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Faire son deuil, vraiment ?

Témoignage
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(compte clôturé)

le vendredi 12 septembre 2014 à 20h55

J'ai vécu des histoires, de belles histoires avec des personnes qui ont cru, au moins momentanément, que ce que je leur disais était vrai, était faisable : vivre plusieurs relations en même temps, aimer deux personnes (ou plus peut-être, qu'en sais-je ?) ; pour eux la découverte que ça pouvait exister dans le réel.
Et ils l'ont cru aussi parce que j'y croyais super fort, ça me paraissait tellement évident que ça puisse exister, et bien se passer. Mais c'était visiblement une belle illusion, qui a volé en éclat à grand fracas. Avec une rupture brutale parce que ce n'est pas possible, pas supportable, car la compagne ou l'amie le vit trop mal, menace de rompre, de tout briser, menaces.
Bien sûr il faut admettre que tout le monde ne peut pas vivre comme ça mais ne juste pas essayer, comme si c'était impensable ?

Ca fait des jours que je retourne cette question en me demandant à quel point je me suis leurrée : pourquoi cette chose si évidente n'a causé jusque là que des blessures.

Et comment se dire que tout est fini et que c'est une bonne chose, faire son deuil e somme, quand les raisons paraissent si absurdes et que les sentiments sont toujours là ? que c'était vivable, que c'était possible et que dans un autre cadre ça le serait c'est sûr ?
La seule explication que je trouve c'est que c'était un leurre, que non, ce ne serait pas possible parce qu'espérer que ça marche est tout simplement une illusion. Pas parce que dans l'absolu c'est faux ; mais parce que presque personne ne le voit comme souhaitable.

Désolée si ce message ne ressemble pas à grand chose mais je suis tellement découragée.

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(compte clôturé)

le vendredi 12 septembre 2014 à 22h12

Bonsoir Riff,

Je ressens profondément ce que tu vis pour être passée par là, en ce début d'année (je l'ai exprimé sur ce site).
La leçon que j'en ai tiré c'est que les personnes que j'ai rencontrées et à qui je parlais de polyamour avaient toutes l'esprit ouvert et étaient séduites par l'énergie, la vérité et la conviction qui se dégageaient de moi quand je parlais de ce sujet... tellement j'y crois...cette authenticité leur a donné l'envie d'y croire aussi mais le polyamour n'était pas intégré chez eux et la pratique s'est révélée désastreuse et d'autant plus blessante pour moi.
J'ai été naîve de croire qu'il suffisait d'en parler en toute honnêteté et je crois que j'aurais été mieux respectée si j'avais été "comme tout le monde"...c'est à dire mono.
Cependant par ailleurs la vie m'a donné de rencontrer plusieurs hommes "par hasard" et de vivre des rencontres "sans attentes" (parce que j'étais dans une période d'interrogation et aussi de reprise de liaison avec un ex non polyamoureux) mais dans une grande authenticité...des moments très intenses et des liens de coeur à coeur. j'ai l'impression qu'une espèce d'alliance s'est faite avec eux et que sans qu'on évoque le polyamour il va de soi car aucun n'a cherché à faire de moi "sa compagne" ou "sa petite amie".
Il n'a pas été question de statut, de relation primaire, secondaire ...aucune étiquette, juste la rencontre.
Avec ces personnes, il y a échange de messages selon les envies et je me remplis de joie intense par moment en pensées pour l'un ou l'autre.
Aucune peur d'être quittée...c'est assez étrange comme sensation.

Oui c'est absurde de s'infliger mutuellement une rupture plutôt que de laisser faire les sentiments et surtout c'est absurde de choisir et surtout de choisir celle qui restreint sa liberté mais le polyamour reste un chemin peu fréquenté et le besoin de sécurité sur le plan affectif est encore trop fort pour accepter les risques.

Et pourtant....

avec tout mon soutien pour que tu gardes espoir

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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Profil

LuLutine

le samedi 13 septembre 2014 à 02h30

Riff
Et comment se dire que tout est fini et que c'est une bonne chose

Une "bonne chose" je ne sais pas, mais parfois un mal pour un bien, c'est sûr.

Parfois ça vaut mieux que d'essayer de poursuivre à tout prix une relation qui fait souffrir ses protagonistes...

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Profil

beseeingyou

le samedi 13 septembre 2014 à 06h47

Au risque de faire trop court, je dirais:

-espérer que ça marche : oui
-s'attendre à ce que ça marche : plus périlleux

Mes méninges et moi-même triturons ce concept depuis quelques années, et c'est toujours aussi dur à définir. 24 lettres en anglais, pas mieux : High hopes, low expectations.

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(compte clôturé)

le samedi 13 septembre 2014 à 09h48

LuLutine
Une "bonne chose" je ne sais pas, mais parfois un mal pour un bien, c'est sûr.
Parfois ça vaut mieux que d'essayer de poursuivre à tout prix une relation qui fait souffrir ses protagonistes...

Je suis d'accord sur le fait que parfois ça vaut mieux, mais la séparation, si elle arrête la relation et réduit la souffrance liée au conflit (et peut-être surtout la peur), ne supprime pas les sentiments et continue de faire souffrir les protagonistes, certains d'entre eux en tous cas.
Je ne dirais pas dans ce cas un mal pour un bien. Plutôt pour un moins mal ? et encore.
Ce qui me préoccupe c'est justement cette impression, que ce n'est pas vraiment un mal pour un bien. S'infliger une rupture dans une relation qui fonctionne bien, voire mieux que bien, je trouve ça absurde et ça (en soi) ne prend pas de sens pour moi, même avec le temps.

beseeingyou
-espérer que ça marche : oui
-s'attendre à ce que ça marche : plus périlleux

Mes méninges et moi-même triturons ce concept depuis quelques années, et c'est toujours aussi dur à définir. 24 lettres en anglais, pas mieux : High hopes, low expectations.

Est-ce que ça ne tue pas la spontanéité ? J'avoue que la frontière entre espoir et attente me paraît bien floue das ce cas. Comment est-ce que tu fais, tu te canalises, tu te contrains, ça vient spontanément ?

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(compte clôturé)

le samedi 13 septembre 2014 à 10h01

etresoi, merci d'avoir fait le lien avec ce que tu avais raconté de ton côté, je suis allée lire et ça m'a parlé en effet.
J'aime la façon dont tu décris les choses, elle me parle.

Ce que j'ai vécu ce sont des rencontres et des relations qui me paraissaient "sans attentes" dans le sens où la question d'un couple ou de la place de chacun ne se posait pas, assez proches de ce que tu décris ; mais avec des personnes qui découvraient que le fait de ne pas être non exclusif était (peut-être) admissible et joyeux et tout ça.
Et oui évidemment, ils ne l'avaient pas "intégré" profondément, et peut-être pas du tout pour certains, mais ils se sont posé la question et ils ont essayé de le vivre tout simplement.
Mais à ce moment-là, ou très vite, ça a foiré et tout s'est retourné, le côté positif et ouvert des relations libres est devenu menaçant et compliqué, s'affirmer dans un cadre non exclusif est devenu impossible, enfin bref je ne vais pas y revenir, ça tire en l'écrivant.

Oui c'est absurde de choisir. Mais on a le choix entre choisir et laisser l'autre choisir, je comprends assez qu'on préfère choisir (controlfreak ! ^^). Je ne le fais pas mais je le comprends.

Je ne sais pas comment aborder les choses maintenant. Ce que tu dis me laisse penser que c'est assez normal (ou banal), que ça se retourne, et que ça ne met pas en cause le fait que parfois, parfois, ça puisse marcher.
Mais ça parait très.....rare !
Je ne sais pas.Tout me paraît compliqué et absurde. Comme quoi même en moi c'est un peu retourné !

Et merci pour l'espoir, j'en ai besoin et ça fait du bien.

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(compte clôturé)

le samedi 13 septembre 2014 à 15h15

Oui c'est difficile de s'affirmer dans un cadre non exclusif et face à des émotions vives et de la souffrance, il est tentant de se dire que l'on va canaliser ses sentiments.
Certains le font sans doute facilement.
Pour moi c'est vraiment pas facile de désaimer....
alors continuer à aimer sans que la relation perdure...possible?...oui cela fait du bien mais au bout de quelques temps j'ai l'impression d'aimer des souvenirs et souvent j'aurais tant à dire à l'être aimé....que la frustration est énorme ..et que le gachi est grand.

Je mettrais une nuance sur le "sans attentes"et j'ai envie de dire prudence car j'ai l'impression que c'est facile à dire car cela permet de garder la liberté et n'engage à rien.Cela pourrait faire l'objet d'un fil.

Le "sans attentes" n'est pas opportuniste, c'est ne pas chercher en l'autre ou dans la relation ce que je n'ai pas trouvé en moi.
c'est pour moi, justement la capacité de ne rien projeter sur l'autre et laisser à la rencontre toute la dynamique qu'elle contient et la laisser s'exprimer pleinement.

Le monde des polyamoureux est encore petit...?!
une de mes relation me disait récemment "tu es la seule femme que j'ai rencontrée et qui partage l'idée d'aimer dans la liberté"....j'ai répondu "faux" j'ai rencontré de nombreuses femmes qui partagent cet état d'esprit et veulent aimer de cette manière.
Ne nous repétons pas trop que c'est difficile même s'il y a des moments très durs, essayons de vivre pleinement notre façon d'aimer...parce que la lumière est plus forte que les ténébres.

<3

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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