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Aimer & communiquer autrement

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ScottBuckley

le vendredi 23 août 2013 à 11h13

Merci à vous pour vos réactions (sur le fil de discussion ‘ Week-end à la Grange ’ /discussion/-Ci-/Week-end-a-la-grange/page-12/ , que je poursuis ici pour ne pas l’envahir de messages hors sujets).

Aimer autrement, plus librement, c’est aussi ne pas enfermer les relations derrière les mêmes mots-cages ou étiquettes qu’avant.

À titre personnel, j’en ai suffisamment bavé pour me libérer des normes (implicites, acceptées par défaut) du monoamour, pour ne pas replonger la tête et la langue la première avec les mots et les langages que j’utilise au quotidien, pour communiquer avec mon entourage. C’est trop lourd, entendez-le, comprenez-le.

Les mots et les nouveaux langages (avec communication verbale ou non verbale) sont plus qu’essentiels dans ma vie (à différents niveaux, intimes, personnels, professionnels...), et je ne veux plus de ce formatage, ni pour mes relations, ni pour mes langages, ni pour mon cerveau conscient et inconscient.

Mes relations plurielles, mes rêves et ma langue aiment les mots & la poésie libres et sauvages, c’est comme ça que voulez-vous que je vous dise !

Ce serait comme accrocher l’un de ces petits cadenas (avec un coeur dessus :-( ) sur le pont des arts à Paris, un symbole triste et qui ne me correspond pas du tout.
Je n’ai pas envie de revenir au vocabulaire officiel du vieux monde d’hier, qu’il reste dans de poussiéreux dictionnaires du 20ème siècle (qui ignorent bien des beautés du langage nouveau, des néologismes, des poëmes, des compersions plurielles...).

Il y a une génération actuelle dans le monde qui est en train de faire sa propre révolution sentimentale & sexuelle, et elle a besoin aussi de nous pour se nourrir de nouvelles danses, de nouvelles formes artistiques, de nouvelles langues, pour chambouler l’ancien monde.

Ce n’est pas parce que beaucoup de personnes le font encore (accrocher des cadenas ici et là), ou qu’ils et elles vont voir des films d’amour romantico monoamoureux (+ de 80% des films ?), dans un cinéma multiplexe, que ça me plaira, la foule n’a pas toujours raison. Mais elle peut encore s’émanciper.

Il y a des couples qui restent mariés et étiquetés comme étant “ensemble”... mais qui déjà ne sont plus “amoureux/ses” l’un-e de l’autre (ex. : “ On reste ensemble uniquement pour les enfants, jusqu’à ce qu’ils soient majeurs ”).

Et il y a la fraîcheur de chaque nouvelle relation naissante, fragile, qui cherche son rythme et son équilibre, telle une funambule sur sa corde haute, et qui n’a pas besoin ni envie de voir gravé le mot “amour” ou “amoureux” au bas du parchemin.

Et elle mérite notre attention, quand on en aperçoit une autour de nous. Regardez bien, et vous en verrez davantage encore.

Prendre soin des “nouveaux/nouvelles” venues sur ce forum bienveillant, c’est aussi leur montrer que l’on sait s’exprimer différemment, et que l’on peut vivre et décrire tout autrement une relation toute naissante ou (é)mouvante et inédite.

Car elles et ils vont être amenées à en vivre, s’illes cèdent aux charmes excitants des relations affectives et des amours plurielles... et des énergies de la relation nouvelle (NRE*) (+) !
(* NRE, en anglais : new relationship energy)

Et si on utilisait et imaginait un nouveaucabulaire, ou d’autres mots, expressions, adjectifs, surnoms, intonations, timbres de voix, uniques, pour parler de chacune de nos relations, uniques, libres, en mouvements ?

Chiche ?

“ Voici Camille, une personne adorable / un-e de mes belles/beaux ami-es ”

“ Là dans ce croquis, j’ai dessiné Claude, un angeorable être que j’estime énormément ”

“ une partenaire de danse et de coeur ”

“ une belle âme ”

“ un joli brin de soleil qui m’éblouit ”

“ une belle personne énergétique

“ ma fée préférée ”

“ un-e / mon / ma lover

“ une bien aimée ”

“ Je te présente ma/mon tendre (ami-e) Jess ”

“ un-e complice de mes nuits ”

“ un-e chouette lutin-e ”

“ Voici la/le tsun’ami-e qui fait déborder mon coeur ”

“ mon amant-e de st jean ;)

* Nb : Merci LuLutine pour tes messages ! Tu nous dis notamment :
Enfin bref, pour revenir aux étiquettes, c'est très flou tout ça, et j'ai de moins en moins envie d'en mettre....et au final, j'ai le sentiment de m'en porter bien mieux !! !

Oh oui, je plussoie à mon tour ! A la place des étiquettes (souvent sans éthique), des surnoms charmants ou des compliments me plaisent mieux ;) .

Et tu nous dis aussi : “ Aujourd'hui, je pense que discuter des envies concrètes de chacun est bien plus important que de se fâcher pour une étiquette...

Eh bien mon envie concrète est : que chacune de mes relations affectives (nouvelle ou plus ancienne, douce ou forte, éloignée ou intime...)
évolue aussi librement que possible, sans être imprégnée de la culture dominante actuelle (donc sans amour possessif, et sans religion), des mythes (donc sans “prince & princesse charmante pour la vie”), des étiquettes (“vous êtes ensemble / en couple ?”), des normes (la monogamie, le monoamour subi).
Et sans le poids des "attentes familiales", donc sans l’obligation d’être “casé-e” à l’âge de 30 ans car sinon tu aurais “raté ta vie”.

Car les mots peuvent être inconsciemment des cages dorées ou des prisons (des maux que l’on projette sur l’autre).

Alors que les mots inédits et les nouveaux langages peuvent être de belles fenêtres, ouvertes comme le sont avec bonheur beaucoup de nos relations affectives.

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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dominik

le vendredi 23 août 2013 à 11h21

hello green pixie , gros gros clin d'oeil à toi chargé de sympathie et de plein de belles choses ...
on écrivait dans le même tempo, toi ici même et moi dans le fill de la grange ..
voici un copié collé de mon intervention qui je pense trouvera une place dans cette belle réflexion ...
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MON amoureux- e , mon ma chéri-e , mon frere ma soeur ,

dans l'esprit de certain-e, c'est effectivement la possession qui domine , dans l'esprit de bien d'autres , la dimension de la possession s'efface totalement derrière ce qui est une très belle marque d'affection ...

depuis que je côtoie le monde poly , depuis peu de temps donc , j'ai essayé de m'efforcer de moins employer les pronoms possessifs ... gymnastique pas évidente , et qui selon mon humble avis d'aujourd'hui fait regarder le monde des mots à l'envers ...

je pense aujourd'hui que , comme le rappellent chacun-es à leurs façons Metazet , lulutine et Bouquet fleuri , que les mots ne sont que des étiquettes, que leur contenu ne peut être que ce que l'on en ressent soi même en fonction de la projection que l'on en fait sur le moment ...
et hier soir , au cours d'une belle discussion <3 avec "mon amoureuse" <3 , nous nous sommes dit , je me suis dit , qu'il ne fallait pas avoir peur des mots ... même superbement maniés , ils ne sont et ne seront jamais qu'un support imparfait pour la communication .. pour la simple raison que la communication passe aussi par les ressentis , et que les ressentis changent au gré de nos humeurs, qui parfois peuvent être fluctuantes , instables ..

ce qui importe , selon mon regard , c'est d'essayer de ressentir la charge émotionnelle ( par l'intonation , les expressions du visage etc ) qui est véhiculée dans les mots de celle où celui qui nous parle , et non pas de ne ressentir ce que l'on ne veut où ne peux qu'y entendre soi même ... dans la mesure du possible de l'instant , de sa propre sensibilité , force , faiblesse du moment ( cela m'est arrivé il ya encore peu de temps de me mettre à l'envers , facile à dire , pas a faire ! ) ..
une belle façon , je pense d' être tourné vers l'autre , d'être à l'écoute de l'autre ..
d'être plus à l'écoute des vibrations portées par les mots que par les mots eux même ..
n'ayons pas peur des mots ...

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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bodhicitta

le vendredi 23 août 2013 à 13h20

je suis tout à fait d'accord avec dominik <3 (oui sur les méme vib') <3
Hors le nouveaucabulaire (sympa le mot) je peux utiliser et recevoir le mot chéri associé avec mon ou ma car aprés tout ça vient du verbe chérir et on chéri qui on veut et sans besoin de retour ce dit en passant.
Il est vrai que les mots ne suffisent pas de toutes façons, tout dépend de l’énergie que l'on met dedans, aussi bien chez celui qui parle ou celui qui entend. (encore une histoire de vibrations...)

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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Lili-Lutine

le vendredi 23 août 2013 à 13h48

Clin d'oeil moi aussi qui ai posté comme vous deux dans le fil de la grange sur ce sujet .
Je rajoute que cette discussion me passionne et que j'aime tendrement l'idée d'un vocabulaire nouveau , inventé ensemble , ce qui nourrit déjà mon imaginaire amoureux !

.................................................................

Merci dominik , tes mots sont exactement le reflet de mes ressentis , je le vis pleinement ainsi et sans confusion , jamais. J'aime les mots d'amour et d'amitié avec ou pas "mon" ou "ma" et pourtant je ne vois en moi aucun signe de possession de quelque nature que ce soit . C'est cette liberté d'offrir ou de recevoir ce qui traverse nos êtres et se verbalise qui fait ma plus belle liberté d'aujourd'hui. Oui n'ayons plus peur et libérons nos mots du poids du qu'en dira t'on ou du qu'en pensera cet autre ou ces autres (+)

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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MissO

le vendredi 23 août 2013 à 13h48

" Il y a une génération actuelle dans le monde qui est en train de faire sa propre révolution sentimentale & sexuelle, et elle a besoin aussi de nous pour se nourrir de nouvelles danses, de nouvelles formes artistiques, de nouvelles langues, pour chambouler l’ancien monde.

Ce n’est pas parce que beaucoup de personnes le font encore (accrocher des cadenas ici et là), ou qu’ils et elles vont voir des films d’amour romantico monoamoureux (+ de 80% des films ?), dans un cinéma multiplexe, que ça me plaira, la foule n’a pas toujours raison. Mais elle peut encore s’émanciper."

Je crois faire partie de cette génération, je suis polyamoureuse, maintenant convaincue, en passe de convaincre mon "mono chéri"
Mais cela ne m'empêche pas:
- d'aller voir des films romantico monoamoureux, là où il me plaira.
- d'être aller avec un couple d'ami(e)s afin d'être leur témoin d'accrochage de cadenas
-"la foule n'a pas raison"? certes, mais détenons nous, poly, pour autant une vérité universelle?
- "Mais elle peut encore s'émanciper" On va la convertir? je suis pas trop fan des curés, quel qu'ils soient (pas fan, mais je le respecte)

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dominik

le vendredi 23 août 2013 à 14h26

@ grennpixie Et si on utilisait et imaginait un nouveaucabulaire, ou d’autres mots, expressions, adjectifs, surnoms, intonations, timbres de voix, uniques, pour parler de chacune de nos relations, uniques, libres, en mouvements ?

un nouveaucabulaire ? .. hum .. pourquoi pas ... mais comme suggestion alors , et dans la cas ou la créativité de chacun -e peut s'y exprimer ... pourquoi pas ...
selon mon point de vue , tout ce qui peux booster la créativité dans l'expression , est je pense bon à prendre ...
chacun-e pourra y puiser (ou pas ) les mots , formules qui résonneront en elle / lui ... chacun-e pourra les ré investir , re modeler à sa propre image , selon sa propre créativité ...
toujours agréable d'envoyer et de recevoir des mots qui véhiculent du paisible , de la sérénité ...

dans un cadre non restrictif , non contraignant , belle idée donc que cette idée là ...

à titre d'exemple , cela m'arrive déjà de bricoler un peu les mots quand je souhaite leur faire exprimer des nuances qui parlent un peu de moi .. de mes aspirations ..

exemple => tranquilouitude , relaxitude

on pourrait tout aussi bien virer les " parenthèses" et les remplacer par des <3 ... exemple => <3 mon amoureuse <3 , c'est quand même mieux entouré avec des coeurs ? nan ?

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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(compte clôturé)

le vendredi 23 août 2013 à 14h35

Moi aussi j'ai un problème de vocabulaire, d'autant que je communique beaucoup par écrit. Aucun mot ne peut définir car je ne désire plus définir. Je suis donc dans une impasse, alors j'invente en effet MON propre vocabulaire. Un vocabulaire commun, que chacun peut comprendre (comme polyaffectivité par exemple qui me correspond mieux que polyamour, le français commun y associant implacablement la sexualité aboutie ; à partir de quel geste, de quel moment entre-t-on dans le domaine de la sexualité ?) mais aussi un vocabulaire plus intime, ayant de sens uniquement pour la personne concernée et pour moi-même et là, libre cours à notre imagination respective et commune.

D'ailleurs, aujourd'hui, je demande à l'autre "l'autorisation" d'utiliser le mot intime de mon choix après l'avoir évidemment expliqué et justifié. Le résultat est allé au delà de mes espérances puisque l'autre a amplifié mon mot par un mot intime de retour également expliqué et justifié et embellissant le premier. Ainsi, nous connaissons l'exacte définition de ces deux mots qui forment notre lien. Ces deux mots que j'ai dessiné sur le tableau commun à la Grange, maladroitement mais qu'importe...

Ce qui me dérange dans l'institution d'un "nouveau vocabulaire" c'est que nous risquons de créer une nouvelle norme, celle des polyamoureux français et que moi, je pense qu'aucune norme ne doit régir mes sentiments, sauf mes limites, mes contraintes (car nous en avons tous volontairement ou involontairement), mes désirs, mes ressentis, mes envies, et évidemment régir également ceux des personnes que j'affectionne, quelque soit le lien, quelque soit l'évolution, les évolutions...

Je pense donc qu'un vocabulaire commun est indispensable pour la compréhension commune mais néfaste aux relations en particulier.

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bouquetfleuri

le vendredi 23 août 2013 à 14h55

J'ai envie de débrider mon imagination, à outrance s'il le faut.

Mais je veux penser d'abord ce que je nomme. Me repenser.
Existerais-je sans notre langue, sans ces mots qui me permettent de douter, comme Montaigne, Spinoza ou Descartes mais quelques siècles plus tard ?
Saurais-je que "le mot tue la chose" si je ne le lis pas chez Lacan avec des mots que j'utilise pour autre chose ?

Je dois d'abord inventer un autre rapport à l'autre, à l'amour, à la vie, parce qu'aucun mot ne me le garantit. Ma chance, c'est qu'aucun des mots que je connais ne m'en empêche, aucun ne me l'interdit.

J'ai envie de débrider mon coeur, à outrance.

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dominik

le vendredi 23 août 2013 à 15h07

@ bouquet fleuri Je dois d'abord inventer un autre rapport à l'autre, à l'amour, à la vie, parce qu'aucun mot ne me le garantit. Ma chance, c'est qu'aucun des mots que je connais ne m'en empêche, aucun ne me l'interdit.

... merveilleux ... tout est dit ...

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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(compte clôturé)

le vendredi 23 août 2013 à 15h08

Je suis fan également (+)

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(compte clôturé)

le vendredi 23 août 2013 à 15h11

Et si finalement je ne voulais plus me penser, me repenser... non impossible, je pense tout le temps, trop, souvent, trop souvent et en même temps...

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MissO

le vendredi 23 août 2013 à 15h28

Un nouveau vocabulaire? J'avoue cela me fait un peu peur, cela évoque la novlangue d'Orwell, et les normes qui vont avec ,et surtout les mots que l'on supprime. Les mots doivent disparaitre, changer de sens par usage, pas par décret.
Mais oui, il y a parfois, souvent, des mots qui ne conviennent pas à ce que nous pouvons vivre, ce que je vis, et ce que les proches (mono souvent) peuvent vivre à travers mon choix de vie.
alors, dans ce cas, comme certaines et certains d'entre vous l'évoque, bricolons, pour paraphraser Dominik " soyons plus à l'écoute des vibrations portées par les mots que par les mots eux même ..
n'ayons pas peur des mots ..."

et n'ayons pas peur d'être polyamoureusement incorrect!
tiens je me lâche:"je suis hyper jalouse, mon chéri officiel et mon autre chéri me cassent les oreilles avec leurs nouvelles stagiaires!"
là, je vais être excommuniée!

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Geraldin-e

le vendredi 23 août 2013 à 15h32

A force d'aimer autrement, le langage et les attitudes devraient de toute façon se transformer aussi.
Ce qui n'empêche pas en effet d'accompagner le mouvement consciemment.

Dans la même idée, ça fait longtemps que je trouve que, surtout en français, la grammaire masculin/féminin binaire ne convient pas du tout. L'ajout du double genre (avec E, -e, etc.) ne me convient pas trop non plus, et ce n'est pas très esthétique. Je pense par exemple qu'il faudrait avoir des pronoms neutres, et par ailleurs utiliser le masculin ou féminin (et même sans doute un 3ème genre symbolisant un mélange inextricable des deux) complètement librement, selon le contexte et ce qu'on a envie d'exprimer.

Assez d'accord avec gcd68, des codes communs (c'est aussi le rôle du langage), mais assortis de beaucoup de libertés, même sur le plan des échanges plus larges qu'intimes.
Généralement, à part pour des trucs très techniques ou scientifiques, on n'a pas besoin d'autant de rigidité/étroitesse de sens.
Je dirais donc que le "style" poétique pourrait être beaucoup plus présent dans la vie courante, et pas seulement pour le verbal ou l'écrit. Ce serait plus beau, plus riche, sans risque d'enfermer dans des cases/normes.
Ce qui rejoint Dominik et MissO sur la compréhension autrement, la compréhension par "attitudes".

Gcd68
Je pense donc qu'un vocabulaire commun est indispensable pour la compréhension commune mais néfaste aux relations en particulier.

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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bouquetfleuri

le vendredi 23 août 2013 à 15h32

J'adore ton approche, MissO

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bodhicitta

le vendredi 23 août 2013 à 16h20

Etant donné que nous pensons par des mots, en français suivant notre langue maternelle, et qu'en effet cette langue en question (existance du masculin/féminin, un ou plusieurs mots pour definir un mot et ses sous entendus etc...) modifie méme nos modes de refléxions, façons de voir, d'imaginer les choses.
Personnellement j'ai peur que si j'utilise un nouveaucabulaire cela enlève de la spontanéité à mes phrases, m'oblige à calculer touts mes mots en m'enlevant un peu de répartie.

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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(compte clôturé)

le vendredi 23 août 2013 à 17h10

Oui, trop de "réflexion" enlève la spontanéité. D'autre part, j'ai pas envie de me prendre pour une "élite" car même si la langue française est riche, mon vocabulaire courant (donc spontané) n'est pas nécessairement élaboré. Il n'y a pas pire que ces émissions de TV où je ne comprend qu'un mot sur cinq et qui m'oblige à passer plus de temps en "décryptage" qu'en compréhension réelle. Evidemment, le neutre (de l'allemand par exemple) serait intéressant mais on tomberait dans un dialogue "entre nous" et même si ce dialogue est pertinent, s'il est incompris par le plus grand nombre, je n'en voit pas l'intérêt sauf celui de s'enfermer et perso ça ne me conviendrait pas. Personnellement, je serai plus dans le "dialogue ouvert" vis à vis d'autrui (personnes indéfinies) et pour un "dialogue intime" avec les personnes qui me sont proches intimement. Je comprends par là un dialogue particulier avec chacun-e.
Je prends l'exemple du mot compersion. Moi j'en connais aujourd'hui le sens mais si je l'utilise en dehors de ce site (ou avec un invité ou un nouveau membre), ça posera problème. Pourtant ce mot, du moins sa définition, me parle énormément (pour ce que j'ai compris de son sens en tout cas). Donc, plutôt que d'utiliser un mot inconnu je dirai plutôt "j'aime le voir heureux, que je sois la source ou on de ce bonheur !" C'est plus long mais plus parlant. Quelque soit la langue, il faut adapter son discours à son ou ses interlocuteur(s) et déjà ainsi l'on peut être incompris ou mal compris...
Je comprends donc la crainte de bodhicitta8

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Vaniel

le vendredi 23 août 2013 à 17h49

Inventer un nouveau vocabulaire est intéressant mais n'est pas suffisant puisque les nouveaux mots s'inséreront dans les veilles structures. L'idéal serait d'inventer une nouvelle langue. Dans ce cas, trois problèmes se présenteraient : le travail considérable pour l'élaborer, l'apprentissage de cette langue nouvelle par suffisamment de personnes et, le plus embêtant, le fait que la nouvelle langue ne sera pas si nouvelle que ça puisqu'il est impossible d'inventer quelque chose de radicalement nouveau. Bref, l'idée est belle mais la désillusion inévitable.

En étant moins idéaliste, nous pouvons nous satisfaire, en partie, de bricoler le langage existant, de jouer avec. Et il y a faire ! Qui peut prétendre qu'il maîtrise toutes les subtilités de sa langue maternelle ?

gcd68
Je prends l'exemple du mot compersion. Moi j'en connais aujourd'hui le sens mais si je l'utilise en dehors de ce site (ou avec un invité ou un nouveau membre), ça posera problème.

Au contraire, il me semble utile de faire circuler des mots nouveaux comme celui-ci en dehors d'un petit cercle. Je suis convaincu de l'utilité d'en utiliser. Il n'y a aucun problème à leurs réceptions à partir du moment où nous prenons le temps de les expliquer avec clarté. Donner le mot "compersion" à quelqu'un permet qu'il se l'approprie de manière personnelle. Sa définition du mot sera globalement la même que la tienne s'il a compris le concept correctement mais il pourra y apporter sa nuance. D'autre part, il me semble plus efficace de réfléchir à partir d'un mot, dans un premier temps, qu'à partir de la définition d'un mot qui article plusieurs mots et, par conséquent, accroît les possibilités de déformation de l"idée originelle. Garder les mots porteurs de sens pour soi, c'est conserver une part de savoir, une part de pouvoir. Déconstruisons joyeusement le langage du pouvoir, le pouvoir du langage !

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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(compte clôturé)

le vendredi 23 août 2013 à 18h09

Oui vaniel, je le comprends toutefois si la personne à qui je le transmet (avec explications, etc) retiens ce mot, c'est ok. Perso, j'entends des mots "de passage" que je ne retiens pas car j'ai cette tendance à ne pas m'encombrer le cerveau inutilement. Le mot compersion, je le retiens parce qu'il a une sens fort pour moi, mais pour une personne dont l'intérêt n'est pas suffisamment important à retenir ce mot, il y a de forte chance que ce mot parte dans les abimes de la mémoire.
Le mot polyamour a été pour moi une véritable révélation car j'étais dans cette situation tout en pensant être un cas rare, un extraterrestre donc du discours que je venais d'entendre, je n'ai retenu que ce mot et la définition sommaire que l'on m'en avait fait. Nous étions une quarantaine à entendre ce discours (conférence) mais combien ont réellement retenu ce mot et combien ont porté intérêt à son sens exact. Moi même, quelques années plus tôt, face à ce même discours, je n'aurai pas retenu ce mot ni son sens. Pourquoi l'aurais-je fait ?
Donc, je suis à la fois d'accord et pas d'accord avec toi.

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Vaniel

le vendredi 23 août 2013 à 18h27

Comment savoir si les personnes en face de nous peuvent avoir l'utilité d'un nouveau mot que nous nous apprêtons à employer ? Mieux vaut le leur donner dans le cas où elles pourraient en avoir l'utilité, même si une seule personne sur quarante est concernée, est réceptive. C'est ce que je fais et j'ai, jusqu'à présent, des retours positifs.
Un nouveau mot, c'est un nouvel outil. Nous pouvons toujours le prendre même si nous n'en n'avons pas l'usage sur le moment. Et plus nous possédons d'outils, plus nous pouvons bricoler de nouvelles idées (entrecroiser les vocabulaires disciplinaires permet de débloquer de nouvelles interprétations, parfois inattendues).

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(compte clôturé)

le vendredi 23 août 2013 à 19h29

Oui Vaniel, tu as raison. Une sur quarante, et surtout si ça embellit sa vie, c'est génial !
En fait, la manière dont on fait passer le message n'a d'égal que l'importance de la réception du message... Libre à autrui d'en faire ce qu'il en veut, finalement.

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