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Polyamour = besoin de contrôle ?

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Lenah

le mercredi 01 mai 2019 à 12h03

Bonjour, je réagis à cette discussion ancienne qui me semble intéressante. Il me semble effectivement que c'est une des paradoxes du pokyamour que d'offrir plus de liberté et en même temps de nécessiter plus de contrôle du partenaire. Je m'explique : je l'ai déjà dit, je suis en relation monoamoureuse ( ou monogame en conscience, j'ai trouvé cette expression sur des sites anglophones). Mon amoureux vit loin de moi . Nous sommes libres de tout, nous n'avons à nous rendre presque aucun compte sur rien. Simplement, notre règle est l'honnêteté. Je lui ai demandé de me prèvenir s'il se sentait un jour déconnecté de la relation ou s'il entrait ( ou souhaitait entrer) dans une relation amoureuse ou sexuelle quelqu'un d'autre. Je ne peux pas m'engager à rester dans la relation si cela arrivait, mais j'essaierais de travailler sur mes émotions. Peut-être que nous ferions un break. Bref. Ce mode de fonctionnement nous laisse à tous deux beaucoup de liberté. Il peut rencontrer des gens, avoir des coups de coeur , il ne me rend pas spécialement de compte de ses journées et j'ai l'esprit tranquille - et vice versa. Or dans tous les livres sur le polyamour que j'ai lus, j'ai été refroidie par la négociation permanente et en particulier sur la hiérarchie des relations, le contrôle du type de sexualité avec les autres, le contrôle du choix des partenaires, des moyens de protection contre les ist , du temps passé avec les autres etc. Je comprends bien l'utilité de ces contrôles et négociations mais je crois que ça me gênerait beaucoup . Je n'aimerais pas lui poser des conditions et vivre l'intimité de ses relations - même si j'en aurais besoin pour gérer mon insécurité - et je détesterais avoir dzs limites dans mes amours. Pour moi, la liberté maximale, c'est un espace d'intimité inviolable avec mon amoureux. C'est pourquoi je préférerais à l'heure actuelle faire des breaks relationnels où l'autre fait ce qu'il veut mais loin de moi ( d'où une absence de souffrance et de contrôle) . Breaks qui aboutiraient à un retour dans la relation ou à une évolution vers l'amitié. Comprenez -vous ce qui me refroidit ? Comment le vivez-vous ?

Message modifié par son auteur il y a 7 mois.

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Siestacorta

le mercredi 01 mai 2019 à 12h35

Ca recoupe ce que disait un article de france q ya pas longtemps :

France Q
Responsabilité, souci de l’autre, attention forcenée à soi et ses sentiments, ce qui est paradoxal avec le polyamour, c’est que tout en voulant suivre l’élan affectif de chacun et tout en s’opposant à l’aspect très rigide de l’institution du couple, il impose tout autant un carcan réflexif, moral et égocentrique.

Obligation à la transparence et à la mise à nu de ses intentions, partage d’une culpabilité, mise en place de règles dans l’espace d’une intimité qui pourrait ne pas en avoir, sans parler de l’organisation serrée de son emploi du temps… Chaque élan de son partenaire ou de son cœur devrait être lisible et immédiatement énoncé, partagé, pris en charge et géré.

Bon, déjà "mise en place de règles dans l’espace d’une intimité qui pourrait ne pas en avoir", je crois que pour la plupart des couples c'est surtout que ces règles sont invisibles car impensées. C'est pas parce que le compromis mono a plus de références disponibles et donc d'options qu'il n'est pas un compromis entre individus, et donc un enjeu puissant qui peut autant frustrer et épuiser que les enjeux non-exclusifs.

Pour revenir à la question du contrôle, je crois qu'au moins une partie de cette perception est lié à certains usages d'une littérature de développement personnel.
Le polyamour est un cadre d'expériences sentimentales et relationnelles riche. Pour le décoder, on utilise tout un vocabulaire de l'amour qui ne sort pas du roman, mais de livres de psycho grand public (ou d'ouvrages psy et socio plus conséquents mais pas toujours bien digérés...).
Ce rapport à soi est, dans ses bons moments, une découverte, une exploration, un soutien à l'affirmation de soi. Mais à d'autres, cette affirmation de ce qu'on découvre sur soi devient une sclérose. Les limites qu'on se découvre, qu'on parvient à nommer, deviennent "Moi" plutôt que "moi à tel moment de ma vie". Exprimer ce qu'on a découvert de soi peu demeurer durablement, un enjeu fondamental, et on se fixe sur cet enjeu plutôt que s'identifier à un devenir.

Ça s'explique bien : on est dans un monde agité, chaotique, envahissant, qui ne cesse de pousser à vivre ceci ou cela. Et en tant que poly, on vient y ajouter les voix de plusieurs partenaires amoureux... Alors on prend beaucoup d'énergie à résister à cela en se définissant méticuleusement, en définissant nos relations, pour que ça au moins ne soit pas emporté par les tempêtes sociales et autres changements de climat amoureux.
Et on se réfugie dans le contrôle, souvent un fantasme de pouvoir, au moins !, avoir vraiment de l'empire sur soi-même.

Je crois que ce n'est pas spécifiquement poly - je relisais le fil et découvrais que c'est déjà ce que je pensais au moment où il a été lancé. Les monos vivent ça. On s'étonne que les poly y viennent aussi parce qu'on confond " se donner la liberté de vivres des choses que d'autres ne vivent pas" et " être plus libre que les autres".
Mais les difficultés se retrouvent d'une situation à l'autre, et nos stratégies de "contrôle" aussi.
Le contrôle mono est juste moins "souvent" visible, pour ceux qui baignent dedans. On se dit que ça coule plus facilement, avec moins de besoin de remettre sans cesse l'ouvrage sur le métier, parce que le modèle est déjà négocié en amont. Mais, un de mes aphorismes favoris, de Brecht, c'est "on dit d'un fleuve emportant tout qu'il est violent, mais on ne dit jamais rien de la violence des rives qui l'enserrent."

Message modifié par son auteur il y a 7 mois.

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Siestacorta

le mercredi 01 mai 2019 à 12h42

Sinon, ta solution "par breaks", c'est une façon d'avoir l'esprit tranquille, pourquoi pas !
Au départ, ça tient plus d'une façon de pas mettre en jeu le contrôle sur l'autre, de s'offrir - mutuellement - des temps de contrôles seulement sur soi...
Mais je crois que les rencontres et les changements dépassent les dates limites, et que c'est après que le sentiment de contrôle ou le renoncement peuvent arriver. Et que des tiers peuvent dire "heu, moi aussi j'ai l'impression qu'on a pris des décisions sans me consulter".
Dans le couple, le tiers est artificiellement mis de côté. Mais qu'il rentre par une fenêtre ouverte ou par une porte de jardin mal fermée, il aura voix au chapitre. Et c'est lui qui dévoilera le désir de contrôle déjà présent avant...

A toi de voir avec ton économie affective, tes équilibres, ce qui est faisable et ce qui te coûte, mais pour certains partenaires, dialoguer est une façon de s'adapter peu à peu... Ca prend de l'énergie, mais ça peut leur en prendre moins que des décisions plus définitives, où ils éprouvent des "manque à vivre" importants.

Message modifié par son auteur il y a 7 mois.

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Caoline

le mercredi 01 mai 2019 à 21h34

Lenah
Or dans tous les livres sur le polyamour que j'ai lus, j'ai été refroidie par la négociation permanente et en particulier sur la hiérarchie des relations, le contrôle du type de sexualité avec les autres, le contrôle du choix des partenaires, des moyens de protection contre les ist , du temps passé avec les autres etc.

Je ne sais pas quels livres tu as lu mais il y a des relations poly sans tout ça. J'ai souvent l'impression d'être presque une exception mais je n'ai jamais rien eu à négocier. Mon compagnon historique m'a dit oui tout de suite et sans restriction aucune, même si finalement il n'était pas prêt mais par chance ou par instinct, je n'avais rien vécu qu'il ne soit pas prêt à bien vivre. Ensuite on en a parlé de temps en temps, je parlé de mon ressenti, de mes envies, je n'avais alors pas l'occasion de revoir l'autre homme dont j'étais vraiment amoureuse. Quelques mois après il était prêt et toujours sans conditions, limites ou autres. Je lui dit les grandes lignes de ce que je vis parce que c’est naturel, instinctif pour moi de partager ce que je vis avec les personnes que j'aime mais ce n'est pas une exigence de sa part. Il rencontre mes amoureux dès que la relation dure un peu, c’est tout aussi naturel, ce n'est pas une obligation ni même une demande. La seule fois ou il a ressenti que je lui manquais parce que je m'absentais vraiment beaucoup pour voir l'autre, il m'a dit son ressenti pas ce qu'il voulait que je fasse et j'ai trouvé qu'en effet, je ne passais plus assez de temps avec lui. Pour le choix des partenaires, la protections des ist.... et pour tout en fait, il me fait confiance.

Pour en revenir à l'idée de contrôle, j'ai moi un besoin de transparence totale, je n'ai sincèrement pas l'impression, je me suis déjà posée la question, que ce soit dans une volonté de contrôle. C'est plus un besoin de ne pas me poser de questions, de ne pas me faire de mauvais films car 'ai tendance à très vite douter, m’inquiéter. C'est un besoin d'être rassurée ou de pouvoir anticiper, voir venir les choses, m'y préparer.

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Siestacorta

le mercredi 01 mai 2019 à 23h57

Caoline

Pour en revenir à l'idée de contrôle, j'ai moi un besoin de transparence totale, je n'ai sincèrement pas l'impression, je me suis déjà posée la question, que ce soit dans une volonté de contrôle. C'est plus un besoin de ne pas me poser de questions, de ne pas me faire de mauvais films car 'ai tendance à très vite douter, m’inquiéter. C'est un besoin d'être rassurée ou de pouvoir anticiper, voir venir les choses, m'y préparer.

Je veux pas dire ça trop rudement, mais juste comme contrepoint : même pour des bonnes raisons, on peut être dans le contrôle. Parce qu'on est inquiet de nature, parce qu'on a une Éthique, parce qu'on pense que l'amour ça DOIT aller très loin... Le contrôle, c'est pas la motivation de ce contrôle, c'est la continuité d'une demande, ne pas laisser les choses se faire sans regarder et demander qu'elles se passent plutôt comme-ci ou comme-ça, ou ça ce n'est pas acceptable par moi et pas négociable même si c'est pas rationnel, si tu m'aimes et si tu veux qu'on reste ensemble, tu fais / fais pas ça.

Quand un État surveille des gens, c'est pas pour le plaisir de surveiller, c'est parce qu'il veut être sûr que tout se passe bien, ça lui permet d'anticiper et de rassurer.
Quand un prof fait passer des contrôles, c'est pas pour le plaisir de sanctionner, c'est pour vérifier, continuellement, où lui et la classe en sont.

Je dis pas que ça se comprend pas, hein ?
Et ça peut être consenti, en plus.
Mais je crois que même quand c'est pour aller dans un "bon" sens, c'est une force qu'on exerce, continuellement.

A titre personnel, je crois qu'il y a trop de choses subjectives à décrire d'une vie amoureuse pour que je puisse croire que la personne demandant ma transparence sur tout saura toujours entendre ma parole à mon bénéfice. Je me sentirais jamais vraiment "présumé innocent", si on me demande de rendre compte de ma vie sentimentale au lieu de simplement écouter ce que je veux en dire...
Je n'ai généralement pas grand chose à cacher, mais si je dois tout dire, ce ne sera pas sur des critères objectifs d'indifférent de bénin ou de néfaste, et encore moins sur mes critères : ce sera l'autre qui décidera si ce que je lui dis, tout aussi micromerdiculaire que ce soit en pratique, est inquiétant ou non.

Je suis pas pudique et je suis même exagérément honnête. Mais une demande trop forte de transparence me fera douter de la confiance qu'on me porte, quand j'aurais pourtant accepté une communication à cœurs ouverts déjà exigeante. Et si la confiance a besoin du contrôle, alors je sentirai qu'elle n'est jamais spontanée, que ce que je fais est toujours susceptible d'être une menace.
Je peux comprendre la sensibilité qui fait ça, mais j'ai trop d'imperfections pour faire avec. Humain, trop humain :-)

Message modifié par son auteur il y a 7 mois.

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artichaut

le jeudi 02 mai 2019 à 12h14

Lenah
Je n'aimerais pas lui poser des conditions et vivre l'intimité de ses relations - même si j'en aurais besoin pour gérer mon insécurité - et je détesterais avoir dzs limites dans mes amours. Pour moi, la liberté maximale, c'est un espace d'intimité inviolable avec mon amoureux. C'est pourquoi je préférerais à l'heure actuelle faire des breaks relationnels où l'autre fait ce qu'il veut mais loin de moi ( d'où une absence de souffrance et de contrôle)

Ben break ou pas, il faudra bien en passer par la discussion. Et qui dit discussion dit probablement arrangements avec la situation.
Pour moi, ça ressemble à "reculer pour mieux sauter", "plutôt rompre, que se mettre en jeu", etc.
Mais bon. Expérimentes et racontes nous… !

Cela-dit, oui je pense voir ce qui te refroidit. Et c'est sûr qu'il faut trouver un juste milieu, et ne pas tout accepter non plus.
Mais parfois il y une vraie magie qui opère dans le fait d'accepter quelque chose. Un truc ultra rassurant du genre "Ah c'est vrai ?! C'est vraiment possible de mettre cette règle ! Alors ok, ça me va d'y renoncer". Et la règle disparaît très peu de temps après avoir été posée (pour autant qu'elle ai été réellement acceptée en face, et pas juste consentie pour faire plaisir).

Et parfois aussi c'est tout le contraire… ce sont ces fichues règles qui peuvent aussi être une manière de ne pas se mettre en jeu et qui viennent tout pourrir à petit feu.

Donc je dirais que l'important c'est de se mettre sincèrement en jeu, et avec empathie, quelqu'en soit la méthode.

Caoline
Pour en revenir à l'idée de contrôle, j'ai moi un besoin de transparence totale, je n'ai sincèrement pas l'impression, je me suis déjà posée la question, que ce soit dans une volonté de contrôle.

hum…
Ben moi qui suis un être de contrôle… qui déteste la perte du contrôle de moi-même… et qui du coup a tendance à exercer du contrôle sur les autres… je sais désormais que mon besoin revendiqué de transparence est (entre autre) une volonté de contrôle.

Pour autant, je n'ai pas forcément besoins de beaucoup de règles, et suis un poly assez conciliant et facile à vivre me semble t-il (bonjour les chevilles…), en tout cas quand la transparence et la confiance sont là.

Aussi je suis un être de contrôle, et pourtant (cf le début de ce fil) je pense être aussi qq qui ne manque pas de confiance en soi. Peut-être justement car le contrôle, ou la capacité à l'exercer amène de la confiance en soi. Ou que cette confiance en soi est intimidante et nous rend facile, le fait d'exercer du contrôle. Bref tout ça s'auto-nourrit, s'auto-conforte et il n'est pas facile de faire la part de ce qui est quoi.

Mais pour revenir à cette histoire de transparence. J'ai eu un conflit avec une amoureuse un jour sur la sincérité. Et elle a réussie à me démontrer, qu'en fait moi aussi je mentais, que moi non plus je n'étais pas toujours transparent, et que juste je prétendais l'être (sincère et transparent) pour mieux l'imposer aux autres, et exercer du contrôle sur elles et eux.

Alors je mens peut-être moins que d'autres. Mais faut faire attention à certaines formes de pseudo purisme. Et je t'invite à réfléchir si dans ta vie, il ne t'arrives pas, toi aussi, de mentir (y compris à des personnes à qui en retour tu demandes une transparence totale : enfants, amoureux, amis…).
Sachant que c'est pas forcément facile de s'en rendre compte. Perso, vu que j'étais dans le déni, il a fallu qu'on me le mette à plusieurs reprise sous les yeux pour que je finisse par le reconnaître.
Car aussi comme j'ai une grande confiance en moi, j'ai une grande estime de moi-même, et donc j'étais sûr d'avoir raison (prétention quand tu nous tiens).

Caoline
un besoin de ne pas me poser de questions

Ça ressemble à ce que dit @Lenah avec son break.
Pour moi, c'est (paradoxalement peut-être) aussi une volonté de contrôle. Exercée d'abord pour soi, mais qui a des incidences sur les autres.

Le "besoin de ne pas se poser de questions" me semble souvent un faux prétexte qui cache d'autres choses.

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Caoline

le jeudi 02 mai 2019 à 12h49

@Siestacorta Je vais recreuser la question, avec toi si tu veux bien d'ailleurs.
Mais pour faire simple, c'est naturel pour moi de tout partager avec les personnes que j'aime, l'idée de jardin secret par exemple m'est incompréhensible, et je n'ai pas envie d'une relation avec quelqu'un qui ne soit pas sur la même longueur d'onde sur ce point. En fait je ne comprends pas le sens d'une relation où on ne peut pas, ou, où on a pas envie de tout se dire. Ça voudrait dire quoi ? Qu'on pense que l'autre ne peut pas nous accepter tel qu'on est vraiment ? Qu'on a pas assez confiance en l'autre et en la relation pour qu'il puisse accepter, bien vivre ce que l'on vit. Vraiment moi je ne veux pas de ça. "Tout" est cependant très relatif, il y a pleins de "détails", mot très relatif aussi, que je ne partage pas mais je n'ai rien à cacher, si j'ai des questions, je vais y répondre sans aucune réserve.

Pour la confiance que j'ai en l'autre en effet en début de relation j'ai maintenant beaucoup de mal à avoir confiance. Plusieurs personnes en ont beaucoup trop abusé. Donc maintenant je trouve qu'elle se mérite ma confiance, au départ je suis toujours dans le doute. Je fais une confiance relative mais avec un doute que j'exprime.

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Siestacorta

le jeudi 02 mai 2019 à 12h53

artichaut


hum…
Ben moi qui suis un être de contrôle… qui déteste la perte du contrôle de moi-même… et qui du coup a tendance à exercer du contrôle sur les autres… je sais désormais que mon besoin revendiqué de transparence est (entre autre) une volonté de contrôle.


Je plussoie : notre rapport à nous-même se prolonge dans notre rapport aux autres.
Et c'est pas forcément la partie la plus assumée de ce rapport à soi qui est prolongée...
Donc que ce soit parce qu'on a un contrôle sur soi ou parce qu'on rejette beaucoup le contrôle des autres, on peut faire porter aux autres nos injonctions, au moment même où on est soi-même au meilleur de notre propre équilibre.


artichaut

Ça ressemble à ce que dit @Lenah avec son break.
Pour moi, c'est (paradoxalement peut-être) aussi une volonté de contrôle. Exercée d'abord pour soi, mais qui a des incidences sur les autres.

Le "besoin de ne pas se poser de questions" me semble souvent un faux prétexte qui cache d'autres choses.

Prétexte, je sais pas, ça peut être très sincère comme croyance. On pense qu'on fait ça que pour les bonnes raisons qu'on affirme... Et c'est pas totalement faux, on accorde aussi réellement de l'importance à la continuité entre actes et paroles.
Ce qui est caché - le besoin de contrôle et ce qui le motive - par ça ne l'est pas tellement aux aimés avec qui on est en relation (qui souvent nous comprennent mieux que ça), mais plutôt à soi-même, ou à ceux à qui on parle de soi.
Je dirais, plutôt que prétexte, facette parmi un ensemble de motivations plus ou moins assumées.

Et encore une fois : on en est tous là, c'est pas nécessairement méchant, nos partenaires peuvent faire avec ça, peuvent avoir leurs propres intérêts à ce cadre. Mais quand c'est conscient et éventuellement travaillé, ça donne des dialogues et des compromis plus enrichissants pour chacun et plus équilibrants pour la relation.

Message modifié par son auteur il y a 7 mois.

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Siestacorta

le jeudi 02 mai 2019 à 12h55

Caoline
@Siestacorta Je vais recreuser la question, avec toi si tu veux bien d'ailleurs.

J'veux bien, mais comme je répondais @artichaut, j'ai perdu du temps, je dois me mettre à des trucs du côté 4D de l'écran.
Mais j'y reviendrai, et tire-moi la manche si je ne le fais pas.

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Caoline

le jeudi 02 mai 2019 à 14h18

artichaut
Pour autant, je n'ai pas forcément besoins de beaucoup de règles, et suis un poly assez conciliant et facile à vivre me semble t-il (bonjour les chevilles…), en tout cas quand la transparence et la confiance sont là.


Dans une relation "classique" (j'ai aussi des relations avec une je n'ai aucune autre règle que la transparence et le besoin de contacts réguliers et ce que l'autre ai/envisage d'avoir d'autres relations ou non, ça n'a rien à voir en fait.

artichaut
Aussi je suis un être de contrôle, et pourtant (cf le début de ce fil) je pense être aussi qq qui ne manque pas de confiance en soi. Peut-être justement car le contrôle, ou la capacité à l'exercer amène de la confiance en soi. Ou que cette confiance en soi est intimidante et nous rend facile, le fait d'exercer du contrôle. Bref tout ça s'auto-nourrit, s'auto-conforte et il n'est pas facile de faire la part de ce qui est quoi.

Ma confiance en moi est très variable suivant le domaine et dans certains domaine la période...

artichaut
Mais pour revenir à cette histoire de transparence. J'ai eu un conflit avec une amoureuse un jour sur la sincérité. Et elle a réussie à me démontrer, qu'en fait moi aussi je mentais, que moi non plus je n'étais pas toujours transparent, et que juste je prétendais l'être (sincère et transparent) pour mieux l'imposer aux autres, et exercer du contrôle sur elles et eux.

Alors je mens peut-être moins que d'autres. Mais faut faire attention à certaines formes de pseudo purisme. Et je t'invite à réfléchir si dans ta vie, il ne t'arrives pas, toi aussi, de mentir (y compris à des personnes à qui en retour tu demandes une transparence totale : enfants, amoureux, amis…).
Sachant que c'est pas forcément facile de s'en rendre compte. Perso, vu que j'étais dans le déni, il a fallu qu'on me le mette à plusieurs reprise sous les yeux pour que je finisse par le reconnaître.

Moi on m'a déjà reproché plusieurs fois de ne pas savoir mentir même par omission, jamais d'avoir menti.
Même avec des personnes que je déteste, que je sais menteurs, manipulateurs, je n'y arrive pas. Ce n'est pas vraiment un choix dans ces cas là, c'est juste que mon cerveau n'est pas câblé avec cette capacité.


artichaut
Ça ressemble à ce que dit @Lenah avec son break.
Pour moi, c'est (paradoxalement peut-être) aussi une volonté de contrôle. Exercée d'abord pour soi, mais qui a des incidences sur les autres.

Le "besoin de ne pas se poser de questions" me semble souvent un faux prétexte qui cache d'autres choses.

Je ne comprends pas ce que tu veux dire. Je me demande si tu n'as pas mal compris. Quand je parle du besoin de ne pas me poser de questions c'est si je n'ai pas de nouvelles pendant plus longtemps que d'habitude sans avoir pu le prévoir, je commence à imaginer toutes sortes de trucs négatifs alors que si je sais ce que la personne fait, si il m'a prévenu d'une absence, déconnexion... il n'y a pas de souci.

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artichaut

le jeudi 02 mai 2019 à 14h45

Caoline
Je ne comprends pas ce que tu veux dire. Je me demande si tu n'as pas mal compris. Quand je parle du besoin de ne pas me poser de questions c'est si je n'ai pas de nouvelles pendant plus longtemps que d'habitude sans avoir pu le prévoir, je commence à imaginer toutes sortes de trucs négatifs alors que si je sais ce que la personne fait, si il m'a prévenu d'une absence, déconnexion... il n'y a pas de souci.

Ah, ok. Ce n'est peut-être pas de la transparence alors que tu demande. Mais juste d'être prise en compte…

La transparence ce serait par ex., en cas d'abscence, dire obligatoirement pourquoi/comment/avec-qui/etc.
Mais si un "je ne serais pas dispo" te suffit, effectivement ce n'est pas (ou moins) du contrôle.

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Caoline

le jeudi 02 mai 2019 à 14h59

artichaut
Ah, ok. Ce n'est peut-être pas de la transparence alors que tu demande. Mais juste d'être prise en compte…

La transparence ce serait par ex., en cas d'abscence, dire obligatoirement pourquoi/comment/avec-qui/etc.
Mais si un "je ne serais pas dispo" te suffit, effectivement ce n'est pas (ou moins) du contrôle.

Dans mon idée quand la personne me prévient elle me dit spontanément toutes ces infos sinon en fait je n'ai pas de relation avec elle, car je ne conçois pas qu'une personne avec qui j'ai une relation amoureuse n'ai pas envie de me le dire. Ca serait une relation qui ne me convient pas, ne m'épanouit pas.
Quand je dis que ce n'est pas du contrôle c'est que je ne vais pas lui dire que je ne veux pas qu'elle fasse ça ou y mettre des conditions ou autre, j'ai juste envie ou même besoin de savoir. En fait ce partage de ce qu'on vit même quand on est pas ensemble, c'est une grande partie de la relation amoureuse pour moi.
J'ai bien conscience que ce n'est pas le désir de tout le monde, que ça ne convient pas à tout le monde, je ne force personne à avoir une relation avec moi :-D et j'informe de cette attente dès les discussions préalables.

Je peux avoir une relation amicale avec partage d'intimité sans ça, avec beaucoup moins de contacts... l'investissement est alors bien moindre, ce n'est pas une relation amoureuse.

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artichaut

le jeudi 02 mai 2019 à 15h02

Caoline
Moi on m'a déjà reproché plusieurs fois de ne pas savoir mentir même par omission, jamais d'avoir menti.
Même avec des personnes que je déteste, que je sais menteurs, manipulateurs, je n'y arrive pas. Ce n'est pas vraiment un choix dans ces cas là, c'est juste que mon cerveau n'est pas câblé avec cette capacité.

Moi ce qui peut me faire mentir (au moins par omission) c'est
- pour me protéger : de la honte, de la peur d'être jugé…
- la flemme (d'entrer dans les détails : genre quand je fais du stop)
- pour protéger une tierce personne
- pour ménager l'autre

Avant j'avais tendance à tout balancer (franchise) maintenant j'essaie d'être sincère (= ne dire que des trucs vrai, mais ne pas tout dire, choisir les moments et les personnes à qui les dire).

Quant à la "transparence" ça ressemble finalement un peu trop à une utopie, je trouve.
"On se dit tout", ça sonne un peu comme "C'est pour la vie".

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Caoline

le jeudi 02 mai 2019 à 15h24

artichaut
Moi ce qui peut me faire mentir (au moins par omission) c'est
- pour me protéger : de la honte, de la peur d'être jugé…
- la flemme (d'entrer dans les détails : genre quand je fais du stop)
- pour protéger une tierce personne
- pour ménager l'autre

Avant j'avais tendance à tout balancer (franchise) maintenant j'essaie d'être sincère (= ne dire que des trucs vrai, mais ne pas tout dire, choisir les moments et les personnes à qui les dire).

J'essaye autant que possible, je n'y arrive pas toujours, de trouver la bonne façon et le bon moment mais ne pas dire à une personne que j'aime quelque chose qui la concerne de près ou de loin ou peut avoir un impact sur elle, c'est vraiment impossible pour moi.
Même avec des personnes pas proches ou des "opposants" et même des choses sans impact réel j'ai du mal.

artichaut
Quant à la "transparence" ça ressemble finalement un peu trop à une utopie, je trouve.
"On se dit tout", ça sonne un peu comme "C'est pour la vie".

Ben cette utopie on la vit depuis plus de 28 ans avec mon compagnon. Enfin non, je dois avouer 2 accrocs (vers 6 et vers 12 ans de relation), mensonges presque par omission de sa part pour tenter de me protéger, il croyait ! Vu l'effet dévastateur je ne crois pas qu'il recommence une fois de plus.

Ca a sauvé notre couple le fait que je sache toujours où il est, ce qu'il fait, et que je n'ai aucun doute là dessus, quand son chef a sous entendu auprès de moi qu'il devait avoir une maîtresse quand nous étions en désaccord (son chef et nous) sur son temps de travail.

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Agatha

le vendredi 03 mai 2019 à 10h45

Ah, la question de la transparence et du contrôle… Je me suis posé pas mal de questions là-dessus.

Naturellement, je ne mens pas : ni mensonges véritables (je déteste ça, et y être confrontée peut être un véritable tsunami de désespérance pour moi), ni mensonges par omission. Et je me suis posé la question de si j'étais dans le déni, comme @artichaut le dit. Je ne crois pas. Même si j'essaie de me garder de la transparence totalitaire : j'ai le droit de garder certains de mes vécus pour moi (même si je le fais assez peu), mes partenaires aussi.

Je me sens mal avec les non-dits et les incertitudes. J'ai l'impression de ne pas pouvoir me positionner en conscience dans ce cas. C'est comme jouer aux cartes sans connaître ma propre main. Extrêmement fatigant, il faut sans arrêt tout remettre en question, essayer de deviner, etc. Je n'aime pas devoir essayer de deviner… c'est une perte d'énergie énorme et la porte ouverte aux interprétations à côté de la plaque.

Mais je sais que derrière ça (que je trouve relativement "sain"), il y a aussi de la peur, et que j'essaie de contrôler la peur, tout simplement. Un petit combo magique entre hypersensibilité et sûrement - au fond là-bas très loin, parce qu'en surface, ça va - un léger manque d'amour de moi. Et puis c'est lié aussi à un manque d'adaptabilité. Je suis très fidèle et très stable, plus que la moyenne des gens c'est certain. En soi, ce n'est pas facile pour moi de faire face aux fluctuations normales des relations. D'où, peut-être, le besoin de comprendre le pourquoi de ces fluctuations. C'est rassurant.

Ce que dit @Caoline de son fonctionnement me paraît ressortir du contrôle, ceci dit sans aucun jugement ni supériorité : je m'y reconnais, bien que je remette cette tendance que j'ai aussi, et qui est personnelle, en question.

Donc, j'essaie de lâcher là-dessus, d'être capable d'être claire sur mon besoin d'inclusion et de prise en compte, mais tout en laissant la place d'exister à mes partenaires, et en essayant de ne pas leur faire violence. Sacré boulot :)

Message modifié par son auteur il y a 7 mois.

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Caoline

le vendredi 03 mai 2019 à 14h34

Agatha
Ce que dit @Caoline de son fonctionnement me paraît ressortir du contrôle, ceci dit sans aucun jugement ni supériorité : je m'y reconnais, bien que je remette cette tendance que j'ai aussi, et qui est personnelle, en question.

Donc, j'essaie de lâcher là-dessus, d'être capable d'être claire sur mon besoin d'inclusion et de prise en compte, mais tout en laissant la place d'exister à mes partenaires, et en essayant de ne pas leur faire violence. Sacré boulot :)

Je n'ai pas l'impression d'empêcher mes partenaires d'exister ni de leurs faire violence. Je me pose beaucoup de questions sur le sujet, je ne peux tout exposer ici pour mieux me faire comprendre car ça serait trop personnel, trop intime mais je vais continuer à explorer cela.
Par contre ça rend pas mal de personnes tout à fait incompatibles avec moi, mais ce n'est pas un problème, c’est un fait.

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Profil

Agatha

le vendredi 03 mai 2019 à 15h49

Caoline

Par contre ça rend pas mal de personnes tout à fait incompatibles avec moi, mais ce n'est pas un problème, c’est un fait.

Je suis tout à fait d'accord, il s'agit de chercher des gens avec qui ce besoin soit bien vécu.

J'espère ne pas t'avoir blessée Caoline et si c'est le cas je te présente mes excuses. Je n'ai pas été très claire : je ressens la même chose que toi, et je sais que certains partenaires l'ont ressenti comme du contrôle (et donc, comme une violence : ce n'était pas voulu de ma part du tout, mais je n'ai pas le droit de délégitimer leurs ressentis). Ce qui n'est absolument pas le cas de mon partenaire historique, dont le curseur se situe au même endroit que moi à ce niveau.

Message modifié par son auteur il y a 7 mois.

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Caoline

le vendredi 03 mai 2019 à 15h53

Agatha
J'espère ne pas t'avoir blessée Caoline et si c'est le cas je te présente mes excuses. Je n'ai pas été très claire : je ressens la même chose que toi, et je sais que certains partenaires l'ont ressenti comme du contrôle (et donc, comme une violence : ce n'était pas voulu de ma part du tout, mais je n'ai pas le droit de délégitimer leurs ressentis). Ce qui n'est absolument pas le cas de mon partenaire historique, dont le curseur se situe au même endroit que moi à ce niveau.

Non non aucun souci, comme je l'ai dit c'est un sujet qui me questionne aussi.
Et il en est de même pour mon partenaire historique.
Comme tu le dis très bien c'est une question de ressenti et de compatibilité.

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artichaut

le vendredi 03 mai 2019 à 17h44

Agatha
Ce qui n'est absolument pas le cas de mon partenaire historique, dont le curseur se situe au même endroit que moi à ce niveau.

J'aurais tendance à dire que si le curseur se situe au exactement même endroit pour les 2 partenaires, ça change un peu la donne, et ça exclue la possibilité d'un contrôle (dans le sens où un contrôle équivalant de part et d'autre "s'annulerait").

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