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Le féminisme devrait-il dénoncer la norme monogame ?

Monogamie
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audren

le jeudi 15 août 2013 à 10h01

Le féminisme a su dénoncer la norme hétérosexuelle (donc critiquer les stéréotypes culturels hétéronormatifs et apporter son soutien aux voix des LGBT) comme un corollaire du patriarcat. Est-il temps qu'il s'en prenne à la norme monogame (donc critiquer les stéréotypes culturels de l'exclusivité et apporter son soutien aux voix polyamoureuses) ?

(discussion initiée par cet article)

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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Papey

le jeudi 15 août 2013 à 13h20

Bonjour audren,

Je suis complètement d'accord avec le dernier paragraphe de l'article. Le féminisme doit faire découvrir des alternatives mais n'a pas à critiquer l'hétérosexualité et la monogamie, ça serait "tourner le dos" à beaucoup de femmes monogames et hétérosexuelles qui sont féministes et ça diviserait le mouvement.

Cordialement,

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Siestacorta

le jeudi 15 août 2013 à 14h16

Ca devrait être une conséquence du droit à disposer de son corps et de son intimité... La difficulté à faire accepter un mode de vie extra-conjugal met en évidence une pression sociale (patriarcale ET normative, les deux se conjuguent mais ne sont pas équivalentes).

Les féministes ont participé à un grande partie de la réforme sexuelle de la société, mais elles ne sont pas les seules à devoir se bagarrer sur se front là. L'ennui, c'est que perdre l'odre social traditionnel effraie : on préfère garder un ordre qu'on connait, des contraintes que tout le monde peut nommer, plutôt que de devoir se retrouver à assumer notre complexité affective, et inventer nos repères.

Dans un sens, je crois que ça pourrait être plutôt qu'une lutte que de "femme", "homme", "non-hétéro", pro-ceci non-cela, une lutte de célibataires, d'indépendants, de faire accepter la possibilité d'engagements et de communautés multiples...
Que ça vienne de gens qui connaissent la pilule, l'avortement, le divorce, la perméabilité des relations amoureuses, et qui cherchent à construire à partir de là.

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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(compte clôturé)

le jeudi 15 août 2013 à 14h43

Je préférerais que les féministes prônent plutôt l'abandon d'un modèle dominant au profit de la possibilité pour chaque individu (et non couple) de choisir son mode de vie affectif et sexuel. Elles pourraient aussi remarquer que le polyamour est d'emblée féministe puisqu'il ne fait pas de différence entre les hommes et les femmes dans la notion d'ouverture des possibles et des désirs. D'ailleurs, j'ai le sentiment qu'il est presque impossible d'être macho et polyamoureux. Qu'en pensent les machos, s'il y en a quelques-uns ici?

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audren

le jeudi 15 août 2013 à 15h46

Attention, l'auteur précise bien qu'il ne s'agit pas de dénoncer la monogamie, simplement de remettre en cause la monogamie en tant que norme, en tant que seule possibilité, le plus souvent envisagée tacitement au début de toute relation, tellement on baigne dans cette image du couple exclusif, mutuellement possessif.

Et ce travail de dénoncer les stéréotypes culturels normatifs, ce sont bien les féministes et les homosexuel-le-s qui y ont le mieux contribué ces dernières décennies (à mon humble avis).

PS : on peut être macho et se dire "polyamoureux" parce que ça fait mieux que "polygame". Mais je ne pense pas qu'une polyamoureuse s'y tromperait ;-)

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Boucledoux

le jeudi 15 août 2013 à 15h50

Moi il y a quelque chose qui me dérange profondément dans la manière dont Audren pose sa question et qui me met très mal à l'aise dans la discussion engagée comme ça... Pour paraphraser un célèbre dicton, ne vaudrait il pas mieux nous demander d'abord ce que nous poly pouvons faire pour le féminisme avant de nous demander ce que le féminisme devrait faire pour nous ?

D'abord parce que le féminisme n'a pas attendu (heureusement !) les polys pour faire une critique de la conjugalité, de l'amour, du mariage et de la famille.... Ensuite parce que autant je suis très très convaincu que la non-exclusivité est un bon angle pour critiquer les normes, en particulier de genre et que les liens sont nombreux entre ces questions, autant je suis beaucoup moins optimiste que aimerplusieurshommes.... il me semble qu'il suffit de parcourir ce forum sur la durée pour constater qu'on peut sans problème se réclamer du poly sans avoir le moindre recul et avoir fait le moindre travail critique sur les questions de genre et de domination masculine...

Le féminisme existe depuis au moins un siècle et demi comme mouvement politique de contestation de la société de genre avec une production critique et scientifique extrêmement riche. Personnellement il me semble que les polyamoureux-euses auraient d'abord tout à gagner à s'en inspirer, à travailler leur propre critique en y intégrant la question du genre et en se positionnant clairement comme courant allié du féminisme plutôt qu'à demander aux autres de faire le boulot à leur place....

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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audren

le jeudi 15 août 2013 à 17h09

Je ne crois pas que l'auteure de l'article (je n'ai fait que traduire) demande aux féministes de faire le boulot de critique sociale à la place des polyamoureu-x-ses. Je pense surtout qu'Angi Becker Stevens veut souligner que le polyamour est essentiellement un thème féministe (puisque la norme monogame est héritée de la société patriarcale). Et donc de même que le féminisme a été l'allié des mouvements LGBT, il y a matière à faire progresser l'idée de liberté et de non-exclusivité chère aux polyamoureu-x-ses en synergie avec des préoccupations féministes.

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aviatha

le jeudi 15 août 2013 à 20h42

Très honnêtement, j'ai de gros doutes, ne serais-ce que parce que je connais trop bien la capacité des gens à détourner des principes intelligents à leur profit.
Mettons que ce soit une idée qui commence à avoir une véritable visibilité et un temps de parole conséquent, très honnêtement, quel sera le ratio de vrais couples se sentant pousser des ailes polyamoureuses par nombre de personnes subissant tout à coup une non-exclusivité forcée sous prétexte de "si tu n'acceptes pas tu ne veux pas mon bonheur, tu n'es que quelqu'un d'étroit d'esprit et de culturellement formaté", ce qui est, à mon sens, une violence psychologique au moins aussi grave que de la violence physique (et ne me dîtes pas que ces cas sont marginaux, si ma mémoire est bonne, on en a eu deux sur le forum rien que depuis juin). Sachant, partant de là, que l'immense majorité des violence dans le couple qu'elles soient physiques, sexuelles, morales ou psychiques sont envers les femmes, est-ce que le féminisme a vraiment intérêt à promouvoir cette réflexion ?
En tout cas, en tant que féministe engagée (et une vraie, de celles qui se préoccupent plus de l'inégalité salariale que du fait qu'on puisse appeler une jeune fille de 19 ans mademoiselle), c'est la raison pour laquelle je serai réticente à défendre ouverte ce point de vue.

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Junon

le vendredi 16 août 2013 à 10h14

Merci Aviatha pour ce charmant commentaire sur les "vraies" féministes engagées. On peut parfaitement et c'est mon cas se préoccuper des violences conjugales, de l'égalité salariale tant souhaitée ET de l'utilisation significative des termes administratifs. On peut également être féministe et militer dans les milieux LGBT (la convergences des luttes, ça s'appelle). Et on peut aussi être féministe et appartenir à l'un des courants féministes minoritaires (non abolitionniste ou partisan de la liberté à de chacune de porter le voile ou faire du porno si elle le souhaite, par exemple). Ca me met toujours mal à l'aise ce distinguo entre les "bonnes" féministes et les autres. Comme ces homos qui pensent que la gay pride donne une mauvaise image de l'homosexualité et que les "vrais" homos sont très proches de la norme hétéro.
Que les avis dans un même mouvement divergent n'est pas grave, c'est même le signe d'une véritable vitalité. L'uniformité et le conformisme des milieux militants m'emmerdent profondément.
Quant à la nécessité pour le féminisme de remettre en cause la monogamie, c'est déjà le cas. Comme le souligne très justement Aimerplusieurshommes, le féminisme est intéressant à partir du moment où il réfléchit à la possibilité offerte aux femmes de mener leur vie comme elles l'entendent, en tout point.

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lalloutre

le vendredi 16 août 2013 à 16h23

Des écrits de féministes sur le polyamour (ou plutôt la non-exclusivité) :

* Corinne Monnet - A propos d'autonomie, d'amitié sexuelle et d'hétérosexualité :
infokiosques.net/spip.php?article473

(1 des textes du très intéressant recueil "Au-delà du personnel" à télécharger ici : www.atelierdecreationlibertaire.com/Au-dela-du-per...

* Emma - "Je t'aime... oui mais non l'amour c'est mal" On en est où là ? :
infokiosques.net/spip.php?article428

En ce qui me concerne, je suis venue au polyamour via mon engagement féministe alors j'ai du mal à concevoir comment ne pas intimement mêler les deux... ("mon" féminisme, pour faire court, est plutôt de la tendance radicale matérialiste et totalement "pro-choix" ; je suis tout à fait en phase avec le message de Junon)

Et je suis tout à fait d'accord avec Boucledoux : il y a tellement de fronts à investir, dans le combat féministe, et déjà tellement d'actions et réflexions menées ! Ca serait un peu culotté de dire "faut que les féministes fassent ci ou ça" (d'autant qu'il y a pratiquement autant de féminismes différents que de personnes impliquées...) !
Par contre, je trouverais ça super que les personnes qui mettent le polyamour au centre de leur vie (ou en tous cas y accordent une grande place) en profitent pour diffuser des idées et comportements féministes ! Eh eh eh... (Bon, une première étape serait sans doute d'arriver à vraiment conjuguer "entre nous" polyamour et féminisme...)

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aviatha

le vendredi 16 août 2013 à 23h38

@ Junon, je milite aussi des les lieux LGBT, donc je connais la convergence des luttes, y compris pour d'autres causes a priori plus extérieures aux orientations sexuelles. Je tiens simplement à dire, mais si tu milites beaucoup tu le sais aussi bien que moi, que certaines revendications font plus de tort à la cause qu'autre chose (en l’occurrence dire qu'il faut appeler une ado de 17 ans "madame", alors que personne n'appelle les garçons de cet âge "monsieur", l'usage préfère des "jeune homme" ou autres, tout aussi semblables au "mademoiselle").
Alors, oui, le féminisme se bat pour le droit des femmes à mener leur vie comme elle l'entendent, certes, mais le peu de temps que j'ai passé en bénévolat auprès des foyers de femmes en détresse fait qu'il y a des concepts que je ne défendrai jamais en tant que féministe, même si je suis totalement ouverte à la discussion dans le privé. Je suis au contraire convaincue que, pour les raisons que j'ai évoquées précédemment, cela ne ferait que nuire à des femmes déjà fragiles et en mettre d'autres en danger (l'inverse est vrai aussi pour les hommes, mais encore une fois, je le répète, les violences conjugales de toute sorte sont majoritairement tournées vers les femmes).
Sur ce, je rejoins parfaitement boucledoux, cela peut être un combat à mener pour les gens qui sont convaincus de son bien-fondé, et je ne vois aucun problème à cela. Je pense juste qu'il ne va pas dans le même sens, du moins au court terme, que l'intérêt féministe.

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Len

le vendredi 16 août 2013 à 23h59

*

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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(compte clôturé)

le samedi 17 août 2013 à 06h58

Len, j'ai tendance a etre d'accord avec toi quand a la necessite de commencer par se reformer soi-meme.

D'un autre cote, quand on parle d'amelioration, il faut savoir ce qu'est ce "mieux" vers lequel on veut tendre, les axes sur lesquels travailler, avec quels outils, et une capacite de prise de distance, pour faire le point et pratiquer une autocritique permettant cette amelioration

Le feminisme peut aussi etre un de ces appareils de definition d'un "mieux", et donner donner des outils pour tendre vers celui-ci.

(Coucou Lalloutre !)

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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(compte clôturé)

le samedi 17 août 2013 à 07h17

aviatha
vrais couples

Hum hum...

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Brunehilde (invité)

le samedi 17 août 2013 à 08h31

[HS]

"que certaines revendications font plus de tort à la cause qu'autre chose (en l’occurrence dire qu'il faut appeler une ado de 17 ans "madame", alors que personne n'appelle les garçons de cet âge "monsieur", l'usage préfère des "jeune homme" ou autres, tout aussi semblables au "mademoiselle")."

Le but c'était surtout de faire disparaitre la case "Mademoiselle" des documents administratifs, ce qui à mon avis est une bonne chose : pourquoi séparer administrativement les femmes en deux catégories distinctes sur la base de leur statut matrimonial, alors que tous les hommes, mêmes les petits garçons de quatre ans ou les ados de 16 ans, sont des "Monsieur" ? Et si ça a tellement peu d'importance, pourquoi s'exciter sur cette question ? Quant à l'usage courant qui est fait du "Mademoiselle", c'est une autre question.
Sinon, bizarrement, on peut faire deux choses à la fois. S'engager sur une question ne veut pas dire qu'on ne s'engage que sur celle-ci.
Enfin, désolée, mais je bondis un peu quand je vois des gens distribuer des brevets de féminisme et dire si facilement qui sont les vraie et les fausses, surtout que le féminisme est vraiment vaste, et que les "combats" sont parfois contradictoires (une féministe pro-sexe et une féministe radical, c'pas le même chose)...

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Profil

Anarchamory

le samedi 17 août 2013 à 19h30

lalloutre
* Corinne Monnet - A propos d'autonomie, d'amitié sexuelle et d'hétérosexualité :
infokiosques.net/spip.php?article473

Je n'ai pas encore tout lu mais il y a des choses qui me parlent beaucoup et avec lesquelles je suis en accord fort. Notamment ces deux parties :
- Le paradigme de l’amitié
- La réunion de l’amitié et du désir
Ça me rassure : je ne suis donc pas totalement un marginal parmi les polyamoureux en me donnant comme éthique et discipline de vie amoureuse de choisir consciemment qui désirer.

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dominik

le dimanche 18 août 2013 à 08h29

@ Len , Le féminisme, tout mouvement de masses est nuisible pour la société, ça dérive trop souvent vers les extrêmes (trop ou pas assez).

tes propos sont vraiment lénifiants ... au point que ça m'en donne la nausée ...

Môsieur Len nous dit que les mouvements de masse , dont le féminisme, sont nuisibles pour la société ... je n'ai que très rarement lu de pareilles inepties .. et comme tu sembles être tellement peu certain des énormités que tu avances, parceque tu ne les a même pas réfléchies , tu te sens obligé de préciser que ça dérive trop ou pas assez .. faudrait savoir ??

Len , essaye de réfléchir ne serait ce qu'une fois dans ta vie à l'idée que le monde ne fonctionne pas forcément à ton image

au fait , quand est ce que tu le crées ton propre fill de discussion ?

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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Len

le dimanche 18 août 2013 à 11h41

*

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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Boucledoux

le dimanche 18 août 2013 à 13h56

je ne vais pas développer mais comme Junon et d'autres j'ai carrément du mal avec les points de "bon" ou de "vrai" féministe et la hiérarchisation des axes d'intervention mais bref.

Par ailleurs je m'interroge aussi Aviatha sur l'idée que tu développes de ce qu'il faudrait cacher/mettre au second plan parce que ce serait vrai-mais-contradictoire-avec-des-objectif-prioritaires. C'est un raisonnement que j'ai rencontré beaucoup dans ma vie militante, sur des tas de sujet et que j'ai moi même appliqué à pas mal de choses pendant pas mal de temps. Ca me pose de plus en plus de problèmes parce que j'ai quand même beaucoup constaté que, consciemment ou non, ça sert trop souvent à mettre de côté les luttes ou les points de vue minoritaires et au final à défendre la norme au nom d'objectifs communs.

Il me semble que si notre féminisme (mais c'est vrai de tous les mouvements d'émancipation) n'est pas capable d’intégrer toutes les dimensions de notre émancipation c'est qu'il y a un problème sur la manière dont nous le formulons.

Et pour revenir très concrètement sur l'objet de ton post, je vois bien ce que tu veux dire quand tu parles d'instrumentalisation du PA dans des histoires de violences ou d'abus mais ce que je constate aussi dans mon entourage c'est des situations ou la norme monogame est un outils de culpabilisation de copines pour les enfermer dans des histoires abusives ou violentes et ou, inversement, la découverte du PA après une histoire d'abus, d'enfermement ou même harcelante peut-être une porte de sortie extrêmement libératrice et émancipatrice...

PS : je trouve ce fil très intéressant, personnellement je trouverais bien de ne pas le pourrir en répondant aux trolls masculinistes sur le thème le féminisme c'est bien-c'est mal-trop extrême-pas gentil, ce n'est carrément pas le sujet, qu'ils aillent jouer ailleurs.

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LuLutine

le dimanche 18 août 2013 à 14h32

Boucledoux
PS : je trouve ce fil très intéressant, personnellement je trouverais bien de ne pas le pourrir en répondant aux trolls masculinistes sur le thème le féminisme c'est bien-c'est mal-trop extrême-pas gentil, ce n'est carrément pas le sujet, qu'ils aillent jouer ailleurs.

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