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Relations extra-conjugales & missions G. ?

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Evavita

le vendredi 08 mars 2013 à 16h43

@ GreenPixies

A quel moment sur ce fil quelqu'un a-t-il jugé les personnes allant sur ce site? Pourquoi agis-tu comme si on avait passé notre temps à les dénigrer?
Perso, c'est des phrases du genre "ce sont des humains, malgré tout", "mais elles et ils peuvent évoluer, non?" qui me font penser à une certaine condescendance. Est-ce vraiment nous que tu essais de convaincre?

Et mis à part ça, ton discourt donne sauvagement l'impression que tu veux les sauver d'eux même et de leurs permettre de devenir des personnes meilleures.

Je te dis ça parce que tu as l'air de mettre beaucoup d'émotion dans ce sujet et que tu ne te rends peut-être pas compte de quoi ça peut avoir l'air lu par autrui.

GreenPixie
Ce sont des gens que vous croisez tous les jours, au boulot, dans le bus, certain-es sont peut-être même des ami-es ou proches

Quoi? Ils sont parmi nous? Et moi qui prenait tranquillement le bus tout à l'heure en me doutant de rien! Enfin pas totalement, il me semblait bien en avoir vu un qui avait l'air louche, je comprend mieux maintenant. Va falloir que j'observe mes amis de plus prêt, on sait jamais, peut-être que c'est contagieux.
Désolée GreenPixie, tu demandes qu'on évite les blagues faciles mais il faut bien admettre que c'est pas facile de se retenir.

GreenPixie
refuseriez-vous une simple conversation avec eux, sans écran dans la vraie vie par exemple ?

C'est évident que c'est notre genre de refuser le dialogue avec des personnes qui vivent différemment de nous. Il y a qu'à voir au café, dès qu'il y en a un qui dit vivre sa vie de manière différente de la notre, on lui tourne tous le dos et on fait comme s'il n'était pas là! A te lire, j'ai l'impression qu'on est un groupe de cheerleaders dans un film pour ado en train de ricaner dès qu'on voit un garçon adultère à boutons.

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ScottBuckley

le vendredi 08 mars 2013 à 20h02

Mille fois désolé, tu as raison Evavita, j’ai parlé trop vite, et j'ai retiré le message de cet après-midi. Sorry

Et à ta question " Est-ce vraiment nous que tu essaies de convaincre ? " , je dirais que non : c'est d'une manière générale en fait, que je voudrais en parler. Quels regards portent notre société et nous-mêmes sur " les relations extraconjugales " // " l'adultère " ?

Je voudrais réagir à cette phrase (que je trouve prudente) de LittleJohn : " je pense (et je suis d'accord que c'est un à-priori, n'ayant pas fréquenté ce site — par pur radinerie, soyons francs ^^) que la plupart des membres de gleeden tiennent à leur monogamie, à leur place en tant que seule et unique relation (affichée) de leur conjoint, et réciproquement. (mais je peux me tromper, ça m'arrive souvent) " .

Je respecte la prudence de LittleJohn, mais je note mon désaccord : qu'est-ce qui nous dit que la plupart " tient à la monogamie " ?

Que sait-on de leurs désirs profonds, de leurs coeurs et corps qui balancent entre plusieurs autres coeurs et corps, ou de leurs rêves et fantasmes ? Il me semble que ce sont des personnes qui semblent plutôt insatisfaites vis-à-vis de la monogamie, et qui s’y débattent faut de mieux, dans une toile inextricable composée de non-dits et de mensonges, faute d’autres modèles connus.
Faute de ces formes de ‘contrats de libertés’ (belles inventions !) que certains couples écrivent ensemble, pour changer leurs règles du jeu à eux, pour s’autoriser des écarts par rapport aux normes officielles du couple.

Quand des polys arrivent pour la première fois à un café poly ou sur ce forum, de nombreuses personnes s’exclament : “Ouf, on n’est plus tous seuls, on n’est pas des monstres”.
Ça m’a touché cette expression “monstres”, comme si être dans une zone sans nom, sans droit, obscure, pas connue, jamais nommée, hors norme, c’était forcément incarner le mal.

Et la découverte du mot ‘polyamour’ agit alors souvent comme la lampe torche qui éclaire les nouveaux chemins, la reconnaissance d’exister, et d’avoir une morale amoureuse, sexuelle acceptable pour soi (faut d’être “acceptée” officiellement par l’Etat).

La société propose quoi comme choix pour les couples ? La cage dorée de la monogamie, ou des chambres d'hôtels et autres parkings pour des relations extraconjugales ? L'amitié OU l'amour ? C'est tout ?

Je trouve cette société bien binaire, quand il s'agit de choses aussi essentielles, multiples et infinies que les relations sentimentales, amoureuses, sensuelles, sexuelles…

Une copine m’a dit un jour que “pour tenir les gens, les peuples, les rendre obéissants”, il fallait les frustrer de quelque chose, leur interdire, au niveau de leurs désirs, de leurs moeurs, de leur vie sexuelle, d’où la mise en place de lois religieuses, étatiques, liberticides.

Est-ce pour cela que la monogamie a été mise en place, de façon implicite, sans demander le consentement des peuples, sans référendum ? Quand je regarde la série Borgia (en dvd), avec tous ces politiciens et cardinaux corrompus, et le pape lui-même, et quand je regarde notre société actuelle du 21ème siècle, je me demande : pourquoi la monogamie l’honnêteté et la morale sont-elles la règle pour les peuples, mais pas pour ses dirigeants et autres élites ? “Nul ne doit ignorer la loi”… sauf ceux qui l’édictent ?
Je me dis alors que la honte devrait souvent changer de camp.

A une époque, les personnes divorcées étaient mal vues (notamment à cause du poids de l'église au 20ème siècle), mais les choses ont changé (et on a assoupli les règles de divorces… sans pour autant remettre en cause la monogamie d’ailleurs).

Les personnes homosexuelles ont pendant longtemps également été mal vues, et même classées comme "malades", mais les choses ont positivement changé, notamment en France, depuis les années 1980. Puisque les couples ont connu bien des changements et évolutions plutôt positives, depuis les récentes décennies, pourquoi pas d’autres encore ?

Aujourd'hui et demain, j'aimerais que d'une manière générale (pas juste sur ce forum bienveillant) on fasse encore davantage connaître l’existence de relations sentimentales honnêtes autres que 'monogames', en particulier les amours plurielles et bisexuelles (encore toutes deux relativement mal vues pour l'instant, même si ça bouge), de manière à ce que la palette des choix soit explicitement plus grande que "monogame ou adultère", pour les individus, pour les couples.

Et donc si je me fais l'avocat du "diable" et que je défends ici les membres du site G. , ce n'est pas pour les "sauver d'eux-mêmes", mais pour les comprendre avant tout, notamment leur formatage, et le mien par la même occasion.

Si nous n'avions pas découvert les amours plurielles, qui nous dit que l'on n'aurait pas été en couple exclusif, puis, un jour, pour différentes raisons, tenté (sans forcément passer à l’acte) par des relations extraconjugales, et par des sites comme “gleeden” ?

A l'école (par exemple au collège) on nous a appris beaucoup de choses, notamment des "Problèmes mathématiques" et des "équations" à triple x y z inconnues, …
Mais jamais on ne nous a appris à penser, à imaginer par exemple des relations sentimentales à 2 ou 3 ou 4 inconnues. On a eu des “cours d’éducation sexuelle” (monos et hétéronormés), ça oui, et on a eu plein de cours sur tout et rien parfois au collège, mais pas sur ça. Sujet tabou, plus encore que le sexe ?

Du coup, nous, en tant que polys, j'ai l'impression que l'on rame souvent, pour déconstruire tous ces carcans, ces schémas binaires, de manière à ré-investir notre vie avec de nouveaux mots (inédits dans les dictionnaires pour la plupart), avec nos logiciels et esprits plus libres. Et on en vient à se réunir très souvent dans des 'cafés polys' pour se poser mutuellement toutes ces questions, remuantes, passionnantes.

Est-ce que les 'monos' organisent chaque mois des 'cafés monos' ? Non (enfin pas que je sache). Il existe des thérapies, des psys, des sexologues, plein de choses, mais a priori pas de 'cafés monos', pourquoi ? Je n'arrive pas à imaginer qu'elles et ils n'auraient pas eux aussi plein de questions à se poser à plusieurs, autour d’un verre, sur ces sujets là que sont les relations sentimentales, amoureuses, sexuelles, et sur leurs désirs confiés parfois d’aller voir ailleurs en dehors du couple...

Est-ce par pudeur, par autocensure que ces ‘cafés monos’ semblent inexistants ? Ils en auraient pourtant des choses à se dire et à partager, à plusieurs, et ils en apprendraient sans doute des choses ! Nan ?

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PolyEric

le vendredi 08 mars 2013 à 22h10

Discuter des évidences, reviendrait à admettre l'idée que ce ne sont pas des évidences.
Il faut être poly pour imaginer qu'il puisse y avoir des cafés mono.
C'est peut-être un créneau à exploiter, notre mission sur terre :-)

Message modifié par son auteur il y a 9 ans.

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lam

le samedi 09 mars 2013 à 03h06

GreenPixie
Est-ce par pudeur, par autocensure que ces ‘cafés monos’ semblent inexistants ? Ils en auraient pourtant des choses à se dire et à partager, à plusieurs, et ils en apprendraient sans doute des choses ! Nan ?

Oui bien sur illles auraient des choses à dire, mais je crois que la pudeur et l'autocensure sont normatives, et il y a quelque chose de fabuleux avec la norme (qu'elle soit monogame, blanche, hétérocentrée, validiste, classiste, masculine, sexiste, agiste, travailliste, capitaliste, cisgenre...) c'est qu'elle est... transparente. Elle est. Elle nous façonne et on ne la voit pas. Tellement pas que toute notre réalité est filtrée à travers son prisme.

Message modifié par son auteur il y a 9 ans.

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coquelicot

le samedi 09 mars 2013 à 10h30

Des "café mono" ??
Il y en a tous les dimanche matin partout en france!!
Le lieu est facile a trouver ils appellent ca une eglise.

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Plusssdamour

le samedi 09 mars 2013 à 11h15

" Il faut être poly pour imaginer qu'il puisse y avoir des cafés mono.
C'est peut-être un créneau à exploiter, notre mission sur terre :-) "

Petite ironie !
Pour trouver un café "mono"...
Allons le matin dans un café traditionnel, à l'heure du "p'tit noir" expliquons leur notre mode de vie..
Risque d'être pris pour des extras terrestres (+)
" Votre mission, si vous l'acceptez..."
Mission impossible.. ou pas !

Message modifié par son auteur il y a 9 ans.

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Boucledoux

le dimanche 10 mars 2013 à 11h39

oui, en fait toute la société est un grand café mono en permanence non ? (et pas seulement les églises à mon avis...)

Juste comme ils sont la norme installée et majoritaire ils n'ont pas besoin de le dire et pourtant ils sont bien plus efficaces que nous imposer leur choix comme seul possible...

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(compte clôturé)

le dimanche 10 mars 2013 à 13h06

La société est en majorité "mono", mais n'est pas un café mono au sens d'un café où on échange, discute, réfléchit... Les filles entre elles parlent de leurs mecs, mais il y a rarement de conversations pour réfléchir sur le couple, ce modèle, pourquoi elles le vivent ou le recherche,t etc. Sauf vers la quarante-cinquaine, après deux divorces qui leur font se poser des questions.
Quant aux groupes: dans un dîner, on peut parler de cinoche, de livres, des vacances, des enfants, du boulot et même de politique, de sexe si c'est pour commenter le dernier scandale du jour ou faire des blagues à deux balles, mais essayez de lancer dans un dîner un débat sur le couple et la monogamie, y aura un flou, genre "c'est intime, ça, et puis personne ne peut savoir ce qui se passe vraiment dans un couple (c'est vrai, ça, entre ce que les couples montrent et ce qu'ils vivent, y a souvent un fossé) ou alors, si on vous sait poly, on vous dira "c'est encore ton truc, tu vis comme tu veux mais ne fais pas de prosélytisme". I

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Cendre

le dimanche 10 mars 2013 à 21h55

aimerplusieurshommesLes filles entre elles parlent de leurs mecs

Je dois pas être une fille.

Mais trêve de plaisanterie, si j'aime tant les café poly, c'est que c'est justement un lieu où on ose parler d'amour, de sentiments, d'attachements, de situations difficiles et de situations heureuse, plutôt que de les planquer dans un coin, parce qu'elles sont honteuses ou tout juste ordinaires.

Après, y'a des gens que ça gonfle, de parler d'amour, qui veulent pas se prendre le chou.
Vu la pagaille que ça a mis dans ma tête, je les comprends...

Donc faire un peu de prosélytisme, dire le mot, montrer que le polyamour existe, aux gens que l'on rencontre autour de soi (en vrai ou juste au détour d'un message sur le net), parce qu'on en a envie sur le moment, oui bien sur.

En faire une mission, certainement pas.

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bouquetfleuri

le mercredi 13 mars 2013 à 11h31

Moi j'ai juste envie de faire du prosélytisme autour de la notion d'amour. J'ai l'impression que cela remplirait ma vie.

Parce que objectivement, je n'arrive pas à réduire la relation adultérine à ce que j'en vois ou ce que je m'imagine. J'appréhende ici la relation adultérine comme le point de distinction à partir duquel on pourrait construire une vraie différence entre les modes de relations monoamoureux et polyamoureux.
Je prends un exemple : un couple dit mono, s'engage dans un dialogue sur leur amour et leurs besoins. Il s'avère que les besoins de monsieur ne sont pas les mêmes que ceux de madame, les manques non plus. Madame permet à monsieur d'aller sur un site et de se satisfaire à sa guise, selon les modalités qu'il choisira. Monsieur rencontre une belle personne. Honnête il lui dit qu'il est marié et qu'il ne pourra pas la rencontrer plus de trois fois deux heures par semaine. Il vivent une vraie histoire d'amour, pimentée par leurs étreintes courtes mais intenses. Madame ne voit aucun mal à cela, elle pense que le crédit immobilier qu'ils ont contracté ensemble est une preuve tangible et permanente de leur engagement amoureux, même si le crédit s'amenuise. Madame de son côté profite de ses moments de liberté pour voler de concerts en opéras, activité dans laquelle elle s'épanouit et mise en sommeil par un emploi du temps faisant la part belle aux activités communes.

Question : ce couple est-il un couple polyamoureux ? Sinon, que manque-t-il, que la personne rencontrée sache seulement que madame est au courant ?
Il y a sur G. peut-être plus de couples polyamoureux qu'on l'imagine, et il faut bien que la relation adultérine soit "forcément" le fruit d'une mésentente ou le résultat d'une vie non conforme à nos aspirations pour qu'elle symbolise la différence entre les deux modes de relations dont on parle.
Je ne suis pas sûr que ce soit toujours et définitivement le cas.

J'avais juste envie de dire que si l'on pense que notre expérience du polyamour est une façon de vivre qui sort d'un formatage dont on se libère, il faut veiller à ne pas attribuer au monoamour un format unique et réducteur qui empêcherait d'entrevoir la complexité et l'intrication des deux modes de relation. Complexité qui permet la réalisation de mille expériences dont certaines sont très proches les unes des autres en étant pourtant nommées différemment.

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gdf

le mercredi 13 mars 2013 à 12h26

Il y a un article que je trouve intéressant sur psychologies magazine concernant ces sites

bit.ly/12L7gnv

La question n'est pas pour ou contre l'infidélité, mais plutôt sur le rapport à ces sites, qui ont tendance à déculpabiliser et dé responsabiliser. Je suis assez d'accord avec l'analyse.
On ne peut pas savoir combien de membres de g. sont là en accord avec leur conjoint ou pas. Mais le ton de la confidentialité ne donne pas l'impression que ces sites encouragent les discussions franches, au contraire.
Pas comme okcupid, par exemple, qui fait l'objet d'un autre fil.

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Siestacorta

le mercredi 13 mars 2013 à 16h20

gdf
Il y a un article que je trouve intéressant sur psychologies magazine concernant ces sites

bit.ly/12L7gnv

Ya deux postulats de l'article qui me semblent boiteux :

- les gens trompent pour satisfaire un besoin immédiat, consommateur.
C'est l'analyse qui est superficielle, pas les gens. Si cette consommation était si intégrée dans nos relations, elle n'aurait pas besoin du mensonge. Une personne mariée ne ferait pas plus de reproche à l'adultère qu'à une gourmandise. En quoi consommer serait-il une trahison ? Comment une relation solide peut-elle être mise en danger par une consommation ?
En faisant cette leçon de morale, "comportement consommateur" (qu'on nous balance aussi de temps en temps) on esquive toute idée que le désir des gens puisse être autre chose qu'une pulsion infantile.

- la fidélité est moins égoïste que l'adultère.
Ce serait vrai si la fidélité était uniquement un choix personnel, et pas également une injonction qu'on fait à l'autre. Si cette promesse faite n'est pas tenue, c'est parce que l'autre est un salaud, ou parce que cette promesse n'est pas bénéfique ?
La fidélité qu'on demande à l'autre, en quoi c'est moins une façon de se rassurer que la recherche de séduction ?

Message modifié par son auteur il y a 9 ans.

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gdf

le mercredi 13 mars 2013 à 18h22

Siestacorta, tu bloques sur ces deux postulats, parce que toi, tu pars du postulat que la fidélité n'est pas un élément essentiel de la relation. C'est vrai pour toi, mais pas pour la plupart des gens (qui n'ont pas la chance d'avoir été converti à cette liberté qu'apporte le polyamour)

Siestacorta
Une personne mariée ne ferait pas plus de reproche à l'adultère qu'à une gourmandise. En quoi consommer serait-il une trahison ?

Sauf pour les polyamoureux, qui peuvent aller sur G. en toute tranquillité, le fait d'aller coucher est plus grave que d'aller céder à une gourmandise. Ce que je comprends de l'article, c'est que ces sites, au lieu d'inciter les gens à dédramatiser l'adultère en en parlant à leur conjoint (ce qui irait dans le sens du polyamour), les invite plutôt à faire ce qu'ils veulent, quand ils veulent, sans prendre leurs responsabilités.
Ben non, l'adultère et une gourmandise, c'est pas la même chose. Une gourmandise, ça n'a pas d'effet sur l'autre (sauf peut être si je prend du poids, ça finira peut être par gêner ma moitié). L'adultère, ça peut avoir un effet sur l'autre s'il n'est pas polyamoureux.
Prendre du plaisir pour soi en niant les conséquences négatives que ça peut avoir sur les autres, je suis d'accord que c'est infantile. Ce n'est pas le fait de céder à ses désirs qui est infantile, c'est le fait de ne pas vouloir en assumer les conséquences.

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Siestacorta

le mercredi 13 mars 2013 à 19h34

Non, c'est pas l'adultère qui me semble dédramatisable, c'est les arguments de l'articles qui me semblent biaisés.

L'accusation "consumériste", ça déplace le problème.
La seule chose qu'on consomme dans l'histoire, c'est un abonnement. Mais les gens ne consomment pas les gens : dire cela, c'est diaboliser la personne qui s'est sentiserrée dans le contrat de fidélité qui est de fait trop exigu.

En soi, le mensonge et l'adultère peuvent effectivement avoir des conséquences néfastes, je ne le nie pas. Mais l'idée que la promesse de fidélité serait plus morale, moins égoïste, c'est aussi une des causes des dégâts. On pose une règle comme si elle n'engendrait pas elle-même les moments où on la transgresse. Et ces transgressions ne sont pas des exceptions.

Ca me fait penser à cette phrase de Brecht
"On dit d’un fleuve emportant tout sur son passage qu’il est violent, mais on ne dit jamais rien de la violence des rives qui l’enserrent."

Pour moi, les forces des sentiments derrière une fidélité et une transgression sont très mal décrites par le supposé consumérisme de l'adultère.

Encore une fois, je sais très bien qu'il y a des conséquences à rompre une confiance. Mais comme il y en a à faire croire que l'assurance de fidélité demandée est normale, qu'on peut la demander aux autres sans risque. Le risque est important, si. Et les gens le prennent à deux en "signant" un contrat mal foutu. Sans réfléchir, la plupart du temps...

Message modifié par son auteur il y a 9 ans.

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gdf

le jeudi 14 mars 2013 à 12h04

Si on signe un contrat mal foutu, décider unilatéralement de ne pas le respecter me parait bien égoïste. Consumériste, je sais pas, c'est sans doute une expression à la mode, une façon de dire "j'ai envie, j'ai le droit" plutôt que "je dois, j'ai le devoir".
Il est indéniable qu'on est dans une société consumériste, même quand on est dans le secteur non marchand. Toutes les associations sont en manque de bénévoles. Les adhérents considèrent qu'ils ont droit à un service et n'hesitent pas a raler s'ils ne sont pas contents, mais quand on leur demande de s'investir, y'a plus personne.
Je ne sais pas si ce parallèle peut s'appliquer aux relations amoureuses, mais je pense que c'est la même démarche : on attend des résultats sans vouloir faire d'efforts.
La démarche poly amoureuse, au contraire, ne vend pas de résultats garantis. Ça commence par du travail, ça prend du temps, et le résultat peut être génial mais il n'est pas assuré d'avance.

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Lili-Lutine

le jeudi 14 mars 2013 à 13h27

Je ne connais pas trop les sites de rencontres, je suis sur Okcupid depuis quelques jours par curiosité et je n’ai donné actuellement aucune suite aux messages que j’ai reçus, j’ai tant bien que mal répondu à environ 400 questions que j’ai à chaque fois dû traduire, je suis très très nulle en anglais… Souvent les traductions sont surprenantes et même parfois assez incroyables pour être réelles ! Bref j’ai l’air d’avoir du succès bien que je n’ai pas encore rempli ma fiche et que j’ai répondu un peu à la va vite à des questions dont je n’ai pas toujours compris le sens … Je prendrai du temps pour cela un jour certainement hihihi

Je suis bien poly d’après le test ! Alors me voilà rassurée hihihih

Sinon je voulais témoigner de ma seule véritable expérience de site qui est celui de Gleeden.

Ce n’est pas très vieux, à l’époque j’imaginais par ce site des rencontres amicales et/ou amoureuses entre personnes étant déjà comme moi en couple ou mariées, et qui ne souhaitaient rien changer ou quitter pour aimer au pluriel. Je me suis toujours présentée « non exclusive » et suivant si je pouvais échanger avec des personnes que je considérais intéressantes et réceptives j’expliquais ma vision du poly et ce à quoi j’aspirais, j’ai eu le plus souvent de passionnantes discussions et j’ai je crois bien mieux appris à ces moments là combien les hommes et les femmes d’aujourd’hui aimeraient aimer plus et mieux et comment ils font de leur mieux pour faire battre leur cœur encore un peu plus malgré ce qu’ils pensent subir de cette norme qui les enferme et les empêche trop souvent.

C’est une expérience triste pour moi.

J’avais en leur compagnie bien plus à échanger et à partager que nos seuls corps, c’est ce besoin d’être entendus et compris dégagés de leur culpabilité qui m'a permise de créer des liens forts. Leur vie pourtant souvent choisie, ne leur suffisait plus, ces personnes ramaient dans un océan d’incompréhensions avec elles-mêmes le plus souvent, et de ressentis négatifs où elles se sentaient sombrer petit à petit sans vraiment savoir comment reprendre leur vie en main, alors trouver de la tendresse, une écoute particulière, fréquenter une poly qui ne leur volera rien fut pour ces personnes comme une éclaircie dans leur cheminement adultérin…

Triste pour moi car je ne peux rendre heureux le monde entier, et encore moins le changer d’un coup … dommage hhihih…. sans que je me pose aussi la question à un moment de ce que je souhaite vivre moi… Et qui m’écoute moi ?

Sur ce court temps, en moins de 4 mois, j’ai rencontré 3 personnes formidables avec qui pour 2 j’ai eu une relation plus amicale qu’amoureuse et une troisième personne avec laquelle nous avons partagé presque 10 mois durant un bel amour naissant mais hésitant...

Cette personne je l’ai quittée, le cœur encore déchiré aujourd’hui de n’avoir pas «  su accepter» sa vie adultérine …

C’est le secret de nos rencontres, ce sont ses joies de me parler de sa famille, de cette compagne qu’il adore et de ses enfants qu’il chérit, de son métier passionnant, de ses centres d’intérêts et de ses voyages …

Je sais qu’il me lit ici souvent, bien que nous n’avons presque plus de contact depuis août l’année dernière.

Ce sont ses mensonges qui organisaient nos rendez-vous, c’est cette peur de le perdre si elle l’apprend, c’est mon angoisse de faire souffrir cette femme et ses enfants en étant complice, plus je m’attachais à lui plus j’aimais sa famille et sa vie …

Plus on se voyait plus j’avais envie de sentir le soleil sur nos deux peaux et pas seulement cette oppressante luminosité qu'une chambre d’hôtel offre à ces couples qui se cachent en journée et qui m’étouffait …

Quand il a su que je commençais à mal le vivre , il a pris de grands risques, presque une nuit avec moi , de plus en plus de balades sous le soleil, ensemble main dans la main … loin de chez lui… Il croyait fermement qu’il pourrait arriver à parler à sa compagne, il croyait et espérait trouver ce courage, cette force à mes côtés, ensemble … Il savait aussi tout ce que je ne lui offrirais jamais… Il souhaitait rencontrer mon compagnon qui en avait très envie lui aussi… Ils se seraient si bien entendus, j’en suis si sûre …

Cet homme pour moi est polyamoureux, il a senti combien cela était possible d’aimer deux personnes, il a aussi bien senti ses limites, tout remettre en question à plus de 50 ans, prendre le risque de vivre seul … de se fâcher avec ses enfants… de perdre cette compagne tant aimée depuis si longtemps… et moi où suis je ? ….

Je suis donc partie, je l’ai donc quitté… J’ai pleuré moi qui ne pleure jamais…

Je me suis alors jurée de ne plus aller sur des sites et de me laisser surprendre… et sous le soleil en plus !

Et ma fois cela m’a plutôt bien réussi jusqu'alors <3 <3 <3

Cet homme que j’aime encore a repris sa vie, a continué d’aimer profondément sa compagne et la belle vie qu’ils se sont construite ensemble, nous avons échangé depuis 2 mails pour le jour de l’an qui parlent un peu de nous timidement et qui nous disent aussi combien nous manquons à l’autre … encore …

Que c’est con tout ça… Que je suis conne …

Message modifié par son auteur il y a 12 mois.

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ScottBuckley

le jeudi 14 mars 2013 à 13h52

L'autre jour, j'ai entendu un sketch d'un humoriste qui disait (grosso modo) :
' Pour tout un tas de choses, passions, hobbies, métiers, il existe des ateliers ou formations longues et très approfondies .... Par contre pour un acte aussi important et essentiel que celui de donner la vie à un enfant, et tout ce qui s'ensuit (naissance, éducation, valeurs, ouvertures...), il n'y a rien ' .

Pour les relations sentimentales et amoureuses, sensuelles, sexuelles, c'est un peu pareil : pas d'ateliers, pas vraiment de discussions, débats, cafés et paroles publiques libres pour en parler, et du coup énormément de questions sans réponses, d’autocensure, de non-dits, de sujets tabous.

Du coup, ce que j'observe (ce n'est que mon humble avis, que je viens de dessiner sur une feuille), c'est (pour schématiser à Gros gros traits) :

- un trottoir ou appart exigu large d'à peine un mètre, dans la vie réelle, pour poser un lit et pour signer un contrat mal foutu avec une seule personne unique (ce contrat, c’est le plus souvent le mariage unique, très codifié, très formaté, exclusif, monogame par défaut, et qui fut longtemps aussi hétéro par défaut, même si en 2013 cela va changer), avec souvent la personne qui fréquentait le même milieu / ou même école/université / même groupe d'ami-es / ou même ville que nous (donc beaucoup d'homogamie / " Qui se ressemble s'assemble " , voire parfois trop),

Et/ou : - des paysages immenses, une toile infinie pour papillonner (dans la vie virtuelle, sur le web, via les sites de rencontres), pas de contrats explicites, chacun-e y pose ses propres règles librement, ses affinités, ses différences et valeurs fortes (du coup, une + grande hétérogamie des couples est possible, y compris géographique : on peut rencontrer un week-end des polys qui habitent à Marseille alors que l’on vit à Paris), ses attentes contradictoires ("quelqu'un de parfait... qui ne soit pas prise de tête" ! ), et chacun-e y dit oui ou non à des profils qui défilent par milliers, tel un hypermarché de sentiments et de visages (d'où l'apparition du sentiment de "consumérisme").

Au milieu, entre les deux (le trottoir / l’appart exigu et-ou les paysages immenses), il y a un gouffre, mais aussi beaucoup de place pour énormément de nouvelles manières de s'exprimer, de parler, de débattre en public, de se rencontrer, de s'apprivoiser (façon le Petit Prince de Saint Exupéry), pour les fourmis Et les cigales des amours, de s'aimer différemment de la norme...

L'étude de l'Ined * (études démographiques, sur les couples, cf. Alain Girard) lancée en 1959 et publiée en 1964 montrait (notamment) une fréquence des mariages entre veufs et divorcés.
Concernant "gleeden", je ne serais pas étonné que l'on découvre un grand nombre de personnes mariées qui, chacune pour des raisons plus ou moins similaires, après x années de vie en couple, remettent en question ce ‘ contrat mal foutu ' du mariage unique.

C'est là que l'on pourrait ainsi trouver, notamment, de part et d'autre, de nouveaux désirs, des besoins de distances, de libertés et de communications différentes, et une réforme éventuelle du contrat d'union initiale (remise en question du "mariage" qui est en train de prendre l'eau en direct live sur gleeden), puisque "on" a vu et expérimenté ("on" = les couples mariés se croisant sur ce site) pendant des années voire des décennies les insatisfactions, les limites et les échecs de celui-ci.

D'ailleurs, à la fin de ce livre ( * ) Kaufmann présente 5 modes et types de communication présents chez les couples, mais le 5ème mode, celui se rapportant aux " tentatives d'analyse de la relation elle-même, de bilans, d'éventuelles réformes " , Kaufmann dit de lui qu'il est " le moins répandu dans la réalité, car le plus difficile à mettre en oeuvre, celui qui heurte le plus le principe de renforcement selon lequel les relations doivent aller de soi ".

C'est peut-être pour cela que j'imagine une plus grande durabilité et harmonie des couples dans lesquels la communication relationnelle est fraîche, franche et d'une belle qualité .
Et je la trouve très souvent présente (plus qu'ailleurs) chez les personnes polyamoureuses que je fréquente ou croise, parmi mes ami-es ou ailleurs, par exemple dans des cafés polys.

Sans doute parce que, comme le végétarisme, les amours plurielles sont souvent un choix véritable parmi d'autres qui nécessite beaucoup de communications, de paroles et d'échanges pour trouver son propre chemin (alors qu'être carnivore/omnivore et monogame sont davantage des normes installées, des options par défaut, des choix surtout subis, quand on suit le courant du fleuve).

( * source : Jean-Claude Kaufmann, Sociologie du couple, en poche aux éditions Puf )

Message modifié par son auteur il y a 9 ans.

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bouquetfleuri

le jeudi 14 mars 2013 à 13h53

Toutes les expériences polyamoureuses sont construites différemment, et rien n'est "con" dans une vie qui fait la part belle à l'honnêteté et à l'amour.
C'est parfois douloureux à vivre, mais c'est aussi ce qui donne du prix aux bonheurs qui se dessinent à travers ces événements, bonheurs à venir, bonheurs de retour peut-être...

Je te souhaite mille soleils ou quelques-uns qui en valent mille !

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Siestacorta

le jeudi 14 mars 2013 à 14h00

LiliLutine


Que c’est con tout ça… Que je suis conne …

Beh moi je trouve que malgré la mélancolie de l'histoire, ya pas de connerie là-dedans.
C'est un vrai bon gros témoignage, où on voit bien que les besoins et les limites des gens sont différents, qu'ils peuvent s'aimer, et qu'on sait jamais trop à quoi ça peut aboutir.
Merci beaucoup d'avoir raconté ça.

Ca montre aussi, pour quelqu'un comme toi, en quoi l'honnêteté ou le mensonge débordent sur le tiers.

D'ailleurs sur OKcupid, tu as une question où on te demande si sortir avec un adultère est faisable ou pas pour toi. Et franchement, spontanément, je réponds "pas de problème" ; mais avec plus d'expérience, je sais que ça ne sera pas innocent sur ce qui se vivra, ni sur les dégâts qu'on peut faire dans la partie de la vie de l'autre où on est pas.

Message modifié par son auteur il y a 9 ans.

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(compte clôturé)

le jeudi 14 mars 2013 à 15h26

"C'est un vrai bon gros témoignage, où on voit bien que les besoins et les limites des gens sont différents, qu'ils peuvent s'aimer, et qu'on sait jamais trop à quoi ça peut aboutir."

Oui. Ou pour le dire autrement : l'amour c'est bô mais ça suffit pas. Et ça n'est absolument pas une connerie, sinon celle de la vie comme elle va, qui fait que des choses très simples peuvent devenir très compliquées, et que l'adultère c'est la solution de facilité (mais facilité seulement apparente) des gens qui n'ont pas réussi à se conserver un jardin secret mais qui luttent quand même un peu pour ne pas étouffer...

Pour les mêmes raisons, plus jamais de relation adultère dans ma vie ; mais pour autant je ne jette pas la pierre. Je crois juste que c'est une très mauvaise solution à un vrai problème.

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