Polyamour.info

Agatha

Agatha

Orléans (France)

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Discussion : Le Polyamour : vivons heureux, vivons caché ? Un coming out comme les autres ?

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Agatha

le mardi 17 septembre 2019 à 12h20

Chez nous, le (ou les) "coming out" s'est fait petit à petit. Se protéger des réflexions, opinions et jugements était plus important quand nous étions en plein questionnement sur le sujet. Donc, pendant un certain temps après la bascule (un an ou un peu plus), seuls quelques amis très proches étaient au courant. Aujourd'hui, 4 ans plus tard, nous sommes capables d'assumer ce(ux) que nous sommes, et d'être plutôt indifférents à ceux qui jugent et comprennent de travers. Donc, sont au courant : mes parents, mon frère et ma sœur, la mère de mon compagnon, la plupart de nos amis (nous en avons parlé - en général lorsque l'occasion se présentait, pas en mode "au fait j'ai un truc à te dire" - à une dizaine ou une vingtaine de personnes peut-être, et je suppose que la nouvelle s'est aussi répandue sans notre concours). Après nous restons relativement discrets dans la rue (ville de province de taille moyenne), sans s'interdire tout geste tendre non plus.
Nous avons eu : des gens qui ne font aucun commentaire, des gens qui posent des questions intelligentes et délicates, des "si vous êtes heureux là-dedans, c'est super", des "ah moi je pourrais pas", des "mais vous êtes encore amoureux ?", des "c'est parce que vous ne couchez plus ensemble ?"
La plupart respectent, certains ne comprennent pas et jugent.
Mais je m'en fous. D'abord, le bingo des réflexions à la con, je m'étais déjà entraînée avec le végétarisme. Donc ça me passe assez au-dessus la plupart du temps. Et puis à la rigueur, c'est un bon moyen de faire du tri entre les gens toxiques ou fermés et les autres. On a le droit de ne pas comprendre, le droit de ne pas partager, bien sûr ; mais ceux qui jugent très durement sans connaître, ceux qui n'essaient absolument pas de comprendre, eh bien, nous n'avons pas grand-chose à faire ensemble ! Cela fait partie de ce que je suis, je déteste mentir ("non non on part en vacances ensemble mais c'est juste un copain", très peu pour moi) et j'estime important de participer à la visibilité des minorités lorsque le prix à payer n'est pas trop élevé (contrairement à un homosexuel au Maroc, par exemple !).
Après, nous sommes dans un milieu un peu plus ouvert que d'autres, plutôt artistique ou militant.
En revanche, je n'ai pas envie que cela se sache dans l'entourage scolaire des enfants, en particulier pour leur éviter des réflexions. Ils sont au courant de notre mode de vie, on leur a expliqué en passant que c'était de l'ordre du personnel, donc que ça ne regarde ni leurs camarades ni leurs profs, mais de toute façon, ils s'en foutent un peu pour le moment (6 et 8 ans), ce n'est pas comme s'ils se sentaient dépositaires d'un secret à ne pas partager.

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Discussion : Faire dormir ses amants à la maison quand on a des enfants ?

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Agatha

le mardi 10 septembre 2019 à 12h14

Un petit témoignage de comment ça se passe chez nous pour répondre à la question d'origine…
Nos enfants (6 et 8 ans) connaissent nos relations impliquées et il est arrivé qu'iels dorment chez nous. L'amoureuse de mon compagnon vient essentiellement quand il est seul à la maison, la plupart du temps ils se voient chez elle quand son fils n'est pas là (même si l'enfant, qui a 6 ans, est au courant depuis au moins 1 an 1/2). Il a eu une autre amoureuse qui a dormi parfois dans notre lit, mais plutôt seule car elle a du mal à dormir avec quelqu'un. Pour mon ancien amoureux, c'est arrivé qu'il dorme à la maison pendant que j'étais avec les enfants un certain nombre de fois. Au début, il dormait plutôt dans le lit de la chambre d'amis, mais il a aussi dormi dans notre lit (plus pratique…). A ce moment-là, on avait décidé avec mon compagnon que nos amoureux dormiraient à "notre" place du lit et que nous passerions à la place de l'autre (mon amoureux dormait de "mon" côté du lit, moi du côté du lit qui est celui de mon compagnon). Manière de dire que l'amoureu.x.se ne prend pas la place du parent absent, ça peut paraître un peu factice mais c'est pas mal pour clarifier les choses. A vue de nez, ça ne posait aucun problème aux enfants.

Message modifié par son auteur il y a un an.

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Discussion : Polyamour = besoin de contrôle ?

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Agatha

le vendredi 03 mai 2019 à 17h49

Caoline

Par contre ça rend pas mal de personnes tout à fait incompatibles avec moi, mais ce n'est pas un problème, c’est un fait.

Je suis tout à fait d'accord, il s'agit de chercher des gens avec qui ce besoin soit bien vécu.

J'espère ne pas t'avoir blessée Caoline et si c'est le cas je te présente mes excuses. Je n'ai pas été très claire : je ressens la même chose que toi, et je sais que certains partenaires l'ont ressenti comme du contrôle (et donc, comme une violence : ce n'était pas voulu de ma part du tout, mais je n'ai pas le droit de délégitimer leurs ressentis). Ce qui n'est absolument pas le cas de mon partenaire historique, dont le curseur se situe au même endroit que moi à ce niveau.

Message modifié par son auteur il y a 2 ans.

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Discussion : Polyamour = besoin de contrôle ?

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Agatha

le vendredi 03 mai 2019 à 12h45

Ah, la question de la transparence et du contrôle… Je me suis posé pas mal de questions là-dessus.

Naturellement, je ne mens pas : ni mensonges véritables (je déteste ça, et y être confrontée peut être un véritable tsunami de désespérance pour moi), ni mensonges par omission. Et je me suis posé la question de si j'étais dans le déni, comme @artichaut le dit. Je ne crois pas. Même si j'essaie de me garder de la transparence totalitaire : j'ai le droit de garder certains de mes vécus pour moi (même si je le fais assez peu), mes partenaires aussi.

Je me sens mal avec les non-dits et les incertitudes. J'ai l'impression de ne pas pouvoir me positionner en conscience dans ce cas. C'est comme jouer aux cartes sans connaître ma propre main. Extrêmement fatigant, il faut sans arrêt tout remettre en question, essayer de deviner, etc. Je n'aime pas devoir essayer de deviner… c'est une perte d'énergie énorme et la porte ouverte aux interprétations à côté de la plaque.

Mais je sais que derrière ça (que je trouve relativement "sain"), il y a aussi de la peur, et que j'essaie de contrôler la peur, tout simplement. Un petit combo magique entre hypersensibilité et sûrement - au fond là-bas très loin, parce qu'en surface, ça va - un léger manque d'amour de moi. Et puis c'est lié aussi à un manque d'adaptabilité. Je suis très fidèle et très stable, plus que la moyenne des gens c'est certain. En soi, ce n'est pas facile pour moi de faire face aux fluctuations normales des relations. D'où, peut-être, le besoin de comprendre le pourquoi de ces fluctuations. C'est rassurant.

Ce que dit @Caoline de son fonctionnement me paraît ressortir du contrôle, ceci dit sans aucun jugement ni supériorité : je m'y reconnais, bien que je remette cette tendance que j'ai aussi, et qui est personnelle, en question.

Donc, j'essaie de lâcher là-dessus, d'être capable d'être claire sur mon besoin d'inclusion et de prise en compte, mais tout en laissant la place d'exister à mes partenaires, et en essayant de ne pas leur faire violence. Sacré boulot :)

Message modifié par son auteur il y a 2 ans.

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Discussion : Que dire lors de la première rencontre ?

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Agatha

le vendredi 22 mars 2019 à 12h31

Bonjour Frédéric,
Désolée, je crois que je vais mettre les pieds dans le plat : pour moi, sur un site de rencontre, c'est une info qui doit être présente sur le profil même. Ou a minima donnée dans les premières discussions, histoire de pouvoir laisser le choix à la personne en face de vouloir te rencontrer ou de changer d'avis. Les gens assument en général (et c'est peut-être un tord, mais c'est une autre histoire) que si tu es sur un site de rencontre, tu es "dispo" - et en couple, ce n'est pas "dispo" dans l'esprit dans la plupart des gens. Pour moi, c'est une info essentielle, et ne pas la donner rapidement, c'est déjà une forme de mensonge ou de manipulation. Mais ce n'est que mon point de vue.
Bon ceci dit ce n'est pas grave : à toi de rattraper le coup maintenant, il n'est pas trop tard - il n'est jamais trop tard… (Quitte à ce que ça ne passe pas très bien…) Mais oui, ne mens pas !
Jusqu'où décrire ? Cela dépendra des réactions de la personne en face et de son intérêt éventuel. Si elle te dit "ok mais je ne veux pas en savoir plus ou ça ne m'intéresse pas", tu t'arrêtes à l'info initiale "je suis en couple et j'ai l'accord de ma compagne pour rencontrer d'autres personnes". Sinon, tu réponds aux questions éventuelles !

Message modifié par son auteur il y a 2 ans.

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Discussion : [Livre] Le Nouveau Guide des amours plurielles — de Françoise Simpère, 2019

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Agatha

le mardi 12 mars 2019 à 10h10

Oui merci pour cette réédition !
Je suis effectivement réfractaire à Amazon, et pas sur Facebook non plus : comment peut-on faire pour commander un exemplaire ?
Merci

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Discussion : Liens entre polyamour et genre

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Agatha

le lundi 09 janvier 2017 à 12h05

Je rebondis simplement sur les derniers propos de gdf sur la réussite en vous mettant le lien d'une petite BD que j'avais trouvée bien éclairante :
positivr.fr/ascenseur-social-toby-morris-bande-des...

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Discussion : La marginalité avec l'age

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Agatha

le mardi 20 décembre 2016 à 11h20

Molly,
Il y a des gens dont les temporalités sont compatibles avec la tienne, il te faut les trouver… L'entrée dans la trentaine, c'est effectivement l'âge de la construction. Mais comme le dit APH, une fois les "gros chantiers" passés, on se retrouve de nouveau avec un peu de temps, et surtout, je crois, des envies un peu différentes, moins absolutistes justement…
À 35 ans, j'ai derrière moi plus de dix ans de couple dans lequel nous avons eu deux enfants qui sortent tout juste de la toute petite enfance (3 et presque 6 ans). Une fenêtre s'ouvre de nouveau. Alors oui, il faut composer avec cela, ce quotidien très prenant. Mais cela va aussi avec une richesse : je crois qu'avec les expériences, nous sommes moins enclins à croire à cette idée de "la bonne personne". De mon côté, tout ce chemin (avec un certain temps de monogamie, même si ce n'est pas ma tendance naturelle) a fait de moi quelqu'un de plus ouvert à la différence, de plus souple, avec moins de certitudes.
Et autour de moi, ça commence à divorcer, se séparer : si certains réussissent peut-être à se leurrer ("c'est parce que c'était pas la bonne"), d'autres en profitent pour remettre en question leurs schémas et leurs fonctionnements.
(Bon. Je dis tout cela, mais en même temps, je n'ai jamais noué de relation polyamoureuse avec une personne installée dans un couple. Alors…)
Bon courage à toi pour ce chagrin d'amour.

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Discussion : Café Poly Orléans

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Agatha

le mercredi 19 octobre 2016 à 23h22

Bonsoir,
Je pourrais être intéressée également si une bonne âme se dévouait pour organiser la rencontre… (avec infos ici, j'ai pas Facebook !)

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Discussion : [TW Propos homophobes, violents...] Questionnements d'hommes cisgenre, et des autres

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Agatha

le samedi 10 septembre 2016 à 12h01

Bon, je ne participe à peu près jamais et ce que je vais dire n'a pas grand intérêt, mais : Siestacorta, j'aime te lire. Alors merci. (J'aime aussi en lire d'autres, d'ailleurs. Votre finesse me fait du bien.)

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Discussion : Atelier polyamour ouvert à tou-te-s sauf hommes cisgenres

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Agatha

le mercredi 31 août 2016 à 13h11

Pour ceux qui sont intéressés par la question "genre et prise de parole" qu'évoque Lulutine, cet article (extrait d'un blog passionnant) :
https://antisexisme.net/2012/07/08/genre-et-parole/

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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