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Monogame et idée de polyamour

Monogamie
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(compte clôturé)

le mardi 23 octobre 2012 à 18h03

Bonjour,

Je suis monogame et jaloux, et ma copine veut voir d'autres personnes. Je sais pas si je pourrais le supporter mais comme je l'aime et que je préfère essayer au lieu de la quitter, je voudrais avoir vos expériences personnelles, avis et conseils.

Pour situer, ça fait 6 ans qu'on est ensemble. Avant on était monogame, pendant 4 ans, et puis on s'est séparé pendant un an parce que de son côté elle allait pas bien, notre relation ne lui convenait pas. J'ai appris lorsqu'on s'est rencontré à nouveau ce dont elle avait besoin, car on parle beaucoup.

Ca fait donc un an qu'on est remis ensemble, à se voir presque chaque week end (relation à courte distance), et on envisage de vivre ensemble, parce qu'on s'aime et qu'on est en phase au niveau intellectuel/envies (à peu de choses près). Entre nous il y a une relation très fusionnelle d'amitié et d'amour et on arrive le plus souvent à tout se dire sans avoir honte de la réaction de l'autre. Je sais qu'elle veut faire sa vie avec moi et je pense qu'elle m'a donné assez de preuves d'amour, même si je n'arrive pas à les assimiler, à cause de la peur/jalousie.

On en a parlé dernièrement, et on a peut-être précipité les choses, ce qui m'a fait beaucoup souffrir. Mais on a décidé de se laisser du temps; le temps d'emménager ensemble, d'être plus au calme dans nos vies, plus stables. Je me dis qu'avec la routine qui s'installe ça m'incitera à voir les choses autrement et chercher à changer d'air pourquoi pas.

Pour moi, c'est mon premier et seul amour. De son côté je suis pas le premier, mais pour elle je suis quelqu'un de très spécial dans sa vie et j'ai pris une place très importante. Je l'ai connue à 20 ans et niveau expériences sentimentales je suis toujours débutant. Je suis quelqu'un de fragile, naif et innocent, avec une vision romantique et exclusive de l'amour. Par éducation. Je sais bien que c'est peut-être pas viable sur le long terme, à cause de la lassitude, de l'ennui, mais c'est comme ça que je me sens en sécurité, et moi ça m'a jamais trop dérangé, je suis quelqu'un de simple et passer du temps avec elle me suffit.

Mes peurs... Au début elle avait seulement évoqué l'idée de voir des filles parce que ça lui manquait, et je n'y voyais pas vraiment d'inconvénient, puisque pour moi c'est quelque chose de différent et je ne ressent pas de risques. Mais c'est quand j'ai appris que pendant qu'on était séparé, elle avait rencontré un homme, avec qui elle parle toujours, que j'ai souffert. Pour moi c'est un danger, un concurrent, je me dis qu'elle va finir par me quitter pour vivre avec lui, parce qu'il m'a l'air semblable, parce que je le vois meilleur que moi forcément, il a l'air classe et élégant, fait très "monsieur" capable de protection (il a dix ans de plus que moi), alors que moi, même si je sais que je suis joli, classe et élégant, je ne suis pas un monsieur protecteur et sûr de lui. Je suis toujours un petit garçon appeuré et angoissé, je ressemble plus à une fille (gestuelle, apparence) et dans notre couple c'est plutôt elle qui prend les devants, même si je me laisse pas faire, parce que je sais ce que je veux.

Niveau psychologique, l'idée qu'un autre homme pose ses mains sur elle, l'embrasse et la pénetre me dégoûte, et qu'elle fasse d'autres choses mieux; l'idée qu'elle ait des sentiments et qu'elle pose ce même regard amoureux sur un autre homme me rend triste, parce que du coup, j'ai l'impression de ne pas suffir, de ne pas compter, d'être en danger d'abandon. Même en écrivant ça j'ai envie de vomir. Pour moi c'est quelque chose de très sérieux, et j'ai peur de ne plus vouloir la toucher en sachant ça. Pour moi ça équivaut à une souillure, et j'ai toujours dans un coin de ma tête l'image de cet homme (littéralement, je vois ça constamment derrière, en haut à gauche de ma tête, j'ai vu une photo en cherchant sur internet), et le coeur serré en continu.

Je sais que j'ai pas confiance en moi, et ça me cause des problèmes dans d'autres domaines. Mais quand je suis en couple apparemment, à un moment donné je vis à travers l'autre, et je m'efface. Je l'ai remarqué parce que pendant qu'on était pas encore remis ensemble, tout allait bien, j'avais repris confiance en moi et j'arrivais à faire d'autres choses par moi-même; ce qu'elle faisait me dérangeait moins, j'étais plus dans l'optique de passer du bon temps avec elle plutôt que de refaire ma vie à nouveau avec, jusqu'à ce qu'on se voie de plus en plus et qu'on décide à nouveau de revivre ensemble.

Pour ma part, je suis très réflechi, mais je mets du temps à digérer les choses, j'ai un tempérament quand même impulsif (non violent) quand il s'agit d'amour, et je suis assez jaloux. J'ai peur. Quand elle parle et passe du bon temps (non sexuel) avec quelqu'un, je souffre, parce que j'ai plus son attention.

J'ai décidé de parler de ça avec elle, et dans l'optique de l'accepter parce que je l'aime, même si je sais que je vais beaucoup en souffrir et pleurer au début, j'ai l'impression que j'ai pas d'autres solutions. On arrête pas de s'engueuler (désaccords surtout, ça reste gentil, on est civilisés) depuis plusieurs semaines et j'ai peur que, lassée de ça elle en ait marre, même si je sais qu'elle compte m'aider et ne pas m'abandonner, j'ai du mal à ne pas penser au pire.

Le problème c'est qu'on a pas le temps de bien parler pour le moment. On se voit le week end et on passe surtout du temps de qualité, même si on parle quand même souvent en semaine, au téléphone c'est pas pareil, ça me rassure souvent moins (interprétations/imagination, analyse foireuse). Il reste un mois avant qu'elle ne finisse son contrat de travail et qu'elle vienne emménager avec moi, et pendant tout ce temps, il peut se passer des choses, il se peut qu'elle change d'avis, même si je pense que pour elle c'est clair et que ça changera pas. Même si elle m'a dit qu'on mettait cette histoire de partenaires de côté pendant quelques mois le temps de se poser, je souffre toujours, j'ai du mal à prendre soin de moi, à m'occuper; je traîne beaucoup, j'ai perdu ma joie de vivre et j'ai peur de moins briller dans ses yeux.

Et pour ceux qui seraient tentés de me dire d'aller voir des amis pour changer d'air (j'ai pas dit que c'était pas une bonne solution) : j'ai pas d'amis, je connais personne, je vais pas vers les gens, ils m'intéressent très rarement. J'ai pas de confident, de meilleur ami; tous les rôles sont remplis par ma femme. Je suis quelqu'un de très solitaire (même si dernièrement j'en souffre) et même si je suis très gentil, je suis très sélectif et "élitiste" (plutôt, je sais ce que je veux/veux pas).

Je sais que c'est long mais merci d'avoir lu. Je cherche à être rassuré, ne plus pleurer et avoir cette boule dans la gorge et le coeur serré, parler à des gens gentils et compréhensifs, je me sens perdu et desespéré. Je pense que je fais bien les choses mais j'ai atrocement peur du changement et de la dilution de son amour pour moi.

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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Paul-Eaglott

le mardi 23 octobre 2012 à 19h51

Bonjour Nyuu,

D'abord, je voudrais te dire que j'admire ta démarche et l'extrême sincérité de ta présentation. Il y a quelque chose d'héroïque à envisager d'aller affronter ses propres souffrances et ses propres peurs, comme tu as commencé à le faire ici.
Ensuite, d'après ce que tu livres de toi-même, j'aurais envie de réagir de deux façons presque contradictoires.
D'un côté, il se peut peut bien que le polyamour ne te convienne pas du tout. (Dit autrement : il se peut que le fait que ta copine ait d'autres relations reste indéfiniment quelque chose d'insupportable pour toi.) Ca n'aurait rien de méprisable ni de déshonorant : personne n'est obligé de choisir de vivre dans une non-exclusivité amoureuse. Mais peut-être que ce serait dommage : soit que ta copine choisisse de rester avec toi mais se sente moins épanouie qu'elle pourrait l'être, soit qu'elle décide de te quitter, il se peut que cette incompatibilité avec le polyamour vous fasse passer à côté de quelque chose de beau entre vous. (Mais qui sait : peut-être pas !)
De l'autre côté, dans ta présentation, tu décris toi-même avec une assez grande précision les obstacles qui te rendent si pénible à imaginer une relation de ta copine avec un autre homme. Et il se peut que, en ayant conscience de ces obstacles, tu parviennes à les surmonter, et à "offrir" à ta copine la liberté qu'elle semble désirer, en souffrant finalement beaucoup moins que tu ne le crains.

Tu le dis en effet très clairement : ce qui bloque, c'est ton manque de confiance en toi, et toutes les peurs que ce manque de confiance en toi font monter.
Or, ces peurs, il est possible de les conjurer (je ne dis pas facile, mais possible). De plusieurs façons :
- en construisant une confiance en toi-même plus solide (ça a des chances de prendre du temps, mais ça vaut sans doute le coup. Ne serait-ce que pour être mieux dans ta vie, pour aimer plus complètement, pour rayonner davantage, pour acquérir une indispensable autonomie... Et c'est à toi de décider quel serait le meilleur chemin pour toi -- psy ou autre)
- en prenant conscience du caractère irrationnel de tes peurs, et en les prenant pour ce qu'elles sont : des peurs archaïques nées de l'enfance ; en comprenant ce qu'elles expriment, tu peux peut-être arriver à les trouver toi-même infondées ou ridicules, et à les vaincre ;
- en demandant à ta copine de te rassurer sur l'objet même de ta peur. Je prends un exemple : si ta jalousie est l'expression d'une peur qu'elle te remplace par quelqu'un de "mieux", elle peut peut-être arriver à te rassurer sur le fait qu'elle t'aime absolument tel que tu es, et que même si elle va voir quelqu'un d'autre, elle n'a aucune envie de te remplacer. Et dans la mesure où tu es conscient de tes peurs, tu as déjà fait un pas gigantesque dans le sens d'une potentielle résolution de ta jalousie. Tu n'en es déjà plus au stade où tu n'arriverais à dire à ta copine que "j'ai la boule au ventre parce que tu vas voir un autre homme, donc il faut que tu renonces à le voir", tu en es déjà au stade où tu peux lui dire "j'ai la boule au ventre parce que j'ai peur que tu me remplaces, ou que tu le trouves mieux que moi, donc, sans forcément renoncer à le voir, il suffirait peut-être que tu me rassures sur le fait que tu ne me remplaceras pas, et que tu me trouves bien comme je suis."

Certes, Nyuu, j'extrapole un peu beaucoup, mais je cherche à te dire que si tu décides de faire ce travail de déconstruction de tes peurs et de la jalousie qu'elles génèrent, tu es déjà mieux armé que d'autres.

Maintenant, il n'y a pas de solution miracle pour arrêter d'un coup d'avoir mal, et pour trouver subitement merveilleux que ta copine ait envie d'explorer le monde tout en restant en lien puissant avec toi. Même si ta copine t'aide dans le processus, tu auras certainement d'énormes efforts à faire sur toi-même pour vaincre tes peurs.
Et le temps jouera aussi son rôle. (Exemple : si un jour tu décides que ça vaut le coup de prendre sur toi, et d'accepter que ta copine voie un autre homme, la première fois ce sera sans doute très angoissant et la boule au ventre sera bien dense. Mais sitôt après, le fait de constater qu'elle revient vers toi et qu'elle ne t'aime pas moins -- et sans doute même davantage -- fera probablement disparaître toute ta douleur ; la fois d'après, la boule reviendra peut-être, mais moins grosse, et ainsi de suite, jusqu'à devenir imperceptible. C'est aussi l'expérience qui nous prouve qu'on ne perd rien de l'amour des gens quand ils aiment aussi ailleurs.)

Bon courage, Nyuu, tu n'es pas dans la phase la plus agréable à traverser, mais tu vas encore découvrir pas mal de choses sur toi-même et sur tes possibilités.

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Profil

Siestacorta

le mardi 23 octobre 2012 à 22h25

Salut ! Et bravo pour la réflexion, la confidence, et le doute...
Les gens qui doutent sont le sel de la terre, rien de moins.

Bon, j'en remet une couche sur ce que tu notes toi-même, et ce que reprend Paul-Eaglott avec un autre angle.

Tu te décris comme fragile, peu d'expérience, peu liant, idéaliste...
En gros, tu as passé énormément de temps à te protéger du reste du monde.

Soit parce que tu as eu une enfance privilégiée, et que tu cherches à tout prix à recréer le plus à l'identique possible d'une vie d'enfant, un cocon affectif, soit au contraire parce qu'à un moment ou l'autre, t'as encaissé tellement que tu restes blessé.

Je comprend parfaitement que tu cherches une vie simple. C'est sans doute le mieux pour toi.
Mais avec ce que tu as écrit, je ne doute pas d'une énorme sensibilité. Et éviter les incidents, changements, imprévus, pour quelqu'un de sensible, c'est comme être un poisson qu'a peur des courants... Tu pourras ni te désensibiliser, ni empêcher la vie d'être chaotique.

Donc en plus de chercher effectivement une certaine tranquillité, tu dois apprendre à vivre avec ta sensibilité. A arrêter de te croire naïf, fragile... Ce qui te prédispose à te sentir victime de tout. Apprendre à ne plus avoir peur de tes propres réaction.

Parce que ton aimée, de ce qu'elle souhaite, t'en as pas peur. Tu sais qu'elle, elle te fait du bien, tu as confiance en elle.
C'est de toi même dont tu sembles avoir peur.
Et même si ton aimée pouvait se donner à 100 %, faire tout comme t'as envie, t'aurais sans doute quand même peur. Et t'aimerais pas vivre comme ça.

C'est donc de ça dont tu dois t'occuper, même pas pour des questions de polyamour.

Et donc... Soit effectivement tu cherches à construire une vie dans le Grand Dehors Hostile, et à t'aguerrir, soit tu fais ça avec un psy. Les deux en même temps serait le mieux, si je touche juste.

Franchement, j'espère que tu ne vois aucune condescendance dans ce que j'écris là... Si je me trompe pas, c'est juste quelque chose dont j'ai eu - hem - dont j'ai à me dépatouiller, et que je te souhaite franchement de pas fuir.

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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(compte clôturé)

le mercredi 24 octobre 2012 à 07h21

Tout d'abord, merci à vous deux pour votre réponse; vous savez pas à quel point vos mots m'ont réconforté et fait du bien. Je les relirais sans doute encore.

Pour répondre à Paul-Eaglott :

En ce qui concerne le mauvais aspect de la chose, je dois dire que je me fais pas vraiment de souci de ce côté là. Je pense au fond de moi pouvoir m'en accommoder. Ce serait pas la première fois que je détruit un état d'esprit pour en construire un autre. Je suis quelqu'un de compréhensif et empathique et je pense donc toujours en double vision. Ca me permet de peser le pour et le contre de façon plus juste. Quand je m'imagine dans le futur, et imagine toutes les étapes de l'acceptation, je me sens pas vraiment mal, ou plutôt, je m'imagine/espère ne plus me sentir mal et arriver à être heureux et permettre à ma femme d'être heureuse tout en ayant la certitude qu'elle habite avec moi et passe toujours le plus clair de son temps avec moi, et partage toujours les choses les plus intimes avec moi.

Oui, il va falloir qu'elle me rassure de toute façon, et c'est le but d'une ou plusieurs longues discussions que je veux avoir avec elle sur le sujet plus tard, lorsqu'on fixera des règles.

Ton exemple est très utile, parce qu'il me rassure dans le sens où c'est ce qui pourrait totalement défaire ce sentiment de crainte de perte, le fait qu'une fois la chose passée elle revienne et soit toujours à mes côtés avec son amour inchangé.

Siestacorta :

Tu as vu très juste, et non je trouve pas ça condescendant mais très utile. Alors je vais pas raconter ma vie même si j'ai aucune honte ni gêne ni rien à cacher (je suis un grand adepte de vérité. Voilà un exemple de travail sur moi précédent; depuis plus d'un an, je ne ressens plus de honte à être ce que je suis/désire) , je pense pas que ce soit très utile d'entrer dans les détails, mais en gros :

- mère très présente, protectrice (elle a toujours tout fait pour moi).
- père totalement absent (affectivement/ niveau présence)
- je suis le dernier de la famille donc privilégié oui.
- je me protège très souvent du reste du monde, j'évite les sorties (mais même en allant mieux, je pense que je resterai comme ça, je n'ai jamais vraiment aimé les activités extérieures, à part la nature)
- j'ai été limite agoraphobe toute mon adolescence mais je vais mieux.
- j'ai tendance à être passif, à me laisser faire, même si j'essaye de me soigner (surtout pour faire face au boulot).

Par contre, le fait d'avoir rencontré ma femme a commencé à briser ce cocon déjà, même si ça a été pour le transférer avec elle sans le savoir. Depuis que je l'ai rencontrée, je me suis détaché de ma mère (à 20 ans il était temps), j'ai emménagé d'abord avec elle, puis suis resté tout seul sans soucis jusqu'à maintenant encore, et je gère très bien. Au même moment j'avais aussi trouvé un travail et passé mon permis, ce qui m'a bien aidé à affronter le monde déjà, même si c'était très dur tous les jours (le monde masculin est assez difficile à encaisser).

Pour le moment je suis pas très chaud pour voir un psy tout seul. Je pense que si j'en vois un ce sera avec ma femme pour commencer, être en confiance et avoir une visée de couple, et pourquoi pas continuer les scéances tout seul.

Je préfère faire le travail sur moi tout seul, mais le psy reste une option en cas de difficulté. Je suis de nature autodidacte et en général je m'en sors bien tout seul. Toutes les remises en question que j'ai fait jusqu'à présent se sont bien passées à l'aide de reflexions et de livres, d'échanges aussi, mais rarement. J'ai d'ailleurs commandé deux ouvrages sur l'estime de soi, pour commencer le travail :

L'Estime de soi : S'aimer pour mieux vivre avec les autres
Imparfaits, libres et heureux : Pratiques de l'estime de soi

A partir de là je pense qu'il me faudra surtout du temps et du courage.

Je vous tiendrais au courant de l'évolution des choses, même si c'est dans plusieurs mois. Je veux que ce soit moi qui initialise la chose, je me sentirai moins isolé/abandonné déjà; je lui en parlerai de toute façon, à moins ce qu'elle ne me lise déjà (je lui ai montré quelques articles du site et lui ai dit que j'avais demandé de l'aide, conseils, expériences etc).
Pour ma part, je sais pas vraiment si j'ai ce besoin de voir quelqu'un d'autre, mais pour ne pas rester en plan et appauvri, je reste dans l'optique d'être ouvert à au moins une autre personne stable avec qui j'aurais de nombreuses affinités. Je ne veux pas voir quelqu'un d'autre juste pour du sexe, c'est quelque chose qui m'intéresse pas, même si je suis très voire trop actif. J'ai quand même beaucoup d'amour à donner et à recevoir, et je pense qu'au fond de moi c'est quelque chose qui peut me correspondre. Il faut juste me laisser le temps de détruire et reconstruire, prendre les devants et parler très calmement, y aller à pas de fourmi comme on dit.

Merci encore à vous, je vais déjà un peu mieux. Je recommence à avoir envie à nouveau de vivre un peu plus pour moi (faire des activités sans trop réflechir surtout), et la lecture que j'ai pris va je l'espère m'aider à aller encore plus dans ce sens.

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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tentacara

le mercredi 24 octobre 2012 à 08h03

Salut Nyuu,
Ta démarche est la preuve de ton amour pour ta femme et de ta force. Tu n'hésites pas à te remettre en question et à t'exposer ; je ne connais pas d'autre expression du courage. Bravo, donc.
Je n'ai pas grand-chose à ajouter à ce que t'ont dit Paul-Eaglott et Siestacorta, ils sont quelques uns des "vieux sages" (désolée, les gars, en vrai vous êtes jeunes et flamboyants) qui hantent le forum.
Juste quelques conseils pour tes lectures :
Le guide des amours plurielles de Françoise Simpère est très clair et didactique sur les moyens de faire évoluer son couple vers l'ouverture sans s'y perdre.
Vertus du polyamour. La magie des amours multiples de Y-A Thalmann est plus proche de tes livres sur le bien être.
Enfin, si tu lis l'anglais, The Ethical Slut par Dossie Easton et Catherine A. Lisz (mais il paraît que sa version française est déjà ou très bientôt disponible) est extrêmement précis et détaillé à la fois sur la philosophie poly et sur les moyen de se l'appliquer.

Bonne chance!

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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(compte clôturé)

le mercredi 24 octobre 2012 à 08h13

Merci pour les encouragements et pour les infos complémentaires, je note pour le moment où j'aurais maitrisé cette histoire d'estime de soi.

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Profil

Siestacorta

le mercredi 24 octobre 2012 à 10h44

Nyuu : en tout cas, félicitations pour le travail sur toi. Bon choix de bouquin, oui !
Mais même si c'est un hasard de l'étymologie, oublie pas, dans autodidacte, il y a acte : même si c'est pas dans un domaine social mainstream, même si c'est pas pour devenir mondain, ou le gars populaire et tout, essaie de trouver des moments où tu es bien sans être seul ou protégé...

Tentacara : moi je suis pas sage, je suis un ermite accidentellement urbain.

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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farfalla

le jeudi 25 octobre 2012 à 00h00

bonjour, je suis un peu dans la même situation que toi.
Avec mon épouse (12 ans ensemble, dont 6 marié, et deux enfants) nous avons vécu des hauts et des bas, mais toujours amoureux nous les avons surmontés. dernièrement elle m'a fait lire Françoise Simpère, puis elle m'a annoncé qu'elle été attirée par quelqu'un mais toujours amoureuse de moi. Je suis encore surpris de ma réaction d'acceptation de la situation, pourtant j'étais jaloux et possessif. Peu être la lecture de Simpère, où alors ma certitude, que malgrés son histoire, nous ne nous séparerons pas, nous sommes vraiment amoureux, nous avons une vie qui est ce qu'elle est, des enfants.
Après de longues réflexions et lecture, je pense que l'on peu vivre un polyamour seulement si l'on a réussit à faire tombé deux barrières : la possession de l'autre et la peur de perdre son amour.
Accepter qu'elle voit quelqu'un d'autre un à deux soir par semaine peut être dur, mais la voir revenir à la maison épanouie et heureuse me dit que oui c'est possible de le vivre.
la question à se poser est :
a t on le droit d'imposer une exclusivité, et donc un droit de propriété sur l'autre ?
est on capable de satisfaire entièrement l'autre ?
après avoir répondu à ces questions j'ai non seulement accepté la situation (et je la vie bien), mais aujourd'hui cela me semble une évidence. Si demain je croise quelqu'un avec qui je me sent bien, avec qui je peu partager un moment de vie, alors pourquoi ne pas vivre pleinement ce moment (ces moments), être heureux !
Le bonheur d'un couple, d'un foyer c'est aussi voir l'autre heureux.
j'espère que mon expérience pourra t'aider.

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(compte clôturé)

le lundi 29 octobre 2012 à 20h18

Même si pour le moment il est pas encore question de ça et qu'on se laisse du temps comme je l'ai dit, je lis beaucoup de choses et j'ai l'impression de non pas changer mon point de vue (parce que c'est encore trop tôt pour le moment), mais de commencer à entrevoir quelque chose. Surtout cette recherche sur mon rapport aux autres et à moi-même. Je pense au fond de moi que c'est ce qu'il faut faire, mais dans la probabilité où ça ne marcherait pas, ça m'aura permis au moins de repenser certaines choses. J'ai entrevu l'étendue du travail que je vais devoir faire et ça m'a pas l'air si difficile que ça, mais surtout très long. C'est du remodelage de pensées, c'est quelque chose qui pour rester solide doit en venir au point de la conviction par l'expérience. Je cherche pas à me forcer non plus, je sais que j'ai des limites. J'essaye de prendre ça avec un regard analytique/pratique, sans trop me laisser submerger par de mauvaises émotions.

J'ai trouvé pas mal d'articles intéressants sur ce site : redpsy.com/infopsy/
J'ai l'impression que tout est intéressant et donc je prends le temps de bien lire; même si ça n'a pas déclenché le moindre déclic, comme je l'ai dit avant, ça m'a permis de faire le point et de prendre du recul par rapport à certaines choses.

J'ai tout juste commencé à lire l'un des livres que j'ai pris. En ce moment ce qui me fait défaut c'est surtout le temps et je regrette de ne pas pouvoir m'y attarder plus souvent dans la semaine.

Ce week end j'ai vu ma femme comme d'habitude, et j'ai pris un moment pour lui parler calmement, lui expliquer mes sentiments et craintes, ce problème d'estime de soi et de sentiment d'abandon; ce que je ressentais par rapport à la jalousie, dans tel ou tel cas, non pas pour attendre d'être rassuré ni attendre de changements de sa part comme je lui ai souvent rappelé, mais juste pour qu'elle le sache, lui faire part de comment ça se passe de mon côté et dire tout ce qu'il me passe par la tête sans retenue (mais calmement toujours). Moi ça m'a fait du bien et je pense que d'un côté ça l'a rassurée de savoir que même si j'étais triste en ce moment j'avais pas en tête de la quitter pour autant et que pour moi ça ne changeait rien. Je pense que je vais renouveler ce genre de discussion lorsque le besoin se fera entendre, pour faire le point de mes sentiments et craintes. Peut-être que j'arriverai à mieux me rendre compte de l'évolution de mon état d'esprit et à assimiler les choses en partageant.

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Profil

LuLutine

le jeudi 08 novembre 2012 à 15h46

Bonjour Nyuu, je ne peux que saluer ton courage, je connais un peu le chemin pour accepter de ne pas être "l'unique" de quelqu'un, de ne pas être "tout" pour lui(elle), même si probablement j'ai eu moins de difficultés que toi à faire ce chemin.

J'ai en effet eu la chance d'entamer ce chemin avant de me découvrir moi-même polyamoureuse, ce qui m'a beaucoup aidée (plus jeune, j'étais fusionnelle au point de penser que les membres d'un couple devaient passer absolument tout leur temps libre ensemble, ce qui n'est pas très compatible avec d'autres histoires indépendantes avouons-le...).

Une chose qui m'a aidée, c'est de me rendre compte de mieux en mieux au fur et à mesure du temps que je ne voulais pas contraindre quelqu'un que j'aime - et dont je souhaite le bonheur donc - à restreindre ses fréquentations à cause de moi, et ce quelle que soit la nature de ces fréquentations.
J'ai vu à quelques rares occasions ce que donne quelqu'un qui se "sacrifie" en renonçant à quelque chose dont il avait envie, juste pour "faire plaisir" (ou "ne pas faire de mal") à l'autre, et progressivement j'ai eu de moins en moins envie d'imposer cela à quelqu'un...

A part ça, je n'ai pas grand-chose à rajouter sur ce que les autres ont déjà très bien dit (et ils s'expriment mieux que moi !).

Je te souhaite de trouver un mode de vie qui te convient avec ta copine. Je ne la connais pas mais à te lire, je suis persuadée qu'elle t'aime énormément et que tu n'as pas de craintes à avoir quant à son amour pour toi.

Lorsqu'on est avec un(e) polyamoureux(se), on sait qu'au moins il(elle) ne nous quittera pas parce qu'il(elle) a rencontré quelqu'un d'autre !
En fait, les polyamoureux sont peut-être plus fidèles (plus fiables) que la moyenne ! ;)

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Simpère Françoise (invité)

le jeudi 08 novembre 2012 à 22h45

à Lulutine: je suis d'accord, les pluri sont majoritairement des gens fiables et fidèles en amour, et surtout- ça se voit sur ce site- doués d'une grande capacité de bienveillance et d'écoute des gens qu'ils aiment. OK, nous ne sommes pas parfaits :), mais plus j'observe autour de moi, plus je trouve que les pluriamoureux, les Lutins, sont agréables à vivre et à fréquenter, même en pure amitié.

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(compte clôturé)

le vendredi 09 novembre 2012 à 09h14

Merci pour ces mots et je les comprends bien, même si ça fait encore toujours mal d'y penser, je sais qu'au fond de moi c'est la chose à faire. Mais je n'en suis même plus encore là, et donc je laisse ce sujet là de côté pour le moment. Quand j'y réflechis, j'ai l'impression que ca va être peu de choses à côté de mon problème d'abandonnisme.
C'est très difficile, ça fait mal au coeur de vivre tous les jours en regrettant des sautes d'humeur et des paroles, des sentiments nocifs, et ne pas pouvoir aimer purement et de façon bienveillante la personne qu'on aime comme on le ressent profondément, et se sentir handicapé et délaissé par le reste du monde sans raison. Mais ceci est un autre sujet qui dépasse les bordures de ce forum. Heureusement pour moi que ma femme est bienveillante et très amoureuse, et je le ressens chaque fois dans sa présence, ses gestes et ses mots pour moi, et même si l'angoisse parasite ce bonheur dès qu'une faiblesse de mon esprit paranoïaque se présente, je lutte de toutes mes forces pour corriger cette partie de ma personnalité qui m'était inconnue, en attendant de suivre une thérapie, qui je pense devient de plus en plus inévitable malheureusement pour moi; mais j'ai envie de dire, heureusement pour notre avenir.

L'avantage dans cette histoire c'est qu'on parle beaucoup, dès qu'on se voit, et ça va toujours vers l'avant. La communication n'a jamais été aussi profonde et à coeur ouvert, et c'est un sentiment merveilleux qui nous a mis sur un tout autre plan spirituel/intellectuel. C'est surtout ce genre d'intimités spéciales qui m'aident à rester lucide sur notre amour et la force de notre lien. Parce que le reste du temps je me sens surtout comme perdu dans le noir et très confus, avec pour seul guide une lumière dans le lointain.

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