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"Tu finiras seule, sans enfant, avec un boulot nul, dans ton appartement en location". Eloge de l'espoir par mes amis monogames heureux...

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Geraldin-e

le jeudi 17 octobre 2013 à 11h09

Je plussoie Vaniel ci-dessus. (+)
Ca rejoint bien des choses que j'ai eu à prendre en main aussi, et ce n'est pas fini.

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Notomys

le jeudi 17 octobre 2013 à 13h08

Aviatha, je te rejoins sur ta vision des choses quant à l'aspect créatif. Il est vrai qu'on peut, j'imagine, être dans toutes sortes de configurations relationnelles sans que celles-ci soient aliénantes ou castratrices. J'ai simplement le sentiment, mais peut-être celui-ci est-il vicié par mon expérience personnelle, que la cellule du couple, disons monogame classique, verse plus insidieusement vers des formes de contrainte et de dissolution des individus. Mais, mais, mais qui dit individu dit aussi multitudes de possibles et de fait, je n'exclue rien. Philosophiquement parlant, je l'avoue cependant, le simple fait de contractualiser avec un autre qu'on lui sera fidèle à vie me semble aujourd'hui une parfaite utopie. Cependant aussi, je m'interroge par ailleurs sur les gens qui enchainent des relations monogames avec plus ou moins de distance dans le temps: c'est une autre façon de faire, restreindre les autres possibles mais pour un temps seulement...Je ne porte aucun jugement, chacun trouve ses ajustements ( sauf moi pour le moment semble-t-il).
Dans mon cas cependant, j'ai gardé avec de nombreux "ex" des relations apaisées voire parfois amicales, deux voire trois sont de réels amis même si leurs petites amies sont jalouses, ce qui complexifie nos rapports. Mais bref autre sujet éculé, mon propos est de dire que je n'aime pas, lorsque c'est possible, les ruptures et la violence qui va généralement avec. La vie me semble courte et s'il reste des choses à partager alors je tâche de le faire. Du coup, c'est une des raisons qui me pousse à m'intéresser au polyamour, au delà de mon ami polyamoureux, car précisément, j'ai l'impression que c'est une philosophie de la non violence, de la continuité, de la fluidité, où il n'y a pas de ruptures précisément, mais des agencements dans le temps. Et que si rupture il y a c'est davantage dans la concertation, le dialogue et un cheminement qui un jour diffère, mais sans heurt.
Je ne sais pas si mon propos est très clair pour le coup.
Pour le reste, avec plaisir pour le MP, mais je ne vois pas de boite à messages sur le site..Où la trouver?

Lulutine, je commence par réagir au sujet des enfants. Je n'omets pas l'aspect très égoîste que peut receler le fait d'avoir un enfant. Cependant, je tiens à préciser que c'est une réflexion que je mène dans ma tête et sur cette question, je me documente aussi. J'ai été fouiller des ouvrages, du No Kids au plus dur Better Never to Have Been: The Harm of Coming into Existence de David Benatar, j'envisage aussi évidemment l'adoption pour laquelle j'ai aussi regardé les possibilités. Je suis moi-même issue d'une famille explosée, ma mère a demandé le divorce alors que j'avais 3 mois et elle m'a élevée seule avec l'aide de ses grands-parents. Je connais aussi l'immense part de hasard dans nos vies, "fooled by randomness" comme disait l'autre, et à ce titre j'ai pleinement conscience de la responsabilité ultime que représente le fait de faire un enfant, et aussi, même si la mesure est moindre, celle d'adopter un enfant. D'ailleurs, éthiquement, je ne suis pas au clair sur le sujet faire ou adopter. ( Ce qui m'a valu récemment de m'entendre dire que si j'étais à me poser ces questions éthiques c'est que je serais vraisemblablement une mauvaise mère...!)Au se-cours...
Néanmoins, tout ceci posé, éduquer un enfant, je l'avoue, me semble une expérience humaine majeure que j'ai envie de vivre. Cela me semble un enjeu majeur de l'expérience humaine. C'est sans doute d'une immense présomption de croire qu'on fera "pas trop mal" faute de bien quand on admet la part immense du hasard dans nos vies, mais au moins, me dis-je, j'ai la lucidité de le savoir.

Il ne s'agit donc en rien d'un caprice. Ni d'un pur délire égo-centré visant à me sauver la vie ou réparer mes errances via la vie d'un autre.
C'est une vraie réflexion.
En outre, j'admire beaucoup ces femmes qui se fichent du regard social et n'en font pas. Une fille que je connaissais à peine par le biais de la course à pied s'est suicidée il y a deux jours. Elle écrivait sur son mur Facebook une semaine auparavant " je n'ai pas de boulot stable, pas de mec et pas d'enfant, c'est bon, c'est dit, comme ça personne ne viendra m'en parler". Je ne connais pas les raisons de son geste, elle avait 44 ans, mais je ne peux que me dire que la pression sociale est terrible et terrifiante, peut-être même davantage sur les femmes. Je suis donc assez au clair sur cette pression au sujet des enfants. Et sur le reste.

Jusqu'à présent, j'ai par ailleurs professionnellement fait des choix de liberté davantage que des choix lucratifs. Quand au concept du mariage, j'ai vu et j'ai donné si j'ose dire.
Donc en réalité, mon titre est aussi à lire jusqu'au bout, éloge du bonheur par mes amis monogames...Je ne suis pas totalement crédule. Je sais les limites pour les avoir touchées. Et en effet Lulutine, ce que tu dis est parfaitement juste. Il n'y a aucune réalité derrière cette assertion. J'ai conscience de cela, mais, pourtant, malgré cela, néanmoins, cette pression sociale, cette fiction sociale, ce capitalisme qui pousse à ce conditionnement, est une machine redoutablement efficace, et au surplus, j'ajoute que lorsque l'on vit dans un entourage très gentil mais assujetti à cette pression, on finit par se sentir très seule, au sens décalée, déplacée...S'en suit un sentiment d'imposture permanent. Le psychiatre m'a parlé du faux self, je ne sais trop s'il faut considérer cela comme une science exacte, n'empêche que la dissonance est forte. Aussi, oui, cette phrase est stupide, quand je la decortique, je le sais, mais la difficulté c'est d'encaisser cela, sous différentes formes, tout le temps, dans chaque interstice de la vie quotidienne, car cela fini par s'infiltrer. Il faut être toujours à distance, vigilant, mais j'avoue ma fragilité alors, par moments, trop souvent, mes doutes me reviennent, je vacille et alors le discours trouve une oreille fragile donc ouverte...
A l'identique, je ne sais pas si tu auras cerné mon point de vue. En résumé je suis d'accord avec ton analyse et je la partage.
J'ai "juste" peur et cette peur, comme toujours la peur, rend irrationnelle, déraisonnable, etc...Difficile de rester au poste de commandes quand tout invite à éteindre son cerveau pour "suivre" le chemin tracé pour nous...Consomme, consomme, obtiens, accumules des vanités, encore et toujours pour t'endormir...Je m'endors alors, mais mon sommeil est léger et agité. Je n'y arrive pas.

Et ta phrase est tellement juste alors, Vaniel, ce bonheur analgésique, c'est tellement cela dont il est question.
A nouveau, je me dis que nous vivons dans un monde basé sur des rapports de compétition, il n'y a plus de place pour ...la médiocrité. Or, c'est très bizarre car au départ, "médiocritas" en latin, cela voulait dire le milieu, le juste milieu, la bonne distance, et c'était ce que les gens voulaient pour leur vie, cette philosophie épicurienne, de balance entre plaisir et déplaisir. Mais aujourd'hui notre monde ne veut plus d'équilibre, il veut des gagnants. Alors s'en suivent des rapports de force, que l'on retrouve dans les relations intimes entre les êtres.
Du moins, c'est ma modeste analyse du sujet. Tout cela me rend triste, je n'arrive pas à ployer l'échine durablement. Mais je n'arrive pas non plus à assumer ce rejet. Je ne me sens pas capable, pas assez ceci, pas assez cela, trop ceci et trop cela.
Enfin, je partage complètement ton avis quant au fait de considérer qu'il ne faut pas faire d'une personne le seul mentor, point d'encrage de sa vie. Dans le voyage du héros, il y a le mal à dépasser, le mentor qui aide et tout au fond, le dragon à tuer. Peut-être que je m'approche enfin du dragon...D'ici là, et c'est la raison de ma présence ici, je voudrai en effet trouver des bulles marginales dans cette société. Voir des gens vivre autrement, sans devoir aller en Asie pour me dire "quelle chance, quelle liberté, quelle respiration". Je me plais à croire qu'ici aussi il existe des zones franches, de non droits, de tous les droits, d'autre droits...

Merci Paul, je vais réellement considérer cette option. Dans la mesure où je ne vois aucun sujet de discussions sur le cannibalisme sur ce forum, je ne risque vraisemblablement rien à venir en effet. :)

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dominik

le jeudi 17 octobre 2013 à 14h14

moi aussi j'aime beaucoup beaucoup ce qu'a dit Vaniel ...

je suis ce fill depuis le début mais ne sait comment m'y prendre pour t'aider ... alors j'dis rien ( jusqu'a présent ) , mais je me suis dit que ça serait bien d'être là quand même .. d'où ce pitit message pour te dire que je ressent comme un truc qui me dit que par ta réflexion tu me sembles être en chemin .. puis le pitit message s'est transformé en grand message ...

en fait j'ai comme l'impression que tu dois te débarrasser de bien des choses qui t'encombrent , un peu comme si ton "monde d'avant" , monde dans lequel tu as toujours vécu et dans lequel tu y trouves encore proba une "forme de sécurité" ( j'y reviendrais plus tard) , tu aurais du mal à le quitter pour "basculer " dans un "autre monde" ...
du mal a le quitter donc , pour aller dans le monde que tu te créerais toi même ... rien que le titre de ton fill me semble symptomatique de cela ... tu y parles du regard/jugement que certains "autres" ont sur toi , et de la "prison" dans laquelle t'enferment ces certains "autres" .. et si c'était à toi de les choisir ces autres ? de choisir les autres qui viendront rentrer dans un monde que tu te créerais toi même ? ..

toutefois , à te lire , j'ai l'impression que ce basculement , tu es en train de le faire ... de le commencer ... dans une très grande douleur certes , mais tu es en train de le faire , c'est du moins mon impression ...

nous ne sommes pas tous égaux , n'avons pas tous les mêmes facilités / difficultés devant des changements radicaux .. exemple : les enfants qui rentrent à la maternelle ( passage d'un monde a un autre) , pour certains c'est facile et d'autres tres tres difficile .. ou encore ces personnes qui sont incapables de sortir de leur pays , d'autres pour qui changer de boulot est mal vécu .. etc
le changement d'un monde dans lequel on se croit en sécurité a un autre que l'on ne connait pas et dont on a donc pas encore pu cerner s' il est menaçant/sécurisant ou pas est parfois cauchemardesque pour certains ..

voila ce que te lire m'évoque ...

je pense que des plus calés que moi sur ces sujets pourront t'expliquer que plus l'on se sens en "insécurité" , plus c'est difficile de vivre des changements importants ... difficile donc de passer d'un monde ou l'on se croit en sécurité a un autre monde que l'on ne connait pas et dont on a donc pas encore pu cerner s' il est menaçant/sécurisant ... il fait exprès de se répeter le meuusieurs

et visiblement , ton ex mari devenant violent , tu n'y étais de toutes façons pas en sécurité dans ton monde .. ce n'en est que l'exemple le plus représentatif

un p'tit truc que tu as écrits
Je me plais à croire qu'ici aussi il existe des zones franches, de non droits, de tous les droits, d'autre droits...
quand tu écrits ça , je ne peux m'empécher de penser que ces zones de tous les droits dont tu parles , c'est a toi de te les créer ... d'aller te les chercher ... de te les gagner ... facile a lire , a dire , bien entendu , et pô facile du tout a faire .. parceque ça va dans le sens d'un "changement de monde" ...
alors commence par un café poly ... puisque tu as déjà identifié que dans le monde des poly , l'on y consommait pas de la chair fraiche de notomys ...

EDIT , quand tu dis = je me plais a croire .. cela m'évoque des possibles "difficultés" , "réticences" à changer ... dans le sens : "ça me plait bien mais j'ose pas encore y aller" ...
je peux toutefois me tromper ...

EDIT , attention , je ne dis pas qu'il va te falloir renier et envoyer balader complètement "le monde d'avant" ... mais plutot aller dans le sens de lui donner moins d'importance , moins d'influence sur toi ...
un peu l'image du meilleur des 2 mondes que tu choisirais ... faire des choix , mener des petites actions au quotidien , des NON que tu devras dire , et aussi des OUI que tu auras le bonheur de formuler , et qui te permettront de choisir toi même le meilleur des 2 mondes ...
la encore , je dis bien TU choisirais ...
et la encore , facile à lire et à dire ...

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

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dominik

le jeudi 17 octobre 2013 à 15h24

me revoilou ... encore une idée
en reprenant un écrit de jacques salomé

une relation est semblable a un pont , un canal , la question est de savoir si à l'autre bout , ce canal est libre pour recevoir ? .. ce canal est il encombré par les déchets dus à de précédents échanges ? ce canal est il entretenu , vivifié convenablement par des stimulations positives de part et d'autres ? car c'est ainsi qu'une relation peut se transformer en lien sufisament solide pour résister aux malentendus , aux avatars de la comunication , et a une évolution différentes des protagonistes ...

bon , cela parle de relation a 2 ... mais moi je pense que l'on peut y faire une analogie avec la relation que l'on a avec soi même ... en prenant l'exemple du canal ...

je crois que ton canal , tes canaux ont besoin que tu les désencombres , (edit) puis que tu les vivifies par des stimulations positives ... (facile à lire et à dire )

et ça va aussi avec l'idée que ces "autres" qui te jugent , t'ont mis en "prison" , ces autres t'ont encombré tes canaux ..
on pourrait y rajouter aussi tous les dogmes normatifs qui nous encombrent nos canaux , et qui font que par exemple , tu te demandes si tu es bien cablée quand tu te sens attirée par une femme ...

à moi , tu me parrais "normale" ... des personnes "normales "et qui souffrent , yen a partout ... c'est pas parcque tu es dans le dur que tu n'es pas "normale" ... pour moi comme pour d'autres , la qualité de ta réflexion l'atteste ...

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

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aviatha

le jeudi 17 octobre 2013 à 17h10

Les MP arrivent directement dans ta boîte mail, celle avec laquelle tu t'es inscrite.
Et si on devait se baser juste sur sa propre expérience, je devrais comparer cinq ans de bonheur en monogamie exclusive avec mon cher et tendre à un an de dépression depuis qu'il a quelqu'un d'autre... Donc n'allons pas trop vite en besogne ^^

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

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Siestacorta

le jeudi 17 octobre 2013 à 18h50

Notomys
Du coup, c'est une des raisons qui me pousse à m'intéresser au polyamour, au delà de mon ami polyamoureux, car précisément, j'ai l'impression que c'est une philosophie de la non violence, de la continuité, de la fluidité, où il n'y a pas de ruptures précisément, mais des agencements dans le temps. Et que si rupture il y a c'est davantage dans la concertation, le dialogue et un cheminement qui un jour diffère, mais sans heurt.

Hmmmmmm...
Idéalement, oui.
Mais en pratique, les ruptures, ça arrive, aussi chez les polys, et parfois c'est pas à coup de pétales de roses. On a hélas pas de terre promise, et même si j'aime bien les gens que j'ai connu ici, on a pas de super-pouvoirs pour atteindre le bien-être perpétuel.

Les polys rompent aussi, ne serait-ce que parce que les gens peuvent changer, dans le temps, et ils le font pas au même rythme, ni sur les mêmes points. Du coup, quand y en a un qui passe un cap, et que l'autre suit pas, tu peux te concerter tout ce que tu veux, il arrive qu'on ne puisse pas être soft dans cette situation.
Et qu'on puisse pas reste proche, quitte à espérer se retrouver ou se reparler après.

Bien sûr, dans de nombreux cas, la pratique volontiers dialogueuse du polyamour fait qu'on compense souvent les brusqueries affectives. Mais si notre capacité d'adaptation est appelée à se développer, c'est aussi parce que devoir faire avec les demandes de plus de gens, ça n'est pas sans obstacles, on a pas des vies comme des longs fleuves tranquilles !
Par contre, admettre qu'on a pas à avoir une vie bien rangée bien proprette, ça peut destresser.

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

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aviatha

le jeudi 17 octobre 2013 à 19h10

Notomys
Du coup, c'est une des raisons qui me pousse à m'intéresser au polyamour, au delà de mon ami polyamoureux, car précisément, j'ai l'impression que c'est une philosophie de la non violence, de la continuité, de la fluidité, où il n'y a pas de ruptures précisément, mais des agencements dans le temps. Et que si rupture il y a c'est davantage dans la concertation, le dialogue et un cheminement qui un jour diffère, mais sans heurt.

Je rejoins un peu Siesta là-dessus, et pour cause... Être poly, ça a aussi ses emmerdes et ses violences, elles sont différentes, certes, mais faut pas idéaliser non plus. La continuité, la fluidité, je pense pas, parce que chaque nouvelle relation est un à-coup de roulis dans l'équilibre du bateau et il faut le retrouver à chaque fois, et parfois il y en a qui vont passer par-dessus bord. Les ruptures sont, sans doute, effectivement, plus dialoguées, mais ça n'empêche pas la violence des sentiments (en ce moment, je dis clairement au mien que je pense sérieusement à partir parce que je commence franchement à en avoir ma claque de tout ça, et on a beau être un couple qui dialogue beaucoup depuis six ans, poly ou pas, chaque fois qu'il m'entend prononcer cette éventualité, il est au bord de l'attaque nerveuse).
Plus encore, quand tu parles de pas de "ruptures précisément" et de simple "cheminement qui diffère", je dirais qu'on contraire, les efforts et l'énergie colossales que j'ai dû déployer pour supporter ce changement et cette autre relation de son côté le plus longtemps possible fait que si je décide de reprendre mes billes, il n'y aura jamais aucun retour en arrière possible, j'aurais trop donné pour une blessure trop grande pour pouvoir jamais vouloir lui redonner une place importante dans ma vie. Donner beaucoup et tenter beaucoup plus de choses que les couples "classiques" conduit aussi plus facilement je crois à se dire qu'on a tout tenter et qu'on y reviendra pas.
Après, ce n'est que mon point de vue individuel, mais tout est fait de point de vue individuel. Je rejoins beaucoup dominik, pour moi, avant toute chose, il y a vraiment à faire le ménage dans des choses qui t'encombrent.

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(compte clôturé)

le jeudi 17 octobre 2013 à 20h15

Notomys
j'ai fait ses tests ineptes et mon QI semble assez bon, du coup, et bien que je déteste ces graduations, cette petite "différence", me porte selon lui à une immense sensibilité et des réactions "marginales".

Pas sûr que ça t'aidera mais au cas où... quand je lis ces mots je pense que ce livre pourrait t'intéresser : "Je pense trop" de Christel Petitcollin.
Et puis l'avantage c'est que celui-là t'auras pas besoin de te planquer pour le lire, il ne traite pas de polyamour :-)

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dominik

le jeudi 17 octobre 2013 à 23h28

a te lire aviatha , quand tu dis qu' être poly , ça a aussi ses violences , où encore quand je lis notomys , toutes cette douleur dans tes relations avec ta "rencontre poly" , puis ton ex mari , ça me fait aussi penser à un extrait de bouquin que j'ai posté hier dans un autre fill et qui traite de la violence du désir ... violence à laquelle les poly n'ont pas plus de moyens que tout un chacun(e) d'échapper ..

DESIR ( violence du désir) dans les relations humaines , le désir a toujours deux faces 1er : mon désir vers l'autre , caractérisé par le mouvement , la créativité , l'offrande : j'ai envie d'être avec lui , envie de lui parler , de lui donner , de le connaitre , de m'apporter à l'autre ... 2eme : mon désir sur l'autre : j'ai envie qu'il ait envie de moi , de m'écouter , de recevoir ce que j'apporte , de se laisser connaitre , envie qu'il entre dans mon désir , si je te désires , je désire que tu me désires ... cette 2ème face du désir est la plus difficile a vivre car elle nous confronte à nos limites . lorsque le désir est frustré il peut nous conduire aux exigeances et aux aberrations relationnelles du type : tu dois m'ailmer , tu ne peux pas me faire ça , tu dois t'occupper de moi puisque je ne peux pas me passer de toi ... ce désir là , débouche sur la violence contre soi même et contre l'autre car nous n'avons pas de prise sur le désir de l'autre , nous n'avons que le pouvoir restreint de l'éveiller , et de le stimuler (éventuellement) . le désir de l'autre appartient à l'autre , il est spontané , ou il n'est pas ... cette impuissance là , quand nous découvrons nos limites sur le désir de l'autre , n'est jamais vraiment acceptée . elle blesse les reliquats de notre toute puissance perdue , alors nous rencontrons notre refus profond , notre inacceptation intime d'être dépourvu de ce pouvoir .. et c'est difficile à vivre , parfois insupportable à accepter ...

de vous lire , ça me fait penser à ce sentiment d'impuissance qui nous envahi quand nous découvrons nos limites sur le désir de l'autre , les blessures qui suivent , la rencontre avec son refus profond et l'innaceptation intime d'avoir perdu ce pouvoir . et comme c 'est expliqué , ébé ça fait vachement mal , c'est hyper destructeur , insupportable ...
j'ai déjà payé moi aussi un tribu lourd à ce genre de "situation" ...
situation ou tout va bien ( ou presque ) pendant X années , puis un changement , évolution profonde , genre l'arrivée d'une tierce personne dans le couple , pour moi c'était autre chose . ..
au quotidien ça donne des trucs genre => de voir son/sa chérie désirer quelq'un(e) d'autre , de le/ la voir se faire beau /belle "pas pour soi" mais pour éveiller le désir d'un ou d'une autre , ça reviens a ce que le désir de l'autre nous échappe , et arrive le sentiment d'impuissance qui va avec ... on est bien alors dans le désir du désir de l'autre ...
et c'est très très destructeur ..

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

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aviatha

le jeudi 17 octobre 2013 à 23h39

Je suis pas sûre d'avoir tout suivi (mon cerveau est une compote en ce moment) mais clairement, même si je conçois qu'on puisse mal vivre les limites de sa propre puissance dans le désir (comme dans peut-être tous les domaines, j'en sais rien), dans mon cas c'est plutôt la perte qui est difficile à vivre.
Si je m'amusais (rire jaune, ça m'amuse pas, je finirais sous perf' de prozac...) à faire la liste de tout ce qui a changé, de tout ce qui a été perdu entre nous depuis qu'elle est dans sa vie, je pourrais remplir une copie double sur les quatre feuilles, et encore, il faudrait que j'écrive serré... Là, le côté destructeur vient plutôt de l'impression que tout ce qui est donné à l'autre nous est arraché, et, pour revenir à ce que disait Notomys, ça par exemple, c'est un problème strictement poly (puisque "normalement" il n'y a pas de tiers chez les monos).
Donc effectivement, il y a des côtés douloureux et destructeurs dans tout, et je pense qu'il faut être conscient, comme tu dis, qu'il y a des problèmes que tout un chacun, poly y compris, rencontre dans ses relations.

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dominik

le jeudi 17 octobre 2013 à 23h40

on postait en mme temps (+)

@ aviatha Plus encore, quand tu parles de pas de "ruptures précisément" et de simple "cheminement qui diffère", je dirais qu'on contraire, les efforts et l'énergie colossales que j'ai dû déployer pour supporter ce changement et cette autre relation de son côté le plus longtemps possible fait que si je décide de reprendre mes billes, il n'y aura jamais aucun retour en arrière possible, j'aurais trop donné pour une blessure trop grande pour pouvoir jamais vouloir lui redonner une place importante dans ma vie. Donner beaucoup et tenter beaucoup plus de choses que les couples "classiques" conduit aussi plus facilement je crois à se dire qu'on a tout tenter et qu'on y reviendra pas.

suis complètement d'accord avec toi .. quand tu as tout essayé , pour le moins que tu penses l'avoir fait encore et encore , pendant des années de surcroit , ça reviens a avoir épuisé , cramé tes ressources , celles que tu as déployées pour maintenir la relation et ce malgré toute la souffrance , et je dirai au delà de toute la souffrance même ..
et quand tu te décides à sauter le pas , que tu fais tes valises , et que tu t'y tiens jusqu"à ce que la douleur s'estompe , tu ne reviens plus en arrière ... m'enfin , c'est comme ça que je fonctionne , les autres , je ne sais pas ..

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

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dominik

le jeudi 17 octobre 2013 à 23h47

@ aviatha : dans mon cas c'est plutôt la perte qui est difficile à vivre.

que perds tu exactement ? un mari , un chéri , oui , bien entendu , avec qui tu as vécu des années de bonheur , des années de désir vers l'autre , avec toute la créativité , envie , s'apporter a l'autre etc .... et voila que contre ta volonté , tu te retrouves dans le désir du désir de l'autre , dans l'observation qu'il se fait désirable "pas pour toi " etc ... tu as donc déjà bien "perdu" ce quelqu'un que tu as connu "avant"
m'enfin , ce ne sont que des mots et des images ...

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

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aviatha

le jeudi 17 octobre 2013 à 23h52

Je perds surtout tout ce qui est dans la liste immense que je n'ai pas le courage de faire, dont je parlais plus haut.

Aviatha
Si je m'amusais (rire jaune, ça m'amuse pas, je finirais sous perf' de prozac...) à faire la liste de tout ce qui a changé, de tout ce qui a été perdu entre nous depuis qu'elle est dans sa vie, je pourrais remplir une copie double sur les quatre feuilles, et encore, il faudrait que j'écrive serré... Là, le côté destructeur vient plutôt de l'impression que tout ce qui est donné à l'autre nous est arraché

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

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dominik

le jeudi 17 octobre 2013 à 23h53

pinaise , la "liste immense" , je l'ai prise au 1er degré sans lire bien comme il faut , désolé ...

bon tout ça , ça mévoque ce que je disais , c'est la liste immense de la période désir vers l'autre .. et tout ça tu l'as "perdu" ,

symboliquement , on peut dire que tu as "perdu" le mec avec qui tu as vécu ces années de bonheur , de désir vers l'autre ..

et que maintenant tu es avec un mec ( le même évidement ) avec qui tu es dans le désir du désir de l'autre

edit , comme cela est arrivé contre ta volonté , que tu n'as eu aucune prise dessus , que tu le subis , que tu n'as aucune prise sur le désir qu'il a pour cette autre ( cette tierce personne) etc => sentiment d'impuissance

m'enfin , je peux me tromper

edit => Là, le côté destructeur vient plutôt de l'impression que tout ce qui est donné à l'autre nous est arraché
tu n'as effectivement aucun pouvoir la dessus , => sentiment d'impuissance

désolé pour tout ces édits , chuis un lent ...

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

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LuLutine

le vendredi 18 octobre 2013 à 00h05

Notomys, oui j'avais bien compris que le titre ne reflétait pas ton opinion mais celle de tes proches mono !

C'est plutôt à eux que je répondais, à travers toi.
D'autant plus que quand tu entends ça, tu ne peux pas leur dire "Non vous avez tort, regardez-moi" puisque dans leurs yeux peut-être (du moins je l'ai supposé) tu n'es pas (encore) un contre-exemple à ce qu'ils disent (même si tu sembles loin d'être seule, entre autres choses !).

Du coup, je me disais que si tu avais un contre-exemple (moi, mais je suis loin d'être la seule ici) à ce discours, ça pourrait t'aider. Après des années à vivre le polyamour, je suis plus (ou peut-être mieux ?) entourée qu'avant, plus satisfaite qu'avant de mes choix de vie - notamment professionnels, etc.

Vaniel
se perdre leur serait bénéfique !

Ah oui par contre, ça j'avais oublié, mais c'est vrai, tu peux rajouter que je suis complètement paumée !!!
Mais je suis paumée dans une forêt enchantée (bon y a quelques pièges mais pas mortels) qui me plaît sacrément bien.

Et je plussoie dominik pour finir : je pense que tu es tout-à-fait "normale" ! En tout cas, au moins aussi "normale" que moi... ;)

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Notomys

le vendredi 18 octobre 2013 à 11h13

Diantre, moi qui pensais n'avoir aucune réponse, me voila bien attrapée !

D'une manière générale d'abord, il est clair que je n'idéalise pas la relation polyamoureuse. Du moins, non ce n'est pas clair dans mes mots puisque c'est le sentiment que j'ai pu donner.
Le fait est que j'ai vu mon compagnon quitter des femmes, et notamment une, dans la violence morale comme celle-ci était en grande souffrance ( pas de rapport avec la relation, elle a aussi ses hommes de son côté). Cependant, ce que j'aime dans le discours de mon ami, mais peut-être est-ce une approche subjective et pas la philosophie poly gravée dans le marbre, c'est que lui tend à dire que les relation sont des tresses, qui se nouent et se dénouent au fil de nos vies mais que rien ne peut présager de l'avenir. Moi-même durant mon mariage, j'étais archi sûre que je ne le reverrai plus, jamais jamais...Et je me suis trompée. Aussi me dis-je plus modestement aujourd'hui, "je ne sais pas". Même mon ex mari, malgré toute la souffrance, la violence, je ne condamne pas. Je me dis que peut-être un jour nous retrouverons une relation amicale, apaisée. Je n'espère rien, mais je ne ferme aucune porte, j'en reste dans le présent pour constater qu'aujourd'hui ce n'est pas le cas, mais je m'en tiens à ce constat. Demain...Qui sait.

Lulutine, je comprends mieux ton point. La communication écrite, surtout quand on ne se connait pas, c'est souvent source de petites incompréhensions et j'en suis désolée. Je ne suis pas seule...Du moins, si, comme tout le monde, je suis seule avec mon qualia, seule dans mes expériences humaines, dans mes peurs, mes angoisses, mais j'ai des amis autour de moi. Seulement eux aussi se débattent avec leurs propres contradictions et démons. Quand l'une de mes meilleures amies m'a dit récemment : "j'espère que dans dix ans tu n'en seras pas encore là, avec cet homme qui ne n'apporte rien, à avoir attendu après lu pour rien, dans ton petit appartement en location, sans enfant, toute seule"...cela a été une vraie violence pour moi. Mais depuis j'ai compris que dans son référentiel, c'était une façon de me dire qu'elle m'aimait et que donc toujours selon ses références à elle, elle voulait que je vive autrement, en espérant, en pensant que je serai alors heureuse. Avec différentes nuances, mon entourage est dans cette dynamique. Ils m'aiment, mais foncièrement, je pense qu'il s'agit d'hommes et de femmes en recherche balbutiante d'eux même, abimés comme moi et donc fragiles...C'est en cela que je me sens seule dans ma quête, mais prosaïquement, si je ne veux pas être seule un soir, je ne le suis pas. Il s'agit simplement de deux appréhensions différentes de la "solitude", or si la seconde me convient car je ne suis pas du genre à avoir besoin de voir du monde tous les jours, bien loin de là, la première est plus difficile à vivre.

Siesta, puis-je me risquer à te dire que tu me fais sourire ? Attention, ce n'est en rien péjoratif, bien au contraire. Tu me fais penser au paresiaste de Foucault, dans son livre "le courage de la vérité". Si les gens te demandent un avis, un peu aussi comme un Socrate Torpille,tu es vrai et tu ne t'embarrasses pas de circonvolutions. J'ai une sensibilité maladive et de ce fait, ton style pourrait me heurter, ton approche très directe, et pour autant, je vois le temps que tu mets à lire, à répondre et c'est une attitude de paresiaste. Alors je lis tes messages avec beaucoup d'intérêt. Voila qui nécessitait d'être dit. Merci en tous les cas pour ton éclairage pluriel.

Merci Shamal pour le bouquin. J'ai déjà lu "trop intelligent pour être heureux", ça vaut quelques remarques dans le métro du genre " eh bah, vous avez des vrais problèmes vous on dirait !"...Ou encore "l'adulte surdoué"...Je suis preneuse de lectures intelligentes sur ce sujet, notamment sur les aspects empathie et émotions anarchiques et "anormales", comment les gérer...

Dominik, merci également et en effet, cela rejoint ce que j'ai déjà lu sur ce fil, j'ai conscience que je dois nettoyer seule devant ma porte. Je tâche de ne pas chercher de baguette magique ni dans les médicaments, ni dans les autres. Les autres, à l'inverse de la chimie peuvent me donner des pistes dans ma réflexion, d'ou ma présence ici. Mais clairement, avant espérer aux côtés d'un être humain, il faut savoir marcher seul sans béquille, sinon on rentre dans la dépendance qui est aujourd'hui ma situation.

Enfin, Aviatha. D'abord je vais aller voir sur mon compte à la source et pas juste dans mon provider de mails car je crois que celui-ci mets les messages de ce site dans les spams, il l'a déjà fait à mon inscription :-(
Je te dirai ici si je n'ai pas reçu.
A mon tour, j'ai lu ton témoignage et de ce que je ressens, avec toute la marge d'erreur que cela représente, j'ai le sentiment que tu es typiquement dans une dynamique de donnant-donnant. Ton compagnon t'a en quelque sorte imposé ce choix polyamoureux alors que votre contrat initial était monogame. Cet avenant, si j'ose le dire, tu ne l'as pas souhaité et pas foncièrement accepté surtout pour toi même. Tu l'as fait "pour lui", et donc à ce titre et légitimement, tu attendais/ attends, un retour, comme dans un système de don/ contre-don. Le souci c'est que vraisemblablement, tu ne trouves pas autant de plaisir que lui dans ce nouveau mode de vie. Donc comme son désir à lui est satisfait, mais pas le tien, tu tombes dans le besoin et évidemment, dans la frustration et la souffrance.
Tu écris à un moment, que tu as dit à ton compagnon que tu "en avais marre de tout ça". Et franchement, je ne peux que te comprendre.
Moi dans mon cas, les choses avec mon ami ont toujours été claires et n'ont pas changé. Le contrat a toujours été celui là et c'est moi qui ai en quelques sortes signé pour ça en souhaitant pourtant avoir une relation avec lui. Mais lui n'a pas bougé de cap en 9 ans. Toi, les choses sont finalement bien plus difficiles: 5 ans sous un contrat qui te rendait heureuse de ce que tu écris, puis un avenant depuis un an, qui te détruit et que tu as accepté mais sans doute pour de mauvaises raisons: pour l'autre,pas pour toi.
Est-ce que je me trompe? Surtout surtout, je me lance dans des hypothèses,et pardonne ma maladresse, surtout si je te blesse, je marche sur des oeufs comme je sais toute la souffrance de ces situations.
En tous cas, de ce que je comprends, c'est qu'il y a un déséquilibre. Et que tu n'es pas heureuse dans ce partage, peut-être précisément car il n'y a pas partage mais désir du côté de ton compagnon, comblé par toi et d'autres, alors que toi tu es dans le besoin à son endroit et donc évidemment la jalousie, la colère, la grande souffrance. Tu évoques la perte depuis que cette femme est dans la vie de ton compagnon...Cela me fait donc penser à un manque, un besoin non comblé chez toi, que tu ne parviens pas à trouver ailleurs, comme ton compagnon ne répond plus assez...la question à se poser, c'est peut-être de savoir si ce qu'il te reste à partager aujourd'hui avec ton compagnon est assez qualitatif, faute de quantitatif? Si oui, alors penses tu possible d'aller trouver ailleurs ce qu'il ne te propose plus ou pas? Ou à l'inverse, si dans votre relation, il n'y a plus assez de partage qualitatif, alors en effet, peut-être s'interroger sur le bien fondé de continuer à mettre du temps et de l'énergie dans cette relation trop unilatérale pour toi?
Tu sais, tu dis, de ce que je comprends, que ce qu'il donne à cette femme, cela se fait au détriment de ce qu'il te donne à toi. D'une, ce n'est malheureusement pas une chose réservée aux poly...Mon ex mari était un malade de course à pied, moi aussi je cours, mais seulement une fois par jour, lui deux...Tu peux oublier les grasses matinées par exemple. C'est un exemple minuscule et trivial, mais mon point est de te dire que même dans un couple monogame, tu peux te sentir "la seconde roue du carrosse". Une belle mère trop présente ( c'était mon cas), des potes qui s'incrustent en permanence, un engagement professionnel, une passion dévorante...Généralement, on le vit "moins mal" car cela n'est pas au profit d'un/une autre, la corde de la jalousie est donc en relatif sommeil, mais si on y pense, c'est le même mécanisme. On se sent délaissée et moins aimée. Et ça semble injuste.On le vit comme un rejet. On est impuissant, on doute, et c'est pénible. L'intrusion d'un autre être humain est encore plus difficile à gérer du fait de nos éducations...
En tous cas, pour moi, il y a des mots forts dans ton message :" j'ai trop donnée, je pense reprendre mes billes"...Tu te sens lésée, car vraisemblablement, toi tu n'as pas trouvé de plaisir dans cet avenant au contrat.
D'où ce que je disais plus haut, sans rien connaitre de ta situation, et donc avec toute la part de plantage possible dans mes mots, mais savoir si tu as envie de garder cet homme dans ta vie, car ce que tu conserves avec lui est précieux et chercher ailleurs le reste, ou bien en rester là.
Tiens, pour finir, une analogie un peu facile mais qui illustre mon propos.
Tu avais ton compagnon pour toi et c'était une plaquette de chocolat de luxe que tu adorais. Un jour, le dit chocolat a annoncé que tu devrais à présent ne manger non plus toute la plaquette, mais peut-être 4 ou 5 carrés. Tu as donc, légitimement faim. La question est de savoir si tu as par ailleurs du homard ou/et du caviar sur la table. Si oui, peut-être est ce l'occasion de continuer à manger tes délicieux 5 carrés de chocolat, mais aussi manger du homard et/ ou du caviar.
Mais il y a aussi la possibilité que tu ne puisses plus manger de chocolat, ou que le gout du chocolat ne soit plus aussi bon...Et là, il te faut assurément te nourrir qualitativement ailleurs...

Moi dans mon cas, ce vieux compagnon est un immense chocolat de luxe quasi inédit. Je n'ai que 5 carrés sur la plaquette pour reprendre la comparaison qui touche ses limites ( car quand je suis avec lui, j'ai toute la tablette, paradoxalement, mais enfin je schématise volontairement ). J'ai pensé: si j'ai pas toute la plaquette, alors qu'il aille au diable.
Je suis allée me goinfrer de caviar. Mais là, j'ai constaté que le chocolat, même un carré de temps en temps, me manquait...Alors quoi? Alors je sais que d'une façon ou d'une autre, il y a 99% de chance/ risque selon le point de vue où l'on se place, pour que j'aime toute ma vie ce chocolat. Il faut pourtant bien me remplir l'estomac du coeur et de l'âme: alors je cherche d'autres mets de qualité. L'amour est une sorte de débordement comme dit Onfray, pas un manque.

Je te donne ici des "leçons" que j'ai tant de mal à appliquer à moi-même...Je répète, je tâche de formuler un avis qui se veut une aide, mais j'espère ne surtout pas te heurter dans mes propos car je te sens en souffrance et je sais alors combien c'est difficile de s'entendre donner des conseils alors, surtout venant de quelqu'un qui elle même est perdue.

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

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Siestacorta

le vendredi 18 octobre 2013 à 11h41

Notomys
Si les gens te demandent un avis, un peu aussi comme un Socrate Torpille,tu es vrai et tu ne t'embarrasses pas de circonvolutions. J'ai une sensibilité maladive et de ce fait, ton style pourrait me heurter, ton approche très directe, et pour autant, je vois le temps que tu mets à lire, à répondre et c'est une attitude de paresiaste.

Faut pas me dire des trucs pareils, j'y crois sans modération, je me gonfle d'importance et après je passe plus les portes. Quand tu verras l'escalier à l'intérieur du Bubble, tu comprendras que ne pas tenter mon manque de modestie est donc une question de survie. Pour moi et pour les gens qui seraient restés dans la cave.

Mais sinon, c'est pas tout à fait vrai, il y a des circonvolutions, mais soit elles sont en amont, soit elles ont lieu à coups d'édit d'un post, soit elles sont masquées parce quelques petites arrangements de phrase.
Si tu continues à lire le forum, tu finiras bien par tomber sur des posts où on se demande de quoi je parle.

Et quand il s'agit moins de parler en public et en différé qu'avec quelqu'un que je connais, oulah, ça circonvolute comme un dingue.
Pour dire le vrai truc, ce qu'on ressent, faut une discipline et une confiance en soi que je n'ai que par intermittences.

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

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Profil

dominik

le vendredi 18 octobre 2013 à 14h56

@ notomys => Je suis preneuse de lectures intelligentes sur ce sujet, notamment sur les aspects empathie et émotions anarchiques et "anormales", comment les gérer...

je dirai = l'intelligence du coeur , d'izabelle filliozat ... éditions marabout ...

4ème de couv =>
les émotions sont notre langage commun . aujourd'hui , pour réussir, nos capacités à gérer nos émotions comptent autant qu'un QI élevé et des compétences techniques , c'est l'intelligence du coeur , l'intelligence des rapports sociaux , qui font la différence ...
comment acquérir plus de confiance en soi , s'affirmer , écouter , comprendre les réactions d'autrui , résoudre les conflits , répondre à l'agressivité , développer son autonomie ? ... découvrez la "grammaire" des émotions , elle vous aidera à faire face à l'affectivité , à l'angoisse , au stress et aux frustrations .

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commentaire perso sur ce bouquin ...
comme souvent , la 4ème de couv est alléchante ... je n'ai bien évidemment pas acquis plus de confiance en moi rien qu'en lisant ce livre .. of course !! .. pinaise , si la vie pouvait être aussi simple !!!
tu lis un bouquin et hop , t'es le roi du pétrole ! ... non franchement , faut tout une vie ... et encore ...

par contre , j'y ai trouvé vraiment beaucoup d'infos très intéressantes et franchement utiles sur les émotions , l'empathie , l'écoute active , les conflits , l'autonomie etc etc ...
ce livre donne des pistes .. je rajouterai aussi que ce livre est facile à lire , facile a trouver , et pas cher ... bref , faut pas s'en priver ...

je l'ai lu au début de l'été , ait été très "satisfait" , très content de ce qu'il a pu m'apporter en matière de compréhension , ou encore de ce qu'il a pu éveiller en moi ... mais déjà , environ 3 mois après donc , et après avoir re- parcouru certains chapitres .. il me parrait "insuffisant" , me fait l'effet de ne pas aller assez loin ...
aujourd'hui , avec un peu de recul , je considère quand même cette lecture comme un excellent début ... ( du moins pu moi )
et puis de toutes façon , la quête , je crois qu'on ne la finit jamais vraiment ... et peu importe , du moment que l'on y trouve de l'apaisement ..

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

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aviatha

le vendredi 18 octobre 2013 à 16h05

Alors j'avais répondu au MP que tu m'a retourné, la boite a bugué et j'ai franchement la flemme de tout retapé, donc je commence là, et je répondrais, plus tard, parce que l'informatique, parfois ça saoule ^^

Alors ce qui est du donnant-donnant. Je n'attendais rien en retour, j'attendais que cela passe, je considérais la situation comme une parenthèse. Mais là, elle s'éternise et j'arrive au bout de mes forces. Pour ce qui est de la situation de plaisir, il était évident que je ne serai jamais à l'aise dans cette situation, dès le départ, pour moi comme pour lui (ou peut-être a-t-il espéré que ça changerait pour moi, mais jamais je ne lui ai laissé croire). Je ne trouve pas autant de plaisir ? Je ne trouve AUCUN plaisir dans cette situation. Je suis comme en sommeil, j'attends que ça passe, pour donner une idée, elle m'est tellement douloureuse que j'envisage sérieusement de rayer définitivement une personne que j'aime énormément depuis 6 ans et qui tient une place majeure dans ma vie pour ne plus avoir à la subir. Je sais pas à quoi ça correspond sur l'échelle de la douleur hospitalière mais ça doit être pas mal. Donc je ne l'ai pas accepté pour de mauvaises raisons, je l'ai accepté pour la seule raison qui était possible, moi toute seule je ne me serais jamais infligée une telle chose, je suis peut-être cinglée mais je suis pas maso.
Pour répondre clairement à ta question : non, la quantité suffisante n'y est pas, non, la qualité ne suit pas non plus, non, ce que je cherche ne peut se trouver ailleurs puisque j'ai besoin que cela vienne de la personne que j'aime et que je n'aime que lui, oui, je songe sérieusement à interroger le bien-fondé du fait de continuer. De toute façon, et cela a été clair entre nous depuis le début, c'est un arrangement temporaire, si jamais il avait envisagé de faire de cette nouvelle situation un monde de vie permanent je me serais barrée il y a des mois, plus d'un an peut-être. C'est uniquement parce que c'était temporaire que je suis restée, mais là même le temporaire commence à être trop long pour moi.

Et parce que (mais tu arrives, tu es toute nouvelle, tu n'y es pour rien), j'en ai vraiment vraiment marre qu'on me sorte cette réponse à chaque fois, je vais en faire une réponse complète et générique que je copie-collerais à chaque fois à l'avenir:
Oui j'ai la possibilité d'avoir d'autres gens, plein, si je disais oui à tous ceux qui me font des avances, il y aurait pas assez de jours dans la semaine pour que je leur consacre un soir chacun. Oui, il y en a avec qui ça se concrétise en ce moment (c'est une de mes symptômes donc c'est plus pathologique qu'autre chose mais passons), et non ça ne m'ouvre pas des portes "cosmiques vers un nouvel âge réminiscent", puisque généralement j'ai juste envie de me noyer dans le bac à douche après (et c'est très déstabilisant pour les messieurs en question). Oui, ça compense sans doute quand même un peu, comme être sous perf' compense la dénutrition, mais c'est pas une vie pour autant.
Alors oui, pour reprendre ton analogie, j'ai des crevettes et du homard et de la langouste sur la table... mais je suis allergique aux fruits de mer, et faute de mieux, malgré les brûlures d'estomac et l'urticaire que ça me donne, je me gave pour ne pas mourir de faim.

Voilà, je ne veux absolument pas avoir l'air agressive, mais je sais que ces jours-ci je le suis tout le temps (j'ai eu un petit souci au rein, ils ont dû diminuer mes médocs, du coups je mords tout le monde^^), donc s'il y a des formules un peu sèches, il ne faut pas y faire attention :-)

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tsampa

le vendredi 18 octobre 2013 à 16h49

aviatha
Alors j'avais répondu au MP que tu m'a retourné, la boite a bugué et j'ai franchement la flemme de tout retaper, donc je commence là, et je répondrais, plus tard, parce que l'informatique, parfois ça saoule ^^

Ah, là ça y est je suis capable de faire une remarque utile et pertinente (enfin espérons...) :-)
Si vous utilisez Firefox, il y a cette formidable extension appelée "Lazarus" (la bien nommée) qui permet de retrouver le texte d'un formulaire (par exemple dans un webmail, mais aussi ici dans le forum et partout ailleurs) si on l'a effacé, si ça planté, si on a fait une fausse manif, etc.
Ça m'a sauvé une paire de fois...

C'est là : https://addons.mozilla.org/fr/firefox/addon/lazaru...

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