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Peur, panique et tremblements

Jalousie
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(compte clôturé)

le vendredi 31 août 2012 à 03h03

Bonjour,
Voila deux ans, presque trois, que je partage ma vie entre deux femmes. Une avec qui je partage ma vie depuis 15 ans (M), une autre que j’ai rencontrée il y a trois ans (P). Chacune d’elle a été assez rapidement au courant de la situation. Chacune d’elle souffrant de la situation, moi également pas très à l’aise avec ce concept, surpris moi-même de découvrir en chacune d’elle et en moi un quelque chose de différent, un regard nouveau sur la façon de concevoir la vie, ma vie, ce que j’étais vraiment en tout cas, en dehors des représentations fausses et idéalisées (de ce que je croyais devoir être pour me respecter) que je pouvais avoir de moi-même et de ma définition d’aimer. Beaucoup de dialogue pour en arriver là, beaucoup de souffrances, de pleurs, de crises, de lecture, de doutes, de pseudo analyse et par-dessus tout le désir de parvenir à ne plus mentir à l’une, à l’autre et à moi dans ce que je ressens, dans le regard sur ma propre moralité, ma propre éthique qui se construit tous les jours pour se rapprocher de ce que je veux vraiment. Beaucoup d’abandon dans les croyances sur le couple, l’amour, beaucoup de partage, d’amour. Et puis l’espoir que ces découvertes pouvaient se partager, que l’on trouvaient véritablement un chemin d’entente par-dessus les blessures narcissiques et les représentations de la notion de couples, la sexualité, les enjeux sous jacents.
M a quitté le domicile conjugale il y a maintenant plus d’un an, pour protéger son équilibre, son intégrité, mais sans rompre notre relation. P a entamé une relation avec une autre personne qu’elle m’a tout d’abord présentée comme un « ami », puis qui peu à peu a pris de la place dans sa vie et qui connaît notre histoire mais n’a pas d’autre espoir de me voir entièrement disparaître de sa vie, se refusant à connaître les détails de notre histoire, m’ignorant. Pour lui, selon ses dires, la vie est un jeu et chacun doit se débrouiller tout seul. P serait l'enjeu de cette compétition et il n'est pas question de dialogue entre nous malgré ma demande (il n'a pas de temps à me consacrer (sic)) puisque je suis un connard dangereux et malsain qui est responsable du mal être de P que j'ai "endoctrinée". P n’a cessé de me dire qu’elle voulait vivre avec moi, que l’autre n’était là que pour combler mes absences. Je me rends compte aujourd’hui que la peur de la rupture de la relation n’a jamais cessé d’être présente. Une peur qui a engendré énormément de mensonges de la part de P, mensonge sur son emploi du temps, mensonge sur la nature de la relation qu’elle entretenait avec moi, avec lui, avec moi, mensonge qui devenait de plus en plus fréquent au fur et à mesure qu’elle s’y enfonçait, mensonge pour tenter de garder l’un et l’autre dans la crainte infondée mais bien présente de perdre moi ou l’autre. Mensonges réitérés malgré l’affirmation constante de ne pas mentir. Sa vie est devenu un mensonge permanent, incessant alors que la problématique de départ était de parvenir à laisser l’autre libre de sa vie, de construire une relation qui laisse la possibilité à chacun de vivre en étant capable de l’assumer de le dire. Mensonge qu’elle ne parvient plus du tout à assumer, à se pardonner, au point qu’elle se trouve actuellement à l’hôpital et que suivant les conseil de son entourage et du médecin psychiatre, elle se demande aujourd’hui si elle peut/doit continuer à entretenir avec moi une relation, moi qui suis au yeux de tous une espèce de monstre manipulateur et immoral alors que je n’ai jamais menti sur ce que je vivais. Une chose est sure, la situation pour elle ne peut plus durer ainsi, et pour moi non plus du reste, ne sachant où me situer dans tous ces mensonges et souffrant en permanence du mal que mes choix provoquent, chez l'une et chez l'autre, de la menace de cette rupture et de la peur panique qu’elle m’inspire et de l'incapacité dans laquelle je me trouve de rassurer qui que ce soit. J’envisage de rompre ma relation avec M pour prendre le temps de rassurer P, d’entamer avec elle une vie exclusive, de tenter de vivre avec P ce que l’on n'a pas pu vivre sereinement jusqu’alors, avec la culpabilité de laisser une personne que j’aime mais dont je suis incapable de toute façon aujourd’hui de lui apporter ce qui la rendrait heureuse, la rassurerait, absorbé par cette peur des mensonges incessants de P qui m’a envahit pour prendre possession de la totalité de mes pensées de mes activités, me privant de tous jugement, toute autre centre d’intérêt. J’ai l’impression de me laisser entraîner dans un aventure qui me passionne, une passion amoureuse dont les risques et l’absence d’éthique me détruit petit à petit, à petit feu depuis deux ans maintenant, tiraillé par le paradoxe de la passion, la fin possible d’une relation qui m’enrichit sans cesse et me remplit d'espoirs parfois, et dont je suis incapable d’y mêler une once de raisonnement cohérent …
Un petit éclairage de votre part m’y permettrait peut-être d’y voir plus clair.

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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Profil

bouquetfleuri

le vendredi 31 août 2012 à 08h55

Voilà une situation des plus courantes... dans le monde des monoamoureux !
Avancer vers son éthique en réexaminant les concepts d'amour, de couple, de liberté est nécessaire mais insuffisant. Il faut que chaque acteur de la relation multiple fasse le même travail, à son rythme, avec ses capacités.
Que manque-t-il dans le cas que tu nous décris ? De la transparence. Tant que P continuera à mentir (je ne dis pas qu'elle peut faire autrement, je crois de toute façon qu'on ne fait dans ce domaine que ce que l'on peut) vous n'aurez aucune chance de vous éloigner du modèle initial de la relation monoamoureuse.
N'est-ce pas vers cela que tu te diriges en pensant rompre ta relation avec M qui t'avait pourtant permis d'être peu ou prou honnête avec elle et avec toi-même ?
Que P accepte d'être un enjeu entre ses deux partenaires ne simplifie pas les choses.
Que tu prennes le risque de la passion exclusive avec P détruit définitivement la moindre chance d'installer des relations multiples qui s'articulent ordinairement mieux en dehors du rapport de force et en dehors du jugement.

Mais c'est une question de choix, on peut très bien s'épanouir et construire son bonheur dans une relation monoamoureuse, le polyamour n'est ni une recette, ni la garantie d'un bonheur éternel (et heureusement).

Il me semble qu'il faut simplement distinguer le fantasme du polyamour comme une béquille à son éthique, avec tout ce que cela comporte de libérateur dans l'analyse des modèles sociaux dont on se désaliène et l'application du modèle de vie qu'est le polyamour.
Au-delà d'une philosophie qui ouvre grand les portes d'un amour possible entre deux, trois personnes ou plus, le polyamour s'appuie sur des actes quotidiens et des pensées qui permettent à chacun d'exister dans le questionnement qu'il poursuit sans cesse.
Le premier des gestes est le respect de l'autre. Respecter quelqu'un, c'est faire l'effort de le considérer tel qu'il est, et non tel qu'on voudrait qu'il soit.
Le deuxième geste est le culte de la vie. Le polyamour maintient en vie, il est d'abord l'expression de la vie. Il ne souffre pas de générer du mal-être, du travail oui et parfois douloureux, du mal-être jamais.

À toi de savoir si le polyamour que tu idéalises peut-être partagé par d'autres. D'après ce que tu nous dis, il semble que non. Et ce n'est ni un échec, ni triste. C'est comme ça, avec ces personnes.

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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(compte clôturé)

le vendredi 31 août 2012 à 09h33

Merci de tes mots bouquetfleuri. Je crois qu'ils reformulent exactement ce vers quoi je me dirige.
En revanche, meme si je suis depuis longtemps ce qui se dit sur ce forum, je ne crois pas avoir jamais idéalisé le polyamour, ni le monoamour du reste. Je me contente de composer avec ce que je vis, ce que je ressens, avec la certitude que rien n'est jamais acquis et que le plus grand danger est de faire justement d'essayer de se battre pour un idéal intellectualisé d'une situation qui parait séduisante dans la philosophie, les mots, le ressenti immédiat. Je crois que toute philosophie dans ce sens est de toute manière vouée à l'échec, car la vie n'a rien de modélisable, elle est tant mouvante et s'inscrit dans un contexte dans lequel chaque personne qui le compose définit son espace et ses limites. L'application de notre liberté serait peut-être de se débarrasser de tous ces schémas pour aborder la suite avec un esprit neuf, exempt de tout conditionnement, juste la volonté, l'envie de se connaitre et s'accepter tel que l'on est, à ce moment là. Dans ce cas concret effectivement le polyamour ne semble correspondre à personne puisqu'il est destructeur pour les quatre personnes concernées. Quant au respect de l'autre, je constate qu'il me faut du temps pour accepter ce que me disent les gens et en particulier ces deux personnes que j'aime. J'en éprouve de la culpabilité, une peur terrible et une immense tristesse dont je ne sais que faire. Sans doute cela est il un passage nécessaire pour avancer et me sortir de cet état de légume en décomposition ?

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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