Polyamour.info



Les messages appartiennent à leurs auteurs. Nous n'en sommes pas responsables.

Merci de consulter notre charte de discussion pour connaître les règles qui régissent les conversations sur ce site.

Invalider les ressentis ou besoins de l'autre parce qu'on ne les comprend pas, est-ce légitime ?

Bases
#
Profil

LuLutine

le dimanche 04 septembre 2016 à 01h53

Je voulais développer un peu la question du titre, mais j'y arrive pas, là....

Donc si vous avez des commentaires....

Je précise quand même que je me place dans le cas d'une relation proche et de confiance (ou qui du moins est supposée l'être...) entre deux personnes.

#
Profil

gdf

le dimanche 04 septembre 2016 à 10h23

Chaque mot du titre pourrait être débattu...
"Invalider", est-ce volontaire ou involontaire ? Si je ne comprends pas de quoi tu me parles (par exemple, tu me parles de culture du viol, je ne sais pas ce que c'est) je peux :
- répondre à côté de la plaque sans m'en rendre compte (mais de quoi elle me parle ?)
- considérer que c'est sans valeur (mais non, ça n'existe pas, elle me raconte des bêtises)
- considérer que ça existe, mais décider de ne pas le prendre en compte parce que je ne sais pas quoi en faire (ma devise shadock préférée : s'il n'y a pas de solution, c'est qu'il n'y a pas de problème)
- faire les efforts nécessaires pour comprendre

Bien évidemment on préfère la dernière option, mais les autres sont-elles illégitimes?

"Légitime" se rapporte à la loi, ou à la justice, ou à l'équité. Vis à vis de la loi, pas de doute, il n'est pas interdit de ne pas comprendre et d'ignorer les ressentis des autres.
Est-ce juste ? Encore faut-il définir le contexte de la justice. Est il juste de demander à quelqu'un qui n'a pas les compétences requises d'arriver à un résultat?

#
Profil

LuLutine

le mardi 06 septembre 2016 à 18h52

Je vais essayer de prendre un exemple.

Marcel et Chantal habitent ensemble.

Marcel est neuroatypique, et certaines de ses spécificités sont incompréhensibles pour Chantal (qui est peut-être neurotypique, ou peut-être neuroatypique, mais pas de la même façon de Marcel).

Par exemple, pour Marcel, le sel doit toujours être rangé au même endroit.

Mais quand je dis "au même endroit", ce n'est pas "dans le placard au-dessus de l'évier". Ce n'est pas non plus "dans le placard au-dessus de l'évier, étagère du milieu".

Ce serait plutôt "dans le placard au-dessus de l'évier, étagère du milieu, tout devant à droite contre la cloison".

Le genre précis de chez précis, quoi. Et si le sel est à gauche, ben ça ne va pas (même s'il reste dans le placard au-dessus de l'évier, étagère du milieu). S'il est derrière, non plus.

Vous pouvez trouver cela extrême, ou exagéré, mais certaines personnes neuroatypiques ont des besoins de ce genre, que la plupart des gens trouvent absurdes.

Je parle bien ici de besoin.

C'est important pour Marcel que le sel soit à sa place.
(Par contre, la place du poivre, il s'en fiche. Et que des chaussettes traînent par terre, y compris dans la cuisine, il s'en ficherait aussi, bien que Chantal n'en laisse jamais traîner. Ne me demandez pas pourquoi il fait une fixette sur le sel : c'est comme ça, chaque personne neuroatypique a sa propre logique.)

Si Chantal ne range pas le sel à sa place, Marcel entre dans une colère folle. Ou dans une tristesse infinie. En tout cas, un tourbillon émotionnel qu'il ne contrôle pas. C'est vraiment insupportable.

Dans ces moments-là, quand l'émotion monte, il fait tout au départ pour se dominer, mais il a besoin que Chantal accueille son ressenti, l'accompagne.

Pas qu'elle lui dise "Mais enfin c'est juste une salière, je ne vois pas pourquoi tu te mets dans des états pareils pour ça, c'est vraiment un truc de rien du tout !".

Il va la voir et il lui dit "Tu as déplacé la salière et je me sens vraiment mal. J'ai besoin que la salière soit à sa place. Est-ce qu'on peut en parler pour trouver une solution ensemble ?"

(Peut-être même qu'après discussions entre eux, Marcel finirait à terme par accorder moins d'importance à la place du sel dans le placard. Ou pas, mais que Chantal saurait le réconforter et simplement s'excuser quand elle déplace le sel par inadvertance, et cela éviterait les crises.)

Chantal ne comprend pas que la place du sel mette Marcel dans tous ses états. Mais à votre avis, si elle ne respecte pas le besoin de Marcel, vous croyez qu'il va continuer longtemps à habiter avec elle ?

Et après, Chantal dira que Marcel a déménagé pour une vulgaire histoire de salière...

Mais le réel problème n'est pas dans le fait que la salière n'était pas à sa place. Le réel problème est que les ressentis de Marcel étaient invalidés par Chantal, parce qu'elle ne les comprenait pas, parce qu'elle ne les trouvait pas "logiques" ou acceptables...

Je vais formuler ma question autrement :

Ne peut-on (essayer d') accueillir les ressentis de l'autre, les accepter comme valides, même lorsqu'on ne les comprend pas ?

#
Profil

kill-your-idols

le mardi 06 septembre 2016 à 22h15

non.

#
Profil

bodhicitta

le mardi 06 septembre 2016 à 22h40

Je comprends de quoi tu parles, d'accepter une logique différente :-/

Je pense que c'est l'imagination la limite de l'acceptable ou non, Si j'arrive pas à imaginer c'est acceptable pour moi lorsque j'ai la souplesse d'esprit pour, ou l'envie de faire avec ce truc que je comprends pas.

Mais je pense qu'on ne sait pas et ne peut savoir comment tel ou tel chose résonne dans la tête des gens ça il faut l’accepter si on tien compte de la personne dans son entier, avec son passif, et sa façon d'aimer (ça rejoint ma convers sur la jalousie)

#
Profil

LuLutine

le mardi 06 septembre 2016 à 22h42

bodhicitta
Mais je pense qu'on ne sait pas et ne peut savoir comment tel ou tel chose résonne dans la tête des gens ça il faut l’accepter si on tien compte de la personne dans son entier, avec son passif, et sa façon d'aimer (ça rejoint ma convers sur la jalousie)

(+) (+) (+)

#
Profil

Juliejonquille

le mercredi 07 septembre 2016 à 00h05

Mon mari et moi venons de lire ton texte, morts de rire de nous reconnaître, une petite discussion en a découlé.

Moi, je suis une Chantal avec le TDAH, je suis incapable de ranger mes affaires au même endroit... Même mes clefs ou mon portable, c'est un combat quotidien. Le pauvre Marcel a l'impression de radoter, il s'énerve... il croit que je le fais exprès.

Pendant longtemps, on s'est pris le chou :

Chantal : "Mais pourquoi tu m'accuses toujours pour la salière, je ne fais pas exprès ! Et d'ailleurs, ce n'est qu'une salière !"

Marcel : "Pourquoi tu ne fais pas attention ! C'est facile de faire attention à la salière ! C'est important pour moi !"

Chantal : "Mais je ne peux pas faire attention, je n'y arrive pas..."

Marcel : "N'importe qui peut le faire ! Tu ne m'aimes pas vraiment, tu ne me respectes pas... Je t'ai dit cent fois que c'était important pour moi de ranger cette salière à sa place."

Chantal : "Pourquoi tu m'attaques pour une simple salière ? Tu ne m'aimes pas vraiment !"

-------Incompréhension mutuelle----------- Escalade

Ce sketch, nous l'avons vécu cent fois dans notre couple.
En ce moment, j'attends mon diagnostique et maintenant que je suis consciente d'être différente, j'espère qu'en travaillant sur moi-même, cela peut changer la dynamique. Je dévore tout ce que je peux trouver sur le sujet et je commence à être plus consciente de l'impact que j'ai sur les autres mais aussi de qui je suis. Cela a aussi éclairé mon histoire familiale.

Lequel des deux n'accueille pas la différence de l'autre ? Marcel ou Chantal ? ça peut être complexe.

Merci pour ce super sujet LuLutine !

#
Profil

Albaboun

le mercredi 07 septembre 2016 à 00h24

Bonsoir,

C'est "drôle", de mon point de vue en tout cas, d'avoir des discussions de NA sur ce site... Je ne suis jamais allé sur les forums "zèbres", sans savoir trop pourquoi (enfin si, mais ce serait trop long), du coup ça m'amuse d'évoquer ce genre de choses ici.

LuLutine
Ne peut-on (essayer d') accueillir les ressentis de l'autre, les accepter comme valides, même lorsqu'on ne les comprend pas ?

Je ne suis pas sûr que cette question renvoie les mêmes choses à chacun-e. Pour moi, tu réponds déjà avec "(essayer d')". J'essaye tellement souvent d'accueillir comme valide les ressentis qui me sont incompréhensibles. Mais chez moi, la vrai question, c'est comment on fait quand on n'y arrive pas? Le moyen le plus simple, c'est d'être loin de tout et tou-te-s. Chacun-e chez soi et les salières seront biens gardés. Mais la solitude est aussi potentiellement très pesante, à la longue.

Du coup, reste à tenter de gérer les débordements émotionnels liés aux interactions salines. Essayer de bosser sur la conscience de l'incompréhension. Les autres ne perçoivent pas souvent pourquoi ma salière à besoin de sa place (ou j'ai besoin qu'elle l'ai, d'accord). Je passe aussi souvent à coté de "leurs salières" sans les remarquer, ou plutôt sans remarquer qu'elles ont aussi une place importante.

Trouver un équilibre dans la gestion des émotions. Accepter de construire une attention réciproque aux débordements émotionnels de l'autre, réciproquement, même si l'on est pas capable d'en comprendre les rouages, c'est déjà une fin en soi. Ce qui fait (chez moi) le plus de mal, c'est le non-dit. Le manque de communication laisse place à l’interprétation, des actes et volontés des autres, ce qui est toujours "à coté de la plaque". Se laisser aller à interpréter les actes, mais aussi les émotions reçues des autres (ou lues par empathie), sans avoir échangé et communiqué sur le sens réel pour les un-e-s et les autres est toujours foireux. Si je ne suis pas capable de comprendre "les salières" des autres, interpréter leur ressentis ou leurs actes est voué à l'erreur.

Reste que quand ça va trop mal, l'échange et la communication sont très difficiles, voir impossibles. Du coup, construire en amont les conditions de relation et d'échange qui permettent d'accueillir est sûrement le principal. On peut trouver des façons de fonctionner "ensemble" si l'expression des "ressentis salière bougée" est possible. Mais si on ne peut que dominer, qu'on ne trouve pas les solutions pour l'exprimer, ça fini par ressortir n'importe comment par ou ça peut, brutalement, ou injustement, ou complètement hors de propos... Ce qui décuple l'incompréhension.

Quand on trouve la place de dire pour soi et d'accueillir chez l'autre, ben on peut se dire qu'on est déjà super fort-e-s, réciproquement. Et c'est vraiment déjà pas mal, si à défaut de "parfaitement" se comprendre, on arrive à s'accepter... C'est une super base! (et je suis pas sûr qu'on puisse espérer mieux)

#
Profil

LuLutine

le mercredi 07 septembre 2016 à 11h05

Albaboun
Quand on trouve la place de dire pour soi et d'accueillir chez l'autre, ben on peut se dire qu'on est déjà super fort-e-s, réciproquement.

Et c'est vraiment déjà pas mal, si à défaut de "parfaitement" se comprendre, on arrive à s'accepter... C'est une super base! (et je suis pas sûr qu'on puisse espérer mieux)

Oh mais je parle exactement de ça.
Accepter, bien qu'on ne comprenne pas.
Je ne comprends pas le ressenti de l'autre, mais je ne vais pas prétendre qu'il se sent triste / en colère / angoissé etc. pour rien !

Juste ça, le respect, l'écoute, c'est ce qui me semble à la fois le minimum dans une relation, et un pas immense pour continuer à cheminer ensemble.

Dans mon exemple, rien qu'en sachant que Chantal ne nie pas son ressenti, Marcel gèrera beaucoup mieux la crise. Et acceptera mieux son ressenti aussi, car il aura été reconnu par Chantal (dans le cas contraire, il peut essayer de se dire que oui, Chantal doit avoir raison, il se met vraiment dans tous ses états pour rien, mais cela ne mène qu'au refoulement et ça finit en général en catastrophe, à cause de l'accumulation).

Dire (et accepter !) pour soi, accueillir chez l'autre : c'est exactement ça !

Albaboun
Trouver un équilibre dans la gestion des émotions. Accepter de construire une attention réciproque aux débordements émotionnels de l'autre, réciproquement, même si l'on est pas capable d'en comprendre les rouages, c'est déjà une fin en soi.

Merci, tu mets le doigt sur quelque chose de très important ici : la réciprocité.

En fait, Chantal a aussi sa propre "salière" comme tu l'évoques par ailleurs : elle ne supporte pas (comme un certain nombre de gens il faut l'avouer) qu'on laisse traîner ses chaussettes sales au lieu de les mettre dans le bac à linge.

Or Marcel lui, ça ne le dérange pas de laisser traîner ses chaussettes sales, il l'a toujours fait avant. Chantal pourrait aussi laisser traîner les siennes, peut-être même dans le placard à côté de la salière (du moment que la salière est à sa place bien sûr !), Marcel s'en ficherait complètement.

Mais depuis qu'il habite avec Chantal, et qu'il sait qu'elle n'aime pas les chaussettes qui traînent, il fait très attention. Ca lui prend de l'énergie, ce n'est pas naturel pour lui, puis il a un peu l'impression que Chantal le prend pour un gamin et veut le fliquer, le contrôler, en lui disant ce qu'il doit faire de ses chaussettes (c'est vraiment hyper désagréable), mais bon si elle se sent mieux comme ça, il trouve normal de faire de gros efforts pour ne pas les laisser traîner. Il prend sur lui. Il met des limites à ce qu'il estime être sa liberté d'action (car après tout, dans l'absolu, il est libre de laisser traîner des chaussettes, la loi ne l'interdit pas !).

Il faut dire aussi que dans ce monde majoritairement fait pour les neurotypiques, Marcel a très souvent entendu parler du fait que "ça ne se fait pas" de laisser traîner les chaussettes. Donc il l'a à peu près intégré, intellectuellement du moins.
Cette pseudo-interdiction ne fait pas sens pour lui, il ne voit pas le problème (il a sa propre logique dans laquelle les chaussettes qui traînent ne sont pas un souci), mais il l'a intégrée.

Du coup, quand Chantal prétend que la salière qui n'est pas à sa place, c'est "un truc de rien du tout", ça blesse Marcel doublement :

- D'une part, Chantal remet en question son ressenti, ses émotions à lui (alors que soyons sérieux, elle n'est pas dans sa tête, si ça crée un malaise chez Marcel, c'est que ça crée un malaise chez Marcel, je ne vois pas à quel moment on devrait en débattre) ;

- D'autre part, Marcel lui, fait autant qu'il le peut attention aux "salières" de Chantal, à savoir les chaussettes qui traînent ; et puis il s'est toujours excusé lorsque sans faire exprès il en laissait traîner une ou deux, même si elles étaient tombées à côté du panier par simple inadvertance ; il a consolé Chantal lorsqu'elle a piqué une crise à cause d'une chaussette qui traînait dans le lit...du coup, double effet kiss-cool, il se rend compte qu'il n'y a pas de réciprocité !!

Albaboun
construire en amont les conditions de relation et d'échange qui permettent d'accueillir

Alors là je veux bien savoir comment tu fais concrètement ?

Quand Marcel a tant bossé sur lui pour accueillir les émotions de Chantal liées aux chaussettes qui traînent (même si lui ne conçoit pas que ça crée un problème), et que dans l'autre sens, ça ne fonctionne pas (Chantal considère que les ressentis de Marcel vis-à-vis de la place de la salière ne sont pas valides) ?

C'est un peu perdu d'avance, non ?

Relation sans réciprocité, je ne vois pas d'issue....

#

(compte clôturé)

le mercredi 07 septembre 2016 à 11h18

Je ne sais pas si ça c'est dans la problématique que tu poses, mais bon...
Je crois que l'autre est toujours dérangeant, en tant qu'autre, et c'est ce qui fait tout le sel de la relation d'amour ou d'amitié: être dérangé.
J'avais lu dans une bio de Kafka qui avait une vie plutôt solitaire de mémoire que son meilleur ami, qui lui rendait une visite impromptue, lui a demandé si sa visite ne le dérangeait pas trop et que Kafka lui aurait répondu un truc du genre : oui tu me déranges et c'est tres bien comme ça.
Le propre de l'altérité, c'est de bousculer, le ronron des habitudes qui enflent et qui se rigidifient avec le temps solitaire. C'est pour ça, je crois que meme si un animal de compagnie, c'est contraignant et parfois penible, les personnes agées isolées retirent en général de gros bénéfices émotionnels voire physiques à prendre un chien ou un chat qui va les bousculer, les obliger à s'adapter quand plus rien ne sollicite leurs capacités d'adaptation.

C'est aussi pour moi la grande vertu de la vie de couple, c'est le métissage permanent que crée la relation chez les partenaires (même si ça coute en énergie), et l'apprentissage du relativisme et du lacher-prise qui vont avec forcément.
Le seul moyen d'avoir un environnement parfaitement conforme à ses attentes, est de n'avoir ni partenaire(s), ni amis, ni animal de compagnie; mais je dois dire que je vois là plus une forme de négation de la vie voire de nihilisme pathologique, que de réalisation joyeuse de l'humaine nature.

L'acceptation de l'autre n'implique pour moi aucune obligation de comprendre l'autre dans sa totalité (ce serait absurde et épuisant), ni un devoir d' empathie dégoulinante c'est une réponse de principe, un ticket pour une vie surprenante.

#
Profil

oO0

le mercredi 07 septembre 2016 à 12h25

Salut Lulutine,

à propos de la validation des ressentis, je me suis souvent posé la question de la nécessité de leur validation et de ce que signifiait leur validation. Est-ce bien nécessaire ? Valider, est-ce se conformer ?

J'ai simplement fait la désagréable expérience de leur invalidation systématique et cela n'impliquait pas une salière : des amitiés, ma découverte et mon apprentissage des relations, des liens familiaux, la reconnaissance de mon sens de la liberté et du consentement, des liens familiaux, mon rapport à la mort, la réalité des faits, mon vécu personnel, mes centres d'intérêts intellectuels, voire professionnels. Pour faire simple, je n'avais rien à dire sur ce qui me concernait, je n'avais aucun droit de citer sur ma propre personne, juste le droit de me conformer au rôle qui m'était prêté pour être accepté. En termes d'invalidation de ressenti, c'est assez fort, je n'avais pour ainsi dire pas le droit de ressentir quoi que ce soit. Il n'y avait aucune mauvaise intention de la part de quiconque, juste probablement le genre d'incompréhension qui peut y avoir entre personnes neuro(a)typiques. (Quand tu parles de salière, j'imagine bien qu'il ne s'agit pas juste d'une salière.)

Ce que j'en ai retenu, c'est la nécessité de faire le deuil de mes attentes de validation de mon ressenti ou, plus simplement de reconnaissance de la légitimité de mon ressenti. L'incompréhension fait partie de la réalité de la vie relationnelle. En fait, sans m'en rendre compte, c'est ce que j'ai fait dans de nombreuses relations, ne pas attendre d'elles qu'elles comprennent mes dispositions à la non-exclusivité du moment qu'elle reconnaissaient que je leur en avait parlé. Alors oui, il leur arrivait de faire comme si je n'en avais jamais parlé, mais cela fait partie de la réalité des situations d'incompréhension. Ne pas pouvoir comprendre signifie la quasi impossibilité d'intégrer ce qu'il y a à comprendre. Cela ne signifie pas que, éventuellement, la personne arrive à comprendre, mais cela s'est le plus souvent fait quand j'avais abandonné toute attente de compréhension.

Bref, la validation du ressenti ne me semble pas nécessaire, l'acceptation de la possibilité d'être incompris me semble bien plus nécessaire.

Alors, oui, vous avez mis le doigt sur une base essentielle des relations, la réciprocité. L'incompréhension est bien évidemment une absence de réciprocité, mais si ce genre de situation ne peut pas se produire, c'est comme s'il y avait une obligation de réciprocité. Parfois, cette réciprocité a aussi lieu sans prendre la forme attendue, par exemple, ne pas mettre la salière exactement là où elle devrait être, mais essayer malgré tout de comprendre et de le faire ... sans pour autant y arriver.

Finalement, je pense qu'il y a deux ressentis en jeu, celui d'être incompris(e), mais aussi celui de ne pas pouvoir comprendre. Cela se dédouble même, celui de ne pas pouvoir comprendre le fait d'être incompris(e) et celui d'être incompris quant à son incapacité de comprendre. L'incompris(e) peut ne pas le comprendre tout comme il peut y avoir le sentiment d'être incompris de ne pas pouvoir comprendre. Comment intégrer cela à la validation du ressenti, la reconnaissance de sa légitimité ?

Message modifié par son auteur il y a 3 ans.

#
Profil

LuLutine

le mercredi 07 septembre 2016 à 12h52

Y a pas besoin de comprendre pour éviter d'invalider...et tu mélanges dans ton message la compréhension et la validation.

Forcément, ça ne marche pas.

#
Profil

Anarchamory

le mercredi 07 septembre 2016 à 13h01

Hello, je n'ai pas tout lu, mais je vais quand même apporter mon grain de sel dans ces histoires de salière :P

LuLutine
Ne peut-on (essayer d') accueillir les ressentis de l'autre, les accepter comme valides, même lorsqu'on ne les comprend pas ?

Oui. Si toutefois on veut être en relation avec l'autre en question.

Je pense que pour certain-e-s d'entre nous, les ressentis monogames, du moins lorsqu'ils atteignent une certaine radicalité, sont du même ordre. Par exemple, je ne comprends pas pourquoi certain-e-s monogames acceptent que leur partenaire fasse un bisou sur la joue à qqn-e d'autre qu'elleux, mais n'acceptent pas que leur partenaire fasse le même bisou, avec les mêmes intentions, sur les lèvres (alors qu'il n'y a que quelques centimètres de différence), et se mettent dans des états pas possibles pour ça. Mais si qqn-e veut relationner avec un-e tel-le monogame, il faudra bien qu'iel en tienne compte.

L'amour est souvent du même ordre, aussi. Ses causes sont souvent irrationnelles voire inconnaissables pour la personne l'expérimentant, donc a fortiori pour les personnes ne l'expérimentant pas.

#
Profil

Albaboun

le mercredi 07 septembre 2016 à 13h46

Salut tout le monde...
En premier lieu, je précise que ce que je vais écrire n'est pas une critique, encore moins une attaque. Je veux souligner les différences, qui sont certainement des richesses, mais aussi parfois sûrement des incompatibilités. Au moins en tout cas des incompatibilités à passer "beaucoup de temps ensemble", pas à être amis ou à s'apprécier, mais à passer du temps tout les jours ensemble.
Si ma façon de l'écrire heurte un peu les personnes qui le reçoivent, j'en suis désolé... Mais j'ai pu être heurté aussi à la lecture. :-)

Bagheera
L'acceptation de l'autre n'implique pour moi aucune obligation de comprendre l'autre dans sa totalité (ce serait absurde et épuisant), ni un devoir d' empathie dégoulinante c'est une réponse de principe, un ticket pour une vie surprenante.

Voila pourquoi mon quotidien ne peut être commun avec le tien. L'empathie dégoulinante n'est pas contrôlable chez moi, désolé... Les réponses de principe, ça m'énerve, par principe. C'est bien pour ça que je l'écrivais plus haut, pour moi, le boulot, c'est d'accepter de ne pas comprendre, car j'essayerai quoi qu'il arrive. Je devrai accepter aussi de ne pas y arriver.
Je sais, vivre près de moi est "absurde et épuisant", j'en suis conscient, j'essaye d'ailleurs de ne l'imposer à personne! Mais c'est le postulat de base à partir duquel on peut imaginer partager des choses avec moi.

Bagheera
C'est aussi pour moi la grande vertu de la vie de couple, c'est le métissage permanent que crée la relation chez les partenaires (même si ça coute en énergie), et l'apprentissage du relativisme et du lacher-prise qui vont avec forcément.

Je crois, concernant LuLutine, sous réserve qu'elle valide cette information, mais en tout cas à mon sujet, qu'il y à hors jeu! Anarchiste relationnel, je ne suis pas sûr de reconnaître de "vertu" au couple... Sans être trop caricatural, je crois que le couple est un choix, qui à bien des qualités et bien des défauts aussi, qui ne peut fonctionner pour moi. Je n'ai pas la capacité de vivre "couple". Chez celleux qui m'entourent, comme chez mes parents, qui approchent leur 50éme année de mariage, je ne comprends même pas qu'ils persistent! Ils s'aiment, ils ont construit "leur équilibre" sûrement, ils sont plutôt parmi les chouettes relations amoureuses binaires que je connais, mais passer quelques heures à coté d'eux suffit déjà à me faire violence (et pas à eux!). Leurs travers, leurs principes respectifs, leur aliénation me sortent par les yeux et me donne envie de leur hurler dessus! Mais je ne le fais pas et je respecte leur choix. Cependant, je peux assurer que jamais je ne vivrai ça au quotidien... Je ne parle même pas de vivre ça 50 ans, je n'ai pas assez d'imagination.

oO0
Bref, la validation du ressenti ne me semble pas nécessaire, l'acceptation de la possibilité d'être incompris me semble bien plus nécessaire.

Alors, oui, vous avez mis le doigt sur une base essentielle des relations, la réciprocité. L'incompréhension est bien évidemment une absence de réciprocité, mais si ce genre de situation ne peut pas se produire, c'est comme s'il y avait une obligation de réciprocité. Parfois, cette réciprocité a aussi lieu sans prendre la forme attendue, par exemple, ne pas mettre la salière exactement là où elle devrait être, mais essayer malgré tout de comprendre et de le faire ... sans pour autant y arriver.

Finalement, je pense qu'il y a deux ressentis en jeu, celui d'être incompris(e), mais aussi celui de ne pas pouvoir comprendre. Cela se dédouble même, celui de ne pas pouvoir comprendre le fait d'être incompris(e) et celui d'être incompris quant à son incapacité de comprendre. L'incompris(e) peut ne pas le comprendre tout comme il peut y avoir le sentiment d'être incompris de ne pas pouvoir comprendre. Comment intégrer cela à la validation du ressenti, la reconnaissance de sa légitimité ?

Je crois que c'était là tout le fond de mon propos. Si je rejoins ce que je disais plus haut, les seules bases relationnelles durables que j'ai trouvé, personnellement, c'est tout d'abord d'accepter, réciproquement, les incompréhensions qui seront présentes de part et d'autre. Accepter que cela existera et ne sera pas grave si l'on choisi que ça ne le soit pas... Qu'on y veille réciproquement.
Parmi cette acceptation réciproque, il y a pour moi découvrir l'autre, ses fonctionnements et besoin, pour pouvoir faire avec, essayer d'être le plus juste et attentif que je puisse. Mais il y a aussi pour l'autre, de comprendre et d'accepter que c'est ça ma "Méga Maousse Salière"!!! L'empathie n'est contrôlable chez moi qu'au prix d'efforts conséquents... Donc pas continuellement, pas quand je ne vais pas bien, etc. Mon boulot quotidien c'est le lacher-prise, l'acceptation de l'incompréhension, etc. C'est quotidien et énergivore. ça me demande attention et investissement, en soi. Et je le ferai, je l'accepte, au prix d'efforts conséquents, mais je serai faillible et n'y arriverai pas tout le temps.
J'espère ne pas avoir fais violence à Bagheera, car mon propos n'est pas de considérer un fonctionnement comme mieux qu'un autre, ni plus ou moins juste, mais de dire que les deux existent, ne se comprennent pas ET sont aussi légitimes et justes pour autant. C'est aussi ça, chez moi, l’a-typicité, Je suis chelou, dérangeant, inadapté ou au moins surprenant, bizarre, inattendu... Je dois faire avec. Les autres peuvent faire comme iels veulent, avec ou sans, mais c'est soit avec moi et avec un minimum d'attention à tout ça, soit sans moi.
Mais je voue mon existence entière à essayer de faire avec ces incompréhensions, à relativiser, à ne pas attendre trop des autres, etc. C'est une base indispensable. Je peux choisir de vivre en travaillant sur tout ça et en demandant que ça soit perçu et pris en compte, ou choisir de ne pas vivre... C'est une question permanente.

Message modifié par son auteur il y a 3 ans.

#
Profil

oO0

le mercredi 07 septembre 2016 à 13h56

Je ne serais pas aussi sûr que ça de mélanger validation et compréhension. La validation me semble impliquer la reconnaissance de la légitimité du ressenti. La compréhension est davantage liée à la communication, à un processus de communication réussi. Il ne s'agit pas de la même chose, mais il y a une certaine indépendance.

La validation peut avoir lieu en répondant par le comportement attendu (mettre la salière à son exacte place) sans pour autant comprendre le ressenti : "Je le fais parce que tu me dis que c'est important." Elle peut également avoir lieu par la seule compréhension du ressenti car, comme tu l'écris toi-même, si Marcel se sentait compris dans son ressenti, il gèrerait peut-être mieux ses réactions émotionnelles liées à la salière : "Si je te comprends bien, ce qui est important pour toi, c'est ... d'où tes réactions émotionnelles."

Lorsque tu écris que ce qui mets mal à l'aise Marcel n'est pas à débattre, mais à accepter comme une part réelle de sa réalité affective, je ne vois pas en quoi cela diffère de l'exemple personnel que j'ai pris. Lorsque le vécu de Marcel est mis en doute, il ne me semble plus avoir le droit de citer sur sa propre personne, sur sa réalité affective.

N'est-ce pas cela invalider son ressenti ?

Lorsque tu écris que Marcel ne ressent pas de réciprocité dans la validation de son ressenti puisqu'il range ses chaussettes pour prendre en compte le ressenti de Chantal alors qu'il a tout juste le droit de passer pour un fou avec la salière, je retrouve la suite de l'exemple personnel que j'ai pris. Je ne l'ai pas développée, mais je vais le faire. J'avais compris ce qui était attendu de moi de comprendre et j'agissais en fonction et en conséquence. Seulement, c'est là que cela diffère, toute attente de ma part d'être compris dans mon ressenti était systématiquement interprété comme si j'agissais dans le sens contraire et que je n'avais rien compris, bref, comme si je continuais à laisser traîner des chaussettes. En fait, cela revient au même quelque part, je devais comprendre, mais je n'avais pas le droit d'être compris. Toute attente d'être moi-même compris m'enfermait systématiquement un peu plus dans le rôle du fou qui ne comprend rien.

Il y a un moment où il faut reconnaître que l'autre a compris pour qu'il y ait une compréhension mutuelle, pour se sentir compris. Si il n'est fait aucune place à la possibilité que l'autre ait compris, c'est impossible de se sentir compris. Idem pour la validation du ressenti. Celle-ci peut ne pas prendre la forme attendue, cela ne veut pas dire pour autant qu'il n'est pas validé : "Oui, tu as le droit de te ressentir comme tu te ressens, mais ... cela reste insensé pour moi." Après, il peut même y avoir une compréhension ou une validation mutuelle, mais si celles-ci ne sont pas exprimées et actées comme ayant été, c'est comme si elles n'avaient pas lieu. C'est comme si deux personnes qui se comprenaient restaient sur le sentiment de ne pas se comprendre parce qu'elle n'ont jamais pris le temps d'exprimer cette compréhension mutuelle ou que, lorsqu'elle a eu lieu, aucune d'elle n'a été capable de reconnaître qu'elle avait eu lieu. Et le processus de recherche de validation peut avoir lieu sans fin si elle n'est jamais reconnue lorsqu'elle a lieu ou comme ayant partiellement eu lieu. Mettre la salière dans l'étagère appropriée, même si ce n'est pas sa place exacte, c'est un signe de validation partiel.

Dans la situation de communication présente, j'ai juste l'impression que tout ce que j'ai pu comprendre ne compte pas, que seul compte ce que je n'ai pas compris ou encore, que ce qui pourrait être un élément de compréhension est pris au contraire comme un élément d'incompréhension : compréhension et validation s'excluent mutuellement, sans aucun rapport possible comme si il pouvait y avoir validation sans compréhension, soit sans aucun processus de communication. Bref, j'ai plus l'impression que ce qui pose problème, n'est pas tant ce que j'écris que moi-même ou les conclusions de ce que j'écrit : ...

... accepter que l'invalidation de son ressenti fasse partie de la vie est plus nécessaire que de l'obtenir ; attendre de la reconnaissance sans la reconnaître là où elle a lieu voue à l'échec de telles attentes.

Message modifié par son auteur il y a 3 ans.

#
Profil

LuLutine

le mercredi 07 septembre 2016 à 14h19

@Albaboun : en effet la question de "faire couple" ne m'intéresse pas non plus. Sur l'histoire de la salière j'ai pris bien sûr un exemple fictif, de deux personnes qui ont décidé de vivre ensemble (et de toute façon je ne crois pas avoir dit qu'elles étaient "en couple", je pourrais moi-même décider de vivre avec quelqu'un sans être "en couple" - et si j'étais comme Marcel, j'aurais quand même besoin que le sel soit à sa place ! ;) )

Je suis anarchiste relationnelle et ma question vaut tout autant pour les relations amicales ou des relations entre colocs, pourquoi pas ?
(D'ailleurs Marcel et Chantal sont peut-être colocs.)

oO0
je devais comprendre, mais je n'avais pas le droit d'être compris.

Ah, ben, c'est en gros ce que je raconte, plus ou moins.
Mais bon, quand Marcel ne comprend pas, il accueille et il semble que ça suffise.
Sauf que dans l'autre sens....c'est ça, il n'a pas le droit d'être compris, ni même accueilli.
Enfin je crois.

J'ai toujours eu du mal à comprendre tes messages....

oO0
"Oui, tu as le droit de te ressentir comme tu te ressens, mais ... cela reste insensé pour moi."

Attention, ce n'est pas ce que Chantal laisse entendre à Marcel.
Ca ressemblerait plutôt à :

"Cela est insensé pour moi, donc tu n'as pas le droit d'exprimer ce genre de sentiment, d'émotions dans cette situation : la place de la salière, ce n'est pas important enfin !"

oO0
Mettre la salière dans l'étagère appropriée, même si ce n'est pas sa place exacte, c'est un signe de validation partiel.

C'est pas faux, et je pense que Marcel le vivrait beaucoup moins mal. Il serait juste un peu agacé. Et il remettrait la salière à sa place de lui-même. Il ne dirait peut-être même rien à Chantal, de peur de l'ennuyer "pour rien", de la déranger...

#

(compte clôturé)

le mercredi 07 septembre 2016 à 16h11

@Albaboun
tu n'as pas lu mon post ou alors en lecture tres tres tres rapide, désolé, le couple n'est qu'un exemple parmi d'autre de relation metissante (je cite l'amitié dans l'exemple de la bio de Kafka).
Libre à toi de ne pas être d'accord mais faire un contresens sur ce que j'écris à ce point, ça devient comique sutout quand on est doué en empathie
;-)

Message modifié par son auteur il y a 3 ans.

#
Profil

Acajou

le mercredi 07 septembre 2016 à 18h21

Je ne vois pas pourquoi Marcel serait plus atypique que Chantal, peut-être que Chantal fait une fixette sur le fait que le sel n'ait pas une place précise et qu'elle ne doive pas se faire engueuler pour ça.

Pour moi les deux points de vue, bien que différents, se valent à égal, et doivent être compris réciproquement. Après tout est une question de compromis et de juste milieu.

#
Profil

oO0

le mercredi 07 septembre 2016 à 19h09

LuLutine
J'ai toujours eu du mal à comprendre tes messages....

oO0

"Oui, tu as le droit de te ressentir comme tu te ressens, mais ... cela reste insensé pour moi."

Attention, ce n'est pas ce que Chantal laisse entendre à Marcel.

Ca ressemblerait plutôt à :

"Cela est insensé pour moi, donc tu n'as pas le droit d'exprimer ce genre de sentiment, d'émotions dans cette situation : la place de la salière, ce n'est pas important enfin !"

C'est pas faux, et je pense que Marcel le vivrait beaucoup moins bien. Il serait juste un peu agacé. Et il remettrait la salière à sa place de lui-même. Il ne dirait peut-être même rien à Chantal, de peur de l'ennuyer "pour rien", de la déranger...

Oui, juste, mes messages tendent à passer mal entre nous deux, va savoir pourquoi ? Comme une impression de réaction allergique :) J'imagine qu'il n'y a pas de test pour les allergies communicationnelles :)) Pour le coup, ça semble passer un peu mieux, mais j'imagine que tu fais un gros effort.

Vu ce que tu me racontes de Chantal, j'ai l'impression qu'elle a un problème d'acceptation de la réalité affective. Cette réalité ne se limite pas à ce qui fait sens pour elle. Pas plus qu'elle n'a besoin d'être rationnelle pour être réelle. J'imagine que Marcel souhaiterait pouvoir disposer d'un rapport plus rationnel à la salière et qu'il est la première personne que cela dérange. Marcel ne choisit pas ce qu'il ressent à propos de la salière et contrairement à d'autres ressentis, il n'a que peu de marges de manoeuvres. Même si c'est possible de se disposer à d'autres réactions émotionnelles, la salière ne fait pas partie de ces possibilités. Marcel aimerait que ce soit sans importance, mais - va savoir pourquoi - cela en a et beaucoup plus qu'il ne le voudrait.

Sinon, je pense que tu veux dire que Marcel serait moins mal et non moins bien si la salière était au moins sur l'étagère.

Message modifié par son auteur il y a 3 ans.

#
Profil

Albaboun

le mercredi 07 septembre 2016 à 21h21

Désolé Bagheera si je suis a coté de la plaque.
Le fond de ma pensée, qui manque peut-être parfois dans ce que je dis, c'est que certaines personnes, dont moi, ont beaucoup de mal avec le relativisme et le lâcher-prise. Je dirais même que, pour moi toujours, notre société est malade de relativisme et de lâcher-prise... Qu'on a abandonné les luttes sociales constructives, en validant de fait certaines inégalités comme "inévitables", car on a cessé de les remettre en cause, par relativisme et par lâcher-prise.
Mais je sais et concède que je suis sujet au nihilisme pathologique... Et en tout cas qualifié par les "autorités médicales" de pathologiquement apragmatique et socialement inadapté. :-)
Cet état de fait est au moins surprenant sachant que j'ai aussi été éducateur (plutôt apprécié et reconnu) durant huit ans. ;-)
Mais je suis et nous ne sommes pas à un paradoxe près. :-)

Répondre

Chercher dans cette discussion

Autres discussions sur ce thème :


Espace membre

» Options de connexion