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Pourquoi on tombe polyamoureux?

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Lunore

le lundi 04 février 2019 à 00h59

Bonjour,

Je vais commencer par préciser que c'est mon tout premier message ici, que je vous lis depuis plusieurs mois avec envie, que j'ai épluché les FAQ et les autres discussions, mais que je n'ai pas trouvé de réelles réponses.

Voilà, je me demande pourquoi on "tombe polyamoureux"; ma syntaxe n'est pas malade, non, c'est voulu, car depuis des années je ressens cela comme une sorte de virus. Je n'ai que récemment découvert le nom de ce mal qui me ronge, et j'en suis sortie plus éclairée, mais mes heures de recherches et de discussions à ce sujet ne m'ont pas aidée à sortir du flou que cela implique.

Je n'ai jamais eu la chance/l'occasion de me lancer dans une relation polyamoureuse, simplement parce que je ne tombe amoureuse que de personnes monogames, souvent très mal dans leur peau, timides et jalouses. Je suis pansexuelle, très empathique et ait un sens de l'éthique aiguë, donc au jour d'aujourd'hui, le mieux que j'ai pu faire c'est de m'engager dans une relation honnête : lui est monogame, moi non, mais on le sait depuis le début et on repousse l'échéance de cet échec par amour, parce qu'on ne peut simplement pas se passer l'un de l'autre. Pour moi, ce serait une aubaine d'être monogame, mais j'ai tellement d'amour à donner que ça en devient presque trop pressant. C'est pour cela que je vis mon polyamour comme une maladie, qui viendra, à termes, au bout de ce couple si précieux.

J'ai longtemps discuté avec mon amoureux de tout ça, on en parle assez souvent, mais pour lui, c'est juste inconcevable. Abandonné par sa mère, enfant, il ne comprend tout simplement pas mes besoins et a peur de ne pas être suffisant. Bien que je lui fasse preuve du contraire. Comment répondre à ça ?

Bref, j'aimerai savoir pourquoi on tombe polyamoureux, parce que si j'en trouve la cause, peut-être que je pourrais, éventuellement, y trouver un remède.

Merci d'avance de votre aide, en vous souhaitant une bonne soirée.

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Minora

le lundi 04 février 2019 à 01h16

Je n'ai aucune idée de comment on tombe polyamoureux ni pourquoi, je semble d'ailleurs immunisée puisque je suis et demeure complètement et entièrement mono malgré ma relation de plus de 3 ans maintenant avec un poly... Je ne peux donc pas du tout t'aider mais j'ai adoré l'expression ;-)

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bonheur

le lundi 04 février 2019 à 08h14

Bonjour Lunore,

Pourquoi suis poly, pourquoi suis-je ainsi ? Une question qui m'a souvent taraudé...

Ma conclusion, toute personnelle, et qui aura de sens d'évoluer en même temps que moi. On parlait sur un autre fil de prédispositions. Je décrirais les miennes ainsi :
- hyperémotive : je ressens intérieurement d'une façon intense mes émotions. J'ai longtemps cru que tous les humains étaient comme moi, sauf que non.
- hypersensible : je ressens intérieurement d'une façon intense ce qu'autrui dégage, rayonne... et là encore, je suis unique en mon genre
- empathie : une volonté accrue de vouloir faire quelque chose en lien avec ce qu'autrui dégage.
- Donc, je tombe amoureuse car je ressens l'amour d'une façon que je ne peux ignorer. Je suis une infirmière de l'âme, du coeur et pour ce faire, j'entretiens des liens de complicité important et en profondeur, ce qui rapproche évidemment. Je fais toujours attention à ne pas mélanger la reconnaissance que l'on peut m'accorder, à de l'amour.
C'est plus fort que moi, alors je m'accepte et n'agis pas à l'encontre. Je ne suis pas fragile, j'ai une bonne capacité de résilience et heureusement. Il n'y a pas de remèdes... enfin le seul que je connaisse consiste à continuer à se découvrir et à vivre suivant mes découvertes, le plus en phase possible avec moi-même.
Autrement, si tu es "trop", si on te dit que tu es "attachante et touchante", ben cherche pas, tu es une hyper. Moi j'ai fait le choix de ne pas lutter contre qui je suis et mon entourage proche, mon chéri de vie en particulier, après de nombreuses discussions, m'accepte aujourd'hui ainsi. Comme Minora, il doit être immunisé, cela fait plus de 10 ans maintenant.
Je suis polyaffective et voilà.

Je me suis permise, car je retrouve beaucoup de mes interrogations passées et de mes constats, dans ton écrit :-)

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Sif. (invité)

le lundi 04 février 2019 à 10h44

Bonjour Lunore,
J'ai été dans la peau de ton compagnon monogame (bien qu'avec un réel effort de ma part vers la poly-acceptance, voire le polyamour). J'ai connu aussi cette peur de ne pas être suffisant, j'ai aussi une angoisse d'abandon lié a ma mère.
"Bien que je lui fasse preuve du contraire", c'est ton point de vue. Tes preuves d'amour ne sont peut-être pas les siennes... Peut-être que, comme moi dans ma précédente relation, il ne se sent pas aimé malgré les mots et les actes (j'ai eu droit à des "je t'aime", à des preuves d'amour. Mais elle est partie dès que j'ai eu besoin d'être un peu rassuré sur son autre relation, uniquement sexuelle, que j'avais du mal à accepter, dont j'avais besoin de parler. On ne mettait vraiment pas les mêmes sentiments sur "amour").

Je ne pense pas qu'il y ait de remède. Tu ressens l'amour comme tu le ressens (sur ce sujet, bonheur s'exprime beaucoup mieux que moi !).

Pour ton compagnon, prendre le temps, ou pas. Est-ce que votre lien vaut la peine que tu l'attendes, que tu prennes du temps pour le guider vers l'acceptation? Pour lui la même chose, est-il prêt à faire un pas dans ton sens?

Il a de la chance de t'avoir. Certaines personnes jettent à la première question sur la liberté et l'indépendance, toi tu es ici, tu questionnes ton précieux lien malgré ce que tu ressens par rapport aux amours multiples. Au delà, certaines personnes n'hésiteront pas a s'engager dans des relations multiples, quittes à les cacher, malgré les réticences et la "lenteur" du partenaire. Tu dis n'avoir jamais eu l'occasion de te lancer dans une relation polyamoureuse donc je suppose que tu ne l'as pas trompé.

On ne choisit pas de qui on tombe amoureux! Tu tombes amoureux.se de monogames et moi par deux fois de polyamoureuses. Il n'y a rien d'infranchissable, même pour un "cassé". Le chemin que j'ai parcouru depuis l'an passé (alors que j'étais plutôt mono / âme sœur à la base) m'y fait croire avec force.

Je vous souhaite de trouver une solution heureuse, où vous pourrez vous épanouir tous les deux, dans le meilleur des cas ensemble!

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bidibidibidi

le lundi 04 février 2019 à 10h57

Personnellement, j'ai tendance à trouver que la question est formulée dans le mauvais sens : Comment devient-on monoamoureux ?
Parce qu'à mes yeux, être poly c'est juste naturel : Tu aimes des gens, tu ne considères pas le couple comme unique mode relationnel, en fait, tu vis ta vie affective sereinement.
Pour moi, la monogamie est un système pervers qui s'auto alimente : Les gens sont monogames, donc ils manquent d'apport affectif parce que ceux ci ne peuvent venir que d'une seule personne, au maximum (j'insiste sur le au maximum, il y en a qui n'ont donc pas d'apport affectif). Ceux qui réalisent leur manque d'apport affectif cherchent d'autres personnes pour les combler, mais la monogamie les contraint voire les empêche, augmentant l'importance du partenaire principal quand il existe, renforçant donc la possessivité et donc la monogamie. La boucle est bouclée et tout le monde est malheureux.

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Lunore

le lundi 04 février 2019 à 21h21

Merci à vous pour vos réponses éclairées.

Minora, j'avoue être curieuse de savoir ce qui t'a motivé à devenir poly-acceptante. Si tu veux bien m'en parler, si ce n'est pas indiscret, je suis preneuse!

Bonheur, ton expérience me parle tout particulièrement, parce que je me retrouve souvent à entendre cela: "trop" gentille, "trop" sensible, "trop" ouverte, "trop" naïve, "trop" émotive... Et j'en passe. Et effectivement, ma grande empathie fait toujours passer les sentiments des autres avant les miens, ce que je trouve normal, alors qu'on m'encourage à être égoïste... Je n'ai pas spécialement envie de lutter contre ça, car j'estime qu'on est déjà bien trop peu à souhaiter le meilleur à ceux qui nous entourent, de près et de loin, mais parfois j'en souffre, et j'avoue que ça finit par devenir vraiment lourd.

Sif, ton point de vue m'intéresse, seulement, je tiens à dire que j'ai discuté avec mon amoureux de tout ce qu'il faudrait pour qu'il se sente suffisant, aimé, et je m'y emploie tous les jours; on a globalement les mêmes attentes, l'un et l'autre. Je tiens à ce qu'on soit dans l'échange permanent, dans la compréhension, et dans l'expression de nos sentiments, et je respecte énormément son point de vue: je le fait passer avant le mien. Je suis désolée que ce ce soit passé de la sorte pour toi. Je prend le temps, ça fait deux ans et je continue de lui assurer que rien ne se passera sans son consentement, je lui parle de tout, de mes crushs, de mes amis, de mes anciens amours, sans honte et sans cachoteries, donc effectivement je pars du principe que tromper est loin d'être la solution quand on cherche à établir un lien de confiance. Dans tous les cas bravo à toi de te retrouver ici malgré une mauvaise expérience, et à partager tes ressentis pour aider les autres, c'est louable, merci!

Bidibidibidi, je suis complètement d'accord avec toi, mais c'est difficile d'affirmer ce point de vue dans un couple où l'autre est persuadé que la monogamie est sa seule option, et la plus saine. Je te l'assure, j'ai essayé. Alors, j'essaie de trouver une façon plus détournée de gérer ce souci, mais ça me paraît peine perdue.

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bonheur

le mardi 05 février 2019 à 12h25

Lunore
Et effectivement, ma grande empathie fait toujours passer les sentiments des autres avant les miens, ce que je trouve normal, alors qu'on m'encourage à être égoïste... Je n'ai pas spécialement envie de lutter contre ça, car j'estime qu'on est déjà bien trop peu à souhaiter le meilleur à ceux qui nous entourent, de près et de loin, mais parfois j'en souffre, et j'avoue que ça finit par devenir vraiment lourd.

Attention, faire preuve d'empathie ne signifie pas faire passer les autres avant soi. C'est très dangereux, je trouve. Il faut l'un et l'autre. Prendre soin de soi est la base. D'ailleurs, si l'on n'est soi-même pas bien, on ne peut rien pour les autres. Etre égoïste, c'est ne penser qu'à sa gueule. Une personne empathique ne peut pas être ainsi, ou alors, c'est qu'elle a beaucoup de rancoeur en elle... et ça ne semble pas être ton cas.

Et ne laisse personne te dicter ta conduite. Tu es. Point barre.

Egoïste. C'est un mot qui me reste en travers de la gorge. Lorsque j'ai fait part de ma polyaffectivité à mes parents, ma mère s'est cru obligée de se faire la porte-parole de mes deux parents. Elle m'a dit que comme mon mari m'aime, il n'a pas d'autre choix que d'accepter et que j'étais par conséquent égoïste. Et bien, ce que ma mère ignore, c'est que cela faisait 4 années, que j'avais confié à mon mari, que je préfère nommé aujourd'hui mon chéri de vie, car le mariage me donne la nausée, que j'étais amoureuse d'une tierce personne. Ma polyaffectivité avait été débattu et même si l'acceptation de mon chéri ne sera jamais à 100%, on vit heureux ainsi. Alors, si être égoïste en faisant preuve d'un maximum d'honnêteté, de franchise, de sincérité, d'écoute, de communication aussi pertinente que possible, alors le mot égoïste me qualifie et j'admets être ainsi, sauf que ce n'est pas la définition que j'en ai.

Il faut savoir laissé à autrui ses petites idées et exprimer les siennes. Après, on me comprend d'une façon juste et une communication peut s'installer... ou pas. Avec ma mère, je n'exprime plus. Au lieu d'aller toutes les semaines (prendre sur mon temps libre) chez mes parents, je les vois quand c'est "obligatoire" et ne m'exprime plus. Ma vie est sans eux et je m'en porte que mieux.

Il ne faut pas endosser ce qui devient lourd. Il faut s'en délester, au contraire. Je me déleste désormais aisément des personnes qui ne me comprennent pas. Il faut dire que je suis magnifiquement entourée et mon bonheur valorisé.

Je fais aujourd'hui très vite le tri dans mes relations. Ce qui n'implique pas que je fuis les autres, bien au contraire. J'amorce, j'exprime et n'insiste pas quand une personne sympa de prime abord, ne peut pas m'accepter. Je laisse filer et n'entretient pas.

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