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La monstrueuse philosophie autour du poly

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Delta-F

le mardi 02 août 2016 à 11h37

Bonjour à tous, salut pour ceux plus enclins à la familiarité. :-)

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Depuis ma découverte en tant que poly, et par le constat de toutes les modalités et réaménagements que cette manière d'être déplace, je n'ai fait que redoubler de réflexion philosophique.
Finalement, le polyamour, c'est une puissante introspection et révélation sentimentale, mais non seulement, c'est explorer tout l'inconscient de nos désirs, de notre soi profond, c'est se relativiser et relativiser tous les angles de la représentation amoureuse telle que les cultures et moeurs nous la servent.

Enfin, je ne veux barber personne, mais je trouve colossal le nombre de reconsidérations que cela soulève.
Cela engage de reconstruire l'amour sous un angle personnel, mais est-ce qu'un concept désassemblé et réassemblé par soi, n'est pas un peu trop "pour" soi ?
Il y a toujours cette note égoïste dans le polyamour, j'ai l'impression. On dirait que s'autoriser l'aveu d'une non-exclusivité sentimentale prête à la stigmatisation car l'on éclipserait les ressentis d'un tiers pour surclasser les nôtres.. N'est ce pas un blâme tout également, d'envers purement égoïste voire pathologique ?
On dirait le caprice Oedipien du sein volé au nourrisson qui, alerté, crie ses pleurs. N'est-il juste pas possible de considérer la singularité de chaque besoin, et voeu sans les soumettre aux nôtres comme une impitoyable et agressive variable ?
Pourtant, nous ne pouvons pas nous empêcher d'être compassionnellement ou empathiquement touché, c'est la projection reçue d'un stratagème affectif - et comment gérer ça, c'est un peu le serpent qui se mord la queue, surtout lorsqu'on s'essaie à l'affirmation de ses modalités et valeurs ; il y a toujours ce souci de bien faire sans faire de mal, et, faire du mal, parfois, est-ce mieux pour soi, le temps d'occulter autrui.. La part sacrificielle me dérange, pourquoi ne pas juste réformer son esprit plutôt que de simuler un pouvoir dictateur quant au pack de droits et libertés individuelles ? Nous ne sommes en danger que dans nos névroses..

En fait, je ne sais plus comment gérer le triangle amoureux dans lequel mes sentiments vivent, j'ai beau tout retourner de réflexion, j'ai l'impression que ma fiancée n'a pas le bagage de maturité pour comprendre ce que je lui exprime, des milliards et des milliards de fois, d'angles psychologiques, philosophiques, relationnels, anti-universels.. Mon autre amie, elle, vit la chose avec plus de détachement et de manière plus substantielle, j'imagine que c'est parce que nous n'avons jamais engagé de statut officiel, et donc, qu'elle ne ressent que la menace du partage sentimental amoureux. Factuellement, je vis une relation amoureuse, et savoure une amitié-amoureuse.

Au coeur de tout ça, j'ai l'impression de défendre le dilemme de la "compassion altruiste et du droit égoïste", j'ai appris à considérer les deux, mais comment progresser dans sa découverte émotionnelle intime alors que les circonstances clament leur détresse sous forme de menace imprécise ?
Je me sens responsable des sarcasmes de ma fiancée lorsque j'aborde le sujet de mon amie, je ressens son fiel et sa souffrance qui m'implorent une sécurité affective, et lorsque j'y réponds avec une garantie certaine, je ne la sens pas pour autant soulagée, je la sens remuée par une auto-persécution, comme si j'avais engagé une souffrance qu'elle tenait d'entretenir pour prendre en otage cette part de sentiment d'insécurité qu'elle est incapable d'apaiser, car trop alertée par ses propres "pleurs" pour entendre..
Je ne parviens pas à rassurer son angoisse, d'ailleurs elle semble prendre un tournant irrationnel et obsessionnel, je n'arrive pas à casser cette machination auto-persécutrice et je me sens impuissante, elle invoque tacitement une modération ou censure de mes libertés pour parer à ma fuite éventuelle, et arbitrairement extrapolée..
J'ai beau défendre les différents plans réels, tels que la dimension privée, la dimension intime partagée et consentie, la dimension binaire qu'il existe entre tout couple, amical comme amoureux, mais même ça, elle ne semble pas l’assimiler, elle paraît juste complètement aveuglée et bercée par sa haine. On dirait que cette haine est la seule chose qui lui donne un pied a terre et un contrôle à tout ça, elle la nourrit bien sûr, mais s'empoissonne aussi, elle s'entoure d'un cercle vicieux sans prendre conscience de ça, pourtant je tente bien de la rendre lucide, mais c'est vraiment très compliqué car cela s'apparente en elle à mon incompréhension de son malaise.

Il y a aussi toujours cette requête impatiente qui s'illusionne que c'est temporaire, sans comprendre qu'il s'agit juste d'une émancipation émotionnelle comme d'une étape de soi enfin franchie, et d'une conscience ébahie.
Je redoute que sa psychose ne la pousse à me détester à mon tour, qu'elle s'affranchisse de cette souffrance et donc des sentiments que nous partageons, puis qu'elle se reconstruise affectivement en signant cela par un nouveau lexique antipathique à mon égard, à gravir jusqu'à la rémission..
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Enfin voilà, j'aime sincèrement ma fiancée et malgré ça je suis heureuse avec elle - mais finalement je crois que celle qui est le plus inquiète, c'est moi, car j'ai conscience d'elle, de ce que je suis, mais qu'elle n'a conscience que de son tourment..
Je ne veux pas d'une histoire toxique, je la veux elle. Elle et les sentiments qui m'enchantent, elle et ma vie intime, elle et ma liberté d'éprouver.
J'imagine que j'ai omis bien des développements..

Message modifié par son auteur il y a 2 ans.

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bonheur

le mardi 02 août 2016 à 11h54

Moi, avec mon entourage, mon petit mot de salutation, c'est "coucou" :-D

J'aurai tendance à résumer, mais là encore, je peux me tromper, en disant que toi tu avances et elle recule. Toutes ces démarches d'introspection, tu en as envie et besoin. Dans le développement personnel, il y a le terme développement... et le terme personnel. Evidemment que le polyamour (comme la polyaffectivité) demande cette introspection et la compréhension de soi que tu décris si bien (encore une fois je dis wahoo) tout au début de ce post.

J'en suis dans ma réflexion actuelle que l'on ne peut aider que si l'autre désire être aidé. Là je n'apprend certainement rien. Après, l'amour (avec ou sans sexe), l'amitié réelle, consiste à créer un lien, donc à impacter la vie d'autrui. Ma question actuelle, à titre personnel, est : ai-je le droit d'impacter la vie de cette personne et de son entourage... et de mon entourage (qui vit cela plutôt bien dans mon cas).

Ta compagne a peut être aussi cette volonté que ce soit ponctuel de ta part. Un mauvais moment à passer et tout redeviendra comme avant. Elle croit peut être en cela. Elle n'imagine que tu puisses évoluer en ce sens. Tu n'es pas, tu n'es plus, celle qu'elle a connu.

:-D :-D :-D Je crois que j'ai la réponse à la question idiote que je t'avais posé :-D :-D :-D

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oO0

le mardi 02 août 2016 à 16h01

Salut Delta-F,

si je comprends bien, tu souffres de voir ta fiancée souffrir de l'amitié amoureuse que vis en plus que de votre relation amoureuse. Tu te demandes si ce n'est pas égoïste de ta part de la faire souffrir en choisissant de vivre une relation non-exclusive malgré l'empathie que tu as pour sa souffrance. Visiblement, le triangle amoureux dans lequel vous êtes génère chez elle de la haine pour ton amie-amoureuse, haine dont tu crains un jour de devenir à ton tour l'objet. Dans son esprit, j'imagine que c'est cette amie-amoureuse qui la fait souffrit pour l'instant plus que toi. Pour ta part, tu sembles comprendre qu'il s'agit pour une part d'une situation qui fait souffrir parce que nous n'avons pas été habitués à vivre de la sorte, que nous avons bien plus été habitués à vivre ce genre de situation dans l'insécurité affective.

Comme le fait remarquer Bonheur, tu ne peux pas l'aider si elle ne veut pas de ton aide ou de l'aide que tu lui proposes : changer les habitudes de vie de votre relation ou encore, s'émanciper de ces habitudes dans lesquelles tu ne te reconnais plus.

Ce qui constitue le noeud de ta remise en question me semble être l'égoïsme. Il y a de l'égoïsme de part et d'autre dans votre situation : son attente d'un retour à l'exclusivité qui ne prend pas au sérieux ton désir de non-exclusivité ; ton attente d'un désir d'exclusivité qu'elle n'a pas et n'aura peut-être jamais. Au mieux, je ne peux que te conseiller de reconnaître cette part d'égoïsme sans pour autant le condamner. Je retraduirais ce qui te gêne dans le sacrifice par le fait qu'une relation amoureuse n'a plus de sens sans intérêts égoïstes : "Tu ne m'intéresse pas, rien ne m'intéresse chez toi, c'est pour cela que je suis avec toi !" Déclaration amoureuse absurde ou encore, preuve par l'absurde qu'il y a un intérêt égoïste dans l'amour. Une relation amoureuse n'est pas la charité purement désintéressée de l'Agapé, ce n'est pas le même type d'amour ... bien que tout sacrifier puisse constituer une preuve d'amour pour nombre de personnes. Pourquoi est l'un plutôt que l'autre qui doit se sacrifier ? L'un qui peut être égoïste et l'autre qui doit être altruiste ? Personnellement, je considère que se sacrifier signifie ne plus être soi, bref, ne plus être soi dans la relation et quelque part disparaître de la relation. Le sacrifice annule un des membres de la relation et avec, la relation.

Sinon, ton choix de la non-exclusivité ne semble pas avoir été consensuel entre vous. Tu sembles le lui avoir imposé comme elle semble vouloir t'imposer une exclusivité qui ne te convient plus. Nous revenons encore une fois à un conflit d'intérêts égoïstes pourtant nécessaire à la relation. La seule différence, c'est que plutôt que d'être vu comme un mal, ces intérêts peuvent être vu comme nécessaires. Bien qu'opposées, vos attentes sont légitimes, mais cela ne veut pas dire qu'elles pourront encore se rencontrer. Si vous n'êtes pas prête à faire le deuil de votre relation, à envisager sereinement de l'abandonner, je doute que vous puissiez envisager de la poursuivre sereinement. Comment pourriez-vous être tout aussi sereine face à la possibilité de vous dire "non" que face à la possibilité de vous dire encore "oui" ? Parce que la liberté, elle est surtout là et non pas tant dans la question de l'exclusivité ou non. Elle est surtout dans la possibilité de se sentir émotionnellement libre de ses choix. Par exemple, ne pas agir sous la contrainte de la peur de se perdre, mais reconnaître au contraire dans cette peur un attachement à l'autre, se réjouir de ce lien peu importe la suite.

Pour conclure, je me contenterai de mettre en évidence une question que tu soulèves toi-même : "Est-ce bon pour elle de vivre avec tant de haine ?" Autrement dit, est-ce que c'est ce qu'elle veut, vivre dans la haine ? C'est une question que vous pouvez vous poser ensemble. Cette haine qui t'effraie tant peut t'effrayer moins si tu considères que c'est un moyen pour elle de se protéger, une protection qui comme tu en as conscience peut également être cause de destruction, voire d'auto-destruction.

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poly de passage (invité)

le mardi 02 août 2016 à 18h13

" tu ne peux pas l'aider si elle ne veut pas de ton aide ou de l'aide que tu lui propose"

Difficile pour elle d'avoir un réconfort de la personne qui génère ce même inconfort.

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Profil

bonheur

le mardi 02 août 2016 à 22h06

poly de passage
Difficile pour elle d'avoir un réconfort de la personne qui génère ce même inconfort.

Lorsque j'ai annoncé à mon mari que j'aimais un autre homme (qu'il avait appris à connaître également), j'ai été présente, comme jamais je ne l'avais été, et j'ai été son seul réconfort. Oui, je générais son inconfort, mais qui mieux que moi pouvait lui apporter justement la sécurité et la pérennité de notre union. Qui d'autre aurait pu lui confirmer qu'il n'avait rien à se reprocher, que j'agissais par amour, parce que je ressentais ces émotions, ce sentiment ancré en moi, et non une quelconque volonté de casser quoi que ce soit entre nous... et finalement, ça a renforcé ce qu'il y avait entre nous. Mais ce travail, ne peut se faire qu'avec une personne qui veut comprendre. Au départ, mon mari que "j'avais cassé quelque chose en lui" (ben ouais, l'idéal qu'il avait mis en place), puis il m'a dit qu'il voulait comprendre. C'est cette volonté qui a fait que l'on est pu avancé, ensemble. Dire qu'il n'a jamais eu de rancoeur et de colère à mon encontre, serait faux. Mais ensemble, nous avons creusé, trouvé les causes. La jalousie, la colère, la rancoeur... sont des effets. Par contre, c'est sur les causes qu'il faut se pencher et travailler. Dans un couple, seuls les membres du couple peuvent travailler ensemble. Les lectures sont des pistes de réflexion, des aides dans l'expression (j'ai demandé à mon mari de livre le livre "vertus du polyamour" pour qu'il lise ma vision avec les mots de quelqu'un d'autre... ce qui la beaucoup aidé).
Si Delta-F ne peut aider sa compagne, qui le fera ?

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Profil

bonheur

le mardi 02 août 2016 à 22h09

Désolée oO0, trop crevée ce soir pour lire ton post. Comme à ton habitude, je suis persuadée que tes remarques sont pertinentes et intéressantes. Je prendrai le temps jeudi de m'y pencher d'une belle façon.

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Profil

LuLutine

le vendredi 05 août 2016 à 00h06

bonheur
J'en suis dans ma réflexion actuelle que l'on ne peut aider que si l'autre désire être aidé.

Je suis également tombée sur la même conclusion il y a une dizaine d'années....

J'ai de plus observé que certaines personnes qui peuvent à première vue sembler demander de l'aide veulent en fait seulement la possibilité de se plaindre.
Et donc, quand tu essaies de leur venir en aide, elles t'envoient balader violemment (puisque si elles acceptaient l'aide leur raison de se plaindre disparaîtrait).
Vécu aussi il y a une dizaine d'années...

La bonne nouvelle c'est que les individus peuvent évoluer d'eux-mêmes (vécu également, s'agissant de la même personne à laquelle je pensais en écrivant les lignes plus haut).

La mauvaise nouvelle c'est que ce n'est pas sûr et que tu n'as aucun contrôle là-dessus, tout juste peux-tu espérer avoir une légère influence.

oO0
Personnellement, je considère que se sacrifier signifie ne plus être soi, bref, ne plus être soi dans la relation et quelque part disparaître de la relation. Le sacrifice annule un des membres de la relation et avec, la relation.

Je trouve ça très bien vu.
Par le passé je me suis souvent sacrifiée et aujourd'hui je suis heureuse car je vis justement des relations où je n'ai pas à me sacrifier, et l'autre non plus.
Les problèmes qui peuvent survenir (car il y en a !) sont réglés par la discussion bienveillante.

Je trouve d'ailleurs cela tellement plus simple depuis que je n'ai plus des personnes abusives en face de moi (ce qui a parfois été le cas par le passé) !

poly de passage
Difficile pour elle d'avoir un réconfort de la personne qui génère ce même inconfort.

Détrompe-toi, quand une personne que je fréquente génère chez moi un inconfort, le fait d'en parler ensemble, d'entendre que sa volonté n'était pas de me faire du mal mais (par exemple) de régler une urgence, aller voir quelqu'un qu'elle n'a pas vu depuis plus longtemps que moi etc. et bien cela m'aide beaucoup et les 80% de mon inconfort (ou même plutôt de ma douleur, car très honnêtement si c'était "juste" un "inconfort" on ne serait pas en train d'en parler) disparaissent.

Donc ne faisons pas de suppositions sur ce qu'il en sera de la compagne de @Delta-F

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(compte clôturé)

le vendredi 05 août 2016 à 09h52


J'en suis dans ma réflexion actuelle que l'on ne peut aider que si l'autre désire être aidé.


J'ai de plus observé que certaines personnes qui peuvent à première vue sembler demander de l'aide veulent en fait seulement la possibilité de se plaindre.

A ce sujet, j'aime beaucoup un film qui a l'air tout simple mais qui est criant de vérité sur les bases de la psychologie : "Oui, mais ...".
Je le savoure à chaque visionnage, avec toujours un prisme différent selon ma situation du moment. C'est un peu comme le Petit Prince ... ;-)

Ce sera ma première participation sur le site ... ;-) alors j'en profite pour vous remercier tous de vos échange pertinents, sincères et du bien que cela m'a fait de vous trouver.

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Profil

bonheur

le vendredi 05 août 2016 à 13h23

"oui, mais..." est un film que je recommande également. Gérard Jugnot et tous les acteurs plus novices sont excellents.

Egalement, lorsque l'on sollicite mon aide, il m'arrive, avant toute démarche, de demander à la personne concernée de lire l'histoire du tracteur et du marais que j'ai découvert dans le livre "le psy de poche - nous disposons tous des ressources nécessaires pour donner un sens à notre existence" (Susanna Mc Mahon). Cette nouvelle est très claire et explicite.

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