qu'il (elle) n'avait pas compris la portée de l'opinion de l'autre. Et s'en excuseront, ou chercheront à modifier leur attitude, ou iront jusqu'à la rupture si les positions se révèlent inconciliables.
Pour moi, la confiance consiste à penser que l'autre est capable de savoir "jusqu'où aller trop loin" et je compte donc qu'il saura de lui même (ou d'elle-même) ne pas passer des bornes qu'il me sait insupportables. S'il (elle) les dépasse, j'envoie des avertissements, plusieurs, et si je ne me sens pas respectée après ces avertissements, ma confiance disparaît. Je ne rompt pas forcément, mais je suis désormais comme le cow-boy "le regard vers la sortie et le doigt sur la gâchette". Concrètement, même si je pardonne, même si tout semble rentrer dans l'ordre, mon corps n'oublie pas la blessure et il me devient impossible de me laisser aller sexuellement avec quiconque a trahi ma confiance. Trahir ma confiance tue mon désir, et ce n'est pas une "punition" intellectuelle infligée à la personne, c'est mon corps qui refuse.

#
Profil

bouquetfleuri

le jeudi 15 octobre 2015 à 12h01

J'ai à peu près le même raisonnement que toi, tentacara.
À ceci près que la confiance comme le sentiment amoureux, pour moi, se construisent au sein d'un engagement qui est total, ou monotypique ou monolithique au choix. (c'est pour répondre à un sujet qui parlait du "premier engagement", l'engagement n'est que premier, il ne se fragmente pas).
Je ne suis pas amoureux d'une table et n'offre pas ma confiance à un arbre. Ces sentiments sont les termes de la dialectique amoureuse qui repose sur la nature et les ego de chacun. Plus je connais ces natures (dont la mienne), plus je peux leur faire confiance.
Ma responsabilité est alors d'ajuster mon attente (par exemple) à ma confiance, ou mon plaisir à l'acuité de l'autre, vecteur d'échange.

En fait, je ne choisis pas de faire confiance, cela se construit comme se détruit au gré des milliers d'actes quotidiens qui donnent du corps à mes relations. Les limites sont les réponses (la responsabilité) que l'on se donne.

Sinon, je suis aussi naïf que tu sembles le déplorer pour toi-même

#
Profil

camelezebre

le jeudi 15 octobre 2015 à 12h10

Bonjour Tentacara,

Je suis très comme toi au niveau de la confiance. Je pars du principe que celle que j'accorde, dans sa valeur, sera forcément la même qui me sera accordée ou respectée. Et ce n'est évidemment pas le cas, chaque individu à sa notion de la confiance et ses valeurs propres.

Je ne connais pas la situation exacte de ce que tu vis avec cette personne et ton enfant et surtout du niveau de valeur que moral qui ont été transgressées, je ne peux donc pas te donner un avis à ce niveau.

Mais je peux te donner mon exemple.
Nous avons décidé avec mon mari, de ne plus mettre nos filles en contacts avec leurs grands-parents maternelle et paternelle. Pour des raisons évidentes de confiance mais surtout de valeur morale et spirituelle qui pourraient avoir des répercussions (selon nos valeurs toujours, donc pas nécessairement juste, mais ce sont les nôtres) sur nos filles. Nous nous sommes beaucoup interrogé sur notre choix qui aura des conséquences sur nos filles. Elles n'ont plus de figures grand-parentale et perdent de cette manière une partie de leur histoire, de leur famille.

Ce choix s'est basé sur notre responsabilité envers nos filles qui sont encore petites (3 et 6) et qui ne sont pas "armée" pour comprendre la situation et évaluer le "risque" des comportements d'autres adultes en face d'eux. Nous nous sommes clairement positionné en tant que parents protégeant leurs enfants. Nous ne sommes pas fermé à une rencontre lorsqu'elles en feront la demande. Et nous leur expliqueront avec clarté le pourquoi de notre décision. Nous ne savons pas ce qu'elles en penseront et nous devront l'assumer. Pour autant je pense que c'est le devoir de chaque parent de parfois décider de maintenir ou non un lien qui peut être toxique et apporter plus de difficulté à l'enfant, ou à la relation entre les adultes, avec le risque d'un conflit de loyauté extrêmement difficile à gérer pour les enfants.

Est-ce que tu peux envisager de mettre ton enfant face à des personnes qui peuvent potentiellement lui faire du mal ou le manipuler? Des personnes qui peuvent lui transmettre des valeurs totalement opposées aux tiennes et risquer de le mettre en doute face à toi? Les enfants sentent très vite lorsque leurs parents sont mitigés et ils vont très souvent mettre en place un système de protection pour chacun des parents ou intervenants.

Quelque soit tes valeurs, elles sont ce que tu souhaites transmettre et personne ne peut en juger, elles permettent aussi de définir le notion de protection et de danger pour ton enfant. Tu devrais faire confiance à ton instinct de mère, il est souvent très juste.

Ton dernier paragraphe semble te donner ta réponse... Non?

#
Profil

Tcheloviekskinoapparatom

le jeudi 15 octobre 2015 à 12h16

Tout à fait d'accord avec APH, et cette notion de "le regard vers la sortie et le doigt sur la gâchette".
Evidemment avec quelqu'un qu'on connait depuis longtemps on peut relâcher un peu la tension du doigt... et peut-être vaudrait-il mieux chercher une autre analogie, plus défensive que le revolver. Mais le principe est bon.

Il y a un peu une question double : d'une part le fait que la confiance ne peut jamais être absolue, inconditionnelle et éternelle, que même avec quelqu'un qu'on connait depuis des décennies, il peut y avoir des surprises, des incompréhensions, des déceptions. Les gens changent, sont complexes, ne se connaissent jamais complètement eux-mêmes, c'est ainsi.

L'autre question c'est comment nous accordons notre confiance. Processus historique, inscrit dans le contexte particulier d'une rencontre puis d'une relation, et dans le contexte individuel des parties.
Comme dans tant d'aspects des relations, c'est la connaissance de soi, de ses mécanismes, de ces processus évolutifs aussi, qui est la base la plus solide, celle sur laquelle on a, potentiellement le plus de prise.
Ensuite vient la communication, et par là aussi la connaissance de l'autre, toujours plus imparfaite et parcellaire.
Une phrase qui me semble intéressante dans ce qu'écrit tentacara c'est "ma confiance n'est pas fragmentée".
Est-ce que, pour gérer des relations où la confiance ne peut pas être totale et absolue (et sans doute est-ce le cas de toutes les relations ? en tous cas de la très grande majorité), il ne faut pas apprendre à "fragmenter notre confiance" ? A pouvoir dire : là-dessus je lui fais confiance (par exemple la communication honnête de ses sentiments) mais pas là-dessus (par exemple sa capacité à envisager des situations à échéance de plusieurs mois ou années de manière un tant soit peu fiable) ? Apprendre à fragmenter, et comment fragmenter.

Il est clair par ailleurs pour moi qu'aucun engagement n'est valable quoiqu'il arrive. Si il y a rupture, il y a par définition remise en cause de tous les engagements pris, plus la rupture est profonde, plus les engagements sont susceptibles d'être abandonnés.

#
Profil

tentacara

le jeudi 15 octobre 2015 à 18h40

Merci beaucoup pour vos réponses dont la qualité continue de faire honneur à ce forum. Il est réconfortant de trouver tant d'échos à ma propre vision des choses après avoir nagé dans le doute et la confusion très longtemps. Camelezebre, merci pour ton exemple qui illustre parfaitement mes interrogations. Finalement, entre deux maux, mieux vaut choisir celui que nous pourrons assumer.
Je souscris totalement à la dualité absolue/ relative de la confiance et j'ai de nombreuses raisons de ne pas laisser une expérience tragique abîmer cette forme de naïveté que je ne déplore pas tant que ça. J'ai envie de faire confiance. J'aime le lien qui se crée en son sein. L'un des objectifs de ma thérapie est de me permettre d'offrir à nouveau cette confiance un peu plus judicieusement que par le passé. Vous m'avez beaucoup aidée. Merci

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

#
Profil

LuLutine

le jeudi 29 octobre 2015 à 02h12

tentacara
Pour moi, la liberté du polyamour consiste à choisir les responsabilités auxquelles on s'engage. Pas à se débarrasser de toute forme de responsabilité envers autrui.

Je pense que je te rejoins sur ce fond. C'est d'autant plus vrai en anarchie relationnelle. Il n'y a pas de "règles par défaut" (on me dira qu'il n'y en a pas non plus en poly, mais si on hiérarchise relations amoureuses et amicales, ben si, quelque part il y en a un peu, même s'il y en a déjà beaucoup beaucoup moins que dans la société "mononormée").

Du coup, chaque relation est à discuter au cas par cas, et chaque engagement est à expliciter.
Parfois bien sûr, il reste des implicites et on se viande, mais à ce moment-là c'est l'occasion de discuter et de dire "Ah bah moi je voyais cet aspect de notre relation comme ça, mince pas toi ? Bon alors comment est-ce qu'on peut redéfinir le truc pour que ça marche ?" etc.

(La question de l'explicite rejoint d'ailleurs ce que tu as écris juste après, je pense.)

tentacara
Comment choisissez-vous de placer votre confiance en quelqu'un et quelles en sont les limites ?

Je suis pas sûre que ça fasse avancer le schmilblick, mais je dirais "au feeling".

Et aussi que tout comme toi je ne place pas la même quantité ou le même type de confiance en chaque personne (selon la nature, l'intensité de nos liens mais surtout le degré d'intimité - physique éventuellement mais principalement émotionnelle ou affective).

Quand je me rends compte que j'ai fait confiance à tort, je retire ma confiance, a minima concernant le domaine dans lequel je me suis sentie trahie/lésée.
On peut en effet faire confiance pour certaines choses (par exemple me remonter le moral si je me sens mal) et pas pour d'autres (par exemple être à l'heure aux rendez-vous).

(Note en passant pour ceux que ça intéresse : ne me faites pas trop confiance pour être à l'heure, je fais de mon mieux mais je suis une retardataire maladive, en vrai. Quand j'arrive à l'heure, c'est juste parce que j'avais prévu d'être là 15 ou 30 minutes plus tôt ; et si vous me précisez que la ponctualité est importante, c'est probablement ce que je ferai ;) )

Oui, la confiance n'est pas un bloc monolithique, elle peut s'accorder dans certains domaines et pas dans d'autres.
Quand j'accorde une confiance très large, et que je me sens par la suite trahie (sur l'ensemble de cette confiance ou sur un aspect important de cette confiance), si je redonne par la suite ma confiance, ce sera au compte-goutte, petit à petit, et moins totalement que la première fois.
Comme on dit, chat échaudé...

Ma confiance n'est pas si dure à obtenir (même si je ne la donne pas au tout-venant non plus), mais la retrouver quand on l'a perdue, c'est autre chose.

APH
"Le polyamour, loin d'être un concept univoque, est une auberge espagnole où chacun accommode le plat à sa sauce en étant persuadé qu'elle est la meilleure."

Bah.
Pour ma part j'accommode le plat à ma sauce en étant persuadée qu'elle est la meilleure pour moi.
Je comprends parfaitement que d'autres mettent une autre sauce, voire consomment des plats complètement différents...! Et que ce soit le mieux pour eux !

APH
[Si l'autre dépasse les bornes], j'envoie des avertissements, plusieurs, et si je ne me sens pas respectée après ces avertissements, ma confiance disparaît. Je ne rompt pas forcément, mais je suis désormais comme le cow-boy "le regard vers la sortie et le doigt sur la gâchette".

Je crois que j'ai un fonctionnement assez proche.
Un comportement qui me dérange voire me blesse sera pointé du doigt.
Ceux qui s'excusent sont facilement pardonnés (et on m'a souvent dit que je pardonnais trop facilement, mais face à des excuses sincères cela m'est juste naturel), ceux qui essaient vainement de se justifier (je n'attends jamais rien de tel) tout en "défendant" leurs actes...apprennent au contraire ce qui se passe quand je retire ma confiance.

On ne justifie pas un manque de respect, c'est clair.

tentacaraJ'ai envie de faire confiance. J'aime le lien qui se crée en son sein.

Je suis persuadée qu'une relation n'existe pas sans confiance. Je continue aussi à faire confiance aux personnes que je croise (enfin je sélectionne, après un premier examen "au feeling" et en ayant appris de mes précédentes expériences...bref comme tout le monde je pense ?).
Comme tout le monde, de temps en temps je me casse la figure, parce que la personne sur qui je comptais pour me rattraper a décidé de se barrer sans prévenir. (Et moi j'ai quand même sauté, parce que je faisais confiance, c'est ballot.)

Alors je pleure, je me relève, j'en tire les conséquences et je continue mon chemin.

Pour revenir au début du premier message : "on est responsable de la confiance qu'on accorde".
Oui, ça me parle.

Si j'ai accordé ma confiance sur un truc pour lequel je n'ai pas pensé à expliciter suffisamment (ça m'arrive), je me sens plus responsable que l'autre du "ratage" en cas de "trahison" (que je mets entre guillemets car si je n'ai pas assez explicité, l'autre n'est pas conscient de ce que j'attends et ne peut donc pas vraiment trahir).
Si au contraire, j'ai été explicite sur mes attentes et/ou que l'autre m'a dit "tu peux compter sur moi pour ça" (exemple : pour faire ce que je dis sans avoir à le reconfirmer, et si je change d'avis je te le dis tout de suite), et qu'ensuite ce qui arrive n'est pas conforme à ce qui a été dit...
Là je suis surtout responsable de continuer à faire confiance ou pas. Mais je ne me sens pas "fautive" d'avoir accordé ma confiance préalable, surtout quand la personne jusque-là avait prouvé en être digne : on ne peut pas tout prévoir, comment aurais-je pu savoir ?

Bref, l'idée n'est pas que l'autre se dédouane avec une pirouette du style "les promesses n'engagent que ceux qui y croient".

Répondre

Chercher dans cette discussion

Autres discussions sur ce thème :


Espace membre

» Options de connexion