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Les vertus de la rupture

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Katouchka

le vendredi 18 mai 2012 à 23h06

Perso, je pense que la rupture a aussi ses vertus. Je suis monogame et mon amoureux est poly. Non en fait je suis poly il paraît (car j'accepte le polyamour de mon conjoint et que je m'offre la liberté de l'être aussi) mais disons que ce soir comme il est avec elle je suis une monogame en souffrance. Alors contrairement à ce que dit Little John tous les mono avec poly ne font pas de chantage affectif sur leur souffrance. Je ne lui ai jamais demandé de choisir et il en est hors de question mais je me demande parfois si ça n'aurait pas été mieux qu'on se quitte quand même juste parce que c'est douloureux et que aïe ça fait mal. N'empêche que si je le quitte j'ai l'impression d'être la responsable de notre échec parce que je n'ai pas pu surmonter cette souffrance alors que si il me quittait lui, quelque part je lui serais reconnaissante pour toute la souffrance qu'il aura bien voulu ainsi m'épargner mais évidemment il refuse de le faire parce que: "pourquoi je ferais ça puisque je t'aime?". Bah si tu m'aimes, quitte moi...

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Paul-Eaglott

le samedi 19 mai 2012 à 11h15

@Katouchka
Juste pour élargir le champ des possibles à envisager : il y a d'autres alternatives que 1° je te quitte, 2° tu me quittes et 3° on reste ensemble.
Par exemple, il peut y avoir on choisit ensemble de se séparer.
Et même, dans votre cas, où on ne peut pas dire qu'il y ait de conflit, et où les choses se font pacifiquement, on peut carrément aller jusqu'à imaginer on prend le temps d'aborder ensemble, dans un esprit coopératif, les problèmes que pose la relation telle qu'elle se déroule actuellement, en cherchant si des aménagements simples pourraient corriger ce qui est gênant ou douloureux. Et si on ne trouve pas, on évalue ensemble le pour et le contre d'une séparation.
Oui, c'est un peu bisounours. Et alors ? :-P

Mais sérieusement, ce n'est pas du chantage affectif de dire à un moment à ton amoureux "tu sais, je ne suis pas heureuse dans la situation actuelle, parce que j'aurais besoin de me sentir plus rassurée (ou plus valorisée, ou simplement que tu entendes que j'ai parfois mal -- sans forcément prendre en charge la suppression de ma douleur ni t'en sentir responsable, mais parce que c'est déjà apaisant de pouvoir en parler ensemble...)"

Ca suppose aussi que de ton côté tu analyses les mécanismes en jeu en toi, que tu parviennes à identifier quelle "faille" est titillée lorsque tu as mal : quelle peur se réveille, dans quelle insécurité intime tu plonges. Parce que les moyens de vaincre ta douleur ne seront pas les mêmes si, au fond de toi, ce qui fait mal c'est de l'ordre de "j'ai peur d'être abandonnée" ou de "j'ai peur de ne pas être la plus belle princesse du monde", par exemple. (Ce ne sont pas des exemples grotesques : bien souvent, ce qui fait mal quand on est confronté à la non-exclusivité, c'est la résurgence d'une peur archétypale née dans l'enfance, et qui peut sembler tellement infantile qu'elle en devient indicible (parce que vécue comme ridicule) -- quand elle ne s'est pas carrément inscrite dans nos comportements comme un "réflexe", dont il devient difficile d'identifier l'origine.)

Bref : dialogue, introspection et solutions originales peuvent éviter de se condamner à "pour que j'aie moins mal, tu me quittes ou je te quitte ?"

(Je me suis inspiré là de certains chapitres de the Ethical Slut, qui se réfèrent eux-mêmes aux principes de la communication non-violente. Des lectures utiles, le cas échéant...)

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

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Katouchka

le samedi 19 mai 2012 à 12h11

Merci, je sais et je crois que c'est ce que nous essayons justement de faire parce qu'on s'aime et qu'on ne tient pas à se séparer mais c'est douloureux. Avant c'était facile d'être heureux, aujourd'hui c'est devenu une épreuve. Il faut se confronter à ses peurs, il faut réfléchir. Parfois je voudrais juste être bêtement heureuse comme avant. Sans réfléchir et penser. Je comprends que certains ne veuillent pas en passer par là. Plus je discute avec vous et plus je me rends compte que je n'en suis qu'au début, il n'y a pas de fin. Qui ici peut dire qu'il vit son polyamour sans que cela pose aucun problème, jamais?...
Vous allez me dire mais les monos aussi ont leurs problèmes... Sauf qu'avec mon amoureux, pendant 8 ans sans mentir, nous n'avons rencontré aucune ombre dans le couple, aucun doute, nous étions tous deux très épanouis. Alors forcément je me demande parfois si nous n'aurions pas du en rester là. Mais nous nous aimons... Je ne voudrais pas revenir en arrière, je voudrais juste être arrivée au moment où je ne me prend plus la tête. Or je viens de me rendre compte que cela n'arrivera peut-être jamais... La rupture aurait cette vertu là de m'épargner ces souffrances. En effet, une fois que j'ai identifié les raisons de telle douleur, il y en a toujours une autre qui surgit et ainsi de suite sans parler des souffrances déjà identifiées mais qui persistent quand même. Brrr que c'est compliqué d'être polyamoureux!

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Paul-Eaglott

le samedi 19 mai 2012 à 12h38

Mvouif.
On peut aussi considérer que la phase que vous traversez actuellement est la plus compliquée et potentiellement la plus douloureuse, et que c'est un mauvais moment à passer -- que, soit dit en passant, vous négociez carrément bien, en comparaison d'autres histoires ! -- mais que, une fois que vous aurez trouvé les ajustements nécessaires et que les peurs seront apprivoisées, tu retrouveras l'état de non-prise de tête, avec la liberté amoureuse de chacun.
Ca peut prendre quelques mois, voire quelques années avant d'être totalement indolore, mais vous semblez bien équipés pour y arriver. Et quand vous y serez, ça a des chances d'être assez définitif, comme tranquillité d'esprit.
A l'inverse, si vous vous séparez, tu repars à zéro et prends le risque d'être confrontée aux mêmes difficultés d'ici quelques années avec la prochaine personne avec qui tu noueras une relation...

Bon. Cela dit, tu as infiniment raison : c'est compliqué, le polyamour ! Et même quand les choses se passent sans grande douleur, il y a sans cesse besoin de discuter de tas de choses et de passer un temps fou à chercher des solutions à des situations où les intérêts et les désirs de plusieurs personnes sont à prendre en considération. (Ca, s'est le côté "consensus" inclus dans la définition du polyamour, et ce n'est pas le plus facile à mettre en oeuvre...)

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

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Katouchka

le samedi 19 mai 2012 à 12h58

Merci Paul-Eaglott, ça me remonte le moral!
J'ai l'impression en ce moment de gravir des montagnes sans fin, une fois le sommet d'une atteinte, mon amoureux se dit bah elle s'en sort pas trop mal (comme tu dis!) alors en voilà une autre!
Jusqu'où je vais tenir? Je voudrais faire "pause" ou "pouce" comme à l'école! :)

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Paul-Eaglott

le samedi 19 mai 2012 à 17h33

Mais peut-être n'est-il pas totalement inadmissible de demander à ton amoureux de te laisser souffler un peu ? Ou au moins de lui faire part de ce ressenti que tu décris ici, et de réfléchir ensemble pour trouver comment vous pouvez t'épargner ou t'adoucir ce ressenti ?

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Annabelle

le mardi 11 juin 2013 à 17h11

Les vertus de la rupture... moi qui suis en plein dedans (la rupture, pas les vertus :-D ) je reviens sur ce sujet sur lequel je viens de tomber.
Je crois que lorsqu'on décide de rompre une relation, il y a rarement une seule raison à cela. Parce que la relation amoureuse est vraiment quelque chose de complexe. Il peut y avoir des facteurs déclenchant, ou favorisant la rupture ou nous paraissant être la raison principale.
Mais au fond n'y a t'il pas avant tout un sentiment intime, personnel, que c'est notre choix à ce moment là. Quelles que soient les raisons.
C'est tellement pénible lorsqu'on vient de renoncer à une relation avec une personne qu'on aime pourtant, de se retrouver à essayer d'expliquer à l'entourage le "pourquoi" de cette décision.
Parce qu'elle était exclusive et que ça me pesait ? Viennent alors les objections du type : "mais en avez vous parlé ? peut-être pouviez vous surmonter ça à deux ? N'est-ce pas ta peur à toi de la faire souffrir que tu n'arrive pas à surmonter ? etc etc.
Et je me rends compte que du coup on rentre dans des tas de discussions fort passionnantes il est vrai, mais qui au final ne répondent pas à ce sentiment intime profond et si personnel inexplicable, inexprimable que cette relation était devenue trop pesante pour moi malgré tout l'amour, le dialogue, le respect, qu'il peut y avoir entre elle et moi.
Peut-être est-ce tout simplement du désamour ?
On peut aussi avoir envie, besoin de quitter quelqu'un parce que c'est comme ça. Notre histoire est arrivée là à sa fin. Nous avons vécu ce que nous avions à vivre tout simplement.
Quelqu'un au café poly d'hier soir a dit qu'il était tellement plus difficile de dire à quelqu'un "je ne t'aime plus" que de lui dire "je t'aime". C'est tellement vrai ! Pourtant je l'aime toujours tout le paradoxe est là. Elle restera à jamais pour moi quelqu'un qui a une place énorme dans mon coeur. Mais peut-être davantage comme une amie. Et oui il faut pouvoir et savoir admettre malgré toute la difficulté que ça représente que l'on a terminé le bout de route ensembles parfois...
Rester ou pas avec quelqu'un, relève pour moi bien moins d'une sorte de débat intérieur où s'affronteraient les "pour" les "contre", que d'une sorte de conviction intime forte, dont nous sommes finalement les seuls détenteurs des tenants et aboutissants (rationnels ou pas), quoi qu'on en dise.

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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alps

le mardi 11 juin 2013 à 21h09

Parfois on se met en amour avec quelqu'un parce qu'on a besoin de quelque chose de particulier. On s'en rend pas forcement compte de suite. La relation béquille par exemple en sortie de rupture. Ou la relation très jeune qui se brise aux sortirs des etudes parce qu'on aspire à autre chose.

Il serait je pense interessant de les enumerer. Il y a aussi des gens qui ne recoivent en leur coeur que des gens qui ont besoin d'une relation bequille. Je me fais à l'idée que leur coeur est fait de la sorte.

Une rupture pour moi est vertueuse si les deux individus ressortent par le haut de cette relation. Une relation sans perdant, une relation ou les deux sont gagnants.

Un des plus gros problèmes je pense dans l'amour actuel tel qu'il est pratiqué. C'est qu'il est pratiqué à l'aveugle. On ne sait pas dans quoi on s'engage. Parce qu'on ne sait pas pourquoi on aime. Je ne pense pas que se soit une fatalité.

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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Annabelle

le mercredi 12 juin 2013 à 00h20

ton discours ferme la discussion en laissant supposer que la rupture serait le fruit de relations d'amour "pratiquées à l'aveugle".
C'est jugeant...
Et ça n'a aucun rapport avec mon questionnement.
Je ne suis pas venue ici Alps pour que quelqu'un me donne des leçons de vie en fonction de son système de valeurs. Je ne suis pas venue ici pour que l'on "m'aide" comme tu l'as exprimé ailleurs.
Je suis assez grande pour m'aider moi-même ou trouver les appuis nécessaires dans ma vie.
J'ai le sentiment que tu te crois ou sens investi d'une sorte de mission "d'aider" les gens malgré eux en distillant des idées qui te sont vraiment très personnelles et dont tu souhaiterais convaincre les gens qui viennent ici.
Ca part peut-être d'une bonne intention, mais ça produit l'effet contraire.
Cendre a fait un post qui t'est adressé, tout à fait pertinent dans ce sens là.
Je n'en ajouterai pas plus.

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alps

le mercredi 12 juin 2013 à 00h50

Juge qui ? Qui a dit que mon message s'intéressait de ta personne ?
Le monde ne tourne pas autour de toi. Le fil de discussion concerne les ruptures vertueuses. J'en donne ma vision. Pour qu'une rupture soit vertueuse faut que la relation qui prenne fin ait profite a tous.

En quoi ce message est problématique ?

edition pour lulutine.

Il est problématique en ce sens qu'il repond de bien d'autres problèmes à la fois. Qu'il laisse transparaitre un tout autre modele de hierarchisation des relations qui s'appuie sur la notion de structure. Qu'il est difficile de l'y objecter (puisqu'il est vecteur d'un ordre fort) et qu'il remet en cause beaucoup d'idées reçues. Dont le fameux sacro saint mysticisme amoureux intégral.

Je ne répondrai à aucun message sur cette définition. Débrouillez vous avec. Faites en ce que vous voulez. Soyez libre de l'étreindre comme vous le souhaitez : la porte est ouverte.

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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Annabelle

le mercredi 12 juin 2013 à 12h08

Bon, j'avais bien compris les "avertissements" la "plus que suspicion" de "trollage" etc etc.
Je suis la première à dire qu'il vaut mieux boycoter dans ces cas là.
J'ai voulu tout de même te laisser le bénéfice du doute.
j'ai vite vu.
Rassure toi si je dois te regretter un jour (lol) je m'en remettrai.
J'abdique. Salut !

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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galimba (invité)

le samedi 22 novembre 2014 à 21h42

Merci Dry, apparemment personne t'as écouté, c'est dommage:)

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